Échelle d’orientation religieuse

L’Échelle d’orientation religieuse (ROS), conçue par Gordon Allport et J. Michael Ross en 1967, est l’instrument de référence en psychologie de la religion pour évaluer les motivations religieuses intrinsèques et extrinsèques.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · octobre 17, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : octobre 17, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
Critères d'évaluation et normes cliniques

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1. Résumé / Abstract

L’Échelle d’orientation religieuse (Religious Orientation Scale, ROS), conceptualisée à l’origine par Gordon Willard Allport et formalisée sur le plan psychométrique par Gordon W. Allport et J. Michael Ross en 1967, constitue l’un des instruments les plus influents et les plus débattus dans le domaine de la psychologie de la religion. Conçue pour opérationnaliser la distinction théorique fondamentale entre une religiosité « extrinsèque » et une religiosité « intrinsèque », l’échelle permet de dissocier les motivations utilitaires, sociales et adaptatives sous-jacentes à l’adhésion religieuse de celles où la foi représente un principe organisateur central, autonome et transcendant. Dans sa forme originale standardisée, la ROS comprend 20 items (parfois 21 selon les versions dérivées des travaux de Feagin en 1964), répartis en deux sous-échelles distinctes : la sous-échelle extrinsèque (généralement composée de 11 items opérationnalisant l’usage de la religion comme moyen orienté vers le confort personnel, la sécurité ou l’intégration communautaire) et la sous-échelle intrinsèque (composée de 9 items mesurant l’engagement devout, l’intégration vécue et la religion comme fin en soi). Les participants répondent généralement à l’aide d’une échelle de type Likert en 5 points (variant de 1 = « Fortement en désaccord » à 5 = « Fortement d’accord »), bien que des formats élargis à 9 points aient été couramment exploités dans des programmes de recherche empirique ultérieurs.

Sur le plan métrologique, l’échelle intrinsèque démontre une consistance interne robuste, caractérisée par des coefficients alpha de Cronbach oscillant fréquemment entre 0,80 et 0,90, tandis que la sous-échelle extrinsèque présente des coefficients plus modestes, se situant usuellement entre 0,68 et 0,75, en raison d’une multidimensionnalité inhérente qui distingue le versant social du versant personnel du réconfort. La stabilité temporelle test-retest sur des intervalles de deux semaines s’établit à des niveaux satisfaisants (respectivement 0,84 et 0,78). Bien que la ROS ait suscité d’intenses débats théoriques concernant l’indépendance orthogonale ou curvilinéaire de ses composantes, son ancrage culturel protestant nord-américain et ses corrélations paradoxales avec la désirabilité sociale ou le préjugé indirect, elle demeure la référence paradigmatique indispensable pour explorer les interactions entre motivation religieuse, santé mentale, altruisme et régulation psychosociale.

2. Mots-clés / Keywords

Échelle d’orientation religieuse, Gordon Allport, motivation intrinsèque, motivation extrinsèque, psychologie de la religion, psychométrie, préjugé, santé mentale, sentiment religieux, quête religieuse, orthodoxie doctrinale, évaluation psychosociale.

3. Auteurs / Authors

L’Échelle d’orientation religieuse a été développée et introduite conjointement par deux figures majeures de la recherche en psychologie sociale et de la personnalité :

  • Gordon Willard Allport (1897–1967) : Éminent psychologue américain, professeur de psychologie à l’Université Harvard (Harvard University, Cambridge, Massachusetts, États-Unis), ancien président de l’American Psychological Association (APA, 1939). Pionnier de l’étude scientifique des traits de personnalité, de l’individualité et de la dynamique des préjugés psychosociaux, Allport a théorisé la notion de sentiment religieux mature et immature dès son ouvrage de 1950, The Individual and His Religion, avant de formuler le diptyque intrinsèque-extrinsèque.
  • J. Michael Ross : Psychologue et chercheur affilié au département des relations sociales de l’Université Harvard à l’époque de la publication princeps en 1967. Ross a collaboré étroitement avec Allport pour formaliser l’instrumentation empirique, la collecte des données d’échantillonnage interconfessionnel et l’analyse des relations statistiques entre orientations religieuses et attitudes discriminatoires ou ethnocentriques.

Les précurseurs méthodologiques directs incluent les contributions substantielles de W. Cody Wilson (1960), qui développa une première ébauche à choix forcé de 15 items évaluant les valeurs religieuses extrinsèques sous la direction d’Allport, ainsi que les travaux de Joe R. Feagin (1964) à l’Université de Californie à Riverside, dont la matrice de 21 items a fourni le réservoir textuel de la quasi-totalité des énoncés retenus par Allport et Ross.

4. Objectif / Purpose

L’objectif fondamental de la ROS est de dépasser la simple quantification des comportements religieux manifestes (comme la fréquence d’assistance au culte ou l’appartenance nominale à une congrégation) pour appréhender la qualité motivationnelle sous-jacente qui anime l’engagement de l’individu. Dans le contexte de l’après-Seconde Guerre mondiale, Allport cherchait à élucider une énigme psycho-sociologique récurrente : pourquoi la pratique religieuse, censée promouvoir l’amour du prochain et l’altruisme universel, était-elle statistiquement associée de façon positive à des niveaux élevés d’ethnocentrisme, de bigoterie et d’intolérance raciale ? La ROS a été conçue pour résoudre cette dissonance apparente en discriminant les croyants dont la religion n’est qu’un instrument pragmatique au service de buts séculiers de ceux dont la foi constitue un principe d’organisation existentiel absolu et transcendant.

Sur le plan de la recherche scientifique, l’échelle vise à identifier les processus par lesquels les orientations religieuses interagissent avec diverses variables fondamentales :

  • Les attitudes intergroupes et les stéréotypes : Analyser la propension au conformisme social, aux préjugés raciaux, à la xénophobie et à la tolérance envers les minorités.
  • La santé mentale et l’ajustement psychologique : Évaluer la corrélation différentielle entre orientations et troubles anxio-dépressifs, sentiment de bien-être subjectif, recherche de sens existentiel (purpose in life) et mécanismes de défense.
  • Le comportement prosocial : Déterminer si l’aide accordée à autrui procède d’un impératif moral sincère, d’une conformité aux normes du groupe ou d’une gestion de l’image de soi.

En pratique clinique et en psychologie du conseil (counseling), la ROS offre une grille diagnostique qualitative permettant de comprendre comment les croyances d’un patient participent soit à un mécanisme de coping adaptatif intégré, soit à une stratégie défensive régressive destinée à fuir l’angoisse existentielle ou à légitimer des conflits interpersonnels. Elle évite l’écueil réductionniste qui consisterait à considérer la religion comme un bloc homogène, fournissant un cadre analytique différencié pour interpréter les dilemmes éthiques et identitaires au cours du travail psychothérapeutique.

5. Construit psychologique / Construct

Le construit mesuré par la ROS repose sur l’architecture conceptuelle des orientations religieuses extrinsèque et intrinsèque. Bien que la littérature de vulgarisation ait popularisé la distinction sous la formule devenue classique selon laquelle « l’extrinsèque utilise sa religion tandis que l’intrinsèque vit sa religion » (using versus living one’s religion), les deux dimensions sous-jacentes relèvent d’une dynamique motivationnelle complexe.

L’orientation religieuse extrinsèque (Extrinsic Religious Orientation)

L’orientation extrinsèque désigne une attitude strictement utilitaire, instrumentale et égocentrique envers la religion. Dans cette configuration, les croyances, les rites et l’appartenance institutionnelle ne sont adoptés que dans la mesure où ils facilitent l’atteinte d’objectifs profanes et temporels. La religion n’a pas de valeur finale intrinsèque ; elle est subordonnée aux besoins fondamentaux de sécurité psychologique, de soulagement émotionnel, de statut social et d’acceptation communautaire. Allport qualifie cette orientation de « périphérique » ou de « servante » (servant motive).

Des analyses factorielles ultérieures (notamment celles de Kirkpatrick en 1989, ainsi que de Gorsuch et McPherson en 1989) ont révélé que le construit extrinsèque se décompose empiriquement en deux sous-facettes fonctionnelles distinctes :

  • L’orientation extrinsèque personnelle (Ep) : Usage de la religion comme sanctuaire protecteur contre la détresse, la solitude et le malheur. La prière et les croyances y servent de tranquillisant émotionnel pour sécuriser la paix de l’esprit (ex. : l’affirmation selon laquelle le but premier de la prière est d’obtenir soulagement et protection).
  • L’orientation extrinsèque sociale (Es) : Usage de la religion comme véhicule de socialisation, levier d’intégration au sein de réseaux d’influence ou moyen de renforcer son prestige au sein de la communauté (ex. : l’adhésion ecclésiale motivée par la convivialité des cercles paroissiaux ou le statut social conféré par le statut de membre).

L’orientation religieuse intrinsèque (Intrinsic Religious Orientation)

À l’opposé, l’orientation intrinsèque correspond à une intériorisation totale et inconditionnelle des valeurs spirituelles et théologiques issues de la tradition religieuse. La foi y est vécue comme un « motif suprême » ou « directeur » (master motive), auquel tous les autres besoins individuels — aussi puissants soient-ils — sont systématiquement subordonnés. L’individu intrinsèquement motivé ne cherche pas à plier la religion à ses désirs égoïstes ; il s’efforce au contraire d’aligner l’intégralité de son existence, ses décisions quotidiennes et son éthique personnelle sur les préceptes de sa foi.

Ce construit s’articule autour de plusieurs manifestations psychologiques fondamentales :

  • La centralité axiologique : La croyance constitue le socle explicatif global à travers lequel l’individu interprète le monde et confère un sens ultime à la vie humaine.
  • L’intégrité motivationnelle : Recherche constante d’harmonie entre les convictions intimes et les conduites publiques, l’individu refusant de compartimenter sa pratique spirituelle hors de la sphère quotidienne.
  • L’expérience transcendantale vécue : Présence d’un attachement affectif intense à l’égard du divin, marqué par des épisodes de communion intérieure lors de la prière privée ou de la méditation solitaire, indépendamment de la pression sociale du groupe de référence.

6. Cadre théorique / Theoretical Framework

Le cadre théorique de la ROS s’enracine directement dans l’ouvrage séminal d’Allport paru en 1950, The Individual and His Religion. Allport y développait une conceptualisation phénoménologique et développementale de la maturité psychologique appliquée au sentiment religieux. Selon cette première typologie, le « sentiment religieux mature » (mature religious sentiment) se caractérisait par six critères structurels rigoureux :

  1. Une différenciation riche et complexe, articulée autour d’un examen réflexif et critique plutôt que d’un fanatisme dogmatique aveugle ;
  2. Une nature intrinsèquement dynamique, capable de fournir une force motivationnelle autonome indépendamment de ses origines développementales infantiles (illustrant le principe allportien d’autonomie fonctionnelle des motifs) ;
  3. La production d’un code moral et éthique cohérent, orientant concrètement les rapports avec autrui ;
  4. Une portée compréhensive et globale, appliquant ses schèmes interprétatifs à l’ensemble des domaines de l’existence ;
  5. Une capacité d’intégration apte à assimiler de nouvelles informations, contradictions ou défis épistémologiques ;
  6. Un caractère fondamentalement heuristique, ce qui implique que la croyance est vécue avec une certitude d’action tout en conservant une conscience de son caractère provisoire et mystérieux.

À l’inverse, le « sentiment religieux immature » constituait le négatif exact de cette structure : fragmenté, autocentré, rigide, magique et destiné à satisfaire des besoins de réassurance narcissique ou de conformité sociale. Au milieu des années 1960, Allport (1966) et Allport et Ross (1967) ont délaissé les qualificatifs normatifs de « mature » et « immature » — jugés trop ouvertement évaluatifs sur le plan axiologique — pour introduire les termes plus opératoires d’orientations « intrinsèque » et « extrinsèque ».

Ce modèle théorique repose sur une conception motivationnelle hiérarchique : l’orientation religieuse détermine le statut structural des croyances au sein de l’appareil psychique (motif central ou instrumental). Néanmoins, cette théorie a suscité une vive controverse quant à la nature de la relation entre les deux pôles. Allport et Ross présumaient à l’origine une bipolarité stricte le long d’un unique continuum bipolaire (une corrélation négative parfaite où une haute motivation intrinsèque exclurait l’extrinsèque). Or, les résultats empiriques ont invalidé cette hypothèse unidimensionnelle, démontrant une indépendance quasi-orthogonale. Cela a conduit Daniel Batson (1976 ; Batson, Schoenrade & Ventis, 1993) à proposer un élargissement du cadre théorique en démontrant qu’Allport avait amalgamé deux dimensions distinctes au sein du pôle mature : l’orientation vers une fin absolue (Religion as End) et l’orientation d’interrogation existentielle critique et de doute constructif, qu’il a formalisée sous le concept d’orientation de « Quête » (Quest orientation).

7. Validité / Validity

L’évaluation de la validité de la ROS est marquée par une vaste littérature internationale. Bien qu’Allport et Ross (1967) n’aient pas présenté une validation formelle complète dans leur article initial — s’appuyant principalement sur le contraste attendu face aux mesures d’ethnocentrisme —, les recherches psychométriques indépendantes ont rigoureusement examiné ses propriétés.

Validité de construit et validité structurelle

La question de la relation entre les sous-échelles intrinsèque et extrinsèque a longtemps constitué une énigme psychométrique. Alors qu’Allport postulait une opposition bipolaire, les corrélations linéaires observées dans la population générale oscillent fréquemment autour de zéro (r variant de -0,15 à +0,10 selon les méta-analyses, notamment Donahue, 1985b). Si certains auteurs en ont conclu à une stricte indépendance orthogonale, des recherches plus raffinées sur le plan statistique (Burris, 1994) ont démontré l’existence d’une relation curvilinéaire non linéaire significative : en dessous du point médian de l’échelle intrinsèque, la corrélation avec l’extrinsèque est positive (reflétant une absence globale d’intérêt religieux ou irréligiosité), alors qu’au-dessus du point médian, la corrélation devient nettement négative, confirmant l’incompatibilité théorique prédite par Allport chez les individus hautement engagés.

Validité convergente et corrélations nomologiques

La sous-échelle intrinsèque manifeste d’excellentes corrélations convergentes avec les indices de centralité religieuse (r > 0,60), l’assiduité cultuelle, la fréquence de la prière privée et l’échelle d’orthodoxie chrétienne (Fullerton & Hunsberger, 1982). Elle est également corrélée de manière positive et robuste avec le sentiment de cohérence et la présence de buts dans la vie (Purpose in Life, Crumbaugh & Maholick ; voir Batson et al., 1993). À l’inverse, l’orientation extrinsèque ne présente aucune association significative avec l’engagement spirituel profond, mais corrèle positivement avec l’anxiété générale, la peur de la mort (Spilka et al., 1985) et des indices de détresse psychologique.

Validité discriminante et le paradoxe de la désirabilité sociale

Un enjeu majeur de validité discriminante réside dans le chevauchement entre l’orientation intrinsèque et la désirabilité sociale. De multiples études ont révélé des corrélations positives modérées (r se situant entre 0,25 et 0,40) entre l’échelle intrinsèque et les inventaires de mensonge ou de conformité sociale de type Marlowe-Crowne ou Eysenck (Leak & Fish, 1989). Cela a suscité un débat : l’orientation intrinsèque mesure-t-elle une sainteté authentique ou le besoin impérieux de paraître vertueux à ses propres yeux et aux yeux d’autrui ? Cependant, les travaux expérimentaux de Burris et al. (1992) ont établi la validité prédictive expérimentale de la sous-échelle extrinsèque personnelle : soumis à une menace contre l’estime de soi, les sujets augmentent sélectivement leurs scores d’extrinsécité personnelle, prouvant la réactivité du construit aux stimuli d’anxiété.

8. Fidélité / Reliability

Les propriétés de fidélité de l’Échelle d’orientation religieuse ont fait l’objet de nombreuses vérifications empiriques transversales et longitudinales :

  • Consistance interne (Sous-échelle intrinsèque) : La sous-échelle intrinsèque présente une consistance interne systématiquement satisfaisante à excellente. Dans la méta-analyse de référence de Donahue (1985a), portant sur plusieurs dizaines d’échantillons totalisant des milliers de participants, les coefficients alpha de Cronbach se regroupent principalement autour d’une valeur médiane de 0,84, s’échelonnant typiquement de 0,81 à 0,88 selon l’homogénéité du groupe confessionnel sondé.
  • Consistance interne (Sous-échelle extrinsèque) : La sous-échelle extrinsèque affiche une consistance interne structurellement plus modeste. Les valeurs de l’alpha de Cronbach rapportées se situent généralement dans une fourchette de 0,69 à 0,74 (Donahue, 1985a ; Genia, 1993). Cette fiabilité moindre n’est pas nécessairement un artefact de mesure, mais découle de la double nature du construit (sécurité personnelle versus intégration sociale), réunissant au sein d’une même métrique des items aux dynamiques psychologiques différentes.
  • Stabilité temporelle (Test-retest) : Les données de stabilité temporelle rapportées par Burris et Tarpley démontrent une excellente reproductibilité des scores dans le temps. Sur un intervalle standard de deux semaines administré à un échantillon de 61 répondants universitaires, le coefficient de fidélité test-retest s’élève à r = 0,84 pour l’orientation intrinsèque et à r = 0,78 pour l’orientation extrinsèque. Ces indices attestent que l’instrument capture des orientations de personnalité stables et durables plutôt que de simples fluctuations d’humeur passagères.

9. Analyse factorielle / Factor Analysis

La structure factorielle de la ROS a suscité des investigations approfondies dès les travaux pionniers de Hunt et King (1971), relayés par les modélisations d’analyse factorielle exploratoire (AFE) et confirmatoire (AFC) de Gorsuch et McPherson (1989) ainsi que de Lee Kirkpatrick (1989).

Structure bifactorielle versus multifactorielle

Si Allport et Ross postulaient deux macro-dimensions orthogonales, les analyses factorielles exploratoires en composantes principales avec rotation varimax ou oblimin révèlent presque invariablement une solution à trois facteurs stables :

  1. Facteur 1 : L’engagement intrinsèque pur (Intrinsic) : Caractérisé par de fortes saturations (généralement comprises entre 0,60 et 0,82) sur des items tels que « Mes croyances religieuses sont ce qui sous-tend toute mon approche de la vie » ou l’importance accordée à la méditation et à la prière privée. Ce facteur regroupe de manière remarquablement unitaire les 9 items de la sous-échelle d’origine.
  2. Facteur 2 : L’extrinsèque personnel (Extrinsic Personal – Ep) : Ce facteur réunit les items liés à la quête d’apaisement, de protection divine et de réconfort face aux crises de l’existence (ex. : « Ce que la religion m’offre avant tout, c’est du réconfort lorsque surviennent les chagrins et l’adversité »), avec des saturations factorielles oscillant entre 0,55 et 0,78.
  3. Facteur 3 : L’extrinsèque social (Extrinsic Social – Es) : Ce facteur isole les items décrivant l’église et les rassemblements religieux comme un lieu de sociabilité profane, de réseautage ou de conformisme social (ex. : « L’église est surtout importante comme lieu où nouer de bonnes relations sociales »), avec des saturations primaires de 0,50 à 0,75.

Modélisation confirmatoire et révisions psychométriques

Face à cette tripartition empirique, les modèles d’analyse factorielle confirmatoire (AFC) testant la structure originale à deux facteurs montrent des indices d’ajustement marginaux (RMSEA > 0,08 ; CFI < 0,85). En revanche, le modèle hiérarchique ou corrélé à trois facteurs (Intrinsèque, Extrinsèque Personnel, Extrinsèque Social) présente un ajustement statistiquement supérieur (CFI > 0,92 ; RMSEA ≈ 0,05). Ces observations ont conduit Gorsuch et McPherson (1989) à formuler la Revised Religious Orientation Scale (I/E-R), qui recalibre l’équilibre des items pour opérationnaliser explicitement les facettes Ep et Es tout en assainissant les saturations croisées des énoncés originaux.

10. Instrument de mesure / Instrument

L’instrument se présente sous la forme d’un auto-questionnaire standardisé comportant 20 items (21 si l’on intègre l’item historique additionnel de Feagin). Les caractéristiques formelles de passation et d’exploitation sont résumées ci-dessous :

  • Type de passation : Auto-évaluation individuelle ou collective, sur support papier-crayon ou informatisé.
  • Population cible : Adultes et jeunes adultes (des versions adaptées au niveau de lecture, telles que l’Age-Universal Scale de Gorsuch & Venable, 1983, existent pour les adolescents et les populations spécifiques).
  • Nombre d’items : 20 items officiels selon Allport et Ross (1967), subdivisés en 11 items pour l’échelle extrinsèque et 9 items pour l’échelle intrinsèque. Un 12e item extrinsèque, emprunté à Feagin (1964), est parfois adjoint dans les études comparatives.
  • Format des réponses : Échelle de Likert à 5 degrés :
    • 1 = Fortement en désaccord (Strongly disagree)
    • 2 = En désaccord (Disagree)
    • 3 = Neutre / Indécis (Neutral / Undecided)
    • 4 = D’accord (Agree)
    • 5 = Fortement d’accord (Strongly agree)
    • Note méthodologique : Un format étendu en 9 points est parfois privilégié par certains investigateurs (notamment Batson, 1976).
  • Modalités de cotation et calcul des scores :
    • Les deux sous-échelles doivent être traitées de manière séparée et indépendante ; il ne faut en aucun cas sommer l’ensemble pour obtenir un score global.
    • Score brut extrinsèque (11 items) : étendue théorique de 11 à 55 points.
    • Score brut intrinsèque (9 items) : étendue théorique de 9 à 45 points.
    • Recommandation métrologique : Il est préconisé de convertir les totaux bruts en scores moyens rapportés à l’échelle de réponse (score divisé par le nombre d’items de la dimension, variant de 1 à 5), ce qui autorise des comparaisons directes de profils au sein d’une même population.
  • Typologie par scission (Splitting) : Allport et Ross ont initialement proposé une catégorisation quadripartite par scission sur la médiane (median-split) ou sur le point neutre théorique (score de 3 sur une échelle de 1 à 5) :
    • Intrinsèques purs : Score intrinsèque élevé, score extrinsèque faible ;
    • Extrinsèques purs : Score intrinsèque faible, score extrinsèque élevé ;
    • Pro-religieux indifférenciés (Indiscriminately Proreligious) : Scores élevés simultanément sur les deux dimensions (approbation systématique) ;
    • Anti-religieux ou non-religieux indifférenciés (Indiscriminately Antireligious) : Rejet simultané des deux formes de motivation.

11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year

  • Année de publication princeps : 1967 (publication de référence par Gordon W. Allport et J. Michael Ross dans le Journal of Personality and Social Psychology). Des formulations préliminaires ont vu le jour en 1960 (Wilson) et 1964 (Feagin).
  • Statut du copyright et droits d’utilisation : L’Échelle d’orientation religieuse originale relève du domaine public académique. Dans la mesure où les items ont été intégralement divulgués dans des revues scientifiques sous contrat de diffusion savante et des ouvrages universitaires spécialisés, l’instrument peut être employé librement à des fins de recherche fondamentale, d’enseignement et d’évaluation non commerciale.
  • Tarifs : L’accès au test est entièrement gratuit. Aucun coût de licence ni redevance d’auteur n’est requis pour son administration académique standard.
  • Conditions éthiques : Les chercheurs doivent citer rigoureusement les publications originales d’Allport et Ross (1967) ainsi que les sources des révisions éventuelles utilisées (ex. Gorsuch & McPherson, 1989). Pour des adaptations commerciales ou des insertions dans des batteries diagnostiques propriétaires protégées, les règles générales relatives aux droits des éditeurs historiques (ex. American Psychological Association) s’appliquent.

12. Références / References

Les publications fondatrices et études psychométriques majeures relatives à l’Échelle d’orientation religieuse comprennent :

  • Allport, G. W. (1950). The Individual and His Religion: A Psychological Interpretation. Macmillan.
  • Allport, G. W. (1966). The religious context of prejudice. Journal for the Scientific Study of Religion, 5(3), 447–457. https://doi.org/10.2307/1384172
  • Allport, G. W., & Ross, J. M. (1967). Personal religious orientation and prejudice. Journal of Personality and Social Psychology, 5(4), 432–443. https://doi.org/10.1037/h0021212
  • Batson, C. D. (1976). Religion as prosocial: Agent or double agent? Journal for the Scientific Study of Religion, 15(1), 29–45. https://doi.org/10.2307/1384312
  • Batson, C. D., & Burris, C. T. (1994). Personal religious orientation and prejudice: An offensive reply to Kirkpatrick and Hood. International Journal for the Psychology of Religion, 4(1), 19–25. https://doi.org/10.1207/s15327582ijpr0401_3
  • Batson, C. D., Schoenrade, P. A., & Ventis, W. L. (1993). Religion and the Individual: A Social-Psychological Perspective. Oxford University Press.
  • Burris, C. T. (1994). Curvilinearity and religious orientation. Journal for the Scientific Study of Religion, 33(3), 244–260. https://doi.org/10.2307/1386689
  • Burris, C. T., Batson, C. D., & Wagoner, B. (1992). The personal comfort subscale of the Extrinsic Scale: An experimental test of validity. Journal for the Scientific Study of Religion, 31(2), 220–225. https://doi.org/10.2307/1387009
  • Burris, C. T., Jackson, L. M., Tarpley, W. R., & Smith, G. J. (1996). Religion as a master motive: An investigation of the intrinsic religious orientation. Journal for the Scientific Study of Religion, 35(3), 254–267. https://doi.org/10.2307/1386558
  • Donahue, M. J. (1985a). Intrinsic and extrinsic religiousness: Review and meta-analysis. Journal of Personality and Social Psychology, 48(2), 400–419. https://doi.org/10.1037/0022-3514.48.2.400
  • Donahue, M. J. (1985b). Intrinsic and extrinsic religiousness: The empirical research. Journal for the Scientific Study of Religion, 24(4), 418–423. https://doi.org/10.2307/1385994
  • Feagin, J. R. (1964). Prejudice and religious types: A focused study of southern fundamentalists. Journal for the Scientific Study of Religion, 4(1), 3–13. https://doi.org/10.2307/1385200
  • Genia, V. (1993). A psychometric evaluation of the Allport-Ross I/E Scale in a religiously heterogeneous sample. Journal for the Scientific Study of Religion, 32(3), 284–290. https://doi.org/10.2307/1386667
  • Gorsuch, R. L., & McPherson, S. E. (1989). Intrinsic/extrinsic measurement: I/E-revised and single-item scales. Journal for the Scientific Study of Religion, 28(3), 348–354. https://doi.org/10.2307/1386745
  • Gorsuch, R. L., & Venable, G. D. (1983). Development of an « Age Universal » I-E scale. Journal for the Scientific Study of Religion, 22(2), 181–187. https://doi.org/10.2307/1385677
  • Hunt, R. A., & King, M. B. (1971). The intrinsic-extrinsic concept: A review and evaluation. Journal for the Scientific Study of Religion, 10(4), 339–356. https://doi.org/10.2307/1384780
  • Kirkpatrick, L. A. (1989). A psychometric analysis of the Allport-Ross and Feagin measures of intrinsic-extrinsic religious orientation. Research in the Social Scientific Study of Religion, 1, 1–31.
  • Kirkpatrick, L. A., & Hood, R. W., Jr. (1990). Intrinsic-extrinsic religious orientation: The boon or bane of contemporary psychology of religion? Journal for the Scientific Study of Religion, 29(4), 442–462. https://doi.org/10.2307/1387311
  • Leak, G. K., & Fish, S. (1989). Religious orientation, social desirability and prejudice. Journal for the Scientific Study of Religion, 28(3), 355–359. https://doi.org/10.2307/1386746
  • Wilson, W. C. (1960). Extrinsic religious values and prejudice. The Journal of Abnormal and Social Psychology, 60(2), 286–288. https://doi.org/10.1037/h0040433
  • Wulff, D. M. (1997). Psychology of Religion: Classic and Contemporary (2nd ed.). John Wiley & Sons.

13. Questions et items du questionnaire (Scale Items)

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :
Scoring Formula: Scoring. Extrinsic and Intrinsic ROS items are best treated as composing distinct scales, owing to the absence of a straightfor­ward inverse relationship between the two orientations (see "Validity"). Thus, given the 5-point (1 = strongly disagree to 5 = strongly agree) response format used in the original report (Allport & Ross, 1967), sep­arate summation of the respective scale items yields score ranges of 11-55 and 9-45 for the Extrinsic and Intrinsic Scales. A 9- point response format is preferred by some researchers (e.g., Batson, 1976). Regardless of the specific response format used, it is recommended that means are scaled to the response format rather than reported as un­ scaled totals, for the former allows for meaningful comparisons between Extrinsic and Intrinsic scale scores within a given sample.
1

Although I believe in my religion, I feel there are many more important things in my life.
2

It doesn't matter so much what I believe so long as I lead a moral life.
3

The primary purpose of prayer is to gain relief and protection.
4

The church is most important as a place to formulate good social relationships.
5

What religion offers me most is comfort when sorrows and misfortune strike.
6

I pray chiefly because I have been taught to pray.
7

Although I am a religious person I refuse to let religious considerations influence my everyday affairs.
8

A primary reason for my interest in religion is that my church is a congenial social activity.
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Occasionally I find it necessary to compromise my religious beliefs in order to pro­ tect my social and economic well-being.
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One reason for my being a church member is that such membership helps to establish a person in the community.
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l The purpose of prayer is to secure a happy and peaceful life.
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*** Religion helps to keep my life balanced and steady in exactly the same way as my citizenship, friendships, and other memberships do.
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Looti, M. (2026, octobre 17). Échelle d’orientation religieuse. Base de données de psychologie en français. https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=echelle-d-orientation-religieuse-ros-allport-ross
Looti, Mohammed. “Échelle d’orientation religieuse.” Base de données de psychologie en français, 17 octobre 2026, https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=echelle-d-orientation-religieuse-ros-allport-ross.
Looti, Mohammed. “Échelle d’orientation religieuse.” Base de données de psychologie en français. octobre 17, 2026. https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=echelle-d-orientation-religieuse-ros-allport-ross.