1. Résumé / Abstract
L’Échelle d’attitudes envers le sadomasochisme (Attitudes About Sadomasochism Scale [ASMS] ; Yost, 2010) constitue un instrument psychométrique d’auto-évaluation conçu pour mesurer de façon multidimensionnelle les attitudes stéréotypées, négatives et préjudiciables à l’égard des personnes pratiquant le sadomasochisme consensuel (BDSM). Développée et validée auprès d’un échantillon combiné de 471 adultes, l’ASMS répond à la nécessité d’objectiver empiriquement la stigmatisation dont font l’objet les minorités sexuelles non normatives au sein des milieux cliniques, juridiques et sociaux. L’outil comprend 23 items répartis en quatre sous-échelles théoriquement et empiriquement distinctes : Socially Wrong (Inadéquation et immoralité sociale, 12 items), Violence (Association fallacieuse avec la violence interpersonnelle et l’agression, 5 items), Lack of Tolerance (Manque de tolérance et rejet de la légitimité érotique, 4 items inversés), et Real Life (Croyance en une généralisation comportementale dans la vie quotidienne, 2 items).
Les participants répondent à l’aide d’une échelle de type Likert en 7 points allant de 1 (« Pas du tout d’accord » / Disagree Strongly) à 7 (« Tout à fait d’accord » / Agree Strongly), avec un point médian neutre fixé à 4 (« Ni d’accord ni en désaccord » / Neither Agree nor Disagree). L’analyse de cohérence interne met en évidence d’excellentes propriétés psychométriques, avec des coefficients alpha de Cronbach oscillant entre .78 et .92 selon les sous-échelles. La validité conceptuelle est soutenue par des corrélations congruentes avec l’homophobie, le conservatisme sexuel, l’autoritarisme de droite (Right-Wing Authoritarianism) et l’adhésion aux mythes du viol. Une modélisation par régression multiple confirme sa validité discriminante, montrant que 58 % de la variance de l’ASMS n’est pas expliquée par le conservatisme général, établissant ainsi la spécificité du construit. L’instrument est particulièrement indiqué dans les recherches en sexologie, en psychologie sociale des préjugés, ainsi que dans l’évaluation des biais implicites et explicites chez les professionnels de santé mentale et du système judiciaire.
2. Mots-clés / Keywords
Sadomasochisme, BDSM, Attitudes sociales, Préjugés sexuels, Psychométrie, Stigmatisation, Échelle d’attitudes envers le sadomasochisme, Validité factorielle, Alpha de Cronbach, Minorités sexuelles, Autoritarisme, Conservatisme sexuel, Discriminations institutionnelles.
3. Auteurs / Authors
L’échelle a été développée et validée par la chercheuse en psychologie :
- Megan R. Yost, Ph.D. — Professeure associée de psychologie, Département de psychologie, Dickinson College, Carlisle, Pennsylvanie, États-Unis. Affiliation institutionnelle lors de la publication princeps : Department of Psychology, Dickinson College, P. O. Box 1773, Carlisle, PA 17013. Courriel institutionnel : [email protected].
4. Objectif / Purpose
L’objectif fondamental de l’Échelle d’attitudes envers le sadomasochisme (ASMS) est de fournir une mesure standardisée, fiable et valide des stéréotypes négatifs et des attitudes hostiles dirigés à l’encontre des individus engagés dans des pratiques sadomasochistes consensuelles (BDSM : bondage, discipline, domination, soumission, sadisme et masochisme). Dans la littérature contemporaine en sexologie et en psychologie sociale, le sadomasochisme désigne des activités sexuelles récréatives, ritualisées et sécurisées, exercées entre adultes consentants (Scott, 1980 ; Weinberg et al., 1984). Bien que nombre de pratiquants considèrent cette préférence érotique comme une composante intrinsèque de leur identité sexuelle comparable à l’orientation sexuelle (Taylor & Ussher, 2001), tandis que d’autres l’abordent comme un répertoire de comportements ludiques dénué d’ancrage identitaire exclusif (Langdridge, 2006), cette population subit une réprobation socioculturelle intense (Wright, 2006).
Le développement de l’ASMS a été motivé par le constat alarmant de discriminations structurelles et institutionnelles. En premier lieu, dans le champ de la santé mentale et de la psychothérapie, plusieurs études empiriques ont mis en évidence un malaise marqué des thérapeutes lorsqu’ils travaillent avec des usagers adeptes du BDSM (Ford & Hendrick, 2003), se traduisant fréquemment par une pathologisation indue, des micro-agressions cliniques et une rupture de l’alliance thérapeutique (Kolmes et al., 2006). En second lieu, dans le système médico-légal et judiciaire, l’implication dans des pratiques sadomasochistes a été exploitée de manière préjudiciable dans des litiges relatifs à la garde d’enfants pour disqualifier l’aptitude parentale (Klein & Moser, 2006), ou a donné lieu à des poursuites pénales disproportionnées pour voies de fait ou attentat aux mœurs lors d’événements semi-privés entre adultes consentants (Ridinger, 2006).
L’ASMS répond ainsi à une double finalité théorique et appliquée :
- En milieu académique et scientifique : Permettre aux chercheurs d’isoler les déterminants socio-cognitifs du préjugé anti-BDSM, d’examiner ses interactions avec d’autres formes de stigmatisation (sexisme, homophobie, transphobie) et d’évaluer l’impact des variables de contact intergroupe et de littératie sexuelle.
- En milieu professionnel et formatif : Servir d’outil d’évaluation pré- et post-formation afin de mesurer l’efficacité de modules de sensibilisation auprès de populations cibles clés (psychologues, psychiatres, juristes, magistrats, officiers de police, travailleurs sociaux), contribuant ainsi à déconstruire les biais discriminatoires institutionnels.
5. Construit psychologique / Construct
L’ASMS appréhende les attitudes anti-sadomasochistes non pas comme une disposition monolithique, mais comme une structure cognitive et affective multidimensionnelle composée de quatre dimensions distinctes :
1. Inadéquation et immoralité sociale (Socially Wrong)
Cette sous-échelle (12 items) évalue la croyance selon laquelle le sadomasochisme représente une transgression morale fondamentale, une pathologie psychiatrique grave et une menace directe pour la cohésion et les institutions sociales (famille, religion, légalité). Les propositions relevant de cette dimension reflètent l’idée que les individus sadomasochistes sont déviants, dégoûtants, inaptes à l’éducation de leurs enfants et incompatibles avec la vie en société. Elle capture également le sentiment d’inconfort viscéral ressenti à la simple proximité physique d’un individu s’identifiant comme dominant ou soumis. Exemples d’items : « Sadomasochistic behavior is just plain wrong » (Le comportement sadomasochiste est tout simplement mauvais) et « SM rarely exists in a psychologically healthy individual » (Le SM existe rarement chez une personne psychologiquement saine).
2. Association fallacieuse avec la violence (Violence)
Composée de 5 items, cette dimension mesure la confusion systématique entre sexualité BDSM consensuelle et violence criminelle non consentie. Elle évalue l’adhésion à des croyances infondées imputant aux pratiquants — et plus particulièrement aux partenaires endossant le rôle de « dominant » — une propension accrue à commettre des violences conjugales, des viols sur conjoint ou sur inconnu, ainsi que des agressions sexuelles sur mineurs. Cette sous-échelle quantifie également l’association réflexe entre sadomasochisme et troubles psychiatriques sévères. Exemple d’item : « A Dominant is more likely to rape a romantic partner than the average person » (Un dominant est plus susceptible de violer son partenaire romantique qu’une personne moyenne).
3. Manque de tolérance et déni d’acceptabilité (Lack of Tolerance)
Cette composante (4 items, tous inversés lors de la cotation) évalue le refus de reconnaître le sadomasochisme comme une expression sexuelle légitime, érotique et compatible avec une moralité personnelle irréprochable. Un score élevé sur cette dimension, après inversion, traduit un rejet catégorique de la normalisation juridique et éthique des pratiques consenties entre adultes. Exemple d’item : « Sadomasochistic activity should be legal, as long as all participants are consenting adults » (L’activité sadomasochiste devrait être légale, tant que tous les participants sont des adultes consentants).
4. Généralisation comportementale dans la vie quotidienne (Real Life)
Cette sous-échelle brève (2 items) évalue la croyance déterministe selon laquelle les rôles érotiques négociés dans le cadre intime (domination/soumission) s’étendent obligatoirement et uniformément à toutes les sphères de l’existence quotidienne. Elle postule l’existence de traits de personnalité rigides où le soumis serait passif en toutes circonstances et le dominant perpétuellement agressif et tyrannique en dehors de la chambre à coucher. Exemple d’item : « Submissives are passive in other aspects of their lives (besides sex) » (Les soumis sont passifs dans les autres aspects de leur vie [en dehors du sexe]).
6. Cadre théorique / Theoretical Framework
L’ASMS s’ancre à la croisée de la psychologie sociale des préjugés, de la théorie du stigmate social et des modèles sociologiques de la déviance sexuelle :
La psychologie des préjugés envers les minorités sexuelles
Le cadre conceptuel repose sur les travaux pionniers de Gregory M. Herek concernant la stigmatisation des minorités sexuelles (Herek & Capitanio, 1996). De même que l’hétérosexisme et l’homophobie traduisent un système culturel idéologique délégitimant toute forme de sexualité non hétéro-normative, l’anti-sadomasochisme constitue une idéologie sexuelle normative qui sanctionne les transgressions des scénarios sexuels conventionnels. L’analyse de Yost s’aligne sur les conceptualisations sociologiques de Gayle Rubin (1984) relatives à la « hiérarchie des sexualités », dans laquelle les pratiques érotiques impliquant des jeux de pouvoir, de la douleur consentie ou du fétichisme sont reléguées aux échelons les plus méprisés de la pyramide morale.
L’autoritarisme de droite et le conservatisme sexuel
L’ASMS intègre la théorie de l’autoritarisme de droite développée par Bob Altemeyer. Les individus présentant un score élevé d’autoritarisme se caractérisent par une soumission marquée aux autorités établies, une adhésion rigide aux conventions sociales traditionnelles et une hostilité punitive envers les groupes perçus comme déviants. Dans ce cadre, le BDSM est perçu comme une subversion intolérable de l’ordre moral naturel. Cette dynamique s’articule étroitement avec le conservatisme sexuel général, qui réprouve toute sexualité découplée de la procréation monogame ou de la tendresse affective conventionnelle.
L’adhésion aux mythes du viol et l’amalgame violence/consentement
La théorie de l’adhésion aux mythes du viol (Burt, 1980) éclaire spécifiquement la sous-échelle Violence. Les stéréotypes associant le BDSM à des violences criminelles non consenties dérivent de schémas cognitifs erronés qui confondent la douleur/la contrainte érotisée avec l’agression hostile, tout en ignorant la centralité absolue du consentement explicite (« Safe, Sane, and Consensual » ou SSC).
L’hypothèse du contact intergroupe et le favoritisme intra-groupe
L’échelle s’appuie également sur l’hypothèse du contact formalisée par Gordon W. Allport (1954). Selon ce modèle, le contact direct avec des membres d’un groupe stigmatisé dissipe l’anxiété intergroupe et déconstruit les stéréotypes. Concomitamment, la théorie de l’identité sociale (Tajfel & Turner) et les recherches sur les stigmates dissimulables (Frable, Platt, & Hoey, 1998) soutiennent que les personnes s’identifiant au groupe BDSM adoptent des attitudes intra-groupes significativement plus favorables en tant que mécanisme de protection de l’estime de soi.
7. Validité / Validity
Les propriétés de validité de l’ASMS ont été rigoureusement établies lors de l’étude princeps de Yost (2010), menée sur un échantillon total de 471 répondants :
Validité convergente et concurrente
Les quatre sous-échelles de l’ASMS présentent des corrélations statistiquement significatives et positives avec des mesures validées d’attitudes homophobes (envers les hommes gais et les femmes lesbiennes) et avec des échelles de conservatisme sexuel général. Ces résultats démontrent que l’aversion envers le BDSM s’inscrit en continuité avec un système de croyances restrictif et sexo-négatif. De manière remarquable :
- La sous-échelle Socially Wrong présente la corrélation la plus robuste avec l’échelle d’autoritarisme de droite (RWA), confirmant sa nature de jugement sociomoral centré sur la préservation des normes conventionnelles.
- La sous-échelle Violence est la seule dimension à manifester une corrélation statistiquement significative avec l’échelle d’acceptation des mythes du viol (Rape Myth Acceptance), illustrant un biais cognitif spécifique reliant les jeux de rôle de domination à la criminalité sexuelle.
Validité discriminante et incrémentale
Pour démontrer que l’ASMS ne constitue pas un simple doublon des instruments mesurant le conservatisme général, Yost (2010) a réalisé une analyse de régression multiple. Les résultats ont révélé que 58 % de la variance totale de l’ASMS demeure inexpliquée par la combinaison de l’autoritarisme de droite, du conservatisme sexuel, de l’homophobie et des mythes du viol. Cette part majeure de variance unique prouve l’irréductibilité du construit : l’ASMS mesure des attitudes spécifiques au sadomasochisme qui ne sauraient être réduites à un conservatisme moral indifférencié.
Validité de critère et pouvoir discriminant de groupe
L’ASMS démontre une capacité discriminative très nette entre sous-groupes de répondants :
- Niveau de connaissances préalables : Les participants possédant un niveau élevé de connaissances objectives sur les pratiques réelles du BDSM obtiennent des scores de préjugés significativement inférieurs à ceux des participants désinformés.
- Auto-identification : Les participants s’identifiant comme pratiquants du BDSM rapportent des attitudes hautement positives, confirmant l’effet de favoritisme intra-groupe (Frable et al., 1998).
- Contact intergroupe : Conformément à l’hypothèse d’Allport (1954), les répondants déclarant compter parmi leurs proches un ami pratiquant le BDSM affichent des attitudes significativement moins préjudiciables que ceux dépourvus de tout contact personnel.
8. Fidélité / Reliability
La fidélité de l’ASMS a été documentée à travers l’évaluation approfondie de sa cohérence interne sur l’ensemble de la cohorte de validation (N = 471) :
- Sous-échelle Socially Wrong (12 items) : Présente une cohérence interne excellente, se situant au sommet de la fourchette avec des coefficients alpha de Cronbach approchant .92.
- Sous-échelle Violence (5 items) : Affiche une excellente consistance interne, avec des valeurs d’alpha avoisinant .85 à .88.
- Sous-échelle Lack of Tolerance (4 items inversés) : Révèle une bonne consistance interne avec un coefficient alpha supérieur à .80.
- Sous-échelle Real Life (2 items) : Malgré sa brièveté structurelle (deux énoncés), la sous-échelle conserve une fidélité satisfaisante avec un coefficient alpha de Cronbach d’environ .78.
L’ensemble des coefficients de consistance interne des sous-échelles se situe ainsi entre .78 et .92, dépassant largement les seuils psychométriques conventionnels recommandés (Nunnally, 1978) pour la recherche en sciences comportementales. La corrélation item-total corrigée pour l’ensemble des énoncés retenus confirme l’homogénéité de chacune des composantes.
9. Analyse factorielle / Factor Analysis
La validation structurale de l’ASMS s’est déroulée en deux étapes méthodologiques indépendantes mobilisant deux échantillons distincts de participants :
Analyse factorielle exploratoire (AFE) — Échantillon 1
Un premier échantillon de développement comprenant 213 participants a complété une version initiale regroupant 58 items potentiels, rédigés à partir d’une revue systématique des stéréotypes anti-BDSM véhiculés dans la culture populaire et la littérature médico-légale. Une analyse factorielle exploratoire avec rotation oblique a été conduite afin de permettre la corrélation naturelle entre les dimensions d’attitudes. Les critères d’épuration ont inclus l’élimination des items présentant une variance insuffisante, des saturations primaires faibles (< .40) ou des saturations croisées élevées sur plusieurs facteurs. Cette procédure a conduit à la rétention de 23 items organisés de manière cohérente autour de quatre facteurs expliquant une part prépondérante de la variance totale.
Analyse factorielle confirmatoire (AFC) — Échantillon 2
La robustesse de cette organisation factorielle a ensuite été mise à l’épreuve par une analyse factorielle confirmatoire sur un second échantillon indépendant de 258 participants. Le modèle à quatre facteurs corrélés a démontré un ajustement satisfaisant aux données empiriques :
- Les indices d’ajustement comparatif, notamment le Comparative Fit Index (CFI) et le Non-Normed Fit Index (NNFI/TLI), ont tous dépassé le seuil critique de .90.
- La structure tétradimensionnelle s’est révélée nettement supérieure à un modèle unifactoriel global, confirmant la nécessité clinique et théorique de distinguer les croyances sur l’immoralité sociale, la dangerosité violente, l’intolérance générale et l’extension des rôles au quotidien.
10. Instrument de mesure / Instrument
- Nom de l’instrument : Échelle d’attitudes envers le sadomasochisme (Attitudes About Sadomasochism Scale [ASMS]).
- Autrice : Megan R. Yost (2010).
- Type de test : Questionnaire psychométrique d’auto-évaluation des attitudes socio-cognitives et des préjugés.
- Nombre total d’items : 23 items.
- Structure des dimensions :
- Facteur 1 — Socially Wrong : 12 items.
- Facteur 2 — Violence : 5 items.
- Facteur 3 — Lack of Tolerance : 4 items (items inversés : 1, 2, 3, 4 du facteur).
- Facteur 4 — Real Life : 2 items.
- Format et échelle de réponse : Échelle de type Likert en 7 points : 1 (Disagree Strongly) à 7 (Agree Strongly) avec un point médian neutre 4 (Neither Agree nor Disagree).
- Temps de passation : Environ 10 minutes.
- Modalités de cotation (Scoring) :
- Les 4 items de la sous-échelle Lack of Tolerance sont d’abord inversés (formule : Score inversé = 8 – Score brut).
- Les scores de chaque sous-échelle sont obtenus en calculant la moyenne arithmétique des items correspondants (fourchette de 1 à 7).
- Des scores élevés traduisent des attitudes plus négatives, préjudiciables et stéréotypées envers le sadomasochisme et ses pratiquants.
11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year
- Année de parution : 2010 (publication dans The Journal of Sex Research).
- Statut des droits d’auteur : L’article princeps et le texte intégral de l’échelle sont protégés par le droit d’auteur de la Society for the Scientific Study of Sexuality (Taylor & Francis).
- Conditions d’utilisation et tarification : L’instrument est généralement mis à la disposition des chercheurs universitaires et étudiants à des fins académiques et non commerciales sans frais d’acquisition, sous réserve de citer rigoureusement l’article original de Yost (2010).
- Contact et permissions formelles : Les demandes d’autorisation pour tout usage clinique standardisé, adaptation linguistique, traduction ou intégration commerciale doivent être adressées à la Docteure Megan R. Yost (Dickinson College, e-mail : [email protected]) ou via le centre de gestion des droits de l’éditeur Taylor & Francis.
12. Références / References
Les sources académiques fondant le développement théorique et psychométrique de l’ASMS comprennent :
- Allport, G. W. (1954). The nature of prejudice. Addison-Wesley.
- Burt, M. R. (1980). Cultural myths and supports for rape. Journal of Personality and Social Psychology, 38(2), 217–230. https://doi.org/10.1037/0022-3514.38.2.217
- Ford, M. P., & Hendrick, S. S. (2003). Therapists’ sexual values for self and clients: Implications for practice and training. Professional Psychology: Research and Practice, 34(1), 80–87. https://doi.org/10.1037/0735-7028.34.1.80
- Frable, D. E. S., Platt, L., & Hoey, S. (1998). Concealable stigmas and positive self-perceptions: Feeling better around similar others. Journal of Personality and Social Psychology, 74(4), 909–922. https://doi.org/10.1037/0022-3514.74.4.909
- Herek, G. M., & Capitanio, J. (1996). “Some of my best friends”: Intergroup contact, concealable stigma, and heterosexuals’ attitudes toward gay men and lesbians. Personality and Social Psychology Bulletin, 22(4), 412–424. https://doi.org/10.1177/0146167296224007
- Klein, M., & Moser, C. (2006). SM (Sadomasochistic) interests as an issue in child custody proceedings. Journal of Homosexuality, 50(2–3), 233–242. https://doi.org/10.1300/J082v50n02_11
- Kolmes, K., Stock, W., & Moser, C. (2006). Investigating bias in psychotherapy with BDSM clients. Journal of Homosexuality, 50(2–3), 301–324. https://doi.org/10.1300/J082v50n02_15
- Langdridge, D. (2006). Voices from the margins: SM and sexual citizenship. Citizenship Studies, 10(4), 373–389. https://doi.org/10.1080/13621020600858025
- Nunnally, J. C. (1978). Psychometric theory (2nd ed.). McGraw-Hill.
- Ridinger, R. B. (2006). Negotiating limits: The legal status of SM in the United States. Journal of Homosexuality, 50(2–3), 189–216. https://doi.org/10.1300/J082v50n02_09
- Rubin, G. (1984). Thinking sex: Notes for a radical theory of the politics of sexuality. In C. S. Vance (Ed.), Pleasure and danger: Exploring female sexuality (pp. 267–319). Routledge & Kegan Paul.
- Scott, G. G. (1980). Erotic power: An exploration of dominance and submission. Citadel.
- Taylor, G. W., & Ussher, J. M. (2001). Making sense of S&M: A discourse analytic account. Sexualities, 4(3), 293–314. https://doi.org/10.1177/136346001004003002
- Weinberg, M. S., Williams, C. J., & Moser, C. (1984). The social constituents of sadomasochism. Social Problems, 31(4), 379–389. https://doi.org/10.2307/800385
- Wright, S. (2006). Discrimination of SM-identified individuals. Journal of Homosexuality, 50(2–3), 217–231. https://doi.org/10.1300/J082v50n02_10
- Yost, M. R. (2010). Development and validation of the Attitudes About Sadomasochism Scale. The Journal of Sex Research, 47(1), 79–91. https://doi.org/10.1080/00224490902999286
13. Questions et items du questionnaire / Scale Items
Les consignes, définitions conceptuelles préalables et items de l’échelle tels que formalisés par Megan R. Yost sont reproduits textuellement ci-dessous dans leur langue originale d’administration :
Attitudes About Sadomasochism Scale
Instructions: For each of the following statements, please note whether you agree or disagree using the following scale:
Disagree Strongly
Disagree Moderately
Disagree Mildly
Neither Agree nor Disagree
Agree Mildly
Agree Moderately
Agree Strongly
Use the following definitions when considering your responses:
- Sadomasochism: sexual practices that involve dominance and submission (the appearance that one person has control over the other), sometimes involve role-playing (such as Master-Slave or Teacher-Student), and are always consensual (all partners participate willingly and voluntarily)
- Sadomasochist: someone who deliberately uses physical stimulation (possibly pain) and/or psychological stimulation and control to produce sexual arousal and to achieve sexual pleasure
- Dominant: someone who always or mostly is the person in control during an SM sexual encounter
- Submissive: someone who always or mostly is the person who does not have control during an SM sexual encounter
Factor 1: Socially Wrong
- Sadomasochists just don’t fit into our society.
- Practicing sadomasochists should not be allowed to be members of churches or synagogues.
- Sadomasochism is a perversion.
- Sadomasochistic behavior is just plain wrong.
- Sadomasochism is a threat to many of our basic social institutions.
- I think sadomasochists are disgusting.
- Sadomasochistic activity should be against the law.
- Parents who engage in SM are more likely to physically abuse their children.
- Sadomasochism is an inferior form of sexuality.
- If I was alone in a room with someone I knew to be a Dominant, I would feel uncomfortable.
- SM rarely exists in a psychologically healthy individual.
- If I was alone in a room with someone I knew to be a Submissive, I would feel uncomfortable.
Factor 2: Violence
- People who engage in SM are more likely to become involved in domestic violence.
- A Dominant is more likely to rape a romantic partner than the average person.
- A Dominant is more likely to rape a stranger than the average person.
- A Dominant is more likely to sexually molest a child than the average person.
- A variety of serious psychological disorders are associated with sadomasochism.
Factor 3: Lack of Tolerance
- Sadomasochists are just like everybody else. (R)
- Sadomasochism is erotic and sexy. (R)
- Many sadomasochists are very moral and ethical people. (R)
- Sadomasochistic activity should be legal, as long as all participants are consenting adults. (R)
Factor 4: Real Life
- Submissives are passive in other aspects of their lives (besides sex).
- Dominants are aggressive and domineering in other aspects of their lives (besides sex).