1. Résumé / Abstract
L’Échelle d’internalisation religieuse chrétienne (connue dans la littérature internationale sous le nom de Christian Religious Internalization Scale ou CRIS) est un instrument psychométrique autorapporté développé par Richard M. Ryan, Scott Rigby et Kristina King en 1993. Ancrée dans le paradigme de la théorie de l’autodétermination (TAD ; Deci & Ryan, 1985, 2000), cette échelle a été conçue pour évaluer les processus motivationnels et la qualité de l’internalisation des croyances et des pratiques religieuses au sein des populations de confession chrétienne. Contrairement aux approches traditionnelles de la psychologie de la religion qui quantifiaient principalement l’intensité de la religiosité ou son caractère globalement intrinsèque versus extrinsèque (Allport & Ross, 1967), la CRIS distingue précisément deux modalités d’internalisation distinctes sur le continuum de l’autodétermination : l’introjection (régulation partiellement internalisée, mue par la culpabilité, l’anxiété, le besoin d’approbation sociale et le maintien d’une estime de soi contingente) et l’identification (régulation autonome où les valeurs religieuses sont pleinement intégrées, perçues comme signifiantes, librement choisies et cohérentes avec le soi).
L’instrument se compose de 12 items répartis équitablement en deux sous-échelles de 6 items chacune (Introjection et Identification), articulés autour de quatre comportements religieux fondamentaux : le partage de la foi, le recours à Dieu, la prière personnelle et l’assistance aux offices religieux. Les réponses sont recueillies sur une échelle de type Likert en 4 points (allant de 1 = « pas du tout vrai » à 4 = « tout à fait vrai »). Les analyses factorielles exploratoires et confirmatoires menées sur plusieurs cohortes d’adultes et d’étudiants (universités laïques, collèges confessionnels, assemblées paroissiales et missions évangéliques) attestent d’une structure bifactorielle robuste et stable, expliquant plus de 50 % de la variance totale, avec des saturations factorielles comprises entre 0,52 et 0,84. La consistance interne est solide, avec des coefficients alpha de Cronbach oscillant généralement entre 0,69 et 0,82 pour l’identification et entre 0,64 et 0,82 pour l’introjection. De plus, la validité de construit est étayée par une indépendance orthogonale quasi-totale entre les deux sous-échelles (r = 0,07) et des corrélations divergentes hautement prédictives à l’égard de la santé mentale : l’identification est systématiquement associée à une plus grande vitalité psychologique, à l’estime de soi et au bien-être, tandis que l’introjection prédit l’anxiété, la dépression et la détresse émotionnelle.
2. Mots-clés / Keywords
Théorie de l’autodétermination, Internalisation religieuse, Introjection, Identification, Motivation autonome, Motivation contrôlée, Psychométrie chrétienne, Psychologie de la religion, Santé mentale, Régulation comportementale.
3. Auteurs / Authors
L’échelle a été conçue et validée par une équipe de chercheurs du Département de psychologie de l’Université de Rochester (New York, États-Unis) :
- Richard M. Ryan, Ph.D. — Professeur émérite de psychologie clinique et sociale à l’Université de Rochester, co-fondateur avec Edward L. Deci de la théorie de l’autodétermination. Il est actuellement professeur à l’Institute for Positive Psychology and Education de l’Australian Catholic University (Sydney, Australie). Courriel institutionnel : [email protected].
- C. Scott Rigby, Ph.D. — Chercheur associé au laboratoire de recherche sur la motivation de l’Université de Rochester lors des travaux initiaux, spécialisé dans l’application de la théorie de l’autodétermination aux comportements de santé, aux environnements virtuels et aux organisations.
- Kristina King, M.A. / Ph.D. — Chercheuse au Département de psychologie clinique et sociale de l’Université de Rochester lors du programme de recherche sur l’intégration religieuse.
4. Objectif / Purpose
L’objectif fondamental de la Christian Religious Internalization Scale (CRIS) est d’opérationnaliser et de quantifier la nature qualitative de la motivation religieuse au sein du christianisme. Pendant plusieurs décennies, la recherche en psychologie sociale et en psychologie de la religion est restée polarisée autour de la dichotomie proposée par Gordon Allport (Allport & Ross, 1967) opposant l’orientation religieuse « intrinsèque » (vivre sa foi pour elle-même) à l’orientation « extrinsèque » (utiliser la foi à des fins utilitaires ou sociales). Bien que féconde, cette conceptualisation souffrait d’ambiguïtés théoriques et méthodologiques : elle ne permettait pas d’expliquer comment des croyances inculquées de l’extérieur par la socialisation familiale ou culturelle pouvaient être assimilées à des degrés divers par l’individu, ni pourquoi certains croyants intrinsèquement investis souffraient d’une culpabilité dévastatrice alors que d’autres y trouvaient un épanouissement profond.
Pour dépasser ces limites, Ryan, Rigby et King (1993) ont appliqué la théorie de l’intégration organismique (une sous-théorie de la TAD) au domaine religieux. L’internalisation renvoie au processus actif par lequel un individu transforme une règle, une valeur ou une coutume socialement prescrite en une régulation interne. Cependant, cette intériorisation n’est pas un phénomène binaire (présente versus absente). L’objectif de la CRIS est double :
- Différencier deux styles qualitatifs d’orientation religieuse internalisée : déterminer si les croyances et rituels chrétiens sont maintenus sous l’effet de pressions internes coercitives (régulation introjectée) ou sous l’impulsion d’une adhésion réfléchie, congruente et autonome (régulation identifiée).
- Élucider les relations divergentes avec l’ajustement psychologique et la santé mentale : la CRIS vise à démontrer sur le plan empirique que deux individus affichant des niveaux identiques d’engagement comportemental extérieur (fréquentation de l’église, prière quotidienne, prosélytisme) peuvent présenter des profils psychologiques diamétralement opposés selon le mécanisme sous-jacent à leur régulation.
Sur le plan des applications cliniques et de la recherche psychosociale, la CRIS permet d’explorer les conflits spirituels, les névroses religieuses, le perfectionnisme moral et le burn-out spirituel. En thérapie, elle offre au praticien un outil diagnostique pour discerner si la pratique spirituelle d’un patient agit comme un facteur de résilience et de soutien du soi ou comme une source de détresse psychologique névrotique alimentée par la peur du châtiment divin et la honte interpersonnelle.
5. Construit psychologique / Construct
La CRIS repose sur l’opérationnalisation de deux construits psychologiques distincts, représentant deux paliers distincts du continuum de l’autodétermination formulé par Deci et Ryan (1985, 2000) :
1. L’Introjection religieuse (Régulation introjectée)
L’introjection désigne une forme d’assimilation psychologique incomplète dans laquelle les régulations externes ont été intériorisées physiquement au sein de la personne, mais sans être intégrées à l’ensemble du système du soi. L’individu s’auto-administre des récompenses ou des punitions psychologiques pour contraindre son comportement. Dans le contexte religieux chrétien, l’introjection se manifeste par :
- L’auto-approbation conditionnelle : Le sujet subordonne son estime de soi et son sentiment de valeur personnelle à l’accomplissement irréprochable des devoirs religieux.
- La culpabilité et l’évitement de l’anxiété : L’action religieuse est posée pour neutraliser un affect négatif menaçant (« Si je ne prie pas ou si je ne vais pas au culte, Dieu ne m’approuvera pas et je me sentirai coupable »).
- La gestion du regard d’autrui : Les pratiques sont motivées par le besoin d’obtenir la validation des pairs chrétiens ou d’échapper au blâme social (« Je veux que les autres chrétiens m’approuvent »).
Bien que le comportement émane de l’intérieur du sujet (personne ne le force physiquement à cet instant précis), l’expérience subjective demeure celle d’un contrôle coercitif interne : le sujet agit parce qu’il « doit » le faire (should/ought) et non parce qu’il le « désire » souverainement.
2. L’Identification religieuse (Régulation identifiée)
L’identification représente une étape beaucoup plus mature et autodéterminée du développement motivationnel. Ici, la valeur chrétienne ou la pratique prescrite a été comprise, réfléchie et reconnue comme personnellement importante par l’individu. Les caractéristiques de cette dimension incluent :
- L’autonomie volitive : L’individu ressent sa foi comme émanant de son propre centre de gravité volitif (self-determined). Il s’engage de façon spontanée et délibérée.
- L’adéquation aux valeurs personnelles : Le comportement spirituel a du sens pour la personne (« Dieu est important pour moi et je souhaite que d’autres Le découvrent » ; « Je trouve cela satisfaisant et j’apprends de nouvelles choses »).
- L’absence d’obligation coercitive : La relation avec la divinité n’est pas transactionnelle ni conditionnée par la terreur de la réprobation, mais animée par le plaisir intrinsèque de la communion spirituelle et la congruence éthique.
Un apport déterminant de l’étude princeps de Ryan et al. (1993) est d’avoir démontré empiriquement l’orthogonalité de ces deux dimensions : la corrélation entre les scores d’introjection et d’identification est statistiquement nulle (r = 0,07). Il ne s’agit donc pas d’un axe bipolaire unique où un individu serait soit totalement libre, soit totalement contraint, mais de deux dynamiques motivationnelles qui peuvent coexister à des degrés d’intensité variables chez un même sujet.
6. Cadre théorique / Theoretical Framework
Le cadre conceptuel de la CRIS est exclusivement constitué par la Théorie de l’Autodétermination (TAD), initiée par les psychologues Edward L. Deci et Richard M. Ryan à l’Université de Rochester à la fin des années 1970 et formalisée dans leur ouvrage séminal de 1985. La TAD part du postulat métathéorique que l’être humain est un organisme actif, orienté par nature vers la croissance psychologique, la différenciation harmonieuse de son fonctionnement et l’intégration cohérente de ses expériences au sein d’une structure identitaire unifiée.
La théorie de l’intégration organismique (OIT)
Au sein de la TAD, la théorie de l’intégration organismique (Organismic Integration Theory) modélise spécifiquement la manière dont les comportements extrinsèquement motivés — c’est-à-dire qui ne sont pas intrinsèquement amusants ou spontanément motivants dès la naissance — sont adoptés par l’individu sous l’influence des agents de socialisation (parents, institutions ecclésiales, communauté). Ce continuum de régulation comprend quatre formes d’internalisation croissante :
- Régulation externe : obéissance sous l’emprise exclusive de récompenses ou punitions externes manifestes.
- Régulation introjectée : internalisation des pressions externes sous forme de contraintes internes (voix punitive du surmoi, fierté conditionnelle, honte).
- Régulation identifiée : acceptation consciente de la valeur fondamentale de l’activité, considérée comme essentielle à ses propres buts.
- Régulation intégrée : assimilation complète et harmonieuse de la valeur dans la hiérarchie globale des besoins et identités de l’individu.
En transposant cette taxonomie à la foi chrétienne, Ryan, Rigby et King (1993) ont focalisé l’évaluation psychométrique sur la distinction charnière entre introjection et identification. Les religions historiques imposent souvent des dogmes, des codes moraux stricts et des pratiques communautaires régulières dès le plus jeune âge. La question développementale fondamentale n’est donc pas simplement de savoir si l’adulte applique ces préceptes, mais comment il les a métabolisés au fil de son individuation.
La TAD postule que l’épanouissement psychologique (eudémonie) requiert la satisfaction de trois besoins psychologiques fondamentaux : l’autonomie (se sentir auteur de ses actions), la compétence (se sentir efficace dans son environnement) et l’appartenance sociale (se sentir connecté et aimé d’autrui). L’introjection religieuse compromet le besoin d’autonomie en substituant la menace du rejet divin ou social au libre arbitre, engendrant de la rigidité cognitive et des affects dépressifs. À l’inverse, l’identification religieuse nourrit l’autonomie et l’appartenance authentique, libérant des ressources vitales pour l’adaptation psychologique.
7. Validité / Validity
La validité psychométrique de la CRIS a été établie à travers une série rigoureuse d’analyses quantitatives portant sur la validité de construit, la méthode des groupes connus, ainsi que la validité convergente et discriminante (Ryan et al., 1993).
1. Validité de construit et technique des groupes connus (Known-Groups Validity)
Pour démontrer la capacité de l’échelle à capturer des variations réelles de l’internalisation, Ryan et al. (1993) ont comparé deux populations chrétiennes présentant des niveaux d’engagement comportemental substantiellement contrastés :
- Un groupe de 105 étudiants chrétiens inscrits dans une université laïque non confessionnelle, caractérisés par une implication religieuse modérée et non militante.
- Un groupe de 333 jeunes chrétiens engagés volontairement dans un programme évangélique d’action estivale intensive dans la ville de New York (consacrant leur temps à l’évangélisation active et aux œuvres communautaires).
Les analyses de variance (ANOVA) ont révélé des différences très hautement significatives (p < 0,001) entre ces cohortes sur les deux sous-échelles :
- Sous-échelle Identification : Le groupe évangélique engagé a obtenu une moyenne de 22,42 (ET = 1,81) contre 17,88 (ET = 3,96) pour les étudiants chrétiens du milieu laïque.
- Sous-échelle Introjection : Le groupe évangélique a également obtenu un score significativement supérieur avec une moyenne de 13,88 (ET = 2,88) contre 11,13 (ET = 3,56) pour le groupe laïque.
Ces données confirment que les individus s’investissant intensément dans des actions missionnaires développent à la fois une identification très prononcée à leur foi, mais intériorisent également des normes de devoir et d’approbation intra-groupe plus contraignantes.
2. Validité convergente
La validité convergente a été documentée en examinant les corrélations de la CRIS avec les instruments classiques de la littérature psychologique :
- Orientation intrinsèque (Allport & Ross, 1967) : Corrélations fortes et positives avec l’identification (coefficients de Pearson allant de r = 0,33 à r = 0,77 à travers trois échantillons distincts).
- Religion en tant que Fin en soi (Batson & Ventis, 1982) : Associations substantielles et cohérentes avec l’identification (corrélations comprises entre r = 0,22 et r = 0,78).
- Orientation extrinsèque et Religion en tant que Moyen : L’introjection présente des corrélations positives faibles à modérées avec l’orientation extrinsèque (r = 0,10 à 0,31) et l’orientation « Moyen » (r = 0,17 à 0,40). Ces grandeurs d’effet modérées indiquent clairement que l’introjection ne se résume pas à un simple opportunisme utilitaire externe, mais mesure une dynamique d’obligation interne distincte.
- Pratiques religieuses et orthodoxie : L’identification et l’introjection corrèlent positivement avec la fréquence de participation aux offices religieux et avec l’Échelle d’orthodoxie doctrinale (Batson, 1976), les liens étant nettement plus marqués pour la dimension identifiée.
3. Validité discriminante et prédictive envers la santé mentale
Le critère ultime de validité discriminante réside dans le pattern d’association divergente avec les indices de bien-être et de détresse psychologique. Alors que les échelles traditionnelles de religiosité intrinsèque produisaient des résultats hétérogènes face aux pathologies affectives, la dissociation opérée par la CRIS met en lumière :
- Une corrélation négative de l’introjection avec l’estime de soi générale et une corrélation positive marquée avec l’anxiété état-trait, les symptômes dépressifs, la honte et la vulnérabilité névrotique.
- Une corrélation positive de l’identification avec l’estime de soi, l’actualisation de soi, la satisfaction de vie, et une absence d’association avec la détresse émotionnelle.
- De plus, l’orientation de quête (Quest orientation de Batson & Ventis, 1982) ne montre aucune corrélation significative avec les sous-échelles de la CRIS, confirmant la spécificité des construits.
8. Fidélité / Reliability
La fidélité de l’échelle a été examinée sous l’angle de la cohérence interne dans l’ensemble des études de standardisation initiale (Ryan et al., 1993) auprès de quatre échantillons hétérogènes regroupant plus de 630 participants chrétiens :
Échantillon 1 : Étudiants d’université laïque (N = 105)
Composé de 31 hommes et 74 femmes (âge moyen = 20,5 ans). Les coefficients d’alpha de Cronbach ont indiqué une fidélité interne tout à fait satisfaisante et équilibrée :
- Sous-échelle Introjection : α = 0,82
- Sous-échelle Identification : α = 0,82
Échantillon 2 : Étudiants d’institutions confessionnelles (N = 151)
Issus d’un collège protestant (n = 84) et d’une université catholique (n = 67), comprenant 47 hommes et 104 femmes (âge moyen = 22,5 ans) :
- Sous-échelle Introjection : α = 0,82
- Sous-échelle Identification : α = 0,69
Échantillon 3 : Adultes d’école du dimanche paroissiale (N = 41)
Échantillon communautaire d’adultes fréquentant les cours d’étude biblique du dimanche d’une église protestante suburbaine (âge moyen = 35 ans) :
- Sous-échelle Introjection : α = 0,64
- Sous-échelle Identification : α = 0,79
Bien que la taille restreinte de cet échantillon communautaire limite la puissance statistique, les valeurs attestent d’une consistance acceptable pour une échelle brève de 6 items. Enfin, aucune différence significative liée au sexe n’a été détectée sur les scores moyens des deux sous-échelles, attestant d’une invariance de mesure satisfaisante entre hommes et femmes.
9. Analyse factorielle / Factor Analysis
Le développement de la version finale de la CRIS est le fruit d’une démarche psychométrique rigoureuse d’épuration d’items. Un pool initial de 36 énoncés couvrant diverses nuances de l’internalisation a d’abord été administré à deux vastes cohortes de croyants chrétiens. L’objectif était d’identifier les énoncés les plus représentatifs tout en maximisant la pureté factorielle et la parcimonie du questionnaire, aboutissant à la sélection finale de 12 items (6 mesurant l’introjection et 6 mesurant l’identification).
Structure factorielle et variances expliquées
Une analyse factorielle exploratoire en composantes principales suivie d’une rotation orthogonale Varimax a été systématiquement conduite sur les différents échantillons :
- Nombre de facteurs extraits : Dans tous les échantillons analysés, la structure à deux facteurs s’est imposée sans ambiguïté, correspondant précisément aux dimensions théoriques de l’introjection et de l’identification.
- Valeurs propres (Eigenvalues) : Le facteur d’introjection a présenté des valeurs propres de 3,00, 3,49 et 3,50 à travers les échantillons successifs. Le facteur d’identification a produit des valeurs propres de 2,20, 2,47 et 2,80.
- Variance expliquée : Dans le premier échantillon (étudiants laïques), le facteur introjection expliquait 23,3 % de la variance totale et le facteur identification 29,1 %, soit une variance cumulée expliquée de 52,4 %. Dans le second échantillon (étudiants confessionnels), l’introjection expliquait 20,5 % et l’identification 29,1 % de la variance (variance cumulée de 49,6 %).
Saturations factorielles des items (Factor Loadings)
Les saturations factorielles témoignent d’une excellente discrimination des items sans saturation croisée problématique :
- Pour les items de l’Introjection, les saturations sur leur facteur théorique étaient comprises entre 0,52 et 0,73 dans le premier échantillon, et entre 0,61 et 0,72 dans le second échantillon.
- Pour les items de l’Identification, les saturations sur leur facteur respectif s’échelonnaient de 0,57 à 0,84 dans l’échantillon 1, et également de 0,57 à 0,84 dans l’échantillon 2.
Ces données confirment l’indépendance dimensionnelle des construits au sein de l’architecture psychologique des répondants chrétiens.
10. Instrument de mesure / Instrument
La CRIS se présente comme un auto-questionnaire concis sur support papier-crayon ou administrable par voie numérique sécurisée. Il est conçu pour être accessible, rapide et ne nécessite pas de compétences techniques avancées pour sa passation.
- Format du test : Échelle autorapportée à choix forcé de 12 propositions psychologiques regroupées sous 4 troncs inducteurs comportementaux (partage de la foi, recours à Dieu, prière solitaire, participation au culte).
- Nombre d’items : 12 items au total (6 items pour la sous-échelle Introjection ; 6 items pour la sous-échelle Identification).
- Format de réponse : Échelle de Likert à 4 points ordonnés :
- 1 = Pas du tout vrai (not at all true)
- 2 = Généralement pas vrai (usually not true)
- 3 = Généralement vrai (usually true)
- 4 = Tout à fait vrai (very true)
- Temps de passation estimé : Environ 3 à 5 minutes.
- Procédure de cotation :
- Aucun item n’est inversé (aucun score négatif ou inversé).
- Pour chaque sous-échelle, le score individuel correspond soit à la moyenne arithmétique des 6 items constitutifs (donnant un score moyen continu compris entre 1,00 et 4,00), soit à la somme brute des 6 items (score total variant de 6 à 24).
- Score d’Introjection : moyenne (ou somme) des 6 items introjectés.
- Score d’Identification : moyenne (ou somme) des 6 items identifiés.
- Les deux scores sont conservés séparément pour établir le profil motivationnel de la personne ; il n’est pas recommandé de calculer un score global composite unique sans justification théorique explicite relative au continuum d’autodétermination.
11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year
La Christian Religious Internalization Scale a été officiellement publiée en 1993 dans le Journal of Personality and Social Psychology par Richard M. Ryan, Scott Rigby et Kristina King.
- Propriété intellectuelle et droits d’auteur : Les droits initiaux de l’article de recherche sont détenus par l’American Psychological Association (APA). Toutefois, conformément aux usages académiques en psychologie scientifique et aux principes de diffusion de la communauté de la Self-Determination Theory, l’échelle est classée dans le domaine public académique à des fins d’enseignement et de recherche non commerciale.
- Tarifs d’utilisation : L’accès et l’utilisation de l’instrument sont entièrement gratuits pour les chercheurs, les cliniciens et les étudiants universitaires. Aucune redevance n’est exigée pour l’administration de la version à 12 items.
- Version étendue : Une version exploratoire plus longue (issue du pool originel de 36 items) pouvait être obtenue auprès de Richard M. Ryan (Department of Psychology, University of Rochester, Rochester, NY 14627-0001) et est aujourd’hui accessible via les ressources documentaires du réseau officiel de la théorie de l’autodétermination (selfdeterminationtheory.org).
12. Références / References
Voici les références scientifiques fondamentales au format APA (7e édition) relatives à la conception, au cadre théorique et aux propriétés psychométriques de l’instrument :
Allport, G. W., & Ross, J. M. (1967). Personal religious orientation and prejudice. Journal of Personality and Social Psychology, 5(4), 432–443. https://doi.org/10.1037/h0021212
Batson, C. D. (1976). Religion as prosocial: Agent or double agent? Journal for the Scientific Study of Religion, 15(1), 29–45. https://doi.org/10.2307/1384312
Batson, C. D., & Ventis, W. L. (1982). The religious experience: A social-psychological perspective. Oxford University Press.
Deci, E. L., & Ryan, R. M. (1985). Intrinsic motivation and self-determination in human behavior. Plenum Press. https://doi.org/10.1007/978-1-4899-2271-7
Deci, E. L., & Ryan, R. M. (2000). The « what » and « why » of goal pursuits: Human needs and the self-determination of behavior. Psychological Inquiry, 11(4), 227–268. https://doi.org/10.1207/S15327965PLI1104_01
Ryan, R. M., & Deci, E. L. (2017). Self-determination theory: Basic psychological needs in motivation, development, and wellness. Guilford Press. https://doi.org/10.1521/978.14625/28769
Ryan, R. M., Rigby, S., & King, K. (1993). Two types of religious internalization and their relations to religious orientations and mental health. Journal of Personality and Social Psychology, 65(3), 586–596. https://doi.org/10.1037/0022-3514.65.3.586