1. Résumé / Abstract
L’Échelle d’association religieuse (Religious Association Scale [RAS]), conçue et formalisée par le psychologue américain Robert A. Embree au début des années 1970, représente une innovation méthodologique singulière dans le champ de la psychologie de la religion et de la psychométrie. Contrairement à l’écrasante majorité des instruments d’évaluation de la religiosité développés au XXe siècle — qui s’appuient presque exclusivement sur des échelles d’attitudes auto-rapportées de type Likert —, la RAS aborde la religiosité sous l’angle d’une aptitude cognitive opérationnelle (ability) et d’une performance comportementale objective. L’instrument postule que l’intensité de l’engagement religieux d’un individu se manifeste par la disponibilité différentielle, l’accessibilité sémantique et la force associative de schémas religieux face à des stimuli verbaux ambigus, plutôt que par de simples déclarations d’adhésion doctrinale ou de dévotion subjective.
Le matériel d’évaluation repose sur une série de trigrammes de type consonne-voyelle-consonne (CVC ou nonsense syllables), standardisés selon leur valeur d’association religieuse (Religious Association Value, RAV). La forme originale étendue comprend 80 trigrammes sélectionnés parmi un ensemble initial de 280 items, tandis que la forme abrégée validée en compte 25, calibrés de manière optimale pour maximiser la variance des réponses (valeurs d’association comprises entre 50 % et 64 %). Lors de la passation, le participant doit associer à chaque trigramme un mot à connotation religieuse (ou, à défaut, le premier mot lui venant à l’esprit) et insérer ce terme dans une phrase syntaxiquement cohérente. Les réponses, initialement cotées selon un barème à trois niveaux (1 = non religieux, 2 = religieux, 3 = nettement religieux), ont ensuite été simplifiées en une cotation dichotomique robuste (0 = absence de contenu religieux, 1 = présence de contenu religieux).
Sur le plan psychométrique, la RAS présente des qualités remarquables. Les indices de cohérence interne (coefficients alpha) s’échelonnent entre .90 et .97 selon les versions (notamment .96 à .97 pour l’échelle à 80 items et .90 à .92 pour la version brève à 25 items). La fidélité inter-juges atteint un niveau élevé de .93, attestant de l’objectivité de la grille de correction. Les analyses factorielles et corrélationnelles indiquent que la version à 25 items est remarquablement indépendante de l’aptitude intellectuelle générale et non contaminée par le biais de désirabilité sociale (mesuré par l’échelle d’Edwards), tout en corrélant de façon hautement significative avec l’orientation religieuse intrinsèque et le conservatisme religieux. La RAS constitue ainsi une passerelle pionnière entre les paradigmes de l’apprentissage verbal, la psychologie cognitive et l’étude scientifique du phénomène religieux.
2. Mots-clés / Keywords
Échelle d’association religieuse, Religious Association Scale, Robert A. Embree, psychométrie de la religion, mesure de performance, apprentissage verbal, trigrammes CVC, valeur d’association religieuse, cognition religieuse, désirabilité sociale, orientation religieuse intrinsèque, fidélité inter-juges.
3. Auteurs / Authors
L’Échelle d’association religieuse a été développée et validée par le professeur Robert A. Embree, chercheur au département de psychologie du Westmar College (Le Mars, Iowa, États-Unis). Actif dans les années 1970 au sein de la Society for the Scientific Study of Religion (SSSR), Embree a cherché à renouveler en profondeur l’appareillage méthodologique des sciences du comportement appliquées à la religion.
Face aux limites inhérentes aux inventaires auto-rapportés — constamment menacés par le conformisme social, la gestion des impressions et l’intellectualisation —, Embree s’est appuyé sur les méthodes expérimentales de l’apprentissage verbal issues des travaux de pionniers de la psychologie expérimentale comme Hermann Ebbinghaus et Arthur W. Melton. Ses travaux fondamentaux ont été publiés dans le prestigieux Journal for the Scientific Study of Religion (1970, 1973), complétés par des monographies et documents méthodologiques diffusés directement depuis son laboratoire universitaire à Le Mars.
4. Objectif / Purpose
L’objectif fondamental de l’Échelle d’association religieuse est d’évaluer la religiosité individuelle non pas comme une prédisposition de personnalité passive, une constellation de croyances dogmatiques déclaratives ou un sentiment subjectif, mais comme une capacité cognitive active et une habitude associative performative. La conception sous-jacente privilégie l’observation directe de ce qu’une personne fait au niveau cognitif lorsqu’elle est confrontée à une tâche verbale exigeante, plutôt que l’analyse de ce qu’elle dit être sur des échelles d’auto-évaluation classiques.
Dans les recherches psychologiques traditionnelles sur la religion (conduites notamment à travers les outils développés par Gordon Allport, J. E. Allen ou Richard Gorsuch), les répondants se voient poser des questions directes sur la fréquence de leurs prières, leur sentiment de proximité avec Dieu ou leur degré d’accord avec des dogmes théologiques. Ces formats de réponse s’avèrent hautement vulnérables aux biais de complaisance, à l’effet de halo et aux normes culturelles du groupe d’appartenance. La RAS a été explicitement forgée pour contourner cette entrave méthodologique en mesurant la saillance spontanée et la fluidité d’accès aux représentations religieuses stockées en mémoire sémantique.
En pratique de recherche fondamentale, la RAS permet d’investiguer :
- La disponibilité des schémas religieux : Déterminer à quel point le répertoire lexical et sémantique religieux d’un participant est activable sous contrainte face à des stimuli non signifiants (syllabes CVC dépourvues de sens a priori).
- L’évitement des artefacts de passation : Grâce à une consigne demandant d’abord d’identifier une association religieuse puis d’écrire une phrase complète, la RAS neutralise en grande partie les réponses superficielles ou aléatoires.
- L’évaluation de l’engagement religieux implicite et explicite : L’outil sert de test de performance standardisé, particulièrement utile avant l’administration d’autres échelles d’attitudes religieuses afin d’éviter les effets d’ordre ou de contamination contextuelle.
Sur le plan des applications, l’échelle apporte un éclairage substantiel dans les recherches universitaires en sociologie cognitive, en psychologie expérimentale des croyances et en psychométrie comparée. Elle offre un modèle paradigmatique pour mesurer des constructions idéologiques ou culturelles au moyen d’épreuves de production verbale semi-projectives ou de fluidité associative contrôlée.
5. Construit psychologique / Construct
Le construit psychologique opérationnalisé par l’Échelle d’association religieuse est la force d’habitude associative religieuse appréhendée sous forme d’aptitude cognitive (religiosity as an ability). Ce construit se distingue formellement de la religiosité dispositionnelle ou attitudinale.
5.1. La religiosité comme performance et accessibilité cognitive
Dans la perspective psychométrique d’Embree, la religiosité est conceptualisée comme le degré de structuration et de prégnance d’un réseau sémantique spécialisé. Lorsqu’un individu est profondément engagé dans un mode de vie religieux (par la prière, la lecture des textes sacrés, la participation rituelle, l’acculturation théologique), son lexique religieux bénéficie d’une fréquence d’usage et d’un niveau d’amorçage chronique très supérieurs à la moyenne. Face à une séquence de trois lettres phonétiquement ambiguë (par exemple « MOS », « LUK » ou « NOH »), un individu fortement religieux actualisera instantanément des concepts bibliques (« Moïse », « Luc », « Noé »), alors qu’un individu laïque ou non affilié privilégiera des termes profanes (« mousse », « look », « nord ») ou échouera à générer une correspondance lexicale cohérente.
5.2. Force associative et valeur d’association religieuse (RAV)
Le construit s’appuie sur la notion de valeur d’association religieuse (RAV), calculée initialement sur une population d’étudiants de premier cycle universitaire. Chaque trigramme possède une probabilité empirique d’évoquer un mot religieux. Dans la forme brève à 25 items, Embree a délibérément retenu des trigrammes dont la RAV se situe entre 50 % et 64 %. Ce choix méthodologique est crucial : des trigrammes à très forte valeur d’évocation (ex. « JER » avec une RAV de 95 % évoquant immédiatement « Jérusalem » ou « Jérémie ») ou à trop faible valeur (proches de 0 %) génèrent des effets de plafond ou de plancher. La sélection d’items à discrimination intermédiaire (50-64 %) garantit que la variance observée reflète fidèlement la différence interindividuelle dans l’aptitude associative religieuse.
5.3. Exigence d’intégration contextuelle (production de phrase)
Le construit intègre une composante d’application syntaxique et sémantique : le sujet ne doit pas seulement fournir un mot isolé, mais démontrer sa compétence en l’articulant dans une phrase signifiante. Cette exigence permet d’éliminer les productions purement mécaniques ou phonétiques sans ancrage cognitif réel. Par exemple, si le trigramme « TYR » évoque « Martyr », la production « Paul was a Christian martyr » valide formellement l’intégration du concept dans un schéma cognitivo-religieux cohérent.
6. Cadre théorique / Theoretical Framework
L’Échelle d’association religieuse s’enracine à la croisée de trois courants majeurs de la psychologie du XXe siècle : l’associationnisme classique, le paradigme de l’apprentissage verbal expérimental et les modèles des réseaux sémantiques en sciences cognitives.
6.1. Le paradigme de l’apprentissage verbal et les syllabes dépourvues de sens
La méthodologie repose directement sur les protocoles de syllabes sans signification initiés par Hermann Ebbinghaus à la fin du XIXe siècle, perfectionnés par J. A. Glaze (1928) et plus tard par C. E. Noble (1952) dans leurs études sur les valeurs d’association des trigrammes CVC. Dans ces traditions, les lettres CVC constituaient un matériel expérimental standardisé permettant d’étudier la mémoire pure, affranchie des influences sémantiques antérieures. Embree opère un renversement épistémologique ingénieux : au lieu d’utiliser les CVC pour neutraliser le sens, il utilise leur plasticité projective pour quantifier la tendance spontanée de l’esprit à projeter des significations spécifiques (en l’occurrence religieuses) sur des stimuli indéterminés.
6.2. La théorie des schémas et de l’activation sémantique
D’un point de vue cognitif moderne, la RAS anticipe la théorie des schémas (Bartlett, 1932 ; Rumelhart, 1980) et les modèles de diffusion de l’activation au sein de réseaux sémantiques (Collins & Loftus, 1975). Selon ces cadres théoriques, l’information en mémoire à long terme est organisée sous forme de nœuds conceptuels interconnectés. Chez une personne dont l’environnement, les pratiques et les lectures quotidiennes renforcent de manière répétée les nœuds religieux, les seuils d’activation de ces concepts sont particulièrement bas. Le trigramme agit comme une amorce sublexicale ; l’énergie cognitive se propage préférentiellement vers les représentations sémantiques associées aux croyances et symboles confessionnels.
6.3. Distinction entre religiosité intrinsèque, extrinsèque et performance objective
Le cadre théorique d’Embree s’inscrit en dialogue critique avec la typologie de Gordon W. Allport et J. M. Ross (1967) relative à la religiosité intrinsèque (la religion comme finalité en soi, intégrée à toute l’existence) et extrinsèque (la religion comme moyen utilitaire de sécurité, de statut ou d’affiliation sociale). Embree a cherché à démontrer que la RAS corrèle prioritairement avec la motivation intrinsèque : une personne qui « vit » véritablement sa foi présente une structure d’accès sémantique modifiée, se traduisant par une performance associative supérieure lors d’un test objectif, indépendamment des stratégies d’auto-présentation sociale.
7. Validité / Validity
L’évaluation des propriétés de validité de l’Échelle d’association religieuse a fait l’objet de plusieurs études empiriques menées par Embree auprès d’un échantillon cumulé de 270 étudiants universitaires américains.
7.1. Validité convergente
La validité convergente de l’instrument a été établie par la confrontation des scores de la RAS avec divers questionnaires de religiosité préexistants et validés. Les résultats indiquent :
- La forme à 80 items présente des corrélations positives statistiquement significatives avec de multiples échelles objectives d’attitudes religieuses. Ces corrélations sont de magnitude faible à modérée (généralement comprises entre .30 et .55). Cette intensité modérée est précisément interprétée par Embree comme la preuve que la RAS capture une facette singulière et non redondante du phénomène religieux — à savoir l’accessibilité cognitive et l’aptitude verbale appliquée —, non mesurée par les questionnaires d’attitudes habituels.
- La forme brève à 25 items corrèle positivement et significativement avec plusieurs échelles de conservatisme religieux et avec des inventaires de motivation religieuse intrinsèque. Les individus adhérant fermement à des systèmes doctrinaux orthodoxes obtiennent systématiquement des scores d’association plus élevés.
7.2. Validité discriminante et indépendance vis-à-vis des traits de personnalité
L’un des défis majeurs posés aux tests de performance verbale est le risque de confusion avec le niveau d’intelligence ou l’aptitude académique globale :
- Dans la version longue à 80 items, les premières analyses avaient révélé une composante liée à la compétence scolaire et à l’intelligence verbale générale (saturation factorielle conjointe avec des indices scolaires).
- En revanche, la forme abrégée à 25 items a démontré une indépendance empirique complète vis-à-vis des capacités académiques et intellectuelles des étudiants. Les performances à cette version abrégée ne dépendent pas du quotient intellectuel ou de la réussite scolaire, mais uniquement de la force associative religieuse.
- De surcroît, les scores à la RAS à 25 items se sont révélés totalement indépendants des diverses sous-échelles de l’Omnibus Personality Inventory (OPI), ainsi que de l’échelle de désirabilité sociale d’Edwards (Edwards Social Desirability Scale). L’absence de corrélation avec la désirabilité sociale confirme l’étanchéité de ce protocole face aux tentatives de falsification ou d’auto-présentation favorable.
7.3. Validité de contenu et calibrage des items
La sélection initiale des items garantit une forte validité de contenu. Embree a testé 280 trigrammes potentiels, n’en conservant que 80 dont le potentiel d’évocation religieuse dépassait le seuil de 50 %. L’écrémage ultérieur vers les 25 items cibles a été guidé par une modélisation psychométrique rigoureuse visant à éliminer les items redondants ou hyper-évocateurs, stabilisant un intervalle de difficulté psychométrique idéal (RAV comprise entre 50 % et 64 %).
8. Fidélité / Reliability
Les investigations psychométriques conduites par Embree révèlent des indices de fidélité exceptionnellement élevés pour un instrument reposant sur la production de réponses libres et semi-projectives.
8.1. Cohérence interne
Les estimations de la consistance interne ont été obtenues au moyen du coefficient alpha de Cronbach et de techniques de bissection (split-half) :
- Version à 80 items : Les coefficients de cohérence interne rapportés oscillent entre .96 et .97. Le calcul de la fidélité par la méthode pair-impair (odd-even reliability) appliqué aux associations de cette version atteint .97, démontrant une homogénéité remarquable du matériel de test.
- Forme abrégée à 25 items : Malgré la réduction drastique de plus de deux tiers du nombre d’items, la fidélité demeure très robuste, avec des coefficients alpha mesurés à .90 et .92 lors des différentes vagues de standardisation.
8.2. Fidélité inter-correcteurs (Interscorer Reliability)
La cotation de réponses verbales ouvertes pose classiquement le problème de l’accord entre évaluateurs. Pour la RAS, un protocole strict de codage a été établi. L’accord inter-juges calculé entre des correcteurs indépendants a produit un coefficient de fidélité de .93. Ce chiffre atteste qu’après un entraînement très sommaire (définition des critères d’inclusion lexicale religieuse), la correction des protocoles atteint un niveau d’objectivité quasi parfait, assimilable à celui d’épreuves à choix forcé.
9. Analyse factorielle / Factor Analysis
La structure dimensionnelle de l’échelle a été explorée au moyen d’analyses factorielles rigoureuses afin de vérifier si l’instrument mesure une dimension unitaire et d’isoler ses relations avec d’autres dimensions psychologiques.
9.1. Analyse en composantes principales de la version à 80 items
Une analyse en composantes principales (ACP) assortie d’une rotation orthogonale Varimax a été conduite sur la matrice combinant les scores de la RAS (version 80 items), quatre autres échelles d’attitudes religieuses établies, et un indice standardisé d’aptitude académique et intellectuelle.
Cette analyse a mis en évidence deux facteurs majeurs :
- Le score de la RAS présentait une saturation factorielle de .38 sur le premier facteur et de .58 sur le second facteur.
- L’un des facteurs était fortement saturé par la mesure d’aptitude scolaire générale. Cette configuration a permis d’objectiver que, dans sa version longue non filtrée, la production rapide d’associations verbales sur 80 items mobilisait une composante générale de fluence verbale et de ressources cognitives académiques.
9.2. Restructuration et purification de la forme brève à 25 items
C’est précisément pour dissocier l’aptitude associative religieuse de la variance liée à l’intelligence générale qu’Embree a procédé au raffinement de l’échelle. En isolant les 25 trigrammes situés dans la fenêtre de RAV de 50 % à 64 %, l’analyse factorielle a confirmé l’émergence d’une dimension épurée, orthogonale aux facteurs d’intelligence générale et de désirabilité sociale. La forme courte fonctionne donc comme un indicateur unidimensionnel spécifique de l’accessibilité sémantique religieuse, démontrant que la fluence religieuse peut être mesurée indépendamment des aptitudes verbales globales du sujet.
10. Instrument de mesure / Instrument
L’Échelle d’association religieuse est un test de performance cognitive standardisé au format papier-crayon, administrable individuellement ou en passation collective.
10.1. Caractéristiques de passation
- Format du test : Épreuve papier-crayon d’associations verbales dirigées et de production de phrases.
- Nombre d’items :
- Forme complète originale : 80 trigrammes consonne-voyelle-consonne (CVC).
- Forme abrégée standard : 25 trigrammes CVC (notés avec un astérisque dans la liste d’origine).
- Population cible : Conçue et étalonnée auprès d’étudiants de premier cycle universitaire (undergraduate students).
- Temps d’administration : Environ 15 à 25 minutes selon la version employée.
- Condition recommandée : Il est formellement recommandé d’administrer cet instrument avant toute autre mesure portant explicitement sur la religion, afin de prévenir les effets d’amorçage artificiel et de contamination contextuelle de l’ordre de passation.
10.2. Échelle de réponse et consigne imposée
Pour chaque trigramme CVC présenté, le participant doit :
- Regarder la syllabe sans signification et la prononcer silencieusement pour lui-même.
- Déterminer si cette syllabe correspond à un mot ou sonne comme un mot associé à la religion (personnage biblique, lieu saint, concept religieux, église ou enseignement confessionnel).
- Inscrire ce mot dans l’espace prévu à côté de la syllabe.
- Utiliser ensuite ce mot dans une phrase courte et complète.
- En cas d’impossibilité d’évoquer un mot religieux, inscrire impérativement le mot profane associé et l’employer également dans une phrase courte (aucun blanc n’est toléré).
10.3. Grille de cotation et calcul des scores
- Cotation initiale (historique) : Barème ordinal en trois points :
1= association non religieuse ;2= association religieuse ;3= association nettement religieuse.
- Cotation définitive (recommandée) : Système binaire dichotomique (0/1) simplifiant l’évaluation et garantissant la fidélité inter-correcteurs :
1 point= présence effective d’un contenu religieux conforme dans le mot et la phrase ;0 point= absence de contenu religieux (mot profane ou omission).
- Score total : Somme arithmétique simple des items codés 1. Sur la version abrégée, le score s’étend de 0 à 25 points, reflétant directement le niveau d’aptitude et d’accessibilité cognitive religieuse.
11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year
- Année de publication initiale : 1970 (forme longue préliminaire et calibration des items) ; 1973 (forme abrégée et étude de validation psychométrique).
- Droits d’auteur et permissions : Les articles princeps ont été publiés dans le Journal for the Scientific Study of Religion, géré par la Society for the Scientific Study of Religion (publié par Wiley-Blackwell). Les épreuves et manuscrits techniques de l’auteur sont historiquement référencés auprès du Dr Robert A. Embree (Westmar College, Le Mars, Iowa). L’utilisation à des fins de recherche universitaire non commerciale relève des protocoles habituels d’usage académique avec citation obligatoire des sources originales.
- Tarification : L’instrument ne fait l’objet d’aucune commercialisation marchande sous forme de batterie propriétaire par un éditeur commercial payant. Il est librement accessible dans la littérature scientifique pour les chercheurs et praticiens de la psychométrie.
12. Références / References
- Allport, G. W., & Ross, J. M. (1967). Personal religious orientation and prejudice. Journal of Personality and Social Psychology, 5(4), 432–443. https://doi.org/10.1037/h0021212
- Collins, A. M., & Loftus, E. F. (1975). A spreading-activation theory of semantic processing. Psychological Review, 82(6), 407–428. https://doi.org/10.1037/0033-295X.82.6.407
- Embree, R. A. (1970). The Religious Association Scale as an « abilities » measure of the religious factor in personality. Journal for the Scientific Study of Religion, 9(4), 299–302. https://doi.org/10.2307/1384574
- Embree, R. A. (1973). The Religious Association Scale: A preliminary validation study. Journal for the Scientific Study of Religion, 12(2), 223–226. https://doi.org/10.2307/1384890
- Embree, R. A. (undated). Religious Association Scale (Short form). Unpublished manuscript, Westmar College, Le Mars, Iowa.
- Embree, R. A. (undated). An interpretation of the short form revision of the Religious Association Scale. Unpublished manuscript, Westmar College, Le Mars, Iowa.
- Glaze, J. A. (1928). The association value of nonsense syllables. The Pedagogical Seminary and Journal of Genetic Psychology, 35(2), 255–269. https://doi.org/10.1080/08848300.1928.9944783
- Noble, C. E. (1952). An analysis of meaning. Psychological Review, 59(6), 421–430. https://doi.org/10.1037/h0054392
13. Questions et items du questionnaire / Scale Items
Religious Association Scale
Instructions: This Scale is designed to measure social attitudes. Look at each nonsense syllable and pronounce it to yourself silently. Is the nonsense syllable a word or does it sound like a word you associate with religion-a biblical character, place, idea, church or church teaching? Write that word in the small blank next to the syllable. Then use the word in a short complete sentence. If you do not associate the nonsense syllable with religion, then write the word you do associate with the nonsense syllable. Use that word in a short sentence. Leave no blanks.
Study the examples below, then turn the sheet over and begin.
Examples:
RAB Rabbi A Rabbi is a religious leader in the Jewish faith.
QAK Quaker The Quaker religion is mentioned in American history books.
TYR Martyr Paul was a Christian martyr.
General Setup (Item format):
[ CVC ] Word: __________________ Sentence: __________________________________________________
Inventory of the 80 CVC Nonsense Syllables and their Religious Association Values (RAV):
Note: The final 25 items included in the standardized Short Form are denoted by an asterisk (*). The RAVs assume a decimal point. The CVCs are presented below in the order of appearance on the scales. Values represent combined normative data for males and females.
| CVC | RAV Value | CVC | RAV Value | CVC | RAV Value | CVC | RAV Value |
|---|---|---|---|---|---|---|---|
| RAB | 91 | SAR | 78 | LIB | 58 | VOW | 84 |
| MOS | 92 | SOR | 63 | WOM | 85 | ZEL | 53 |
| ZEK | 77 | MIR | 76 | PYR | 63 | SAQ | 55 |
| LUT | 67 | REQ | 53 | SEK | 66 | BEY* | 51 |
| RYT* | 55 | REN | 56 | LOF* | 57 | HYM | 95 |
| HEV | 87 | SEC | 67 | NAK* | 50 | SAH | 86 |
| JER | 95 | TYR | 66 | YEW* | 64 | LYZ | 51 |
| TYM* | 52 | WUN* | 51 | ZAC | 74 | CYR | 65 |
| JOL* | 60 | LUS* | 64 | LAS* | 63 | MUT | 55 |
| LUK | 89 | LUR* | 58 | RAL | 55 | SYP | 56 |
| MIZ* | 51 | GIB | 51 | MEC | 73 | VER* | 64 |
| GES* | 59 | NOH | 93 | GAV | 68 | CYP | 59 |
| NUW* | 51 | TOR* | 55 | LOH* | 55 | SYG | 55 |
| LAV* | 58 | LUZ | 50 | MER | 90 | LUF | 65 |
| BOD | 71 | GOL | 84 | CYN | 79 | BEM* | 51 |
| LYD | 66 | WIK* | 50 | MYR | 74 | KOW | 55 |
| DES | 66 | REY | 57 | DIV | 76 | LOR* | 63 |
| GEN | 93 | MIC* | 57 | FOL | 71 | HEB | 78 |
| COR* | 61 | MOH | 71 | SEM | 71 | PYL* | 52 |
| QAK | 51 | KOO | 55 | WAL | 53 | ROZ* | 52 |
The 25 Trigrams of the Short Form (in order of presentation):
- BEY (RAV = 51)
- RYT (RAV = 55)
- LOF (RAV = 57)
- NAK (RAV = 50)
- YEW (RAV = 64)
- TYM (RAV = 52)
- WUN (RAV = 51)
- JOL (RAV = 60)
- LUS (RAV = 64)
- LAS (RAV = 63)
- LUR (RAV = 58)
- MIZ (RAV = 51)
- VER (RAV = 64)
- GES (RAV = 59)
- NUW (RAV = 51)
- TOR (RAV = 55)
- LOH (RAV = 55)
- LAV (RAV = 58)
- BEM (RAV = 51)
- WIK (RAV = 50)
- LOR (RAV = 63)
- MIC (RAV = 57)
- COR (RAV = 61)
- PYL (RAV = 52)
- ROZ (RAV = 52)