1. Résumé / Abstract
L’Échelle d’autostimulation clitoridienne (en anglais, Clitoral Self-Stimulation Scale [CSSS]), élaborée par Alexandra McIntyre-Smith et William A. Fisher à l’Université de Western Ontario, est un instrument psychométrique bref de six items conçu pour évaluer la propension des femmes à pratiquer l’autostimulation génitale ou clitoridienne en présence d’un partenaire lors des rapports sexuels. L’outil investigue à la fois les composantes attitudinales, affectives et comportementales associées à ce geste au sein d’interactions dyadiques hétérosexuelles. Sur le plan structural, l’échelle comporte deux sous-échelles attitudinales et affectives évaluant cinq items sur une échelle de type Likert en 7 points, complétées par un sixième item évaluant la fréquence comportementale de l’autostimulation jusqu’à l’orgasme sur une échelle de pourcentages ordonnée en 5 échelons. Les études de développement psychométrique, menées sur trois cohortes d’étudiantes universitaires actives sexuellement, attestent d’une cohérence interne robuste pour l’échelle globale (coefficients alpha de Cronbach oscillant entre .82 et .86) ainsi que d’une remarquable stabilité temporelle test-retest à quatre semaines (r = .84). Les analyses factorielles exploratoires confirment une structure factorielle stable sous-tendant les dimensions de réactions affectives et d’attitudes cognitives. La validité convergente est démontrée par des associations positives substantielles avec l’érotophilie mesurée par le Sexual Opinion Survey (r = .39 à .48), l’orientation sociosexuelle (Sociosexual Orientation Inventory), ainsi que la fréquence des rapports et de la masturbation solitaire. La validité discriminante est appuyée par l’absence d’association avec la désirabilité sociale (échelle de Marlowe-Crowne) et les indices de dépression ou d’anxiété. La CSSS constitue un apport méthodologique déterminant pour la recherche en sexologie clinique, la santé reproductive féminine et l’analyse de l’agentivité sexuelle.
2. Mots-clés / Keywords
Autostimulation clitoridienne, sexualité féminine, orgasme féminin, attitudes sexuelles, réactions affectives, comportement sexuel dyadique, scripts sexuels, érotophilie, psychométrie, échelle d’évaluation
3. Auteurs / Authors
L’échelle a été développée et validée par les chercheurs suivants du Département de psychologie et du Département d’obstétrique et gynécologie de l’Université de Western Ontario (London, Ontario, Canada) :
- Alexandra McIntyre-Smith, Ph.D. : Chercheuse en psychologie clinique et sexologie, Université de Western Ontario, London, Ontario, Canada.
- William A. Fisher, Ph.D. : Professeur émérite distingué aux Départements de psychologie et d’obstétrique et gynécologie, Université de Western Ontario, London, Ontario, Canada. Connu internationalement pour ses travaux fondamentaux sur l’érotophilie-érotophobie, les modèles de santé sexuelle (notamment le modèle Information-Motivation-Behavioral Skills [IMB]) et les dynamiques de la fonction sexuelle dyadique. Courriel institutionnel : [email protected].
4. Objectif / Purpose
L’objectif fondamental de la Clitoral Self-Stimulation Scale (CSSS) est de quantifier de manière standardisée et rigoureuse les dispositions individuelles des femmes relatives à l’autostimulation clitoridienne au cours de l’acte sexuel partagé avec un partenaire. Bien que la masturbation solitaire soit largement documentée dans la littérature sexologique contemporaine, l’acte consistant à toucher ou stimuler activement son propre clitoris en présence physique d’un partenaire lors d’un rapport intime représente une réalité psychologique et interactionnelle distincte. Dans de nombreuses cultures occidentales, la dynamique coïtale reste historiquement dominée par des normes androcentrées et des scripts privilégiant le coït pénovaginal exclusif comme vecteur principal ou exclusif de la satisfaction partagée. Ce phénomène contribue à ce que les sociologues et sexologues nomment le fossé orgasmique (orgasm gap), c’est-à-dire l’écart significatif de fréquence d’accès à l’orgasme entre les hommes et les femmes au sein des relations hétérosexuelles.
Sur le plan de la justification théorique et de la recherche fondamentale, la CSSS a été spécifiquement conçue pour combler un vide méthodologique : les instruments préexistants mesuraient soit les attitudes générales face à la masturbation solitaire, soit le fonctionnement sexuel global (comme le Female Sexual Function Index [FSFI]), sans isoler l’agentivité clitoridienne explicite en contexte dyadique. L’échelle opérationnalise l’autostimulation non seulement comme un comportement moteur mesurable en termes de fréquence relative, mais également comme une constellation cognitive et émotionnelle incluant l’évaluation morale/hédonique, l’importance perçue pour l’atteinte de l’orgasme, l’excitation subjective, le sentiment d’embarras potentiel et la facilité d’exécution perçue.
Sur le versant des applications cliniques et appliquées, la CSSS offre aux sexologues, psychologues cliniciens et thérapeutes de couple un outil diagnostique et psychoéducatif précieux. Elle permet d’identifier précisément les freins inhibiteurs intériorisés — tels que la honte corporelle, la crainte du jugement du partenaire, ou l’anxiété de performance — qui empêchent certaines patientes d’adopter des comportements nécessaires à leur plaisir orgasmique. Dans le cadre de thérapies sexuelles ciblées sur l’anorgasmie coïtale secondaire ou les troubles de l’excitation génitale féminine, le clinicien peut utiliser la CSSS pour évaluer l’évolution des attitudes et la désensibilisation affective avant et après une intervention psychothérapeutique cognitive-comportementale ou un entraînement à la communication sexuelle.
5. Construit psychologique / Construct
Le construit psychologique appréhendé par la Clitoral Self-Stimulation Scale est multidimensionnel et reflète la disposition globale d’une femme à s’engager activement dans la stimulation directe de son propre appareil génital au cours d’une relation intime dyadique. Ce construit ne se limite pas à un simple dénombrement comportemental, mais intègre une matrice tridimensionnelle articulant cognitions, affects et comportements manifestes.
Attitudes envers l’autostimulation clitoridienne (Sous-échelle 1)
Cette dimension cognitive et évaluative regroupe les items 1, 2 et 5 de l’instrument. Elle quantifie l’évaluation réflexive, la légitimité perçue et le sentiment de compétence technique ou de contrôle comportemental perçu quant à l’acte de s’autostimuler pour faciliter l’orgasme en présence d’un partenaire :
- Évaluation hédonique et axiologique (Item 1 – Bon/Mauvais) : Cet indicateur capte le positionnement moral et hédoniste de la répondante. Juger cet acte comme intrinsèquement « bon » démontre une émancipation face aux interdits culturels traditionnels stigmatisant l’autonomie sexuelle féminine, tandis qu’une évaluation « mauvaise » reflète une intériorisation de scripts négatifs associant l’autostimulation à un comportement inapproprié ou déviant en présence de l’autre.
- Valeur instrumentale perçue (Item 2 – Importance) : Ce pôle mesure à quel point la femme considère la stimulation directe du clitoris comme un composant crucial et non négociable de son épanouissement orgasmique au cours du coït. L’attribution d’une haute importance correspond à une claire reconnaissance physiologique de la centralité du clitoris dans la réponse sexuelle humaine.
- Auto-efficacité et facilité perçue (Item 5 – Facilité/Difficulté) : Inspirée des concepts d’auto-efficacité et de contrôle comportemental perçu, cette facette mesure la fluidité physique, spatiale et psychologique avec laquelle la femme parvient à intégrer cette manipulation pendant l’interaction sexuelle, sans se heurter à une gêne corporelle ou à une entrave positionnelle.
Réactions affectives à l’autostimulation clitoridienne (Sous-échelle 2)
Cette sous-échelle, composée des items 3 et 4, sonde la tonalité émotionnelle viscérale éprouvée à la perspective ou lors de l’exécution du geste en contexte relationnel :
- Affect positif et excitation érotique (Item 3 – Excitant) : Mesure la capacité du geste à générer un surcroît de désir et d’excitation sexuelle subjective. L’autostimulation dyadique est ici perçue comme un catalyseur direct de plaisir partagé et d’enrichissement de l’excitation mutuelle.
- Affect négatif et anxiété sociale/interpersonnelle (Item 4 – Embarrassant) : Mesure l’inhibition liée à l’exposition de son intimité masturbatoire sous le regard de l’autre. Le sentiment de gêne ou de honte découle de la crainte d’invalider la performance du partenaire masculin ou d’enfreindre les attentes normatives de passivité féminine. Cet item fait l’objet d’un codage inversé dans le calcul psychométrique afin qu’un score élevé traduise une absence d’embarras.
Composante comportementale objective (Fréquence)
L’item 6 opérationnalise la dimension comportementale effective. Il évalue le pourcentage relatif du temps (allant de 0 % à 100 %) au cours duquel la participante s’autostimule concrètement jusqu’à l’orgasme lors des rapports sexuels avec un partenaire. Cette composante permet de vérifier l’adéquation entre l’adhésion attitudinale/affective positive et le passage à l’acte concret dans le répertoire intime quotidien.
6. Cadre théorique / Theoretical Framework
L’architecture conceptuelle de l’Échelle d’autostimulation clitoridienne s’ancre à la croisée de plusieurs courants majeurs de la psychologie sociale, de la sexologie contemporaine et des théories du genre.
La théorie des scripts sexuels (Gagnon & Simon)
Le soubassement sociologique et psychologique premier de l’instrument s’inspire directement de la théorie des scripts sexuels formalisée par John Gagnon et William Simon (1973 ; Gagnon, 1977). Selon ce paradigme, les conduites sexuelles humaines ne sont pas de simples réflexes biologiques, mais sont guidées par des scénarios cognitifs appris aux niveaux culturel, interpersonnel et intrapsychique. Dans le script hétérosexuel traditionnel occidental, la séquence intime prototypique valorise la pénétration vaginale comme l’aboutissement naturel et exclusif de l’union, assignant souvent la femme à un rôle réceptif où son plaisir est censé découler de la seule action mécanique du partenaire masculin. S’autostimuler en présence du partenaire constitue une rupture délibérée avec ce script conventionnel. Cela exige de la femme qu’elle renégocie son script intrapsychique, qu’elle dépasse le tabou de la « masturbation partagée » et qu’elle s’affirme comme un agent sexuel actif capable de moduler directement ses propres afférences sensorielles.
Le modèle de l’érotophilie-érotophobie (Fisher, Byrne, White, & Kelley)
Le cadre théorique s’articule également avec les travaux de Donn Byrne et William A. Fisher (1988) sur la dimension de personnalité de l’érotophilie-érotophobie. Définie comme une disposition stable à répondre aux stimuli sexuels le long d’un continuum allant d’affects négatifs et de conduites d’évitement (érotophobie) à des affects positifs et des conduites d’approche (érotophilie), cette théorie postule que les individus érotophiles possèdent un répertoire comportemental plus étendu, manifestent moins de culpabilité corporelle et sont beaucoup plus enclins à communiquer leurs besoins sexuels. L’autostimulation clitoridienne en présence d’autrui représente l’incarnation par excellence d’une attitude érotophile hautement affirmée, nécessitant une tolérance émotionnelle au regard de l’autre et une désensibilisation à l’anxiété morale.
Théories de l’agentivité corporelle et de la corporéité sexuelle féministe
Sur le plan féministe et biopsychosocial, l’instrument s’aligne sur les découvertes anatomiques et sexologiques (notamment celles de Helen O’Connell et Masters & Johnson) démontrant que le clitoris est le principal organe anatomique dédié exclusivement au plaisir sexuel chez la femme, et que la pénétration seule s’avère souvent physiologiquement insuffisante pour atteindre le seuil déclencheur de l’orgasme. L’adoption de l’autostimulation coïtale s’interprète dès lors sous l’angle de l’agentivité sexuelle (sexual agency) : la capacité pour une femme d’assumer la responsabilité active de son propre plaisir, de subvertir le « devoir de passivité » et d’instaurer une égalité hédonique au sein du couple.
7. Validité / Validity
Les propriétés psychométriques de la CSSS ont fait l’objet d’évaluations rigoureuses reposant sur une méthodologie multi-études standardisée conforme aux recommandations de Netemeyer, Bearden et Sharma (2003) ainsi que de Streiner et Norman (2008).
Validité convergente
La validité convergente de l’échelle a été solidement établie en démontrant des corrélations statistiquement significatives avec des instruments mesurant des construits théoriquement apparentés :
- Érotophilie : Les scores totaux et factoriels de la CSSS corrèlent de façon modérée à forte avec le Sexual Opinion Survey (SOS ; Fisher et al., 1988), affichant des coefficients de corrélation de Pearson compris entre r = .39 et r = .48. Il convient de souligner que, pour éviter tout artefact de redondance de contenu ou de gonflement artificiel de la variance commune, les auteurs ont recalculé les scores du SOS en extrayant préalablement les deux seuls items faisant explicitement référence à l’autostimulation génitale. Ces associations confirment que la prédisposition à l’autostimulation clitoridienne partagée participe d’une orientation érotophile globale caractérisée par l’ouverture aux stimulations sexuelles.
- Orientation sociosexuelle : Une association positive modeste mais statistiquement significative a été observée avec le Sociosexual Orientation Inventory (SOI ; Simpson & Gangestad, 1991), avec des coefficients variant de r = .15 à r = .22, traduisant le fait que les femmes plus ouvertes aux expériences sexuelles non engagées manifestent également une plus grande liberté comportementale dans leur gestion hédonique.
- Indicateurs comportementaux réels : L’échelle montre des corrélations positives avec la fréquence des rapports sexuels au sein de relations amoureuses stables (r = .20 à .27) et de relations occasionnelles (r = .53 à .66), ainsi qu’avec la fréquence déclarée de la masturbation solitaire (r = .33 à .49), démontrant une excellente concordance avec les conduites effectives sur le terrain.
Validité discriminante
La validité discriminante a été examinée pour s’assurer que la mesure ne reflète pas de biais de désirabilité sociale ou de détresse psychologique générale :
- Absence de biais de désirabilité sociale : Aucune corrélation significative n’a été décelée entre les scores de la CSSS (échelle totale et sous-échelles) et l’échelle de désirabilité sociale de Marlowe-Crowne (Crowne & Marlowe, 1964). Les participantes ne répondent donc pas pour se conformer à une image idéalisée ou socialement approuvée.
- Indépendance vis-à-vis des troubles de l’humeur : L’absence d’association statistiquement significative avec les sous-échelles de dépression et d’anxiété du DASS-21 (Henry & Crawford, 2005) confirme que la propension à s’autostimuler ne constitue pas un mécanisme d’échappement névrotique ou un marqueur de détresse affective générale, mais bien une dimension autonome de la disposition sexuelle saine.
8. Fidélité / Reliability
La fidélité de la Clitoral Self-Stimulation Scale a été vérifiée à travers ses indices d’homogénéité interne et sa reproductibilité temporelle au sein de trois échantillons distincts d’étudiantes universitaires actives sexuellement (âgées de 17 à 49 ans, avec des moyennes d’âge de 18.83 à 19.24 ans, ET = 2.67 à 3.38).
Cohérence interne (Alpha de Cronbach)
- Échelle totale : À travers les trois vagues successives d’études de développement empirique, le coefficient alpha de Cronbach pour les six items s’est maintenu à un niveau élevé et stable, oscillant rigoureusement entre .82 et .86. Cela démontre une excellente homogénéité du construit global.
- Sous-échelle Attitudes envers l’autostimulation clitoridienne (3 items) : Présente une cohérence interne remarquable pour une mesure aussi concise, avec des alphas s’élevant entre .81 et .86 dans deux des trois études, et s’établissant à .72 dans la troisième cohorte.
- Sous-échelle Réactions affectives à l’autostimulation clitoridienne (2 items) : Pour une échelle extrêmement brève de deux items, la cohérence interne s’est révélée tout à fait adéquate dans deux études (α = .70 à .71), bien qu’elle ait accusé une légère diminution à .59 dans l’un des échantillons, ce qui reste psychométriquement acceptable pour une paire d’items selon les critères de Streiner et Norman.
Stabilité test-retest
La stabilité temporelle a été mesurée auprès d’un sous-échantillon réévalué à un intervalle de quatre semaines (28 jours) :
- Pour le score total de la CSSS, le coefficient de corrélation intraclasse / fidélité test-retest s’élève à r = .84, attestant d’une excellente stabilité temporelle de la disposition psychologique.
- Pour les deux sous-échelles, les coefficients de stabilité test-retest s’établissent respectivement entre r = .74 et r = .77, confirmant que les réactions affectives et les évaluations cognitives captées par l’outil représentent des traits dispositionnels durables plutôt que de simples fluctuations d’humeur transitoires.
9. Analyse factorielle / Factor Analysis
Le développement de l’échelle a suivi un processus d’épuration itératif en trois étapes distinctes à partir d’un ensemble initial de 18 items conçus par les auteurs, soumis à des analyses d’items individuels et à des analyses factorielles exploratoires (AFE).
Processus d’épuration itérative des items
Dans la première phase (N = 198 participantes), les données ont été soumises à une extraction factorielle. Dix items ont été immédiatement supprimés en raison d’une mauvaise performance empirique ou d’un chevauchement conceptuel insuffisant avec le construit cible. L’ensemble résiduel de huit items a été enrichi de quatre nouvelles formulations soumises au jugement d’experts (16 étudiants diplômés évaluant la clarté sémantique et la pertinence notionnelle, selon les protocoles de Hinkin, 1998). Des modifications de formulation ont été apportées aux items lorsque deux juges ou plus le préconisaient.
Dans la deuxième phase (N = 242 participantes), les 12 items révisés ont fait l’objet d’une nouvelle AFE. Cinq items ont été éliminés en application de critères décisionnels rigoureux :
- Restriction d’étendue ou effet de plafond/plancher (plus de 50 % de l’échantillon choisissant une seule modalité de réponse, écarts-types excessivement faibles) ;
- Corrélations inter-items faibles avec au moins deux autres variables de l’échelle (r < .30) ;
- Corrélations item-total corrigées insuffisantes (r < .30) ;
- Saturations croisées élevées sur des facteurs non pertinents (> .35) ;
- Faible part de variance expliquée au niveau individuel (communautés initiales et extraites < .30).
Structure factorielle finale
Dans la troisième phase (N = 211 participantes), une version à 7 items a été analysée. Après examen des saturations et de la fidélité test-retest, six items finaux ont été conservés. Les analyses factorielles en composantes principales avec rotation oblique (promax/oblimin) ont confirmé l’existence de deux dimensions corrélées claires, expliquant une part majeure de la variance totale :
- Facteur 1 : Attitudes envers l’autostimulation clitoridienne, regroupant les items 1 (Bon/Mauvais), 2 (Important/Pas important) et 5 (Facile/Difficile), avec des saturations factorielles primaires substantielles (> .60) et des communautés élevées.
- Facteur 2 : Réactions affectives à l’autostimulation clitoridienne, regroupant les items 3 (Excitant) et 4 (Embarrassant, codé à l’envers), présentant des saturations dominantes et univoques sur ce second axe.
- L’item 6 (fréquence comportementale) charge de manière satisfaisante sur le facteur général d’engagement comportemental, justifiant son intégration dans le calcul du score global pondéré de l’échelle.
10. Instrument de mesure / Instrument
L’instrument se présente sous la forme d’un auto-questionnaire standardisé court, disponible en format papier-crayon ou administrable par voie électronique sécurisée :
- Type d’évaluation : Auto-évaluation psychométrique individuelle (self-report).
- Population cible : Conçu et validé auprès de femmes universitaires hétérosexuellement actives (déclarant au minimum deux rapports sexuels avec pénétration par mois). Toute généralisation à d’autres cohortes cliniques, minorités sexuelles ou tranches d’âge requiert des précautions d’usage.
- Format et durée : 6 items au total. Temps de passation estimé entre 2 et 5 minutes. Une passation dans un environnement garantissant une totale confidentialité est impérative.
- Format des réponses :
- Items 1 à 5 : Échelle de type Likert en 7 points avec libellés bipolaires spécifiques à la formulation de la question.
- Item 6 : Échelle de fréquence ordonnée en 6 catégories exprimées en pourcentages de temps : 0 %, 1–25 %, 26–50 %, 51–75 %, 76–99 %, 100 %.
- Procédure de cotation et de pondération :
- Items 2, 3 et 5 : Cotés directement de 1 à 7 (1 = Très peu important / Fortement en désaccord / Très difficile ; 4 = Ni l’un ni l’autre ; 7 = Très important / Tout à fait d’accord / Très facile).
- Items 1 et 4 : Codés de façon inversée ou orientée vers l’acceptation : pour l’item 1, 1 = Très mauvais jusqu’à 7 = Très bon. Pour l’item 4 (« Embarrassant »), 1 = Tout à fait d’accord (embarras maximal) jusqu’à 7 = Fortement en désaccord (absence totale d’embarras).
- Item 6 : Coté de 0 à 5 (0 = 0 % du temps ; 1 = 1–25 % ; 2 = 26–50 % ; 3 = 51–75 % ; 4 = 76–99 % ; 5 = 100 % du temps).
- Pondération différentielle pour le score total : Comme l’item 6 est calibré sur une métrique à 5 échelons actifs (le point 0 n’ayant pas d’équivalent neutre sur une échelle en 7 points), une standardisation arithmétique est requise lors du calcul du score global : multiplier la somme des items 1 à 5 par le coefficient 5, et multiplier le score de l’item 6 par le coefficient 7. Le score total (ou moyen pondéré) est alors calculé. Un score élevé dénote une plus forte propension cognitive, affective et comportementale à s’autostimuler le clitoris durant le rapport sexuel avec partenaire.
- Scores de sous-échelles : Sous-échelle 1 (Attitudes) = Items 1 + 2 + 5 (somme brute de 3 à 21). Sous-échelle 2 (Réactions affectives) = Items 3 + 4 (somme brute de 2 à 14). Aucun coefficient de pondération n’est nécessaire au sein des sous-échelles car tous les items partagent la même métrique en 7 points.
11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year
- Année d’introduction : L’échelle a été finalisée et publiée dans les travaux académiques de référence à la fin des années 2000 / début des années 2010 par Alexandra McIntyre-Smith et William A. Fisher à l’Université de Western Ontario.
- Droits d’utilisation et permissions : L’échelle est un instrument académique ouvert destiné à la recherche scientifique et à l’exercice clinique sans but lucratif. L’utilisation dans le cadre d’études universitaires ou de prises en charge thérapeutiques est autorisée sous réserve de citation bibliographique formelle des auteurs originaux.
- Tarification : L’accès au questionnaire et à ses modalités de cotation est entièrement gratuit (aucun droit de redevance commerciale n’est exigé pour un usage de recherche).
- Adaptation et reproduction commerciale : Toute inclusion de la CSSS au sein d’une plateforme logicielle commerciale, d’un essai clinique sponsorisé par l’industrie pharmaceutique ou d’une publication lucrative nécessite l’accord explicite préalable des détenteurs des droits intellectuels ou de l’éditeur académique original.
12. Références / References
- Crowne, D. P., & Marlowe, D. (1964). The approval motive: Studies in evaluative dependence. John Wiley & Sons.
- Fisher, W. A., Byrne, D., White, L. A., & Kelley, K. (1988). Erotophobia-erotophilia as a dimension of personality. The Journal of Sex Research, 25(1), 123–151. https://doi.org/10.1080/00224498809551448
- Gagnon, J. H. (1977). Human sexualities. Scott, Foresman and Company.
- Henry, J. D., & Crawford, J. R. (2005). The short-form version of the Depression Anxiety Stress Scales (DASS-21): Construct validity and normative data in a large non-clinical sample. British Journal of Clinical Psychology, 44(2), 227–239. https://doi.org/10.1348/014466505X29657
- Hinkin, T. R. (1998). A brief tutorial on the development of measures for use in survey questionnaires. Organizational Research Methods, 1(1), 104–121. https://doi.org/10.1177/109442819800100106
- Netemeyer, R. G., Bearden, W. O., & Sharma, S. (2003). Scaling procedures: Issues and applications. SAGE Publications. https://doi.org/10.4135/9781412985772
- Simpson, J. A., & Gangestad, S. W. (1991). Individual differences in sociosexuality: Evidence for convergent and discriminant validity. Journal of Personality and Social Psychology, 60(6), 870–883. https://doi.org/10.1037/0022-3514.60.6.870
- Streiner, D. L., & Norman, G. R. (2008). Health measurement scales: A practical guide to their development and use (4th ed.). Oxford University Press. https://doi.org/10.1093/acprof:oso/9780199231881.001.0001