Échelle d’auto-efficacité dans les échecs (CSS)

Découvrez l’Échelle d’auto-efficacité dans les échecs (CSS ; Olivo & Barbaranelli, 2023), son cadre théorique issu de Bandura, sa structure factorielle à 4 dimensions (ESEM/CFA) et ses propriétés psychométriques.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · octobre 14, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : octobre 14, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
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1. Résumé / Abstract

La Chess Self-efficacy Scale (CSS ; Olivo & Barbaranelli, 2023) est un instrument psychométrique standardisé conçu pour évaluer les croyances d’un joueur d’échecs quant à ses capacités à exercer un contrôle sur ses performances cognitives, ses états affectifs et les contraintes environnementales inhérentes aux compétitions échiquéennes. Élaborée initialement en Italie auprès d’un échantillon de compétiteurs adultes, l’échelle comprend 38 items dont le contenu a été généré selon la technique des incidents critiques de Flanagan. Le format d’évaluation repose sur une échelle de type Likert en 5 points allant de 1 (« pas du tout confiant » / not confident at all) à 5 (« totalement confiant » / completely confident), administrée par voie électronique.

Les investigations psychométriques révèlent une organisation factorielle hiérarchique robuste. L’analyse factorielle exploratoire (AFE) couplée à l’analyse parallèle de Horn et la modélisation par équations structurelles exploratoires (ESEM) ont identifié quatre facteurs de premier ordre : la Préparation et le jeu (Preparation and game), la Résolution de problèmes (Problem-solving), les Émotions négatives (Negative emotions) et les Émotions positives (Positive emotions). Ces dimensions primaires se regroupent au sein de deux facteurs de second ordre, à savoir la Performance et l’Émotion, qui s’intègrent eux-mêmes sous un facteur de troisième ordre d’Auto-efficacité générale échiquéenne.

Les indices d’ajustement du modèle ESEM témoignent d’une excellente adéquation aux données empiriques (RMSEA = 0,046, IC à 90 % [0,041, 0,050] ; SRMR = 0,039). La cohérence interne est remarquable pour l’ensemble des dimensions, avec des coefficients alpha de Cronbach (α) et oméga de McDonald (ω) oscillant entre 0,75 et 0,95 selon les niveaux d’abstraction factorielle. Enfin, la validité de critère est attestée par la capacité de l’échelle à discriminer significativement les joueurs en fonction de leur classement échiquéen officiel (cote Elo), notamment sur les facteurs cognitifs et stratégiques. La CSS constitue ainsi un outil pionnier pour l’étude empirique des processus motivationnels et d’autorégulation dans les sports non physiques et les domaines cognitifs de haute expertise.

2. Mots-clés / Keywords

Auto-efficacité, échecs, sports non physiques, psychométrie, régulation émotionnelle, résolution de problèmes, performance cognitive, modélisation par équations structurelles exploratoires, validité de critère, cohérence interne, évaluation psychologique, théorie sociale cognitive.

3. Auteurs / Authors

L’échelle d’auto-efficacité dans les échecs a été développée et validée par :

  • Ilaria Olivo : Département de Psychologie, Sapienza Università di Roma, Rome, Italie.
  • Claudio Barbaranelli : Professeur titulaire de psychométrie et d’évaluation psychologique, Département de Psychologie, Sapienza Università di Roma, Rome, Italie. Courriel institutionnel : [email protected]. Adresse postale : Dipartimento di Psicologia, Sapienza Università di Roma, Via dei Marsi 78, 00185 Roma, Italie.

4. Objectif / Purpose

Le jeu d’échecs représente le parangon des activités intellectuelles complexes, exigeant des participants une mobilisation soutenue des fonctions exécutives, de la mémoire de travail, de la reconnaissance de configurations spatiales et d’une prise de décision rapide sous contrainte temporelle sévère. Néanmoins, l’expertise échiquéenne et le succès lors des tournois ne dépendent pas exclusivement d’aptitudes cognitives pures ou d’un entraînement technique extensif ; ils dépendent également de la capacité du compétiteur à mobiliser ses ressources psychologiques face à l’incertitude, à la fatigue et à la pression compétitive. L’objectif fondamental de la Chess Self-efficacy Scale (CSS) est de combler un vide méthodologique majeur dans la littérature sur les sports non physiques (mind sports ou sports de l’esprit) en quantifiant les croyances d’un joueur en son pouvoir d’agir sur son propre fonctionnement cognitif et émotionnel.

Conçue pour dépasser les mesures d’auto-efficacité générale — dont la validité prédictive s’avère souvent limitée dans des domaines de haute technicité —, la CSS offre une granularité spécifique au domaine échiquéen. Elle mesure avec précision comment un joueur s’estime capable d’organiser sa préparation tactique, de maintenir sa concentration lors de positions critiques, d’inhiber les émotions déstabilisatrices telles que l’anxiété du zeitnot (pression du temps) et de canaliser l’euphorie ou le soulagement lors des phases favorables de la partie. L’échelle a été développée afin de comprendre comment les facteurs motivationnels et affectifs interagissent pour permettre l’atteinte d’objectifs de performance ambitieux dans des contextes purement stratégiques.

Sur le plan des applications concrètes, la CSS s’adresse à la fois aux chercheurs en psychologie du sport, aux entraîneurs de maîtres et de grands maîtres, ainsi qu’aux psychologues du sport intervenant auprès des compétiteurs. Dans le cadre de la recherche fondamentale, elle permet d’examiner le rôle médiateur de l’efficacité personnelle entre les traits de personnalité, les capacités cognitives et les performances aux classements officiels (tels que le classement FIDE). En pratique appliquée, l’utilisation de la CSS permet de dresser un profil diagnostique personnalisé des forces et vulnérabilités psychologiques d’un joueur, fournissant des cibles d’intervention claires pour le coaching mental (par exemple, le renforcement du sentiment d’auto-efficacité face aux positions compromises ou le calibrage des affects positifs prématurés).

5. Construit psychologique / Construct

Le construit mesuré par la CSS est l’auto-efficacité échiquéenne, définie comme la conviction éprouvée par un individu quant à sa capacité à mobiliser la motivation, les ressources cognitives et les stratégies d’action nécessaires pour répondre aux exigences environnementales et techniques imposées par la pratique compétitive des échecs. Ce construit psychologique est structuré de manière multidimensionnelle et hiérarchique, comprenant quatre facteurs primaires et deux dimensions intégratrices de second ordre.

Facteurs de premier ordre

  • Préparation et jeu (Preparation and game) : Cette dimension quantifie le sentiment de compétence relatif à la planification pré-compétitive, à la maîtrise du répertoire d’ouvertures, à l’analyse méthodique des faiblesses adverses et à la gestion globale du rythme de la partie. Elle englobe la certitude de pouvoir maintenir un plan de jeu cohérent, d’allouer judicieusement son temps de réflexion sur la pendule et d’éviter les décisions impulsives dans les phases de transition critique.
  • Résolution de problèmes (Problem-solving) : Ce facteur évalue la confiance du joueur en ses capacités de calcul analytique approfondi, de détection de motifs tactiques, de navigation dans des positions tactiquement instables ou déséquilibrées, et d’adaptation lorsque la position sur l’échiquier s’écarte des lignes théoriques connues. Il renvoie à la résilience cognitive indispensable pour continuer à chercher les meilleures défenses ou contre-attaques dans des situations compromises.
  • Émotions négatives (Negative emotions) : Cette sous-échelle mesure la capacité perçue d’autorégulation émotionnelle face aux événements défavorables. Elle capture la confiance en son aptitude à contrôler la frustration consécutive à une gaffe (blunder), à inhiber l’anxiété de performance lors du compte à rebours final de la pendule, et à désamorcer le sentiment de découragement ou la peur de perdre face à un adversaire supérieur sur le papier.
  • Émotions positives (Positive emotions) : Souvent négligée dans l’étude de la performance compétitive, cette dimension mesure la capacité d’un joueur à réguler ses affects expansifs ou euphoriques. Il s’agit d’évaluer la confiance dans son pouvoir de neutraliser l’excès de confiance (overconfidence), la déconcentration ou l’impatience de conclure une partie lorsqu’un avantage matériel ou positionnel décisif a été obtenu.

Dimensions de second ordre et auto-efficacité générale

Au niveau supérieur d’abstraction théorique, les quatre dimensions fondamentales convergent vers deux sous-domaines psychologiques distincts mais interconnectés :

  • Facteur Performance : Résultant de l’intégration des facteurs Préparation et jeu et Résolution de problèmes, cette dimension globale reflète l’auto-efficacité purement instrumentale, tactique et stratégique indispensable à l’exécution de l’expertise échiquéenne.
  • Facteur Émotion : Combinant les facteurs Émotions négatives et Émotions positives, cette dimension représente l’auto-efficacité émotionnelle globale, soit la capacité globale d’un individu à moduler l’ensemble de son spectre affectif afin de préserver une lucidité optimale.

Enfin, ces deux métadomaines s’agrègent en un facteur de troisième ordre nommé Auto-efficacité générale échiquéenne, qui encapsule l’évaluation globale et synthétique qu’un joueur porte sur sa propre puissance d’action échiquéenne face aux contraintes du jeu.

6. Cadre théorique / Theoretical Framework

L’ancrage conceptuel de la CSS repose primordialement sur la théorie sociale cognitive formulée par Albert Bandura (1977, 1997). Selon Bandura, les croyances d’auto-efficacité opèrent comme un mécanisme régulateur central de l’agentivité humaine : elles influencent les choix d’objectifs, la quantité d’effort investi, la persévérance face aux obstacles et le degré de vulnérabilité au stress et à la dépression. Bandura a souligné avec vigueur que pour être scientifiquement valides et dotées d’une utilité prédictive concrète, les mesures d’auto-efficacité doivent être adaptées au domaine d’activité investigué, plutôt que d’être conçues comme des traits globaux décontextualisés.

Dans les échecs, ce principe de spécificité est crucial. Les quatre sources fondamentales d’auto-efficacité décrites par Bandura s’incarnent de manière très particulière dans l’arène échiquéenne :

  • Les expériences actives de maîtrise : Les victoires obtenues contre des adversaires titrés ou la résolution réussie de finales complexes constituent la source la plus puissante d’auto-efficacité.
  • Les expériences vicariantes : L’observation de parties de modèles de référence (comme les grands maîtres d’élite ou des pairs de niveau comparable) démontrant des victoires dans des ouvertures spécifiques alimente les croyances d’aptitude.
  • La persuasion verbale : Les rétroactions de l’entraîneur ou le regard des pairs renforcent la foi du joueur en ses calculs.
  • Les états physiologiques et émotionnels : Les réponses somatiques (tachycardie en zeitnot, tension musculaire) et l’interprétation subjective du niveau d’éveil affectif jouent un rôle prépondérant dans l’évaluation de sa propre efficacité.

Au-delà de Bandura, la CSS intègre les acquis de la psychologie cognitive de l’expertise échiquéenne, initiée par les travaux pionniers d’Adriaan de Groot (1965) et approfondie par les théories de la segmentation en blocs (chunking) de Chase et Simon (1973) et la théorie des patrons (templates) de Fernand Gobet. Ces modèles démontrent que l’expertise implique une articulation sophistiquée entre la reconnaissance perceptive immédiate de schémas géométriques et le calcul délibéré par arbres de recherche. La CSS formalise l’hypothèse selon laquelle la performance effective résulte non seulement de l’existence de ces schémas cognitifs en mémoire à long terme, mais aussi de la certitude métacognitive du joueur quant à sa faculté de les retrouver et de les exploiter sous stress.

Sur le plan affectif, l’instrument s’appuie sur le modèle de processus de la régulation émotionnelle de James Gross (1998) et la théorie des zones individuelles de fonctionnement optimal (IZOF) de Yuri Hanin (2000). Dans les échecs, une surcharge émotionnelle altère directement la capacité limitée de la mémoire de travail nécessaire à la simulation des coups futurs. La capacité à contrôler ses affects, positifs comme négatifs, garantit la conservation des ressources exécutives dans leur zone optimale d’efficience.

7. Validité / Validity

Le processus de validation psychométrique de la CSS a été conduit avec rigueur par Olivo et Barbaranelli (2023) selon une démarche séquentielle visant à garantir la validité de contenu, la validité factorielle et la validité de critère.

Validité de contenu

La génération du pool initial d’items a fait appel à la technique des incidents critiques (Flanagan, 1954). Des joueurs de tournois ont été interrogés sur les situations échiquéennes concrètes et déterminantes dans lesquelles la gestion des émotions ou la prise de décision stratégique avait provoqué la victoire ou la défaite. Cette étape qualitative approfondie a permis d’assurer que l’instrument final de 38 items couvre de façon exhaustive et réaliste la phénoménologie de la compétition échiquéenne.

Validité de critère et différentielle

La validité liée à un critère externe a été rigoureusement documentée en confrontant les scores de l’échelle au classement officiel des joueurs (la cote échiquéenne, reflétant leur force compétitive objective). Des analyses de variance (ANOVA) ont été conduites en stratifiant les participants en trois groupes de niveau technique distincts basés sur leurs classements. Les résultats révèlent des différences statistiquement significatives entre les groupes pour les facteurs de performance :

  • Pour le facteur de premier ordre Préparation et jeu : $F(2, 319) = 5{,}304$, $p < 0{,}01$, avec une taille d’effet de $\eta^2 = 0{,}032$. Les joueurs les mieux classés manifestent des croyances d’efficacité significativement plus solides concernant leur capacité à structurer leur préparation et exécuter leur plan de jeu.
  • Pour le facteur de premier ordre Résolution de problèmes : $F(2, 319) = 10{,}321$, $p < 0{,}001$, avec une taille d’effet substantielle de $\eta^2 = 0{,}061$. Cette différence démontre que la confiance dans le calcul tactique complexe et la recherche de solutions en positions critiques est un discriminant robuste du niveau d’expertise réel.

Ces éléments corroborent la validité discriminante et concourante de l’instrument : les composantes cognitives de l’auto-efficacité varient directement avec l’expertise établie, confirmant que la CSS capte fidèlement les compétences réelles des compétiteurs.

8. Fidélité / Reliability

La cohérence interne de la Chess Self-efficacy Scale a été estimée au moyen de deux indices psychométriques complémentaires : le coefficient alpha de Cronbach (α) et le coefficient oméga de McDonald (ω), dérivés des saturations factorielles issues de l’analyse factorielle confirmatoire (AFC). Les deux indices fournissent une appréciation convergente et d’une remarquable homogénéité pour l’ensemble des dimensions de l’instrument.

Coefficients de cohérence interne des échelles de facteurs

Les valeurs obtenues lors de l’étude de validation se distribuent comme suit :

  • Échelle Préparation et jeu : $\alpha = 0{,}88$ ; $\omega = 0{,}88$. Ce niveau indique une excellente fidélité des items mesurant la planification stratégique et l’exécution de la partie.
  • Échelle Résolution de problèmes : $\alpha = 0{,}84$ ; $\omega = 0{,}82$. La consistance interne est solide pour les situations de calcul tactique et d’adaptation positionnelle.
  • Échelle Émotions négatives : $\alpha = 0{,}87$ ; $\omega = 0{,}86$. Les scores reflètent une grande précision pour capturer la régulation du stress, de la frustration et de l’anxiété.
  • Échelle Émotions positives : $\alpha = 0{,}77$ ; $\omega = 0{,}75$. Bien que légèrement inférieure aux autres sous-échelles, cette fidélité demeure pleinement satisfaisante au regard des standards psychométriques pour une dimension affective ciblée.

Fidélité des dimensions d’ordre supérieur

Pour les construits composites de second et troisième ordre, la fidélité atteint des niveaux exceptionnels :

  • Facteur Performance (ordre 2) : $\alpha = 0{,}89$ ; $\omega = 0{,}92$.
  • Facteur Émotion (ordre 2) : $\alpha = 0{,}85$ ; $\omega = 0{,}90$.
  • Auto-efficacité générale échiquéenne (ordre 3) : $\alpha = 0{,}90$ ; $\omega = 0{,}95$.

Ces coefficients très élevés confirment que les scores globaux dérivés de la CSS présentent une très faible variance d’erreur de mesure, ce qui en autorise l’usage tant pour la recherche fondamentale que pour le diagnostic individuel dans le cadre de programmes d’entraînement psychologique.

9. Analyse factorielle / Factor Analysis

L’architecture factorielle de la CSS a été établie à l’aide d’une approche méthodologique avancée combinant l’analyse factorielle exploratoire (AFE), l’analyse parallèle de Horn, la modélisation par équations structurelles exploratoires (ESEM) et l’analyse factorielle confirmatoire (AFC).

Analyse parallèle et détermination du nombre de facteurs

Pour déterminer objectivement le nombre de dimensions à extraire, une analyse parallèle de Horn a été réalisée en comparant les valeurs propres empiriques aux valeurs propres moyennes et au 95e centile calculés à partir d’échantillons de données aléatoires simulées :

  • La quatrième valeur propre réelle s’est élevée à 4{,}4706, dépassant nettement la quatrième valeur propre moyenne simulée (3{,}198) et celle du 95e centile (3{,}317).
  • En revanche, la cinquième valeur propre issue des données réelles était de 3{,}027, tombant en dessous de la cinquième valeur propre moyenne simulée (3{,}099) et du 95e centile simulé (3{,}218).

Cette césure mathématique sans ambiguïté a confirmé la présence de quatre facteurs majeurs. Cette solution à quatre dimensions explique 34{,}93 % de la variance totale des items, ce qui représente un rendement explicatif robuste pour un instrument évaluant des comportements et des états affectifs complexes.

Modélisation par équations structurelles exploratoires (ESEM)

Afin de tenir compte des saturations croisées réalistes entre les items tout en testant la structure conceptuelle, une solution ESEM à 4 facteurs a été ajustée. Bien que le test du khi-deux se soit révélé statistiquement significatif en raison de la sensibilité de cette statistique à la taille de l’échantillon, $\chi^2(557) = 992$, $p < 0{,}001$, les indices d’ajustement pratiques ont démontré une adéquation remarquable du modèle théorique aux données :

  • Root Mean Square Error of Approximation (RMSEA) : 0{,}046 (intervalle de confiance à 90 % : [0{,}041 ; 0{,}050] ; probabilité $p(\text{RMSEA} < 0{,}05) = 0{,}93$).
  • Standardized Root Mean Square Residual (SRMR) : 0{,}039.

La valeur de RMSEA nettement inférieure au seuil strict de 0{,}05 et la valeur de SRMR bien inférieure à 0{,}08 attestent de l’excellence de l’ajustement du modèle factoriel tétradimensionnel.

Modélisation factorielle confirmatoire hiérarchique

Par la suite, l’analyse factorielle confirmatoire (AFC) a permis de tester et de valider l’organisation hiérarchique du construit. Les quatre facteurs de premier ordre s’articulent harmonieusement sous deux facteurs latents de second ordre : le domaine instrumental de la Performance (soutenu par la préparation, le jeu et la résolution de problèmes) et le domaine de l’Émotion (soutenu par la régulation des affects positifs et négatifs). À leur tour, ces deux macro-dimensions se projettent avec succès sur un facteur général de troisième ordre d’auto-efficacité dans les échecs, validant la conception théorique pyramidale du modèle.

10. Instrument de mesure / Instrument

L’instrument se présente sous les caractéristiques structurelles et métrologiques suivantes :

  • Nom complet de l’instrument : Chess Self-efficacy Scale (CSS).
  • Traduction française : Échelle d’auto-efficacité dans les échecs.
  • Type d’instrument : Questionnaire d’auto-évaluation psychométrique original sous forme d’inventaire standardisé.
  • Nombre d’items : 38 items.
  • Format de passation : Administration informatisée / électronique en ligne.
  • Échelle de réponse : Échelle de type Likert en 5 points, libellée de la manière suivante :
    1 = « Pas du tout confiant » (Not confident at all)
    2 = « Peu confiant »
    3 = « Moyennement confiant »
    4 = « Très confiant »
    5 = « Totalement confiant » (Completely confident).
  • Population cible : Adultes (18 ans et plus), joueurs d’échecs de compétition (hommes et femmes).
  • Langues disponibles : Anglais et italien.
  • Modalités de calcul des scores :
    • Scores factoriels de premier ordre : calculés par la moyenne ou la somme des items affiliés aux 4 facteurs respectifs (Préparation et jeu, Résolution de problèmes, Émotions négatives, Émotions positives).
    • Scores de second ordre : score global Performance et score global Émotion.
    • Score d’auto-efficacité globale échiquéenne : moyenne générale ou somme de l’ensemble des 38 items. Des scores élevés indiquent un niveau supérieur de sentiment d’efficacité personnelle spécifique à la pratique des échecs.

11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year

  • Année de publication : 2023.
  • Droits d’auteur et permissions : Les droits d’auteur appartiennent aux auteurs (Ilaria Olivo et Claudio Barbaranelli) et à la revue éditrice TPM – Testing, Psychometrics, Methodology in Applied Psychology. L’utilisation de l’instrument à des fins de recherche académique et non commerciale est conditionnée à l’autorisation préalable expresse de l’auteur correspondant, le Professeur Claudio Barbaranelli ([email protected]).
  • Tarification commerciale : Non commerciale. Aucun coût financier n’est exigé pour l’accès académique consenti par les auteurs (Fee: No / Commercial: No).

12. Références / References

Les sources théoriques et méthodologiques mobilisées dans le développement et l’analyse de l’échelle comprennent notamment :

  • Bandura, A. (1977). Self-efficacy: Toward a unifying theory of behavioral change. Psychological Review, 84(2), 191–215. https://doi.org/10.1037/0033-295X.84.2.191
  • Bandura, A. (1997). Self-efficacy: The exercise of control. W. H. Freeman and Company.
  • Chase, W. G., & Simon, H. A. (1973). Perception in chess. Cognitive Psychology, 4(1), 55–81. https://doi.org/10.1016/0010-0285(73)90004-2
  • de Groot, A. D. (1965). Thought and choice in chess. Mouton & Co.
  • Flanagan, J. C. (1954). The critical incident technique. Psychological Bulletin, 51(4), 327–358. https://doi.org/10.1037/h0061470
  • Gobet, F., & Simon, H. A. (1996). Templates in chess memory: A mechanism for recalling several boards. Cognitive Psychology, 31(1), 1–40. https://doi.org/10.1006/cogp.1996.0011
  • Gross, J. J. (1998). The emerging field of emotion regulation: An integrative review. Review of General Psychology, 2(3), 271–299. https://doi.org/10.1037/1089-2680.2.3.271
  • Hanin, Y. L. (2000). Emotions in sport. Human Kinetics.
  • Horn, J. L. (1965). A rationale and test for the number of factors in factor analysis. Psychometrika, 30(2), 179–185. https://doi.org/10.1007/BF02289447
  • Marsh, H. W., Morin, A. J., Parker, P. D., & Kaur, G. (2014). Exploratory structural equation modeling: An integration of the best features of exploratory and confirmatory factor analysis. Annual Review of Clinical Psychology, 10, 85–110. https://doi.org/10.1146/annurev-clinpsy-032813-153700
  • Olivo, I., & Barbaranelli, C. (2023). Checking your chess! Development and validation of the Chess Self-efficacy Scale in a competitive setting. TPM-Testing, Psychometrics, Methodology in Applied Psychology, 30(3), 303–318. https://doi.org/10.4473/TPM30.3.4

13. Questions et items du questionnaire / Scale Items

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :
Instructions / Directions: Please rate your degree of confidence in managing each of the following chess situations, using a 5-point scale ranging from 1 (Not confident at all) to 5 (Completely confident).
Response Scale: 5-point Likert scale (1 = Not confident at all to 5 = Completely confident)
1

Dimension 1: Preparation and Game (Items measuring self-efficacy beliefs regarding pre-game preparation, time management on the clock, execution of game strategies, and maintaining attention)
2

Dimension 2: Problem-Solving (Items assessing confidence in tactical calculation, identifying defensive resources in difficult positions, and adapting to unexpected opponent moves)
3

Dimension 3: Negative Emotions (Items assessing belief in the ability to manage frustration after mistakes, anger, anxiety during time pressure, and discouragement)
4

Dimension 4: Positive Emotions (Items assessing perceived ability to manage overconfidence, premature celebration, and maintaining discipline in winning positions)
★

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Looti, M. (2026, octobre 14). Échelle d’auto-efficacité dans les échecs (CSS). Base de données de psychologie en français. https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=echelle-auto-efficacite-echecs-css
Looti, Mohammed. “Échelle d’auto-efficacité dans les échecs (CSS).” Base de données de psychologie en français, 14 octobre 2026, https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=echelle-auto-efficacite-echecs-css.
Looti, Mohammed. “Échelle d’auto-efficacité dans les échecs (CSS).” Base de données de psychologie en français. octobre 14, 2026. https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=echelle-auto-efficacite-echecs-css.