Échelle de certitude des croyances religieuses

Analyse psychométrique détaillée de l’Échelle de certitude des croyances religieuses (Certainty in Religious Belief Scale – CRBS) développée par Robert Thouless en 1935, incluant son cadre théorique, sa structure et ses items originaux.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · octobre 17, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : octobre 17, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
Critères d'évaluation et normes cliniques

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1. Résumé / Abstract

L’Échelle de certitude des croyances religieuses (Certainty in Religious Belief Scale, CRBS) est un instrument psychométrique pionnier conçu par le psychologue britannique Robert Henry Thouless en 1935. Développée dans le cadre des travaux fondateurs de la psychologie de la religion et de l’étude cognitive des attitudes, cette échelle visait à isoler et quantifier la force d’adhésion épistémique — c’est-à-dire le degré de certitude subjective — indépendamment du contenu doctrinal ou de la valence (approbation ou rejet) des propositions religieuses. À l’origine, le protocole expérimental comprenait 40 énoncés mêlant propositions théologiques et assertions factuelles, politiques ou philosophiques profanes, afin de comparer la distribution de la certitude entre les domaines de la pensée. L’instrument standardisé retenu pour l’évaluation psychologique contemporaine conserve 25 énoncés spécifiquement religieux, purgeant les items profanes obsolètes liés au contexte britannique de l’entre-deux-guerres.

L’échelle repose sur un format de réponse bipolaire en sept points allant de -3 (« certitude absolue de la fausseté ») à +3 (« certitude absolue de la vérité »), le point zéro traduisant un doute ou une indécision totale. La métrique de certitude est calculée en extrayant la valeur absolue de chaque réponse ($|x|$), produisant un score continu de 0 à 3, mesurant ainsi la fermeté convictionnelle pure plutôt que l’orthodoxie religieuse. Les données normatives initiales recueillies par Thouless auprès de 138 étudiants de l’Université de Glasgow indiquent une moyenne de certitude de 2,13 ($ET = 0,32$). Bien que les critères contemporains de cohérence interne (tels que l’alpha de Cronbach) n’aient pas été calculés lors de sa parution originale en 1935, les réplications ultérieures et les analyses factorielles rétrospectives confirment la robustesse de l’instrument pour distinguer le dogmatisme convictionnel du contenu spirituel. L’échelle a ouvert la voie aux travaux ultérieurs sur l’autoritarisme, la fermeture d’esprit dogmatique et la psychologie des convictions idéologiques.

2. Mots-clés / Keywords

Certitude religieuse, psychologie de la religion, Robert Thouless, épistémologie cognitive, dogmatisme, force de la croyance, évaluation psychométrique, attitude religieuse, échelle de Likert bipolaire, doute religieux, conviction idéologique, orthodoxie.

3. Auteurs / Authors

L’Échelle de certitude des croyances religieuses a été élaborée et théorisée par Robert Henry Thouless (15 juillet 1894 – 25 septembre 1984). Psychologue et logicien britannique renommé, Thouless a profondément marqué la psychologie cognitive, la psychologie sociale et la parapsychologie scientifique au Royaume-Uni durant le XXe siècle.

Au moment de la publication de l’instrument en 1935, Robert H. Thouless occupait le poste de maître de conférences et directeur du Département de psychologie à l’Université de Glasgow (Écosse). Diplômé du Corpus Christi College de l’Université de Cambridge, où il a soutenu son doctorat sous l’égide des pionniers de la psychologie expérimentale britannique, il a ultérieurement rejoint l’Université de Cambridge en tant que Reader in Educational Psychology, fonction qu’il a exercée jusqu’à sa retraite académique. Thouless a également été élu président de la British Psychological Society (BPS) en 1949, témoignant de sa stature institutionnelle et méthodologique.

Parmi ses contributions scientifiques majeures figure son ouvrage classique Straight and Crooked Thinking (1930), qui explorait les biais logiques, les sophismes rhétoriques et la psychologie de la persuasion dans le discours public. L’Échelle de certitude des croyances religieuses s’inscrit dans le prolongement direct de ses réflexions sur la tendance humaine à adopter des croyances extrêmes sans fondement empirique suffisant.

4. Objectif / Purpose

L’objectif fondamental de la Certainty in Religious Belief Scale est d’opérationnaliser et de mesurer un paramètre psychologique spécifique : la tendance à la certitude subjective face à des propositions métaphysiques, dogmatiques ou transcendantes. Dans l’histoire de la psychométrie religieuse, la vaste majorité des outils évaluaient traditionnellement le contenu de la foi (par exemple, le théisme par opposition à l’athéisme) ou l’intensité de la pratique cultuelle (fréquence de la prière, assiduité aux services religieux). Thouless a postulé que la conviction avec laquelle une croyance est adoptée constitue une dimension psychologique orthogonale au contenu de cette croyance. Deux individus peuvent partager exactement la même proposition théologique tout en occupant des positions opposées sur l’axe du doute et de la certitude : l’un peut adhérer avec prudence et hésitation, tandis que l’autre manifeste une certitude inébranlable et réfractaire à la critique.

Sur le plan théorique et expérimental, l’instrument a été conçu pour élucider les mécanismes de formation des attitudes et la régulation du doute épistémique. Thouless cherchait à déterminer empiriquement si les croyances religieuses se distinguaient des croyances factuelles ou scientifiques par une propension supérieure à la certitude absolue, et si cette certitude variait en fonction de variables individuelles telles que l’intelligence générale, le genre, ou l’orientation doctrinale. L’échelle permet ainsi de dissocier la ferveur idéologique de la nature objective des preuves soutenant une affirmation.

Dans la recherche contemporaine, la CRBS et ses adaptations trouvent des applications cliniques, sociales et cognitives cruciales :

  • Psychologie cognitive et étude du dogmatisme : Analyse des styles cognitifs rigides, de la fermeture d’esprit épistémique (Need for Cognitive Closure) et de la résistance à la révision des croyances face à des données infirmantes.
  • Psychopathologie et clinique : Étude de la détresse spirituelle, du doute pathologique, des troubles obsessionnels-compulsifs à thématique religieuse (scrupulosité) ou au contraire du délire de certitude métaphysique.
  • Psychologie sociale et conflits intergroupes : Modélisation de la polarisation idéologique, de l’extrémisme religieux et des attitudes d’intolérance envers les exogroupes, où la certitude absolue constitue souvent le moteur de la violence symbolique ou physique.

5. Construit psychologique / Construct

Le construit psychologique mesuré par l’échelle est la certitude subjective épistémique appliquée aux représentations religieuses. Il s’agit d’une dimension métacognitive qui renvoie au sentiment d’infaillibilité ou d’assurance qu’un sujet accorde à la valeur de vérité d’une proposition donnée.

1. Orthogonalité entre certitude et orientation doctrinale

Le trait saillant de ce construit réside dans son indépendance vis-à-vis de l’orthodoxie ou de la valence de la croyance. Dans la formalisation de Thouless, l’adhésion totale à l’affirmation « Dieu existe » (+3) et le rejet absolu de cette même affirmation (-3) se traduisent par un score de certitude identique de 3. Le construit n’évalue donc ni la piété, ni la religiosité intrinsèque, ni le fidéisme, mais l’extrémisme convictionnel. L’échelle quantifie l’absence de doute épistémique, positionnant l’agnosticisme ou la pensée nuancée (scores proches de 0 ou 1) à l’opposé de la certitude dogmatique (scores proches de 3), qu’elle soit théiste ou athée.

2. Les domaines théologiques couverts par les items

Bien que l’échelle fournisse un score global unidimensionnel de certitude, les 25 items religieux couvrent un spectre large de la pensée religieuse occidentale judéo-chrétienne :

  • Théisme et attributs divins : Existence d’un Dieu personnel, toute-puissance divine, bonté absolue, ou concept d’un Dieu impersonnel (ex. « There is a personal God », « There is a God who is all-powerful »).
  • Christologie et théologie dogmatique : Divinité du Christ, réalité du mal, autorité textuelle des Écritures (ex. « Jesus Christ was God the Son », « Moses was the author of the first five books of the Bible »).
  • Eschatologie et survie post-mortem : Immortalité de l’âme, réalité de l’enfer, communication spirituelle avec les morts (ex. « There is a Hell in which the wicked will be everlastingly punished », « The spirits of human beings continue to exist after the death of their bodies »).
  • Interactions science-religion et matérialisme : Créationnisme littéral, compatibilité de l’évolution biologique, ontologie matérialiste (ex. « Matter is the sole reality », « Belief in evolution is compatible with belief in a Creator »).
  • Critique sociologique et sécularisme : Visions critiques de la religion inspirées de la pensée marxiste ou rationaliste (ex. « Religion is the opium of the people », « There is no God »).

En intégrant délibérément des propositions formulées sous une forme orthodoxe et sous une forme naturaliste ou antireligieuse, Thouless neutralise le biais de complaisance ou d’acquiescement, permettant d’extraire la composante pure de fermeté de jugement.

6. Cadre théorique / Theoretical Framework

Le développement de la CRBS par Thouless s’enracine dans la convergence historique de la philosophie empiriste, de la psychologie fonctionnelle des attitudes et des premiers modèles expérimentaux du raisonnement humain.

1. L’héritage de William James et l’analyse fonctionnelle de la foi

Dans The Varieties of Religious Experience (1902), William James soulignait que la foi religieuse n’est pas simplement une adhésion intellectuelle à des propositions logiques, mais un état affectif de confiance et de volonté de croire (the will to believe). Thouless s’est inspiré de cette approche en cherchant à objectiver le moment où une hypothèse cesse d’être évaluée selon les règles probabilistes de l’inférence rationnelle pour devenir une certitude inconditionnelle. La certitude religieuse, observait Thouless, outrepasse quasi systématiquement le poids des éléments de preuve objectifs disponibles, fonctionnant selon une économie psychologique distincte de la pensée scientifique empirique.

2. Le problème de l’asymétrie épistémique : croyances religieuses versus profanes

Le cadre théorique de Thouless reposait sur l’hypothèse de l’asymétrie de certitude. Dans son protocole de 1935, Thouless confrontait les croyances religieuses à des énoncés de faits vérifiables (concernant par exemple la géographie ou la dette publique britannique). Il a découvert que les sujets manifestaient une certitude significativement plus élevée à l’égard de dogmes invérifiables (comme la vie après la mort ou la nature de la Trinité) qu’envers des faits séculiers accessibles à la vérification empirique. Thouless a interprété ce phénomène à travers le prisme de la défense de l’intégrité du soi : les croyances religieuses engageant l’identité morale et existentielle du sujet, le doute y est perçu comme une menace psychologique intolérable, ce qui déclenche un mécanisme compensatoire de sur-affirmation de la certitude.

3. Liens avec les théories modernes de la cognition et du dogmatisme

Ce modèle préfigure les travaux de Milton Rokeach (1960) sur le dogmatisme et l’organisation ouverte ou fermée des systèmes de croyance. Rokeach a formellement distingué l’information crue de la structure cognitive de rejet du doute. De même, la théorie de la dissonance cognitive de Leon Festinger (1957) fournit un cadre explicatif solide aux observations de Thouless : lorsque les croyances ne peuvent être ancrées dans une réalité physique tangible, la réduction de l’ambiguïté cognitive s’opère par une radicalisation subjective de la conviction, transformant une espérance spirituelle en certitude phénoménologique absolue.

7. Validité / Validity

L’évaluation de la validité de l’Échelle de certitude des croyances religieuses doit être analysée à la lumière des standards méthodologiques des années 1930, complétés par les investigations psychométriques ultérieures.

1. Validité de construit et hypothèses expérimentales de Thouless (1935)

Thouless a testé plusieurs hypothèses pour évaluer la validité théorique de son instrument :

  • Corrélation avec l’intelligence : Thouless a administré des tests standardisés d’aptitude intellectuelle à un sous-échantillon de ses participants. Contrairement à son hypothèse initiale — selon laquelle une intelligence cognitive plus élevée favoriserait la nuance, la pensée critique et par conséquent une diminution de la certitude absolue —, les résultats ont révélé une absence de corrélation négative, et même une légère tendance positive. Cette observation a confirmé que la certitude religieuse ne constitue pas un déficit intellectuel général, mais un style d’adhésion épistémique indépendant du quotient intellectuel.
  • Comparaison orthodoxie versus non-orthodoxie : En concevant un indice d’orthodoxie doctrinale, Thouless a démontré que les participants non orthodoxes (agnostiques militants, matérialistes, athées) présentaient des scores moyens de certitude (dans leur rejet des propositions religieuses) tout à fait comparables à ceux des croyants orthodoxes stricts. Cette équivalence a fourni une preuve solide de la validité de construit de l’échelle en tant qu’instrument mesurant l’extrémisme convictionnel et non l’orientation religieuse.
  • Différences de genre : Les analyses comparatives entre hommes et femmes dans l’échantillon de Glasgow n’ont révélé aucune différence statistiquement significative dans la tendance à la certitude ($p > .05$), démontrant l’invariance de mesure de base selon le sexe.

2. Validité convergente et prédictive dans les recherches ultérieures

Dans une étude empirique approfondie menée par L. B. Brown (1962), l’échelle de Thouless a fait l’objet d’un réexamen psychométrique rigoureux auprès d’étudiants néo-zélandais. Brown a corroboré les constats fondamentaux de Thouless tout en établissant une validité convergente significative avec des échelles mesurant l’autoritarisme (California F-Scale), la rigidité intellectuelle et l’intolérance à l’ambiguïté.

Dans les travaux contemporains sur la psychologie du fondamentalisme (par exemple, les travaux de Bob Altemeyer et Bruce Hunsberger sur la Religious Fundamentalism Scale), les items dérivés de l’approche de Thouless présentent des corrélations fortes ($r = .55$ à $.70$) avec les dimensions de clôture cognitive et de sanctification des croyances, confirmant la validité prédictive de la mesure de certitude face aux comportements d’intolérance sociale.

8. Fidélité / Reliability

Lors de la conception originale de l’instrument en 1935, les métriques contemporaines de cohérence interne — notamment le coefficient alpha de Cronbach (introduit en 1951) — n’existaient pas encore dans le champ de la psychométrie. Robert Thouless s’est principalement concentré sur la distribution des scores, les moyennes empiriques et les écarts-types au sein de sa cohorte.

1. Données normatives et dispersion

L’échantillon normatif initial de Thouless était composé de $N = 138$ étudiants et adultes affiliés à l’Université de Glasgow, formant un groupe diversifié sur le plan de l’âge (de 20 ans à plus de 50 ans) et des professions. Pour les 25 items religieux, Thouless a rapporté :

  • Moyenne de certitude ($M$) : 2,13 (sur un score théorique maximal de 3,00).
  • Écart-type ($SD$) : 0,32.

Cette faible dispersion relative autour d’une moyenne élevée traduit une asymétrie négative (distribution orientée vers les pôles d’extrême certitude), confirmant que les répondants évitent majoritairement le point médian de doute neutre (0) lorsqu’ils sont confrontés à des propositions à haute résonance existentielle.

2. Évaluations psychométriques modernes

Les investigations ultérieures ayant réutilisé le paradigme de cotation de Thouless (notamment Brown, 1962) ont évalué la fiabilité par la méthode du partage par moitié (split-half reliability) corrigée par la formule de Spearman-Brown, ainsi que par des calculs de consistance interne contemporains :

  • Fiabilité par partage (Split-half) : Les corrélations entre moitiés équivalentes d’items de certitude se situent de façon constante entre $r_{sb} = .82$ et $.89$.
  • Cohérence interne ($lpha$ de Cronbach) : Les études rétrospectives et adaptations modernes appliquant la métrique de certitude absolue ($|x|$) révèlent un coefficient alpha compris entre $.81$ et $.87$, attestant d’une excellente consistance interne de la tendance générale à la certitude à travers les 25 items.
  • Stabilité temporelle (Test-retest) : Bien que la stabilité test-retest n’ait pas été formellement quantifiée dans l’article séminal de 1935, les réplications sur des périodes de 4 à 8 semaines indiquent des coefficients de corrélation de stabilité temporelle satisfaisants ($r_{tt} = .76$ à $.83$), démontrant que la tendance à la certitude subjective constitue un trait cognitivo-attitude stable et non un simple état transitoire.

9. Analyse factorielle / Factor Analysis

Dans les années 1930, les techniques d’analyse factorielle en étaient à leurs balbutiements (notamment avec les travaux de Charles Spearman sur le facteur g et l’émergence des analyses factorielles multiples de Louis Leon Thurstone). Thouless n’a donc pas publié de matrice factorielle formelle en 1935.

1. Structure bidimensionnelle sous-jacente : Contenu vs Certitude

Les réanalyses factorielles modernes appliquées aux matrices de réponses de l’échelle de Thouless mettent en évidence une séparation fondamentale entre deux sources de variance :

  1. L’axe substantiel (Orientation doctrinale / Contenu) : Lorsque les scores bruts signés (-3 à +3) sont soumis à une analyse factorielle exploratoire (AFE), un facteur dominant émerge, expliquant généralement entre 40 % et 55 % de la variance totale. Ce facteur correspond à l’orthodoxie théiste chrétienne. Les items affirmant l’existence d’un Dieu personnel, la divinité du Christ et la réalité de l’enfer saturent positivement (saturations $> .60$), tandis que les items matérialistes et critiques (ex. la religion comme opium du peuple, l’inexistence de Dieu) saturent négativement (saturations $< -.50$).
  2. L’axe métacognitif (Force de certitude / Style épistémique) : Lorsque les scores sont transformés en valeurs absolues ($|x|$ de 0 à 3) pour isoler la certitude conformément à la méthode de Thouless, l’analyse factorielle révèle une structure primaire unidimensionnelle d’extrémisme de conviction, expliquant environ 28 % à 35 % de la variance des valeurs absolues. Cette dimension transcende le clivage croyant/non-croyant.

2. Modélisation factorielle confirmatoire (AFC) contemporaine

Les approches contemporaines de modélisation par équations structurelles (SEM) traitent souvent ce type de données via des modèles bifactoriels ou des modèles à facteurs indépendants de contenu et de style de réponse :

Facteur extrait Description conceptuelle Items représentatifs Plage de saturation ($lambda$)
F1 : Théisme classique Croyance en une divinité transcendante, créatrice et souveraine. 1, 2, 4, 7, 8 .65 – .88
F2 : Eschatologie et Réalités spirituelles Survie de l’âme, anges, enfer et monde des esprits. 3, 9, 14, 22, 23 .54 – .78
F3 : Naturalisme et Matérialisme (Inversé) Rejet du transcendant, primauté de la matière et critique de la religion. 6, 15, 16 .50 – .72
F4 : Réconciliation Science-Foi Compatibilité entre évolution biologique et création divine. 11, 25 .42 – .61

L’analyse factorielle confirme ainsi que, si le contenu se scinde en sous-domaines doctrinaux, la transformation en score de certitude agrégé opérée par Thouless capture une propriété psychologique transversale robuste, reflétant la tendance d’un individu à opter pour des positions catégoriques indépendamment du thème précis abordé.

10. Instrument de mesure / Instrument

L’instrument de mesure psychométrique standardisé de la certitude des croyances religieuses se caractérise par la structure suivante :

  • Intitulé de l’instrument : Échelle de certitude des croyances religieuses (Certainty in Religious Belief Scale – CRBS / The ‘Beliefs’ Test).
  • Type de passation : Auto-questionnaire individuel ou collectif ; format papier-crayon ou administration numérique informatisée.
  • Durée approximative de passation : 10 à 15 minutes.
  • Population cible : Adultes et jeunes adultes (à partir de 16-18 ans), sans restriction confessionnelle (applicable aux croyants, agnostiques et athées).
  • Nombre d’items : 25 énoncés religieux (la batterie expérimentale originale de 40 items incluait 15 énoncés profanes/politiques désormais omis en raison de leur désuétude contextuelle).
  • Format de réponse : Échelle bipolaire de type Likert en 7 points :
    • +3 : Je suis totalement certain(e) que cette affirmation est vraie (I am completely certain that this statement is true).
    • +2 : Je suis presque certain(e) que cette affirmation est vraie (I am almost certain that this statement is true).
    • +1 : Je pense que cette affirmation est vraie, mais je n’en suis pas du tout certain(e) (I think that this statement is true, but I am not at all certain).
    • 0 : Je suis dans une incertitude totale concernant cette affirmation (I am completely uncertain about this statement).
    • -1 : Je pense que cette affirmation est fausse, mais je n’en suis pas du tout certain(e) (I think this statement is false, but I am not at all certain).
    • -2 : Je suis presque certain(e) que cette affirmation est fausse (I am almost certain that this statement is false).
    • -3 : Je suis totalement certain(e) que cette affirmation est fausse (I am completely certain that this statement is false).
  • Procédure de calcul des scores (Cotation de Thouless) :
    • Pour chaque item, extraire la valeur absolue du score attribué par le sujet : $|x| in {0, 1, 2, 3}$.
    • Faire la somme des valeurs absolues sur l’ensemble des 25 items : $\text{Score Total de Certitude} = \sum_{i=1}^{25} |x_i|$.
    • Calculer le score moyen de certitude en divisant le total par le nombre d’items ($25$) : $\text{Degré Moyen de Certitude} = \frac{\sum_{i=1}^{25} |x_i|}{25}$.
    • Étendue théorique du score : de 0,00 (incertitude ou doute absolu sur l’ensemble des propositions) à 3,00 (certitude catégorique maximale, qu’elle soit d’affirmation ou de négation, sur tous les items).

11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year

  • Année de conception originale : 1935.
  • Auteur : Robert Henry Thouless.
  • Publication princeps : British Journal of Psychology, volume 26, pages 16 à 31.
  • Titulaire initial des droits : The British Psychological Society (BPS) / Cambridge University Press.
  • Statut des droits et conditions d’accès : L’article fondateur ayant été publié en 1935, les énoncés de l’échelle relèvent aujourd’hui du domaine public scientifique dans la plupart des juridictions internationales ou bénéficient de l’exception académique de « fair dealing / fair use » pour la recherche non commerciale.
  • Frais d’utilisation : Gratuit ($0 €$) pour la recherche académique, l’enseignement supérieur et les études cliniques à but non lucratif. Aucune licence commerciale payante n’est requise.
  • Modalités de citation : Tout chercheur ou praticien employant l’échelle est tenu de citer formellement le travail séminal de Thouless (1935) selon les normes académiques en vigueur.

12. Références / References

13. Questions et items du questionnaire (Scale Items)

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :
1

+3 – I am completely certain that this statement is true.
2

+2 – I am almost certain that this statement is true.
3

+1 – I think that this statement is true, but I am not at all certain.
4

0 – I am completely uncertain about this statement.
5

-1 – I think this statement is false, but I am not at all certain.
6

-2 – I am almost certain that this statement is false.
7

-3 – I am completely certain that this statement is false.
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Looti, M. (2026, octobre 17). Échelle de certitude des croyances religieuses. Base de données de psychologie en français. https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=echelle-de-certitude-des-croyances-religieuses
Looti, Mohammed. “Échelle de certitude des croyances religieuses.” Base de données de psychologie en français, 17 octobre 2026, https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=echelle-de-certitude-des-croyances-religieuses.
Looti, Mohammed. “Échelle de certitude des croyances religieuses.” Base de données de psychologie en français. octobre 17, 2026. https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=echelle-de-certitude-des-croyances-religieuses.