Échelle d’attribution causale de l’orgasme coïtal

L’Échelle d’attribution causale de l’orgasme coïtal (CACOS) mesure la manière dont les femmes expliquent la survenue ou l’absence d’orgasme lors des rapports sexuels selon le modèle de Weiner.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · octobre 17, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : octobre 17, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
Critères d'évaluation et normes cliniques

Ce contenu fait l'objet d'un examen scientifique rigoureux et de normes éditoriales médicales afin de garantir l'exactitude clinique et la conformité aux directives fondées sur des preuves (APA / OMS).

1. Résumé / Abstract

L’Échelle d’attribution causale de l’orgasme coïtal (en anglais, Causal Attribution for Coital Orgasm Scale ou CACOS) est un instrument psychométrique d’auto-évaluation conçu par Joseph W. Critelli, Charles F. Bridges et Victor E. Loos au cours des années 1980. Cet outil d’évaluation clinique et expérimentale a été élaboré pour mesurer précisément les attributions causales formulées par les femmes concernant l’atteinte ou la non-atteinte de l’orgasme lors des rapports sexuels hétérosexuels avec pénétration (coït). Ancrée dans le modèle théorique tridimensionnel des attributions causales proposé par Bernard Weiner, l’échelle opérationnalise les explications cognitives selon deux axes orthogonaux fondamentaux : le lieu de causalité ou locus de contrôle (interne versus externe) et la stabilité temporelle (stable versus instable). Cette combinatoire factorielle génère quatre catégories d’explications étiologiques subjectives : la capacité personnelle (interne-stable), l’effort consenti (interne-instable), les compétences ou la technique du partenaire assimilées à la difficulté de la tâche (externe-stable), et la chance, l’humeur ou les aléas contextuels (externe-instable).

L’instrument se structure en deux parties indépendantes mais conceptuellement parallèles : la première partie explore les attributions relatives à la survenue de l’orgasme coïtal (situation de succès ou d’accomplissement), tandis que la seconde évalue les attributions associées à l’absence d’orgasme coïtal (situation d’échec ou de non-atteinte de l’objectif). Chaque sous-échelle utilise une méthode psychométrique rigoureuse de comparaison par paires à choix forcé (paired-comparison forced-choice format). Avec quatre catégories d’attributions en compétition, chaque sous-ensemble présente l’ensemble exhaustif des combinaisons dyadiques possibles, soit six comparaisons par paires pour l’orgasme et six pour la non-survenue de l’orgasme, totalisant douze items d’évaluation. La passation complète requiert généralement moins de dix minutes. Les scores varient de 0 à 3 points pour chacune des quatre catégories d’attribution au sein de chaque volet, permettant en outre de calculer des scores dimensionnels agrégés pour le locus de contrôle global et la stabilité globale.

Sur le plan psychométrique, le format de choix forcé confère à l’instrument une excellente résistance aux biais de désirabilité sociale et d’acquiescement. Les études de fidélité inspirées de ce paradigme rapportent des coefficients de cohérence test-retest oscillant entre 0,65 et 0,78 (p < 0,001), ainsi qu’une consistance interne robuste évaluée par le tau de Kendall (s’étendant de 0,22 à 0,70, p < 0,001). La validité de construit et la validité discriminante sont étayées par des recherches empiriques démontrant des divergences systématiques et statistiquement significatives de profils attributionnels entre les femmes présentant une consistance orgasmique élevée et celles confrontées à une consistance orgasmique basse ou à des difficultés anorgasmiques. L’échelle est destinée aux femmes ayant eu au minimum quinze rapports coïtaux et ayant expérimenté l’orgasme coïtal au moins une fois dans leur trajectoire sexuelle.

2. Mots-clés / Keywords

Attribution causale, Orgasme coïtal, Sexualité féminine, Modèle de Weiner, Locus de contrôle, Psychométrie sexologique, Évaluation psychologique, Consistance orgasmique, Psychologie de la motivation, Choix forcé.

3. Auteurs / Authors

L’Échelle d’attribution causale de l’orgasme coïtal a été développée conjointement par des cliniciens et des chercheurs affiliés à des institutions académiques et psychiatriques renommées du Texas, aux États-Unis :

  • Joseph W. Critelli, Ph.D. : Professeur émérite au Département de psychologie de la North Texas State University (actuellement l’University of North Texas), située à Denton, Texas, États-Unis. Spécialiste de renom en psychologie sociale, en psychologie de la santé et dans l’étude scientifique du comportement sexuel humain. Correspondance académique initiale : Department of Psychology, North Texas State University, P.O. Box 13587, Denton, TX 76203-3587 (Courriel institutionnel historique : [email protected]).
  • Charles F. Bridges, M.S. : Chercheur et psychologue clinicien, affilié lors des travaux initiaux au Terrell State Hospital, Terrell, Texas, États-Unis, et chercheur associé à la North Texas State University, auteur de travaux pionniers sur le contrôle inhibiteur et l’attribution orgasmique.
  • Victor E. Loos, Ph.D. : Psychothérapeute de couple, théoricien systémique et chercheur, affilié au Galveston Family Institute (devenu ultérieurement le Houston Galveston Institute), Galveston/Houston, Texas, États-Unis, spécialisé dans les dynamiques relationnelles, les dysfonctions sexuelles et la thérapie conjugale.

4. Objectif / Purpose

L’objectif primordial de la CACOS est d’opérationnaliser et de quantifier objectivement les processus cognitifs par lesquels une femme interprète, s’explique et donne un sens à l’apparition ou à l’absence de l’orgasme lors des rapports sexuels avec pénétration vaginale. Bien que l’orgasme féminin soit un phénomène physiologique et neurobiologique complexe, la sexologie moderne et la psychologie cognitive ont démontré que l’expérience sexuelle est profondément modulée par les structures de signification individuelles, les attentes d’efficacité et les croyances attributionnelles. Pourquoi une femme considère-t-elle qu’elle a joui ou qu’elle n’a pas joui ? Attribue-t-elle l’issue à son propre corps, à son niveau de désir, à l’habileté technique de son partenaire, ou encore au hasard et aux circonstances environnementales ? L’échelle a été spécifiquement conçue pour répondre méthodologiquement à ces interrogations.

Sur le plan clinique, la CACOS constitue un outil diagnostique et psychoéducatif remarquable pour aborder les troubles de l’orgasme féminin, notamment l’anorgasmie secondaire ou situationnelle. Dans les interventions thérapeutiques cognitives et comportementales (TCC) ou les thérapies sexuelles de couple selon l’approche de Master et Johnson, les attributions inadaptées représentent souvent des facteurs de maintien pathologiques majeurs. Par exemple, une femme qui attribue de manière rigide la non-survenue de l’orgasme à une incapacité personnelle stable et incontrôlable (« Je suis biologiquement anormale ou insensible ») risque de développer une impuissance apprise (learned helplessness), de l’anxiété de performance et une perte d’estime de soi sexuelle. À l’inverse, attribuer systématiquement le succès orgasmique uniquement à la performance du partenaire dépossède la femme de son agentivité corporelle et renforce une dépendance sexuelle externe. La CACOS permet au clinicien de cartographier avec finesse ces schémas cognitifs afin de guider la restructuration cognitive.

Dans le domaine de la recherche empirique, l’échelle offre un standard méthodologique pour explorer les corrélats psychologiques de la satisfaction sexuelle, de l’intimité relationnelle et de la fréquence orgasmique. Elle a permis de clarifier les liens empiriques entre le sentiment de contrôle perçu et la cohérence orgasmique. En outre, les travaux fondateurs de Loos, Bridges et Critelli (1987) ont révélé que la présence ou l’absence de stimulation clitoridienne manuelle ou orale simultanée ne modifiait pas la structure fondamentale des attributions causales coïtales, consolidant l’intérêt de l’échelle pour étudier la psychologie de l’orgasme indépendamment des techniques physiques précises employées par les partenaires.

5. Construit psychologique / Construct

Le construit psychologique évalué par la CACOS est l’attribution causale rétrospective appliquée aux dénouements de l’activité sexuelle coïtale. En s’appuyant sur les travaux séminaux de Bernard Weiner sur la motivation d’accomplissement, les auteurs ont structuré le construit autour du croisement orthogonal de deux dimensions cognitives fondamentales :

Dimensionnalité Interne (Lié au soi) Externe (Lié au partenaire / contexte)
Stable (Invariant) Capacité / Réactivité personnelle
(Ability)
Compétence du partenaire
(Task Difficulty / Partner Skill)
Instable (Fluctuant) Effort personnel / Motivation
(Effort)
Chance / Aléas / Circonstances
(Luck / Circumstance)
Modèle taxonomique 2×2 des attributions causales de Weiner appliqué à la CACOS.

Ces dimensions génèrent quatre cadrans attributionnels opérationnalisés pour l’orgasme (succès) et la non-survenue de l’orgasme (échec) :

1. Capacité personnelle / Réactivité sexuelle (Interne-Stable)

Cette dimension reflète la croyance selon laquelle l’issue sexuelle dépend d’une disposition biologique, psychologique ou érotique stable intrinsèque à l’individu. Dans le contexte de l’orgasme, cela se traduit par l’affirmation d’une réactivité physiologique générale (« Je suis généralement très réactive sexuellement » ou « J’ai une facilité naturelle à jouir »). Dans le contexte de la non-survenue de l’orgasme, cette attribution prend la forme d’un sentiment d’incompétence structurelle (« Je suis généralement peu réactive sur le plan sexuel »). Une telle attribution en cas d’absence d’orgasme engendre des attentes négatives persistantes vis-à-vis des rapports futurs.

2. Effort personnel / Volonté situationnelle (Interne-Instable)

Cette composante attribue le résultat à des facteurs internes mais dynamiques et modifiables, principalement l’engagement cognitif, le désir focalisé, la concentration mentale et l’effort déployé durant le rapport. Pour l’orgasme, l’explication repose sur une forte motivation momentanée (« Je voulais particulièrement avoir un orgasme cette fois-ci »). Pour la non-atteinte de l’orgasme, elle reflète une baisse transitoire d’implication (« Je n’avais pas particulièrement envie d’atteindre l’orgasme » ou un manque d’efforts volontaires). Étant perçue comme modulable, cette attribution préserve l’espoir d’une issue favorable lors des rapports ultérieurs.

3. Habileté du partenaire / Difficulté de la tâche (Externe-Stable)

Dans le modèle d’origine de Weiner, cette cellule correspond à la difficulté intrinsèque de la tâche. En sexologie relationnelle, les auteurs ont brillamment traduit ce concept par la compétence sexuelle perçue et durable du partenaire. Lors de l’orgasme, la causalité est projetée sur l’excellence technique et le talent de l’amant (« Mon partenaire est un excellent amant »). En cas de non-orgasme, la cause est rejetée de manière stable sur le partenaire (« Mon partenaire n’est pas un bon amant »). Bien qu’externe, cette attribution est relativement stable au sein d’une relation de couple monogame établie.

4. Chance / Facteurs circonstanciels et humeur (Externe-Instable)

Cette dernière modalité regroupe les attributions à des événements aléatoires, imprévisibles et incontrôlables, non liés aux caractéristiques intrinsèques des protagonistes. Lors d’un orgasme réussi, l’expérience est perçue comme un coup du sort heureux (« C’était une question de chance » ou d’alignement fortuit des conditions). Pour l’absence d’orgasme, l’explication fait référence à la malchance, à un contexte défavorable imprévu, à une fatigue ponctuelle ou à une ambiance perturbatrice. Cette attribution protège l’estime de soi des deux partenaires mais n’offre aucune garantie de contrôle pour les rencontres sexuelles à venir.

6. Cadre théorique / Theoretical Framework

Le socle théorique de la CACOS repose directement sur la théorie de l’attribution causale développée par le psychologue social Bernard Weiner (1979 ; Weiner & Kukla, 1970). Héritière des théories du champ de Kurt Lewin, des travaux de Fritz Heider sur la psychologie naïve du sens commun et des concepts de lieu de contrôle de Julian Rotter (1966), la théorie de Weiner postule que les êtres humains agissent comme des « scientifiques profanes » cherchant sans cesse à déterminer les causes sous-jacentes à leurs réussites et à leurs échecs dans les contextes orientés vers l’accomplissement (achievement motivation).

Weiner a postulé que l’explication formulée par un sujet pour rendre compte d’un événement antérieur conditionne directement ses réactions affectives immédiates (fierté, honte, culpabilité, gratitude) et façonne ses attentes d’efficacité future (expectatives de succès). Plus particulièrement, la dimension de stabilité causale dicte l’anticipation temporelle : attribuer un résultat à une cause stable conduit à anticiper la reproduction inexorable du même résultat à l’avenir, tandis qu’une attribution à une cause instable laisse place au changement et à la variabilité. Parallèlement, la dimension du locus de causalité régule les émotions liées à l’auto-évaluation et à la valorisation de soi : une attribution interne valorise l’ego en cas de succès mais l’altère en cas d’échec.

L’application de ce cadre conceptuel au comportement sexuel par Critelli, Bridges et Loos dans les années 1980 constituait une avancée théorique majeure. Traditionnellement confinée aux performances académiques ou sportives, la théorie de Weiner s’est ainsi avérée d’une formidable pertinence heuristique pour modéliser le coït. La rencontre sexuelle est, dans de nombreuses cultures occidentales, implicitement construite comme une situation de performance où l’atteinte de l’orgasme représente un standard normatif de « réussite » et sa non-survenue un « échec ». Dès lors, les femmes intériorisent des patterns d’attribution cognitive qui interagissent avec leurs fonctions neuro-végétatives. En démontrant empiriquement que le style attributionnel est étroitement corrélé à la régularité orgasmique (Loos et al., 1987), les auteurs ont prouvé que la cognition sexuelle ne constitue pas un simple épiphénomène passif, mais un puissant modulateur psychologique de la réponse sexuelle humaine.

7. Validité / Validity

La validité psychométrique de la CACOS s’appuie à la fois sur les vérifications de la validité de construit du modèle général de Weiner et sur des validations empiriques directes dans le domaine de la sexualité féminine :

Validité de construit

La validité de construit des quatre grandes catégories causales définies par Weiner (habileté, effort, difficulté de la tâche, chance) a été confirmée de manière quasi universelle par une profusion d’études en psychologie cognitive et sociale (Frieze, 1976 ; Weiner, Russell, & Lerman, 1978 ; Wong & Weiner, 1981). Ces recherches ont systématiquement montré que lorsque les participants sont invités à formuler spontanément des explications face à des événements réels ou imaginés, leurs réponses se distribuent naturellement le long des axes de locus et de stabilité. Dans le développement de la CACOS, les énoncés formulés ont fait l’objet d’un examen minutieux par des juges experts afin de s’assurer de leur parfaite adéquation avec ces construits théoriques dans le cadre spécifique de l’interaction coïtale.

Validité différentielle et discriminante

La validité différentielle de l’instrument a été formellement établie par les travaux cliniques de Bridges (1981) et la publication subséquente de Loos, Bridges et Critelli (1987) dans le Journal of Sex Research. L’échelle a été administrée à des cohortes de femmes différenciées selon leur consistance orgasmique (groupe à haute régularité orgasmique versus groupe à basse régularité orgasmique lors du coït). Les résultats ont mis en évidence des profils attributionnels radicalement distincts :

  • Les femmes ayant une consistance orgasmique élevée manifestent une tendance prononcée à attribuer l’atteinte de l’orgasme à des causes internes et stables (leur propre capacité et réactivité sexuelle), manifestant une solide auto-efficacité sexuelle. Face à un non-orgasme, elles ont recours à des attributions instables (manque ponctuel d’effort, fatigue, ou contingences situationnelles), préservant ainsi leur estime corporelle.
  • Les femmes à basse consistance orgasmique présentent le schéma inverse : l’absence d’orgasme est fréquemment interprétée à travers le prisme d’une incapacité interne et stable (sentiment de déficit anatomique ou physiologique personnel) ou projetée de façon défensive sur les compétences globales du partenaire, tandis que l’orgasme épisodique est minimisé et attribué à la simple chance.

Ces divergences statistiques hautement significatives attestent la sensibilité de la CACOS pour détecter des schémas de pensée différenciés et valident sa pertinence clinique.

8. Fidélité / Reliability

Le paradigme méthodologique sous-tendant la CACOS — à savoir la technique de comparaison par paires à choix forcé appliquée aux quatre quadrants attributionnels de Weiner — bénéficie d’antécédents empiriques remarquablement documentés quant à ses qualités métrologiques (Crandall, Katkovsky, & Crandall, 1965 ; McMahan, 1973 ; Weiner et al., 1976). Ce format élimine les tendances à l’adhésion systématique et contraint le répondant à hiérarchiser ses déterminants internes et externes.

Dans une série d’investigations psychométriques rigoureuses évaluant ce format spécifique de quatre catégories appariées, Girodo, Dotzenroth et Stein (1981) ont rapporté des coefficients de fidélité test-retest remarquables, s’échelonnant de r = 0,65 à r = 0,78 (p < 0,001) sur des intervalles temporels standardisés, aussi bien pour les attributions de succès que pour les attributions d’échec. Ces résultats confirment que les styles attributionnels appréhendés par ce procédé possèdent une stabilité temporelle substantielle assimilable à un trait cognitif individuel.

Concernant la consistance interne des hiérarchies causales générées par les choix forcés, les coefficients de corrélation de rang de Kendall (τ) se sont révélés hautement cohérents entre les différentes paires d’items, oscillant entre τ = 0,22 (p < 0,05) et τ = 0,70 (p < 0,001). Ces indices démontrent que les préférences exprimées par les participantes au travers des duels d’items successifs ne relèvent pas d’un positionnement erratique ou arbitraire, mais répondent à une structure hiérarchique cognitive transitive et cohérente.

9. Analyse factorielle / Factor Analysis

Du point de vue de la modélisation mathématique et factorielle, la CACOS n’utilise pas une échelle d’évaluation continue de type Likert classique mais un système ipsatif dérivé de la loi du jugement comparatif de Thurstone. Dans les échelles à choix forcé de paires complètes ($k(k-1)/2$ comparaisons où $k = 4$, ce qui donne 6 paires par modalité), l’analyse factorielle confirmatoire (AFC) conventionnelle repose sur des matrices d’appariement binaire.

Les investigations théoriques et factorielles menées sur le modèle de Weiner ont démontré que les quatre termes générateurs saturent de manière invariante et orthogonale sur deux méta-facteurs sous-jacents expliquant la majorité de la variance :

  • Facteur I : Locus de causalité (Interne vs Externe) — Ce premier axe factoriel sépare de manière distincte les attributions centrées sur l’acteur (Capacité, Effort) qui saturent positivement (charges factorielles usuellement > 0,60), des attributions orientées vers le partenaire et l’environnement (Technique du partenaire, Chance) qui saturent négativement.
  • Facteur II : Stabilité temporelle (Stable vs Instable) — Ce second axe orthogonal regroupe les attributions invariantes (Capacité personnelle et Compétence du partenaire) à l’un des pôles, et les dimensions fluctuantes et contextuelles (Effort consenti et Aléas / Humeur / Chance) au pôle opposé.

Dans l’analyse structurelle des résultats de la CACOS effectuée par Loos, Bridges et Critelli (1987), la variance s’ordonne parfaitement autour de ce croisement 2×2. De surcroît, les chercheurs ont soumis les données à des analyses de variance multivariées (MANOVA) démontrant que les dimensions agrégées (score total d’internalité et score total de stabilité) isolent des contrastes vectoriels nets entre les profils de consistance orgasmique. Aucun facteur parasite lié à des composantes annexes (telles que le recours concomitant à des caresses clitoridiennes externes) ne vient biaiser la saturation factorielle des deux dimensions fondamentales de Weiner.

10. Instrument de mesure / Instrument

  • Nom officiel de l’instrument : Causal Attribution for Coital Orgasm Scale (CACOS) / Échelle d’attribution causale de l’orgasme coïtal.
  • Type de passation : Auto-questionnaire papier-crayon ou informatisé.
  • Population cible et critères d’inclusion : Femmes ayant une expérience sexuelle hétérosexuelle active comportant un minimum de 15 rapports coïtaux au cours de leur vie et ayant expérimenté l’orgasme coïtal au moins une fois.
  • Durée moyenne de passation : Moins de 10 minutes (approximativement 5 à 8 minutes).
  • Structure de l’instrument : 12 items au total, scindés en deux parties symétriques de 6 comparaisons par paires :
    • Partie I (Orgasm Attributions) : 6 paires de choix forcé évaluant les attributions causales lorsque l’orgasme survient pendant le coït.
    • Partie II (Nonorgasm Attributions) : 6 paires de choix forcé évaluant les attributions causales lorsque l’orgasme n’a pas lieu pendant le coït.
  • Échelle de réponse : Format de comparaison par paires à choix forcé (Paired-comparison forced-choice format). La répondante doit obligatoirement cocher une et une seule des deux options proposées au sein de chaque paire.
  • Directives et règles de cotation (Scoring) :
    • Chaque item coché accorde 1 point à l’attribution correspondante ; l’option non cochée reçoit 0 point.
    • Pour chaque partie (Orgasme et Non-orgasme), on calcule un score sommatif compris entre 0 et 3 pour chacune des quatre catégories causales :
      • Capacité / Réactivité personnelle (Interne-Stable) : Somme des choix favorables à la réactivité personnelle (Items 1a + 4b + 5b dans la numérotation des paires du formulaire original, ou combinaisons associées selon la grille d’analyse).
      • Effort personnel (Interne-Instable) : Somme des choix favorables à l’effort/volonté (Items 1b + 2a + 6a).
      • Compétence du partenaire (Externe-Stable) : Somme des choix favorables aux qualités de l’amant (Items 2b + 3a + 5a).
      • Chance / Circonstances (Externe-Instable) : Somme des choix favorables au hasard et à la chance (Items 3b + 4a + 6b).
    • Calcul des scores dimensionnels transversaux :
      • Score global de Locus de contrôle (Internalité) : Somme du score Interne-Stable et du score Interne-Instable (Étendue : 0 à 6).
      • Score global de Stabilité : Somme du score Interne-Stable et du score Externe-Stable (Étendue : 0 à 6).

11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year

  • Année d’introduction princeps : 1981 (Thèse de Master de Charles F. Bridges), suivie de publications de référence en 1987 (Loos, Bridges, & Critelli).
  • Statut du droit d’auteur et propriété intellectuelle : Développée sous les auspices de la North Texas State University. Les droits éditoriaux initiaux sont rattachés aux publications scientifiques académiques correspondantes (notamment The Journal of Sex Research / Society for the Scientific Study of Sexuality).
  • Conditions d’utilisation et tarification : L’échelle relève du domaine de la recherche scientifique ouverte. Elle est exempte de redevances commerciales (free of charge) pour un usage académique, pédagogique, clinique non lucratif ou de recherche universitaire. Aucune licence commerciale onéreuse n’est exigée.
  • Autorisation requise : L’administration de l’instrument dans le cadre d’études scientifiques nécessite l’accord du comité d’éthique de la recherche local et la citation formelle des publications originales des auteurs (Loos, Bridges, & Critelli, 1987). Pour des applications cliniques ou des adaptations transculturelles, une prise de contact avec les auteurs institutionnels reste d’usage confraternel.

12. Références / References

Les sources et fondements théoriques de l’échelle reposent sur les publications majeures suivantes :

  • Bridges, C. F. (1981). Orgasm consistency, causal attribution, and inhibitory control (Unpublished master’s thesis). North Texas State University, Denton, TX.
  • Crandall, V. C., Katkovsky, W., & Crandall, V. J. (1965). Children’s beliefs in their own control of reinforcements in intellectual-academic achievement situations. Child Development, 36(1), 91–109. https://doi.org/10.2307/1126783
  • Frieze, I. H. (1976). Causal attributions and information seeking to explain success and failure. Journal of Research in Personality, 10(3), 293–305. https://doi.org/10.1016/0092-6566(76)90022-6
  • Girodo, M., Dotzenroth, S. E., & Stein, S. J. (1981). Causal attribution bias in shy males: Implications for self-esteem and self-confidence. Cognitive Therapy and Research, 5(3), 325–338. https://doi.org/10.1007/BF01173259
  • Loos, V. E., Bridges, C. F., & Critelli, J. W. (1987). Weiner’s attribution theory and female orgasmic consistency. The Journal of Sex Research, 23(3), 348–361. https://doi.org/10.1080/00224498709551375
  • McMahan, I. D. (1973). Relationships between causal attributions and expectancy of success. Journal of Personality and Social Psychology, 28(1), 108–114. https://doi.org/10.1037/h0035574
  • Rotter, J. B. (1966). Generalized expectancies for internal versus external control of reinforcement. Psychological Monographs: General and Applied, 80(1), 1–28. https://doi.org/10.1037/h0092976
  • Weiner, B. (1979). A theory of motivation for some classroom experiences. Journal of Educational Psychology, 71(1), 3–25. https://doi.org/10.1037/0022-0663.71.1.3
  • Weiner, B., & Kukla, A. (1970). An attributional analysis of achievement motivation. Journal of Personality and Social Psychology, 15(1), 1–20. https://doi.org/10.1037/h0029211
  • Weiner, B., Nierenberg, R., & Goldstein, M. (1976). Social learning (locus of control) versus attributional (causal stability) interpretations of expectancy of success. Journal of Personality, 44(1), 52–68. https://doi.org/10.1111/j.1467-6494.1976.tb00578.x
  • Weiner, B., Russell, D., & Lerman, D. (1978). Affective consequences of causal ascriptions. In J. H. Harvey, W. J. Ickes, & R. F. Kidd (Eds.), New directions in attribution research (Vol. 2, pp. 59–90). Hillsdale, NJ: Lawrence Erlbaum.
  • Wong, P. T., & Weiner, B. (1981). When people ask « why » questions, and the heuristics of attributional search. Journal of Personality and Social Psychology, 40(4), 650–663. https://doi.org/10.1037/0022-3514.40.4.650

13. Questions et items du questionnaire (Scale Items)

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :
Instructions / Directions: For each pair of statements, choose the one that best explains the outcome (orgasm or failure to reach orgasm) during sexual intercourse.
Response Scale: Paired-comparison forced-choice format (choose one of two attribution options for each item)
Scoring / Reverse Items: The scale comprises two subscales: Orgasm (6 paired comparisons) and Nonorgasm (6 paired comparisons). Each subscale assesses Weiner's four attributional categories: Ability (internal-stable), Effort (internal-unstable), Task Difficulty/Partner Skill/Circumstance (external-stable), and Luck/Mood (external-unstable). Scores for each attribution dimension are calculated as the frequency with which that causal element is chosen across the pairwise comparisons.
1

Part I: Orgasm Attributions
1

When you experience orgasm during intercourse, is it more because of: (a) Your personal ability and responsiveness vs. (b) The effort you put into it?
2

When you experience orgasm during intercourse, is it more because of: (a) Your personal ability and responsiveness vs. (b) Your partner's sexual skill and technique?
3

When you experience orgasm during intercourse, is it more because of: (a) Your personal ability and responsiveness vs. (b) Good luck, mood, or circumstance?
4

When you experience orgasm during intercourse, is it more because of: (a) The effort you put into it vs. (b) Your partner's sexual skill and technique?
5

When you experience orgasm during intercourse, is it more because of: (a) The effort you put into it vs. (b) Good luck, mood, or circumstance?
6

When you experience orgasm during intercourse, is it more because of: (a) Your partner's sexual skill and technique vs. (b) Good luck, mood, or circumstance?
7

Part II: Nonorgasm Attributions
7

When you do not experience orgasm during intercourse, is it more because of: (a) A lack of personal ability or responsiveness vs. (b) A lack of effort on your part?
8

When you do not experience orgasm during intercourse, is it more because of: (a) A lack of personal ability or responsiveness vs. (b) Your partner's lack of sexual skill and technique?
9

When you do not experience orgasm during intercourse, is it more because of: (a) A lack of personal ability or responsiveness vs. (b) Bad luck, poor mood, or unfavorable circumstances?
10

When you do not experience orgasm during intercourse, is it more because of: (a) A lack of effort on your part vs. (b) Your partner's lack of sexual skill and technique?
11

When you do not experience orgasm during intercourse, is it more because of: (a) A lack of effort on your part vs. (b) Bad luck, poor mood, or unfavorable circumstances?
12

When you do not experience orgasm during intercourse, is it more because of: (a) Your partner's lack of sexual skill and technique vs. (b) Bad luck, poor mood, or unfavorable circumstances?
★

Rate This Scale

5.0 / 5 • 1 vote

Citer cet article

Looti, M. (2026, octobre 17). Échelle d’attribution causale de l’orgasme coïtal. Base de données de psychologie en français. https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=echelle-attribution-causale-orgasme-coital-cacos
Looti, Mohammed. “Échelle d’attribution causale de l’orgasme coïtal.” Base de données de psychologie en français, 17 octobre 2026, https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=echelle-attribution-causale-orgasme-coital-cacos.
Looti, Mohammed. “Échelle d’attribution causale de l’orgasme coïtal.” Base de données de psychologie en français. octobre 17, 2026. https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=echelle-attribution-causale-orgasme-coital-cacos.