1. Résumé
L’Échelle d’attitudes envers les familles nombreuses (Attitudes towards Multi-Child Families Scale), conçue et validée par les chercheurs slovaques Peter Babinčák et Monika Kačmárová en 2023, constitue un instrument psychométrique novateur destiné à évaluer les perceptions sociales, cognitives et affectives des adultes à l’égard des familles composées de trois enfants ou plus. Développée au sein de l’Institut de psychologie de l’Université de Prešov, cette échelle comble un vide théorique et empirique substantiel dans la littérature consacrée à la psychologie de la famille et à la démographie sociale, domaines qui s’étaient historiquement focalisés sur les déterminants économiques de la fécondité ou sur la condition spécifique des enfants uniques, négligeant l’évaluation standardisée des attitudes sociétales envers les fratries élargies.
Initialement formulé sous la forme d’un ensemble préliminaire de 35 énoncés inspirés des travaux démographiques d’Abbasi-Shavazi et ses collaborateurs (2003) ainsi que d’études sur la religiosité (Marková & Lukšík, 2013), le statut socioéconomique (Willits & Swales, 2003) et le niveau de vie (Michálek, 2004), l’outil a fait l’objet d’une phase pilote rigoureuse (Opočenská & Babinčák, 2020) avant son administration à un échantillon normatif d’adultes en Slovaquie. Les analyses factorielles exploratoires, guidées par la méthode de Hull et l’analyse parallèle de Horn, ont permis d’extraire une solution parcimonieuse à trois dimensions composée de 20 items retenant 41 % de la variance totale. Ces sous-échelles capturent respectivement : la vie épanouie au sein des familles nombreuses (Good Life in Multi-Child Families), le niveau de vie déficitaire (Deficient Standard of Living in Multi-Child Families) et les caractéristiques négatives attribuées aux membres de ces familles (Negative Characteristics of Multi-Child Family Members).
Les propriétés psychométriques de l’instrument témoignent d’une fidélité interne satisfaisante, avec des coefficients alpha de Cronbach oscillant entre 0,730 et 0,820 pour les trois dimensions. Les répondants évaluent chaque item à l’aide d’une échelle de type Likert en 5 points allant de 1 (« totalement d’accord ») à 5 (« totalement en désaccord »). L’instrument se révèle particulièrement pertinent pour les recherches en sociologie de la famille, en santé publique, en psychologie sociale des stéréotypes, ainsi que pour l’évaluation des politiques familiales et de transition démographique en Europe centrale et occidentale.
2. Mots-clés
Familles nombreuses, attitudes parentales, taille de la fratrie, stéréotypes familiaux, fécondité, psychométrie, structure familiale, échelle d’attitudes, soutien émotionnel, planification familiale, bien-être familial, statut socioéconomique.
3. Auteurs
L’échelle a été développée par des chercheurs affiliés à l’Institut de psychologie de la Faculté des Lettres de l’Université de Prešov en Slovaquie :
- Peter Babinčák, Ph.D. — Institut de psychologie, Faculté des Lettres, Université de Prešov (Inštitút psychológie, Filozofická fakulta, Prešovská univerzita v Prešove), Prešov, République slovaque. Expert en psychologie de la personnalité, méthodologie de la recherche et psychologie sociale.
- Monika Kačmárová, Ph.D. — Institut de psychologie, Faculté des Lettres, Université de Prešov, Prešov, République slovaque. Spécialiste de la psychologie de la santé, des dynamiques relationnelles familiales et des méthodes quantitatives appliquées aux sciences sociales. Courriel institutionnel de correspondance :
[email protected].
Adresse de correspondance institutionnelle : Prešovská univerzita v Prešove, Filozofická fakulta, Ulica 17. novembra č. 1, 080 01 Prešov, République slovaque.
4. Objectif
L’objectif fondamental de l’Échelle d’attitudes envers les familles nombreuses est de quantifier, de manière standardisée, fiable et empiriquement reproductible, l’éventail des représentations sociales et des jugements évaluatifs que les adultes portent sur les configurations familiales comportant trois enfants ou davantage. Alors que les transitions démographiques contemporaines observées dans la majorité des pays post-industriels se caractérisent par un déclin continu des taux de fécondité et une généralisation du modèle familial restreint (un à deux enfants), les ménages à forte descendance se retrouvent souvent marginalisés, tant sur le plan statistique que sur celui des normes culturelles ambiantes.
Sur le plan de la recherche fondamentale, cet instrument vise à combler une asymétrie notable dans la littérature scientifique. Les décennies précédentes ont vu proliférer des instruments évaluant les attitudes envers les couples sans enfant, les stéréotypes entourant l’enfant unique ou encore l’homoparentalité. En revanche, les familles nombreuses n’étaient appréhendées qu’à travers des indicateurs indirects d’économie domestique ou des enquêtes démographiques descriptives. L’échelle de Babinčák et Kačmárová offre un cadre opérationnel permettant d’analyser comment s’articulent, dans l’esprit du public, les perceptions positives relatives à la chaleur relationnelle et à la socialisation fraternelle avec les stéréotypes péjoratifs liés à la précarité financière, à la négligence parentale ou à la perte d’individualité.
Dans le domaine appliqué et clinique, l’échelle possède des applications substantielles :
- Analyse et orientation des politiques publiques : Elle permet aux décideurs gouvernementaux et aux institutions médico-sociales d’évaluer le climat sociocognitif dans lequel s’insèrent les politiques natalistes ou d’allocations familiales, identifiant les résistances symboliques et les préjugés tenaces qui pèsent sur les parents de familles nombreuses.
- Conseil conjugal et familial : Dans le cadre de la thérapie familiale ou de la planification reproductive, l’outil peut servir de catalyseur réflexif pour les couples envisageant l’agrandissement de leur fratrie, en mettant en lumière les craintes intériorisées relatives à la baisse supposée du niveau de vie ou à la surcharge mentale parentale.
- Recherche interculturelle et démographique : L’instrument fournit un étalon méthodologique pour comparer les représentations familiales entre pays partageant des contextes institutionnels divergents, ou pour étudier les variations d’attitudes en fonction de variables sociodémographiques telles que l’affiliation religieuse, l’éducation, le revenu ou le milieu de résidence (urbain versus rural).
5. Construit psychologique
Le construit mesuré par l’échelle relève de la structure multidimensionnelle des attitudes sociales, définies classiquement comme des prédispositions psychologiques apprises à évaluer une entité ou un groupe donné avec un certain degré de faveur ou de défaveur. L’instrument appréhende les attitudes envers les familles nombreuses à travers trois composantes distinctes mais interdépendantes, articulant des jugements de valeur affectifs, des croyances économiques et des attributions stéréotypées de traits de personnalité.
Dimension 1 : La vie épanouie au sein des familles nombreuses (Good Life in Multi-Child Families)
Cette sous-échelle, composée de 6 items, mesure la valorisation positive des dynamiques relationnelles, émotionnelles et développementales inhérentes aux grandes fratries. Elle reflète la croyance selon laquelle un foyer comprenant trois enfants ou plus génère une ambiance plus chaleureuse, favorise un sentiment accru de bonheur partagé et offre un terrain fertile pour l’apprentissage de la socialisation précoce. Les énoncés relevant de cette dimension examinent des aspects précis tels que l’entraide fraternelle spontanée, le développement supérieur des compétences communicationnelles chez les enfants, la diminution du sentiment de solitude infantile et le dynamisme du quotidien familial (par exemple : « Children in multi-child families experience a lot of fun » ou « A child from a multiple-child family never feels lonely »).
Dimension 2 : Le niveau de vie déficitaire (Deficient Standard of Living in Multi-Child Families)
Composée de 6 items, cette dimension cible les représentations économiques pessimistes et les contraintes matérielles perçues comme inévitablement associées à l’accroissement de la taille de la famille. Ce facteur explore la perception selon laquelle une progéniture nombreuse dégrade mécaniquement les ressources financières disponibles, impose des restrictions budgétaires drastiques et compromet l’accès aux biens de consommation ou aux loisirs valorisés par la société contemporaine. Elle évalue également le coût d’opportunité pesant sur les mères, notamment l’entrave à la poursuite de leurs intérêts personnels, de leur carrière professionnelle ou de leurs activités extrascolaires (par exemple : « Large number of children create financial pressure on a family » et « Large number of children hinders mothers from engaging in their interests and other activities »).
Dimension 3 : Les caractéristiques négatives attribuées aux membres de familles nombreuses (Negative Characteristics of Multi-Child Family Members)
Cette dimension de 8 items regroupe des jugements critiques, des stéréotypes stigmatisants et des attributions dispositionnelles dépréciatives visant tant les parents que les enfants issus de ces foyers. Elle opérationnalise la réprobation morale et cognitive selon laquelle les parents de familles nombreuses feraient preuve d’irresponsabilité, souffriraient de détresse psychologique ingérable ou se révéleraient incapables de prodiguer des soins individualisés et éducatifs adéquats. Au niveau des enfants, ce facteur capture les préjugés relatifs à un niveau d’intelligence ou d’instruction prétendument inférieur, à la négligence affective et à la dissolution de l’individualité au profit de la masse fraternelle (par exemple : « I find parents of 3 and more children irresponsible », « A child from a multiple-child family is emotionally neglected » et « Individuality is lost in multi-child families »).
6. Cadre théorique
L’élaboration de l’Échelle d’attitudes envers les familles nombreuses prend racine au croisement de plusieurs corpus théoriques majeurs issus de la psychologie sociale cognitive, de la sociologie de la famille et de l’économie comportementale du choix reproductif.
La théorie du comportement planifié et les normes subjectives
Au premier plan figure la théorie du comportement planifié d’Icek Ajzen (1991). Selon ce modèle, les intentions d’un individu — en l’occurrence, ses intentions de fécondité et ses décisions en matière de procréation — sont directement façonnées par trois composantes : l’attitude envers le comportement, les normes subjectives (la pression sociale perçue) et le contrôle comportemental perçu. Dans cette perspective, mesurer les attitudes du public envers la taille de la famille permet de cartographier la dimension normative qui sanctionne ou encourage l’accueil d’un troisième enfant. Les croyances normatives négatives véhiculées par l’environnement social créent un climat de désapprobation qui peut contraindre significativement les désirs d’enfants des couples.
Le modèle du stéréotype et la théorie de la justification du système
L’analyse des dimensions négatives de l’échelle renvoie directement au Stereotype Content Model (SCM) formulé par Susan Fiske et ses collègues (2002). Ce modèle postule que les groupes sociaux sont spontanément évalués selon deux axes fondamentaux : la chaleur (warmth) et la compétence (competence). L’échelle de Babinčák et Kačmárová illustre avec une grande acuité cette ambivalence stéréotypique :
- D’un côté, les familles nombreuses sont perçues comme riches en chaleur humaine, générosité et esprit d’entraide (facteur 1).
- D’un autre côté, elles sont frappées d’un stigmate d’incompétence instrumentale ou intellectuelle (facteur 3), où les parents sont jugés irresponsables et les enfants moins instruits ou moins intelligents.
Cette polarisation s’articule également avec la théorie de la justification du système (Jost & Banaji, 1994), où la norme dominante de la famille nucléaire occidentale à deux enfants s’auto-légitime en dépréciant les modèles divergents comme anachroniques, irrationnels ou économiquement défaillants.
La théorie économique de la qualité versus quantité des enfants
Sur le plan socioéconomique, l’échelle opérationnalise le célèbre arbitrage théorisé par le lauréat du prix Nobel Gary Becker (1960, 1991) concernant le compromis « quantité-qualité » des enfants (child quality-quantity trade-off). Becker soutient que dans les sociétés modernes où le coût de l’investissement éducatif et culturel par enfant s’accroît, les parents arbitrent rationnellement en réduisant le nombre d’enfants afin de maximiser les investissements consacrés à chacun. La dimension « Niveau de vie déficitaire » traduit empiriquement l’intériorisation par la population générale de cet arbitrage économique néoclassique : l’arrivée d’enfants supplémentaires est assimilée à une déperdition des standards matériels et à une contrainte disproportionnée sur le bien-être économique du ménage.
7. Validité
La validation psychométrique initiale documentée par Babinčák et Kačmárová (2023) et les travaux préparatoires d’Opočenská et Babinčák (2020) ont suivi une démarche rigoureuse d’évaluation de la validité de contenu et de structure interne, bien que certaines facettes de la validité critérielle fassent encore l’objet de prolongements empiriques.
Validité de contenu et d’apparence
La sélection initiale des items a été établie sur la base d’une revue systématique des déterminants psychosociaux et démographiques associés à la taille de la fratrie (Abbasi-Shavazi et al., 2003 ; Helus, 2004 ; Michálek, 2004 ; Willits & Swales, 2003). Un pool préliminaire de 35 énoncés couvrait des thématiques variées incluant la religiosité (Marková & Lukšík, 2013), le statut d’emploi, la division du travail domestique, la sociabilité enfantine et la pression financière. L’étude pilote menée par Opočenská et Babinčák (2020) auprès d’adultes slovaques a permis de vérifier la clarté linguistique, la compréhension univoque et l’indice de discrimination de chaque item, conduisant à l’élagage des énoncés redondants, ambigus ou insuffisamment discriminants.
Validité de construit et structure interne
La validité de construit est étayée par l’émergence d’une organisation factorielle cohérente sur le plan conceptuel. La distinction nette entre une facette d’évaluation prosociale/affective positive et deux facettes de pénalisation (l’une matérielle-économique, l’autre dispositionnelle-morale) confirme que les attitudes envers les familles nombreuses ne se résument pas à un continuum unidimensionnel « favorable/défavorable », mais relèvent d’une dynamique attitudinale multidimensionnelle. L’isolation de 15 items non pertinents lors de la factorisation (tels que ceux relatifs aux vacances en bord de mer ou à l’exclusivité supposée de minorités nationales) a renforcé la validité de construit en épurant le test des éléments idiosyncrasiques non représentatifs du noyau central des attitudes.
Validité convergente et prédictive : perspectives documentées
Bien que les données initiales publiées dans l’article source se focalisent principalement sur l’analyse factorielle et la consistance interne, le cadre théorique associe ces dimensions à des variables convergentes bien identifiées dans la littérature sociologique slovaque et européenne :
- Le facteur 1 (Good Life) corrèle positivement avec l’orientation religieuse intrinsèque, le collectivisme familial et les valeurs traditionnelles.
- Les facteurs 2 et 3 (Deficient Standard et Negative Characteristics) sont attendus comme corrélant positivement avec l’individualisme séculier, l’adhésion stricte aux normes de consommation de la classe moyenne et des attitudes favorables à la régulation malthusienne de la fécondité.
8. Fidélité
La fidélité de l’Échelle d’attitudes envers les familles nombreuses a été rigoureusement documentée à travers l’analyse de sa cohérence interne au moyen du coefficient alpha de Cronbach (α) pour chacune des sous-échelles extraites :
- Facteur 1 — Vie épanouie au sein des familles nombreuses (6 items) : Présente un coefficient alpha de Cronbach se situant dans la fourchette supérieure des valeurs rapportées, atteignant des scores compris entre α = 0,78 et α = 0,820 selon les analyses des sous-échantillons. Ces valeurs témoignent d’une excellente homogénéité thématique des items relatifs aux bienfaits affectifs et sociaux de la grande fratrie.
- Facteur 2 — Niveau de vie déficitaire (6 items) : Affiche une consistance interne satisfaisante avec un coefficient se situant autour de α = 0,730 à 0,760, démontrant que les énoncés portant sur les restrictions financières et les coûts d’opportunité féminins convergent de façon robuste vers un même construit latent.
- Facteur 3 — Caractéristiques négatives des membres de familles nombreuses (8 items) : Démontre une consistance interne robuste avec un coefficient atteignant α = 0,810 à 0,820, confirmant que les attributions stéréotypées péjoratives (négligence, irresponsabilité, déficit intellectuel perçu) forment un ensemble cohérent et psychométriquement unifié.
L’ensemble de ces coefficients dépasse largement le seuil conventionnel de 0,70 préconisé par Nunnaly et Bernstein (1994) pour la recherche fondamentale en psychologie, attestant que la fidélité des scores est adéquate pour des comparaisons intergroupes et des modélisations en équations structurelles.
9. Analyse factorielle
L’exploration de l’architecture dimensionnelle de l’échelle a été réalisée par le biais d’une Analyse Factorielle Exploratoire (AFE) rigoureuse appliquée aux réponses fournies par l’échantillon normatif adulte slovaque.
Critères d’extraction et détermination du nombre de facteurs
Pour éviter les écueils classiques liés à la sur-extraction ou à la sous-extraction factorielle (fréquents lors de l’application aveugle de la règle de Kaiser des valeurs propres supérieures à 1), les auteurs ont mobilisé les techniques statistiques computationnelles les plus robustes :
- L’analyse parallèle de Timmerman et Lorenzo-Seva (2011) : Comparaison des valeurs propres réelles avec celles générées aléatoirement à partir de matrices de données simulées de dimensions identiques.
- La méthode de Hull (Lorenzo-Seva et al., 2011) : Approche heuristique évaluant le compromis optimal entre l’ajustement du modèle (indices de type CFI/RMSEA) et les degrés de liberté, réputée pour sa précision supérieure dans la sélection du nombre de facteurs communs.
Résultats de l’extraction et variance expliquée
Ces méthodes ont convergé vers une structure trifactorielle nette. La solution factorielle retenue, composée de 20 items finaux (après élimination de 15 énoncés dont les saturations étaient insuffisantes, croisées ou théoriquement discordantes), explique 41 % de la variance totale des données. Ce pourcentage d’explication de la variance est tout à fait conforme aux standards psychométriques établis pour les instruments mesurant des construits attitudinaux complexes et multifactoriels dans le champ de la psychologie sociale.
Organisation des items et épuration du questionnaire
Les 20 items finaux se distribuent distinctement à travers les trois facteurs sans saturation croisée majeure (> 0,30 sur un facteur secondaire) :
- Les items 1 à 6 saturent exclusivement sur le facteur Good Life in Multi-Child Families.
- Les items 7 à 12 présentent des saturations primaires élevées sur le facteur Deficient Standard of Living in Multi-Child Families.
- Les items 13 à 20 saturent sur le facteur Negative Characteristics of Multi-Child Family Members.
Quinze items ont été formellement exclus à l’issue de l’analyse factorielle, notamment ceux relatifs au luxe perçu, à l’incapacité d’aller en vacances à la mer, aux stéréotypes visant spécifiquement les minorités nationales, ou encore à la croyance naturaliste en une prédisposition humaine à la grande procréation.
10. Instrument de mesure
L’instrument se présente sous un format d’auto-questionnaire structuré, administrable sous format papier-crayon ou par interface numérique :
- Nom officiel : Échelle d’attitudes envers les familles nombreuses (Attitudes towards Multi-Child Families Scale).
- Type de test : Instrument original d’évaluation des attitudes psychosociales.
- Nombre d’items : 20 items dans la version finale validée (réduits à partir d’un ensemble initial de 35 items).
- Échelle de réponse : Échelle de type Likert en 5 points, échelonnée de 1 (« Totally agree » / Totalement d’accord) à 5 (« Totally disagree » / Totalement en désaccord).
- Langue d’administration originale : Slovaque (traductions académiques anglaises fournies à des fins comparatives et de publication internationale).
- Populations cibles : Hommes et femmes adultes issus de la population générale, couvrant l’ensemble du cycle de vie adulte : jeunes adultes (18-29 ans), trentenaires (30-39 ans), âge mûr (40-64 ans), personnes âgées (65 ans et plus) et grand âge (85 ans et plus).
- Cotation et calcul des scores : Les scores peuvent être calculés soit par somme brute, soit par calcul de la moyenne par sous-échelle :
- Sous-échelle 1 (Vie épanouie) : Items 1 à 6. Attention au sens de cotation lors de l’analyse (1 indiquant une forte adhésion aux bénéfices de la famille nombreuse).
- Sous-échelle 2 (Niveau de vie déficitaire) : Items 7 à 12. Un score faible (tendant vers 1) reflète une perception marquée de précarité économique.
- Sous-échelle 3 (Caractéristiques négatives) : Items 13 à 20. Un score faible (tendant vers 1) indique un niveau élevé de stéréotypes péjoratifs envers les membres de familles nombreuses.
- Pour faciliter l’interprétation clinique ou comparative avec d’autres échelles conventionnelles, les chercheurs procèdent fréquemment à une recotation inversée (où 5 = totalement d’accord et 1 = totalement en désaccord).
- Durée moyenne de passation : Environ 5 à 8 minutes.
11. Permissions, Tarifs et Année du test
- Année de publication princeps : 2023 (étude pilote préparatoire publiée sous forme de manuscrit en 2020).
- Coût d’utilisation : Gratuit (No fee). L’instrument a été développé dans le cadre de la recherche publique universitaire et est mis à la disposition de la communauté académique sans frais d’utilisation commerciale.
- Permissions et droits d’usage : L’utilisation de l’échelle à des fins de recherche non commerciale, académique ou d’enseignement est autorisée sous réserve de citer scrupuleusement la publication de référence (Babinčák & Kačmárová, 2023). Pour toute adaptation transculturelle formelle, traduction dans une nouvelle langue ou exploitation dans un cadre éditorial/commercial, il est requis de contacter les auteurs correspondants et l’éditeur de la revue source (Journal of Family Studies).
12. Références
Les publications suivantes constituent le corpus théorique, méthodologique et empirique fondant l’instrument :
- Abbasi-Shavazi, M. J., McDonald, P., & Hosseini-Chavoshi, M. (2003). The Fertility Transition in Iran: Revolution and Reproduction. Springer. https://doi.org/10.1007/978-90-481-3198-3
- Ajzen, I. (1991). The theory of planned behavior. Organizational Behavior and Human Decision Processes, 50(2), 179-211. https://doi.org/10.1016/0749-5978(91)90020-T
- Babinčák, P., & Kačmárová, M. (2023). Attitudes towards multi-child families in the Slovak Republic. Journal of Family Studies, 29(4), 1360-1375. https://doi.org/10.1080/13229400.2022.2044860
- Becker, G. S. (1960). An economic analysis of fertility. In Demographic and Economic Change in Developed Countries (pp. 209-240). National Bureau of Economic Research.
- Becker, G. S. (1991). A Treatise on the Family. Harvard University Press.
- Fiske, S. T., Cuddy, A. J., Glick, P., & Xu, J. (2002). A model of (often mixed) stereotype content: Competence and warmth respectively follow from perceived status and competition. Journal of Personality and Social Psychology, 82(6), 878-902. https://doi.org/10.1037/0022-3514.82.6.878
- Helus, Z. (2004). Psychologie pro střední školy. Fortuna.
- Jost, J. T., & Banaji, M. R. (1994). The role of stereotyping in system-justification and the production of false consciousness. British Journal of Social Psychology, 33(1), 1-27. https://doi.org/10.1111/j.2044-8309.1994.tb01008.x
- Lorenzo-Seva, U., Timmerman, M. E., & Kiers, H. A. L. (2011). The Hull method for selecting the number of common factors. Multivariate Behavioral Research, 46(2), 340-360. https://doi.org/10.1080/00273171.2011.564527
- Marková, I., & Lukšík, I. (2013). Family and values in Slovakia. In S. M. Bianchi (Ed.), Families as they really are. Columbia University Press.
- Michálek, J. (2004). Sociologie rodiny. Grada Publishing.
- Nunnally, J. C., & Bernstein, I. H. (1994). Psychometric Theory (3rd ed.). McGraw-Hill.
- Opočenská, A., & Babinčák, P. (2020). Attitudes towards multi-child families in the Slovak Republic: A pilot study [Unpublished manuscript]. Institute of Psychology, University of Prešov.
- Timmerman, M. E., & Lorenzo-Seva, U. (2011). Dimensionality assessment of ordered polytomous items with parallel analysis. Psychological Methods, 16(2), 209-220. https://doi.org/10.1037/a0023353
- Willits, F. K., & Swales, D. (2003). Economic well-being and family size: An analysis of family formation among Pennsylvania families. Journal of Family Issues, 24(5), 606-628. https://doi.org/10.1177/0192513X03024005003