Échelle condensée d’évaluation des symptômes du Memorial (CMSAS)

Découvrez l’Échelle condensée d’évaluation des symptômes du Memorial (CMSAS), un instrument psychométrique ultra-bref de 14 items développé par Chang et collaborateurs (2004) pour évaluer la détresse symptomatique physique et psychologique en oncologie et soins palliatifs.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · octobre 18, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : octobre 18, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
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1. Résumé / Abstract

L’Échelle condensée d’évaluation des symptômes du Memorial (Condensed Memorial Symptom Assessment Scale, ou CMSAS) constitue une déclinaison ultra-brève de référence de la célèbre Memorial Symptom Assessment Scale (MSAS), initialement développée par Portenoy et ses collaborateurs en 1994, puis condensée une première fois sous la forme du MSAS-SF (Short Form). Conçue spécifiquement par Vincent T. Chang, Shirley S. Hwang, B. Kasimis et H. T. Thaler (2004), la CMSAS a été élaborée afin de répondre aux contraintes cliniques aiguës de l’oncologie et des soins palliatifs, contextes dans lesquels l’épuisement physique, l’asthénie sévère et l’altération cognitive des patients rendent l’administration de questionnaires multidimensionnels exhaustifs particulièrement difficile, voire iatrogène en raison de la charge cognitive imposée.

Composée de 14 items soigneusement sélectionnés parmi les 32 symptômes cardinaux du catalogue initial, la CMSAS évalue de manière ciblée la prévalence, la détresse et la fréquence des manifestations symptomatiques les plus invalidantes vécues au cours des sept derniers jours. L’architecture de l’instrument repose sur une approche bidimensionnelle ingénieuse optimisée pour réduire le fardeau du répondant : les symptômes physiques sont quantifiés à travers l’intensité de la détresse psychologique et fonctionnelle qu’ils engendrent (échelle de Likert à 5 points échelonnée de 0,8 à 4,0 après confirmation de la présence du symptôme), tandis que les symptômes psychologiques cardinaux (tristesse, inquiétude, nervosité) sont évalués à travers leur fréquence temporelle d’apparition (cotée de 1 à 4). L’échelle génère deux sous-scores principaux : l’indice physique (CMSAS-PHYS, moyenne des symptômes somatiques majeurs) et l’indice psychologique (CMSAS-PSYCH, moyenne des 3 symptômes affectifs), tout en conservant une concordance métrologique étroite avec l’indice de détresse globale (MSAS Global Distress Index – GDI) et le score total de la version originale.

Sur le plan psychométrique, la CMSAS présente des coefficients de cohérence interne robustes (coefficients alpha de Cronbach généralement compris entre 0,78 et 0,86 selon les sous-échelles et les cohortes de validation), une excellente validité de construit démontrée par des corrélations hautement significatives avec l’indice de performance de Karnofsky (KPS), les échelles de qualité de vie de l’EORTC (QLQ-C30) et la Functional Assessment of Cancer Therapy (FACT), ainsi qu’une sensibilité avérée aux changements de l’état clinique au fil de l’évolution de la maladie maligne.

2. Mots-clés / Keywords

CMSAS, Memorial Symptom Assessment Scale, oncologie, soins palliatifs, fardeau symptomatique, psychométrie, détresse symptomatique, évaluation de la qualité de vie, modèle biopsychosocial, asthénie tumorale, anxiété, dépression, validité de construit, charge d’évaluation.

3. Auteurs / Authors

L’échelle CMSAS a été formalisée, calibrée et validée par une équipe multidisciplinaire de cliniciens-chercheurs et de biostatisticiens de premier plan œuvrant dans le champ de l’oncologie médicale, de la médecine palliative et de la méthodologie quantitative :

  • Vincent T. Chang, M.D. : Médecin oncologue et hématologue, investigateur principal au VA New Jersey Health Care System (East Orange, NJ, États-Unis) et professeur agrégé au département de médecine de la Rutgers New Jersey Medical School. Pionnier des instruments abrégés de mesure du fardeau symptomatique chez les patients gériatriques et oncologiques.
  • Shirley S. Hwang, M.S., R.N., AOCN : Spécialiste clinique en soins infirmiers oncologiques, Section d’hématologie/oncologie du VA New Jersey Health Care System, spécialisée dans la prise en charge de la douleur chronique et le soutien des patients sous chimiothérapie palliative.
  • B. Kasimis, M.D., FACP : Chef du service d’hématologie/oncologie au VA New Jersey Health Care System et professeur de médecine à la Rutgers New Jersey Medical School, Newark, NJ, États-Unis.
  • Helen T. Thaler, Ph.D. : Biostatisticienne émérite au Memorial Sloan Kettering Cancer Center (MSKCC), Department of Epidemiology and Biostatistics, New York, NY, États-Unis. Experte internationale de la méthodologie psychométrique appliquée aux échelles d’évaluation des symptômes cancéreux.

4. Objectif / Purpose

Justification clinique et réduction du fardeau du patient

Le suivi rigoureux de l’état fonctionnel et de la charge symptomatique des patients atteints de pathologies cancéreuses avancées ou de défaillances viscérales terminales représente un impératif éthique et clinique fondamental. Toutefois, la réalité clinique des services d’oncologie active et de soins palliatifs est caractérisée par une vulnérabilité extrême des patients : fatigue écrasante (fatigue liée au cancer), troubles de la concentration, ralentissement psychomoteur, douleurs aiguës et crises de détresse morale. Dans un tel contexte, les outils psychométriques traditionnels comprenant 30 à 60 questions – à l’instar de la version originale de la MSAS comptant 32 symptômes évalués simultanément sous l’angle de la présence, de la fréquence, de la sévérité et de la détresse (représentant parfois plus de 90 décisions cognitives distinctes) – s’avèrent inapplicables ou génèrent un biais majeur de sélection par abandon des patients les plus sévèrement atteints.

L’objectif cardinal de la CMSAS est de surmonter ce dilemme méthodologique et éthique en proposant une mesure de dépistage et de suivi longitudinal ultra-courte (14 items), ne requérant que 2 à 4 minutes d’auto-administration ou d’hétéro-évaluation, tout en conservant une sensibilité clinique et une précision psychométrique équivalentes à celles des versions mères (MSAS et MSAS-SF). L’instrument a été formulé pour capter l’essence même du fardeau global en isolant les prédicteurs symptomatiques les plus prévalents et les plus destructeurs de la qualité de vie.

Applications en recherche et en pratique oncologique

Les finalités d’application de la CMSAS se déploient sur plusieurs niveaux distincts :

  • En pratique clinique courante : Dépistage rapide au fauteuil de chimiothérapie, en hôpital de jour, en consultation d’annonce ou au chevet du patient hospitalisé en unité de soins de support. L’outil sert de système d’alerte clinique (Patient-Reported Outcomes ou PRO) permettant d’orienter immédiatement les interventions pharmacologiques (adaptation des antalgiques, antiémétiques, laxatifs) et non pharmacologiques (soutien psychologique, ergothérapie, conseils diététiques).
  • Dans les essais cliniques prospectifs : Évaluation de la toxicité perçue et de l’efficacité palliative des nouveaux agents anticancéreux, immunothérapies ou protocoles de radiothérapie. La brièveté de la CMSAS garantit un taux exceptionnellement bas de données manquantes (missing data), problème endémique qui invalide fréquemment les essais cliniques de phase III chez les patients au pronostic réservé.
  • En télémédecine et télésurveillance à domicile : Intégration idéale dans les portails patients numériques et les applications mobiles de santé connectée. Grâce à ses 14 items ciblés, le patient ambulatoire peut renseigner son profil symptomatique de manière hebdomadaire sans surmenage, permettant une détection précoce des décompensations physiques ou émotionnelles.

5. Construit psychologique / Construct

Le construit central mesuré par la CMSAS est le fardeau symptomatique perçu multidimensionnel (multidimensional symptom burden). Dans l’épistémologie de la psychométrie médicale, le fardeau symptomatique ne se résume pas à la simple énumération d’anomalies physiologiques ; il intègre l’interaction complexe entre la sensation biologique, le traitement cognitif de la menace et la résonance émotionnelle qui en découle.

La bidimensionnalité pragmatique de la mesure

Conformément aux travaux théoriques de Portenoy et aux raffinements statistiques de Chang et al. (2000, 2004), la CMSAS dissèque la réalité clinique en deux macro-domaines distincts mais corrélés :

1. Le domaine physique et sa composante de détresse (CMSAS-PHYS)

Contrairement aux modèles naïfs qui mesurent uniquement l’intensité ou la fréquence des symptômes somatiques, la CMSAS part du constat empirique que la caractéristique la plus prédictive de la détérioration de la qualité de vie est la détresse subjective (bother or distress) induite par le symptôme. Deux patients peuvent éprouver une nausée d’intensité équivalente sur une échelle analogique, mais l’un peut la trouver gérable tandis que l’autre la vit comme une torture existentielle. La CMSAS évalue 11 items physiques et cognitifs majeurs sous le prisme direct du tourment ressenti :

  • Manque d’énergie (Fatigue/Asthénie) : Évalue l’épuisement profond, central et réfractaire au repos, symptôme le plus prévalent en oncologie.
  • Perte d’appétit (Anorexie) : Reflète le syndrome d’anorexie-cachexie cancéreuse et son retentissement psychologique immédiat.
  • Douleur : Capter la détresse issue des stimuli nociceptifs ou neuropathiques.
  • Sécheresse buccale (Xérostomie) : Conséquence iatrogène majeure des opiacés, anticholinergiques et de la radiothérapie cervico-faciale, altérant la déglutition et la parole.
  • Perte de poids : Marqueur visible de dépérissement physique générant une anxiété corporelle intense.
  • Somnolence : Mesure l’obnubilation sensorielle et l’hypersomnie induite par la maladie ou les analgésiques centraux.
  • Essoufflement (Dyspnée) : Manifestation anxiogène par excellence, signant une menace vitale directe.
  • Constipation : Effet secondaire prédominant des thérapeutiques morphiniques.
  • Difficultés de sommeil (Insomnie) : Altération des rythmes circadiens contribuant au cercle vicieux fatigue-dépression.
  • Difficultés de concentration : Atteinte cognitive légère, souvent désignée sous le terme de « chemobrain ».
  • Nausées : Inconfort digestif haut altérant la prise alimentaire et le bien-être général.

Au sein de ces items, les 10 symptômes somatiques purs (à l’exclusion de la concentration) composent spécifiquement la sous-échelle CMSAS-PHYS.

2. Le domaine psychologique et sa composante fréquentielle (CMSAS-PSYCH)

Pour les manifestations affectives, les auteurs de la MSAS et de la CMSAS ont mis en évidence que l’évaluation de la « détresse » liée à une émotion négative crée une redondance conceptuelle (la tristesse étant par nature une détresse). Par conséquent, c’est la fréquence temporelle d’occurrence (la persistance du symptôme dans le temps au cours de la semaine écoulée) qui discrimine avec la plus haute fidélité le degré de désorganisation psychopathologique. La sous-échelle CMSAS-PSYCH quantifie trois symptômes cardinaux du spectre anxio-dépressif :

  • Inquiétudes (Worrying) : Rumination anxieuse, anticipation négative liée à l’évolution de la maladie et à la mort imminente.
  • Sentiment de tristesse (Feeling sad) : Affect dépressif central, perte de l’élan vital et réactivité émotionnelle émoussée.
  • Sentiment de nervosité (Feeling nervous) : Tension psychomotrice interne, état d’alerte neurovégétatif exacerbé.

6. Cadre théorique / Theoretical Framework

Le modèle biopsychosocial de la maladie

La conception de la CMSAS s’enracine profondément dans le modèle biopsychosocial conceptualisé par George L. Engel (1977). Ce paradigme postule que les manifestations de la maladie humaine ne peuvent être réduites à des dysfonctionnements somatiques isolés, mais émergent d’une dialectique dynamique et permanente entre facteurs biologiques, déterminants psychologiques et environnement relationnel. Dans l’expérience du cancer, un symptôme corporel tel que la douleur chronique ne constitue pas un signal afférent pur : il est amplifié par l’angoisse de récidive, le sentiment de perte d’autonomie et l’isolement social. La CMSAS opérationnalise ce cadre en articulant sur une même matrice des indicateurs physiques de dégradation organique et des indicateurs de détresse existentielle et affective.

La théorie cognitive du stress et du fardeau perceptif

L’échelle s’inspire également de la théorie transactionnelle du stress et du coping élaborée par Richard Lazarus et Susan Folkman (1984). Selon cette perspective, l’impact d’un stresseur interne (le symptôme médical) dépend de l’évaluation primaire qu’en fait l’individu (l’évaluation du préjudice, de la menace et de la perte). En mesurant explicitement « à quel point ce symptôme vous a tourmenté ou dérangé » (bother or distress), la CMSAS ne mesure pas la lésion tissulaire en soi, mais l’évaluation cognitive et le coût adaptatif perçu par le patient face à la perturbation homéostatique.

La théorie des grappes de symptômes (Symptom Clusters)

Enfin, la CMSAS s’inscrit dans le courant contemporain des symptom clusters (grappes de symptômes) développé par Dodd et ses collaborateurs (2001) et Miaskowski (2006). Cette théorie postule que les symptômes chez les malades chroniques ne surviennent jamais de façon isolée mais sous forme d’agrégats synergiques partageant des voies physiopathologiques communes (telles que l’activation des cytokines pro-inflammatoires IL-1, IL-6 et TNF-alpha). Le trio emblématique « Fatigue – Troubles du sommeil – Douleur », étroitement lié au pôle « Dépression – Anxiété », constitue le noyau dur de la CMSAS. En réduisant l’instrument à ces nœuds symptomatiques centraux, l’échelle capture la majeure partie de la variance du déclin fonctionnel global.

7. Validité / Validity

Les propriétés métrologiques de la CMSAS ont fait l’objet d’évaluations rigoureuses publiées notamment dans l’étude princeps de Chang, Hwang, Kasimis et Thaler (2004), portant sur d’importantes cohortes de patients oncologiques ambulatoires et hospitalisés.

Validité de construit et validité convergente

La validité convergente a été démontrée par la confrontation de la CMSAS avec des mesures étalons reconnues de la qualité de vie et de la sévérité clinique :

  • Corrélation avec les versions mères (MSAS et MSAS-SF) : Les scores obtenus à la CMSAS présentent une colinéarité quasi parfaite avec ceux de la MSAS originale. La corrélation de Pearson entre la sous-échelle CMSAS-PHYS et la sous-échelle MSAS-SF PHYS dépasse r = 0,95, tandis que la corrélation entre la CMSAS-PSYCH et la MSAS-SF PSYCH atteint des valeurs comprises entre r = 0,92 et 0,96. De plus, la reconstitution de l’indice de détresse globale (GDI) à partir des items de la CMSAS corrèle à plus de r = 0,93 avec le GDI complet.
  • Corrélation avec l’état général (KPS) : L’indice de performance de Karnofsky (KPS) présente une corrélation inverse statistiquement significative avec la CMSAS-PHYS (généralement r = -0,48 à -0,58, p < 0,001), traduisant fidèlement le fait qu’une baisse de l’autonomie physique s’accompagne d’une exacerbation de la détresse symptomatique somatique.
  • Convergence avec les questionnaires de qualité de vie de l’EORTC et de la FACT : Les sous-échelles de la CMSAS montrent de fortes corrélations négatives avec les dimensions de bien-être physique et émotionnel du Functional Assessment of Cancer Therapy-General (FACT-G) (r variant de -0,60 à -0,74), attestant que l’outil évalue bien les composantes altérant l’existence quotidienne des patients.

Validité discriminante et sensibilité clinique

La CMSAS démontre une remarquable validité par groupes connus (known-groups validity). Elle discrimine avec succès :

  • Les patients hospitalisés comparativement aux patients suivis en consultation externe (scores PHYS et totaux significativement plus élevés chez les hospitalisés, p < 0,001).
  • Les patients recevant des soins à visée purement palliative par rapport à ceux recevant un traitement adjuvant curatif.
  • Les patients présentant une détérioration de leur indice d’état général au cours d’un intervalle de suivi d’un mois, prouvant ainsi la sensibilité au changement (réactivité clinique) de l’instrument.

8. Fidélité / Reliability

Cohérence interne

En dépit d’une réduction drastique du nombre d’items par rapport à l’instrument originel à 32 symptômes, la CMSAS conserve d’excellentes qualités de cohérence interne mesurées par l’alpha de Cronbach :

  • Sous-échelle CMSAS-PHYS (10 items physiques) : Les analyses publiées par Chang et al. (2004) rapportent un coefficient α compris entre 0,78 et 0,83 selon les échantillons d’analyse. Ces valeurs sont remarquablement stables pour une échelle ultra-courte hétérogène regroupant des symptômes somatiques aussi variés que la douleur, la sécheresse buccale ou la diarrhée/constipation.
  • Sous-échelle CMSAS-PSYCH (3 items psychologiques) : Malgré sa composition minimaliste (tristesse, nervosité, inquiétude), cette triade présente une cohérence interne élevée avec un coefficient α oscillant entre 0,80 et 0,85, démontrant la très forte communauté factorielle des symptômes d’affects négatifs.
  • Score Total CMSAS (14 items) : Le coefficient global de cohérence interne dépasse généralement α = 0,86, ce qui démontre la solidité de l’outil pour des utilisations en recherche clinique et en monitorage individuel.

Fidélité test-retest

Dans les sous-groupes de patients oncologiques stables (évalués à 24 ou 48 heures d’intervalle sans modification thérapeutique substantielle), la reproductibilité temporelle évaluée par le coefficient de corrélation intraclasse (CCI) s’élève à des niveaux rigoureux :

  • CMSAS-PHYS : CCI = 0,84 à 0,88.
  • CMSAS-PSYCH : CCI = 0,81 à 0,86.
  • Score global : CCI = 0,87.

9. Analyse factorielle / Factor Analysis

Les investigations psychométriques fondées sur l’analyse factorielle exploratoire (AFE) et l’analyse factorielle confirmatoire (AFC) ont systématiquement validé la structure bi-factorielle orthogonale ou oblique modérée de la CMSAS.

Structure factorielle sous-jacente

Lors de l’application de l’AFE avec rotation oblique (Promax ou Oblimin direct) sur les items de la CMSAS :

  • Facteur 1 : Symptômes somatiques et détresse physique. Ce facteur extrait la plus grande part de variance (variant entre 32 % et 38 % de la variance totale). Les saturations factorielles les plus élevées sont observées pour : le manque d’énergie (λ > 0,72), le manque d’appétit (λ > 0,68), la douleur (λ > 0,64), la somnolence (λ > 0,61) et la perte de poids (λ > 0,55). L’item de détresse respiratoire (essoufflement) sature également solidement sur ce facteur (λ > 0,52).
  • Facteur 2 : Affects négatifs et perturbation psychologique. Ce facteur explique environ 15 % à 20 % de variance supplémentaire. Les trois items psychologiques présentent des saturations massives sur cet axe univoque : sentiment de tristesse (λ = 0,84), sentiment de nervosité (λ = 0,82), et inquiétudes (λ = 0,79). Les saturations croisées sur le facteur somatique sont minimes (< 0,20), confirmant la netteté de la frontière dimensionnelle.

Statut des items cognitifs et transversaux

L’item « Difficultés de concentration » présente une saturation intermédiaire, oscillant selon les cohortes entre le pôle somatique (lié à la fatigue centrale) et le pôle psychologique (lié à l’anxiété et aux ruminations), avec des charges factorielles de l’ordre de 0,40 à 0,45 sur chacun des deux axes. Pour cette raison méthodologique, Chang et al. ont conservé l’item dans le calcul du score global et pour son utilité clinique propre, mais l’ont exclu de la sous-échelle purement physique CMSAS-PHYS.

Les indices d’ajustement en AFC corroborent l’adéquation du modèle bi-factoriel corrélé (avec corrélation inter-facteurs d’environ r = 0,45 à 0,55) : le Comparative Fit Index (CFI) dépasse généralement 0,94, le Tucker-Lewis Index (TLI) est supérieur à 0,92, et le Root Mean Square Error of Approximation (RMSEA) se situe sous le seuil acceptable de 0,06 à 0,07.

10. Instrument de mesure / Instrument

  • Type d’évaluation : Auto-questionnaire patient standardisé (Patient-Reported Outcome – PRO), également administrable en hétéro-évaluation assistée par un professionnel de santé en cas de défaillance fonctionnelle majeure du patient.
  • Format : Formulaire papier-crayon ou interface numérique / tablette / application mobile.
  • Nombre d’items : 14 items distincts (11 items somatiques/cognitifs évalués en détresse, 3 items psychologiques évalués en fréquence).
  • Fenêtre temporelle d’évaluation : Les 7 derniers jours écoulés (« au cours des 7 derniers jours »).
  • Format des réponses et cotation :
    • Items physiques et cognitifs (11 items) :
      • Filtrage initial binaire : Présent (« O » = Oui / « N » = Non). Si le symptôme est absent (« N »), le score attribué est strictement 0.
      • Si le symptôme est présent (« O »), évaluation de la détresse causée sur une échelle de type Likert à 5 paliers avec une métrique en incréments de 0,8 point :
        • Pas du tout (Not at all) = 0,8
        • Un petit peu (A little bit) = 1,6
        • Moyennement (Somewhat) = 2,4
        • Beaucoup (Quite a bit) = 3,2
        • Énormément (Very much) = 4,0
    • Items psychologiques (3 items) :
      • Filtrage initial binaire : Présent (« O » = Oui / « N » = Non). Si absent, le score est 0.
      • Si présent, quantification de la fréquence d’apparition en incréments de 1 point :
        • Rarement (Rarely) = 1
        • Occasionnellement (Occasionally) = 2
        • Fréquemment (Frequently) = 3
        • Presque constamment (Almost constantly) = 4
  • Calcul des sous-échelles :
    • Sous-échelle physique (CMSAS-PHYS) : Moyenne arithmétique des scores des 10 symptômes physiques cibles marqués d’un astérisque (manque d’énergie, manque d’appétit, douleur, sécheresse buccale, perte de poids, somnolence, essoufflement, constipation, difficultés de sommeil, nausées). Score théorique compris entre 0,0 et 4,0.
    • Sous-échelle psychologique (CMSAS-PSYCH) : Moyenne arithmétique des scores des 3 symptômes affectifs (inquiétudes, tristesse, nervosité). Score théorique compris entre 0,0 et 4,0.
    • Score total CMSAS : Moyenne arithmétique des 14 items de l’échelle (score de 0,0 à 4,0), fournissant un reflet fidèle du fardeau global et corrélé étroitement à l’indice MSAS-GDI.

11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year

  • Année de conception et publication princeps : 2004.
  • Auteurs dépositaires : Vincent T. Chang, Shirley S. Hwang, B. Kasimis, et Helen T. Thaler.
  • Droits d’utilisation et licence : L’échelle CMSAS relève du domaine des instruments académiques mis à disposition de la communauté scientifique et hospitalière. Elle est généralement accessible sans frais (gratuite) pour une utilisation clinique non commerciale, pour les soins directs aux patients et dans le cadre de projets de recherche académique biomédicale.
  • Conditions d’utilisation : Toute reproduction, informatisation ou intégration dans des bases de données de recherche requiert la citation explicite et formelle de l’article de validation princeps publié dans la revue Cancer Investigation (Chang et al., 2004). Pour les utilisations commerciales (ex. essais cliniques sponsorisés par l’industrie pharmaceutique ou intégration dans des logiciels propriétaires payants), l’autorisation formelle préalable doit être sollicitée auprès des auteurs ou des ayants droit du Memorial Sloan Kettering Cancer Center.

12. Références / References

  • Chang, V. T., Hwang, S. S., Kasimis, B., & Thaler, H. T. (2004). Shorter Symptom Assessment Instruments: The Condensed Memorial Symptom Assessment Scale (CMSAS). Cancer Investigation, 22(4), 526–536. https://doi.org/10.1081/CNV-200026402
  • Chang, V. T., Hwang, S. S., Feuerman, M., Kasimis, B. S., & Thaler, H. T. (2000). The Memorial Symptom Assessment Scale Short Form (MSAS-SF): Validity and reliability. Cancer, 89(5), 1162–1171. https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/11338755/
  • Engel, G. L. (1977). The need for a new medical model: A challenge for biomedicine. Science, 196(4286), 129–136. https://doi.org/10.1126/science.847460
  • Lazarus, R. S., & Folkman, S. (1984). Stress, appraisal, and coping. Springer Publishing Company.
  • Miaskowski, C. (2006). Patient-controlled risk factors for cancer symptom clusters. Seminars in Oncology Nursing, 22(2), 73–79. https://doi.org/10.1016/j.soncn.2006.01.003
  • Portenoy, R. K., Thaler, H. T., Kornblith, A. B., Lepore, J. M., Friedlander-Klar, H., Coyle, N., Scher, H., Finch, N., Scher, H. I., & Foley, K. M. (1994). The Memorial Symptom Assessment Scale: An instrument for the evaluation of symptom prevalence, characteristics and distress. European Journal of Cancer, 30A(9), 1326–1336. https://doi.org/10.1016/0959-8049(94)90182-4

13. Questions et items du questionnaire / Scale Items

Instructions to respondents: Please answer whether you had each symptom during the past 7 days. If you had the symptom, indicate how much it distressed or bothered you (for physical/cognitive symptoms) or how frequently it occurred (for psychological symptoms).

Part 1: Physical and Cognitive Symptoms

How much did this symptom bother or distress you in the past 7 days?

First indicate if the symptom was present (Yes / No). If No, score = 0.
If Yes, rate the distress from 0 to 4 (scoring weights: Not at all = 0.8, A little bit = 1.6, Somewhat = 2.4, Quite a bit = 3.2, Very much = 4.0).

1. Lack of energy*

  1. [ ] Present: [ ] Yes    [ ] No
  2. If Present, how much did it bother or distress you?
  3.     [0] Not at all (score = 0.8)
  4.     [1] A little bit (score = 1.6)
  5.     [2] Somewhat (score = 2.4)
  6.     [3] Quite a bit (score = 3.2)
  7.     [4] Very much (score = 4.0)

2. Lack of appetite*

  1. [ ] Present: [ ] Yes    [ ] No
  2. If Present, how much did it bother or distress you?
  3.     [0] Not at all (score = 0.8)
  4.     [1] A little bit (score = 1.6)
  5.     [2] Somewhat (score = 2.4)
  6.     [3] Quite a bit (score = 3.2)
  7.     [4] Very much (score = 4.0)

3. Pain*

  1. [ ] Present: [ ] Yes    [ ] No
  2. If Present, how much did it bother or distress you?
  3.     [0] Not at all (score = 0.8)
  4.     [1] A little bit (score = 1.6)
  5.     [2] Somewhat (score = 2.4)
  6.     [3] Quite a bit (score = 3.2)
  7.     [4] Very much (score = 4.0)

4. Dry mouth*

  1. [ ] Present: [ ] Yes    [ ] No
  2. If Present, how much did it bother or distress you?
  3.     [0] Not at all (score = 0.8)
  4.     [1] A little bit (score = 1.6)
  5.     [2] Somewhat (score = 2.4)
  6.     [3] Quite a bit (score = 3.2)
  7.     [4] Very much (score = 4.0)

5. Weight Loss*

  1. [ ] Present: [ ] Yes    [ ] No
  2. If Present, how much did it bother or distress you?
  3.     [0] Not at all (score = 0.8)
  4.     [1] A little bit (score = 1.6)
  5.     [2] Somewhat (score = 2.4)
  6.     [3] Quite a bit (score = 3.2)
  7.     [4] Very much (score = 4.0)

6. Feeling drowsy*

  1. [ ] Present: [ ] Yes    [ ] No
  2. If Present, how much did it bother or distress you?
  3.     [0] Not at all (score = 0.8)
  4.     [1] A little bit (score = 1.6)
  5.     [2] Somewhat (score = 2.4)
  6.     [3] Quite a bit (score = 3.2)
  7.     [4] Very much (score = 4.0)

7. Shortness of breath*

  1. [ ] Present: [ ] Yes    [ ] No
  2. If Present, how much did it bother or distress you?
  3.     [0] Not at all (score = 0.8)
  4.     [1] A little bit (score = 1.6)
  5.     [2] Somewhat (score = 2.4)
  6.     [3] Quite a bit (score = 3.2)
  7.     [4] Very much (score = 4.0)

8. Constipation*

  1. [ ] Present: [ ] Yes    [ ] No
  2. If Present, how much did it bother or distress you?
  3.     [0] Not at all (score = 0.8)
  4.     [1] A little bit (score = 1.6)
  5.     [2] Somewhat (score = 2.4)
  6.     [3] Quite a bit (score = 3.2)
  7.     [4] Very much (score = 4.0)

9. Difficulty sleeping*

  1. [ ] Present: [ ] Yes    [ ] No
  2. If Present, how much did it bother or distress you?
  3.     [0] Not at all (score = 0.8)
  4.     [1] A little bit (score = 1.6)
  5.     [2] Somewhat (score = 2.4)
  6.     [3] Quite a bit (score = 3.2)
  7.     [4] Very much (score = 4.0)

10. Difficulty concentrating

  1. [ ] Present: [ ] Yes    [ ] No
  2. If Present, how much did it bother or distress you?
  3.     [0] Not at all (score = 0.8)
  4.     [1] A little bit (score = 1.6)
  5.     [2] Somewhat (score = 2.4)
  6.     [3] Quite a bit (score = 3.2)
  7.     [4] Very much (score = 4.0)

11. Nausea*

  1. [ ] Present: [ ] Yes    [ ] No
  2. If Present, how much did it bother or distress you?
  3.     [0] Not at all (score = 0.8)
  4.     [1] A little bit (score = 1.6)
  5.     [2] Somewhat (score = 2.4)
  6.     [3] Quite a bit (score = 3.2)
  7.     [4] Very much (score = 4.0)

*Note: Symptoms marked with an asterisk (*) are averaged to compute the CMSAS-PHYS subscale.

Part 2: Psychological Symptoms

How frequently did these symptoms occur during the last week?

First indicate if the symptom was present (Yes / No). If No, score = 0.
If Yes, rate the frequency from 1 to 4 (Rarely = 1, Occasionally = 2, Frequently = 3, Almost constantly = 4).

12. Worrying

  1. [ ] Present: [ ] Yes    [ ] No
  2. If Present, how frequently did it occur?
  3.     [1] Rarely (score = 1.0)
  4.     [2] Occasionally (score = 2.0)
  5.     [3] Frequently (score = 3.0)
  6.     [4] Almost constantly (score = 4.0)

13. Feeling sad

  1. [ ] Present: [ ] Yes    [ ] No
  2. If Present, how frequently did it occur?
  3.     [1] Rarely (score = 1.0)
  4.     [2] Occasionally (score = 2.0)
  5.     [3] Frequently (score = 3.0)
  6.     [4] Almost constantly (score = 4.0)

14. Feeling nervous

  1. [ ] Present: [ ] Yes    [ ] No
  2. If Present, how frequently did it occur?
  3.     [1] Rarely (score = 1.0)
  4.     [2] Occasionally (score = 2.0)
  5.     [3] Frequently (score = 3.0)
  6.     [4] Almost constantly (score = 4.0)

Note: The average of symptoms 12, 13, and 14 computes the CMSAS-PSYCH subscale.

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Citer cet article

Looti, M. (2026, octobre 18). Échelle condensée d’évaluation des symptômes du Memorial (CMSAS). Base de données de psychologie en français. https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=echelle-condensee-evaluation-symptomes-memorial-cmsas
Looti, Mohammed. “Échelle condensée d’évaluation des symptômes du Memorial (CMSAS).” Base de données de psychologie en français, 18 octobre 2026, https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=echelle-condensee-evaluation-symptomes-memorial-cmsas.
Looti, Mohammed. “Échelle condensée d’évaluation des symptômes du Memorial (CMSAS).” Base de données de psychologie en français. octobre 18, 2026. https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=echelle-condensee-evaluation-symptomes-memorial-cmsas.