Échelle d’auto-efficacité contraceptive

L’Échelle d’auto-efficacité contraceptive (CSE) développée par Ruth Andrea Levinson évalue la conviction des femmes de pouvoir maîtriser les situations sexuelles et relationnelles pour faire de la contraception une priorité.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · octobre 18, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : octobre 18, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
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1. Résumé / Abstract

L’Échelle d’auto-efficacité contraceptive (Contraceptive Self-Efficacy Scale, CSE), développée par la chercheuse Ruth Andrea Levinson (1986), constitue l’un des instruments psychométriques les plus influents dans l’analyse des déterminants sociocognitifs et comportementaux régissant l’utilisation des méthodes contraceptives chez les adolescentes et les jeunes femmes sexuellement actives. Fondée sur la théorie de l’auto-efficacité formulée par Albert Bandura, cette échelle opérationnalise la conviction qu’une femme possède quant à sa capacité d’exercer un contrôle actif et efficace sur les situations sexuelles et relationnelles complexes, afin de faire de la protection contraceptive une priorité absolue, même en présence d’inhibiteurs émotionnels, relationnels ou environnementaux.

L’instrument se compose classiquement de 18 énoncés psychométriques évaluant les perceptions d’efficacité personnelle face à divers stresseurs critiques (négociation avec le partenaire, affirmation du refus, gestion de la stigmatisation parentale, acquisition de dispositifs contraceptifs en pharmacie et régulation de l’excitation sexuelle). Les participants répondent sur une échelle de type Likert en 5 points, allant de 1 (« Pas du tout vrai pour moi » / Not at all True of Me) à 5 (« Entièrement vrai pour moi » / Completely True of Me). La structure dimensionnelle de l’échelle met en évidence une organisation multifactorielle (généralement modélisée selon une solution à quatre facteurs ou un score global composite), capturant les dimensions de communication interpersonnelle, de prise de responsabilité partagée, d’affirmation du désir et de gestion situationnelle de l’urgence érotique.

D’un point de vue psychométrique, l’échelle présente une consistance interne satisfaisante, avec des coefficients alpha de Cronbach systématiquement supérieurs à 0,73 et atteignant fréquemment 0,85 à 0,89 dans diverses cohortes internationales. Sa validité de construit, sa validité prédictive à l’égard de l’adhésion contraceptive et de la survenue de grossesses non planifiées, ainsi que sa robustesse transculturelle ont été validées auprès d’échantillons variés incluant des adolescentes de milieux urbains, des jeunes filles scolarisées, des femmes universitaires, des populations cliniques et des jeunes placées sous protection de l’enfance, couvrant l’Amérique du Nord, l’Amérique latine et l’Asie de l’Est.

2. Mots-clés / Keywords

Auto-efficacité contraceptive, Échelle CSE, Ruth Andrea Levinson, théorie sociocognitive, comportement sexuel des adolescentes, santé reproductive, négociation du préservatif, prise de décision sexuelle, psychométrie, prévention des grossesses non désirées, affirmation sexuelle, communication intime.

3. Auteurs / Authors

L’instrument a été conçu et conceptualisé principalement par :

  • Ruth Andrea Levinson, Ph.D. : Professeure émérite en études de l’éducation et de l’adolescence au Skidmore College (Saratoga Springs, New York, États-Unis). Spécialiste de la psychologie du développement adolescent, de la socialisation de genre et des conduites sexuelles à risque. Courriel de correspondance institutionnelle : [email protected].
  • Collaborateurs et validateurs ultérieurs : Des travaux d’extension, de modélisation structurelle (LISREL) et de validation multiculturelle ont été conduits en collaboration étroite avec des méthodologistes et épidémiologistes tels que Linda A. Beamer et Choi K. Wan (1998), ainsi que par des équipes de recherche francophones (notamment Alain Bilodeau, Gilles Forget et Jacques Tétreault, 1994 au Québec ; Michel Blais, Joanne Otis et Sylviane L. Hovsepian).

4. Objectif / Purpose

L’Échelle d’auto-efficacité contraceptive a été élaborée afin de combler un vide empirique et clinique majeur : la discordance fréquente entre les intentions déclarées de prévention d’une grossesse et les conduites effectives des adolescentes. Historiquement, les modèles d’intervention sanitaire postulaient qu’un déficit informationnel ou cognitif constituait la cause première du non-recours à la contraception. Dès lors, les programmes d’éducation sexuelle se concentraient exclusivement sur la transmission de connaissances biomédicales (anatomie, physiologie du cycle menstruel, pharmacologie des méthodes contraceptives). Or, les données épidémiologiques révélaient qu’une proportion substantielle de jeunes filles sexuellement actives, bien qu’exprimant le désir formel de ne pas tomber enceintes et disposant d’un niveau de connaissances factuelles adéquat, s’engageaient de façon répétée dans des rapports sexuels non protégés.

Pour expliquer ce paradoxe, le modèle de Levinson assimile le non-recours à la contraception chez les adolescentes non désirantes de grossesse à un comportement d’évitement analogue, sur le plan phénoménologique, à une conduite phobique. Dans ce cadre clinique et conceptuel, la sexualité adolescente constitue un domaine comportemental hypersensible, caractérisé par des menaces psychosociales intenses : peur du jugement moral d’autrui, crainte de la réprobation parentale, angoisse d’être rejetée ou abandonnée par le partenaire affectif, honte associée à l’achat public de contraceptifs en pharmacie et appréhension quant à l’affirmation explicite de son propre désir charnel.

La finalité première de l’échelle CSE est donc de mesurer la force de la conviction d’une femme quant à sa capacité de surmonter ces inhibiteurs psychologiques et interpersonnels pour assumer activement sa protection contraceptive. L’échelle poursuit un double objectif :

  • Sur le plan diagnostique et clinique : Identifier de manière précise les profils de vulnérabilité chez les adolescentes et jeunes adultes. Grâce à l’analyse fine des réponses aux items spécifiques, les conseillers conjugaux, infirmiers scolaires, psychologues cliniciens et éducateurs en santé sexuelle peuvent concevoir des interventions ciblées. Par exemple, une jeune femme peut manifester une confiance totale dans sa capacité technique à prendre une pilule quotidienne, mais s’avérer incapable d’exiger le préservatif auprès d’un partenaire dominant ou de refuser un rapport sexuel impromptu.
  • Sur le plan de la recherche évaluative et épidémiologique : Servir d’instrument de mesure d’impact standardisé pour quantifier l’efficacité des programmes de prévention des grossesses précoces et des infections transmissibles sexuellement (ITS). L’échelle permet de tester les modèles médiateurs et modérateurs reliant l’acquisition de compétences de négociation à la cohérence de l’utilisation des contraceptifs au fil du temps.

5. Construit psychologique / Construct

Le construit d’auto-efficacité contraceptive désigne l’évaluation subjective et prospective qu’une individu formule à l’égard de ses propres aptitudes à mobiliser les ressources cognitives, affectives et comportementales requises pour maintenir une pratique contraceptive infaillible au cœur de situations interactionnelles réelles, souvent imprégnées d’une forte tension émotionnelle.

Contrairement à des traits de personnalité globaux (comme le lieu de contrôle ou l’estime de soi générale), l’auto-efficacité est, par essence théorique, spécifique à un domaine de fonctionnement particulier. Dans le cadre de l’échelle de Levinson, le construit s’articule autour de stresseurs contextuels omniprésents dans la vie affective et sexuelle des adolescentes. Les analyses dimensionnelles et conceptuelles dégagent principalement quatre facettes majeures :

1. Affirmation de soi et négociation de la protection sexuelle

Cette dimension évalue la capacité de la jeune femme à aborder de front la thématique contraceptive avec son partenaire, particulièrement lors de la montée de l’excitation érotique. Cela implique l’aptitude verbale à demander au partenaire s’il dispose d’un préservatif, à déclarer son propre statut contraceptif et à suspendre l’activité sexuelle si une protection adaptée fait défaut. Les items correspondants explorent l’aisance à briser le silence communicatif et la résistance face aux dynamiques de pouvoir asymétriques au sein du couple.

2. Gestion du « discours du désir » et assomption de sa sexualité

Inspirée des travaux fondateurs de Michelle Fine (1988) sur le « discours du désir absent » dans l’éducation des filles, cette facette mesure la capacité de la répondante à reconnaître, assumer et verbaliser ses propres pulsions sexuelles de manière autonome, sans se positionner comme un simple réceptacle passif du désir masculin. L’item 8 de l’échelle (« Il y a des moments où je suis tellement impliquée sexuellement ou émotionnellement que je pourrais avoir des rapports même non protégée ») et l’item 10 illustrent la dialectique entre la pulsion charnelle et la régulation consciente : être capable de désirer tout en subordonnant l’acte érotique à la sécurité contraceptive.

3. Résistance aux pressions du partenaire et maîtrise de l’arrêt de l’acte

Cette composante sonde l’aptitude à opposer un refus catégorique et sans équivoque face à une demande sexuelle non consentie ou non protégée. Elle mesure l’agentivité nécessaire pour « dire non et le penser sincèrement », pour refuser de céder simplement par lassitude ou par peur du conflit (« take the hassle of trying to say what I want »), et pour interrompre le déroulement des caresses intimes avant la pénétration si les conditions de sécurité ne sont pas réunies.

4. Autonomie logistique face aux barrières sociales et familiales

Cette facette explore les comportements instrumentaux externes requis pour obtenir et maintenir la méthode contraceptive. Elle appréhende le sentiment d’efficacité face à l’embarras social potentiel lié à la fréquentation d’une pharmacie ou d’un centre de planification familiale, ainsi que la résilience psychologique face à la peur de la découverte parentale. Une faible efficacité sur ce point conduit fréquemment à l’abandon subreptice de la contraception par crainte des représailles ou du jugement moral de l’entourage familial.

6. Cadre théorique / Theoretical Framework

L’échelle CSE s’ancre directement dans la théorie sociocognitive formulée par le psychologue canadien Albert Bandura (1977, 1990, 1997). Selon ce paradigme, les comportements humains ne sont pas régis de manière unilatérale par des pulsions internes inconscientes ni par des automatismes conditionnés par l’environnement, mais procèdent d’un modèle de causalité triadique réciproque associant facteurs cognitifs/biologiques, comportements moteurs et influences environnementales.

Les croyances d’efficacité personnelle comme médiateurs centraux

Bandura postule que le sentiment d’auto-efficacité constitue le régulateur proximal le plus déterminant de la motivation et de l’action humaine. Une croyance d’efficacité ne concerne pas le nombre de compétences qu’un sujet détient, mais l’évaluation intime de ce qu’il peut accomplir avec ces compétences sous des conditions environnementales stressantes ou conflictuelles. Dans le contexte contraceptif :

  • L’attente d’efficacité (Efficacy Expectation) : La conviction qu’a la jeune fille de pouvoir exécuter avec succès les comportements nécessaires (exiger l’arrêt de l’acte, mettre un préservatif, aller consulter un médecin).
  • L’attente de résultat (Outcome Expectancy) : La croyance selon laquelle l’acte contraceptif empêchera effectivement une gestation non désirée ou une infection. Bien que la plupart des adolescentes partagent une attente de résultat positive vis-à-vis du préservatif, leur attente d’efficacité personnelle peut être quasiment nulle en raison de l’inhibition sociale, annulant tout passage à l’acte.

Modèle de l’action raisonnée et dialectique d’affirmation

L’assise théorique de l’instrument emprunte également aux travaux de Martin Fishbein et Icek Ajzen (1975) relatifs au lien entre croyance, attitude, norme subjective et intention comportementale. Levinson combine cette modélisation cognitive avec les théories de l’affirmation de soi (assertiveness training ; Kazdin, 1974) et les travaux sur les compétences psychosociales chez l’adolescent (McAlister et al., 1979). Les adolescentes doivent affronter une double contrainte de socialisation : les stéréotypes de genre traditionnels encouragent la passivité sexuelle féminine et sanctionnent la prévoyance contraceptive (assimilée dans certains milieux conservateurs à une disponibilité sexuelle préméditée), tandis que la responsabilité biologique de la maternité retombe quasi exclusivement sur elles.

7. Validité / Validity

La validité psychométrique de l’Échelle d’auto-efficacité contraceptive a fait l’objet d’un examen empirique approfondi durant plus de trois décennies au travers de contextes cliniques, communautaires et scolaires.

Validité de contenu et d’apparence

Lors de la genèse de l’instrument, les énoncés ont été soumis à un processus itératif d’évaluation qualitative impliquant des panels d’adolescentes sexuellement actives et des spécialistes reconnus de la théorie sociocognitive, incluant des échanges directs avec Albert Bandura et ses collaborateurs. Deux critères d’inclusion stricts ont gouverné la formulation des items :

  • La représentativité des micro-événements écologiquement valides et critiques qui précipitent habituellement l’échec de la contraception chez les jeunes femmes.
  • La formulation de l’énoncé sous forme de capacité perçue face à un obstacle précis (« I can » / « I couldn’t ») plutôt que sous forme d’une simple disposition théorique générale.

Validité prédictive et de critère

Les études quantitatives attestent d’une validité prédictive remarquable. Levinson, Beamer et Wan (1998) ont analysé la relation entre les scores de l’échelle CSE et les conduites contraceptives au sein de quatre cohortes diversifiées. Les corrélations partielles ont mis en relief que des scores élevés de CSE prédisaient significativement :

  • Une utilisation systématique et cohérente de la contraception lors de chaque rapport sexuel vaginal.
  • Une probabilité significativement réduite de recourir à la contraception d’urgence suite à des rapports non protégés (Nordeen, Mann, & Sullivan, 2005).
  • Une diminution marquée du taux d’incidence des grossesses non désirées lors d’études de suivi longitudinal.

Fait notable, l’item 8 (« Il y a des moments où je suis tellement impliquée sexuellement ou émotionnellement que je pourrais avoir des rapports même non protégée ») s’est avéré un prédicteur unique et indépendant de l’incohérence contraceptive à travers de multiples sous-groupes culturels, soulignant le rôle crucial de la gestion de l’immersion passionnelle.

Validité transculturelle et sous-groupes

L’instrument a été validé auprès de cohortes d’adolescentes afro-américaines en milieu urbain défavorisé, de jeunes femmes d’origine hispanique/latina, d’étudiantes universitaires caucasiennes, de jeunes femmes brésiliennes, ainsi qu’auprès de femmes sinophones à Hong Kong (Louise, 2005). Au Canada, Bilodeau, Forget et Tétreault (1994) ont validé la structure psychométrique de l’échelle auprès d’un large échantillon d’adolescentes et adolescents québécois, confirmant l’invariance transculturelle de ses propriétés fondamentales.

8. Fidélité / Reliability

Les qualités de fidélité métrologique de l’échelle CSE ont été documentées au moyen d’indices de consistance interne et d’évaluations de stabilité temporelle :

  • Consistance interne : Dans l’ensemble des études répertoriées, le coefficient alpha de Cronbach pour l’échelle globale varie entre 0,73 et 0,89 selon les caractéristiques démographiques des populations recrutées. Dans l’étude princeps de Levinson (1986), l’alpha s’établissait à 0,82. L’investigation de Levinson et al. (1998) portant sur quatre échantillons a rapporté des alphas homogènes de 0,76, 0,79, 0,81 et 0,84. L’adaptation transculturelle francophone menée par Bilodeau et al. (1994) a rapporté un indice alpha de 0,80 chez les filles et 0,78 chez les garçons.
  • Intercorrélations entre items : Les corrélations inter-items moyennes oscillent autour de r = 0,15 à 0,20 avec un faible écart-type. Ce patron de corrélations modérées indique l’absence de redondance tautologique entre les énoncés tout en préservant la cohérence de l’espace latent partagé, ce qui justifie l’utilisation diagnostique de chaque item pris individuellement ou agrégé au sein d’un score composite.
  • Stabilité temporelle (test-retest) : Dans des conditions sans intervention éducative, les coefficients de corrélation intraclasse à deux et quatre semaines d’intervalle démontrent une fidélité test-retest substantielle (r compris entre 0,70 et 0,81), attestant de la stabilité du construit tout en conservant une sensibilité aux changements post-interventionnels.

9. Analyse factorielle / Factor Analysis

La configuration factorielle de l’Échelle d’auto-efficacité contraceptive a été explorée par le biais d’analyses factorielles exploratoires (AFE) à rotation orthogonale (Varimax) et oblique (Promax), ainsi que par des modélisations en équations structurelles de type analyse factorielle confirmatoire (LISREL).

Modélisation à quatre facteurs

La solution factorielle la plus robuste, documentée dans les travaux de Levinson et confirmée par Heinrich (1993) et Hovsepian et al., identifie quatre dimensions sous-jacentes majeures rendant compte de plus de 52 % de la variance totale :

  • Facteur 1 : Affirmation situationnelle et interruption de l’acte (ex. Items 4, 7, 13d/17). Ce facteur regroupe les énoncés relatifs à l’habileté à dire « non » avec fermeté et à interrompre physiquement le coït imminent lorsque les conditions de contraception ne sont pas remplies. Les saturations factorielles de ces items se situent généralement entre 0,65 et 0,82.
  • Facteur 2 : Communication et négociation verbale intime (ex. Items 1, 2, 5, 13a/14, 14/15/16). Ce facteur s’articule autour de la capacité à engager le dialogue sur la contraception et les limites personnelles, même si le partenaire n’aborde pas le sujet spontanément. Les saturations s’échelonnent de 0,55 à 0,74.
  • Facteur 3 : Autonomie logistique et désinhibition sociale (ex. Items 11, 12). Il capture la propension à affronter le regard des tiers institutionnels (pharmacie, médecin) et à assumer la méthode en dépit des risques de sanction familiale. Les saturations s’établissent entre 0,58 et 0,71.
  • Facteur 4 : Vulnérabilité émotionnelle et expression active du désir (ex. Items 3, 8, 9, 10). Ce facteur dialectique relie l’appropriation positive du plaisir sexuel à la vigilance face à la perte de contrôle affectif. Les saturations varient entre 0,48 et 0,68.

Les modélisations en équations structurelles LISREL conduites par Levinson, Beamer et Wan (1998) ont attesté d’indices d’ajustement satisfaisants pour cette architecture multidimensionnelle (RMSEA < 0,06 ; CFI > 0,92), tout en soutenant l’utilisation d’un modèle hiérarchique de second ordre où les quatre dimensions s’intègrent sous un facteur d’auto-efficacité contraceptive globale.

10. Instrument de mesure / Instrument

L’instrument se présente sous la forme d’un questionnaire standardisé à passation rapide, administrable individuellement ou en passation collective, sur support papier-crayon ou interface numérique sécurisée.

  • Type de test : Questionnaire d’auto-évaluation psychométrique (Self-report scale).
  • Nombre d’items : 18 énoncés ciblant des situations sexuelles, relationnelles et environnementales critiques.
  • Format d’administration : Auto-administré ; passation individuelle ou collective en contexte clinique ou scolaire.
  • Temps de passation : Environ 10 minutes.
  • Échelle de réponse : Échelle ordinale de Likert en 5 points graduée comme suit :
    • 1 = Pas du tout vrai pour moi (Not at all True of Me)
    • 2 = Légèrement vrai pour moi (Slightly True of Me)
    • 3 = Assez vrai pour moi (Somewhat True of Me)
    • 4 = Très vrai pour moi (Mostly True of Me)
    • 5 = Entièrement vrai pour moi (Completely True of Me)
  • Règles de cotation et calcul des scores :
    • Le principe général de cotation exige qu’un score plus élevé reflète une auto-efficacité contraceptive supérieure.
    • Inversion des items formulés négativement : Neuf items sont formulés sous une tournure déficitaire ou d’inhibition comportementale. Les cotations des items 2, 5, 6, 8, 9, 11, 12, 14 (item 14 du protocole général correspondant à l’affirmation d’inhibition de parole) et 15 (correspondant à l’item de non-arrêt de l’acte) doivent être inversées selon la transformation arithmétique classique : Score Inversé = 6 - Note Brute (1 devient 5, 2 devient 4, 3 reste 3, 4 devient 2, et 5 devient 1).
    • Score total : Calculé par la somme algébrique des 18 items (plage théorique : 18 à 90 points) ou par la moyenne arithmétique globale (plage de 1 à 5). Des sous-scores factoriels peuvent être calculés indépendamment pour orienter les interventions cliniques.

11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year

L’instrument a été initialement publié en 1986 par le Dr Ruth Andrea Levinson dans The Journal of Sex Research. Des révisions et affinements empiriques majeurs ont été introduits en 1995 et 1998.

  • Droits d’auteur et propriété intellectuelle : L’Échelle d’auto-efficacité contraceptive est protégée par le droit d’auteur au nom de Ruth Andrea Levinson.
  • Conditions d’accès et tarification : L’utilisation de l’instrument est accordée à titre gracieux pour la recherche académique fondamentale, les thèses universitaires, ainsi que pour les activités cliniques et éducatives sans but lucratif. L’obtention formelle d’une autorisation préalable de l’auteure est requise pour toute exploitation de recherche, adaptation ou traduction. Les correspondances doivent être transmises à : Ruth Andrea Levinson, 1511 Peaceable Street, Ballston Spa, NY 12020, États-Unis (Courriel : [email protected]).
  • Versions contemporaines et neutres en genre : Des versions masculines et des versions neutres en genre (remplaçant « petit ami » / boyfriend par « partenaire » / partner) ont été développées afin d’étudier l’efficacité contraceptive chez les garçons et au sein des minorités sexuelles et de genre.

12. Références / References

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Bandura, A. (1990). Perceived self-efficacy in the exercise of control over AIDS infection. Evaluation and Program Planning, 13(1), 9–17. https://doi.org/10.1016/0149-7189(90)90004-G

Bandura, A., Adams, N. E., Hardy, A. B., & Howells, G. N. (1980). Tests of the generality of self-efficacy theory. Cognitive Therapy and Research, 4(1), 39–66. https://doi.org/10.1007/BF01173354

Bilodeau, A., Forget, G., & Tétreault, J. (1994). L’auto-efficacité relative à la contraception chez les adolescentes et les adolescents: La validation de la version française de l’échelle de mesure de Levinson. Canadian Journal of Public Health / Revue Canadienne de Santé Publique, 85(2), 115–120. https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/8044772/

Fine, M. (1988). Sexuality, schooling, and adolescent females: The missing discourse of desire. Harvard Educational Review, 58(1), 29–53. https://doi.org/10.17763/haer.58.1.u504r875225137n6

Fishbein, M., & Ajzen, I. (1975). Belief, attitude, intention, and behavior: An introduction to theory and research. Addison-Wesley.

Heinrich, L. B. (1993). Contraceptive self-efficacy in college women. Journal of Adolescent Health, 14(4), 269–276. https://doi.org/10.1016/1054-139X(93)90176-D

Hovsepian, S. L., Blais, M., Manseau, H., Otis, J., & Girard, M.-E. (2007). Prior victimization and sexual and contraceptive self-efficacy among adolescent females under child protective services care. Health Education & Behavior, 34(5), 785–802. https://doi.org/10.1177/1090198106294892

Kazdin, A. E. (1974). Effects of covert modeling and reinforcement on assertive behavior. Journal of Abnormal Psychology, 83(3), 240–252. https://doi.org/10.1037/h0036577

Levinson, R. A. (1986). Contraceptive self-efficacy: A perspective on teenage girls’ contraceptive behavior. The Journal of Sex Research, 22(3), 347–369. https://doi.org/10.1080/00224498609551314

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Levinson, R. A., Beamer, L. A., & Wan, C. K. (1998). The contraceptive self-efficacy scale: Analysis in four samples. Journal of Youth and Adolescence, 27(6), 773–793. https://doi.org/10.1023/A:1022839917540

Louise, L. Y. S. (2005). Knowledge, attitudes, and self-efficacy of contraception among Chinese women with unplanned pregnancies in Hong Kong [Mémoire de maîtrise non publié]. The Nethersole School of Nursing, The Chinese University of Hong Kong.

McAlister, A., Perry, C. L., & Maccoby, N. (1979). Adolescent smoking: Onset and prevention. Pediatrics, 67(5), 650–688. https://doi.org/10.1542/peds.63.5.650

Nordeen, J. L., Mann, R. J., & Sullivan, J. M. (2005). Analysis of contraceptive self-efficacy in clients requesting emergency contraception [Manuscrit non publié].

Rosenthal, T. L., & Bandura, A. (1978). Psychological modeling: Theory and practice. In S. L. Garfield & A. E. Bergin (Eds.), Handbook of psychotherapy and behavior change: An empirical analysis (pp. 621–658). Wiley.

Strecher, V. J., DeVellis, B. M., Becker, M. H., & Rosenstock, I. M. (1986). The role of self-efficacy in achieving health behavior change. Health Education Quarterly, 13(1), 73–91. https://doi.org/10.1177/109019818601300108

Wright, C. (1992). Factors associated with contraceptive behavior among Black college students [Thèse de doctorat non publiée]. University of Oregon.

13. Questions et items du questionnaire (Scale Items)

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :
1

When I am with a boyfriend, I feel that I can always be responsible for what happens sexually with him.
2

Even if a boyfriend can talk about sex, I can’t tell a man how I really feel about sexual things.
3

When I have sex, I can enjoy it as something that I really wanted to do.
4

If my boyfriend and I are getting “turned on” sexually and I don’t really want to have sexual intercourse (go all the way, get down), I can easily tell him “no” and mean it.
5

If my boyfriend didn’t talk about the sex that was happening between us, I couldn’t either.
6

When I think about what having sex means, I can’t have sex so easily.
7

If my boyfriend and I are getting “turned on” sexually and I don’t really want to have sexual intercourse (go all the way, get down), I can easily stop things so that we don’t have intercourse.
8

There are times when I’d be so involved sexually or emotionally that I could have sexual intercourse even if I weren’t protected (using a form of birth control).
9

Sometimes I just go along with what my date wants to do sexually because I don’t think I can take the hassle of trying to say what I want.
10

If there were a man (boyfriend) to whom I was very attracted physically and emotionally, I could feel comfortable telling him that I wanted to have sex with him.
11

I couldn’t continue to use a birth control method if I thought my parents might find out.
12

It would be hard for me to go to the drugstore and ask for foam (Encare Ovals, a diaphragm, a pill prescription, etc.) without feeling embarrassed.
13

If my boyfriend and I were getting really heavily into sex and moving towards intercourse and I wasn’t protected . . .
14

I could easily ask him if he had protection (or tell him that I didn’t).
15

I could excuse myself to put in a diaphragm or foam (if I used them for birth control).
16

I could tell him that I was on the pill or had an IUD (if I used them for birth control).
17

I could stop things before intercourse, if I couldn’t bring up the subject of protection.
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Citer cet article

Looti, M. (2026, octobre 18). Échelle d’auto-efficacité contraceptive. Base de données de psychologie en français. https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=echelle-auto-efficacite-contraceptive
Looti, Mohammed. “Échelle d’auto-efficacité contraceptive.” Base de données de psychologie en français, 18 octobre 2026, https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=echelle-auto-efficacite-contraceptive.
Looti, Mohammed. “Échelle d’auto-efficacité contraceptive.” Base de données de psychologie en français. octobre 18, 2026. https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=echelle-auto-efficacite-contraceptive.