Échelle des actes courants de harcèlement et d’agression sexuelle dans les environnements de consommation d’alcool (C-SHADE)

L’échelle C-SHADE (Common Acts of Sexual Harassment and Aggression in Drinking Environments Scale), développée par Graham et al. en 2023, mesure la perpétration d’agressions et de harcèlement sexuels par des hommes envers des femmes dans les bars et discothèques. Analyse psychométrique complète, validité et cotation.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · octobre 14, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : octobre 14, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
Critères d'évaluation et normes cliniques

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1. Résumé / Abstract

L’Échelle des actes courants de harcèlement et d’agression sexuelle dans les environnements de consommation d’alcool (en anglais : Common Acts of Sexual Harassment and Aggression in Drinking Environments Scale, ou C-SHADE), développée par Kathryn Graham et ses collaborateurs en 2023, constitue un instrument psychométrique novateur conçu spécifiquement pour quantifier la perpétration d’agressions sexuelles (AS) commises par des hommes envers des femmes au sein d’établissements servant des boissons alcoolisées (bars, discothèques, pubs). Contrairement aux échelles traditionnelles d’agression sexuelle qui se concentrent fréquemment sur des contextes intimes ou des actes pénalement sévères (ex. viol, coercition verbale répétée au sein du couple), la C-SHADE cible un spectre de comportements invasifs et banalisés survenant typiquement entre personnes non intimes dans les espaces de loisirs nocturnes.

L’instrument a été élaboré sur la base d’observations directes et systématiques d’incidents réels en milieu de bar par des observateurs-chercheurs, de témoignages détaillés recueillis auprès de cibles féminines et d’une analyse rigoureuse de la littérature consacrée aux agressions en contexte festif. La C-SHADE comporte 10 items évaluant trois grands registres de conduites : le harcèlement sexuel sans contact physique, les contacts physiques non consentis et la persistance intrusive après un refus explicite ou implicite. Dans chaque vignette ou énoncé, les cibles sont des inconnues, garantissant ainsi l’évaluation de conduites où l’absence de consentement mutuel préalable est manifeste.

Validée auprès d’un échantillon d’hommes jeunes adultes âgés de 19 à 25 ans résidant au Canada et ayant fréquenté des bars au cours des six mois précédant la pandémie de COVID-19, l’échelle présente une structure strictement unifactorielle expliquant 75 % de la variance totale. Les propriétés psychométriques rapportées sont remarquables : une cohérence interne de tout premier ordre (alpha de Cronbach de .96), une validité convergente confirmée par des associations significatives avec la consommation d’alcool, l’adhésion à des normes tolérant les agressions et les attentes relatives aux effets désinhibiteurs de l’alcool, ainsi qu’une excellente validité discriminante vis-à-vis des échelles généralistes telles que la Modified Sexual Experiences Survey (M-SES).

2. Mots-clés / Keywords

Environnements de consommation d’alcool, harcèlement sexuel, agression sexuelle, perpétration masculine, relations hommes-femmes, bars et discothèques, contact physique non consenti, comportements antisociaux, psychométrie, alcool et sexualité, validité convergente, cohérence interne, évaluation des interventions, jeunes adultes.

3. Auteurs / Authors

Auteurs principaux

  • Kathryn Graham, Ph.D. : Centre for Addiction and Mental Health (CAMH), Campbell Family Mental Health Research Institute, Institute for Mental Health Policy Research, London, Ontario, Canada ; Department of Psychology, Western University, Canada. Identifiant ORCID : 0000-0003-3318-3598. Courriel institutionnel : [email protected].
  • Sharon Bernards, M.A. : Centre for Addiction and Mental Health, Campbell Family Mental Health Research Institute, Institute for Mental Health Policy Research, London, Ontario, Canada.
  • Antonia Abbey, Ph.D. : Wayne State University, Department of Psychology, Detroit, Michigan, États-Unis. Identifiant ORCID : 0000-0002-5448-4659.
  • Charlene Y. Senn, Ph.D. : University of Windsor, Department of Psychology & Women’s and Gender Studies, Windsor, Ontario, Canada.
  • Tara M. Dumas, Ph.D. : Huron University College at Western University, Department of Psychology, London, Ontario, Canada.
  • AnnaLise Trudell, Ph.D. : Anova, London, Ontario, Canada.
  • Peter D. Donnelly, M.D., Ph.D. : University of Toronto, Dalla Lana School of Public Health, Toronto, Ontario, Canada.
  • Samantha Wells, Ph.D. : Centre for Addiction and Mental Health, Campbell Family Mental Health Research Institute, Institute for Mental Health Policy Research, Toronto, Ontario, Canada ; Dalla Lana School of Public Health, University of Toronto.

Adresse de correspondance

Dr Kathryn Graham, Centre for Addiction and Mental Health, Suite 200, 100 Collip Circle, London, Ontario, Canada, N6G 4X8. Courriel : [email protected].

4. Objectif / Purpose

L’objectif fondamental de la C-SHADE est de combler un vide méthodologique critique au sein de l’épidémiologie comportementale, de la psychologie sociale et de la criminologie environnementale. Historiquement, les instruments mesurant la perpétration d’agressions sexuelles, à l’image du célèbre Sexual Experiences Survey (SES) de Mary Koss et de ses adaptations ultérieures, ont été articulés autour d’actes hautement judiciarisables ou sévères (rapports sexuels obtenus par contrainte physique, menaces verbales explicites ou incapacitation due aux substances) survenant très majoritairement dans des relations de couple, des fréquentations amoureuses ou des rendez-vous intimes (dating). Bien que ces outils demeurent indispensables, ils s’avèrent peu sensibles pour capter la réalité omniprésente, cumulative et souvent banalisée des agressions survenant dans la vie nocturne.

Dans les débits de boissons, les boîtes de nuit et les festivals, les interactions sexuelles non sollicitées adoptent des dynamiques particulières : brièveté des contacts, anonymat relatif, densité spatiale, niveaux sonores élevés empêchant une communication verbale fluide et prévalence de l’intoxication alcoolique. Dans ces contextes, une grande variété de comportements prédateurs ou intrusifs ne débouche pas nécessairement sur un viol au sens pénal strict, mais constitue indéniablement une atteinte à l’intégrité corporelle et à la sécurité psychologique des femmes. Il s’agit notamment d’attouchements soudains sur la piste de danse (fessées, frottements génitaux forcés dits « frottage »), de saisies physiques par le bras ou la taille, de propos à connotation sexuelle dégradants et d’un refus délibéré de respecter le désengagement de la femme.

La C-SHADE répond à quatre nécessités majeures :

  • Sensibilité contextuelle et écologique : Déplacer le focus depuis les espaces privés vers les milieux festifs socialement régulés, en tenant compte des scripts sexuels spécifiques aux bars.
  • Prise en compte du harcèlement de rue/nocturne : Fournir une mesure standardisée pour les actes commis envers des inconnues, où le consentement ne peut être présumé ni confondu avec des ambiguïtés relationnelles préexistantes.
  • Évaluation d’interventions préventives : Offrir une métrique fiable et réactive pour tester l’efficacité empirique des programmes de prévention en milieu festif, tels que les formations des serveurs et agents de sécurité (par exemple les programmes Safer Bars ou Good Night Out) et les campagnes encourageant l’intervention active des témoins (bystander intervention).
  • Identification des facteurs de risque étiologiques : Permettre aux chercheurs d’examiner précisément comment les variables individuelles (consommation problématique d’alcool, hypermasculinité, croyances quant aux effets de l’alcool) et les variables de pairs interagissent pour prédire la perpétration en situation réelle.

5. Construit psychologique / Construct

Le construit mesuré par la C-SHADE est la perpétration d’actes courants de harcèlement et d’agression sexuelle en milieu de consommation d’alcool. Ce construit est opérationnalisé comme un continuum de comportements hostiles et non sollicités, perpétrés par des hommes à l’encontre de femmes inconnues dans des établissements récréatifs nocturnes. Bien que l’outil possède une structure empirique unidimensionnelle robuste reflétant une propension générale à transgresser les limites sexuelles d’autrui, le construit englobe conceptuellement trois manifestations comportementales distinctes et interdépendantes :

1. Le harcèlement sexuel sans contact physique

Cette dimension regroupe les manifestations expressives, verbales et non verbales à caractère sexuel imposées sans le consentement de la cible. Elle comprend les avances sexuelles verbales insistantes, les commentaires intrusifs sur l’anatomie ou les vêtements, les regards appuyés et déshumanisants (leering), les gestes obscènes et les sifflements dégradants. En milieu de bar, ces comportements sont fréquemment légitimés par leurs auteurs sous couvert de plaisanterie, de drague banale ou de simple jeu social favorisé par l’alcool. Or, ces conduites créent un climat d’insécurité hostile contraignant les femmes à modifier leurs déplacements ou à quitter les lieux.

2. Les contacts physiques sexuels non consentis

Ce volet intègre toutes les formes d’atteintes corporelles directes. Dans les établissements bondés et faiblement éclairés, la promiscuité physique sert fréquemment de prétexte à des gestes transgressifs délibérés : mains posées sur les hanches, les fesses ou les cuisses sans permission, baisers tentés ou imposés par surprise, saisies par le poignet ou les vêtements pour forcer la proximité, et contact génital direct à travers les vêtements (pratique du grinding ou frottement non réciproque sur la piste de danse). Le construit met en relief l’asymétrie de ces actes, commis envers une inconnue dont l’absence de consentement est délibérément ignorée.

3. La persistance intrusive après refus

L’un des apports majeurs de la conceptualisation de Graham et ses collègues réside dans la modélisation de la persistance post-refus. Le comportement agressif ne se résume pas à une tentative d’approche mal calibrée ; il se caractérise par le refus d’accepter le rejet. Cette facette inclut le fait de suivre une femme dans les différentes zones de l’établissement (vers le bar, les toilettes, la terrasse), de réitérer des demandes d’alcool ou des avances malgré des signaux verbaux explicites (« Non », « Laisse-moi tranquille ») ou non verbaux (se détourner, s’interposer avec des amies, repousser les mains), ou encore de bloquer physiquement le passage de la cible pour l’empêcher de s’éloigner.

L’ancrage du construit sur des cibles inconnues constitue une décision théorique capitale : elle élimine les zones d’ambiguïté relatives aux négociations intimes au sein de couples établis et isole la dynamique fondamentale du sentiment de privilège masculin (male sexual entitlement), de la prédation opportuniste et du mépris délibéré de l’autonomie corporelle des femmes dans l’espace public.

6. Cadre théorique / Theoretical Framework

L’élaboration de la C-SHADE s’inscrit au carrefour de plusieurs grands cadres théoriques de la psychologie sociale, de l’addictologie et de la criminologie :

La théorie de la myopie alcoolique

Formulée à l’origine par Claude Steele et Robert Josephs (1990), la théorie de la myopie alcoolique postule que l’intoxication par l’éthanol restreint l’attention cognitive aux signaux environnementaux immédiats et les plus saillants (signaux provocateurs ou désinhibiteurs), tout en réduisant la capacité de traiter les signaux périphériques ou inhibiteurs (normes sociales, empathie pour la cible, risque de réprobation ou sanctions légales). Dans un bar, les stimuli stimulants (la musique, l’attirance sexuelle immédiate, l’encouragement des pairs) deviennent prédominants, tandis que les signaux d’inconfort ou de refus émis par la femme sont négligés, favorisant le passage à l’acte agressif.

La théorie des activités routinières et criminologie environnementale

Développée par Lawrence Cohen et Marcus Felson (1979), la théorie des activités de routine stipule qu’un délit survient à la convergence spatio-temporelle de trois éléments : un agresseur motivé, une cible accessible et l’absence de gardien compétent. Les débits de boissons constituent des « générateurs de crime » et des « attracteurs de crime » particuliers : la pénombre, le bruit et la dispersion de la responsabilité diminuent l’efficacité de la surveillance par le personnel de bar. La C-SHADE opérationnalise des comportements qui exploitent directement les failles environnementales de ces espaces festifs.

Les scripts sexuels et les théories socio-culturelles du genre

Selon la théorie des scripts sexuels de Gagnon et Simon, les conduites humaines sont guidées par des scénarios cognitifs appris. Dans la culture nocturne occidentale hégémonique, le script de la « drague en boîte » véhicule fréquemment des mythes légitimant l’agression : la croyance selon laquelle les femmes fréquentant les bars seraient des « proies disponibles », l’interprétation biaisée de tenues vestimentaires festives comme un consentement implicite, et l’idée reçue qu’un « non » féminin ne serait qu’une feinte de pudeur invitant à une persistance masculine accrue. La C-SHADE capture les dérives concrètes issues de l’adhésion à ces normes hypermasculines toxiques.

7. Validité / Validity

Le processus de validation psychométrique de la C-SHADE, rapporté par Graham et al. (2023), repose sur un protocole rigoureux combinant approches empiriques, méthodologie quantitative et critères de validité conformes aux standards de l’American Psychological Association.

Validité de contenu et validité écologique

La validité de contenu repose sur une triangulation qualitative exceptionnelle :

  • Données observationnelles naturalistes colligées par des observateurs entraînés immergés dans des bars urbains (Graham et al., 2010 ; Graham et al., 2014).
  • Comptes rendus phénoménologiques et entrevues approfondies menées auprès de jeunes femmes cibles d’agressions en contexte de débit de boisson (Graham et al., 2017).
  • Recension critique de la littérature empirique sur les transgressions sexuelles en milieu nocturne (Becker & Tinkler, 2015 ; Thompson & Cracco, 2008).

Cette démarche garantit que chaque item reflète fidèlement la réalité des incidents vécus sur le terrain, conférant à l’échelle une validité apparente et écologique optimale.

Validité convergente

La validité convergente de l’instrument a été établie par l’examen des corrélations entre les scores à la C-SHADE et plusieurs construits théoriquement associés à la perpétration d’agressions :

  • Perpétration d’agressions sexuelles par les pairs : Corrélations positives significatives démontrant que les individus rapportant des conduites agressives sur la C-SHADE évoluent au sein de réseaux d’amis masculins cautionnant ou reproduisant ces mêmes actes.
  • Attitudes soutenant les agressions sexuelles : Liens positifs robustes avec l’adhésion aux mythes du viol et aux attitudes sexistes hostiles.
  • Attentes envers l’alcool (alcohol outcome expectancies) : Association positive et significative avec la croyance que la consommation d’alcool augmente la puissance sexuelle masculine et excuse la désinhibition comportementale.
  • Consommation d’alcool : Corrélation positive modérée à forte avec les indices de consommation épisodique lourde (binge drinking) et de consommation globale.

Fait remarquable : Les analyses ont révélé l’absence d’association significative entre la simple fréquence de fréquentation des bars et les scores à la C-SHADE, infirmant certaines conclusions antérieures (ex. Testa & Cleveland, 2017). Cette divergence empirique met en lumière le fait que ce n’est pas le simple fait d’être exposé aux bars qui engendre l’agression, mais bien l’interaction entre les attitudes individuelles, l’adhésion aux normes du groupe de pairs et l’abus d’alcool.

Validité discriminante

La validité discriminante a été examinée en comparant les participants ayant obtenu un score positif exclusivement sur la C-SHADE à ceux ayant également obtenu un score positif sur l’échelle générale Modified Sexual Experiences Survey (M-SES ; Koss et al., 2007). Les résultats démontrent que la C-SHADE capture des actes hautement prévalents commis en milieu festif qui passent sous le radar de la M-SES. La C-SHADE discrimine avec précision les agresseurs opportunistes en milieu festif des agresseurs sexuels polyvalents ciblant des partenaires intimes.

8. Fidélité / Reliability

La fidélité de la C-SHADE a été évaluée sous l’angle de la cohérence interne et de la précision de mesure dans un échantillon homogène d’hommes jeunes adultes canadiens (N = plusieurs centaines d’individus âgés de 19 à 25 ans) :

  • Cohérence interne : Le coefficient alpha de Cronbach obtenu pour l’échelle globale de 10 items s’élève à α = .96. Cette valeur indique une homogénéité interne exceptionnelle et démontre que les 10 comportements mesurés convergent étroitement vers le même construit latent.
  • Corrélations item-total : L’ensemble des items présente des corrélations item-total corrigées très élevées, généralement supérieures à .70, confirmant que chaque comportement contribue de façon substantielle au score global sans redondance stérile.
  • Erreur type de mesure (SEM) : Grâce au coefficient alpha de .96, l’erreur type de mesure est particulièrement réduite, assurant une discrimination très fine des niveaux de perpétration sur l’ensemble du continuum de sévérité.
  • Stabilité temporelle : S’agissant d’une mesure comportementale rétrospective portant sur une fenêtre fixe (les six mois ayant précédé l’interruption des activités de bar due à la pandémie de COVID-19), la fidélité test-retest n’a pas été modélisée sous forme de réplication à court terme pour éviter les biais de mémoire, mais la consistance des réponses à travers les différents registres d’actes soutient la robustesse métrologique du score composite.

9. Analyse factorielle / Factor Analysis

Les propriétés structurelles de la C-SHADE ont fait l’objet d’analyses factorielles rigoureuses afin d’élucider l’architecture dimensionnelle sous-jacente aux 10 items.

Structure unifactorielle

L’analyse factorielle (exploratoire puis confirmatoire) a fourni un soutien sans équivoque en faveur d’un modèle strictement unifactoriel. Les résultats essentiels sont les suivants :

  • Variance expliquée : Le facteur unique identifié extrait à lui seul 75 % de la variance totale de l’instrument. L’observation d’un premier facteur dominant absorbant les trois quarts de la variance constitue un argument psychométrique massif en faveur de l’unidimensionnalité.
  • Critère de Kaiser et éboulis des valeurs propres (scree plot) : La valeur propre associée au premier facteur excède largement celle des composantes suivantes, qui chutent brutalement sous le seuil de 1.0 (critère de Kaiser-Guttman), attestant de l’absence de sous-facteurs indépendants stables.
  • Saturations factorielles (factor loadings) : Tous les items présentent des saturations factorielles extrêmement fortes sur ce facteur unique, toutes nettement supérieures à .75, reflétant un lien puissant entre chaque comportement spécifique et la propension globale à commettre des agressions sexuelles en milieu festif.
Indicateur Psychométrique Valeur Rapportée (Graham et al., 2023) Interprétation
Nombre d’items retenus 10 items Format court facilitant l’intégration en batterie d’enquêtes
Structure dimensionnelle Facteur unique (unidimensionnel) Propension unifiée à la transgression sexuelle en bar
Variance totale expliquée 75 % Pouvoir explicatif exceptionnel pour une échelle brève
Cohérence interne (α) .96 Excellente fiabilité pour la recherche clinique et évaluative

D’un point de vue théorique, l’unidimensionnalité empirique de l’outil met en évidence un phénomène clinique saillant : les individus qui commettent des actes jugés « légers » (comme des remarques sexistes insistantes ou des gestes déplacés) ont une probabilité très élevée de s’engager également dans des actes plus invasifs (attouchements physiques, harcèlement persistant). Les comportements ne forment pas des dimensions étanches, mais traduisent un même schéma comportemental de prédation et de sentiment de droit sexuel.

10. Instrument de mesure / Instrument

  • Nom complet de l’outil : Échelle des actes courants de harcèlement et d’agression sexuelle dans les environnements de consommation d’alcool (Common Acts of Sexual Harassment and Aggression in Drinking Environments Scale – C-SHADE).
  • Auteurs : Kathryn Graham, Sharon Bernards, Antonia Abbey, Charlene Senn, Tara M. Dumas, AnnaLise Trudell, Peter D. Donnelly et Samantha Wells (2023).
  • Type d’instrument : Échelle d’auto-évaluation comportementale standardisée (original rating scale).
  • Format d’administration : Questionnaire auto-administré sur support électronique ou informatique (en ligne ou sur tablette).
  • Nombre d’items : 10 items.
  • Population cible : Hommes adultes et jeunes adultes (validé chez les hommes âgés de 19 à 25 ans fréquentant des débits de boissons).
  • Période de référence : Les six mois précédant l’interruption des activités nocturnes liée à la pandémie de COVID-19 (peut être adaptée aux « 6 derniers mois » ou « 12 derniers mois » dans les réplications contemporaines).
  • Échelle de réponse (Format Likert en 5 points) :
    • 1 : Jamais (Never)
    • 2 : Rarement (Rarely)
    • 3 : Occasionnellement (Occasionally)
    • 4 : Assez souvent (Fairly often)
    • 5 : Très souvent (Very often)
  • Cotation et calcul des scores : Les scores peuvent être calculés par sommation simple des items (allant de 10 à 50) ou par calcul de la moyenne arithmétique (allant de 1.0 à 5.0). Un score élevé traduit une fréquence et une diversité accrues de perpétration d’agressions et d’actes de harcèlement sexuels dans les contextes de consommation d’alcool. Les chercheurs peuvent également dichotomiser l’échelle pour identifier la prévalence de perpétration (au moins un acte rapporté avec un score ≥ 2 versus aucun acte).

11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year

  • Année de publication officielle : 2023.
  • Statut commercial : Non commercial. L’instrument a été conçu à des fins exclusives de recherche scientifique, d’évaluation de programmes de santé publique et de prévention clinique.
  • Frais d’utilisation (Fees) : Gratuit (aucun coût financier requis pour une utilisation académique ou non lucrative).
  • Conditions de licence et permissions : Les items de l’échelle font l’objet d’un droit d’auteur détenu par les auteurs et l’éditeur scientifique (Alcohol: Clinical and Experimental Research / Wiley Periodicals LLC). Pour toute utilisation, reproduction intégrale, adaptation linguistique transculturelle ou administration dans le cadre de protocoles de recherche, les utilisateurs doivent formuler une demande d’autorisation auprès de l’auteure correspondante : Dr Kathryn Graham ([email protected]).

12. Références / References

  • Becker, J. C., & Tinkler, J. E. (2015). « Me getting drunk and him flirting with me on the dance floor » : How young women define, cope with, and adapt to sexual harassment in bars. Sociological Perspectives, 58(4), 629–648. https://doi.org/10.1177/0731121415572685
  • Cohen, L. E., & Felson, M. (1979). Social change and crime rate trends: A routine activity approach. American Sociological Review, 44(4), 588–608. https://doi.org/10.2307/2094589
  • Graham, K., Bernards, S., Abbey, A., Senn, C., Dumas, T. M., Trudell, A., Donnelly, P. D., & Wells, S. (2023). Development and validation of the C-SHADE Scale for measuring perpetration of common sexually harassing and aggressive behaviors in drinking environments. Alcohol: Clinical and Experimental Research, 47(6), 1191–1203. https://doi.org/10.1111/acer.15087
  • Graham, K., Bernards, S., Osgood, D. W., Abbey, A., Parks, K., Flynn, A., Dumas, T., & Wells, S. (2014). « Apparent intent » to take intoxicated women home from bars: An observational study of sexual predation in drinking venues. Alcoholism: Clinical and Experimental Research, 38(7), 2056–2063. https://doi.org/10.1111/acer.12450
  • Graham, K., Bernards, S., Senn, C. Y., Abbey, A., Dumas, T., & Wells, S. (2017). Understanding women’s risk of sexual assault in bars: A qualitative study of targeted women’s experiences and perspectives. Addiction Research & Theory, 25(5), 376–385. https://doi.org/10.1080/16066359.2017.1293719
  • Graham, K., Tremblay, P. F., Wells, S., Pernanen, K., Purcell, J., & Jelley, J. (2010). Harm, intent, and the nature of aggressive acts in barroom aggression: Comparing what the victim experienced with what the perpetrator did. Addiction Research & Theory, 18(6), 653–668. https://doi.org/10.3109/16066350903560123
  • Koss, M. P., Abbey, A., Campbell, R., Cook, S., Norris, J., Testa, M., Ullman, S., West, C., & White, J. (2007). Revising the SES: A collaborative process to update sexual assault assessment. Violence Against Women, 13(4), 357–370. https://doi.org/10.1177/1077801207300649
  • Steele, C. M., & Josephs, R. A. (1990). Alcohol myopia: Its prized and dangerous effects. American Psychologist, 45(8), 921–933. https://doi.org/10.1037/0003-066X.45.8.921
  • Testa, M., & Cleveland, M. J. (2017). Does alcohol contribute to sexual assault victimization by increasing risk taking? An event-level analysis. Journal of Studies on Alcohol and Drugs, 78(5), 707–714. https://doi.org/10.15288/jsad.2017.78.707
  • Thompson, E. H., Jr., & Cracco, E. J. (2008). Sexual aggression in bars: A consumer survey of young men’s experiences. Journal of Interpersonal Violence, 23(1), 84–99. https://doi.org/10.1177/0886260507307653

13. Questions et items du questionnaire / Scale Items

Les items complets et individualisés de l’échelle C-SHADE sont protégés par le droit d’auteur (copyright Wiley-Blackwell / Alcohol: Clinical and Experimental Research) et ne sont pas reproduits intégralement dans le domaine public ouvert.

Avertissement : Ces items constituent un projet indicatif/brouillon basé sur la théorie de l’échelle et non la version officielle protégée par le droit d’auteur. Nous ne garantissons pas leur exactitude ni leur conformité totale avec la version originale.

Instructions officielles présentées aux participants :

“Think about times when you were at a bar or club in the 6 months prior to the COVID-19 pandemic. How often have you done anything like what the guy(s) did in each of the following? In all descriptions, both the guy(s) and the girl in their early 20s are at a bar or club and they do not know each other.”

Format de l’échelle de réponse (Response Scale) :

  • 5 = Very often
  • 4 = Fairly often
  • 3 = Occasionally
  • 2 = Rarely
  • 1 = Never

Structure opérationnelle des 10 scénarios comportementaux (Operational Domains) :

L’instrument présente 10 descriptions de situations réalistes (vignettes d’incidents) survenant en contexte de bar ou club entre jeunes adultes d’environ 20 ans qui ne se connaissent pas. Conformément aux spécifications théoriques de l’échelle, ces 10 items recouvrent les trois composantes suivantes :

  1. Harcèlement sexuel sans contact physique (Non-physical sexual harassment) : Scénarios décrivant des commentaires sexuels non sollicités, des remarques suggestives sur l’apparence physique et des avances verbales intrusives faites à une jeune femme inconnue dans un bar ou un club.
  2. Contacts physiques sexuels non désirés (Unwanted physical sexual contact) : Scénarios illustrant des gestes physiques imposés sans consentement préalable, notamment le fait de toucher les hanches, les fesses ou d’autres parties du corps, de s’agripper à elle ou d’effectuer des frottements corporels/sexuels non consentis sur la piste de danse.
  3. Persistance après refus explicite ou implicite (Persistence after refusal) : Scénarios modélisant des situations où un homme continue d’insister, de suivre la jeune femme dans le débit de boissons, de bloquer son passage ou d’essayer d’initier un contact physique ou un échange de boissons en dépit du fait qu’elle s’est détournée, a exprimé son désaccord ou a clairement refusé l’interaction.

Pour obtenir le texte officiel et intégral des 10 items du questionnaire, les chercheurs doivent se référer à la publication originale des auteurs ou contacter l’auteure correspondante (Dr Kathryn Graham).

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Looti, M. (2026, octobre 14). Échelle des actes courants de harcèlement et d’agression sexuelle dans les environnements de consommation d’alcool (C-SHADE). Base de données de psychologie en français. https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=echelle-c-shade-agression-sexuelle-bars
Looti, Mohammed. “Échelle des actes courants de harcèlement et d’agression sexuelle dans les environnements de consommation d’alcool (C-SHADE).” Base de données de psychologie en français, 14 octobre 2026, https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=echelle-c-shade-agression-sexuelle-bars.
Looti, Mohammed. “Échelle des actes courants de harcèlement et d’agression sexuelle dans les environnements de consommation d’alcool (C-SHADE).” Base de données de psychologie en français. octobre 14, 2026. https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=echelle-c-shade-agression-sexuelle-bars.