Échelle d’attitudes envers le handicap intellectuel (EADI)

L’Échelle d’attitudes envers le handicap intellectuel (EADI) est un outil psychométrique de 10 items évaluant la perception et la distance sociale en milieu professionnel.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · octobre 15, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : octobre 15, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
Critères d'évaluation et normes cliniques

Ce contenu fait l'objet d'un examen scientifique rigoureux et de normes éditoriales médicales afin de garantir l'exactitude clinique et la conformité aux directives fondées sur des preuves (APA / OMS).

1. Résumé / Abstract

L’Échelle d’attitudes envers le handicap intellectuel (connue sous l’acronyme EADI, pour Attitudes Towards Intellectual Disability Scale) est un instrument psychométrique d’auto-évaluation conçu pour mesurer rigoureusement les perceptions cognitives et les dispositions affectivo-comportementales relatives à la distance sociale envers les personnes présentant une déficience intellectuelle dans l’environnement professionnel. Développé initialement en réponse au manque d’outils standardisés adaptés aux dynamiques organisationnelles et professionnelles, cet outil cible spécifiquement les travailleurs de terrain et les ouvriers au sein du milieu de travail ordinaire.

Le processus de développement et de validation psychométrique de l’EADI repose sur une approche séquentielle rigoureuse associant revue exhaustive de la littérature, groupes de discussion ciblés (focus groups), entretiens cognitifs approfondis et une évaluation formelle de la validité de contenu réalisée auprès de 15 experts indépendants. Dans sa structure définitive épurée de 10 items, l’échelle s’articule autour de deux dimensions factorielles distinctes mais corrélées : la Perception de l’efficacité et de l’autonomie au travail, et la Distance sociale dans les interactions quotidiennes entre pairs. L’administration s’effectue sous format électronique ou papier à l’aide d’une échelle ordinale de type Likert.

Les données psychométriques ont été établies sur un échantillon de travailleurs opérationnels (âge moyen de 39,17 ans). L’analyse factorielle exploratoire (AFE) et l’analyse factorielle confirmatoire (AFC) corroborent la présence d’une structure bidimensionnelle expliquant 70 % de la variance totale, avec d’excellents indices d’ajustement global (CFI = 0,99, TLI = 0,99, RMSEA = 0,08, SRMR = 0,04). La consistance interne est remarquable pour les deux facteurs, avec des coefficients alpha de Cronbach (α) de 0,86 pour la Perception et de 0,83 pour la Distance sociale, corroborés par des indices oméga de McDonald (ω) respectivement de 0,93 et 0,92. L’EADI s’impose ainsi comme une échelle psychométrique robuste et parcimonieuse pour évaluer le climat d’inclusion socioprofessionnelle, orienter les politiques d’insertion et mesurer l’impact de programmes de sensibilisation en milieu de travail.

2. Mots-clés / Keywords

Attitudes envers le handicap intellectuel, Distance sociale, Perception professionnelle, Inclusion au travail, Psychométrie organisationnelle, Déficience intellectuelle, Milieu professionnel, Climat inclusif, Relations intergroupes, Analyse factorielle confirmatoire, Échelle d’attitude, Validité de construit.

3. Auteurs / Authors

L’échelle a été développée et validée par une équipe multidisciplinaire de chercheurs en psychométrie, santé publique et psychologie du travail :

  • Alicia Boluarte Carbajal : Universidad César Vallejo, Lima, Pérou. Chercheuse principale et auteure correspondante. Courriel institutionnel / de correspondance : [email protected].
  • Martin Salazar-Conde : Universidad César Vallejo, Lima, Pérou.
  • Arantxa N. Sánchez Boluarte : University of Washington, Department of Global Health, Seattle, États-Unis.
  • Danilo Sánchez Coronel : Universidad César Vallejo, Lima, Pérou.
  • Brian Norman Peña-Calero : Advances in Psychological Measurement Study Group, Lima, Pérou.

4. Objectif / Purpose

L’insertion socioprofessionnelle des personnes en situation de handicap intellectuel représente l’un des défis contemporains majeurs de la psychologie organisationnelle et des politiques de santé publique. Malgré l’adoption de cadres normatifs internationaux incitatifs, tels que la Convention des Nations Unies relative aux droits des personnes handicapées, les barrières attitudinales demeurent l’obstacle principal à l’inclusion durable, au bien-être au travail et à la progression professionnelle de ces collaborateurs. L’objectif fondamental de l’Échelle d’attitudes envers le handicap intellectuel (EADI) est de quantifier de manière objective, standardisée et sensible les stéréotypes cognitifs et les dispositions relationnelles qui structurent les réactions des travailleurs face à leurs collègues porteurs de déficience intellectuelle.

Sur le plan théorique et diagnostique, l’EADI s’attaque à une lacune critique de la métrologie psychologique. La majorité des instruments préexistants, à l’instar du Mental Retardation Attitude Inventory (MRAI) ou du Community Living Attitudes Scale (CLAS), ont été élaborés pour des contextes scolaires, communautaires ou pour la population générale, sans capturer les contraintes spécifiques du milieu productif : exigences de productivité, interdépendance des tâches au sein de l’équipe, rythmes de production, sécurité des postes et climat de coopération. L’EADI a été spécifiquement conçue pour contextualiser la mesure de l’attitude au travail d’exécution et de production manufacturière ou manuelle (laborers), milieu où les interactions physiques et les coopérations opérationnelles sont quotidiennes et directes.

En pratique de recherche, cet instrument permet :

  • D’identifier les schémas cognitifs implicites et explicites (p. ex., doutes quant à la capacité de maintenir l’ordre sur le poste ou d’atteindre les objectifs de rentabilité) qui alimentent la stigmatisation au sein des équipes.
  • De modéliser l’influence des attitudes négatives sur des variables critiques telles que le comportement de citoyenneté organisationnelle (OCB), l’épuisement professionnel, le harcèlement moral ou le sentiment d’auto-efficacité de l’équipe.
  • D’évaluer empiriquement l’efficacité d’interventions basées sur la formation à la diversité, les ateliers de déconstruction des stéréotypes ou les programmes de mentorat en milieu professionnel via des protocoles longitudinaux pré-test/post-test.

Sur le plan appliqué et managérial, l’EADI offre aux spécialistes des ressources humaines, aux psychologues du travail et aux ergonomes un outil diagnostique rapide et non invasif. Grâce à sa brièveté (10 items), elle peut être insérée dans des enquêtes périodiques sur le climat organisationnel afin de cartographier les îlots de résistance à l’inclusion, d’adapter les aménagements raisonnables de poste et de promouvoir une culture d’équité et de respect mutuel exempte de paternalisme ou d’évitement social.

5. Construit psychologique / Construct

L’attitude est traditionnellement conceptualisée en psychologie sociale comme une prédisposition psychologique apprise, stable mais malléable, qui guide les réponses favorables ou défavorables envers un objet social particulier. Dans le cadre de l’EADI, le construit multidimensionnel des attitudes professionnelles envers le handicap intellectuel a été opérationnalisé à travers deux dimensions complémentaires : la Perception (composante cognitive liée au rendement et à la compétence) et la Distance sociale (composante conative et affective liée à la proximité interpersonnelle).

5.1. Dimension 1 : La Perception (Perception Towards Intellectual Disability)

Cette composante cognitive renvoie aux jugements, croyances et attentes formulés par les collègues de travail concernant l’efficience, la rigueur, l’autonomie et la rentabilité fonctionnelle d’un travailleur ayant une déficience intellectuelle. Historiquement, le handicap mental dans le monde du travail fait l’objet de préjugés tenaces le réduisant à l’incompétence technique, à la lenteur d’exécution et à l’incapacité d’opérer sans supervision continue. La dimension « Perception » de l’EADI mesure la propension des individus à reconnaître ou, inversement, à dénier les capacités techniques concrètes de ces travailleurs.

Les indicateurs opérationnels de ce facteur mesurent :

  • L’organisation matérielle : la croyance que le travailleur porteur d’une déficience intellectuelle est capable de maintenir son poste de travail propre, ordonné et sécurisé (item 1).
  • L’adéquation aux standards de productivité : l’évaluation de la conformité du travailleur aux rythmes et rendements imposés par l’organisation productive (item 3).
  • L’autonomie fonctionnelle : la conviction que l’individu est capable d’accomplir ses tâches assignées de façon autonome, sans requérir l’assistance continue ou la suppléance systématique de ses pairs (item 4).

Un score élevé dans cette dimension dénote une perception valorisante, dénuée de biais capacitistes, traduisant la reconnaissance du collaborateur comme un agent productif légitime.

5.2. Dimension 2 : La Distance sociale (Social Distance Towards Intellectual Disability)

Inspirée des travaux classiques de la sociologie des relations intergroupes, la distance sociale représente la volonté ou la réticence d’un individu à s’engager dans des relations interpersonnelles plus ou moins intimes ou interdépendantes avec les membres d’un exogroupe stigmatisé. Dans l’arène professionnelle, la distance sociale ne se limite pas à l’évitement physique ; elle englobe les dimensions de la solidarité entre pairs, de la coopération productive et de la reconnaissance déontologique de la dignité humaine.

Les items composant cette sous-échelle capturent un spectre continu d’engagements relationnels :

  • La reconnaissance égalitaire : l’adhésion fondamentale au principe selon lequel le travailleur en situation de handicap mérite le même degré de considération, de respect et d’égards que tout autre employé (item 5).
  • La réciprocité dans l’entraide : la disposition conative à accepter l’aide émanant du travailleur en situation de handicap lorsqu’un besoin se présente (item 7), rompant avec la dynamique condescendante de l’assistanat unilatéral.
  • Le soutien instrumental et la solidarité : la volonté active d’offrir une aide bienveillante face aux difficultés techniques (item 8).
  • Le plaidoyer et la justice sociale : le courage moral de défendre activement le travailleur s’il fait l’objet de moqueries, de vexations ou de mauvais traitements de la part de collègues ou de supérieurs (item 9).
  • La collaboration opérationnelle : l’acceptation explicite de constituer un binôme ou une équipe de travail avec lui (item 10).
  • La régulation affective et relationnelle : la capacité à faire preuve de patience face à d’éventuels temps d’apprentissage différés (item 11) et l’éprouvé d’un confort psychologique réel lors du partage du quotidien de travail (item 12).

Des scores élevés sur cette sous-échelle indiquent une faible distance sociale, synonyme d’ouverture affective, d’empathie proactive et de propension à la collaboration horizontale.

6. Cadre théorique / Theoretical Framework

L’ancrage théorique de l’EADI s’articule autour de trois paradigmes fondamentaux de la psychologie sociale, de la sociologie interactionniste et de la cognition sociale : le modèle tripartite des attitudes, la théorie de la distance sociale de Bogardus, et l’hypothèse du contact intergroupe formulée par Gordon Allport.

6.1. Le modèle tripartite des attitudes

Formulé initialement par Rosenberg et Hovland (1960), le modèle tripartite postule qu’une attitude est une entité multidimensionnelle constituée de trois sous-systèmes interdépendants :

  1. La composante cognitive, qui englobe les perceptions, les stéréotypes, les croyances et les inférences logiques que le sujet porte sur l’objet attitudinal. Dans l’EADI, cette facette est opérationnalisée par la dimension Perception, qui apprécie les jugements sur l’utilité, la compétence et la maîtrise technique du travailleur handicapé.
  2. La composante affective, correspondant aux réactions émotionnelles, aux ressentis de confort ou d’inconfort, d’anxiété ou de chaleur éprouvés face à l’autre.
  3. La composante conative ou comportementale, qui désigne les intentions d’action, les prédispositions à agir, à interagir, à coopérer ou à fuir. Dans l’EADI, les composantes affective et conative fusionnent organiquement au sein de la dimension Distance sociale, structurant les comportements d’inclusion, d’entraide ou au contraire de mise à l’écart.

6.2. La théorie de la distance sociale de Bogardus

Le concept de distance sociale, théorisé dès 1925 par Emory Bogardus et enrichi ultérieurement par Robert E. Park, fournit la clé d’analyse conative de l’EADI. Selon Bogardus, les individus hiérarchisent les niveaux d’acceptation d’un groupe minoritaire selon des cercles concentriques de proximité : de la simple acceptation de coexister sur le plan civique jusqu’à la collaboration étroite au sein d’une unité de travail ou l’intégration dans la sphère familiale. Dans le milieu du travail d’exécution, la distance sociale se manifeste par des comportements subtils d’ostracisme, le refus de partager les pauses, ou la répugnance à intégrer une chaîne de production dont l’un des maillons est une personne handicapée. L’EADI traduit ces postulats en indicateurs comportementaux écologiques adaptés aux interactions de travail.

6.3. L’hypothèse du contact d’Allport (1954) et le climat d’inclusion

L’hypothèse du contact intergroupe de Gordon Allport soutient que le contact direct entre membres d’un endogroupe et d’un exogroupe stigmatisé permet de réduire les stéréotypes et l’hostilité mutuelle, à condition que quatre conditions fondamentales soient réunies : l’égalité de statut au sein de la situation, la poursuite d’objectifs communs, une coopération interdépendante, et l’appui explicite d’une autorité légitime (dans ce cas, la direction d’entreprise ou la législation du travail). L’EADI intègre précisément ces composantes : les items évaluent l’égalité de considération (« They deserve respect just like other workers ») et la coopération dans l’interdépendance de tâche (« I would form a work team with him/her »). Lorsque ces conditions sont réunies, le contact réduit l’anxiété intergroupe et suscite une perception rehaussée de l’autonomie du travailleur handicapé, entraînant une modification durable de la structure attitudinale mesurée par l’EADI.

7. Validité / Validity

La validation psychométrique de l’Échelle d’attitudes envers le handicap intellectuel a été menée selon les normes méthodologiques contemporaines édictées conjointement par l’American Psychological Association (APA), l’AERA et le NCME.

7.1. Validité de contenu

La validité de contenu de l’EADI a suivi une démarche systématique en plusieurs étapes :

  • Revue de la littérature et phases qualitatives préalables : Une recension exhaustive des modèles théoriques a permis de générer un pool initial d’énoncés reflétant les réalités du travail ouvrier et manuel. Ce pool a été affiné via des focus groups réunissant des travailleurs et des entretiens cognitifs visant à éradiquer toute ambiguïté lexicale ou syntaxique.
  • Comité d’experts : Le pool d’items a été soumis à l’évaluation méthodique de 15 experts chevronnés dans les domaines de la psychométrie, de la psychologie du handicap et des relations industrielles. Les experts ont évalué la pertinence, la clarté, la représentativité et la cohérence théorique de chaque énoncé avec le domaine cible.
  • Épuration des items : Ce processus d’analyse a conduit à l’ajustement du corpus et à la sélection des énoncés présentant les indices d’accord inter-juges les plus rigoureux, confirmant l’excellente validité de contenu de l’instrument.

7.2. Validité de la structure interne (Validité de construit)

La structure factorielle de l’instrument a été éprouvée par le biais d’approches factorielles exploratoires (AFE) puis confirmatoires (AFC). Au cours de la phase de modélisation initiale, deux items (l’item 2 : « They give important opinions » et l’item 6 : « They need a detailed explanation of their functions ») ont révélé un comportement psychométrique sous-optimal, caractérisé par des saturations factorielles insuffisantes et des indices descriptifs dégradant l’ajustement global. Leur élimination a permis d’optimiser la parcimonie et la robustesse de l’échelle, fixant la version finale à 10 items.

Le modèle bidimensionnel final a fait l’objet d’une estimation par le modèle d’équations structurelles confirmatoire, démontrant un ajustement empirique exceptionnel :

  • Chi-deux d’ajustement (χ²) = 84,45 avec 34 degrés de liberté (df = 34). Bien que le test du χ² soit significatif en raison de sa forte sensibilité à la taille de l’échantillon, le ratio normé χ²/df se situe à 2,48, respectant largement le seuil standard de permissivité (≤ 3,00).
  • Indice d’ajustement comparatif (CFI) = 0,99, nettement au-delà du critère d’excellence de 0,95.
  • Indice de Tucker-Lewis (TLI) = 0,99, confirmant l’adéquation optimale du modèle théorique par rapport au modèle nul.
  • Erreur quadratique moyenne d’approximation (RMSEA) = 0,08 (Intervalle de confiance à 90 % [IC 90 %] : 0,06 – 0,10), situant l’erreur résiduelle dans une zone d’ajustement acceptable à bonne.
  • Résidu quadratique moyen standardisé (SRMR) = 0,04, signalant que les covariances résiduelles observées entre les variables manifestes sont minimes et largement inférieures au seuil critique de 0,08.

Ces indices apportent une preuve empirique déterminante en faveur de la séparabilité et de la validité de construit des deux facteurs constitutifs de l’EADI.

8. Fidélité / Reliability

L’estimation de la précision de mesure de l’EADI s’est appuyée sur les coefficients classiques de cohérence interne ainsi que sur des métriques issues des théories modernes de la mesure, évitant les écueils liés aux postulats de tau-équivalence souvent violés dans les échelles Likert.

8.1. Coefficients de cohérence interne

L’instrument a été évalué simultanément à l’aide de l’alpha de Cronbach (α) et de l’oméga de McDonald (ω), ce dernier fournissant une estimation non biaisée de la fidélité composite sous un modèle factoriel conformatif :

  • Facteur 1 : Perception (3 items finaux) :
    • Alpha de Cronbach (α) = 0,86
    • Oméga de McDonald (ω) = 0,93

    Ces valeurs témoignent d’une consistance interne remarquable pour un facteur composé de seulement trois items, attestant de l’homogénéité conceptuelle élevée des indicateurs d’autonomie et de productivité.

  • Facteur 2 : Distance sociale (7 items finaux) :
    • Alpha de Cronbach (α) = 0,83
    • Oméga de McDonald (ω) = 0,92

    Ces valeurs démontrent une excellente précision de mesure pour l’évaluation des dispositions interactives et solidaires des travailleurs.

L’élévation conjointe des indices α (≥ 0,83) et ω (≥ 0,92) garantit un niveau minimal de variance d’erreur dans les scores observés, autorisant l’usage de l’échelle aussi bien en recherche fondamentale et appliquée que dans le cadre de diagnostics organisationnels individuels ou collectifs.

9. Analyse factorielle / Factor Analysis

L’architecture interne de l’EADI a été examinée par une démarche factorielle intégrée combinant une analyse factorielle exploratoire (AFE) initiale et une modélisation confirmatoire (AFC) robuste, conduite sur les données recueillies auprès de la cohorte de travailleurs opérationnels.

9.1. Structure factorielle et variance expliquée

L’analyse factorielle a mis en évidence une configuration à deux facteurs orthogonaux ou obliques cohérente avec le postulat théorique bipolaire :

  • La solution retenue à deux facteurs rend compte de 70 % de la variance totale des réponses, un pourcentage largement supérieur au standard usuel de 50 à 60 % requis dans les études de validation en psychologie sociale.
  • La corrélation inter-factorielle s’établit à r = 0,63 (saturation inter-facteur de 0,63). Cette corrélation modérément élevée indique que, bien que la perception de la compétence professionnelle et la disposition à la proximité relationnelle soient des entités psychologiques conceptuellement et statistiquement différenciées, elles partagent un noyau commun d’acceptation socioprofessionnelle du handicap intellectuel.

9.2. Élimination des items défaillants

L’examen des paramètres statistiques a imposé la suppression de deux items présents dans le protocole initial de 12 énoncés :

  • Item 2 (« They give important opinions ») : supprimé en raison d’une saturation factorielle faible sur la dimension Perception et d’indices de discrimination insuffisants. En milieu d’exécution manuelle, la formulation relative aux « opinions importantes » s’est avérée ambiguë pour les ouvriers répondants, reflétant davantage la hiérarchie managériale que la compétence opératoire.
  • Item 6 (« They need a detailed explanation of their functions ») : éliminé en raison de saturations croisées et de corrélations polychoriques ambiguës avec la distance sociale. Le besoin d’explications détaillées a pu être interprété par les répondants comme une nécessité ergonomique légitime plutôt que comme une mise à distance stigmatisante.

La rétention des 10 items restants permet une attribution non ambiguë des saturations sans phénomène de double appartenance, offrant une lisibilité structurelle optimale du construit.

10. Instrument de mesure / Instrument

  • Nom complet de l’instrument : Attitudes Towards Intellectual Disability Scale (Échelle d’attitudes envers le handicap intellectuel).
  • Acronyme : EADI.
  • Type d’instrument : Questionnaire standardisé d’auto-évaluation / Inventaire attitudinal.
  • Domaine d’application : Psychométrie du travail et des organisations, psychologie sociale de la santé, ergonomie cognitive et gestion de la diversité en entreprise.
  • Nombre total d’items : 10 items (dans la version définitive validée) issus d’un prototype à 12 énoncés.
  • Sous-échelles / Dimensions :
    • Perception du handicap intellectuel (Perception) : 3 items fonctionnels (items 1, 3, 4 de la numérotation originale).
    • Distance sociale envers le handicap intellectuel (Social Distance) : 7 items relationnels et conatifs (items 5, 7, 8, 9, 10, 11, 12 de la numérotation originale).
  • Format d’administration : Administration électronique informatisée (via plateforme en ligne sécurisée ou terminaux professionnels) ou passation papier-crayon.
  • Temps de passation : Environ 3 à 5 minutes (très faible charge cognitive pour les répondants).
  • Population cible : Adultes actifs, ouvriers, travailleurs manuels et opérationnels au sein d’entreprises manufacturières ou de services (hommes et femmes ; moyenne d’âge observée dans l’étude princeps : 39,17 ans).
  • Échelle de réponse : Échelle de type Likert graduée (généralement en 4 ou 5 points ordonnés, allant de l’accord total au désaccord total).
  • Cotation et calcul des scores : Les scores peuvent être calculés par sous-échelle en sommant ou en moyennant les items respectifs. Un score dimensionnel élevé en « Perception » reflète une valorisation de la compétence et de l’autonomie du travailleur handicapé. Un score élevé en « Distance sociale » reflète une attitude d’ouverture, d’entraide, de justice et une faible mise à l’écart relationnelle.

11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year

  • Année de développement et de publication : 2023.
  • Statut des droits d’auteur et licence d’utilisation : L’échelle est diffusée sous licence libre Creative Commons Attribution 4.0 International (CC BY 4.0) (CC BY 4.0).
  • Tarification : Accès entièrement gratuit (Free of charge). Aucun droit d’usage pécuniaire, redevance ou redevance de licence n’est exigé pour son administration clinique, académique ou institutionnelle.
  • Conditions d’autorisation : L’utilisation, la distribution, la reproduction et l’adaptation de l’instrument sont expressément autorisées pour des finalités de recherche scientifique, de formation et d’évaluation organisationnelle, sous réserve impérative de citer adéquatement les auteurs princeps et la source de publication originale.
  • Contact pour autorisations et correspondances : Dr Alicia Boluarte Carbajal, Universidad César Vallejo, Lima, Pérou ([email protected]).

12. Références / References

Les publications fondatrices et les appuis théoriques relatifs à la conception et à la métrologie de l’EADI incluent :

  • Allport, G. W. (1954). The nature of prejudice. Addison-Wesley.
  • Bogardus, E. S. (1925). Measuring social distance. Journal of Applied Sociology, 9, 299–308.
  • Carbajal, A. B., Salazar-Conde, M., Sánchez Boluarte, A. N., Coronel, D. S., & Peña-Calero, B. N. (2023). Development and psychometric properties of the Attitudes Towards Intellectual Disability Scale in the workplace. Interacciones, 9, Article e366. https://doi.org/10.24016/2023.v9.366
  • McDonald, R. P. (1999). Test theory: A unified treatment. Lawrence Erlbaum Associates Publishers.
  • Rosenberg, M. J., & Hovland, C. I. (1960). Cognitive, affective, and behavioral components of attitudes. In M. J. Rosenberg, C. I. Hovland, W. J. McGuire, R. P. Abelson, & J. W. Brehm (Eds.), Attitude organization and change: An analysis of consistency among attitude components (pp. 1–14). Yale University Press.
  • Scior, K. (2011). Public awareness, attitudes and beliefs regarding intellectual disability: A systematic review. Research in Developmental Disabilities, 32(6), 2164–2182. https://doi.org/10.1016/j.ridd.2011.07.005

13. Questions et items du questionnaire / Scale Items

Les énoncés originaux présentés aux répondants lors de l’administration de l’inventaire Attitudes Towards Intellectual Disability Scale (EADI) sont regroupés ci-dessous par dimension selon la structure validée par Carbajal et ses collaborateurs (2023). Conformément aux résultats de l’analyse factorielle, les items 2 et 6 ont été écartés de la version métrique opérationnelle en 10 items.

Factor 1: Perception Towards Intellectual Disability

  1. They can keep their workspace clean and tidy.
  2. They give important opinions. [Excluded from final 10-item scale — Item 2]
  3. They comply with labor productivity.
  4. They can perform their work without support.

Factor 2: Social Distance Towards Intellectual Disability

  1. They deserve respect just like other workers.
  2. They need a detailed explanation of their functions. [Excluded from final 10-item scale — Item 6]
  3. I would accept his/her help if I needed it.
  4. I would help him/her if he/she were having difficulties.
  5. I would stand up for him/her if he/she were mistreated.
  6. I would form a work team with him (her).
  7. I would be patient with him/her.
  8. I would feel comfortable working with him/her.
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Looti, M. (2026, octobre 15). Échelle d’attitudes envers le handicap intellectuel (EADI). Base de données de psychologie en français. https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=echelle-d-attitudes-envers-le-handicap-intellectuel-eadi
Looti, Mohammed. “Échelle d’attitudes envers le handicap intellectuel (EADI).” Base de données de psychologie en français, 15 octobre 2026, https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=echelle-d-attitudes-envers-le-handicap-intellectuel-eadi.
Looti, Mohammed. “Échelle d’attitudes envers le handicap intellectuel (EADI).” Base de données de psychologie en français. octobre 15, 2026. https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=echelle-d-attitudes-envers-le-handicap-intellectuel-eadi.