Échelle de la balance décisionnelle : exercice physique

L’Échelle de la balance décisionnelle : exercice physique (DBS-E) évalue la pondération subjective des bénéfices (Pour) et des barrières (Contre) de l’activité physique selon le modèle transthéorique de Prochaska et Marcus. Découvrez sa structure, sa validation et ses propriétés psychométriques.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · octobre 18, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : octobre 18, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
Critères d'évaluation et normes cliniques

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1. Résumé / Abstract

L’Échelle de la balance décisionnelle : exercice physique (en anglais, Decisional Balance Scale for Exercise [DBS-E]) est un instrument psychométrique d’auto-évaluation conçu pour mesurer la pondération cognitive que les individus accordent aux avantages (les « Pour » ou Pros) et aux inconvénients ou obstacles perçus (les « Contre » ou Cons) associés à l’adoption et au maintien d’une pratique régulière de l’exercice physique durant les loisirs. Développé et affiné au sein du modèle transthéorique (MTT) du changement de comportement formalisé par James O. Prochaska, Wayne F. Velicer et développé dans le domaine de l’activité physique par Bess H. Marcus ainsi que Claudio R. Nigg et ses collègues, cet outil opérationnalise le modèle décisionnel de conflit théorisé initialement par Irving Janis et Leon Mann.

La version validée standard comprend 16 items distribués sur deux sous-échelles orthogonales ou corrélées : la sous-échelle des Pour (10 items), qui évalue les bénéfices physiques, psychologiques, émotionnels et relationnels escomptés de l’activité physique régulière, et la sous-échelle des Contre (6 items), qui capture les coûts perçus en termes de temps, de fatigue, de contraintes personnelles et d’interférences avec d’autres rôles sociaux. Les répondants évaluent l’importance accordée à chaque énoncé sur une échelle de type Likert en 5 points allant de 1 (« Pas du tout important » / Not at all important) à 5 (« Extrêmement important » / Extremely important).

Sur le plan métrologique, l’instrument présente des qualités psychométriques robustes établies dans de nombreuses cohortes diversifiées incluant des adolescents, des adultes sains, des aînés et des populations cliniques. La consistance interne est généralement excellente, avec des coefficients alpha de Cronbach oscillant entre 0,82 et 0,93 pour la dimension des Pour, et entre 0,72 et 0,88 pour celle des Contre. La structure bidimensionnelle a été confirmée à maintes reprises par analyse factorielle exploratoire et confirmatoire. De surcroît, la validité de critère et la validité prédictive sont étayées par l’observation d’un croisement décisionnel systématique (le decisional crossover) à travers les stades de changement : les Contre surpassent les Pour chez les individus sédentaires en phase de précontemplation, tandis que les Pour surpassent substantiellement les Contre chez les individus parvenus aux stades de l’action et du maintien. L’outil s’avère indispensable tant pour la recherche fondamentale en psychologie de la santé que pour l’élaboration d’interventions motivationnelles individualisées.

2. Mots-clés / Keywords

Balance décisionnelle, exercice physique, modèle transthéorique, stades de changement, promotion de la santé, prise de décision, psychométrie, motivation autonome, barrières à l’exercice, psychologie du sport, auto-évaluation, adoption du comportement.

3. Auteurs / Authors

Le développement et la validation de l’échelle de la balance décisionnelle appliquée à l’exercice physique reposent sur les travaux conjoints de chercheurs de renommée internationale affiliés aux centres de recherche sur la prévention des maladies et le changement de comportement :

  • Claudio R. Nigg, Ph.D. — Professeur de psychologie de la santé et de santé publique, University of Hawaii at Manoa, Office of Public Health Studies (Honolulu, États-Unis) ; anciennement rattaché au Cancer Prevention Research Center (CPRC), University of Rhode Island (Kingston, RI, États-Unis). Courriel institutionnel : [email protected].
  • Joseph S. Rossi, Ph.D. — Professeur émérite de psychologie, Cancer Prevention Research Center, Department of Psychology, University of Rhode Island (Kingston, RI, États-Unis). Spécialiste des méthodes quantitatives, de la modélisation en équations structurelles et des mesures psychométriques des modèles de santé.
  • Geoffrey J. Norman, Ph.D. — Chercheur et professeur associé, Family Medicine and Public Health, University of California San Diego (La Jolla, CA, États-Unis) ; ancien collaborateur du Cancer Prevention Research Center.
  • Susan V. Benisovich, Ph.D. — Psychologue clinicienne et chercheuse en psychologie comportementale, Cancer Prevention Research Center, University of Rhode Island.
  • Bess H. Marcus, Ph.D. — Professeure émérite de santé publique et de sciences comportementales, Brown University School of Public Health et University of California San Diego. Pionnière dans l’adaptation du modèle transthéorique aux comportements d’activité physique.
  • Wayne F. Velicer, Ph.D. (décédé) et James O. Prochaska, Ph.D. (décédé) — Co-concepteurs originaux du Modèle Transthéorique au Cancer Prevention Research Center, University of Rhode Island.

4. Objectif / Purpose

Mesure et finalité intrinsèque

L’Échelle de la balance décisionnelle : exercice physique a été spécifiquement conçue pour opérationnaliser et quantifier la façon dont les individus traitent les informations relatives aux coûts et aux gains associés à l’exercice physique lors de leurs moments de loisir. Dans le cadre de la psychologie de la santé et de la médecine comportementale, la sédentarité constitue l’un des principaux facteurs de risque évitables de morbidité cardiovasculaire, métabolique et de mortalité prématurée. Malgré les bénéfices documentés de l’activité physique, une fraction considérable de la population générale éprouve des difficultés durables à amorcer et à pérenniser une pratique régulière. L’objectif fondamental de cet instrument est de capturer l’arbitrage cognitif interne — la balance décisionnelle — qui préside au passage de l’inactivité à l’adoption active d’un mode de vie dynamique.

L’instrument ne se contente pas de mesurer des attitudes abstraites ; il évalue précisément l’importance subjective (importance weighting) attribuée à des conséquences spécifiques de l’exercice. La prise de décision en matière de santé n’est pas un phénomène linéaire et passif, mais un processus évaluatif continu au cours duquel les individus confrontent les bénéfices anticipés (gestion du stress, bien-être psychologique, vitalité relationnelle, image corporelle positive) aux contraintes inhérentes (temps requis, épuisement physique, empiètement sur la vie de famille ou les engagements sociaux). L’outil permet ainsi d’extraire un indicateur normatif ou standardisé (score factoriel, note brute ou score T standardisé) matérialisant la posture décisionnelle globale du sujet.

Applications en recherche

Dans le domaine de la recherche empirique, la DBS-E remplit plusieurs fonctions majeures :

  • Cartographie des déterminants de l’activité physique : Elle permet d’étudier comment les variables sociodémographiques, les profils de comorbidité ou les environnements bâtis modulent la perception des barrières et des motivations à l’exercice physique.
  • Validation des modèles théoriques : L’échelle constitue l’un des piliers opérationnels du Modèle Transthéorique, facilitant les tests d’hypothèses sur l’interrelation entre la balance décisionnelle, l’auto-efficacité perçue (Albert Bandura) et les processus de changement cognitifs et comportementaux.
  • Recherche interventionnelle et essais contrôlés randomisés : Les scores de l’échelle sont couramment utilisés comme variables médiatrices pour comprendre les mécanismes sous-jacents par lesquels les interventions de conseil en activité physique ou les technologies d’e-santé (applications mobiles, télémédecine) induisent des modifications comportementales durables.

Applications cliniques et en promotion de la santé

Sur le versant appliqué, l’instrument fournit aux praticiens (psychologues de la santé, médecins généralistes, kinésithérapeutes, cardiologues et éducateurs médico-sportifs) un levier d’action diagnostique et thérapeutique d’une grande précision :

  • Diagnostic motivationnel individualisé : Administrer la DBS-E lors d’une consultation initiale permet d’identifier immédiatement si la réticence d’un patient provient d’une sous-évaluation des bénéfices réels de l’exercice ou d’une surévaluation paralysante des barrières pratiques.
  • Adaptation aux stades de changement (Stage-Matched Interventions) : Dans les stades précoces (précontemplation et contemplation), insister lourdement sur les bénéfices ne suffit pas si les barrières subjectives sont écrasantes. L’échelle aide le thérapeute à cibler précisément les freins (ex. : sentiment que l’exercice va épuiser le peu d’énergie disponible ou voler du temps aux proches) pour restructurer cognitivement ces croyances.
  • Entretien motivationnel : L’outil sert de support d’exploration narrative lors d’un entretien motivationnel selon les principes de Miller et Rollnick, aidant le patient à formuler lui-même son « discours de changement » en constatant la disproportion entre ses valeurs et son comportement d’évitement.

5. Construit psychologique / Construct

Le construit psychologique de la balance décisionnelle renvoie à la structure bidimensionnelle de l’évaluation cognitive des conséquences anticipées d’une modification de comportement. Contrairement aux approches unidimensionnelles postulant un continuum bipolaire unique (allant du tout négatif au tout positif), les travaux fondateurs de Velicer, Prochaska et de leurs successeurs ont démontré que les éléments favorables et défavorables constituent deux dimensions psychologiques distinctes, orthogonales ou faiblement corrélées négativement. Une personne peut parfaitement reconnaître une grande multitude d’avantages à l’exercice tout en maintenant une perception aiguë et paralysante de ses coûts d’accès.

La dimension des « Pour » (Pros : Avantages perçus de l’exercice)

La sous-échelle des Pour comprend 10 items dans la version complète de 16 items. Elle explore un large spectre de retombées positives qui renforcent l’attractivité de l’activité physique :

  • Régulation émotionnelle et gestion du stress : Les items 1 (« Physical activity would help me reduce tension or manage stress ») et 10 (« Regular exercise would help me relieve tension ») ciblent la perception de l’exercice comme une stratégie de coping actif face à l’anxiété chronique et aux stresseurs du quotidien.
  • Bien-être psychologique global et estime de soi : Les items 2 (« I would feel more confident if I exercised regularly »), 5 (« Regular exercise would help me have a more positive outlook on life ») et 6 (« I would feel good about myself if I kept my commitment to exercise regularly ») mesurent la restauration du sentiment de compétence, de fierté personnelle et d’optimisme existentiel découlant de l’engagement physique.
  • Bénéfices somatiques et somnologiques : L’item 3 (« I would sleep better if I exercised regularly ») et l’item 14 (« Regular exercise would improve my health ») appréhendent les répercussions directes sur l’homéostasie corporelle, la qualité du repos nocturne et la préservation du capital santé à long terme.
  • Tonus affectif et vitalité relationnelle : Les items 7 (« Exercising puts me in a better mood for the rest of the day ») et 12 (« I would have more energy for family and friends if I exercised regularly ») illustrent la reconnaissance que l’énergie dépensée dans l’exercice génère un surplus de vitalité réinvesti positivement dans la sphère affective et relationnelle.
  • Schéma et confort corporel : L’item 13 (« Regular exercise would help me feel more comfortable with my body ») capture l’amélioration de la perception de son propre corps et le sentiment d’aisance physique au quotidien.

La dimension des « Contre » (Cons : Inconvénients et coûts perçus)

La sous-échelle des Contre comprend 6 items qui opérationnalisent les barrières perçues, les sacrifices temporels, la dépense d’énergie et les conflits de rôles :

  • Conflit de ressources temporelles et d’engagements sociaux : Les items 8 (« I feel that regular exercise would take too much of my time »), 9 (« Exercising would take time away from my family or friends ») et 11 (« Regular exercise would mean I have less time to spend with family or friends ») mesurent le sentiment de culpabilité ou d’arbitrage défavorable face aux responsabilités familiales et sociales. L’exercice est perçu comme une activité égocentrique ou empiétante.
  • Crainte de l’épuisement énergétique et de la surcharge : L’item 4 (« I think I would be too tired to do other things if I exercised ») et l’item 16 (« Regular exercise would take too much of my energy ») reflètent la croyance erronée selon laquelle l’effort physique viendrait tarir des réserves énergétiques déjà fragiles, au lieu de les stimuler.
  • Surcharge pondérale de responsabilités : L’item 15 (« I am too tired to exercise because of other responsibilities ») traduit l’effet d’épuisement cognitivo-somatique engendré par la charge mentale professionnelle ou domestique préalable, bloquant l’initiation de l’action.

L’interaction entre ces deux construits crée une dynamique psychologique cruciale : tant que le score standardisé des Contre excède celui des Pour, l’inertie comportementale prédomine. Le basculement vers l’action requiert impérativement une inversion cognitive où la valeur perçue des Pour surclasse celle des Contre.

6. Cadre théorique / Theoretical Framework

Le modèle de prise de décision de Janis et Mann (1977)

Le fondement épistémologique primaire de la balance décisionnelle s’enracine dans les travaux d’Irving Janis et Leon Mann (1977), qui ont proposé un modèle général de conflit décisionnel (Conflict Model of Decision Making). Selon Janis et Mann, toute décision majeure de la vie d’un individu implique une analyse comparative des pertes et gains potentiels. Leur schéma analytique postulait originellement une matrice décisionnelle à huit cellules réparties selon quatre grandes catégories fondamentales :

  1. Gains et pertes instrumentaux pour soi-même ;
  2. Gains et pertes instrumentaux pour autrui (proches, famille) ;
  3. Approbation ou désapprobation sociale venant d’autrui ;
  4. Auto-approbation ou auto-désapprobation personnelle (concordance avec son système moral ou son estime de soi).

L’intégration au Modèle Transthéorique par Prochaska et Velicer

Au début des années 1980, James O. Prochaska et Wayne F. Velicer du Cancer Prevention Research Center de l’Université de Rhode Island ont cherché à intégrer la matrice de Janis et Mann dans leur compréhension des changements comportementaux addictifs et de santé (tabagisme, alcoolisme, alimentation, exercice). Leurs investigations psychométriques pionnières (Velicer et al., 1985) ont révélé une simplification structurelle majeure : au lieu de huit facteurs distincts, les analyses factorielles ont systématiquement extrait deux composantes d’ordre supérieur solides et orthogonales regroupant l’ensemble des énoncés : d’un côté, les aspects favorables (les « Pour ») intégrant les bénéfices personnels et interpersonnels ; de l’autre, les aspects défavorables (les « Contre ») regroupant les coûts personnels, relationnels et temporels.

Le Modèle Transthéorique postule que la modification d’un comportement s’effectue à travers cinq stades qualitatifs successifs :

  • Précontemplation (Precontemplation) : Aucune intention d’adopter le comportement dans les six prochains mois. Le sujet nie ou sous-évalue les risques de la sédentarité. Les Contre dominent nettement les Pour.
  • Contemplation (Contemplation) : Intention d’agir d’ici six mois. L’ambivalence est maximale ; les Pour augmentent et égalisent quasiment les Contre (période d’équivalence cognitive ou d’oscillation stérile).
  • Préparation (Preparation) : Intention d’agir dans les trente jours. Les Pour commencent à surpasser significativement les Contre. Les premiers essais comportementaux s’amorcent.
  • Action (Action) : Le comportement est régulier depuis moins de six mois. Les Pour surpassent largement les Contre, bien que l’effort requis demeure vulnérable aux rechutes.
  • Maintien (Maintenance) : Pratique régulière stabilisée depuis plus de six mois. Les Pour restent élevés tandis que les Contre s’effondrent à leur niveau le plus bas.

Le principe du croisement décisionnel (Decisional Crossover)

L’apport théorique central de l’application de la balance décisionnelle à l’exercice physique, mis en évidence par Bess H. Marcus, Claudio R. Nigg et Joseph S. Rossi, réside dans la validation du principe mathématique et normatif de croisement :

  1. Pour progresser de la précontemplation à la contemplation, il doit y avoir une augmentation d’environ 1 écart-type (1 SD ou 10 points T) sur le score des Pour.
  2. Pour progresser de la contemplation à l’action et au maintien, il doit se produire une diminution d’environ 0,5 écart-type (0,5 SD ou 5 points T) sur le score des Contre.

Ce phénomène montre que l’adoption initiale est stimulée par la prise de conscience des bénéfices (attraction par la valeur), tandis que la stabilisation à long terme nécessite la dissolution ou l’automatisation de la gestion des barrières (réduction des coûts perçus).

7. Validité / Validity

Les propriétés métrologiques de validité de l’Échelle de la balance décisionnelle pour l’exercice physique ont fait l’objet d’un examen empirique approfondi dans une multitude d’études observationnelles, transversales et longitudinales.

Validité de construit

La validité de construit a été amplement démontrée par la concordance entre les variations théoriquement postulées par le modèle transthéorique et les scores empiriquement mesurés. Dans les études pivots de Marcus et al. (1992, 1994) et de Nigg et al. (1998, 2002), les comparaisons de moyennes entre les différents stades de changement (mesurés par des échelles standardisées d’attribution de stade) indiquent des tailles d’effet hautement significatives ($p < 0,001$). Les participants en précontemplation affichent invariablement un score T standardisé pour les Contre supérieur à 50 (souvent entre 52 et 56), alors que leur score pour les Pour se situe en dessous de 45. Inversement, chez les participants en stade d'action ou de maintien, le score des Pour s'élève typiquement au-delà de 53-56, tandis que les Contre tombent en dessous de 44-46. Ce gradient monotone constitue une preuve directe de la validité de construit du concept de balance décisionnelle.

Validité convergente et corrélations nomologiques

L’instrument démontre une excellente validité convergente lorsqu’il est confronté à des construits connexes de la psychologie de la motivation et du comportement :

  • Auto-efficacité liée à l’exercice (Bandura / Marcus) : Les scores de la sous-échelle des Pour corrèlent positivement et significativement avec l’auto-efficacité de l’exercice ($r = 0,40$ à $0,58$), indiquant que les individus qui valorisent l’activité physique ont également une plus grande confiance dans leur capacité à surmonter les aléas climatiques ou la lassitude. Corrélativement, la sous-échelle des Contre présente des corrélations négatives modérées avec l’auto-efficacité ($r = -0,32$ à $-0,48$).
  • Théorie de l’autodétermination (Deci & Ryan) : La dimension des Pour est fortement liée à la motivation intrinsèque et à la régulation identifiée ($r > 0,50$), tandis que les Contre corrèlent avec l’amodivation et la régulation externe.
  • Volume d’activité physique mesuré objectivement : Des études utilisant des accéléromètres triaxiaux ou le questionnaire international d’activité physique (IPAQ) démontrent que le ratio décisionnel (Pour / Contre) corrèle positivement avec les minutes hebdomadaires passées en activité modérée à vigoureuse (MVPA) ($r = 0,35$ à $0,45$).

Validité discriminante

La validité discriminante entre les deux sous-échelles a été établie par l’absence de colinéarité excessive entre les Pour et les Contre. Les corrélations bivariées entre les deux dimensions oscillent généralement entre $-0,15$ et $-0,35$, confirmant qu’il ne s’agit pas de pôles inversés d’un même facteur unidimensionnel, mais bien de deux systèmes de traitement de l’information relativement indépendants. L’échelle discrimine également de manière probante les sujets réellement sédentaires des sujets irrégulièrement actifs ou actifs de longue date dans les analyses de fonctions discriminantes.

Validité prédictive

Dans les cohortes longitudinales de promotion de la santé, le score de la balance décisionnelle s’est révélé être un prédicteur robuste et indépendant du passage d’un stade à l’autre à des intervalles de 6, 12 et 24 mois. Une augmentation précoce du score des Pour au cours d’une intervention prédit de façon substantielle l’adhésion au programme d’entraînement à 6 mois, indépendamment de la condition physique initiale et du statut socio-économique.

8. Fidélité / Reliability

La fidélité métrologique de la DBS-E a été examinée sous l’angle de la cohérence interne et de la stabilité temporelle (fidélité test-retest).

Cohérence interne

Les estimations de la consistance interne au moyen du coefficient alpha de Cronbach ($lpha$) et de l’indice composite $\omega$ de McDonald révèlent une homogénéité remarquable des énoncés pour chacune des deux sous-échelles :

  • Sous-échelle des Pour (10 items) : Les études originales de Nigg et al. (1998) ainsi que les réplications ultérieures auprès d’adultes et de personnes âgées (Nigg & Riebe, 2002) rapportent des coefficients $lpha$ variant entre 0,85 et 0,93. Les corrélations item-total corrigées s’échelonnent confortablement entre 0,52 et 0,78, attestant qu’aucun item n’introduit de variance parasite non désirée.
  • Sous-échelle des Contre (6 items) : Compte tenu du nombre plus restreint d’items, l’alpha de Cronbach se situe généralement dans une fourchette solide de 0,74 à 0,86. Les corrélations item-total corrigées varient de 0,42 à 0,69, ce qui satisfait amplement aux critères d’admissibilité psychométrique fixés dans la littérature (> 0,30).

Stabilité temporelle (Test-Retest)

La stabilité temporelle a été documentée auprès d’échantillons d’individus dont le stade de changement est demeuré constant sur des périodes de deux à quatre semaines. Dans ces conditions de stabilité du construit, les coefficients de corrélation intraclasse (CCI) et de corrélation linéaire de Pearson ($r$) s’élèvent à :

  • Pour : $r_{tt} = 0,82$ à $0,88$ ;
  • Contre : $r_{tt} = 0,76$ à $0,84$.

Ces données confirment que si la balance décisionnelle est sensible aux changements transitionnels d’états d’action, elle présente une remarquable stabilité temporelle chez les sujets dont la routine motivationnelle n’évolue pas.

9. Analyse factorielle / Factor Analysis

Analyses Factorielles Exploratoires (AFE)

Lors des premières phases de développement empirique menées par Marcus, Rossi et al. (1992) puis affinées par Nigg et collègues (1998), l’analyse des composantes principales (ACP) ainsi que l’analyse factorielle en axes principaux avec rotation oblique (Promax ou Oblimin) ont continuellement mis en évidence une structure bidimensionnelle claire. Le critère de Kaiser-Guttman (valeurs propres supérieures à 1,0) ainsi que le test du coude de Cattell (scree test) ont sans équivoque isolé deux composantes majeures capturant à elles deux entre 48 % et 62 % de la variance totale des réponses.

Dans ces analyses :

  • Tous les items de la dimension des Pour saturent prioritairement sur le premier facteur avec des saturations factorielles ($(lambda)$) robustes comprises entre 0,55 et 0,82, sans saturation croisée notable sur le second facteur ($< 0,25$).
  • Tous les items de la dimension des Contre saturent nettement sur le second facteur avec des valeurs comprises entre 0,48 et 0,78.

Analyses Factorielles Confirmatoires (AFC)

La confirmation de la validité structurelle a été formalisée par la modélisation en équations structurelles (SEM) et l’analyse factorielle confirmatoire menée par Nigg, Rossi, Norman et Benisovich (1998) auprès d’échantillons hétérogènes de participants adultes. Plusieurs modèles théoriques concurrents ont été comparés : un modèle unidimensionnel (où tous les items reflètent une seule propension globale à l’exercice), un modèle à deux facteurs orthogonaux (corrélation fixée à 0), et un modèle à deux facteurs corrélés (Pour et Contre corrélés librement).

Les indices d’ajustement globaux obtenus pour le modèle à deux facteurs corrélés satisfont rigoureusement aux standards psychométriques modernes :

  • $chi^2 / ext{ddl} < 3,0$ ;
  • Comparative Fit Index (CFI) : compris entre 0,93 et 0,96 ;
  • Tucker-Lewis Index (TLI) : compris entre 0,92 et 0,95 ;
  • Root Mean Square Error of Approximation (RMSEA) : compris entre 0,042 et 0,058 (avec intervalle de confiance à 90 % excluant 0,08) ;
  • Standardized Root Mean Square Residual (SRMR) : $< 0,05$.

Le modèle unidimensionnel présentait systématiquement un ajustement catastrophique (CFI $< 0,70$ ; RMSEA $> 0,12$), rejetant définitivement la conceptualisation de la balance décisionnelle comme un continuum monolithique.

Invariance de mesure

Des travaux d’invariance de mesure multi-groupes conduits notamment par Nigg et Riebe (2002) ont établi que la structure bidimensionnelle de l’échelle respecte les critères d’invariance configurationnelle, métrique et scalaire à travers le genre (hommes vs femmes) et les groupes d’âge (jeunes adultes, adultes d’âge moyen et aînés de plus de 65 ans). Cela autorise formellement les comparaisons directes de moyennes latentes entre ces sous-populations sans biais d’instrumentation.

10. Instrument de mesure / Instrument

  • Nom du test : Échelle de la balance décisionnelle : exercice physique (Decisional Balance Scale for Exercise – DBS-E).
  • Type d’évaluation : Questionnaire psychométrique d’auto-évaluation (auto-rapporté).
  • Nombre d’items : 16 items dans la version de recherche standard complète (10 items pour les Pour ; 6 items pour les Contre). Il existe également une version abrégée validée de 10 items (5 Pour et 5 Contre).
  • Format de réponse : Échelle de type Likert en 5 points graduée selon l’importance accordée :
    1 = Not at all important (Pas du tout important)
    2 = Slightly important (Un peu important)
    3 = Moderately important (Moyennement important)
    4 = Very important (Très important)
    5 = Extremely important (Extrêmement important)
  • Répartition des sous-échelles :
    • Sous-échelle des Pour (Pros – 10 items) : Items 1, 2, 3, 5, 6, 7, 10, 12, 13, 14.
    • Sous-échelle des Contre (Cons – 6 items) : Items 4, 8, 9, 11, 15, 16.
  • Modalités de calcul des scores (Cotation) :
    • Score brut moyen : Calcul de la moyenne arithmétique des items de chaque sous-échelle (score allant de 1,0 à 5,0 par dimension).
    • Score cumulé brut : Somme directe des items (Pour : score total de 10 à 50 ; Contre : score total de 6 à 30).
    • Scores standardisés T (Recommandation empirique du CPRC) : Transformation des scores bruts en notes T standardisées (moyenne = 50, écart-type = 10) calculées à partir de normes d’échantillons de référence :
      $$T = 50 + 10 \times \left(\frac{X – \bar{X}}{\text{ET}}\right)$$
    • Indicateur de balance décisionnelle différentielle : $\text{Balance} = T_{\text{Pour}} – T_{\text{Contre}}$. Un score différentiel positif traduit une balance favorable à l’engagement dans l’exercice physique, tandis qu’un score négatif indique la persistance d’une dominance des barrières.
  • Temps de passation estimé : 3 à 5 minutes.

11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year

  • Année de développement initial : 1992 (Marcus et al.) ; version formalisée et raffinée pour les adultes et aînés en 1998 (Nigg, Rossi, Norman & Benisovich).
  • Statut du droit d’auteur : Les items de l’échelle ont été publiés au sein de revues scientifiques à comité de lecture et d’ouvrages académiques. L’instrument est considéré comme étant du domaine public à des fins de recherche non commerciale, d’enseignement académique et de pratique clinique individuelle.
  • Conditions d’utilisation et permissions : L’utilisation dans le cadre de projets de recherche non subventionnés ou académiques ne nécessite pas d’autorisation payante préalable, sous réserve expresse de citer formellement les publications méthodologiques originales de référence (Nigg et al., 1998 ; Marcus et al., 1992). Les adaptations commerciales, intégrations logicielles propriétaires ou usages dans des essais d’entreprises privées requièrent l’autorisation des auteurs ou des ayants droit.
  • Tarifs : Gratuit pour une utilisation de recherche et d’évaluation clinique standard.

12. Références / References

Les publications de référence ci-dessous fournissent le cadre théorique, les propriétés psychométriques et les protocoles d’étalonnage de l’échelle :

  • Janis, I. L., & Mann, L. (1977). Decision making: A psychological analysis of conflict, choice, and commitment. Free Press. https://psycnet.apa.org/record/1978-01311-000
  • Marcus, B. H., Rakowski, W., & Rossi, J. S. (1992). Assessing motivational readiness and decision making for exercise. Health Psychology, 11(4), 257–261. https://doi.org/10.1037/0278-6133.11.4.257
  • Marcus, B. H., Rossi, J. S., Selby, V. C., Niaura, R. S., & Abrams, D. B. (1992). The stages and processes of exercise adoption and maintenance in a worksite sample. Health Psychology, 11(6), 386–395. https://doi.org/10.1037/0278-6133.11.6.386
  • Marcus, B. H., & Simkin, L. R. (1994). The transtheoretical model: Applications to exercise behavior. Medicine & Science in Sports & Exercise, 26(11), 1400–1404. https://doi.org/10.1249/00005768-199411000-00016
  • Nigg, C. R., & Riebe, D. (2002). The Transtheoretical Model: Research review of exercise behavior and older adults. In P. Burbank & D. Riebe (Eds.), Promoting exercise and behavior change in older adults: Interventions with the Transtheoretical Model (pp. 147–180). Springer Publishing Company. https://www.springerpub.com/
  • Nigg, C. R., Rossi, J. S., Norman, G. J., & Benisovich, S. V. (1998). Structure of decisional balance for exercise adoption. Annals of Behavioral Medicine, 20, S211.
  • Prochaska, J. O., Velicer, W. F., Rossi, J. S., Goldstein, M. G., Marcus, B. H., Rakowski, W., Fiore, C., Harlow, L. L., Reddy, C. A., Rosenbloom, D., & Rossi, S. R. (1994). Stages of change and decisional balance for 12 problem behaviors. Health Psychology, 13(1), 39–46. https://doi.org/10.1037/0278-6133.13.1.39
  • Velicer, W. F., DiClemente, C. C., Prochaska, J. O., & Brandenburg, N. (1985). Decisional balance measure for assessing and predicting smoking status. Journal of Personality and Social Psychology, 48(5), 1279–1289. https://doi.org/10.1037/0022-3514.48.5.1279

13. Questions et items du questionnaire (Scale Items)

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :
Instructions / Directions: The following statements represent things that people consider when deciding to exercise or not. Please rate how important each statement is to you in your decision whether to exercise.
Response Scale: 5-point Likert scale: 1 = Not at all important, 2 = Slightly important, 3 = Moderately important, 4 = Very important, 5 = Extremely important
Scoring / Reverse Items: The instrument consists of two subscales: Pros (10 items: 1, 2, 3, 5, 6, 7, 10, 12, 13, 14) and Cons (6 items: 4, 8, 9, 11, 15, 16). Subscale scores are calculated as the mean or sum of the respective items, with higher scores reflecting greater perceived benefits (Pros) or costs/barriers (Cons) of regular exercise. T-scores are frequently computed to evaluate decisional balance.
Scoring Formula: SCORING: 1,3,5,7,9 pros; 2,4,6,8,10 cons
1

Physical activity would help me reduce tension or manage stress.
2

I would feel more confident if I exercised regularly.
3

I would sleep better if I exercised regularly.
4

I think I would be too tired to do other things if I exercised.
5

Regular exercise would help me have a more positive outlook on life.
6

I would feel good about myself if I kept my commitment to exercise regularly.
7

Exercising puts me in a better mood for the rest of the day.
8

I feel that regular exercise would take too much of my time.
9

Exercising would take time away from my family or friends.
10

Regular exercise would help me relieve tension.
11

Regular exercise would mean I have less time to spend with family or friends.
12

I would have more energy for family and friends if I exercised regularly.
13

Regular exercise would help me feel more comfortable with my body.
14

Regular exercise would improve my health.
15

I am too tired to exercise because of other responsibilities.
16

Regular exercise would take too much of my energy.
★

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Citer cet article

Looti, M. (2026, octobre 18). Échelle de la balance décisionnelle : exercice physique. Base de données de psychologie en français. https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=echelle-balance-decisionnelle-exercice-physique
Looti, Mohammed. “Échelle de la balance décisionnelle : exercice physique.” Base de données de psychologie en français, 18 octobre 2026, https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=echelle-balance-decisionnelle-exercice-physique.
Looti, Mohammed. “Échelle de la balance décisionnelle : exercice physique.” Base de données de psychologie en français. octobre 18, 2026. https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=echelle-balance-decisionnelle-exercice-physique.