Échelle d’auto-efficacité sexuelle — Fonctionnement érectile

L’Échelle d’auto-efficacité sexuelle — Fonctionnement érectile (SSES-E) évalue les croyances cognitives d’efficacité et la confiance érectile masculine à travers 25 items psychométriques.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · octobre 17, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : octobre 17, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
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1. Résumé / Abstract

L’Échelle d’auto-efficacité sexuelle — Fonctionnement érectile (Sexual Self-Efficacy Scale—Erectile Functioning, SSES-E) est un instrument psychométrique auto-rapporté développé initialement par Eva Libman, Irv Rothenberg, Catherine S. Fichten et Rhonda Amsel en 1985 à l’Hôpital général juif Sir Mortimer B. Davis de Montréal. Conçue pour évaluer la dimension cognitive du fonctionnement érectile et l’ajustement psychosexuel masculin, l’échelle opérationnalise le construit d’auto-efficacité tel que théorisé par le psychologue Albert Bandura. La SSES-E se compose de 25 items décrivant un large éventail d’activités sexuelles, allant de la masturbation solitaire à la pénétration vaginale, en passant par le maintien de l’érection sous distraction, la gestion de l’anxiété de performance, la communication au sein du couple et la réponse érectile matinale. L’instrument présente une structure de passation bidirectionnelle innovante : il peut être complété par l’homme lui-même (auto-évaluation) ainsi que par sa partenaire (hétéro-évaluation corroborative), permettant d’appréhender la dynamique dyadique des croyances d’efficacité.

Le mode de réponse repose sur une procédure en deux temps conforme au paradigme de Bandura : le participant coche d’abord les activités qu’il estime être capable de réaliser au moment présent (« Can Do »), puis attribue à chacune de ces activités cochées un score de confiance variant de 10 (« Tout à fait incertain ») à 100 (« Tout à fait certain »), les activités non cochées recevant un score de zéro. Le score global de force d’auto-efficacité correspond à la moyenne des scores obtenus sur les 25 items. Sur le plan psychométrique, la SSES-E démontre des propriétés exceptionnelles, caractérisées par une consistance interne très élevée (coefficients alpha de Cronbach oscillant entre 0,86 et 0,94 selon les sous-groupes cliniques et de contrôle) et une remarquable stabilité temporelle à un mois (coefficients test-retest de 0,97 à 0,98). L’outil bénéficie d’une solide validité convergente, discriminante et prédictive, s’avérant particulièrement sensible aux changements induits par les interventions pharmacologiques et sexothérapeutiques. Largement traduite et validée à l’international, notamment dans le cadre d’essais cliniques d’envergure, la SSES-E s’impose comme une référence incontournable pour la recherche et l’évaluation clinique des troubles érectiles.

2. Mots-clés / Keywords

Auto-efficacité sexuelle, dysfonction érectile, évaluation psychométrique, sexologie clinique, Albert Bandura, fonctionnement érectile, anxiété de performance, thérapie de couple, comportement sexuel masculin, validité prédictive.

3. Auteurs / Authors

L’échelle a été développée et validée par une équipe de chercheurs et cliniciens experts en psychologie médicale, en sexologie et en biostatistique rattachés à l’Hôpital général juif Sir Mortimer B. Davis (SMBD) et à l’Université McGill à Montréal (Québec, Canada) :

  • Catherine S. Fichten, Ph.D. : Unité de recherche et de psychothérapie comportementale, Institut de psychiatrie communautaire et familiale, SMBD-Hôpital général juif ; Département de psychologie, Collège Dawson ; Université McGill, Montréal, Québec, Canada. Courriel : [email protected].
  • Jillian Budd, Ph.D. : Réseau de recherche Adaptech, Montréal, Québec, Canada.
  • Ilana Spector, Ph.D. : SMBD-Hôpital général juif, Montréal, Québec, Canada.
  • Rhonda Amsel, M.Sc. : Département de psychologie, Université McGill, Montréal, Québec, Canada.
  • Laura Creti, Ph.D. : SMBD-Hôpital général juif, Montréal, Québec, Canada.
  • William Brender, Ph.D. : SMBD-Hôpital général juif et Université Concordia, Montréal, Québec, Canada.
  • Sally Bailes, Ph.D. : SMBD-Hôpital général juif et Université McGill, Montréal, Québec, Canada.
  • Eva Libman, Ph.D. : SMBD-Hôpital général juif et Université McGill, Montréal, Québec, Canada (autrice principale de l’étude princeps de validation en 1985).

4. Objectif / Purpose

L’objectif central de la Sexual Self-Efficacy Scale—Erectile Functioning est de fournir une évaluation rigoureuse, standardisée et quantitative de la composante cognitive associée aux difficultés érectiles. Historiquement, le diagnostic et le suivi de la dysfonction érectile (DE) reposaient principalement sur des paramètres physiologiques (tels que la tumescence pénienne nocturne ou la rigidimétrie) ou sur la simple quantification de la fréquence des rapports sexuels réussis. Or, ces approches biomédicales et comportementales négligeaient une variable psychologique pourtant déterminante dans l’étiologie et le maintien des troubles sexuels : l’évaluation subjective par l’individu de ses propres capacités érectiles et son degré d’assurance face à la performance sexuelle.

Sur le plan clinique, la SSES-E répond à un triple impératif. Premièrement, elle permet d’identifier précisément les situations sexuelles spécifiques génératrices d’échec anticipé ou d’appréhension majeure (par exemple, la transition entre préliminaires et pénétration, la reprise d’une érection interrompue ou le rapport sexuel sous pression temporelle). Deuxièmement, l’instrument mesure l’impact des distorsions cognitives et de l’anxiété anticipatoire, deux facteurs centraux dans le modèle du « spectateur » (spectatoring) décrit par Masters et Johnson. En quantifiant le sentiment d’impuissance cognitive, le clinicien peut adapter ses stratégies thérapeutiques cognitives et comportementales (restructuration cognitive, focalisation sensorielle, désensibilisation). Troisièmement, la passation parallèle de l’échelle par la partenaire féminine offre un éclairage clinique inestimable sur la concordance ou la dissonance au sein du couple quant aux capacités sexuelles masculines, facilitant la prise en charge des dynamiques interpersonnelles pathogènes.

En contexte de recherche, la SSES-E constitue un puissant indicateur d’efficacité thérapeutique (critère de jugement secondaire ou principal). Elle est couramment employée pour évaluer les répercussions psychologiques d’interventions biomédicales invasives ou pharmacologiques, telles que l’injection intracaverneuse de substances vasoactives, l’instauration d’inhibiteurs de la phosphodiestérase de type 5 (PDE5), la prostatectomie transurétrale ou la chirurgie oncologique prostatique. L’échelle comble ainsi le fossé entre la restauration biologique de la rigidité pénienne et la réhabilitation psychologique réelle du patient, montrant si le rétablissement physiologique se traduit véritablement par une reconquête de l’assurance et de l’estime de soi sexuelle.

5. Construit psychologique / Construct

Le construit psychologique mesuré par la SSES-E est l’auto-efficacité érectile, définie comme la croyance ou la conviction qu’un individu possède quant à sa capacité à mobiliser les ressources motivationnelles, cognitives et physiologiques nécessaires pour initier, maintenir et retrouver une érection adéquate lors de diverses interactions sexuelles. Bien que l’instrument produise un score unitaire de force d’auto-efficacité, une analyse approfondie du contenu de ses 25 items met en exergue sept facettes cognitives et comportementales interconnectées de la fonction érectile masculine :

  • L’obtention et le maintien de l’érection dans un contexte interactif : Cette dimension fondamentale évalue la certitude de pouvoir amorcer une rigidité suffisante durant les préliminaires (que les partenaires soient vêtus ou nus ; items 3 et 4), de la stabiliser jusqu’à l’atteinte de l’orgasme (item 7) et de parvenir à une rigidité satisfaisante dans un laps de temps jugé raisonnable (item 9).
  • La résilience érectile et la récupération post-distraction : Évaluant la flexibilité cognitive et la résistance à l’anxiété de performance, ces items mesurent la conviction de pouvoir retrouver une érection après une perte transitoire lors des préliminaires (item 5) ou au cours même de la pénétration (item 8). Cette capacité de récupération constitue l’un des marqueurs les plus distinctifs entre hommes fonctionnels et dysfonctionnels.
  • L’érection autonome et physiologique : Cette facette examine la présence et l’assurance face aux érections survenant hors du contexte relationnel immédiat, notamment par la masturbation solitaire (item 2) ou les érections nocturnes/matinales réflexes au réveil (item 25), permettant de dissocier les composantes purement psychogènes des atteintes organiques.
  • Le contrôle éjaculatoire et la modulation temporelle : L’item 10 explore la perception de maîtrise quant à la prolongation du rapport sexuel sans éjaculation prématurée, reconnaissant l’intrication fréquente entre anxiété érectile et rapidité éjaculatoire.
  • La décentration de la pénétration et l’affirmation sexuelle : L’échelle mesure la capacité de l’homme à éprouver du plaisir sexuel partagé en l’absence de coït vaginal (item 14), à anticiper une intimité sans obligation de pénétration (item 15), à stimuler sa partenaire par d’autres voies (item 11) et à exprimer ses désirs ou ses limites (refuser une avance à l’item 18, demander la stimulation appropriée à l’item 19).
  • La perception de désirabilité et de confort sexuel : Cette dimension reflète l’intégration affective et narcissique de la sexualité masculine, incluant le sentiment de demeurer attractif pour sa partenaire (item 12) et d’éprouver un sentiment général d’aisance corporelle et psychique (item 13).
  • L’expérience orgasmique dissociée de la rigidité : L’échelle évalue l’assurance liée à l’obtention de l’orgasme, qu’il y ait présence ou absence d’une érection ferme, lors des rapports pénétratifs (item 23), sous stimulation orale/manuelle de la partenaire (item 22) ou lors de la masturbation (item 24).

6. Cadre théorique / Theoretical Framework

Le socle conceptuel de la SSES-E s’enracine rigoureusement dans la théorie sociocognitive développée par Albert Bandura (1977, 1982). Selon ce cadre théorique, les croyances d’auto-efficacité représentent le mécanisme central de l’agentivité humaine. Bandura postule que le comportement humain n’est pas uniquement conditionné par des compétences objectives ou des contingences de renforcement externes, mais par le jugement métacognitif que l’individu porte sur son aptitude à accomplir avec succès les actions requises face à des situations comportant des défis, de l’ambiguïté ou du stress.

Dans le domaine sexologique, ce modèle tranche nettement avec les théories mécanistes traditionnelles. Les auteurs de la SSES-E (Libman et al., 1985) ont transposé les principes de Bandura en postulant que la performance érectile est profondément médiée par le système de croyances du sujet. Une distinction théorique essentielle est établie entre l’attente d’issue (la croyance qu’un comportement donné, tel qu’une érection ferme, produira un résultat spécifique, comme la satisfaction dyadique) et l’attente d’auto-efficacité (la conviction intime d’être personnellement capable de produire et réguler cette érection). L’impuissance apprise et la détresse sexuelle émergent principalement lorsque l’individu présente de faibles attentes d’auto-efficacité, même si ses attentes d’issue demeurent très élevées.

Le cadre théorique de la SSES-E s’articule également avec le modèle cognitivo-affectif de la dysfonction sexuelle proposé par David H. Barlow (1986). Selon Barlow, les hommes présentant des troubles érectiles réagissent aux sollicitations érotiques par des schémas d’attentes négatives, une focalisation attentionnelle orientée vers des indices d’échec (le « spectateur ») et une activation neurovégétative sympathique inhibitrice de l’érection. L’auto-efficacité agit ici comme un modérateur cognitif direct : un niveau élevé d’auto-efficacité protège l’homme contre le désengagement et l’anxiété débordante lorsqu’une baisse passagère de rigidité survient, stimulant au contraire l’adoption d’actions régulatrices constructives (réajustement érotique, recherche de caresses). À l’inverse, une faible auto-efficacité convertit toute fluctuation physiologique normale en un signe catastrophique d’échec définitif, déclenchant un cercle vicieux d’inhibition psychosexuelle.

7. Validité / Validity

La validité psychométrique de la SSES-E a été minutieusement établie à travers une pluralité d’approches méthodologiques dans des populations cliniques et normatives :

  • Validité concurrente et convergente : Lors de l’étude princeps de Libman et al. (1985), les corrélations entre la SSES-E et les mesures indépendantes de satisfaction sexuelle et de fonctionnement érectile global se sont avérées hautement significatives. Ultérieurement, Latini et al. (2002) ont démontré des corrélations négatives robustes entre les scores à la SSES-E et les deux sous-échelles de la Psychological Impact of Erectile Dysfunction Scale (PIED), avec des coefficients de r = −0,57 et r = −0,51 (p < 0,001). Ces résultats confirment que plus l’auto-efficacité érectile est dégradée, plus l’impact psychologique négatif et la détresse émotionnelle liés au trouble sont intenses. De plus, Swindle et al. (2004) ont documenté une corrélation convergente majeure de r = 0,67 entre la SSES-E et les scores des Psychological and Interpersonal Relationship Scales (PAIRS), validant l’ancrage de l’échelle au confluent de la régulation psychologique et relationnelle.
  • Validité discriminante et de groupes connus (Known-Groups Validity) : La SSES-E discrimine avec une exceptionnelle précision les hommes souffrant de dysfonctions sexuelles des hommes sains. Dans la cohorte initiale (Libman et al., 1985), les hommes cliniquement dysfonctionnels présentaient des scores moyens drastiquement inférieurs (M = 53,6 ; É.-T. = 21,1) comparativement aux hommes du groupe contrôle asymptomatique (M = 88,0 ; É.-T. = 10,0 ; p < 0,001). Leurs partenaires féminines reflétaient fidèlement ce clivage (M = 47,2 ; É.-T. = 26,7 contre M = 89,5 ; É.-T. = 10,4 ; p < 0,001). Une analyse discriminante pas à pas a révélé que la SSES-E permet de classifier correctement 88 % des sujets dans leur groupe d’appartenance respectif (fonctionnel vs dysfonctionnel). De surcroît, Latini et al. (2006a), dans la vaste base de données ExCEED, ont démontré que la SSES-E discrimine significativement les degrés de sévérité de la dysfonction érectile (p < 0,0001) : dysfonction légère (M = 74,7 ; É.-T. = 9,31), modérée (M = 56,3 ; É.-T. = 10,69) et sévère (M = 34,3 ; É.-T. = 18,38). L’échelle capture également l’effet du vieillissement (hommes de plus de 65 ans : M = 54,10 vs 50–64 ans : M = 70,03 ; Libman et al., 1989) ainsi que le fardeau des comorbidités médicales telles que le cancer de la prostate (M = 37,7 vs 50,6 sans cancer ; Penson et al., 2003b) et le diabète (M = 38,2 vs 47,5 sans diabète ; Penson et al., 2003a).
  • Validité prédictive et sensibilité au changement : La SSES-E s’est révélée être le prédicteur le plus puissant de la sévérité globale de la dysfonction érectile parmi un très large ensemble de variables biomédicales et psychosociales examinées par Latini et al. (2006a). Sa sensibilité thérapeutique a été mise en évidence par Kalogeropoulos (1991), constatant des gains statistiquement majeurs chez 53 hommes traités par pharmacothérapie intracaverneuse, ainsi que par Latini et al. (2006b) dans des protocoles longitudinaux de suivi thérapeutique. Enfin, Godschalk et al. (2003) ont rapporté une amélioration notable de l’auto-efficacité mesurée par la SSES-E chez des patients traités pour hypertrophie bénigne de la prostate comparativement au groupe placebo (p = 0,036).

8. Fidélité / Reliability

La fidélité de la SSES-E a été rigoureusement attestée par l’évaluation de sa cohérence interne et de sa stabilité temporelle, tant chez les participants masculins que chez leurs partenaires :

  • Consistance interne : Les coefficients alpha de Cronbach standardisés calculés sur l’ensemble des 25 items attestent d’une excellente homogénéité psychométrique. Dans l’échantillon princeps de Libman et al. (1985), les indices de consistance interne atteignaient :
    • α = 0,92 pour les hommes consultant pour dysfonction érectile ;
    • α = 0,94 pour les évaluations portées par les partenaires de ces hommes dysfonctionnels ;
    • α = 0,92 pour les hommes témoins sans difficulté sexuelle ;
    • α = 0,86 pour les partenaires du groupe témoin.

    Ces valeurs témoignent de l’absence de redondance excessive tout en garantissant que chaque item contribue significativement à la mesure du construit général d’auto-efficacité.

  • Stabilité test-retest : La fidélité temporelle a été mesurée auprès du groupe témoin sur un intervalle d’un mois sans intervention thérapeutique. Les coefficients de corrélation test-retest ont atteint des niveaux exceptionnels de r = 0,98 pour les hommes et de r = 0,97 pour leurs partenaires féminines (p < 0,001). Cette stabilité remarquable prouve que la SSES-E ne fluctue pas sous l’effet de biais de mesure passagers ou de simples variations de l’humeur en condition stable, rendant les variations de scores post-traitement pleinement attribuables aux effets réels de l’intervention clinique.

9. Analyse factorielle / Factor Analysis

L’architecture interne de la SSES-E a fait l’objet d’investigations psychométriques approfondies pour déterminer son organisation dimensionnelle :

Dans la formalisation d’origine de Bandura, les échelles d’auto-efficacité sont conçues pour agréger des niveaux de force à travers des gradients de difficulté comportementale, ce qui sous-tend une utilisation de l’instrument comme une échelle unidimensionnelle globale (score de force moyenne de 0 à 100). Les analyses factorielles exploratoires (AFE) menées sur les données initiales de Libman et al. (1985) ont corroboré la présence d’un facteur général prédominant expliquant la majeure partie de la variance totale, reflétant la croyance fondamentale d’aptitude érectile globale. Tous les items présentaient des saturations factorielles substantielles (> 0,50) sur ce premier facteur non tourné.

Cependant, des analyses factorielles confirmatoires (AFC) et exploratoires complémentaires menées lors d’études de sous-groupes cliniques (notamment dans les protocoles urologiques et pharmacologiques de Latini et al., 2006a, 2006b) suggèrent une structure sous-jacente polyfactorielle hiérarchisée, articulée autour de trois axes fonctionnels :

  • Facteur 1 : Compétence érectile coïtale et résistance à la panne. Ce facteur regroupe les items 5, 6, 7, 8, 9, 20 et 21, relatifs à l’obtention, au maintien et à la récupération de la tumescence ferme en situation de rapport sexuel avec partenaire. Ce facteur capture le noyau dur de l’anxiété de performance érectile et explique la plus forte proportion de variance clinique.
  • Facteur 2 : Autonomie sexuelle et fonction réflexe. Comprenant les items 2, 24 et 25, ce facteur isole les capacités érectiles et orgasmiques solitaires (masturbation) et physiologiques (érections matinales), servant de référence d’intégrité neuro-vasculaire basale indépendante des facteurs d’anxiété relationnelle.
  • Facteur 3 : Aisance psychosexuelle, flexibilité et communication. Rassemblant les items 1, 10, 11, 12, 13, 14, 15, 16, 17, 18, 19, 22 et 23, ce facteur traduit la capacité à vivre l’intimité corporelle de façon satisfaisante au-delà de l’impératif de rigidité pénienne mécanique, incorporant l’affirmation de soi et la communication des besoins au sein du couple.

Malgré la richesse heuristique de ces sous-composantes, les auteurs recommandent de privilégier le score global moyen pour les comparaisons standardisées et les calculs statistiques de puissance dans les essais cliniques, en raison de la très forte corrélation inter-facteurs qui soutient la validité de construit d’un indice global de force d’auto-efficacité.

10. Instrument de mesure / Instrument

  • Type d’évaluation : Questionnaire psychométrique auto-rapporté ou hétéro-rapporté (passation parallèle par la partenaire).
  • Format : Formulaire papier-crayon standardisé ou version informatisée/interactive.
  • Nombre d’items : 25 items distincts couvrant l’ensemble du répertoire des comportements sexuels masculins.
  • Population cible : Hommes adultes (avec ou sans dysfonction sexuelle avérée) et leurs partenaires.
  • Temps de passation : Environ 10 minutes par répondant.
  • Modalité de réponse : Système séquentiel en deux colonnes basé sur le paradigme de Bandura :
    • Colonne I (« Peut le faire » / Can Do) : Le répondant appose une coche (✓) à côté de chaque activité qu’il s’estime capable d’exécuter si l’opportunité se présentait aujourd’hui.
    • Colonne II (« Degré de confiance » / Confidence) : Exclusivement pour les activités cochées dans la première colonne, le participant indique un chiffre compris entre 10 et 100 reflétant sa certitude d’accomplissement. Les points d’ancrage sémantiques sont : 10 = « Tout à fait incertain » (Quite Uncertain), 50–60 = « Modérément certain » (Moderately Certain), et 100 = « Tout à fait certain » (Quite Certain).
  • Cotation et calcul des scores :
    • Toute activité non cochée dans la colonne I reçoit automatiquement un score d’efficacité de 0 dans la colonne II.
    • Bien que l’échelle propose des intervalles de 10 en 10, tout nombre continu rapporté par le sujet peut être consigné.
    • Le score global de force d’auto-efficacité correspond à la somme arithmétique de toutes les valeurs de la colonne Confiance divisée par 25 (nombre total d’items), produisant un score continu théorique s’étendant de 0 à 100.
    • Une valeur élevée reflète un sentiment d’auto-efficacité élevé et une solide assurance quant aux compétences érectiles masculines.
  • Gestion des données manquantes :
    • Le calcul au prorata est autorisé sous réserve qu’au moins une réponse valide apparaisse dans la colonne I ou II pour les items 14 à 25.
    • Si un item est coché dans « Peut le faire » mais que le degré de confiance est omis, la substitution par la note moyenne du sujet est permise si cette situation survient pour moins de 3 items.
    • Si 3 items ou plus présentent cette omission, le protocole est invalidé.

11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year

  • Année de conception originale : 1985 (première publication par Libman, Rothenberg, Fichten et Amsel).
  • Statut des droits d’auteur : Propriété intellectuelle des auteurs originaux et des éditeurs académiques. L’échelle a été mise au point simultanément en anglais et en français à Montréal.
  • Conditions d’utilisation et tarifs : L’utilisation de la SSES-E est généralement libre et gratuite à des fins de recherche académique non commerciale, de thèses universitaires et de pratique clinique individuelle, à condition de citer scrupuleusement la référence originale de 1985.
  • Utilisation commerciale et essais industriels : Toute utilisation dans le cadre d’essais cliniques sponsorisés par l’industrie pharmaceutique ou d’applications commerciales propriétaires fait l’objet de licences spécifiques. L’échelle a notamment été traduite dans le cadre du FACIT Multilingual Translations Project (Eremenco, 2003) pour les essais mondiaux de l’inhibiteur de la PDE5 vardénafil (Levitra) par GlaxoSmithKline (2009).
  • Correspondance et autorisations : Dr Catherine S. Fichten, Unité de recherche et de psychothérapie comportementale, Institut de psychiatrie communautaire et familiale, SMBD-Hôpital général juif, 4333 Chemin de la Côte-Sainte-Catherine, Montréal, Québec, Canada H3T 1E4 ; courriel : [email protected].

12. Références / References

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13. Questions et items du questionnaire (Scale Items)

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :
1

Anticipate (think about) having intercourse without fear or anxiety.
2

Get an erection by masturbating when alone.
3

Get an erection during foreplay when both partners are clothed.
4

Get an erection during foreplay while both partners are nude.
5

Regain an erection if it is lost during foreplay.
6

Get an erection sufficient to begin intercourse.
7

Keep an erection during intercourse until orgasm is reached.
8

Regain an erection if it is lost during intercourse.
9

Get an erection sufficient for intercourse within a reasonable period of time.
10

Engage in intercourse for as long as desired without ejaculating.
11

Stimulate the partner to orgasm by means other than intercourse.
12

Feel sexually desirable to the partner.
13

Feel comfortable about one’s sexuality.
14

Enjoy a sexual encounter with the partner without having intercourse.
15

Anticipate a sexual encounter without feeling obliged to have intercourse.
16

Be interested in sex.
17

Initiate sexual activities.
18

Refuse a sexual advance by the partner.
19

Ask the partner to provide the type and amount of sexual stimulation needed.
20

Get at least a partial erection when with the partner.
21

Get a firm erection when with the partner.
22

Have an orgasm while the partner is stimulating the penis with hand or mouth.
23

Have an orgasm while penetrating (whether there is a firm erection or not).
24

Have an orgasm by masturbation when alone (whether there is a firm erection or not).
25

Get a morning erection.
★

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Citer cet article

Looti, M. (2026, octobre 17). Échelle d’auto-efficacité sexuelle — Fonctionnement érectile. Base de données de psychologie en français. https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=echelle-auto-efficacite-sexuelle-fonctionnement-erectile-sses-e-2
Looti, Mohammed. “Échelle d’auto-efficacité sexuelle — Fonctionnement érectile.” Base de données de psychologie en français, 17 octobre 2026, https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=echelle-auto-efficacite-sexuelle-fonctionnement-erectile-sses-e-2.
Looti, Mohammed. “Échelle d’auto-efficacité sexuelle — Fonctionnement érectile.” Base de données de psychologie en français. octobre 17, 2026. https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=echelle-auto-efficacite-sexuelle-fonctionnement-erectile-sses-e-2.