1. Résumé / Abstract
L’Échelle d’attitudes anti-LGBTQ+ (Anti-LGBTQ+ Attitudes Scale, ALAS), conçue et validée par Rafael Ballester-Arnal, Juan E. Nebot-Garcia, Marcel Elipe-Miravet, Estefanía Ruiz-Palomino et M. Dolores Gil-Llario en 2024, constitue un instrument psychométrique novateur et multidimensionnel destiné à évaluer l’éventail des croyances, des préjugés, des réactions affectives et des tendances comportementales envers les personnes issues des minorités sexuelles et de genre. Développé initialement pour combler le déficit d’instruments contemporains adaptés au contexte hispanophone et capables d’appréhender conjointement les préjugés ciblant les personnes lesbiennes, gaies, bisexuelles, transgenres et non binaires, l’outil s’est consolidé à travers une méthodologie rigoureuse de révision par experts et d’analyses statistiques approfondies.
Composée de 33 items administrés sous un format d’échelle de type Likert en 5 points (allant de 1 = « Totalement en désaccord » à 5 = « Totalement d’accord »), l’échelle ALAS présente une organisation factorielle sous la forme d’un modèle bifactoriel robuste. Ce modèle comprend un facteur général d’attitudes anti-LGBTQ+ et deux facteurs spécifiques complémentaires : le facteur des « Attitudes Positives » (9 items inversés mesurant l’acceptation familiale, le soutien à la parentalité et le confort social) et le facteur des « Attitudes Négatives » (24 items mesurant l’hétérosexisme, le rejet affectif, la biphobie, la transphobie et la légitimation des discriminations). Les propriétés psychométriques de l’instrument révèlent une cohérence interne exceptionnelle, avec des indices de fidélité s’échelonnant entre .879 et .929 pour les facteurs spécifiques et le facteur global. Les analyses factorielles exploratoires et confirmatoires attestent d’un ajustement structural remarquable (CFI > .95, TLI = .947, RMSEA ≤ .05, SRMR ≤ .05), complété par une invariance de mesure stricte selon le genre et l’appartenance à la communauté LGBTQ+. L’ALAS s’impose ainsi comme un outil de référence pour la recherche clinique, épidémiologique et psychosociale.
2. Mots-clés / Keywords
Attitudes anti-LGBTQ+, homophobie, transphobie, biphobie, préjugés sexuels, hétérosexisme, psychométrie, modèle bifactoriel, minorités de genre, minorités sexuelles, évaluation des attitudes, validation transculturelle, stigmatisation sociale, acceptation sociale.
3. Auteurs / Authors
L’échelle a été conçue et standardisée par des chercheurs rattachés au Département de psychologie fondamentale, clinique et psychobiologie de la Faculté des sciences de la santé de l’Universitat Jaume I à Castelló de la Plana, Espagne :
- Rafael Ballester-Arnal : Docteur en psychologie, professeur des universités, directeur du groupe de recherche en santé sexuelle et psychologie clinique. (Identifiant ORCID).
- Juan E. Nebot-Garcia : Chercheur en psychologie de la santé et évaluation psychologique. Adresse de correspondance : Faculté des sciences de la santé, Universitat Jaume I, Avenida Vicent Sos Baynat, s/n, 12071 Castelló de la Plana, Espagne. Courriel institutionnel : [email protected].
- Marcel Elipe-Miravet : Psychologue chercheur, spécialiste des dynamiques relationnelles et des minorités sexuelles.
- Estefanía Ruiz-Palomino : Chercheuse en psychologie sociale et clinique, spécialiste de la victimisation et de l’égalité de genre.
- M. Dolores Gil-Llario : Professeure de psychologie, spécialiste du développement affectif, de la sexualité et de la santé psychosociale.
4. Objectif / Purpose
Le développement de l’Anti-LGBTQ+ Attitudes Scale (ALAS) répond à un impératif scientifique et sociétal fondamental. Historiquement, l’évaluation psychométrique des préjugés sexuels s’est focalisée de manière fragmentaire sur l’homophobie dirigée exclusivement contre les hommes gais ou les femmes lesbiennes, à travers des outils classiques tels que l’échelle ATLG (Attitudes Toward Lesbians and Gay Men de Herek). Cependant, l’évolution des normes culturelles et l’émergence d’une compréhension plus intégrative des diversités sexuelles ont mis en évidence les limites de ces outils traditionnels. Les attitudes contemporaines envers la diversité sexuelle et de genre ne se manifestent plus uniquement par une hostilité flagrante envers l’homosexualité, mais par des dynamiques complexes de rejet croisé incluant la biphobie, la transphobie et le déni des identités non binaires.
L’objectif premier de l’ALAS est de fournir un instrument standardisé, unifié et adapté au contexte socioculturel contemporain (initialement l’Espagne, société pionnière dans l’acquisition de droits légaux pour les personnes LGBTQ+, mais où subsistent des formes subtiles et modernes de discrimination). L’échelle évalue simultanément les composantes cognitives (stéréotypes, croyances essentialistes, idéologie de l’hétéronormativité), affectives (inconfort, choc émotionnel, dégoût ou déstabilisation face aux manifestations publiques d’affection) et conatives/comportementales (propension à l’insulte, refus d’assistance, évitement spatial des lieux communautaires, réticence face à l’adoption parentale).
Sur le plan des applications cliniques et appliquées, l’échelle ALAS offre aux psychologues et intervenants communautaires un levier d’évaluation diagnostique pour :
- Mesurer l’impact des programmes d’intervention psychoéducative dans les collèges, lycées et universités relatifs à la diversité affective, sexuelle et de genre.
- Évaluer les attitudes implicites et explicites chez les professionnels de santé, les travailleurs sociaux et les éducateurs dont la pratique requiert une neutralité bienveillante exempte de stéréotypes.
- Analyser, en psychologie sociale et clinique, les corrélats entre attitudes hostiles et variables de personnalité telles que l’autoritarisme de droite (RWA), l’orientation vers la dominance sociale (SDO) ou le bien-être subjectif des minorités confrontées au stress minoritaire.
En recherche fondamentale, l’instrument permet de dépasser les approches catégorielles compartimentées en offrant une métrique commune qui capture l’attitude générale envers l’ensemble des minorités sexuelles et de genre au sein d’une seule passation économique.
5. Construit psychologique / Construct
Le construit mesuré par l’ALAS est l’attitude anti-LGBTQ+, appréhendée sous l’angle de la psychologie sociale cognitive comme une prédisposition évaluative générale, stable et multidimensionnelle, orientée négativement envers les personnes s’écartant des normes hétérosexuelles et cisgenres. Selon les formulations modernes de l’évaluation des préjugés, les attitudes anti-LGBTQ+ se déploient selon un modèle bifactoriel hiérarchique : un facteur général transcendant, complété par deux sous-dimensions opérationnelles.
Facteur Général : Attitudes Anti-LGBTQ+ Globales
Ce méta-facteur capture la variance commune partagée par l’ensemble des manifestations de rejet des minorités de genre et de sexualité. Il intègre le sentiment latent d’hétéronormativité, c’est-à-dire la croyance selon laquelle l’hétérosexualité et la conformité cisgenre représentent l’unique état naturel, biologique et moralement légitime. Une note globale élevée reflète une antipathie généralisée, mêlant préjugés traditionnels manifestes et formes modernes d’opposition aux droits civiques et familiaux de ces minorités.
Sous-dimension 1 : Facteur « Attitudes Négatives » (24 items)
Ce sous-facteur regroupe les manifestations manifestes et voilées d’hostilité, d’aversion, d’évitement comportemental et de stéréotypie dévalorisante. Il examine de multiples sous-domaines du rejet :
- Inconfort personnel et évitement affectif : Inquiétude face à l’attirance homosexuelle propre ou sentiment de déstabilisation viscérale à la vue de manifestations d’affection publiques (p. ex., item 1 : « La sola idea de sentir atracción física por personas de mi propio sexo me incomoda », ou items 7, 15 et 31 portant sur le choc ressenti en voyant deux lesbiennes, deux hommes gais ou une personne transgenre s’embrasser).
- Biphobie spécifique : Adhésion à des croyances stigmatisantes érigeant la bisexualité en instabilité, hypersexualisation ou mensonge (p. ex., item 4 : « Las personas bisexuales son promiscuas y viciosas », item 23 : « Las personas bisexuales son indefinidas e indecisas », et item 28 : « Las personas bisexuales son, en realidad, homosexuales que no se atreven a salir completamente del armario »).
- Transphobie et pathologisation des identités non binaires : Négation de la légitimité des transitions et assimilation de l’absence de binarité de genre à un trouble psychiatrique (p. ex., item 33 : « Las personas que no se identifican ni como hombres ni como mujeres padecen algún trastorno mental »).
- Conditionnalité du respect et micro-agressions : Tolérance de façade sous réserve d’invisibilisation de la sexualité (p. ex., item 6 : « Respeto a los hombres gais, siempre y cuando no hagan alarde de su orientación sexual » et item 20 : l’assignation de la diversité à la sphère strictement privée).
- Victim-blaming et hostilité comportementale : Justification des agressions et propension verbale agressive (p. ex., item 3 : réaction agressive si une personne transgenre tente de flirter, ou item 32 : culpabilisation des hommes gais insultés pour leur allure).
Sous-dimension 2 : Facteur « Attitudes Positives » (9 items inversés)
Ce sous-facteur quantifie l’acceptation inconditionnelle, l’approbation sociale, la proximité affective intrafamiliale et l’égalité des droits parentaux. La cotation inverse de ces items permet d’interpréter un score faible sur ce facteur comme une résistance larvée à l’inclusion :
- Acceptation familiale et filiale : Disposition des parents à accepter pleinement l’orientation ou l’identité de genre de leur descendance (p. ex., item 12 : acceptation d’une fille lesbienne, item 14 : acceptation de la transidentité de son enfant, item 17 : acceptation de la bisexualité de son enfant, item 29 : acceptation d’un fils gay).
- Reconnaissance de l’homoparentalité et de la transparentalité : Approbation morale et légale du droit à l’adoption pour les couples gais (item 13), les personnes transgenres (item 22) et les couples lesbiens (item 27).
- Soutien relationnel et affiliation sociale : Capacité à assumer sans gêne la visibilité publique aux côtés d’une personne ouvertement LGBTQ+ (item 21) ou à accepter la bisexualité de son propre partenaire intime (item 19).
6. Cadre théorique / Theoretical Framework
L’élaboration de l’ALAS s’ancre dans les théories contemporaines de la psychologie sociale relatives aux préjugés, à la stigmatisation et aux relations intergroupes. Trois modèles théoriques fondamentaux structurent la conceptualisation de l’outil :
1. Le modèle de l’hétérosexisme et de la stigmatisation sexuelle (Herek)
Selon Gregory Herek (2004), la stigmatisation sexuelle renvoie à la dévalorisation sociétale institutionnalisée, interpersonnelle et individuelle de toute identité, relation ou communauté non hétérosexuelle. L’hétérosexisme constitue le système idéologique culturel qui légitime, perpétue et encourage ce stigmate. L’échelle ALAS opérationnalise ce cadre en capturant la manière dont les individus intériorisent l’hétéronormativité institutionnalisée et la traduisent en réactions émotionnelles d’aversion ou en refus de droits fondamentaux comme la parentalité légale.
2. La théorie du préjugé moderne et subtil (Pettigrew & Meertens ; Swim et al.)
Dans les sociétés occidentales démocratiques contemporaines, les normes sociales réprouvent l’expression brute et violente de la haine (préjugé flagrant ou traditionnel). Dès lors, les préjugés ont muté vers des formes plus subtiles, voilées ou modernes. La théorie du racisme et du sexisme moderne formulée par Swim et collaborateurs a été adaptée aux préjugés sexuels (Morrison & Morrison, 2002). Le préjugé moderne se caractérise par trois postulats : (a) le déni de la persistance de la discrimination (illustré dans l’ALAS par l’item 8 : « Antes las personas estaban discriminadas por su orientación sexual o identidad de género, pero ahora ya no »), (b) le ressentiment envers les revendications perçues comme excessives (item 30 réclamant une « fierté hétérosexuelle »), et (c) l’exigence d’une assimilation discrète dans la sphère privée sans contestation de l’espace public (items 6, 10 et 20).
3. La théorie du stress minoritaire (Meyer) et la biphobie/transphobie intersectionnelle
La théorie du stress minoritaire développée par Ilan Meyer (2003) postule que les personnes issues des minorités sexuelles et de genre subissent des stresseurs distaux chroniques (discriminations, violences, micro-agressions) et proximaux (vigilance constante, intériorisation du stigmate). En évaluant non seulement l’hostilité verbale directe mais aussi les stéréotypes invalidants touchant spécifiquement les personnes bisexuelles (considérées comme immatures, confuses ou hypersexuelles) et les personnes transgenres ou non binaires (pathologisées), l’ALAS opérationnalise les stresseurs distaux interpersonnels identifiés par Meyer au sein d’une approche théorique unifiée.
7. Validité / Validity
Le processus de validation psychométrique de l’échelle d’attitudes anti-LGBTQ+ a été mené auprès d’un échantillon représentatif d’adultes espagnols âgés de 18 à 85 ans, englobant diverses identités de genre (hommes cisgenres, femmes cisgenres, hommes transgenres, femmes transgenres et personnes non binaires) et orientations sexuelles.
Validité de contenu
La validité de contenu a été garantie par une phase rigoureuse de génération d’items fondée sur la littérature scientifique internationale, suivie d’une évaluation par un panel d’experts en psychologie clinique, sexologie et psychométrie. Ces juges ont évalué la clarté, la pertinence conceptuelle, la représentativité et l’adéquation culturelle de chaque énoncé, aboutissant après une étude pilote à l’instrument final de 33 items.
Validité de construit et modélisation factorielle
La validité de construit a été démontrée par des méthodes d’équations structurelles confirmatoires (SEM). Les analyses factorielles confirmatoires ont mis à l’épreuve plusieurs modèles concurrents (modèle unidimensionnel, modèle à deux facteurs corrélés et modèle bifactoriel). Les données empiriques ont établi la supériorité éclatante du modèle bifactoriel, qui rend compte simultanément d’une propension globale au préjugé anti-LGBTQ+ et de la spécificité des attitudes positives envers les droits civiques et des attitudes négatives explicites.
Invariance de mesure (Measurement Invariance)
Une étape déterminante de la validation d’une telle échelle réside dans sa capacité à mesurer le construit de manière équivalente à travers différents groupes sociaux. Les auteurs ont testé l’invariance de mesure à travers des analyses multigroupe progressives (invariance configurationnelle, métrique, scalaire et stricte) :
- Invariance selon le genre : L’échelle fonctionne de façon strictement équivalente chez les hommes, les femmes et les individus de genre divers, garantissant que les différences de scores observées reflètent d’authentiques variations d’attitudes et non des biais de mesure liés au libellé des items.
- Invariance selon l’appartenance communautaire : L’instrument conserve sa stabilité structurale lorsqu’il est administré à des personnes hétérosexuelles cisgenres ou à des membres de la communauté LGBTQ+, permettant des études comparatives rigoureuses.
8. Fidélité / Reliability
La fidélité de l’ALAS a été évaluée au travers de l’analyse de la cohérence interne de l’instrument sur l’échantillon normatif global et ses sous-groupes.
Les indicateurs de consistance interne démontrent une précision métrique de tout premier plan :
- Facteur Général (Attitudes Anti-LGBTQ+ Globales) : Les coefficients de cohérence interne (alpha de Cronbach et oméga de McDonald) atteignent des niveaux très élevés, oscillant entre .910 et .929, traduisant une homogénéité remarquable de la variance capturée par les 33 items.
- Sous-facteur « Attitudes Négatives » : La cohérence interne calculée pour les 24 items d’hostilité explicite et de stéréotypie négative se situe systématiquement au-dessus de .900.
- Sous-facteur « Attitudes Positives » : Pour les 9 items d’acceptation familiale et de reconnaissance des droits parentaux, la cohérence interne oscille entre .879 et .895, attestant d’une excellente consistance malgré un nombre d’items plus restreint.
Ces coefficients dépassent largement les standards psychométriques requis (seuil conventionnel de .70 pour la recherche et de .80 à .90 pour des décisions diagnostiques individuelles). La stabilité de la mesure est renforcée par l’absence d’items redondants ou à variance résiduelle disproportionnée, comme en témoignent les saturations factorielles substantielles relevées lors des analyses confirmatoires.
9. Analyse factorielle / Factor Analysis
La structure dimensionnelle de l’ALAS a été examinée à l’aide d’une démarche séquentielle combinant Analyse Factorielle Exploratoire (AFE) et Analyse Factorielle Confirmatoire (AFC) sur des sous-échantillons distincts et aléatoires issus de la cohorte d’évaluation.
Analyse Factorielle Exploratoire (AFE)
L’AFE, réalisée avec extraction en axes principaux et rotation oblique (oblimin ou promax) adaptée à des construits psychologiques interreliés, a mis en évidence une solution à deux facteurs sous-jacents expliquant une part prépondérante de la variance totale. Les indices d’adéquation de cette solution exploratoire initiale ont affiché des valeurs optimales :
- Indice de comparaison ajusté (CFI) > .95
- Indice de Tucker-Lewis (TLI) > .95
- Erreur quadratique moyenne d’approximation (RMSEA) < .05
Analyse Factorielle Confirmatoire (AFC) et Modélisation Bifactorielle
Afin de tester si l’échelle reflète un phénomène unifié ou deux domaines parfaitement orthogonaux, une modélisation bifactorielle a été ajustée. Dans ce modèle, chaque item sature simultanément sur un facteur général (G-Factor) représentant l’attitude anti-LGBTQ+ unifiée et sur son facteur spécifique de groupe (S-Factor) : soit les attitudes positives (acceptation/droits), soit les attitudes négatives (stéréotypes/aversion).
Les indices d’ajustement structurel du modèle bifactoriel ont confirmé son excellente adéquation aux données empiriques :
| Indice d’ajustement | Valeur observée | Seuil conventionnel d’excellence |
|---|---|---|
| RMSEA (Root Mean Square Error of Approximation) | ≤ .05 | ≤ .05 (Bon ajustement ≤ .08) |
| SRMR (Standardized Root Mean Square Residual) | ≤ .05 | ≤ .08 |
| CFI (Comparative Fit Index) | > .95 | ≥ .95 |
| TLI (Tucker-Lewis Index) | .947 | ≥ .95 (Acceptable ≥ .90) |
Ces résultats démontrent que si les répondants distinguent conceptuellement l’absence d’acceptation parentale/sociale de l’hostilité frontale, ces deux polarités sont fortement sous-tendues par un mécanisme cognitivo-affectif commun de rejet de la non-conformité sexuelle et de genre.
10. Instrument de mesure / Instrument
- Nom de l’instrument : Échelle d’attitudes anti-LGBTQ+ (Anti-LGBTQ+ Attitudes Scale, ALAS).
- Type d’évaluation : Questionnaire d’auto-évaluation psychologique (auto-rapporté).
- Format d’administration : Informatisé / électronique (compatible également avec une passation papier-crayon standardisée).
- Nombre total d’items : 33 items formulés sous la forme d’affirmations déclaratives.
- Format de réponse : Échelle ordinale de type Likert en 5 points graduée comme suit :
- 1 = Totalmente en desacuerdo (Totalement en désaccord)
- 2 = En desacuerdo (En désaccord)
- 3 = Ni de acuerdo ni en desacuerdo (Neutre / Ni d’accord ni en désaccord)
- 4 = De acuerdo (D’accord)
- 5 = Totalmente de acuerdo (Totalement d’accord)
- Procédure de cotation et de calcul des scores :
- Inversion préalable : Les 9 items du facteur « Attitudes Positives » sont inversés avant sommation ou calcul de moyenne (1 devient 5, 2 devient 4, 3 reste 3, 4 devient 2, 5 devient 1). Ces items inversés sont les items 12, 13, 14, 17, 19, 21, 22, 27 et 29.
- Score de la sous-échelle « Attitudes Négatives » : Somme ou moyenne arithmétique directe des 24 items non inversés (items 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10, 11, 15, 16, 18, 20, 23, 24, 25, 26, 28, 30, 31, 32 et 33).
- Score de la sous-échelle « Attitudes Positives » : Calculé à partir des items 12, 13, 14, 17, 19, 21, 22, 27 et 29 (conservés sous forme directe si analysés isolément en tant qu’acceptation, ou inversés si intégrés dans le calcul d’hostilité).
- Score Global « Attitudes Anti-LGBTQ+ » : Somme totale ou moyenne générale des 24 items négatifs et des 9 items positifs préalablement inversés. Un score plus élevé indique un niveau plus marqué d’attitudes défavorables, de préjugés et d’hostilité envers les minorités sexuelles et de genre.
11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year
- Année de développement et publication originale : 2024.
- Statut commercial : Non commercial (instrument libre de droits pour la recherche scientifique et l’évaluation académique).
- Tarification : Accès gratuit ($0 / 0 €). Aucun coût d’acquisition ou redevance par passation.
- Conditions d’utilisation et permissions : L’outil est utilisable librement par les chercheurs, cliniciens et enseignants-chercheurs sous réserve de citer scrupuleusement la publication de référence princeps (Ballester-Arnal et al., 2024). Toute adaptation, modification ou traduction vers une autre langue doit faire l’objet d’une notification ou d’une demande auprès de l’auteur de correspondance, le Dr Juan E. Nebot-Garcia ([email protected]).
12. Références / References
Ballester-Arnal, R., Nebot-Garcia, J. E., Elipe-Miravet, M., Ruiz-Palomino, E., & Gil-Llario, M. D. (2024). Anti-LGBTQ+ Attitudes Scale: Development and psychometric properties of an instrument for the Spanish population. Psychology of Sexual Orientation and Gender Diversity. Advance online publication. https://doi.org/10.1037/sgd0000761
Herek, G. M. (2004). Beyond “homophobia”: Thinking about sexual prejudice and stigma in the twenty-first century. Sexuality Research & Social Policy, 1(2), 6–24. https://doi.org/10.1525/srsp.2004.1.2.6
Meyer, I. H. (2003). Prejudice, social stress, and mental health in lesbian, gay, and bisexual populations: Conceptual issues and research evidence. Psychological Bulletin, 129(5), 674–697. https://doi.org/10.1037/0033-2909.129.5.674
Morrison, M. A., & Morrison, T. G. (2002). Development and validation of an explicit scale to measure modern prejudice toward gay men and lesbian women. Journal of Homosexuality, 43(2), 15–37. https://doi.org/10.1300/J082v43n02_02
Pettigrew, T. F., & Meertens, R. W. (1995). Subtle and blatant prejudice in western Europe. European Journal of Social Psychology, 25(1), 57–75. https://doi.org/10.1002/ejsp.2420250106