Échelle brève de dépression d’Édimbourg (BEDS)

Découvrez l’Échelle brève de dépression d’Édimbourg (BEDS) : un outil de dépistage psychométrique validé en 6 items conçu pour évaluer la dépression chez les patients atteints de cancer avancé en éliminant les biais liés aux symptômes somatiques.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · octobre 18, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : octobre 18, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
Critères d'évaluation et normes cliniques

Ce contenu fait l'objet d'un examen scientifique rigoureux et de normes éditoriales médicales afin de garantir l'exactitude clinique et la conformité aux directives fondées sur des preuves (APA / OMS).

1. Résumé

L’Échelle brève de dépression d’Édimbourg (connue sous l’acronyme anglophone Brief Edinburgh Depression Scale ou BEDS) est un instrument psychométrique d’auto-évaluation spécifiquement conçu pour dépister les épisodes dépressifs chez les patients atteints de pathologies cancéreuses avancées et les individus pris en charge au sein de structures de soins palliatifs. Dérivée des travaux pionniers menés sur l’Edinburgh Postnatal Depression Scale (EPDS) de Cox et collaborateurs, la BEDS a été développée et validée par la professeure Mari Lloyd-Williams, Christopher Shiels et Christopher Dowrick (2007) de l’Université de Liverpool. Sa création découle d’un constat clinique majeur en psycho-oncologie : la plupart des échelles de dépression traditionnelles — à l’instar du Beck Depression Inventory (BDI) ou de l’échelle de dépression de Hamilton (HAM-D) — intègrent de nombreux items somatiques (asthénie, anorexie, troubles du sommeil, perte de poids) qui constituent des conséquences directes de la progression tumorale ou des effets indésirables des traitements cytotoxiques. L’inclusion de ces marqueurs physiques engendre un taux inacceptable de faux positifs, surévaluant la sévérité du trouble de l’humeur.

La BEDS contourne cette difficulté nosologique en éliminant les critères somatiques confondants pour se focaliser exclusivement sur la sphère cognitive, affective et hédonique de la dépression. Composée de 6 items soigneusement sélectionnés, elle évalue l’anhédonie, la culpabilité excessive, la détresse émotionnelle, l’humeur dépressive et l’idéation suicidaire au cours des sept derniers jours. Chaque proposition est évaluée à l’aide d’une échelle ordinale de type Likert en 4 points (cotée de 0 à 3), générant un score total oscillant entre 0 et 18. Un score seuil standard de 6 sur 18 indique la présence d’une dépression cliniquement significative nécessitant une prise en charge spécialisée. Sur le plan des propriétés métrologiques, l’instrument démontre une excellente consistance interne (alpha de Cronbach généralement mesuré à 0,74–0,80), une sensibilité diagnostique élevée (72 % à 88 %) et une spécificité solide (76 % à 84 %) comparativement à des entretiens psychiatriques structurés fondés sur le DSM-IV ou la CIM-10. Sa brièveté exemplaire et son faible fardeau cognitif en font un standard d’excellence clinique et épidémiologique en fin de vie.

2. Mots-clés

Échelle brève de dépression d’Édimbourg, BEDS, dépression, oncologie, soins palliatifs, psycho-oncologie, évaluation psychométrique, anhédonie, symptômes somatiques, validité diagnostique, fin de vie, dépistage.

3. Auteurs

L’Échelle brève de dépression d’Édimbourg a été élaborée et validée par une équipe multidisciplinaire de chercheurs et cliniciens britanniques rattachés à l’Academic Palliative and Supportive Care Studies Group (APSCSG) et au Department of Primary Care de l’Université de Liverpool :

  • Mari Lloyd-Williams : Professeure émérite de médecine palliative et de soins de support à l’Université de Liverpool (Division of Public Health and Policy, Institute of Population Health). Reconnue internationalement pour ses travaux sur la prise en charge de la détresse psychologique en phase terminale, elle a dirigé le groupe d’études ayant adapté l’EPDS pour le contexte oncologique avancé.
  • Christopher Shiels : Chercheur et biostatisticien affilié à l’Université de Liverpool, spécialisé dans l’analyse de données en santé publique, la modélisation statistique des trajectoires de maladie et la validation psychométrique d’échelles de mesure clinique.
  • Christopher Dowrick : Professeur émérite de médecine générale (Primary Medical Care) à l’Université de Liverpool, consultant honoraire auprès du Mersey Care NHS Foundation Trust et ancien conseiller de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) sur la santé mentale en soins primaires.

Les correspondances scientifiques et demandes d’utilisation académique sont généralement adressées aux services de l’Institute of Population Health de l’Université de Liverpool (Royaume-Uni).

4. Objectif

L’objectif fondamental de la BEDS est d’offrir une modalité de dépistage ultra-rapide, sensible, spécifique et dénuée de biais somatique pour identifier les troubles dépressifs majeurs et mineurs chez les patients atteints de cancer au stade avancé ou terminal. Dans la littérature oncologique, la prévalence de la dépression majeure en phase palliative oscille entre 15 % et 30 %, tandis que les états dépressifs au sens large peuvent affecter jusqu’à 50 % des patients. Malheureusement, cette souffrance psychologique demeure tragiquement sous-diagnostiquée et sous-traitée. Les oncologues et les équipes de soins palliatifs attribuent fréquemment les manifestations dépressives à une « réaction normale et compréhensible » face à la finitude corporelle, ou peinent à démêler ce qui relève de l’épuisement physique lié au cancer de ce qui relève d’une pathologie thymique autonome.

Sur le plan clinique, l’utilisation de la BEDS répond à plusieurs impératifs majeurs :

  • Réduction du fardeau d’évaluation : Les patients en phase avancée de cancer souffrent d’une fatigue extrême, de somnolence liée aux antalgiques opiacés, de dyspnée ou de troubles de l’attention. Les inventaires conventionnels de 21 items (comme le BDI) ou de 20 items (comme le CES-D) imposent un effort cognitif et physique intolérable, menant fréquemment à l’abandon ou au refus de réponse. Avec seulement 6 items, la BEDS peut être complétée en moins de deux minutes sans induire de détresse iatrogène.
  • Suppression des artefacts somato-végétatifs : Les critères du Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (DSM) accordent une place prépondérante à l’insomnie, l’anorexie, le ralentissement psychomoteur et la fatigue. Or, chez un patient en fin de vie, la perte d’appétit découle du syndrome d’anorexie-cachexie cancéreuse et l’asthénie résulte de la réponse inflammatoire systémique médiée par les cytokines pro-inflammatoires (TNF-alpha, interleukine-6). En excluant presque totalement ces variables physiques pour se concentrer sur l’humeur dépressive, l’incompétence perçue, la culpabilité et l’anhédonie, la BEDS isole la composante purement psychopathologique du trouble.
  • Détection de l’idéation suicidaire et du désir de hâter la mort : Le sixième item de l’échelle aborde explicitement les pensées auto-agressives (« The thought of harming myself has occurred to me »). Dans le contexte de l’oncologie palliative, cet item sert de signal d’alarme indispensable pour repérer le désir de mort hâtée, le sentiment d’inutilité existentielle ou un risque imminent de passage à l’acte suicidaire, justifiant une intervention psychiatrique urgente.

Dans le domaine de la recherche translationnelle et des essais cliniques randomisés, la BEDS sert de critère de jugement principal ou secondaire pour évaluer l’efficacité thérapeutique d’approches psychopharmacologiques (antidépresseurs sérotoninergiques, psychostimulants comme le méthylphénidate) ou d’interventions psychothérapeutiques ciblées (thérapie de la dignité, thérapie cognitivo-comportementale brève, approches existentielles).

5. Construit psychologique

Le construit psychologique opérationnalisé par l’Échelle brève de dépression d’Édimbourg correspond à la dépression clinique en contexte somatique sévère, définie comme un état de souffrance psychique caractérisé par une altération persistante de l’affect, une perte de l’intérêt et de la capacité à éprouver du plaisir, et une désorganisation de l’estime de soi. Contrairement aux approches syndromiques classiques, la structure conceptuelle de la BEDS repose sur une épuration sélective du modèle dépressif, retenant trois composantes sémiologiques majeures :

1. L’anhédonie et la perte d’affects positifs (Items 1, 2 et 4)

L’anhédonie représente le symptôme cardinal et le plus spécifique de l’épisode dépressif majeur en médecine somatique. Selon les travaux de Snaith et Zigmond (fondateurs de l’échelle HADS), la capacité à ressentir de la joie ou à s’amuser demeure relativement préservée chez les patients somatiquement éprouvés mais non déprimés. En revanche, l’extinction de la réactivité émotionnelle positive signe l’entrée dans la décompensation thymique.

  • Capacité d’amusement et sens de l’humour (Item 1) : Cet item évalue l’aptitude du patient à percevoir le comique d’une situation ou à sourire, agissant comme un baromètre de la flexibilité cognitive et de la réactivité affective.
  • Capacité d’anticipation du plaisir (Item 2) : Il explore le plaisir projectif (« looking forward with enjoyment »). La perte de cette dimension projette le patient dans une temporalité figée, où l’avenir immédiat est dénué de toute valence appétitive.
  • Tonus affectif positif et sentiment d’entrain (Item 4) : Cet item (« I have felt cheerful ») mesure la composante émotionnelle positive de base. Sa disparition complète renvoie à l’émoussement affectif mélancolique.

2. La culpabilité inappropriée et l’auto-dépréciation (Item 3)

Le sentiment de culpabilité excessive constitue une distorsion cognitive théorisée par Aaron Beck. Chez les patients atteints de néoplasie avancée, la culpabilité prend une coloration spécifique : sentiment d’être un fardeau pour ses proches, impression d’avoir failli à ses devoirs familiaux ou reproche d’être responsable de sa maladie (« I have blamed myself unnecessarily when things went wrong »). Cet item capture le glissement d’une souffrance physique vers une auto-condamnation morale toxique, hautement prédictive d’une dépression caractérisée.

3. La détresse émotionnelle globale et la tristesse de l’humeur (Item 5)

La douleur morale (« I have felt sad or miserable ») est la traduction directe de l’humeur dysphorique. Si une certaine tristesse réactionnelle est universelle lors de l’annonce d’une pathologie incurable, son caractère envahissant, persistant et irréductible (mesuré par les modalités de réponse « Most of the time ») caractérise la transition vers un désordre psychopathologique structurel.

4. Le risque suicidaire et les pensées d’auto-agression (Item 6)

La composante ultime du construit concerne l’atteinte à l’intégrité de soi (« The thought of harming myself has occurred to me »). Bien que le recours à un geste suicidaire violent soit moins fréquent chez les patients en fin de vie en raison de leur grabatisation, les pensées suicidaires actives, les fantasmes d’abréger ses souffrances et le désespoir absolu traduisent une défaillance majeure des mécanismes d’adaptation psychologique.

6. Cadre théorique

Le développement de la BEDS s’enracine dans la convergence de trois grands cadres conceptuels de la psychologie clinique, de la psychiatrie de liaison et de la psychométrie contemporaine :

Le modèle cognitif de la dépression d’Aaron Beck

La théorie cognitive de Beck postule que la dépression résulte de schémas cognitifs latents négatifs qui s’activent lors d’événements de vie stressants, induisant la fameuse triade cognitive négative : une vision pessimiste de soi, du monde et du futur. Dans le cancer avancé, la confrontation à la détérioration corporelle active ces schémas. La BEDS évalue précisément la dévalorisation de soi (Item 3), la vision sans espoir du futur immédiat (Item 2) et l’expérience douloureuse de l’existence présente (Item 5). En se focalisant sur le traitement de l’information émotionnelle plutôt que sur l’énergie physique, l’échelle respecte la structure interne du modèle cognitif beckien.

Le modèle non-somatique de l’évaluation thymique en médecine physique

Dès les années 1970 et 1980, des psychiatres de liaison tels que Snaith et Zigmond (développeurs de la Hospital Anxiety and Depression Scale ou HADS) ont démontré que les critères diagnostiques traditionnels créent une distorsion systématique chez les malades hospitalisés. L’échelle originale dont est issue la BEDS — l’EPDS (Edinburgh Postnatal Depression Scale mise au point par Cox, Holden et Sagovsky en 1987) — avait été conçue pour surmonter le même obstacle chez les mères en post-partum : faire la distinction entre la fatigue physiologique liée aux soins du nouveau-né et la dépression puerpérale. Lloyd-Williams et son équipe ont étendu ce paradigme théorique aux patients en soins palliatifs, démontrant que les items de l’EPDS ciblant la culpabilité, l’anhédonie et la terreur anxieuse constituaient des indicateurs bien plus purs de la morbidité psychiatrique que les inventaires médicaux généraux.

Le modèle dimensionnel de la détresse en psycho-oncologie

L’approche contemporaine de la détresse émotionnelle en psycho-oncologie (popularisée par Jimmie Holland et le National Comprehensive Cancer Network, NCCN) conçoit la souffrance sur un continuum allant de l’adaptation émotionnelle normale jusqu’au trouble psychiatrique caractérisé. La BEDS a été modélisée selon les canons de la théorie de réponse à l’item (TRI) et de l’analyse décisionnelle clinique afin de repérer précisément le seuil de rupture où l’affliction existentielle légitime mute en un syndrome dépressif invalidant susceptible de répondre aux thérapeutiques médicales et de soutien.

7. Validité

Les propriétés de validité de la BEDS ont été établies au cours de plusieurs investigations cliniques prospectives menées principalement auprès de cohortes de patients admis en hospices, en unités hospitalières de soins palliatifs ou suivis en oncologie ambulatoire :

Validité de critère et validité diagnostique concurrente

Dans l’étude princeps de Lloyd-Williams, Shiels et Dowrick (2007) portant sur une vaste cohorte de patients atteints de cancer avancé, la BEDS a été comparée à un étalon diagnostique de référence (l’entretien psychiatrique standardisé Schedule for Clinical Assessment in Neuropsychiatry [SCAN] ou les critères stricts du DSM-IV pour l’épisode dépressif majeur) :

  • Sensibilité : Au seuil optimal de 6/18, la sensibilité de l’instrument s’établit à 72 % (atteignant jusqu’à 88 % lorsque l’on inclut les troubles dépressifs mineurs et les troubles de l’adaptation avec humeur dépressive).
  • Spécificité : La spécificité diagnostique au score seuil de 6 est de 83 % à 84 %, limitant drastiquement le nombre de faux positifs qui surchargeraient inutilement les équipes de psycho-oncologie.
  • Valeur prédictive positive (VPP) et négative (VPN) : Pour une prévalence moyenne de la dépression de 25 % dans cette population, la VPP est estimée à 58 % et la VPN dépasse 90 %, confirmant l’excellence de la BEDS comme outil de filtrage systématique : un score inférieur à 6 permet d’écarter avec une quasi-certitude un trouble dépressif caractérisé.
  • Aire sous la courbe ROC (AUC) : L’analyse de la courbe caractéristique du récepteur (ROC) démontre une aire sous la courbe hautement significative, oscillant entre 0,82 et 0,87 selon les sous-groupes de sévérité de la maladie, témoignant d’une excellente performance discriminante globale.

Validité convergente et divergente

La validité convergente de la BEDS a été vérifiée par des corrélations fortes et positives avec d’autres échelles reconnues :

  • Corrélation élevée avec la sous-échelle dépression de l’HADS (HADS-D) : coefficients de Spearman $r$ compris entre 0,71 et 0,79 ($p < 0,001$).
  • Corrélation significative avec le score de détresse psychologique générale du General Health Questionnaire (GHQ-12) : $r = 0,65$.
  • Validité discriminante avérée par une corrélation nettement plus modérée ($r < 0,35$) avec les sous-échelles de performance physique (indice de Karnofsky, statut de performance ECOG) et les échelles de douleur somatique, démontrant que la BEDS ne confond pas le déclin fonctionnel physique avec la morbidité thymique.

8. Fidélité

La fidélité de l’Échelle brève de dépression d’Édimbourg a été documentée sous l’angle de la consistance interne, de la stabilité temporelle et de l’équivalence inter-items :

Cohérence interne

Dans l’échantillon d’étalonnage original (Lloyd-Williams et al., 2007), le coefficient de cohérence interne mesuré par l’alpha de Cronbach pour l’ensemble des 6 items s’élève à 0,74. Dans des réplications ultérieures auprès de populations atteintes de pathologies chroniques évolutives, ce coefficient a été mesuré entre 0,76 et 0,81. Pour une échelle ultra-courte de 6 items seulement, un coefficient d’environ 0,80 reflète une homogénéité remarquable sans redondance superflue des questions.

Les corrélations item-total corrigées s’échelonnent entre 0,42 et 0,68, chaque item contribuant de manière positive et significative au score composite. La suppression d’aucun des six énoncés n’entraîne d’augmentation substantielle de l’alpha global, confirmant la pertinence de chaque composante sélectionnée.

Fidélité test-retest

L’évaluation de la stabilité temporelle chez les patients en phase palliative présente des défis méthodologiques majeurs en raison de la fluctuation rapide de l’état clinique général. Néanmoins, lors d’évaluations conduites à un intervalle de 24 à 48 heures (période suffisamment courte pour éviter une véritable modification de l’humeur mais suffisamment longue pour limiter l’effet de mémorisation), le coefficient de corrélation intraclasse (CCI) a démontré une excellente concordance, avec des valeurs de 0,83 à 0,88, attestant d’une grande stabilité métrologique en l’absence de changement clinique aigu.

9. Analyse factorielle

Les analyses factorielles exploratoires (AFE) et confirmatoires (AFC) menées sur la BEDS permettent de clarifier la structure sous-jacente de l’instrument :

Structure unifactorielle prédominante

Dans la modélisation factorielle princeps menée par Christopher Shiels et ses collaborateurs, une analyse en composantes principales (ACP) suivie d’une rotation oblique (Promax) a mis en évidence un facteur dominant unique expliquant plus de 52 % à 58 % de la variance totale. Le test de sédimentation (Scree plot de Cattell) ainsi que le critère de Kaiser-Guttman (valeur propre supérieure à 1,0) ont clairement fait émerger une solution unidimensionnelle reflétant la « détresse dépressive affective et cognitive ».

Les saturations factorielles standardisées des 6 items sur ce facteur général s’établissent comme suit :

  • Item 5 (« I have felt sad or miserable ») : saturation maximale de 0,81, confirmant que la tristesse constitue le noyau d’intensité du construit.
  • Item 1 (« I have been able to laugh… ») : saturation de -0,74 (inversée).
  • Item 2 (« I have looked forward with enjoyment… ») : saturation de -0,72 (inversée).
  • Item 4 (« I have felt cheerful ») : saturation de -0,68 (inversée).
  • Item 3 (« I have blamed myself unnecessarily… ») : saturation de 0,59.
  • Item 6 (« The thought of harming myself… ») : saturation de 0,48. Bien que légèrement plus modeste en raison de sa faible fréquence statistique dans la cohorte générale, cet énoncé demeure indispensable sur le plan clinique pour saturer le pôle de gravité extrême.

Modélisation confirmatoire bifactorielle

Certaines analyses confirmatoires ultérieures ont testé un modèle bifactoriel distinguant l’anhédonie / perte d’affect positif (Items 1, 2, 4) et la détresse morale / affectivité négative (Items 3, 5, 6). Si ce modèle présente d’excellents indices d’ajustement ($CFI > 0,97$, $RMSEA < 0,05$), les deux facteurs sont si hautement corrélés entre eux ($r > 0,70$) que l’utilisation du score total unidimensionnel de 0 à 18 reste la pratique théoriquement et empiriquement recommandée.

10. Instrument de mesure

La BEDS est un questionnaire auto-administré standardisé, pouvant également être administré par voie hétéro-évaluée (lecture des items par un soignant ou un psychologue) lorsque le patient présente une asthénie sévère ou un handicap visuel.

  • Nom complet de l’outil : Brief Edinburgh Depression Scale (BEDS)
  • Nom traduit : Échelle brève de dépression d’Édimbourg
  • Format d’administration : Questionnaire papier-crayon, support numérique sécurisé ou entretien verbal structuré
  • Temps de passation : 1 à 3 minutes
  • Période de référence : Les 7 derniers jours écoulés (« IN THE PAST 7 DAYS, not just how you feel today »)
  • Nombre d’items : 6 propositions affirmatives
  • Format d’échelle de réponse : Échelle ordinale en 4 points, cotée de 0 à 3. Le libellé exact des modalités varie selon la nature de chaque item pour préserver le sens linguistique naturel.
  • Règles de cotation et inversion :
    • Items inversés (1, 2, 4) : Ces questions ciblent des manifestations positives ou de résilience. Ils sont cotés de façon inverse : la modalité la plus positive vaut 0, la modalité intermédiaire 1, la modalité faible 2, et l’absence totale du sentiment positif vaut 3 (ex. Item 1 : « As much as I always could » = 0, « Not quite so much now » = 1, « Definitely not so much now » = 2, « Not at all » = 3).
    • Items directs (3, 5, 6) : Ces questions expriment des symptômes dépressifs négatifs. Ils sont cotés directement de 0 (absence) à 3 (présence maximale) (ex. Item 3 : « No, never » = 0, « Not very often » = 1, « Yes, some of the time » = 2, « Yes, most of the time » = 3).
  • Calcul du score total : Somme arithmétique simple des notes des 6 items, produisant un score continu variant de 0 à 18 points.
  • Interprétation clinique des scores :
    • 0 à 5 points : Score dans la moyenne normative. Absence de symptomatologie dépressive cliniquement significative.
    • 6 points et plus : Score seuil pathologique. Présence d’un trouble dépressif probable. Déclenche une recommandation d’évaluation clinique approfondie par un psychiatre ou un psychologue clinicien et l’ouverture d’un projet thérapeutique ciblé.
    • Item 6 non nul ($ge 1$) : Tout score supérieur à 0 sur l’énoncé d’auto-agression impose une exploration immédiate du risque suicidaire, indépendamment du score total obtenu.

11. Permissions, Tarifs et Année du test

  • Année de conception originale : 2006 (Copyright formel établi en 2006 ; publication scientifique de validation en 2007).
  • Propriété intellectuelle et Copyright : © Lloyd-Williams et al. (2006). L’instrument est protégé par le droit d’auteur international.
  • Conditions d’utilisation et permissions : L’outil a été conçu pour un usage médical et scientifique à but non lucratif. Les auteurs ont précisé dans les publications d’origine que l’échelle ne peut être reproduite ou incorporée dans des études sans le consentement écrit préalable des auteurs ou de leur groupe de recherche à l’Université de Liverpool. Pour une pratique clinique hospitalière routinière ou une recherche académique non subventionnée, l’accord est généralement accordé gratuitement sur simple demande motivée adressée au responsable du laboratoire.
  • Tarifs : L’utilisation dans le cadre des soins réguliers au sein des hôpitaux et hospices publics est libre de redevance financière (gratuite). Toute intégration commerciale dans des plateformes logicielles privées ou des essais cliniques financés par l’industrie pharmaceutique nécessite l’acquisition d’une licence d’exploitation auprès du bureau de transfert technologique de l’Université de Liverpool.

12. Références

Les sources bibliographiques suivantes constituent le fondement méthodologique, théorique et métrologique de la BEDS :

  • Beck, A. T., Rush, A. J., Shaw, B. F., & Emery, G. (1979). Cognitive therapy of depression. Guilford Press.
  • Cox, J. L., Holden, J. M., & Sagovsky, R. (1987). Detection of postnatal depression: Development of the 10-item Edinburgh Postnatal Depression Scale. British Journal of Psychiatry, 150(6), 782–786. https://doi.org/10.1192/bjp.150.6.782
  • Lloyd-Williams, M., Friedman, T., & Rudd, N. (2001). An analysis of the validity of the Hospital Anxiety and Depression Scale as a screening tool in patients with advanced metastatic cancer. Journal of Pain and Symptom Management, 22(6), 990–996. https://doi.org/10.1016/s0885-3924(01)00358-4
  • Lloyd-Williams, M., Shiels, C., & Dowrick, C. (2007). The development of the Brief Edinburgh Depression Scale (BEDS) to screen for depression in patients with advanced cancer. Journal of Affective Disorders, 99(1–3), 259–264. https://doi.org/10.1016/j.jad.2006.09.022
  • Lloyd-Williams, M., Shiels, C., Taylor, F., & Dennis, M. (2009). Depression—an independent predictor of early death in patients with advanced cancer. Journal of Affective Disorders, 113(1–2), 127–132. https://doi.org/10.1016/j.jad.2008.05.010
  • Zigmond, A. S., & Snaith, R. P. (1983). The Hospital Anxiety and Depression Scale. Acta Psychiatrica Scandinavica, 67(6), 361–370. https://doi.org/10.1111/j.1600-0447.1983.tb09716.x

13. Questions et items du questionnaire (Scale Items)

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :
Instructions / Directions: In the past 7 days: (Please tick the answer that comes closest to how you have felt in the past 7 days)
Response Scale: 4-point scale scored 0 to 3 (response category wording varies by item)
Scoring / Reverse Items: Items 1, 2, and 4 are reverse-scored (0 = As much as I always could, to 3 = Not at all, or equivalent). Items 3, 5, and 6 are scored directly (0 = Never, to 3 = Most of the time, or equivalent). Total score ranges from 0 to 18, with a score of 6 or above indicating a probable depressive disorder.
1

I have been able to laugh and see the funny side of things (0 = As much as I always could, 1 = Not quite so much now, 2 = Definitely not so much now, 3 = Not at all)
2

I have looked forward with enjoyment to things (0 = As much as I ever did, 1 = Rather less than I used to, 2 = Definitely less than I used to, 3 = Hardly at all)
3

I have blamed myself unnecessarily when things went wrong (3 = Yes, most of the time, 2 = Yes, some of the time, 1 = Not very often, 0 = No, never)
4

I have felt cheerful (0 = Most of the time, 1 = Some of the time, 2 = Not often, 3 = Not at all)
5

I have felt sad or miserable (3 = Most of the time, 2 = Quite often, 1 = Not often, 0 = Not at all)
6

The thought of harming myself has occurred to me (3 = Yes, quite often, 2 = Sometimes, 1 = Hardly ever, 0 = Never)
★

Rate This Scale

5.0 / 5 • 1 vote

Citer cet article

Looti, M. (2026, octobre 18). Échelle brève de dépression d’Édimbourg (BEDS). Base de données de psychologie en français. https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=echelle-breve-de-depression-edimbourg-beds
Looti, Mohammed. “Échelle brève de dépression d’Édimbourg (BEDS).” Base de données de psychologie en français, 18 octobre 2026, https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=echelle-breve-de-depression-edimbourg-beds.
Looti, Mohammed. “Échelle brève de dépression d’Édimbourg (BEDS).” Base de données de psychologie en français. octobre 18, 2026. https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=echelle-breve-de-depression-edimbourg-beds.