1. Résumé / Abstract
L’Échelle d’attitudes favorables au viol (Rape Supportive Attitude Scale ou RSAS), développée par la chercheuse et sociologue Ilsa L. Lottes en 1991 à l’Université du Maryland (UMBC), constitue un instrument psychométrique de référence destiné à quantifier l’adhésion individuelle aux attitudes hostiles envers les victimes d’agression sexuelle et l’acceptation des croyances erronées entourant le viol et ses auteurs. Conçue pour surmonter les redondances et les faiblesses structurales des premiers instruments d’évaluation des mythes sur le viol, la RSAS synthétise et opérationnalise sept croyances fondamentales sous-tendant la victimisation secondaire et la tolérance socioculturelle des violences sexuelles : la supposition que les femmes apprécieraient la coercition sexuelle, la responsabilisation exclusive des femmes dans la prévention des agressions, la conceptualisation du viol comme acte exclusivement pulsionnel et sexuel plutôt que fondé sur le pouvoir et la domination, la stigmatisation sélective de certaines catégories de victimes jugées non respectables, la dévalorisation relationnelle et sociale d’une femme violée, la banalisation des allégations jugées fallacieuses ou manipulatrices, et la justification morale ou situationnelle du recours à la force sexuelle.
Composée de 20 items formulés sous la forme d’affirmations cotées sur une échelle de Likert en 5 points (allant de 1 = « Fortement en désaccord » à 5 = « Fortement d’accord »), l’échelle produit un score total variant de 20 à 100, où les valeurs élevées dénotent un niveau marqué d’insensibilité envers les victimes (rape callousness) et une légitimation explicite ou tacite de la violence sexuelle. Sur le plan psychométrique, la RSAS démontre une consistance interne exceptionnellement élevée, illustrée par des coefficients alpha de Cronbach de .91 établis sur de multiples échantillons universitaires indépendants. Les analyses factorielles en composantes principales confirment une structure unifactorielle dominante expliquant 37 % de la variance totale, appuyée par une solide validité convergente et de construit établie par des corrélations positives robustes avec les croyances sexuelles conflictuelles, l’hypermasculinité, les rôles de genre inégalitaires et l’excitation face à la violence sexuelle. Une version abrégée validée de 12 items présente également d’excellentes qualités métriques en recherche longitudinale.
2. Mots-clés / Keywords
Échelle d’attitudes favorables au viol, RSAS, mythes sur le viol, insensibilité au viol, blâme de la victime, violences sexuelles, rôles de genre, hypermasculinité, psychométrie, validité convergente, croyances sexuelles conflictuelles, victimisation secondaire.
3. Auteurs / Authors
L’échelle a été conçue, formalisée et validée empiriquement par :
- Dr. Ilsa L. Lottes, Professeure émérite au Département de sociologie et d’anthropologie de l’Université du Maryland, Baltimore County (UMBC), Baltimore, Maryland, États-Unis. Spécialiste de la sociologie de la sexualité, des attitudes envers les minorités sexuelles et des violences interpersonnelles de genre (Courriel de correspondance académique :
[email protected]).
Des travaux d’extension psychométrique et de validation longitudinale ont été conduits en collaboration étroite avec :
- Dr. Peter J. Kuriloff, Professeur émérite en psychologie de l’éducation à la Graduate School of Education de l’Université de Pennsylvanie.
- Dr. Scott T. Bell, chercheur en psychologie sociale et du développement de l’étudiant, affilié aux programmes d’études longitudinales sur la socialisation de genre en milieu universitaire.
4. Objectif / Purpose
L’objectif fondamental de la Rape Supportive Attitude Scale est d’évaluer de manière systématique, standardisée et sensible le degré d’adhésion d’un individu aux systèmes de croyances socioculturels légitimant, excusant ou banalisant les violences sexuelles commises contre les femmes. En psychologie sociale et en criminologie, la mesure des attitudes propices au viol ne vise pas simplement à identifier les individus susceptibles de perpétrer des agressions sexuelles, mais répond à une triple exigence théorique, clinique et de santé publique :
Élucidation des mécanismes sociocognitifs de la violence sexuelle
L’échelle a été conçue pour saisir l’infrastructure idéologique qui rend le viol socialement tolérable. Comme l’ont démontré les travaux pionniers de Burt (1980), de Russell (1975) et de Williams et Holmes (1981), les agressions sexuelles ne se produisent pas dans un vide culturel, mais s’enracinent dans un ensemble de croyances normatives qui déforment la réalité de la contrainte sexuelle. La RSAS fournit aux chercheurs un outil diagnostique pour mesurer comment les attitudes patriarcales et les stéréotypes sur la sexualité féminine interagissent pour former une barrière cognitive à la reconnaissance du préjudice causé aux victimes.
Prévention de la victimisation secondaire
Les attitudes hostiles envers les victimes ne se limitent pas à motiver ou excuser l’agression initiale : elles constituent le moteur principal du « second viol » ou de la victimisation secondaire. Lorsqu’une survivante fait face au système médico-légal, judiciaire, ou à son entourage proche, l’activation des mythes du viol (par exemple : le soupçon de fausse déclaration, le doute sur l’intensité de sa résistance physique, ou le blâme quant à sa tenue vestimentaire ou son alcoolisation) entrave directement le processus de guérison psychologique, amplifie la détresse post-traumatique et inhibe le signalement judiciaire. L’utilisation de la RSAS permet d’évaluer la prévalence de ces biais cognitifs chez les professionnels de première ligne (policiers, magistrats, soignants, travailleurs sociaux) et d’orienter les formations de déconstruction des préjugés.
Évaluation d’interventions préventives et psycho-éducatives
Dans les contextes universitaires et communautaires, la RSAS sert d’indicateur d’efficacité pré-test et post-test pour les programmes d’éducation au consentement sexuel, de sensibilisation des témoins actifs (bystander intervention) et de déconstruction de la culture du viol. Sa structure métrique robuste permet de détecter les variations longitudinales de l’insensibilité morale chez les étudiants au cours de leur socialisation académique et sociale.
5. Construit psychologique / Construct
Le construit psychologique mesuré par la RSAS est multidimensionnel sur le plan théorique mais s’articule autour d’une disposition unitaire latente : la callosité envers le viol (rape callousness) et l’hostilité idéologique envers les victimes d’agression. Ce construit intègre sept croyances fondamentales solidement documentées dans la littérature sociologique et psychologique :
1. La croyance selon laquelle les femmes apprécieraient la violence sexuelle
Ce mythe postule qu’en dépit d’un refus verbal ou physique explicite, les femmes éprouveraient une excitation inconsciente ou une satisfaction masquée face à la contrainte masculine. Il repose sur le stéréotype sexiste d’une sexualité féminine masochiste nécessitant d’être « domptée ». Un exemple prototypique dans l’échelle correspond à l’item affirmant que la brutalité physique est sexuellement stimulante pour beaucoup de femmes, ou l’idée que le refus initial n’est qu’un simulacre de pudeur destiné à masquer un désir d’être violentée.
2. L’attribution de la responsabilité de la prévention du viol aux femmes
Cette dimension opère un déplacement systématique du locus de responsabilité morale et pénale : l’auteur de l’agression est dédouané, tandis que la victime est jugée fautive pour ne pas avoir su anticiper, désamorcer ou repousser la violence. Le raisonnement sous-jacent implique que si une femme accepte un rendez-vous, s’isole avec un partenaire, consomme de l’alcool ou s’engage dans des préliminaires amoureux, elle cède tacitement son droit au consentement et doit assumer l’escalade coercitive.
3. La conceptualisation du viol comme acte exclusivement sexuel et pulsionnel
Le construit évalue l’adhésion au postulat erroné selon lequel le viol est causé par une pulsion sexuelle incontrôlable, plutôt que par des dynamiques de pouvoir, d’humiliation, de contrôle et d’affirmation dominatrice masculine. Cette dépolitisation de l’agression sexuelle transforme un acte de violence criminelle en une simple défaillance biologique irrépressible, exonérant l’agresseur au motif qu’il n’aurait pas pu maîtriser son besoin physiologique.
4. La sélection et la stigmatisation des victimes selon leur conformité morale
Ce biais cognitif repose sur l’illusion d’un monde juste (just-world hypothesis), postulant que les viols n’arrivent qu’à certaines femmes jugées provocatrices, marginales ou promiscuës. La croyance divise artificiellement les femmes entre « victimes légitimes » (qui échapperaient par nature au viol en maintenant une stricte réputation) et femmes non respectables méritant leur sort ou provoquant l’inconduite masculine.
5. La dévalorisation relationnelle et sociale de la survivante
Cette dimension capte l’intériorisation d’une norme de pureté patriarcale où la valeur intrinsèque, l’intégrité et la désirabilité d’une femme sont réduites à son statut sexuel. Selon cette croyance, l’expérience traumatique du viol contamine la victime, la rendant définitivement inférieure, abîmée ou moins désirable pour un partenariat conjugal futur.
6. La suspicion systématique de fausses accusations
Cette composante traduit une méfiance structurelle envers la parole des femmes dénonçant une agression sexuelle. Elle véhicule l’idée que les déclarations de viol sont majoritairement motivées par la vengeance amoureuse, la dissimulation d’une grossesse non désirée pour préserver sa réputation, le regret a posteriori d’un acte consenti, ou un besoin d’attention narcissique. Ce mythe alimente la sur-exigence de preuves légales disproportionnées pour « protéger l’homme ».
7. La justification situationnelle de la coercition sexuelle
Enfin, le construit englobe l’approbation explicite de scénarios d’extorsion sexuelle dans le cadre de relations intimes préalables ou d’ambiguïtés relationnelles perçues : si une femme a déjà eu des rapports avec l’homme par le passé, si la fréquentation dure depuis longtemps, ou si elle l’a « aguiché », l’usage de la force physique est perçu comme une sanction compréhensible ou un droit acquis pour le partenaire masculin.
6. Cadre théorique / Theoretical Framework
La conception de la RSAS s’inscrit au carrefour de plusieurs paradigmes majeurs des sciences sociales et de la psychologie différentielle :
La perspective féministe socioculturelle de la violence sexuelle
Développée notamment par Susan Brownmiller (1975) et Diana Russell (1975), la théorie féministe soutient que le viol n’est pas une anomalie psychiatrique ou un comportement déviant isolé, mais un instrument structurel de domination patriarcale visant à maintenir l’assujettissement de l’ensemble des femmes par la peur et la coercition. Dans cette optique, les croyances hostiles ne sont pas de simples distorsions perceptives individuelles : elles forment une idéologie de soutien transmise par la socialisation culturelle, qui délégitime l’autonomie sexuelle féminine et confère aux hommes un sentiment de privilège sexuel (sexual entitlement).
Le modèle des mythes culturels du viol de Burt (1980)
Martha R. Burt a formalisé le cadre conceptuel pionnier liant les mythes du viol à des constellations d’attitudes plus larges : l’acceptation de la violence interpersonnelle, les rôles stéréotypés de genre et les croyances sexuelles conflictuelles (adversarial sexual beliefs — l’idée que les relations intimes sont par nature une guerre d’exploitation mutuelle où la duplicité féminine répond à l’agressivité masculine). Lottes a repris cette assise théorique en cherchant à épurer les mesures de Burt pour isoler spécifiquement les items corrélés à l’insensibilité envers le viol sans les confondre avec des mesures d’attitudes sexuelles générales.
La théorie de la personnalité hypermasculine
Le cadre théorique de Donald Mosher et Mark Sirkin (1984) sur la constellation de la personnalité machiste (Hypermasculinity) constitue un autre ancrage essentiel. L’hypermasculinité se compose de trois versants : la valorisation de la violence comme preuve de virilité, la perception du danger comme source d’excitation, et une attitude dédaigneuse envers les femmes perçues comme de simples cibles de conquête érotique. La RSAS a été théorisée comme le corrélat attitudinal direct de cette structure de personnalité chez les hommes, postulant que les individus adhérant fortement à la prescription de virilité hégémonique adoptent systématiquement des représentations victimisantes et punitives envers les femmes qui résistent à l’injonction hétéronormative.
7. Validité / Validity
La validité psychométrique de l’Échelle d’attitudes favorables au viol a été établie avec rigueur à travers plusieurs protocoles expérimentaux et corrélationnels, principalement sur des échantillons universitaires de premier cycle (Lottes, 1991 ; Bell et al., 1992, 1995) :
Validité de contenu
Les 20 items finaux ont été extraits d’un pool initial de 40 items provenant des échelles de référence de Barnett et Feild (1977), Burt (1980), Koss (1981), et Wheeler et Utigard (1984). La sélection a été soumise à deux critères stricts : (a) l’adéquation conceptuelle démontrée avec l’une des sept croyances théoriques fondamentales de soutien au viol, et (b) une corrélation item-total élevée associée à des saturations factorielles convergentes sur un axe unitaire unique.
Validité de construit et convergente
Dans l’étude princeps de Lottes (1991), administrée auprès de deux cohortes d’étudiants (Échantillon 1 : $N = 246$, dont 98 hommes et 148 femmes ; Échantillon 2 : $N = 390$, dont 195 hommes et 195 femmes), la RSAS a présenté des corrélations statistiquement significatives ($p < .001$) dans les directions théoriquement prédites :
- Croyances de rôles de genre inégalitaires : corrélations très fortes avec le refus de l’égalité des genres ($r = .58$ dans l’échantillon 1, et $r = .64$ dans l’échantillon 2).
- Croyances sexuelles conflictuelles : corrélations massives avec l’échelle d’Adversarial Sexual Beliefs ($r = .65$ et $r = .70$).
- Attitudes traditionnelles envers la sexualité féminine : corrélations substantielles ($r = .50$ et $r = .42$).
- Excitation face à la violence sexuelle : association positive significative avec les mesures d’excitation physiologique/fantasmatique face à des récits de violence sexuelle ($r = .32$ et $r = .37$).
- Homophobie et non-acceptation de l’homosexualité : corrélations modérées et significatives ($r = .25$ et $r = .34$).
- Hypermasculinité : chez les hommes des deux échantillons, la corrélation avec l’Hypermasculinity Inventory de Mosher et Sirkin (1984) a révélé une convergence puissante ($r = .44$ et $r = .52$, $p < .001$).
Validité différentielle selon le sexe
Une prédiction théorique récurrente dans l’étude des mythes du viol réside dans l’asymétrie sexuée des scores. Pour les deux cohortes, la corrélation entre le sexe biologique et le score global à la RSAS s’est avérée hautement significative ($r = .36$ et $r = .35$, $p < .001$), les hommes démontrant des attitudes considérablement plus insensibles et favorables au viol que les femmes. Ces résultats ont été répliqués de manière identique par Bell et collaborateurs (1992, 1995) chez des étudiants de première année et des finissants universitaires.
Validité prédictive et longitudinale
Les investigations par panel menées par Bell, Lottes et Kuriloff (1995) ont mis en évidence la valeur prédictive de l’instrument : les scores d’insensibilité au viol au début du cursus universitaire prédisaient de manière robuste l’adhésion persistante aux attitudes sexistes, au conservatisme social, au rejet du féminisme et à une faible conscience sociale quatre ans plus tard à la fin des études collégiales.
8. Fidélité / Reliability
Les indices de fidélité de la RSAS ont été analysés sous les angles de la cohérence interne et de la stabilité temporelle :
Cohérence interne (Alpha de Cronbach)
- Forme intégrale (20 items) : Dans les deux échantillons de validation de Lottes (1991), l’alpha de Cronbach a atteint la valeur exceptionnelle de $\alpha = .91$ pour l’échantillon 1 ($N = 246$) ainsi que pour l’échantillon 2 ($N = 390$). Ces coefficients révèlent une homogénéité remarquable des items et une faible variance d’erreur de mesure, garantissant une mesure unifiée du construit d’insensibilité au viol.
- Forme abrégée (12 items) : Évaluée par Bell et ses collègues (1992) sur un échantillon large de 521 étudiants de première année d’université, la version restreinte à 12 items a produit un coefficient de consistance interne tout à fait satisfaisant de $\alpha = .77$. Administrée de nouveau quatre ans plus tard auprès de 300 de ces mêmes étudiants devenus seniors, la consistance interne est demeurée remarquablement stable à $\alpha = .76$ (Bell, Lottes, & Kuriloff, 1995).
Stabilité temporelle (Test-retest)
Dans l’étude longitudinale sur quatre années menée par Bell, Lottes et Kuriloff (1995), le coefficient de fidélité test-retest calculé entre la première année universitaire et l’année de diplomation (intervalle d’environ 40 mois) s’est élevé à $r = .53$ ($p < .001$). Dans le champ des attitudes socioculturelles, une telle corrélation sur une période développementale marquée par de profonds remaniements identitaires et cognitifs témoigne d’une stabilité relative substantielle du construit, tout en attestant de sa sensibilité aux expériences socialisatrices vécues durant le cursus universitaire.
9. Analyse factorielle / Factor Analysis
Afin de déterminer la dimensionalité de l’échelle, les données issues des deux échantillons universitaires de Lottes (1991) ont été soumises à une analyse en composantes principales (ACP) :
Unifactorialité dominante
Bien que les 20 items aient été formulés à partir de sept thématiques cognitives conceptuellement distinctes, l’analyse factorielle a révélé l’émergence empirique d’un facteur dominant unique dans les deux cohortes. Ce facteur général rend compte d’exactement 37 % de la variance totale dans le premier échantillon ($N = 246$) ainsi que dans le second échantillon ($N = 390$).
Poids factoriels des items
Dans les deux cohortes étudiées, l’ensemble des 20 items a présenté une saturation (factor loading) égale ou supérieure à .39 sur ce facteur central. L’absence de composantes secondaires interprétables et la force des saturations primaires confirment que les sept croyances relatives aux mythes du viol fonctionnent au sein de la psyché individuelle comme un réseau cognitif étroitement intriqué, justifiant le calcul d’un score composite global unique sans recours obligatoire à des sous-échelles distinctes.
Sélection de la version abrégée
Sur la base de ces résultats factoriels, Bell et collaborateurs (1992) ont pu isoler un sous-ensemble parsimonieux de 12 items (items numérotés 2, 3, 4, 5, 6, 7, 11, 12, 13, 15, 17 et 19) qui conservent les saturations les plus robustes tout en préservant l’équilibre représentatif des facettes théoriques du construit d’insensibilité au viol.
10. Instrument de mesure / Instrument
- Type d’évaluation : Questionnaire d’auto-évaluation psychométrique (self-report inventory) mesurant les attitudes sociocognitives et les mythes soutenant le viol.
- Format d’administration : Papier-crayon traditionnel ou questionnaire informatisé. Pour neutraliser les biais d’acquiescement ou les effets de halo, il est recommandé d’insérer de manière aléatoire les 20 items au sein d’un questionnaire plus vaste (par exemple, parmi 50 à 70 items évaluant des attitudes sociales ou relationnelles variées).
- Nombre d’items : 20 items dans la version intégrale standard (version courte disponible de 12 items).
- Échelle de réponse : Échelle de Likert à 5 points :
- 1 = Fortement en désaccord (Strongly disagree)
- 2 = En désaccord (Disagree)
- 3 = Indécis(e) ou sans opinion (Undecided or have no opinion)
- 4 = D’accord (Agree)
- 5 = Fortement d’accord (Strongly agree)
- Temps de passation : Environ 8 à 12 minutes (10 minutes en moyenne pour la passation complète).
- Modalités de cotation :
- Tous les items sont cotés dans le même sens (aucun item inversé).
- Le score global s’obtient en additionnant la note numérique (de 1 à 5) assignée à chacun des 20 items.
- Étendue théorique des scores : de 20 à 100 points.
- Un score plus élevé traduit une acceptation plus marquée des mythes du viol, une insensibilité accrue envers les victimes (victim-callous attitudes) et une propension accrue à justifier les conduites d’agression sexuelle.
11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year
- Année de conception et publication : 1991 (travaux préliminaires conduits entre 1988 et 1990 ; validation longitudinale publiée en 1992 et 1995).
- Droits d’auteur et accessibilité : L’Échelle d’attitudes favorables au viol relève du domaine scientifique public sous réserve d’une utilisation strictement académique, clinique et de recherche non commerciale. Aucune redevance financière n’est exigée pour son utilisation par des chercheurs ou des étudiants.
- Procédure de citation : Toute utilisation de l’instrument doit impérativement citer l’article princeps de Lottes (1991) ainsi que les publications associées de référence.
- Contact académique : Dr. Ilsa L. Lottes, Department of Sociology and Anthropology, University of Maryland, Baltimore County, 5401 Wilkens Avenue, Baltimore, MD 21228, États-Unis (Courriel :
[email protected]).
12. Références / References
Les sources théoriques et psychométriques fondatrices relatives à l’instrument sont répertoriées ci-dessous au format APA (7e édition) :
- Barnett, N. J., & Feild, H. S. (1977). Sex differences in university students’ attitudes toward rape. Journal of College Student Personnel, 18(2), 93–96.
- Bell, S. T., Kuriloff, P. J., Lottes, I. L., Nathanson, J., Judge, T., & Fogelson-Turet, K. (1992). Rape callousness in college freshmen: An empirical investigation of a sociocultural model of aggression towards women. Journal of College Student Development, 33(5), 454–461.
- Bell, S. T., Lottes, I. L., & Kuriloff, P. J. (1995). Understanding rape callousness in college students: Results of a panel study [Manuscrit non publié]. University of Pennsylvania & University of Maryland, Baltimore County.
- Brownmiller, S. (1975). Against our will: Men, women and rape. Simon and Schuster.
- Burt, M. R. (1980). Cultural myths and supports for rape. Journal of Personality and Social Psychology, 38(2), 217–230. https://doi.org/10.1037/0022-3514.38.2.217
- Koss, M. P. (1981). Hidden rape on a university campus (Grant No. R01MH31618). National Institute of Mental Health.
- Lottes, I. L. (1991). Belief systems: Sexuality and rape. Journal of Psychology and Human Sexuality, 4(2), 37–59. https://doi.org/10.1300/J056v04n02_04
- Marolla, J., & Scully, D. (1982). Attitudes toward women, violence, and rape: A comparison of convicted rapists and other felons (Grant No. R01MH33013–01A1). National Institute of Mental Health.
- Mosher, D. L., & Sirkin, M. (1984). Measuring a macho personality constellation. Journal of Research in Personality, 18(2), 150–163. https://doi.org/10.1016/0092-6566(84)90026-6
- Russell, D. E. H. (1975). The politics of rape: The victim’s perspective. Stein and Day.
- Wheeler, J. R., & Utigard, C. N. (1984, juin). Gender, stereotyping, rape attitudes, and acceptance of interpersonal violence [Communication]. Réunion annuelle conjointe de la Society for the Scientific Study of Sex (SSSS) et de l’American Association of Sex Educators, Counselors, and Therapists (AASECT), Boston, MA, États-Unis.
- Williams, J. E., & Holmes, K. A. (1981). The second assault: Rape and public attitudes. Greenwood Press.