Échelle d’auto-efficacité parentale

L’Échelle d’auto-efficacité parentale (Parenting Self-Efficacy Scale – PSES), élaborée par Colleen DiIorio, mesure la confiance des parents à dialoguer avec leurs enfants au sujet de la sexualité, de la puberté et de la contraception. Découvrez ses propriétés psychométriques, son cadre théorique et ses items.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · octobre 18, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : octobre 18, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
Critères d'évaluation et normes cliniques

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1. Résumé

L’Échelle d’auto-efficacité parentale (en anglais, Parenting Self-Efficacy Scale – PSES), développée initialement par la professeure Colleen DiIorio et ses collaborateurs à l’Université Emory, est un instrument psychométrique conçu pour évaluer le sentiment d’efficacité personnelle des parents quant à leur capacité à aborder les questions relatives à la sexualité et à la santé reproductive avec leurs enfants et adolescents. Ancrée dans la théorie sociale cognitive d’Albert Bandura, cette échelle repose sur le postulat qu’un niveau élevé d’auto-efficacité spécifique constitue un déterminant direct et prédictif de l’initiation et du maintien de conversations préventives ouvertes et structurées au sein du système familial.

Dans sa version définitive stabilisée, l’outil comprend 17 items formulés de manière positive, cotés sur une échelle de réponse de type Likert en 7 points allant de 1 (« Pas du tout sûr » / Not Sure at all) à 7 (« Tout à fait sûr » / Completely Sure), avec un point médian fixé à 4 (« Modérément sûr » / Moderately Sure). L’instrument opérationnalise deux dimensions factorielles distinctes et complémentaires : les informations fondamentales et physiologiques (Basic Information, couvrant la puberté, les processus biologiques et les mécanismes contraceptifs ou préventifs du VIH/sida) et les informations d’ordre relationnel et psychosocial (Relationship-Based Information, mesurant l’aptitude perçue à aborder la négociation du consentement, le report de l’activité sexuelle, la pression des pairs et les dynamiques affectives).

Sur le plan métrologique, l’échelle présente des qualités psychométriques rigoureusement documentées. La cohérence interne globale s’est avérée élevée dans les échantillons originaux de mères d’adolescents (α = 0,85) ainsi que dans des cohortes ultérieures impliquant des pères d’adolescents (α = 0,85 à 0,94). Les analyses factorielles exploratoires ont confirmé une solution à deux facteurs expliquant 44 % de la variance totale après réévaluation du modèle initial. La validité de construit est étayée par des corrélations statistiquement significatives avec la communication générale, les pratiques éducatives parentales, l’estime de soi et la fréquence réelle des discussions sexuelles rapportées.

2. Mots-clés

Auto-efficacité parentale, communication parents-adolescents, éducation sexuelle, théorie sociale cognitive, psychométrie, évaluation psychologique, santé reproductive, prévention du VIH, compétences parentales, validité factorielle.

3. Auteurs

L’échelle a été conçue et validée par une équipe de chercheurs en santé publique et en sciences infirmières dirigée par :

  • Colleen DiIorio, PhD, FAAN : Professeure émérite au Département des sciences comportementales et de l’éducation à la santé (Department of Behavioral Sciences and Health Education), Rollins School of Public Health, Université Emory, Atlanta, Géorgie, États-Unis. Adresse électronique de correspondance institutionnelle : [email protected].
  • William N. Dudley, PhD : Psychométricien et biostatisticien, collaborateur de recherche sur la modélisation des équations structurelles et la validation d’instruments de mesure comportementale.
  • Dongmei Wang, MS : Analyste statistique et méthodologiste, Rollins School of Public Health, Université Emory.
  • Jerome Wasserman, PhD : Chercheur associé aux projets de prévention des comportements à risque chez les jeunes, Université Emory.
  • Melanie Eichler, MPH et Lisa Belcher, PhD : Collaboratrices scientifiques aux Centers for Disease Control and Prevention (CDC) et à l’Université Emory.
  • Frank McCarty, PhD et Pamela Denzmore : Chercheurs co-auteurs des travaux d’extension de l’échelle auprès de cohortes paternelles et d’interventions préventives randomisées.

4. Objectif

L’objectif fondamental de la Parenting Self-Efficacy Scale (PSES) est d’opérationnaliser et de quantifier avec précision la confiance subjective qu’éprouvent les parents quant à leur habileté communicationnelle à instruire, guider et conseiller leurs enfants adolescents sur des questions touchant à la sexualité, à la puberté, à la contraception et aux relations interpersonnelles intimes. Bien que les modèles de promotion de la santé reconnaissent unanimement que les parents jouent un rôle de premier plan comme agents de socialisation sexuelle et protecteurs primaires face aux infections sexuellement transmissibles (IST) et aux grossesses non planifiées, l’expérience clinique révèle que nombre d’adultes éprouvent une forte anxiété, un sentiment d’illégitimité ou un déficit de compétences perçues au moment d’aborder ces thématiques souvent entourées de tabous culturels ou religieux.

Sur le versant de la recherche translationnelle, la PSES répond au besoin d’un instrument psychométriquement robuste permettant de tester les médiateurs cognitifs postulés par la théorie sociale cognitive dans le cadre d’interventions socio-éducatives familiales. De nombreux programmes de santé publique échouaient à démontrer des changements comportementaux pérennes chez les jeunes précisément parce qu’ils n’évaluaient pas l’impact intermédiaire exercé sur le sentiment d’efficacité des figures parentales. En fournissant une mesure calibrée sur des cibles comportementales hautement spécifiques, l’échelle permet de déterminer si un atelier ou un module d’entraînement parental renforce effectivement l’agentivité parentale nécessaire pour initier des dialogues préventifs continus.

Dans la pratique clinique, pédiatrique et d’orientation familiale, la PSES sert d’outil d’évaluation diagnostique et formative. Les professionnels de santé mentale, psychologues scolaires et conseillers conjugaux peuvent l’utiliser pour identifier les zones de vulnérabilité communicationnelle propres à chaque parent. Alors qu’un parent peut afficher une excellente assurance lorsqu’il s’agit d’expliquer les transformations physiques de la puberté (les règles, les émissions nocturnes), ce même parent peut présenter un effondrement complet de son sentiment d’efficacité dès lors qu’il s’agit d’aborder des thématiques relationnelles complexes, telles que la manière de résister aux pressions d’un partenaire, la négociation de l’abstinence ou l’obtention de préservatifs. L’échelle offre ainsi une cartographie granulaire orientant la psychoéducation vers les lacunes spécifiques du parent.

La justification théorique sous-jacente s’appuie sur le principe de spécificité du domaine défendu par Albert Bandura : une mesure globale d’auto-efficacité générale échoue régulièrement à prédire des conduites spécifiques et anxiogènes. En ciblant méticuleusement les échanges sexuels parent-enfant, la PSES capture le véritable levier psychologique conditionnant le passage de l’intention à l’acte communicationnel régulier et constructif.

5. Construit psychologique

Le construit psychologique au cœur de la PSES est l’auto-efficacité communicationnelle parentale en matière de sexualité. Conformément aux principes de la psychologie sociale et cognitive, ce construit ne reflète pas nécessairement le niveau réel de connaissances médicales, anatomiques ou épidémiologiques du parent, mais bien son auto-évaluation subjective quant à sa compétence à mobiliser, verbaliser et transmettre ces informations de manière claire, rassurante et efficace face à son propre enfant.

Le modèle factoriel stabilisé de la PSES structure ce construit autour de deux composantes primaires interactives :

1. Les informations fondamentales et physiologiques (Basic Information)

Cette première dimension rassemble les compétences perçues relatives à l’explication des processus biologiques universels de la maturation corporelle, aux méthodes contraceptives concrètes et aux stratégies fondamentales de sécurisation des rapports sexuels. Elle correspond au rôle informatif et technique du parent dispensateur de savoirs biomédicaux. Les items constitutifs de cette sous-échelle ciblent des comportements d’échange explicites :

  • La physiologie de la menstruation féminine (par exemple, expliquer ce qui se passe physiologiquement lorsqu’une fille a ses règles) ;
  • La physiologie masculine pubertaire, notamment les pollutions nocturnes (wet dreams) ;
  • La justification rationnelle de l’usage du préservatif lors des rapports sexuels ;
  • Le fonctionnement biologique de la pilule contraceptive et ses mécanismes de prévention de la grossesse ;
  • Les aspects logistiques et concrets de la santé reproductive, tels que savoir où et comment se procurer des préservatifs ou la pilule contraceptive ;
  • Les voies de transmission du VIH/sida et son association directe avec l’absence de protection mécanique.

Cette dimension exige du parent qu’il surmonte la gêne anatomique et le sentiment potentiel de transgression pour assumer une fonction éducative explicite et déstigmatisée.

2. Les informations d’ordre relationnel et psychosocial (Relationship-Based Information)

La seconde dimension englobe des aspects psychosociaux, éthiques et interpersonnels bien plus nuancés, nécessitant une posture d’écoute, de négociation et de conseil affectif. Il ne s’agit plus de décrire une mécanique corporelle, mais de transmettre des compétences de vie psychosociales (life skills) applicables au contexte amoureux et sexuel. Cette dimension examine la capacité perçue du parent à aborder :

  • La communication affirmative du refus et le respect du consentement mutuel (apprendre à son adolescent à dire « non » s’il ou elle ne désire pas avoir de relations sexuelles) ;
  • La gestion de la temporalité du passage à l’acte et l’invitation à différer l’entrée dans la sexualité génitale jusqu’à un stade de maturité adéquat ;
  • La négociation au sein du couple visant à inciter le partenaire à attendre ;
  • L’exploration de modalités alternatives de plaisir, d’intimité et d’amusement excluant la pénétration sexuelle ;
  • Le décryptage des sentiments amoureux et la différenciation entre l’affection sincère et les manipulations séductrices ;
  • Le développement de l’esprit critique et la résistance active à la conformité et à la pression exercée par le groupe de pairs.

L’articulation entre ces deux sous-dimensions permet de couvrir l’ensemble du spectre de la socialisation sexuelle primaire, depuis la factualité biologique jusqu’à l’émancipation affective responsable.

6. Cadre théorique

La conception de la Parenting Self-Efficacy Scale est indissociable de la théorie sociale cognitive élaborée par Albert Bandura (1986, 1997). Au centre de cette architecture théorique trône le concept d’auto-efficacité (self-efficacy), défini comme la croyance d’un individu en sa capacité d’organiser et d’exécuter les séquences d’actions requises pour produire des résultats donnés dans des situations particulières.

Bandura postule que les croyances d’auto-efficacité régissent le fonctionnement humain à travers quatre processus psychologiques majeurs : cognitifs, motivationnels, affectifs et de sélection. Dans la sphère parentale :

  • Sur le plan cognitif : Les parents dotés d’un sentiment élevé d’auto-efficacité anticipent le succès de leurs interventions dialogiques. Ils perçoivent la discussion comme une opportunité d’autonomisation pour leur enfant plutôt que comme un conflit menaçant ou un aveu d’incompétence.
  • Sur le plan motivationnel : L’auto-efficacité détermine l’effort consenti et la persévérance manifestée face aux obstacles. Discuter de sexualité avec un adolescent suscite couramment des réactions d’évitement, de silences embarrassés, d’ironie ou de rejet défensif. Le parent qui possède une foi inébranlable en son rôle et en son efficacité communicationnelle ne renonce pas face au mutisme initial de l’adolescent ; il réitère ses tentatives, module ses approches et s’adapte au rythme émotionnel du jeune.
  • Sur le plan affectif : Le niveau d’auto-efficacité module l’anxiété et le stress perçu. Un parent faible en auto-efficacité éprouve une détresse émotionnelle anticipatoire élevée à l’idée d’être confronté à des questions imprévues sur les pratiques sexuelles, ce qui engendre un évitement pur et simple de tout échange thématique. À l’inverse, une efficacité perçue robuste atténue l’activation autonome physiologique délétère.
  • Sur le plan de sélection : Les individus évitent les environnements et les activités qu’ils estiment dépasser leurs capacités de gestion. Le parent convaincu de son inaptitude technique ou verbale déléguera implicitement l’éducation sexuelle à l’école, aux médias, à Internet ou aux pairs, avec les risques majeurs de désinformation que cela comporte.

Bandura insiste rigoureusement sur le fait que le sentiment d’efficacité personnelle n’est pas un trait de personnalité global ou indifférencié, mais un ensemble de systèmes de croyances étroitement liés à des contextes d’action spécifiques. Ainsi, un adulte peut manifester une excellente efficacité parentale générale (gestion de la scolarité, discipline, soutien nutritionnel) tout en s’effondrant sur le segment restreint de l’intimité sexuelle. La PSES a été intentionnellement construite pour se conformer au principe méthodologique fondamental de micro-analyse et de congruence contextuelle exigé par Bandura.

Par ailleurs, la théorie sociale cognitive établit une distinction épistémologique cruciale entre le sentiment d’efficacité personnelle (la certitude de pouvoir dispenser l’explication voulue) et les attentes de résultats (la croyance que cette explication produira une protection effective chez l’enfant). Les travaux de DiIorio et collaborateurs (2001) ont démontré que si les attentes de résultats sont indispensables, c’est l’auto-efficacité qui demeure le moteur premier et le prédicteur proximal le plus puissant du déclenchement effectif des conversations intrafamiliales.

7. Validité

La validité scientifique de la PSES a fait l’objet de vérifications empiriques approfondies réparties sur plusieurs phases d’investigation psychométrique auprès d’échantillons diversifiés de parents.

Validité de contenu

La construction initiale des énoncés de l’échelle a débuté par une revue critique exhaustive de la littérature épidémiologique et comportementale portant sur les déterminants de la communication intrafamiliale relative au VIH et à la santé reproductive. Cette analyse a été combinée aux données qualitatives issues de groupes de discussion (focus groups) menés auprès de mères d’adolescents (DiIorio et al., 2001). Ces étapes ont permis d’extraire les 16 items initiaux reflétant les défis réels du quotidien parental. Ensuite, un panel d’experts en santé publique, en sciences infirmières et en mesure psychométrique a examiné chaque item pour vérifier sa conformité linguistique, sa clarté syntaxique et son adéquation stricte avec la théorisation de l’auto-efficacité au sens de Bandura.

Validité de construit et validité convergente

L’étude princeps menée sur une cohorte de 491 mères d’adolescents âgés de 11 à 14 ans a exploré les corrélations bivariées entre le score total à la PSES et plusieurs construits théoriquement associés :

  • Communication sexuelle intrafamiliale : La PSES a présenté des associations positives statistiquement très significatives avec la fréquence et l’ouverture des discussions sexuelles rapportées, confirmant l’hypothèse centrale selon laquelle les parents qui se sentent capables d’aborder ces thèmes le font concrètement de manière plus fréquente.
  • Communication parentale générale : Des corrélations positives modérées ont été observées avec les échelles de communication générale au sein du foyer, démontrant qu’une bonne alliance communicative globale facilite l’auto-efficacité spécifique, tout en restant distincte de celle-ci.
  • Pratiques parentales et estime de soi : Des corrélations significatives et dirigées dans le sens théoriquement prédit ont été identifiées avec les scores de sentiment de compétence parentale globale et l’estime de soi des mères, attestant d’une excellente validité convergente.

Validité de groupe connu et validité prédictive

Les analyses de contrastes intergroupes ont révélé des variations attendues conformément aux tendances de la littérature sociologique : les mères de filles ont rapporté des scores moyens d’auto-efficacité parentale significativement supérieurs à ceux des mères de garçons. Cette divergence documentée met en lumière les barrières socio-culturelles et les asymétries de genre persistantes lors des échanges éducatifs sur la sexualité.

Dans une recherche descriptive ultérieure menée par Pluhar, DiIorio et McCarty (2008) auprès de mères d’enfants âgés de 6 à 12 ans, l’échelle a de nouveau prédit de manière robuste l’engagement effectif des mères dans des dialogues sexualisés précoces, confirmant sa sensibilité transculturelle et développementale. Enfin, dans le cadre d’un essai contrôlé randomisé mené auprès de pères et de leurs fils adolescents (DiIorio, McCarty, & Denzmore, 2006), la version à 17 items a démontré une excellente sensibilité au changement, les pères ayant suivi le programme préventif affichant une progression substantielle et durable de leurs scores d’auto-efficacité comparativement au groupe témoin.

8. Fidélité

La fidélité de la PSES a été systématiquement quantifiée à travers différents échantillons d’évaluation évaluant la cohérence interne des items.

Cohérence interne

Dans l’échantillon d’étalonnage princeps comprenant 491 mères d’adolescents (DiIorio et al., 2001) évaluant la version originelle à 16 items :

  • Le coefficient alpha de Cronbach de l’échelle totale était de 0,85, témoignant d’une consistance interne élevée sans redondance excessive entre les items.
  • La corrélation moyenne inter-items s’élevait à 0,28, se situant idéalement dans la zone préconisée par les standards psychométriques (entre 0,20 et 0,40) pour mesurer un construit multifacette sans rétrécissement de contenu.
  • Les corrélations item-total corrigées s’échelonnaient de 0,24 à 0,61, attestant que chaque énoncé contribuait de façon positive et substantielle à la variance du score global.
  • Les moyennes individuelles des items oscillaient entre 4,46 et 6,76, avec des écarts-types compris entre 0,78 et 2,25.

Pour les deux sous-échelles factorielles de la version originale :

  • Le facteur 1 (Basic Information, 10 items) présentait un coefficient alpha de 0,84.
  • Le facteur 2 (Relationship-Based Information, 6 items) affichait un coefficient alpha de 0,67. Constatant que cette valeur était légèrement inférieure aux seuils d’adéquation optimaux conventionnels (fixés à 0,70 pour les échelles appliquées), les auteurs ont rédigé et adjoint un 17e item spécifique afin de consolider la variance de ce pôle relationnel (portant l’instrument à 17 items dans sa structure contemporaine).

Stabilité et réplications auprès de cohortes paternelles

L’instrument a été éprouvé auprès d’échantillons masculins :

  • Dans l’étude de Pluhar, DiIorio et McCarty (2008), l’application de la PSES a démontré un coefficient alpha de Cronbach remarquable de 0,94.
  • Dans l’évaluation d’une intervention de prévention du VIH menée auprès de 277 pères d’adolescents masculins (DiIorio, McCarty, & Denzmore, 2006), la version à 17 items de la PSES a affiché un alpha de Cronbach stable de 0,85, confirmant la haute fiabilité de l’outil quel que soit le genre de l’éducateur répondant.

9. Analyse factorielle

La structure factorielle sous-jacente de la Parenting Self-Efficacy Scale a été vérifiée à l’aide d’une démarche d’analyse factorielle exploratoire (AFE) par la méthode du maximum de vraisemblance (maximum likelihood common factor analysis) assortie d’une rotation oblique (Promax ou Oblimin), justifiée par l’interdépendance théorique attendue entre les différentes facettes de l’auto-efficacité parentale.

Extraction factorielle initiale et ajustement du modèle

Lors de la première extraction factorielle non restreinte, l’application du critère de Kaiser-Guttman (valeurs propres supérieures à 1,0) a révélé la présence de trois facteurs distincts expliquant collectivement 51 % de la variance totale. Cependant, l’examen de la matrice des configurations factorielles a mis en évidence une faiblesse structurale majeure : un seul item saturait significativement sur le troisième facteur, ce qui violait le principe psychométrique fondamental d’identification d’un facteur commun (qui requiert un minimum de trois items convergents).

Par conséquent, les auteurs ont forcé une extraction restrictive fixée à deux facteurs. Cette modélisation à deux facteurs s’est avérée considérablement plus interprétable sur le plan théorique et plus parcimonieuse, rendant compte de 44 % de la variance totale.

Configuration des saturations factorielles

La distribution des items sur les deux facteurs s’est opérée de la manière suivante :

  • Facteur 1 : Informations fondamentales (Basic Information)
    Ce premier axe factoriel regroupait 10 items. Fait remarquable, il fédérait l’ensemble des items initialement prévus pour mesurer les dimensions pré-spécifiées des processus physiologiques (menstruation, pollutions nocturnes), des questions logistiques/pratiques (accès physique aux préservatifs et contraceptifs) et des messages de prévention sexuelle (justification et port effectif du préservatif face au VIH). L’analyse démontrait ainsi que pour les parents, l’information corporelle et la protection biomédicale constituent un bloc cognitif cohérent et indissociable.
  • Facteur 2 : Informations relationnelles et psychosociales (Relationship-Based Information)
    Le second axe rassemblait les 6 items originaux portant explicitement sur la gestion de l’interaction interpersonnelle, affective et normative : inciter un partenaire à patienter, expliciter les moyens de s’amuser et d’éprouver du plaisir sans passer par la pénétration, refuser des sollicitations non consenties, et décoder la sincérité de l’attachement d’un partenaire.

Afin de pallier l’indice de cohérence perfectible du second facteur (α = 0,67) attribuable au nombre restreint d’énoncés relationnels, un 17e énoncé a été rédigé ciblant la résistance active à la pression normative des pairs (« how to resist peer pressure to have sex »), renforçant la cohérence interne et la saturation structurelle de cette dimension.

10. Instrument de mesure

  • Nom du test : Échelle d’auto-efficacité parentale (Parenting Self-Efficacy Scale – PSES).
  • Auteure principale : Colleen DiIorio, PhD, FAAN (Rollins School of Public Health, Emory University).
  • Type de test : Questionnaire d’auto-évaluation psychologique (auto-questionnaire standardisé), administrable par passation papier-crayon, par entretien individuel standardisé ou via un questionnaire informatisé administré par ordinateur (CAI).
  • Domaine clinique et conceptuel : Psychologie de la santé, dynamique familiale, évaluation des compétences parentales, santé sexuelle et reproductive.
  • Nombre total d’items : 17 énoncés dans la version stabilisée (16 items dans le protocole initial de 2001).
  • Échelle de réponse : Échelle ordinale de type Likert en 7 points, avec les ancrages suivants :
    • 1 : Pas du tout sûr (Not Sure at all)
    • 2 : [Ancrage intermédiaire]
    • 3 : [Ancrage intermédiaire]
    • 4 : Modérément sûr (Moderately Sure)
    • 5 : [Ancrage intermédiaire]
    • 6 : [Ancrage intermédiaire]
    • 7 : Tout à fait sûr (Completely Sure)
  • Amorce des énoncés : Chaque item débute obligatoirement par l’amorce systématique : « I can always explain to [my child]… » (Dans la version papier, cette amorce peut être placée en en-tête collectif ; lors de passations informatisées, la mention [my child] est personnalisée par le prénom de l’enfant).
  • Temps de passation requis : Environ 5 à 10 minutes. Les énoncés, formulés dans un langage clair et direct, ne requièrent généralement aucune assistance ni explication supplémentaire.
  • Modalités de cotation et calcul des scores :
    • Tous les 17 items sont rédigés selon une polarité positive (aucun item inversé).
    • Le score global s’obtient par la somme arithmétique simple des valeurs attribuées aux 17 items.
    • Étendue théorique des scores : De 17 à 119 points.
    • Interprétation générale : Un score élevé traduit un niveau robuste d’auto-efficacité parentale, corrélé à une propension significativement plus forte à communiquer de manière proactive et préventive sur la sexualité avec son adolescent. Des scores par sous-échelles peuvent également être calculés pour isoler les compétences informatives fondamentales des compétences relationnelles.

11. Permissions, Tarifs et Année du test

  • Année de publication princeps : 2001 (complétée et révisée en 2006).
  • Statut des droits et accessibilité : L’Échelle d’auto-efficacité parentale relève du domaine de la recherche académique institutionnelle. Les auteurs ont publié la structure complète des items à des fins d’utilisation clinique, d’évaluation de programmes préventifs et de recherche biomédicale non commerciale.
  • Tarifs d’utilisation : L’instrument est libre de droits d’accès financiers (gratuit) pour les chercheurs, praticiens hospitaliers, psychologues et étudiants menant des projets à vocation non lucrative, sous réserve de citer scrupuleusement les travaux scientifiques princeps de référence.
  • Demandes d’autorisation et correspondances : Toute demande d’adaptation, de traduction transculturelle formalisée ou d’intégration dans des protocoles interventionnels d’envergure peut être transmise à l’auteure correspondante :

    Colleen DiIorio, PhD, Rollins School of Public Health, Department of Behavioral Sciences and Health Education, Emory University, 1518 Clifton Road NE, Atlanta, GA 30322, États-Unis. Courriel : [email protected].

12. Références

Les publications fondatrices et études d’application métrologique associées à l’échelle sont répertoriées ci-dessous selon les normes méthodologiques de l’APA (7e édition) :

13. Questions et items du questionnaire

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :

Instructions to respondents:

Read each statement about talking to your child about sexuality issues. Then chose a number on the scale from 1 (Not Sure at all) to 7 (Completely Sure) to say how sure you are about your ability to talk about each topic with [my child] as he/she grows up. Remember, 1 means Not Sure at all, 4 means Moderately Sure, and 7 means Completely Sure. You can also answer with the numbers in between. For example, a 5 or 6 would mean somewhere between Moderately Sure and Completely Sure.

Response Options:
1 Not Sure at all    2    3    4 Moderately Sure    5    6    7 Completely Sure

  1. I can always explain to [my child] what is happening when a girl has her period.
  2. I can always explain to [my child] why a person should use a condom when he or she has sex.
  3. I can always explain to [my child] ways to have fun without having sexual intercourse.
  4. I can always explain to [my child] why [my child] should wait until [my child] is older to have sexual intercourse.
  5. I can always explain to [my child] that [my child] should use condoms if [my child] decides to have sexual intercourse.
  6. I can always explain to [my child] why wet dreams occur.
  7. I can always explain to [my child] how to put on a condom.
  8. I can always explain to [my child] how to use birth control pills.
  9. I can always explain to [my child] how birth control pills keep girls from getting pregnant.
  10. I can always explain to [my child] what I think about young teens having sex.
  11. I can always explain to [my child] how to tell someone no if [my child] does not want to have sex.
  12. I can always explain to [my child] how to make a partner wait until [my child] is ready to have sex.
  13. I can always explain to [my child] how someone can get AIDS if they don’t use a condom.
  14. I can always explain to [my child] where to buy or get condoms.
  15. I can always explain to [my child] where to buy or get birth control pills.
  16. I can always explain to [my child] how to tell if a girl or boy really loves [my child].
  17. I can always explain to [my child] how to resist peer pressure to have sex.
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Looti, M. (2026, octobre 18). Échelle d’auto-efficacité parentale. Base de données de psychologie en français. https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=echelle-auto-efficacite-parentale-pses
Looti, Mohammed. “Échelle d’auto-efficacité parentale.” Base de données de psychologie en français, 18 octobre 2026, https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=echelle-auto-efficacite-parentale-pses.
Looti, Mohammed. “Échelle d’auto-efficacité parentale.” Base de données de psychologie en français. octobre 18, 2026. https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=echelle-auto-efficacite-parentale-pses.