1. Résumé / Abstract
L’Échelle d’attitude envers l’éducation (initialement documentée sous les termes allemands d’instrument de mesure de la generalisierte Bildungseinstellung dans le cadre des travaux sur les décisions éducatives au sein du Sonderforschungsbereich 504 de l’Université de Mannheim) constitue un outil psychométrique et sociologique standardisé visant à opérationnaliser la valorisation intrinsèque et sociétale accordée à la formation scolaire et académique. Ancrée théoriquement dans le modèle de sélection du cadre (Model of Frame Selection, MdFS) développé par Hartmut Esser, cette échelle permet de mesurer l’attitude généralisée envers l’éducation, définie comme une disposition évaluative stable considérant l’obtention d’un niveau d’instruction élevé comme une fin en soi et une composante indispensable du développement personnel et sociétal, indépendamment de ses stricts rendements économiques instrumentaux.
L’instrument se compose d’un noyau fondamental d’évaluation attitudinale comprenant six items principaux formulés sous la forme d’affirmations normatives et sociétales, complété par un septième item métacognitif évaluant la certitude de réponse (Antwortsicherheit), lequel sert d’indicateur de l’accessibilité cognitive et de la force de l’attitude. Les participants se positionnent sur une échelle de Likert en 7 points allant de 1 (« refuse totalement » / lehne voll und ganz ab) à 7 (« approuve totalement » / stimme voll und ganz zu), tandis que l’item d’accessibilité est gradué de 1 (« pas tout à fait sûr ») à 7 (« tout à fait sûr »). Les propriétés métrologiques ont été validées auprès d’un échantillon représentatif de 992 parents d’élèves du primaire en Allemagne. L’analyse en composantes principales révèle une structure unidimensionnelle solide (valeur propre de 2,47, expliquant 41,2 % de la variance totale, avec des saturations factorielles s’échelonnant de 0,47 à 0,73). La cohérence interne est satisfaisante avec un coefficient alpha de Cronbach de 0,71. La validité de construit est étayée par des relations différentielles théoriquement conformes avec l’origine sociale, le niveau de diplôme, les aspirations éducatives idéalistes et l’inconditionnalité du diplôme visé (Abitur), tout en manifestant une remarquable validité divergente vis-à-vis des compétences scolaires réelles de l’enfant et des revenus économiques des ménages.
2. Mots-clés / Keywords
Attitude envers l’éducation, aspiration éducative, modèle de sélection du cadre, sociologie de l’éducation, psychométrie, capital culturel, décisions éducatives, certitude attitudinale, stratification sociale, transition scolaire, évaluation psychométrique, motivation scolaire.
3. Auteurs / Authors
L’instrument a été formellement conceptualisé, adapté et validé sur le plan psychométrique par le Dr. Volker Stocké et ses collaborateurs de l’équipe de recherche sur les aspirations éducatives, les groupes de référence et les décisions scolaires (Bildungsaspirationen, Bezugsgruppen und Bildungsentscheidungen), rattachée au Sonderforschungsbereich 504 (« Rationalitätskonzepte, Entscheidungsverhalten und ökonomische Modellierung ») de l’Université de Mannheim (Mannheim, Allemagne).
Les fondements théoriques de l’instrument s’appuient directement sur les travaux paradigmatiques du sociologue Hartmut Esser (Mannheimer Zentrum für Europäische Sozialforschung – MZES, Université de Mannheim). Plusieurs items de la batterie ont été adaptés à partir de corpus sociométriques et psychologiques antérieurs, notamment les travaux pionniers d’A. Glassey (1945) sur l’évaluation de l’attitude scolaire au Royaume-Uni et ceux de Roslyn Arlin Mickelson (1990) portant sur les attitudes abstraites et concrètes envers l’éducation aux États-Unis. Les requêtes institutionnelles et scientifiques relatives à l’instrument peuvent être adressées aux départements de sociologie quantitative et de sciences sociales de l’Université de Mannheim.
4. Objectif / Purpose
L’objectif fondamental de l’Échelle d’attitude envers l’éducation est de quantifier avec exactitude la dimension cognitive et évaluative générale qu’un individu assigne à la formation intellectuelle, indépendamment des arbitrages financiers ou temporels immédiats. Dans le champ de la recherche sociologique et psychoéducative, la compréhension des choix d’orientation scolaire a traditionnellement été dominée par deux paradigmes concurrents : d’une part, les théories du choix rationnel (proposées par Raymond Boudon, Richard Breen et John Goldthorpe), qui conçoivent la poursuite d’études comme le résultat d’un calcul coûts-bénéfices instrumentaux et d’une estimation probabiliste de réussite ; d’autre part, les approches de socialisation culturelle (à l’instar du modèle de statut de l’école du Wisconsin développé par Sewell, Haller et Portes), qui attribuent les disparités de parcours aux normes intériorisées et aux valeurs transmises au sein du milieu social d’origine.
L’outil a été spécifiquement développé pour surmonter les limites inhérentes à cette dichotomie empirique. En intégrant le construit au sein du modèle d’action sociologique de sélection du cadre (Model of Frame Selection), l’échelle cherche à saisir l’éducation non pas comme un instrument d’utilité immédiate, mais comme une « valeur en soi » (Wert an sich). Elle mesure à quel point la formation intellectuelle est perçue comme un impératif fondamental d’émancipation cognitive, de maturité critique, d’élévation sociale collective et d’épanouissement culturel. Pourquoi une telle mesure est-elle indispensable ? Parce que la décision d’investir dans des filières longues ou prestigieuses (telles que le cursus menant à l’Abitur ou au baccalauréat général) ne dépend pas seulement de contraintes monétaires, mais également de la force avec laquelle le « cadre éducatif » s’impose à l’esprit des acteurs comme une évidence indiscutable.
Dans les applications de recherche empirique, l’échelle permet d’expliquer pourquoi, à compétences scolaires rigoureusement identiques, des familles issues de classes sociales défavorisées ou intermédiaires décident ou non d’engager leurs enfants dans des filières d’excellence. Elle sert d’instrument diagnostique dans les études longitudinales sur les inégalités de chances éducatives, la transmission intergénérationnelle du capital scolaire et la formation du concept de soi académique. Dans le champ clinique, psychoéducatif et de l’orientation scolaire, l’outil fournit aux psychologues de l’éducation et conseillers d’orientation une grille d’analyse standardisée pour évaluer la réceptivité des parents et des élèves aux exigences académiques, identifier d’éventuels déficits d’adhésion aux normes scolaires ou, à l’inverse, mettre en évidence une survalorisation idéalisée susceptible de générer une pression psychologique intrafamiliale délétère.
5. Construit psychologique / Construct
Le construit psychologique opérationnalisé par cette échelle est l’attitude généralisée envers l’éducation (generalisierte Bildungseinstellung). En psychologie sociale et en psychométrie, une attitude est classiquement conçue comme une organisation durable de croyances, de sentiments et de tendances comportementales envers des objets, des groupes ou des symboles socialement significatifs. Dans le cas présent, le construit se démarque nettement des notions connexes par plusieurs aspects structuraux essentiels :
5.1. Distanciation par rapport aux aspirations éducatives réalistes et idéalistes
Tandis que les aspirations éducatives réalistes reflètent les perspectives concrètes et prudentes formulées en tenant compte des limitations financières, des notes scolaires et des coûts d’opportunité, et que les aspirations idéalistes ciblent le diplôme rêvé pour un individu précis (en l’occurrence, le propre enfant du répondant), l’attitude généralisée envers l’éducation possède un degré d’abstraction supérieur. Elle ne porte pas sur un destin individuel singulier, mais sur l’institution éducative en tant que principe universel de développement humain. Elle renvoie à un schéma cognitif global et temporellement indéterminé qui évalue l’utilité générale et la noblesse de l’instruction pour l’ensemble de la société.
5.2. Les dimensions sous-jacentes du construit
Bien que l’échelle présente une structure factorielle globale unidimensionnelle, son contenu sémantique couvre plusieurs facettes complémentaires de la valeur accordée à l’instruction :
- La fonction d’ascenseur et de justice sociale : L’éducation est conçue comme un vecteur légitime d’émancipation et de mobilité sociale ascendante, permettant spécifiquement aux enfants de la classe ouvrière de dépasser les déterminismes de naissance (exprimée par l’item 1).
- La contribution macro-économique et collective : La formation de haut niveau est perçue comme le garant indispensable de la compétitivité économique, de l’innovation et de la prospérité d’une nation sur l’échiquier international (item 2).
- L’élargissement de l’horizon intellectuel : L’éducation agit comme un catalyseur d’enrichissement personnel, ouvrant l’esprit humain à de nouvelles perspectives cognitives et conceptuelles (item 3).
- Le pilier culturel national : Un niveau d’instruction élevé est considéré comme la condition sine qua non de la vitalité, de la préservation et du raffinement du patrimoine culturel collectif (item 4).
- Le développement de l’esprit critique : L’école et l’université ont pour finalité de forger des citoyens capables d’analyse réflexive, de distanciation critique et de discernement démocratique (item 5).
- La valeur intrinsèque absolue : La formation scolaire n’est pas uniquement un moyen au service d’objectifs utilitaristes (salaires, prestige), mais constitue un bien moral, existentiel et intellectuel en soi (item 6).
5.3. La métadimension d’accessibilité et de certitude cognitive
Un apport méthodologique majeur de ce construit réside dans l’adjonction de l’évaluation de la certitude attitudinale (item 7). Selon la psychologie cognitive sociale, une attitude n’exerce une influence déterminante sur les conduites effectives que dans la mesure où elle est fortement ancrée dans l’identité du sujet et dotée d’une haute accessibilité mnésique. Une attitude positive mais incertaine ou superficielle demeure perméable aux aléas situationnels, tandis qu’une attitude ancrée avec une certitude maximale active automatiquement un schéma décisionnel invariant.
6. Cadre théorique / Theoretical Framework
L’architecture conceptuelle de l’Échelle d’attitude envers l’éducation se situe au carrefour de la théorie sociologique de l’action et des modèles contemporains de la cognition sociale. Elle synthétise trois courants théoriques majeurs :
6.1. Le conflit paradigmatique : Choix rationnel versus Socialisation de statut
D’un côté, la théorie des décisions éducatives rationnelles (Breen & Goldthorpe, 1997 ; Erikson & Jonsson, 1996 ; Esser, 1999) pose que la demande d’éducation émane d’un calcul délibératif dans lequel les individus soupèsent les coûts directs et indirects, le rendement anticipé sur le marché de l’emploi et la probabilité subjective de succès. Ce modèle postule une rationalité instrumentale prépondérante mais néglige l’impact des croyances normatives intériorisées. D’un autre côté, le modèle de l’École du Wisconsin (Sewell, Haller, & Portes, 1969) postule que la position occupée dans la stratification sociale engendre des systèmes de valeurs et d’attitudes différenciés, qui déterminent mécaniquement le niveau d’aspiration éducative sans nécessiter de calcul économique permanent.
6.2. Le modèle MODE de Russell Fazio
Pour unifier ces deux approches irréconciliables, les concepteurs de l’échelle se sont référés au modèle MODE (Motivation and Opportunity as DEterminants of processing) élaboré par Russell H. Fazio (1990). Le modèle MODE explique quand le comportement humain découle d’une délibération rationnelle instrumentale et quand il procède directement de l’activation spontanée d’une attitude :
- Mode de traitement élaboré (réflexif) : Lorsque les individus disposent à la fois d’une forte motivation à réfléchir et de l’opportunité cognitive (temps, ressources mentales), ils procèdent à une analyse détaillée des options et de leurs conséquences, conformément aux axiomes du choix rationnel.
- Mode de traitement automatique (spontané) : En l’absence de motivation suffisante ou lorsque la situation impose une décision rapide, les individus se fient à leurs attitudes globales stockées en mémoire, à condition que celles-ci possèdent une force associative suffisante pour être activées automatiquement au contact de l’objet.
6.3. Le Modèle de Sélection du Cadre (Model of Frame Selection – MdFS)
Le sociologue allemand Hartmut Esser (2000, 2001) a enrichi le modèle MODE pour formaliser le Modèle de Sélection du Cadre (Modell der Frame-Selektion). Dans le MdFS, toute action humaine débute par la définition mentale de la situation : l’acteur sélectionne d’abord un « cadre » (Frame, ex. « la poursuite d’études supérieures est une évidence »). Une fois le cadre activé, l’acteur choisit un « script » ou mode d’action approprié.
L’innovation fondamentale d’Esser réside dans le postulat de dominance : lorsque l’attitude envers l’éducation est extrêmement positive, solidement ancrée dans l’identité du sujet et dotée d’une très forte accessibilité cognitive (mesurée par une certitude élevée), elle opère un « verrouillage » du cadre. En d’autres termes, pour un parent ou un élève caractérisé par une telle attitude, l’obtention du diplôme le plus élevé n’est plus soumise à un calcul de coûts ou de risques : le calcul instrumental est neutralisé au profit d’un impératif normatif catégorique. En revanche, si l’attitude envers l’éducation est faible, neutre ou incertaine, l’individu bascule dans une délibération instrumentale classique où les coûts économiques, la peur du déclassement et les probabilités d’échec dictent le choix final. L’échelle a donc été expressément conçue pour tester empiriquement cette hypothèse de modération non linéaire.
7. Validité / Validity
La validité psychométrique de l’Échelle d’attitude envers l’éducation a été soumise à une série d’investigations empiriques rigoureuses sur un échantillon de 987 parents d’élèves, permettant de documenter de façon probante sa validité de construit, sa validité convergente et sa validité divergente/discriminante.
7.1. Validité liée aux critères sociodémographiques (Stratification sociale)
Conformément aux prédictions théoriques de l’école de la reproduction culturelle et de la socialisation différentielle, l’attitude envers l’éducation varie significativement en fonction de la position occupée dans la hiérarchie sociale :
- Niveau d’instruction parental : Les analyses de régression multiple montrent un effet très marqué du niveau de diplôme propre des parents sur l’attitude mesurée ($F(2, 977) = 7{,}3$, $p < 0{,}05$). Comparativement aux parents titulaires uniquement du certificat d’études secondaires de base (Hauptschulabschluss), les parents titulaires de la Mittlere Reife présentent une attitude significativement plus positive ($b = 0{,}24$, $p < 0{,}01$), cet écart s’accentuant encore chez les diplômés de l’enseignement supérieur ou de l’Abitur ($b = 0{,}36$, $p < 0{,}01$).
- Classes socioprofessionnelles (Classes EGP d’Erikson et Goldthorpe) : Comparativement à la classe de service supérieure (Classe I), les parents appartenant à la classe de service inférieure (Classe II : $b = -0{,}19$, $p < 0{,}05$), aux employés exécutifs et fonctionnaires subalternes (Classe III : $b = -0{,}29$, $p < 0{,}05$), ainsi qu’aux ouvriers qualifiés (Classes V/VI : $b = -0{,}36$, $p < 0{,}05$) manifestent une valorisation générale de l’éducation statistiquement moins favorable.
- Prestige professionnel (Échelle SIOPS de Treiman) : Introduit conjointement dans l’équation de régression, le score de prestige de Treiman n’exerce aucun effet direct indépendant ($b = 0{,}00$, non significatif), ce qui démontre que l’attitude envers l’éducation est principalement façonnée par l’expérience éducative passée et le capital culturel institutionnalisé plutôt que par le seul prestige statutaire d’exercice.
7.2. Validité convergente
La validité convergente a été démontrée par l’analyse des corrélations et des coefficients de régression reliant l’échelle à des construits motivationnels et décisionnels étroitement apparentés :
- Inconditionnalité de l’exigence du baccalauréat (Unbedingtheit Abitur) : Ce construit, mesuré par une échelle unidimensionnelle en trois items (ex. « Pour moi, l’Abitur pour mon enfant constitue le standard minimal absolu » ; alpha = 0,70), présente une relation positive et hautement significative avec l’attitude envers l’éducation ($b = 0{,}11$, $p < 0{,}01$ dans le Modèle 2 ; $b = 0{,}09$, $p < 0{,}01$ dans le Modèle 3 complet).
- Aspirations idéalistes différentielles : Lorsque les parents évaluent le caractère idéal de l’Abitur par rapport à un diplôme technique intermédiaire (Realschule), cette préférence marquée pour la filière académique noble est positivement et très significativement prédictible par leur score à l’Échelle d’attitude envers l’éducation ($b = 0{,}05$, $p < 0{,}01$). L’accroissement de la variance expliquée ($R^2$ passant de 0,06 à 0,11) confirme la pertinence conceptuelle de ces liaisons.
7.3. Validité divergente (discriminante)
Un test crucial pour la robustesse métrologique de l’instrument consistait à vérifier que l’attitude générale envers l’éducation ne constituait pas une simple projection des aptitudes scolaires objectives de l’enfant ou de l’aisance financière familiale. Quatre déterminants objectifs ont été confrontés à l’échelle au sein de modèles de régression emboîtés (Modèles 4, 5 et 6) :
- Revenu disponible du foyer : Le revenu net mensuel par tête au sein de la famille n’exerce aucune influence statistiquement significative sur l’attitude envers l’éducation ($b = 0{,}00$, $p > 0{,}10$).
- Performances cognitives standardisées de l’enfant : Les résultats obtenus par les enfants aux tests psychométriques standardisés d’Ingenkamp (mesurant la compréhension de vocabulaire, les séries numériques et les capacités de raisonnement logique) ne prédisent en aucune manière le score d’attitude des parents ($b = 0{,}00$ pour chacune des épreuves, $p > 0{,}10$).
- Notes scolaires subjectives : Les évaluations fournies par les parents sur le niveau de leur enfant en calcul, allemand et éveil scientifique ne montrent aucune corrélation significative avec leur vision normative générale de l’éducation.
Ces données établissent sans ambiguïté la validité divergente de l’instrument : l’échelle capture une posture axiologique globale et stable, affranchie des contingences matérielles immédiates ou des réussites ponctuelles de la progéniture.
8. Fidélité / Reliability
L’évaluation de la fidélité de l’Échelle d’attitude envers l’éducation repose sur l’examen de sa cohérence interne et des paramètres de précision métrologique de ses items constitutifs.
8.1. Cohérence interne
Pour l’ensemble de la batterie d’attitudes composée des six items fondamentaux, le coefficient de cohérence interne calculé est un alpha de Cronbach de $\alpha = 0{,}71$. Bien que modéré, ce coefficient est jugé tout à fait satisfaisant pour un instrument concis de six énoncés explorant un domaine attitudinal multidimensionnel sur le plan thématique (allant de l’ascension ouvrière à la compétitivité macro-économique). En psychométrie différentielle, une valeur excédant le seuil conventionnel de 0,70 garantit que la variance d’erreur aléatoire demeure sous contrôle et autorise l’utilisation de l’instrument pour des comparaisons intergroupes et des modélisations structurelles complexes.
8.2. Homogénéité et discrimination des items (Trennschärfen)
L’analyse détaillée des paramètres d’items met en évidence une bonne homogénéité globale du test :
- Corrélations item-total non corrigées ($T$) : Elles s’échelonnent entre 0,47 et 0,72, avec une valeur moyenne de 0,63, traduisant une excellente convergence des items vers le construit central.
- Indices de discrimination corrigés ($T_i$, corrélation item-total corrigée de la redondance) : Les valeurs s’étendent de 0,30 à 0,54, pour une moyenne de 0,45. Les items 2, 3 et 5 présentent les pouvoirs de discrimination les plus robustes ($T_i = 0{,}54$, $0{,}53$ et $0{,}50$ respectivement), confirmant leur rôle d’ancrage psychométrique dans la mesure du construit.
Les données empiriques indiquent une distribution des scores caractérisée par une légère asymétrie négative (moyenne globale de l’échelle : $M = 5{,}8$, écart-type : $SD = 0{,}83$, médiane : $ME = 5{,}8$), reflétant une tendance sociétale générale à approuver les énoncés valorisant l’instruction dans les démocraties occidentales, tout en conservant une dispersion suffisante pour distinguer finement les niveaux d’intensité attitudinale.
9. Analyse factorielle / Factor Analysis
La structure dimensionnelle interne des six items consacrés à l’attitude éducative générale a été explorée au moyen d’une analyse en composantes principales (ACP) menée sur les données de l’échantillon parental ($N = 987$).
9.1. Structure factorielle et critère d’extraction
L’application de la règle de Kaiser (extraction des composantes dont la valeur propre est strictement supérieure à 1,00) conduit à l’identification indiscutable d’une solution unidimensionnelle :
- Facteur unique extrait : La première composante principale affiche une valeur propre de $\lambda = 2{,}47$.
- Variance expliquée : Ce facteur unique rend compte à lui seul de 41,2 % de la variance totale des réponses aux six items de l’échelle. Aucune seconde composante n’atteint le seuil d’éligibilité métrique, ce qui atteste l’existence d’un trait latent dominant sous-tendant l’ensemble des réponses.
9.2. Saturations factorielles ($F_1$) et communalités ($KO$)
Le tableau ci-dessous synthétise les propriétés factorielles et les contributions individuelles de chaque item à la définition du facteur général d’attitude envers l’éducation :
| N° Item | Intitulé thématique abrégé | Saturation factorielle ($F_1$) | Communalité ($KO$) | Indice de discrimination ($T_i$) |
|---|---|---|---|---|
| 1 | Mobilité sociale des enfants d’ouvriers | 0,47 | 0,22 | 0,30 |
| 2 | Compétitivité économique nationale | 0,73 | 0,53 | 0,54 |
| 3 | Élargissement de l’horizon intellectuel | 0,72 | 0,53 | 0,53 |
| 4 | Indispensabilité pour la vie culturelle | 0,67 | 0,45 | 0,48 |
| 5 | Développement de l’esprit critique | 0,70 | 0,49 | 0,50 |
| 6 | L’éducation comme valeur intrinsèque en soi | 0,51 | 0,26 | 0,33 |
Les saturations factorielles s’étendent de 0,47 à 0,73, ce qui correspond à des standards psychométriques satisfaisants à excellents. Les items 2, 3 et 5 manifestent les saturations les plus élevées (supérieures à 0,70) et des communalités d’environ 0,50, démontrant que les dimensions relatives aux bénéfices intellectuels, à la formation critique et à l’impact macro-sociétal constituent le cœur névralgique du trait latent mesuré.
10. Instrument de mesure / Instrument
- Type d’évaluation : Questionnaire psychométrique et sociologique standardisé d’auto-évaluation (ou administré en entretien direct assisté par ordinateur / CAPI).
- Format d’administration : Papier-crayon ou passation informatisée individuelle. La batterie s’insère aisément au cœur d’enquêtes sociodémographiques plus larges (durée moyenne de passation des items de l’échelle : 3 à 5 minutes).
- Nombre total d’items : 7 items au total, scindés en deux volets structuraux : 6 items substantiels mesurant l’attitude générale envers l’éducation, suivis d’un 7e item évaluant la certitude et l’accessibilité cognitive de cette attitude.
- Format et échelles de réponse :
- Items 1 à 6 (Attitude substantielle) : Échelle d’évaluation en 7 points (format de type Likert), dont les ancrages extrêmes sont formellement libellés : 1 = « refuse totalement » (lehne voll und ganz ab) à 7 = « approuve totalement » (stimme voll und ganz zu).
- Item 7 (Certitude de réponse / Métacognition) : Échelle en 7 points mesurant le sentiment subjectif de certitude lors des réponses précédentes, bornée par : 1 = « pas tout à fait sûr » (nicht ganz sicher) à 7 = « tout à fait sûr » (voll und ganz sicher) (Moyenne observée : $M = 5{,}58$, Médiane : $ME = 6{,}0$, Écart-type : $SD = 1{,}19$).
- Procédure de cotation et de calcul des scores :
- Score d’attitude générale : Tous les items substantiels (1 à 6) étant orientés positivement, il n’y a pas lieu d’inverser de score. On calcule la moyenne arithmétique (ou la somme brute) des items 1 à 6. Le score moyen oscille de 1 à 7. Un score élevé dénote une adhésion profonde à l’éducation en tant que valeur intrinsèque fondamentale.
- Indicateur de certitude (Item 7) : Il peut être conservé comme variable continue dans les analyses de modélisation par régression ou équations structurelles. Alternativement, compte tenu de son rôle de modérateur non linéaire théorisé par le modèle de sélection du cadre, il est fréquemment dichotomisé (ex. certitude absolue [score = 7] vs certitude modérée/faible [scores de 1 à 6]) afin d’isoler le groupe d’individus chez lesquels le cadre éducatif s’impose de façon inconditionnelle.
11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year
- Année de développement et de publication de référence : 2003–2004 (première grande vague de collecte empirique en 2003 dans le cadre du projet de recherche SFB 504 de l’Université de Mannheim).
- Statut juridique et droits d’auteur (Copyright) : L’échelle a été développée au sein d’un programme de recherche universitaire financé par des fonds publics (la Deutsche Forschungsgemeinschaft – DFG). À ce titre, les items originaux et la grille de cotation sont dans le domaine académique libre d’accès pour les chercheurs, les universitaires et les étudiants à des fins de recherche fondamentale non commerciale.
- Tarifs d’utilisation : Gratuit (aucun coût de licence ni redevance commerciale requis pour l’application scientifique standard).
- Conditions d’utilisation et d’adaptation : Les utilisateurs sont tenus de citer rigoureusement les publications princeps des auteurs (Stocké, 2003, 2004 ; Esser, 2000, 2001) dans tout rapport, thèse ou article scientifique exploitant les données issues de l’instrument. Les traductions ou adaptations linguistiques dans d’autres idiomes doivent faire l’objet de procédures standard de rétro-traduction (back-translation) et de revalidation métrologique.
12. Références / References
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- Treiman, D. J. (1977). Occupational prestige in comparative perspective. Academic Press.
13. Questions et items du questionnaire / Scale Items
- 1
- 9
- 0
Authentic Instrument Items and Response Formats (Source Documentation)
Instruktion: Die folgenden Fragen beziehen sich darauf, welchen Stellenwert Sie persönlich der Schulbildung zumessen. Manche Menschen halten eine hohe Schulbildung aus Prinzip für absolut unverzichtbar, andere sind davon weniger überzeugt. Wie stark können Sie den folgenden Aussagen zu dem Thema zustimmen?
| Nr. | Item | Response Scale |
|---|---|---|
| 1 | Durch einen hohen Schulabschluss können auch Arbeiterkinder sozial aufsteigen. | 1 = lehne voll und ganz ab bis 7 = stimme voll und ganz zu |
| 2 | Eine gute Bildung in Deutschland sichert die internationale Konkurrenzfähigkeit der Wirtschaft. | 1 = lehne voll und ganz ab bis 7 = stimme voll und ganz zu |
| 3 | Eine gute Bildung erweitert den geistigen Horizont der Menschen. | 1 = lehne voll und ganz ab bis 7 = stimme voll und ganz zu |
| 4 | Ein hohes Bildungsniveau ist für das kulturelle Leben in unserem Land unverzichtbar. | 1 = lehne voll und ganz ab bis 7 = stimme voll und ganz zu |
| 5 | Durch eine hohe Bildung wird die Kritikfähigkeit der Menschen gefördert. | 1 = lehne voll und ganz ab bis 7 = stimme voll und ganz zu |
| 6 | Eine gute Schulbildung ist ein Wert an sich. | 1 = lehne voll und ganz ab bis 7 = stimme voll und ganz zu |
| 7 | Bitte sagen Sie mir mit dieser Skala, wie sicher Sie sich gerade bei Ihren Antworten über den Stellenwert von Bildung gefühlt haben? | 1 = nicht ganz sicher bis 7 = voll und ganz sicher |