1. Résumé / Abstract
L’Échelle d’antiracisme et de non-racisme (Antiracism and Nonracism Scale), conçue et validée par Jennifer LaCosse, Danielle Krusemark, Jennifer Foltz et E. Ashby Plant en 2023, constitue un instrument psychométrique novateur composé de 10 items répartis équitablement en deux sous-échelles orthogonales mais reliées : l’antiracisme (5 items) et le non-racisme (5 items). Développée dans le cadre de recherches pionnières en psychologie sociale à l’Université d’État de Floride et au Bates College, cette échelle a été spécifiquement étalonnée pour mesurer, distinguer et quantifier les systèmes de croyances chez les individus blancs américains confrontés à la perpétuation des disparités et de la discrimination raciale systémique à l’égard des minorités, et particulièrement des personnes noires.
Historiquement, l’évaluation des attitudes intergroupes souffrait d’une lacune conceptuelle majeure : la fusion indifférenciée de l’absence passive de préjugés et de l’engagement actif contre l’injustice. L’échelle de LaCosse et ses collaborateurs résout cette confusion sémiologique et opérationnelle en dissociant le non-racisme — défini comme l’adhésion personnelle à l’invalidation morale du préjugé et le refus individuel de discriminer — de l’antiracisme — caractérisé par la conviction normative que les membres du groupe majoritaire doivent proactivement dénoncer le racisme institutionnel et agir sur les plans comportemental et discursif pour promouvoir l’équité raciale. Les items sont évalués au moyen d’une échelle de type Likert en 9 points, s’étendant de 1 (« fortement en désaccord ») à 9 (« fortement d’accord »), administrée par voie électronique.
Sur le plan des qualités métrologiques, l’instrument présente une excellente consistance interne évaluée par le coefficient Oméga de McDonald (ω = 0,86 pour la sous-échelle d’antiracisme ; ω = 0,82 pour le non-racisme). Les analyses factorielles exploratoires (AFE) et confirmatoires (AFC) ont rigoureusement corroboré la structure bidimensionnelle, démontrant la supériorité statistique et théorique du modèle à deux facteurs corrélés par rapport à un modèle unidimensionnel global. Les études de validité révèlent des corrélations convergentes modérées avec les attitudes favorables aux minorités noires et la motivation interne à répondre sans préjugé (IMS), tout en établissant une indépendance discriminante remarquable vis-à-vis de la motivation externe (EMS), de l’anxiété d’évaluation sociale et du biais de désirabilité sociale. L’échelle démontre en outre une solide validité prédictive à l’égard de la reconnaissance des discriminations structurelles et de l’engagement effectif dans l’action collective pour la justice sociale.
2. Mots-clés / Keywords
Antiracisme, non-racisme, attitudes raciales, relations intergroupes, discrimination raciale, justice sociale, motivation à répondre sans préjugé, psychométrie, analyse factorielle, préjugés, comportement prosocial, alliés sociopolitiques.
3. Auteurs / Authors
L’échelle a été développée et validée par une équipe de chercheurs spécialisés dans l’étude des dynamiques intergroupes, de la régulation des préjugés et de la cognition sociale :
- Jennifer LaCosse, Ph.D. : Département de psychologie, Bates College, Lewiston, Maine, États-Unis. Adresse de correspondance : Bates College, Department of Psychology, Pettengill Hall, 2 Andrews Rd., Lewiston, ME 04240. Courriel académique : [email protected].
- Danielle Krusemark, Ph.D. : Département de psychologie, Florida State University, Tallahassee, Floride, États-Unis.
- Jennifer Foltz, M.S. : Département de psychologie, Florida State University, Tallahassee, Floride, États-Unis.
- E. Ashby Plant, Ph.D. : Professeure émérite de psychologie, Department of Psychology, Florida State University, Tallahassee, Floride, États-Unis. Ses travaux séminaux avec Patricia Devine sur les motivations internes et externes à réprimer les préjugés constituent le socle empirique de la recherche contemporaine sur la régulation des biais intergroupes.
4. Objectif / Purpose
Le dessein fondamental de l’Échelle d’antiracisme et de non-racisme est d’opérationnaliser et de quantifier avec une rigueur statistique maximale deux orientations cognitives et normatives distinctes relatives à l’égalité raciale : la posture passive de non-discrimination individuelle (non-racisme) et la posture active de démantèlement des inégalités systémiques (antiracisme). Jusqu’à la publication des travaux de LaCosse et al. (2023), les instruments de mesure en psychologie sociale tendaient à évaluer le racisme de manière unipolaire négative (mesure de l’animosité, des stéréotypes explicites ou du racisme moderne/symbolique) ou confondaient, au sein d’un score agrégé unique, le refus intime du préjugé et la disposition à s’engager publiquement contre l’oppression institutionnelle. Cette indistinction masquait un enjeu sociopsychologique crucial : le fait qu’un individu puisse souscrire sincèrement à des idéaux universalistes et égalitaires tout en demeurant passif face à la perpétuation des injustices structurelles.
Dans le domaine de la recherche fondamentale, cet instrument vise à disséquer les mécanismes socio-cognitifs qui poussent certains membres des groupes dominants ou privilégiés (notamment les Américains blancs dans les études princeps) à franchir le seuil séparant l’innocuité personnelle de l’action collective revendicatrice. L’échelle permet de modéliser les prédicteurs de l’alliance sociale (« allyship »), de tester l’impact des normes sociales perçues et d’analyser comment l’adhésion aux principes antiracistes interagit avec des construits tels que l’empathie intergroupe, la culpabilité collective et la perception du privilège blanc.
Dans les contextes appliqués, organisationnels et éducatifs, l’échelle remplit une fonction diagnostique et évaluative d’une grande valeur. Au sein des institutions universitaires et des entreprises engagées dans des démarches de diversité, équité et inclusion (DEI), la mesure permet d’évaluer l’efficacité réelle des programmes de sensibilisation. Elle permet de déterminer si une intervention se contente de renforcer la norme de non-racisme (ce qui peut parfois induire une illusion d’égalité ou un évitement du dialogue racial) ou si elle parvient à catalyser une prise de conscience antiraciste incitant les individus à intervenir face aux microagressions et aux barrières systémiques. L’outil offre ainsi aux cliniciens du travail, aux psychologues organisationnels et aux pédagogues une métrique précise pour suivre l’évolution des attitudes face aux transformations sociopolitiques contemporaines.
5. Construit psychologique / Construct
L’architecture psychologique sous-tendue par l’échelle repose sur une distinction conceptuelle fondamentale entre deux idéologies normatives relatives aux relations raciales, chacune possédant des déterminants cognitifs, émotionnels et comportementaux différenciés :
La dimension d’antiracisme (Antiracism)
La sous-échelle d’antiracisme opérationnalise la croyance selon laquelle les membres du groupe racialement dominant (les individus blancs) ont le devoir moral et civique de s’engager activement, par leurs discours et leurs actes, dans la lutte contre le racisme dirigé envers les minorités racisées. L’antiracisme transcende le simple contrôle de ses propres préjugés ; il exige une posture d’intervention proactive, une confrontation des pairs et un soutien public aux réformes structurelles. Les items composant cette sous-échelle ciblent des manifestations directes de cette volonté d’action :
- L’action collective et la proactivité : La conviction qu’il est impératif d’œuvrer concrètement à l’égalité de traitement (« actively try to promote equal treatment ») et de faire la démonstration visible de cette opposition par des actes tangibles.
- La socialisation intragroupe et la rupture du silence : La reconnaissance du devoir de partager ses convictions égalitaires avec les autres membres du groupe majoritaire (« share their nonprejudiced beliefs with other White people ») et d’utiliser sa voix pour dénoncer publiquement les injustices (« speak out against racial discrimination »).
- Le dépassement de la simple reconnaissance passive : Le rejet explicite d’une posture purement déclarative (« do more than just acknowledge that racism toward Black people exists »), postulant que l’admission intellectuelle de l’existence du racisme demeure stérile sans mobilisation active.
La dimension de non-racisme (Nonracism)
La sous-échelle de non-racisme mesure l’adhésion individuelle à l’interdit moral du préjugé et de la discrimination. Elle reflète une norme personnelle d’équité interindividuelle, le rejet des stéréotypes négatifs et le refus catégorique de manifester des comportements biaisés. Contrairement à l’antiracisme, le non-racisme est centré sur l’intégrité morale du soi et la régulation de sa propre conduite dans la sphère privée ou interpersonnelle immédiate. Les composantes clés explorées par les 5 items de cette dimension comprennent :
- L’interdit comportemental individuel : L’engagement à ne jamais proférer d’énoncés manifestement racistes ni à discriminer directement une personne en raison de son appartenance raciale (« I would never say anything overtly racist… » ; « I would never discriminate… »).
- Le rejet absolu des stéréotypes : La condamnation éthique de l’assignation stéréotypée (« It is never acceptable to stereotype Black people based on their race »).
- L’adhésion à l’égalité de traitement formelle : La croyance selon laquelle les individus de toutes origines doivent bénéficier d’un traitement équitable dans les sphères professionnelles et académiques (« treated equally in academic and employment settings »), complétée par un item inversé captant l’absence de toute justification contextuelle à la discrimination.
6. Cadre théorique / Theoretical Framework
Le développement de l’Échelle d’antiracisme et de non-racisme s’ancre à la croisée de plusieurs courants théoriques majeurs de la psychologie sociale contemporaine, de la sociologie critique et des modèles de régulation des préjugés :
Le modèle des motivations internes et externes à répondre sans préjugé
Le fondement épistémologique direct de l’échelle s’inspire des travaux fondamentaux de Plant et Devine (1998) relatifs aux sources de motivation régissant l’expression des biais. Selon ce modèle, les individus peuvent être motivés à réprimer leurs préjugés soit par des normes intériorisées et des standards moraux personnels (Internal Motivation to Respond Without Prejudice, IMS), soit par la crainte de sanctions sociales et du jugement d’autrui (External Motivation to Respond Without Prejudice, EMS). LaCosse et ses collaborateurs ont étendu cette perspective : si l’IMS explique pourquoi une personne évite de discriminer (dimension de non-racisme), elle ne suffit pas toujours à susciter un engagement civique public contre les discriminations institutionnelles. L’antiracisme requiert une transformation de la motivation morale interne en responsabilité sociale active.
La théorie de la justification du système et le concept d’allié social
La théorie de la justification du système de John Jost postule que les individus ont une tendance psychologique spontanée à légitimer le statu quo et les hiérarchies institutionnelles existantes. Le non-racisme, bien que vertueux, peut paradoxalement coexister avec une complaisance systémique : un individu peut estimer qu’en ne discriminant pas personnellement, il a accompli l’intégralité de son devoir éthique, occultant ainsi le fonctionnement structurel des inégalités. En revanche, le cadre de l’antiracisme s’appuie sur la littérature relative aux alliés de justice sociale (Broido, 2000 ; Radke et al., 2020), qui définit l’allié comme un membre du groupe dominant qui reconnaît son avantage systémique et utilise ses ressources pour démanteler l’oppression institutionnelle. Ce cadre soutient que l’éradication du racisme systémique ne peut reposer uniquement sur les minorités stigmatisées et exige la rupture du consensus silencieux au sein du groupe favorisé.
Le modèle du changement d’attitude et de l’action collective
L’échelle s’articule également avec le modèle d’identification sociale de l’action collective (SIMCA ; van Zomeren et al., 2008). Alors que les modèles traditionnels étudiaient l’action collective chez les groupes désavantagés, les théories récentes s’intéressent aux mouvements de solidarité par les groupes privilégiés. Dans cette perspective, la croyance antiraciste opère comme un moteur cognitivo-normatif qui lie l’indignation morale suscitée par l’injustice à l’efficacité perçue de l’action collective, traduisant l’attitude passive en comportement discursif et contestataire.
7. Validité / Validity
L’évaluation psychométrique menée par LaCosse et al. (2023) a apporté des preuves solides quant à la validité de construit, la validité convergente, la validité discriminante et la validité prédictive de l’instrument auprès d’échantillons d’étudiants blancs aux États-Unis :
Validité convergente
La validité convergente a été établie par l’examen des relations linéaires théoriquement attendues avec des construits établis :
- La sous-échelle d’antiracisme présente une corrélation positive statistiquement significative et modérée avec la sous-échelle de non-racisme, attestant qu’elles partagent un socle commun de bienveillance intergroupe sans pour autant se confondre.
- L’antiracisme est positivement corrélé aux attitudes pro-Noirs (évaluées via des échelles thermométriques et des mesures d’affects intergroupes) ainsi qu’à la motivation interne à répondre sans préjugé (IMS ; Plant & Devine, 1998).
- L’antiracisme présente une corrélation négative marquée avec les attitudes anti-Noirs.
- Les deux sous-échelles (antiracisme et non-racisme) sont positivement associées à la perception lucide de l’ampleur de la discrimination raciale systémique aux États-Unis.
Validité discriminante
Un enjeu psychométrique crucial résidait dans la démonstration que l’antiracisme ne constitue pas un simple artefact de présentation de soi ou de conformisme social :
- L’antiracisme s’est révélé non corrélé à la motivation externe à répondre sans préjugé (EMS ; Plant & Devine, 1998), confirmant que l’adhésion aux principes antiracistes n’est pas guidée par la peur d’être blâmé par autrui ou d’enfreindre le politiquement correct.
- L’antiracisme ne montre aucune corrélation significative avec la peur de l’évaluation négative (Fear of Negative Evaluation), écartant définitivement l’hypothèse d’une simple conformité névrotique aux attentes sociétales contemporaines.
- Les corrélations observées avec les échelles d’attitudes demeurent toutes à des niveaux modérés (r < 0,58), garantissant que l’antiracisme capture une variance substantielle et autonome non expliquée par les mesures préexistantes de tolérance raciale.
Validité prédictive et de critère
L’instrument démontre une excellente capacité prédictive à l’égard de comportements réels et d’engagements concrets :
- Les participants obtenant des scores élevés à la sous-échelle d’antiracisme sont significativement plus susceptibles d’identifier la discrimination raciale comme un problème sociétal majeur et urgent.
- De surcroît, ces individus déclarent un niveau significativement plus élevé d’engagement actif dans des initiatives de transformation sociale visant à atténuer les disparités raciales (participation à des manifestations, signatures de pétitions, confrontation verbale de remarques racistes dans l’entourage, éducation active des pairs). Cette relation prédictive demeure robuste même après contrôle des attitudes générales envers les personnes noires, illustrant l’incrément prédictif unique de la sous-échelle d’antiracisme.
8. Fidélité / Reliability
La fidélité de l’Échelle d’antiracisme et de non-racisme a fait l’objet d’estimations rigoureuses, privilégiant les estimateurs modernes de cohérence interne adaptés aux modèles de mesure factorielle :
Consistance interne
Conformément aux recommandations contemporaines en psychométrie qui soulignent les biais et limites du coefficient Alpha de Cronbach (notamment l’hypothèse de tau-équivalence souvent violée), les auteurs ont évalué la cohérence interne à l’aide du coefficient Oméga de McDonald (ω) :
- Sous-échelle d’antiracisme (5 items) : Le coefficient de cohérence interne s’élève à ω = 0,86. Cette valeur indique une excellente fidélité, démontrant que l’ensemble des énoncés mesurent avec une grande précision le même construit sous-jacent d’engagement proactif sans redondance excessive.
- Sous-échelle de non-racisme (5 items) : Le coefficient de cohérence interne atteint ω = 0,82. Cette valeur témoigne également d’une consistance interne très satisfaisante pour une mesure brève en 5 items, confirmant l’homogénéité du construit de rejet personnel des préjugés.
Ces coefficients confirment que l’instrument présente une faible variance d’erreur de mesure, autorisant son emploi aussi bien pour des études expérimentales et corrélationnelles de grande envergure que pour l’évaluation standardisée d’interventions sociocognitives.
9. Analyse factorielle / Factor Analysis
L’architecture factorielle de l’instrument a été établie par une démarche méthodologique séquentielle combinant l’analyse factorielle exploratoire (AFE) et l’analyse factorielle confirmatoire (AFC).
Analyse factorielle exploratoire (AFE)
Le pool initial comprenait 14 items formulés sur la base de la littérature théorique : 7 items ciblant l’antiracisme (la responsabilité des Blancs d’agir activement) et 7 items ciblant le non-racisme (l’inadmissibilité morale du préjugé). Les résultats de l’AFE ont guidé l’épuration de l’échelle :
- Sous-échelle d’antiracisme : L’analyse factorielle exploratoire initiale a montré que l’élimination de 2 items problématiques (présentant des saturations croisées ou une faible communalité) permettait d’accroître la variance totale expliquée de manière spectaculaire, passant de 54,25 % à 66,67 %. Les 5 items les plus robustes et saturant le plus fortement sur le facteur ont été conservés.
- Sous-échelle de non-racisme : De manière similaire, l’AFE sur la dimension de non-racisme a indiqué que le retrait de 2 items à faible saturation augmentait la variance totale expliquée, passant de 46,97 % à 57,06 %, aboutissant à la rétention des 5 items les plus fiables.
- Échelle combinée finale (10 items) : Une AFE globale menée sur les 10 items finaux a extrait deux facteurs bien individualisés, expliquant conjointement 62,06 % de la variance totale. Les items d’antiracisme saturaient exclusivement sur leur facteur respectif sans cross-loadings notables sur le facteur de non-racisme, corroborant la structure bidimensionnelle de l’instrument.
Analyse factorielle confirmatoire (AFC)
Afin de valider définitivement l’indépendance structurelle des deux dimensions, une analyse factorielle confirmatoire a été réalisée. En raison de contraintes de temps lors d’une des étapes de collecte subséquentes, une version à 9 items (5 items d’antiracisme et 4 items de non-racisme) a été administrée pour ce test spécifique de robustesse :
- Un modèle bi-factoriel corrélé (séparant formellement le facteur d’antiracisme et le facteur de non-racisme) a été formellement comparé à un modèle unidimensionnel concurrent (contraignant l’intégralité des items à saturer sur un unique facteur général d’égalitarisme).
- Les indices d’ajustement ont démontré de façon indiscutable que le modèle à deux facteurs présentait une supériorité statistique hautement significative (meilleur ajustement, χ² significativement inférieur, indices CFI/TLI optimaux et RMSEA plus faible) par rapport au modèle unidimensionnel. Cette validation confirmatoire apporte la preuve empirique définitive que le non-racisme et l’antiracisme ne constituent pas deux pôles d’un même continuum, mais bien deux construits psychologiques distincts nécessitant des mesures spécifiques.
10. Instrument de mesure / Instrument
- Type de test : Instrument de mesure psychométrique standardisé (auto-questionnaire original).
- Format d’administration : Questionnaire auto-administré sur support électronique ou papier-crayon.
- Nombre d’items : 10 items au total, structurés en deux sous-échelles distinctes de 5 items chacune :
- Sous-échelle d’antiracisme (Items 1 à 5).
- Sous-échelle de non-racisme (Items 6 à 10).
- Échelle de réponse (Format authentique obligatoire) : The items of the Antiracism and Nonracism Scale are rated on a 9-point Likert scale, ranging from 1 (« strongly disagree ») to 9 (« strongly agree »). Higher scores on the scale indicate a greater level of the respective construct (antiracism or nonracism). The administration method used was electronic.
- Cotation et calcul des scores :
- Item inversé : L’item 10 de l’échelle complète (« In some situations, it is okay to discriminate against Black people based on race ») doit faire l’objet d’une inversion de cotation préalable : Score_Inversé = 10 – Réponse_Brute.
- Score de la sous-échelle d’antiracisme : Calculé en effectuant la moyenne arithmétique (ou la somme) des réponses aux 5 items d’antiracisme (Items 1 à 5). Des scores élevés traduisent une adhésion forte à la responsabilité proactive de dénonciation et d’action collective.
- Score de la sous-échelle de non-racisme : Calculé en effectuant la moyenne arithmétique (ou la somme) des réponses aux 5 items de non-racisme (Items 6 à 9, plus l’item 10 inversé). Des scores élevés indiquent un rejet personnel catégorique des stéréotypes et de la discrimination interpersonnelle.
- Les auteurs recommandent d’analyser séparément les deux sous-échelles plutôt que de créer un score global agrégé, afin de préserver la spécificité théorique de chaque dimension.
- Population cible : Adultes (18 ans et plus). L’échelle a été validée auprès d’étudiants de premier cycle blancs aux États-Unis, hommes et femmes.
- Temps de passation : Environ 3 à 5 minutes.
11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year
- Année de publication officielle : 2023.
- Droits d’utilisation et permissions : L’Échelle d’antiracisme et de non-racisme est mise à la disposition de la communauté scientifique et pédagogique internationale. Elle peut être librement utilisée dans le cadre de recherches académiques non commerciales et d’activités d’enseignement supérieur sans autorisation écrite préalable, à condition de citer fidèlement la publication princeps de LaCosse et al. (2023).
- Tarifs : L’accès et l’utilisation de l’instrument sont entièrement gratuits (aucun frais de licence ni redevance).
12. Références / References
Les publications ci-dessous constituent le corpus théorique et méthodologique de référence relatif au développement, à la validation et à l’ancrage conceptuel de l’instrument :
- Broido, E. M. (2000). The development of social justice allies during college: A phenomenological investigation. Journal of College Student Development, 41(1), 3–18.
- Jost, J. T., & Banaji, M. R. (1994). The role of stereotyping in system-justification and the production of false consciousness. British Journal of Social Psychology, 33(1), 1–27. https://doi.org/10.1111/j.2044-8309.1994.tb01008.x
- LaCosse, J., Krusemark, D., Foltz, J., & Plant, E. A. (2023). Antiracism: Development and validation of a measure designed to identify White Americans who proactively fight to end discrimination toward Black Americans. Group Processes & Intergroup Relations, 26(1), 180–202. https://doi.org/10.1177/13684302211048886
- McDonald, R. P. (1999). Test theory: A unified treatment. Lawrence Erlbaum Associates Publishers.
- Plant, E. A., & Devine, P. G. (1998). Internal and external motivation to respond without prejudice. Journal of Personality and Social Psychology, 75(3), 811–832. https://doi.org/10.1037/0022-3514.75.3.811
- Radke, H. R., Kutlaca, M., Siem, B., Wright, S. C., & Becker, J. C. (2020). Beyond allyship: Motivations for advantaged group members to engage in solidarity-based collective action. Personality and Social Psychology Review, 24(4), 291–315. https://doi.org/10.1177/1088868320918698
- van Zomeren, M., Postmes, T., & Spears, R. (2008). Toward an integrative social identity model of collective action: A quantitative research synthesis of three socio-psychological perspectives. Psychological Bulletin, 134(4), 504–535. https://doi.org/10.1037/0033-2909.134.4.504