Échelle des comportements et des attitudes face à l’alcool au volant (BADDS)

L’Échelle des comportements et des attitudes face à l’alcool au volant (BADDS) est un instrument psychométrique de 43 items évaluant les rationalisations, les attitudes permissives et les conduites associées à la conduite avec facultés affaiblies.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · octobre 15, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : octobre 15, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
Critères d'évaluation et normes cliniques

Ce contenu fait l'objet d'un examen scientifique rigoureux et de normes éditoriales médicales afin de garantir l'exactitude clinique et la conformité aux directives fondées sur des preuves (APA / OMS).

1. Résumé / Abstract

L’Échelle des comportements et des attitudes face à l’alcool au volant (couramment désignée sous l’acronyme BADDS, pour Behaviors & Attitudes Drinking & Driving Scale) constitue un instrument d’évaluation psychométrique standardisé composé de 43 items principaux, conçu pour explorer, quantifier et suivre les représentations cognitives, les attitudes permissives et les conduites effectives associées à la conduite sous l’emprise de l’alcool. Administrable individuellement ou en passation collective au format papier-crayon en une dizaine de minutes, l’outil s’adresse aux individus âgés de 18 ans et plus disposant d’un niveau de lecture minimal équivalent au niveau primaire supérieur (3.1 reading grade level selon les critères pédagogiques nord-américains).

L’architecture psychométrique du BADDS s’articule autour de cinq sous-échelles complémentaires : les rationalisations de la conduite en état d’ébriété (Rationalizations for Drinking and Driving, RD), les attitudes indulgentes ou laxistes envers ce comportement (Lenient Attitudes toward Drinking and Driving, LA), la probabilité subjective perçue de conduire après avoir consommé de l’alcool (Likelihood of Drinking and Driving, LD), les comportements personnels de conduite avec facultés affaiblies au cours du dernier mois (Drinking and Driving Behaviors, DB) et les comportements de passager avec un conducteur ayant consommé de l’alcool (Riding Behaviors with a Drinking Driver, RB). Les trois premières échelles exploitent des formats de réponse de type Likert en 5 points, tandis que les deux dernières quantifient la fréquence comportementale sur le mois écoulé au moyen de sous-questions ciblées. Seize items contextuels supplémentaires documentent l’historique de consommation et le niveau de sensibilisation, complétés par cinq variables sociodémographiques.

Développé initialement pour évaluer l’impact psychoéducatif de dispositifs de simulation tels que les lunettes d’ébriété Fatal Vision, le test démontre une fidélité interne et temporelle satisfaisante, ainsi qu’une validité convergente et discriminante robuste, notamment illustrée par des corrélations significatives avec les échelles de mésusage du Substance Abuse Subtle Screening Inventory-3 (SASSI-3). Les profils de scores permettent une catégorisation diagnostique en trois niveaux de sévérité (faible, modéré, élevé) et fournissent une grille d’analyse pré-test/post-test particulièrement adaptée au monitorage clinique, correctionnel et préventif.

2. Mots-clés / Keywords

Alcool au volant, BADDS, attitudes face au risque, rationalisation cognitive, sécurité routière, psychométrie, évaluation pré-post intervention, conduite avec facultés affaiblies, prévention des addictions, validité psychométrique.

3. Auteurs / Authors

Le développement de l’Échelle des comportements et des attitudes face à l’alcool au volant (BADDS) et de sa version préliminaire, l’Attitudes on Drinking and Driving Scale (ADDS), est issu de travaux de recherche appliquée conduits dans le cadre de l’évaluation de programmes d’intervention sur la sécurité routière et la prévention des toxicomanies aux États-Unis. Les programmes expérimentaux initiaux visaient notamment à évaluer l’impact psychoéducatif d’outils d’immersion sensorielle simulant l’intoxication alcoolique (Fatal Vision goggles), promus au sein d’initiatives communautaires, scolaires et judiciaires.

Les données normatives et les manuels techniques d’administration, de cotation et de profilage clinique ont été standardisés et distribués par des organismes spécialisés dans l’évaluation psychologique appliquée à la justice pénale et au traitement des dépendances. L’assistance méthodologique et le soutien technique relatifs au système d’évaluation sont historiquement centralisés auprès des éditeurs du test et de plates-formes dédiées à l’évaluation des contrevenants routiers (programmes DUI/DWI).

4. Objectif / Purpose

L’objectif fondamental de l’Échelle BADDS est de fournir aux cliniciens, chercheurs, formateurs et intervenants du milieu judiciaire une mesure standardisée, rapide et sensible des facteurs cognitifs, attitudinaux et comportementaux qui précipitent ou perpétuent la conduite en état d’ébriété. Conduire un véhicule motorisé sous l’influence de l’éthanol demeure l’une des principales causes de morbidité et de mortalité évitables à l’échelle mondiale, générant des coûts sociosanitaires considérables et décimant particulièrement les cohortes de jeunes adultes (Hingson & Winter, 2003 ; Hingson et al., 2005). Malgré des campagnes de sensibilisation intensives et un durcissement des sanctions légales, une fraction substantielle de conducteurs persiste à adopter ces comportements à haut risque en raison de biais d’évaluation, d’une minimisation des dangers et de mécanismes sophistiqués de neutralisation morale.

Sur le plan clinique et diagnostique, le BADDS permet d’objectiver le profil de risque d’un individu en décomposant les déterminants psychologiques sous-jacents : tolérance cognitive envers les comportements illégaux, propension à inventer des justifications situationnelles, perception subjective de sa propre vulnérabilité et antécédents récents de prise de risque direct ou indirect. Cette granularité permet de dépasser la simple mesure binaire « boit / ne boit pas au volant » pour identifier précisément les leviers cognitifs sur lesquels faire porter la relation d’aide ou le travail thérapeutique.

Sur le plan psychoéducatif et évaluatif, l’outil a été spécifiquement calibré pour mesurer l’efficacité différentielle des programmes de prévention primaire, secondaire et tertiaire selon un paradigme d’évaluation pré-test / post-test. La feuille de profilage standardisée permet de confronter directement les scores obtenus avant l’entrée dans un programme de sensibilisation (par exemple, des ateliers de simulation d’ébriété, des cours de réhabilitation pour contrevenants condamnés pour DUI ou des modules de réduction des méfaits en milieu universitaire) aux scores post-intervention. Une feuille complémentaire d’évaluation de changement de groupe (Class/Group Change Assessment sheet) offre en outre la possibilité de calculer les moyennes globales, le différentiel moyen et le pourcentage global d’amélioration d’une cohorte, fournissant ainsi des indicateurs de résultat indispensables à l’assurance-qualité des programmes de santé publique.

5. Construit psychologique / Construct

Le construit psychologique appréhendé par le BADDS est multidimensionnel. Il postule que la décision de conduire sous l’emprise de l’alcool ne résulte pas d’un simple déficit d’information, mais d’une interaction dynamique entre des schémas cognitifs de rationalisation, un système d’attitudes permissives, des intentions comportementales contingentes et des répertoires de conduites passées. L’instrument opérationnalise ce construit à travers cinq dimensions corrélées mais conceptuellement distinctes :

1. Rationalisations de la conduite avec facultés affaiblies (RD – Rationalizations for Drinking and Driving)

Cette dimension évalue l’adhésion du sujet à des justifications cognitives typiques mobilisées pour légitimer ou minimiser la gravité de la conduite après avoir bu. Ces rationalisations opèrent comme des boucliers psychologiques protégeant l’estime de soi contre la culpabilité ou la dissonance cognitive. Elles incluent des arguments tels que l’obligation impérieuse de rentrer chez soi (« Je n’avais pas d’autre moyen de transport »), la surestimation illusoire de ses compétences de contrôle (« Je conduis plus prudemment et plus lentement quand j’ai bu ») ou la brièveté du trajet (« Le trajet ne faisait que quelques kilomètres »).

2. Attitudes indulgentes envers l’alcool au volant (LA – Lenient Attitudes toward Drinking and Driving)

La sous-échelle LA capture la bienveillance, la tolérance sociale et le laxisme normatif de l’individu à l’égard de la conduite sous alcool, tant chez lui-même que chez autrui. Un score élevé sur cette échelle traduit l’adhésion à des normes permissives considérant que prendre le volant après plusieurs verres fait partie intégrante de la sociabilité, ne constitue pas un comportement moralement condamnable ou ne mérite pas de sanctions pénales rigoureuses.

3. Probabilité perçue de conduire en état d’ébriété (LD – Likelihood of Drinking and Driving)

Cette dimension opérationnalise l’intention comportementale conditionnelle. Elle interroge la disposition auto-évaluée du participant à se retrouver en situation de conduite après avoir consommé de l’alcool au cours de contextes futurs potentiels (par exemple, lors de fêtes, de célébrations professionnelles ou en l’absence de capitaine de soirée désigné). Cette échelle mesure le franchissement prévisible du seuil d’inhibition comportementale.

4. Comportements récents de conduite sous alcool (DB – Drinking and Driving Behaviors)

Contrairement aux trois premières dimensions axées sur les attitudes et intentions, l’échelle DB est un indicateur comportemental direct. Elle quantifie précisément le nombre d’occurrences au cours des trente derniers jours où le répondant a effectivement conduit un véhicule motorisé après avoir consommé une quantité d’alcool suffisante pour altérer ses réflexes ou dépasser le seuil légal.

5. Comportements de passager avec un conducteur alcoolisé (RB – Riding Behaviors with a Drinking Driver)

Cette sous-échelle évalue la prise de risque par procuration ou acceptation passive du risque, en chiffrant le nombre de fois où le sujet a pris place, en tant que passager, dans un véhicule conduit par une personne sous l’influence manifeste de l’alcool au cours du dernier mois. Cette dimension est cruciale chez les adolescents et jeunes adultes qui s’exposent fréquemment à des traumatismes sévères sans être eux-mêmes au volant.

6. Cadre théorique / Theoretical Framework

Le BADDS prend racine à la croisée de plusieurs courants théoriques majeurs de la psychologie de la santé, de la psychologie sociale cognitive et de la criminologie contemporaine. Son ancrage conceptuel repose principalement sur trois modèles de référence :

La Théorie du Comportement Planifié (Ajzen)

Selon la Théorie du Comportement Planifié d’Icek Ajzen (1991), le déterminant le plus immédiat de l’action est l’intention comportementale, elle-même modulée par trois composantes : l’attitude envers le comportement, les normes subjectives perçues et le contrôle comportemental perçu. Le BADDS opérationnalise cette architecture : les échelles Lenient Attitudes (LA) et Rationalizations (RD) reflètent la valence attitudinale et normative du sujet, tandis que l’échelle Likelihood of Drinking and Driving (LD) constitue l’expression directe de l’intention comportementale. Les recherches démontrent de manière constante que des attitudes favorables et une désinhibition perçue augmentent directement la probabilité de passage à l’acte.

La Théorie de la Neutralisation (Sykes & Matza) et le Désengagement Moral (Bandura)

La sous-échelle Rationalizations for Drinking and Driving (RD) s’inspire directement des techniques de neutralisation identifiées en sociologie de la déviance par Gresham Sykes et David Matza (1957), enrichies par les travaux d’Albert Bandura sur le désengagement moral (Bandura, 1999). Les individus qui enfreignent la loi ou les normes de sécurité routière n’adhèrent généralement pas à des valeurs criminelles absolues ; ils recourent à des distorsions cognitives temporaires pour suspendre la sanction morale interne :

  • Le déni du préjudice : conviction que tant qu’aucun accident ne se produit, le comportement n’est pas répréhensible.
  • L’invocation de loyautés supérieures : obligation d’aider un ami ou d’honorer un engagement professionnel.
  • La nécessité situationnelle : absence supposée d’alternatives viables pour regagner son domicile.

Le Modèle des Croyances relatives à la Santé (Health Belief Model)

Développé par Rosenstock et ses collègues, ce modèle stipule que l’engagement dans une conduite de précaution dépend de la perception de la vulnérabilité individuelle et de la gravité perçue des conséquences. Chez les conducteurs à haut risque, la perception du risque d’interception par les forces de l’ordre ou d’accident corporel est fortement émoussée par l’illusion de contrôle et l’effet pharmacologique désinhibiteur de l’alcool, un phénomène que le BADDS documente à travers ses sous-échelles attitudinales et prédictives.

7. Validité / Validity

La validité psychométrique du BADDS a fait l’objet d’investigations approfondies documentées dans le manuel technique de l’instrument, reposant sur l’analyse de cohortes agrégées issues de milieux diversifiés (étudiants universitaires, conducteurs condamnés pour conduite en état d’ébriété, contrevenants des tribunaux de la circulation et patients admis en centres de traitement des troubles liés à l’usage de substances).

Validité de construit et validité par groupes contrastés

Les analyses par groupes connus (known-groups validity) attestent d’une discrimination robuste entre les buveurs et les non-buveurs. En scindant les échantillons en données dichotomisées (« buveurs » vs « non-buveurs »), les résultats démontrent de façon hautement significative que les abstinents obtiennent des scores systématiquement et considérablement plus bas sur l’ensemble des sous-échelles du BADDS comparativement aux consommateurs réguliers d’alcool. De surcroît, les items évaluant les seuils perçus de sécurité au volant révèlent des divergences structurales majeures : les buveurs tolèrent des seuils d’alcoolémie perçus comme « acceptables » pour conduire significativement supérieurs à ceux tolérés par les non-buveurs.

La catégorisation des scores en trois niveaux (faible, modéré, élevé) met en évidence une ségrégation nette des profils. À titre d’illustration, au sein d’une cohorte de 325 participants classés dans la catégorie supérieure (« risque élevé ») de la sous-échelle des rationalisations (RD), 87 % appartenaient au groupe des buveurs réguliers, confirmant que le recours systématique aux alibis cognitifs est presque exclusivement l’apanage des individus exposés activement à la consommation alcoolique.

Validité convergente et critérielle

La validité convergente du BADDS a été corroborée par sa confrontation avec des étalons de mesure standardisés de l’addiction, au premier rang desquels figure le Substance Abuse Subtle Screening Inventory-3 (SASSI-3). Des corrélations positives statistiquement significatives ont été établies entre les trois niveaux de classification de chaque sous-échelle du BADDS et la probabilité d’un diagnostic positif de trouble lié à l’usage de substances selon les critères du SASSI-3. Plus spécifiquement, des relations linéaires robustes ont été documentées avec trois échelles critiques de mésusage de ce même inventaire. De surcroît, les sujets classés au niveau de sévérité le plus haut sur les sous-échelles du BADDS présentaient une prévalence significativement accrue de conduite sous l’emprise de substances psychoactives illicites autres que l’alcool (drogues de synthèse, cannabis, sédatifs).

Considérations critiques relatives à la taille d’effet

Une lecture critique des données psychométriques (Nunnally & Bernstein, 1994 ; Foster & Cone, 1995) invite toutefois à une prudence herméneutique. Plusieurs études de validation reposent sur des échantillons de grande envergure (n = 572 à 1 850 individus). Dans de telles conditions statistiques, des coefficients de corrélation faibles atteignent facilement le seuil de significativité p < .05 tout en ne rendant compte que d’une part de variance partagée minime, parfois de l’ordre de 2 %. De même, certains tests d’association par khi-deux, bien que significatifs, présentent des tailles d’effet restreintes qu’il convient de contextualiser dans la pratique clinique individuelle.

8. Fidélité / Reliability

La fiabilité métrologique de l’instrument est étayée par des indices de cohérence interne et des coefficients de fidélité test-retest compilés dans le manuel officiel du test. L’examen de la documentation psychométrique révèle les caractéristiques suivantes :

Cohérence interne (Alpha de Cronbach)

Les trois principales échelles d’attitudes et de rationalisations (RD, LA, LD), mesurées par des formats d’items continus de type Likert en 5 points, affichent une consistance interne globale satisfaisante. Les valeurs d’alpha de Cronbach rapportées dans les différentes cohortes de standardisation se situent généralement dans un intervalle compris entre 0,78 et 0,89, témoignant d’une homogénéité satisfaisante des énoncés tout en préservant la spécificité des dimensions respectives. La sous-échelle de rationalisation (RD) présente régulièrement les coefficients d’homogénéité les plus élevés (> 0,85), ce qui reflète la cohérence unitaire du système de défense cognitive entourant la conduite avec facultés affaiblies.

Stabilité temporelle (Fidélité test-retest)

Les protocoles de test-retest administrés à des intervalles variant de deux à quatre semaines au sein d’échantillons témoins n’ayant fait l’objet d’aucune intervention psychoéducative démontrent des coefficients de corrélation temporelle élevés (r compris entre 0,75 et 0,84 pour les échelles composites), attestant que les attitudes et les rationalisations mesurées représentent des dispositions relativement stables dans le temps en l’absence de traitement ciblé.

Limites méthodologiques des sources documentaires

Une réserve scientifique majeure soulignée par les évaluateurs indépendants réside dans la nature des publications soutenant ces données de fidélité. Sur les sept références citées dans le manuel technique, quatre proviennent de rapports internes de données brutes non publiés et une est issue d’un mémoire de maîtrise universitaire non révisé par les pairs. En outre, l’une des rares publications académiques indépendantes a omis l’échelle des attitudes indulgentes (LA) de son protocole analytique, limitant la réplicabilité documentaire indépendante de l’ensemble de la batterie.

9. Analyse factorielle / Factor Analysis

La structure dimensionnelle du BADDS s’appuie sur une modélisation théorique a priori distinguant les composantes cognitives justificatives, les normes de tolérance, la prédiction subjective et les fréquences comportementales effectives. Les analyses factorielles exploratoires (AFE) et confirmatoires (AFC) mentionnées dans la littérature psychométrique apportent des éclairages contrastés sur l’architecture du test :

Analyses Factorielles Exploratoires (AFE)

Lors des extractions factorielles initiales par la méthode des composantes principales avec rotation oblique (Promax ou Oblimin), les items des échelles attitudinales se structurent principalement autour de trois facteurs dominants :

  • Facteur 1 : Justification et alibis situationnels (RD) : Les items capturant les excuses basées sur l’obligation perçue, la minimisation du risque et la pseudo-maîtrise motrice saturent lourdement sur ce premier axe avec des poids factoriels excédant généralement 0,55.
  • Facteur 2 : Tolérance normative et permissivité sociale (LA) : Ce facteur regroupe les énoncés évaluant l’indulgence face aux pairs qui conduisent alcoolisés et l’opposition perçue à la sévérité législative.
  • Facteur 3 : Projection de passage à l’acte (LD) : Les items conditionnels évaluant la propension auto-déclarée à reprendre le volant saturent distinctement sur ce troisième facteur.

Les indicateurs comportementaux purs (DB et RB), constitués d’occurrences quantitatives déclarées au cours des 30 derniers jours, forment des indices factuels distincts qui ne s’agrègent pas mécaniquement aux facteurs latents continus, confirmant leur statut de variables de comportement effectif plutôt que de traits d’attitude latente.

Analyses Factorielles Confirmatoires (AFC) et lacunes structurelles

Les modélisations en équations structurelles confirment que le modèle corrélé à facteurs multiples surpasse systématiquement le modèle unidimensionnel global, validant l’utilité clinique d’extraire des sous-scores séparés au lieu d’une note unique indistincte. Les corrélations inter-facteurs sont modérées à fortes (r variant de 0,42 à 0,68), indiquant que ces facettes relèvent d’un méta-construit commun de vulnérabilité à l’alcool au volant tout en préservant une variance spécifique.

Néanmoins, plusieurs commentateurs experts soulignent que la stabilité factorielle n’a pas été suffisamment testée de façon invariante à travers les sous-groupes démographiques (notamment selon le sexe et l’origine ethnique). Bien que les analyses bivariées révèlent que les hommes obtiennent des scores moyens systématiquement plus élevés que les femmes sur RD, LA et LD, les coefficients d’invariance de mesure (invariance métrique et scalaire stricte) n’ont pas été formellement établis dans les manuels, ce qui milite pour des investigations factorielles complémentaires sur des cohortes représentatives élargies.

10. Instrument de mesure / Instrument

Le protocole de passation et de dépouillement du BADDS a été standardisé sous une forme logistique ergonomique visant une intégration aisée en contextes cliniques, judiciaires ou pédagogiques :

  • Nature de l’outil : Questionnaire psychométrique auto-administré, format papier-crayon individuel ou collectif.
  • Volume d’items :
    • 43 items d’attitudes, rationalisations et comportements répartis sur les 5 sous-échelles ;
    • 16 items complémentaires explorant l’historique de consommation, le degré de conscience personnelle et les expériences passées liées à l’alcool ;
    • 5 items sociodémographiques (sexe, âge, appartenance ethnoculturelle, niveau d’études le plus élevé, situation matrimoniale).
  • Format des réponses :
    • Sous-échelles RD, LA et LD : Échelles de cotation de type Likert en 5 points (variant d’un désaccord absolu à un accord total, ou d’une probabilité nulle à une probabilité très élevée) ;
    • Sous-échelles DB et RB : Deux questions pivots composées chacune de deux sous-questions numériques documentant le nombre exact de fois où le comportement s’est produit au cours du mois écoulé.
  • Support de réponse et profilage : Feuille de passation recto-verso unique. La correction s’opère sur une feuille de profilage dédiée : le recto sert au tracé du profil initial (pré-test), tandis que le verso est configuré pour l’évaluation post-intervention (post-test).
  • Calcul des scores et catégorisation : Les scores bruts de chaque dimension sont convertis en catégories normatives à trois niveaux : Faible (Low), Modéré (Moderate), et Élevé (High).
  • Outils de suivi collectif : Utilisation d’une feuille de synthèse de groupe (Class/Group Change Assessment sheet) permettant de consigner les moyennes d’une classe, de calculer l’écart différentiel pré/post et de dégager le pourcentage global d’amélioration thérapeutique ou éducative.

11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year

L’Échelle BADDS a été introduite dans sa structure actuelle à la fin des années 1990 et formalisée au début des années 2000 à la suite des premiers travaux menés sur l’échelle ancêtre ADDS (Attitudes on Drinking and Driving Scale). L’instrument relève de la propriété intellectuelle exclusive de ses concepteurs et éditeurs spécialisés en matériel psychométrique légal et addictologique.

L’utilisation clinique, institutionnelle ou judiciaire de l’outil est soumise à l’acquisition du manuel technique officiel et des protocoles de passation et feuilles de profilage protégés par le droit d’auteur. Des services d’assistance technique, téléphonique et web sont traditionnellement proposés par les distributeurs agréés pour guider le scoring et l’interprétation. Les équipes de recherche académique souhaitant utiliser le BADDS dans le cadre d’études expérimentales non lucratives doivent solliciter une autorisation formelle auprès des détenteurs des droits pour obtenir les formulaires autorisés.

12. Références / References

Les sources académiques et méthodologiques encadrant le développement, l’usage et l’évaluation critique du BADDS incluent les travaux suivants :

  • Ajzen, I. (1991). The theory of planned behavior. Organizational Behavior and Human Decision Processes, 50(2), 179-211. https://doi.org/10.1016/0749-5978(91)90020-T
  • Bandura, A. (1999). Moral disengagement in the perpetration of inhumanities. Personality and Social Psychology Review, 3(3), 193-209. https://doi.org/10.1207/s15327957pspr0303_3
  • Engs, R. C. (1975). The Student Alcohol Questionnaire. Bloomington, IN: Department of Health and Safety Education, Indiana University.
  • Foster, S. L., & Cone, J. D. (1995). Validity issues in clinical assessment. Psychological Assessment, 7(3), 248-260. https://doi.org/10.1037/1040-3590.7.3.248
  • Hingson, R., Heeren, T., Winter, M., & Wechsler, H. (2005). Magnitude of alcohol-related mortality and morbidity among U.S. college students ages 18-24: Changes from 1998-2001. Annual Review of Public Health, 26, 259-279. https://doi.org/10.1146/annurev.publhealth.26.021304.144652
  • Hingson, R., & Winter, M. (2003). Epidemiology and consequences of drinking and driving. Alcohol Research & Health, 27(1), 63-78.
  • Jacobson, N. S., Roberts, L. J., Berns, S. B., & McGlinchey, J. B. (1999). Methods of defining and determining clinical significance of treatment effects: Description, application, and alternatives. Journal of Consulting and Clinical Psychology, 67(3), 300-309. https://doi.org/10.1037/0022-006X.67.3.300
  • Nunnally, J. C., & Bernstein, I. H. (1994). Psychometric theory (3rd ed.). New York, NY: McGraw-Hill.
  • Sykes, G. M., & Matza, D. (1957). Techniques of neutralization: A theory of delinquency. American Sociological Review, 22(6), 664-670. https://doi.org/10.2307/2089195
  • Vogt, D. S., King, D. W., & King, L. A. (2004). Focus groups in psychological assessment: Enhancing content validity by consulting members of the target population. Psychological Assessment, 16(3), 231-243. https://doi.org/10.1037/1040-3590.16.3.231

13. Questions et items du questionnaire / Scale Items

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :
Instructions / Directions: Read each statement carefully and select the rating that best reflects your honest opinion or your behavior during the past month.
Response Scale: 5-point Likert scale (1 = Strongly Disagree to 5 = Strongly Agree for RD and LA; 1 = Very Unlikely to 5 = Very Likely for LD; frequency counts for DB and RB)
1

The BADDS is a proprietary 43-item assessment published by The Change Companies. Sample subscale items and core operational questions include:
1

If I only have to drive a short distance, drinking a few beers won't matter.
2

People who know how to handle their liquor can drive safely after drinking.
3

I can drive safely after drinking as long as I drive slowly and carefully.
4

Police should spend more time catching real criminals instead of stopping people who have had a couple of drinks.
5

People who get caught driving after drinking are just unlucky.
6

Driving after drinking is acceptable if there is no other way to get home.
7

How likely is it that you would drive after having 3 or 4 drinks at a party?
8

How likely is it that you would drive home from a bar after drinking alcohol?
9

In the past 30 days, how many times have you driven a motor vehicle after drinking any amount of alcohol?
10

In the past 30 days, how many times have you driven when you felt you were legally intoxicated or impaired?
11

In the past 30 days, how many times have you ridden as a passenger with a driver who had been drinking alcohol?
12

In the past 30 days, how many times have you ridden with a driver you thought was intoxicated or impaired?
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Looti, M. (2026, octobre 15). Échelle des comportements et des attitudes face à l’alcool au volant (BADDS). Base de données de psychologie en français. https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=echelle-comportements-attitudes-alcool-volant-badds
Looti, Mohammed. “Échelle des comportements et des attitudes face à l’alcool au volant (BADDS).” Base de données de psychologie en français, 15 octobre 2026, https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=echelle-comportements-attitudes-alcool-volant-badds.
Looti, Mohammed. “Échelle des comportements et des attitudes face à l’alcool au volant (BADDS).” Base de données de psychologie en français. octobre 15, 2026. https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=echelle-comportements-attitudes-alcool-volant-badds.