Échelle d’attitude envers le christianisme

L’Échelle d’attitude envers le christianisme (Francis Scale of Attitude toward Christianity – ASC4B) est l’instrument de référence en psychologie de la religion pour évaluer l’attitude globale envers la foi chrétienne. Découvrez sa structure, ses 24 items et ses propriétés psychométriques.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · octobre 17, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : octobre 17, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
Critères d'évaluation et normes cliniques

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1. Résumé / Abstract

L’Échelle d’attitude envers le christianisme (couramment désignée dans la littérature anglophone sous l’appellation Francis Scale of Attitude toward Christianity, forme ASC4B) constitue l’un des instruments psychométriques les plus rigoureusement validés et largement employés au niveau international au sein de la psychologie de la religion et des sciences de l’éducation religieuse. Initialement conceptualisée par le professeur Leslie J. Francis à la fin des années 1970 pour les enfants et adolescents, puis étendue aux populations adultes en collaboration avec M. T. Stubbs en 1987, cette échelle vise à évaluer la prédisposition évaluative affective, globale et stable d’un individu à l’égard de la religion chrétienne.

L’instrument se distingue nettement des mesures génériques de religiosité ou de spiritualité diffuse en ancrant explicitement ses énoncés dans le contexte théologique et phénoménologique chrétien. Il explore de façon intégrée les perceptions et réactions affectives du sujet envers cinq composantes centrales : Dieu, Jésus-Christ, la Bible, la prière personnelle et l’Église institutionnelle. Dans sa version standard complète (forme ASC4B), l’échelle se compose de 24 items formulés sous la forme d’affirmations positives et négatives, évaluées selon une échelle de réponse ordinale de type Likert en 5 points, allant de 1 (« Pas du tout d’accord » / Strongly Disagree) à 5 (« Tout à fait d’accord » / Strongly Agree). Onze items à formulation négative font l’objet d’une inversion de cotation afin de prévenir les biais de complaisance et d’acquiescement.

Sur le plan psychométrique, l’instrument présente des qualités exceptionnelles démontrées sur des échantillons totalisant plusieurs dizaines de milliers de participants à travers divers contextes culturels. Les études d’analyse factorielle confirmatoire démontrent de façon consistante une stricte unidimensionnalité de la mesure, attestant que les attitudes envers Dieu, Jésus, la prière, l’Église et la Bible convergent vers une attitude évaluative unique et homogène. La fidélité interne est particulièrement élevée, affichant des coefficients alpha de Cronbach oscillant habituellement entre 0,91 et 0,97 chez les jeunes d’âge scolaire (dès 8-11 ans) et entre 0,95 et 0,98 chez les adultes. La validité de construit, convergente et critérielle a été confirmée par de fortes corrélations avec la fréquence de la prière personnelle, l’assiduité aux offices religieux, ainsi que par des associations différentielles prévisibles avec les traits de la personnalité d’Eysenck (notamment le psychoticisme).

2. Mots-clés / Keywords

Attitude envers le christianisme, Francis Scale of Attitude toward Christianity, psychométrie, psychologie de la religion, évaluation religieuse, échelle de Likert, Leslie J. Francis, croyances chrétiennes, unidimensionnalité, fidélité test-retest, validité de construit, psychoticisme.

3. Auteurs / Authors

L’échelle a été conçue, développée et normalisée par des chercheurs universitaires renommés dans le champ de la psychologie différentielle et de la sociologie empirique de la religion :

  • Leslie J. Francis : Professeur émérite de religions et d’éducation à l’Université de Warwick (Royaume-Uni), Fellow de la British Psychological Society (BPS), auteur prolifique de plus de mille articles et ouvrages de référence en psychologie de la religion. Courriel institutionnel : [email protected].
  • M. T. Stubbs : Chercheur associé ayant collaboré avec Leslie Francis au développement et à la standardisation de la déclinaison pour adultes de l’échelle (forme ASC4B adulte) à l’Université de Londres / Trinity College.
  • Collaborateurs majeurs aux études de validation internationale : Professeur Christopher Alan Lewis (Glyndŵr University / University of Ulster, spécialisé en psychopathologie et psychométrie des croyances religieuses) et Professeur John Maltby (University of Leicester, chercheur en psychologie de la personnalité et différentielle).

4. Objectif / Purpose

L’objectif fondamental de l’Échelle d’attitude envers le christianisme est de fournir un instrument standardisé, fiable et rigoureux sur le plan opérationnel, permettant de capturer l’orientation affective interne d’une personne envers la foi chrétienne. Dans les décennies précédant sa création, la mesure de la religiosité reposait fréquemment sur deux écueils méthodologiques : soit l’observation exclusive de comportements déclarés (comme la fréquentation hebdomadaire de l’église ou la récitation rituelle de prières), soit l’évaluation de croyances théologiques dogmatiques strictes (l’adhésion cognitive à des credos confessionnels précis).

Or, comme l’a souligné Francis (1978, 1993), le comportement religieux public peut être lourdement biaisé par la conformité sociale, l’autorité parentale (en particulier chez les enfants et adolescents) ou des obligations communautaires, sans pour autant refléter l’adhésion affective intime de l’individu. De même, les mesures d’adhésion théologique dogmatique échouent souvent à distinguer la simple mémorisation catéchétique de l’évaluation subjective personnelle. L’ASC4B a ainsi été élaborée pour mesurer l’attitude en tant que variable latente évaluative intermédiaire située au cœur de la structure psychologique de la religiosité.

Les applications de cette échelle sont vastes et structurées autour de trois domaines majeurs :

  • Recherche fondamentale en psychologie de la personnalité et différentielle : L’échelle permet d’explorer les corrélats psychologiques de l’affect religieux. Elle a joué un rôle déterminant dans l’étude des modèles de personnalité, notamment le modèle à trois facteurs de Hans Eysenck (PEN : Psychoticisme, Extraversion, Névrosisme) et le modèle en cinq facteurs (Big Five). Elle permet d’examiner avec précision comment des traits tels que l’agréabilité, l’empathie ou un faible score de psychoticisme s’articulent avec une posture affective positive envers la foi.
  • Sciences de l’éducation et sociologie religieuse empirique : L’échelle constitue l’outil de référence pour cartographier le développement moral et spirituel des jeunes. Elle est employée dans de vastes études longitudinales pour analyser l’évolution du sentiment religieux de l’enfance jusqu’au passage adulte, documenter l’érosion séculaire de l’intérêt religieux au cours de l’adolescence, et évaluer l’impact comparé des écoles confessionnelles et laïques sur la construction identitaire.
  • Psychologie de la santé et recherche psychosociale : En milieu clinique et épidémiologique, l’échelle est mobilisée pour investiguer le lien entre attitude religieuse positive, santé perçue, résilience face au deuil ou au stress aigu, et bien-être subjectif. Elle permet de dissocier les effets bénéfiques d’une relation affective réconfortante à la divinité des sentiments de culpabilité ou d’anxiété religieuse.

5. Construit psychologique / Construct

Le construit mesuré par l’ASC4B repose sur la conceptualisation psychologique de l’attitude définie par Francis (1993) comme une « prédisposition évaluative sous-jacente, profondément ancrée et relativement stable » (p. 4). Contrairement à des croyances éphémères ou à des humeurs conjoncturelles, l’attitude constitue une structure cognitive et affective durable qui organise la manière dont le sujet perçoit, ressent et répond aux stimuli associés au christianisme.

Bien que l’échelle soit rigoureusement unidimensionnelle au niveau de sa structure factorielle (produisant un score global unique d’attitude chrétienne), les 24 items qui la composent ont été intentionnellement échantillonnés pour refléter les cinq composantes indispensables et universelles de la tradition chrétienne :

1. La relation à Dieu (God)

Cette composante explore le sentiment de proximité, de pertinence et de valeur attribué à l’Être suprême dans la vie quotidienne du sujet. L’évaluation n’est pas abstraite ou déiste ; elle sonde l’implication personnelle de Dieu. Des énoncés tels que « God helps me to lead a better life » (item 2), « God has made my life better » (item 15) ou négativement « God is not real to me » (item 19) et « God means nothing to me » (item 17) mesurent si la figure divine est perçue comme un appui bienveillant, une entité signifiante ou une abstraction indifférente et illusoire.

2. La figure de Jésus-Christ (Jesus)

Le christianisme étant indissociable de la personne historique et confessée du Christ, l’échelle contient des items évaluant spécifiquement la proximité affective et l’admiration ressentie envers Jésus. Les énoncés comme « I know that Jesus is very close to me » (item 1), « Jesus is a good friend to me » (item 6) et « Jesus was special, not like other people » (item 20) traduisent une identification affective et spirituelle intime, tandis que des énoncés négatifs tels que « Jesus does not mean anything to me » (item 14) et « Jesus is not real to me » (item 23) capturent un rejet ou une totale absence de résonance subjective.

3. La prière personnelle (Prayer)

La prière représente l’expression active et communicative de la spiritualité intériorisée. L’échelle interroge la valeur instrumentale, le réconfort et la signification accordés à cet acte communicationnel : « Prayer helps me a lot » (item 9), « Prayer makes me feel happy » (item 22) et « Praying to God does people a lot of good » (item 24). À l’inverse, des items comme « Saying your prayers does no good » (item 3) traduisent un scepticisme pragmatique quant à l’efficacité et au sens de la supplication ou de la méditation religieuse.

4. L’Église institutionnelle et le culte communautaire (Church)

Cette dimension confronte l’individu à la dimension collective et institutionnelle de la foi chrétienne. La participation cultuelle et l’utilité perçue des rassemblements religieux y sont directement abordées : « Going to church makes me feel happy » (item 12). Les items négatifs ciblent le désenchantement, l’ennui et le sentiment d’inadéquation de l’institution dans le monde contemporain : « Going to church is a waste of time » (item 5), « The church is of no use today » (item 10) et « People do not need to go to church » (item 16).

5. Les Écritures saintes (The Bible)

Dans les versions adaptées et au sein du corpus global de l’ASC4B, la Bible est envisagée en tant que source vivante d’orientation morale et spirituelle face à la tentation de la considérer comme un vestige textuel archaïque. L’individu évalue si les enseignements bibliques demeurent pertinents pour guider l’existence contemporaine ou s’ils sont obsolètes.

6. Cadre théorique / Theoretical Framework

L’architecture conceptuelle de l’Échelle de Francis s’enracine au croisement de deux courants majeurs de la psychologie contemporaine : la psychologie sociale des attitudes et la psychologie des traits de personnalité.

La théorie de l’action raisonnée et la consistance attitude-comportement

Sur le plan de la théorie générale des attitudes, Francis s’appuie explicitement sur les travaux fondateurs de Gordon Allport (1935) ainsi que sur la théorie de l’action raisonnée développée par Martin Fishbein et Icek Ajzen (1975). Ces théoriciens ont démontré que les contradictions historiques relevées par la littérature entre l’attitude d’un individu et ses actions réelles découlaient le plus souvent d’un défaut de correspondance méthodologique : vouloir prédire un comportement hautement spécifique à partir d’une attitude générale, ou inversement.

Leslie Francis a postulé qu’en mesurant l’attitude affective envers le christianisme avec un niveau de spécificité élevé (en ciblant sans ambiguïté les éléments directeurs de la liturgie et du dogme chrétiens : Dieu, Jésus, Bible, Église, Prière), l’attitude mesurée devenait un puissant prédicteur des conduites religieuses individuelles réelles, telles que la régularité de la prière privée ou la fidélité à la fréquentation cultuelle à l’âge adulte, lorsque l’emprise parentale n’exerce plus de pression contraignante.

Le modèle biologique de la personnalité de Hans Eysenck

Sur le versant différentiel, l’élaboration et la validation empirique de l’ASC4B ont été profondément influencées par le paradigme dimensionnel de Hans J. Eysenck. Eysenck suggérait que les attitudes sociales et idéologiques ne flottent pas de façon anarchique dans la culture, mais s’ancrent dans la structure biologique de la personnalité. Selon le modèle PEN (Psychoticisme, Extraversion, Névrosisme), le trait de Psychoticisme (caractérisé par l’insensibilité, le non-conformisme, l’hostilité interpersonnelle et la froideur affective) entretient une corrélation négative robuste et constante avec la religiosité.

Francis a utilisé l’ASC4B pour mettre à l’épreuve cette hypothèse chez l’enfant comme chez l’adulte. Les individus présentant un faible niveau de psychoticisme (enclins à la sollicitude, à la recherche de sens, à l’empathie sociale et à la conformité aux valeurs communautaires) manifestent systématiquement des attitudes significativement plus positives à l’égard du christianisme. À l’opposé, les dimensions d’Extraversion et de Névrosisme n’entretiennent que des relations marginales ou dépendantes de la nature publique ou privée des pratiques, démontrant ainsi la validité discriminante du modèle théorique.

7. Validité / Validity

Les propriétés métrologiques de validité de l’Échelle d’attitude envers le christianisme ont été corroborées par des centaines d’études empiriques conduites sur des échantillons variés représentant des contextes confessionnels, géographiques et éducatifs multiples.

Validité de contenu et validité apparente (Face Validity)

La validité apparente est immédiatement manifeste : un participant qui parcourt l’échelle comprend sans ambiguïté que l’instrument cherche à appréhender son ressenti personnel vis-à-vis du christianisme. La validité de contenu a été garantie par une sélection exhaustive d’items couvrant l’ensemble des axes symboliques, doctrinaux, relationnels et rituels fondamentaux de la foi chrétienne, évitant ainsi le piège d’un réductionnisme théologique ou d’un biais confessionnel exclusif (par exemple, aucun item ne porte sur des dogmes purement catholiques romains comme l’autorité papale, ou purement protestants comme la prédestination).

Validité de construit et validité convergente

La validité de construit est étayée par les relations étroites observées entre les scores à l’ASC4B et un large éventail de critères théoriquement congruents :

  • Pratiques religieuses personnelles et publiques : Les scores à l’échelle prédisent avec une force statistique majeure la fréquence d’assistance au culte dominical ($r$ variant régulièrement de 0,65 à 0,80) ainsi que la régularité de la prière privée en dehors de l’église ($r$ généralement situé entre 0,70 et 0,85).
  • Influence de la socialisation parentale : Les recherches de Francis (1988, 1993) montrent que l’attitude des enfants envers la religion reflète significativement la pratique religieuse déclarée par la mère et le père, confirmant le rôle structurant du modeling parental dans la genèse de l’attitude.
  • Différences de genre : De manière presque universelle dans les sociétés occidentales, les jeunes filles et les femmes obtiennent des scores moyens d’attitude envers le christianisme significativement plus élevés que leurs pairs masculins, une régularité empirique fidèlement reproduite par l’ASC4B.

Validité discriminante et critérielle

L’instrument démontre une excellente capacité à distinguer l’attitude positive authentique de simples biais de désirabilité sociale. Bien que des corrélations faibles à modérées soient parfois identifiées avec les échelles de mensonge (Lie scales) des inventaires d’Eysenck chez certaines populations adultes britanniques et nord-américaines (Lewis, 1995 ; Maltby, 1994), l’analyse en régression multivariée atteste que la variance propre de l’attitude religieuse demeure autonome des scores de dissimulation. De plus, l’absence de corrélation systématique avec l’intelligence générale ou le niveau socio-économique des parents confirme la spécificité affective du construit mesuré.

8. Fidélité / Reliability

La fidélité de l’Échelle d’attitude envers le christianisme se classe parmi les plus remarquables de la littérature psychométrique contemporaine, quelle que soit la version administrée (enfant ou adulte).

Consistance interne (Alpha de Cronbach)

Les indices de cohérence interne calculés par le coefficient alpha de Cronbach témoignent d’une homogénéité remarquable :

  • Échantillons d’enfants et adolescents (âges 8-16 ans) : Dans les cohortes de validation originales de Francis (1978, 1988, 1993) totalisant plusieurs dizaines de milliers d’élèves en Angleterre, Irlande du Nord et Écosse, les coefficients $\alpha$ s’échelonnent systématiquement entre 0,91 et 0,97 (atteignant 0,954 à 0,971 dans l’étude inaugurale pour les classes d’âges 8-16 ans).
  • Échantillons adultes : Les études menées par Francis et Stubbs (1987) auprès d’adultes britanniques âgés de 18 à 64 ans, puis répliquées par Francis (1992, 1993) auprès d’étudiants de premier cycle, par Maltby (1994) en République d’Irlande et par Lewis (1995) aux États-Unis, rapportent des coefficients $\alpha$ compris entre 0,95 et 0,98.

Corrélations item-total (Item-Rest Correlations)

L’analyse détaillée des items démontre qu’aucun énoncé ne constitue un poids mort psychométrique :

  • Pour la version destinée aux enfants, les corrélations corrigées entre chaque item et le score total restant (item-to-rest-of-test correlations) oscillent entre 0,40 et 0,87.
  • Pour la version destinée aux adultes, ces corrélations s’échelonnent de 0,42 à 0,92, confirmant une homogénéité remarquable et excluant tout résidu statistique aberrant.

Stabilité temporelle (Test-Retest)

Les évaluations de la stabilité temporelle par la procédure du test-retest à des intervalles variant de deux semaines à six mois mettent en évidence des coefficients de stabilité élevés ($r_{tt} > 0,85$), confirmant que l’instrument capture une disposition attitudinale pérenne et non un état affectif transitoire ou circonstanciel.

9. Analyse factorielle / Factor Analysis

La confirmation de la structure factorielle constitue le pilier métrologique central de l’ASC4B. Dès les premiers travaux d’analyse factorielle exploratoire (AFE), un résultat constant et univoque est ressorti : l’existence d’un facteur général unique sous-jacent dominant (unidimensionnalité stricte).

Résultats de l’Analyse Factorielle Exploratoire (AFE)

Lorsqu’une analyse en composantes principales (ACP) ou une factorisation en axes principaux est appliquée à la matrice de corrélation des 24 items :

  • Le premier facteur propre (eigenvalue) émerge avec une magnitude disproportionnée comparativement aux facteurs subséquents, respectant scrupuleusement le critère du coude de Cattell (Scree Test).
  • Ce premier facteur explique à lui seul habituellement entre 50 % et 65 % de la variance totale des scores, tandis que le second facteur affiche une valeur propre bien inférieure au seuil de Kaiser (généralement inférieure à 1,2) et n’explique qu’une fraction négligeable de variance résiduelle.
  • L’ensemble des 24 items présente des saturations factorielles (factor loadings) très élevées sur ce facteur unitaire, variant pour la vaste majorité d’entre eux entre 0,55 et 0,88.

Résultats de l’Analyse Factorielle Confirmatoire (AFC)

Les modélisations en équations structurales (SEM) appliquées à l’échelle chez des cohortes adolescentes et adultes ont comparé le modèle unidimensionnel à des modèles plurifactoriels (séparant théoriquement Dieu, Jésus, la prière et l’église en facteurs distincts mais corrélés). Les indices d’ajustement attestent de l’adéquation remarquable du modèle unifactoriel :

  • Indice de comparabilité de Bentler (CFI) régulièrement supérieur à 0,95.
  • Indice de Tucker-Lewis (TLI) supérieur à 0,95.
  • Erreur quadratique moyenne d’approximation (RMSEA) se maintenant en deçà du seuil critique de 0,05 à 0,06.

Ces éléments confirment de façon décisive que, du point de vue de l’expérience psychologique du sujet, l’évaluation affective de Jésus, l’appréciation de la prière, le sentiment de bienveillance divine et l’adhésion au rôle de l’Église forment un continuum affectif homogène, plutôt que des attitudes compartimentées indépendantes.

10. Instrument de mesure / Instrument

L’instrument se présente sous un format d’auto-questionnaire papier-crayon ou numérique simple d’utilisation, rapide et standardisé.

  • Type d’évaluation : Auto-rapport psychométrique (Self-report assessment).
  • Format d’administration : Individuel ou collectif (en classe, en laboratoire ou en ligne).
  • Durée moyenne de passation : Inférieure à 5 minutes (en moyenne 3 à 4 minutes).
  • Nombre total d’items : 24 énoncés brefs, rédigés dans un style direct et intelligible.
  • Échelle de réponse (authentique) : Échelle de Likert ordinale en 5 points :
    • 1 = Strongly Disagree (Pas du tout d’accord)
    • 2 = Disagree (Pas d’accord)
    • 3 = Not Sure (Incertain / Pas sûr)
    • 4 = Agree (D’accord)
    • 5 = Strongly Agree (Tout à fait d’accord)
  • Modalités de cotation et calcul du score :
    • Items formulés positivement (13 items) : Conservent leur cotation directe : 1 = 1, 2 = 2, 3 = 3, 4 = 4, 5 = 5. (Items numérotés : 1, 2, 4, 6, 7, 9, 12, 13, 15, 18, 20, 22, 24).
    • Items formulés négativement (11 items) : Font l’objet d’une inversion de cotation obligatoire avant sommation selon la règle suivante : $1 = 5$, $2 = 4$, $3 = 3$, $4 = 2$, $5 = 1$. Les items concernés sont les items 3, 5, 8, 10, 11, 14, 16, 17, 19, 21 et 23.
    • Score total : Obtenu par la somme arithmétique de l’ensemble des 24 items (après inversion des items négatifs). Le score total théorique est compris entre 24 et 120 points. Un score plus élevé indique une attitude plus favorable et positive envers la foi et la tradition chrétiennes.

11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year

  • Année de conception originale (version enfant/adolescent) : 1978 (Francis, L. J., Character Potential).
  • Année d’adaptation pour adultes : 1987 (Francis, L. J. & Stubbs, M. T., Personality and Individual Differences).
  • Statut du droit d’auteur (Copyright) : L’instrument a été mis à la disposition de la communauté académique internationale par son concepteur, le Professeur Leslie J. Francis. Il est protégé par le droit d’auteur universitaire traditionnel, mais son exploitation est concédée à titre gratuit pour les activités d’enseignement et de recherche non commerciale.
  • Tarifs d’utilisation : Gratuit pour la recherche scientifique, les thèses doctorales, les mémoires universitaires et l’usage éducatif. Aucun paiement de royalties n’est requis sous réserve de citer scrupuleusement les publications sources originales. Pour un déploiement commercial ou éditorial lucratif, une autorisation explicite doit être sollicitée auprès des détenteurs des droits.

12. Références / References

Les publications fondatrices et études psychométriques de validation de l’échelle sont répertoriées ci-dessous selon les normes bibliographiques de l’APA (7e édition) :

  • Francis, L. J. (1978). Attitude and longitude: A study in measurement. Character Potential: A Record of Research, 8, 119–130.
  • Francis, L. J. (1988). Measuring attitude towards Christianity during childhood and adolescence. Personality and Individual Differences, 10(6), 695–698. https://doi.org/10.1016/0191-8869(89)90231-8
  • Francis, L. J. (1992). Reliability and validity of the Francis Scale of attitude towards Christianity (adult). Journal of Comparative Religious Education and Values, 4, 17–19.
  • Francis, L. J. (1993). Attitudes towards Christianity during childhood and adolescence: Assembling the jigsaw. Journal of Beliefs and Values, 14(2), 4–6. https://doi.org/10.1080/1361767930140202
  • Francis, L. J., & Stubbs, M. T. (1987). Measuring attitudes towards Christianity: From childhood to adulthood. Personality and Individual Differences, 8(5), 741–743. https://doi.org/10.1016/0191-8869(87)90074-4
  • Lewis, C. A. (1995). Religiosity and personality among US adults. Personality and Individual Differences, 18(2), 293–295. https://doi.org/10.1016/0191-8869(94)00155-S
  • Maltby, J. (1994). The reliability and validity of the Francis scale of attitude towards Christianity among Republic of Ireland adults. The Irish Journal of Psychology, 15(4), 595–598. https://doi.org/10.1080/03033910.1994.10558034

13. Questions et items du questionnaire (Scale Items)

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :
Instructions / Directions: Please read each of the following statements carefully and indicate your response to show how much you agree or disagree with each statement.
Response Scale: 5-point Likert scale: 1 = Strongly Disagree, 2 = Disagree, 3 = Not Sure, 4 = Agree, 5 = Strongly Agree
Scoring / Reverse Items: Negatively phrased items are reverse scored before summing: item scores are inverted (1=5, 2=4, 3=3, 4=2, 5=1) for items 3, 5, 8, 10, 11, 14, 16, 17, 19, 21, and 23. A higher total score reflects a more positive attitude toward Christianity.
1

I know that Jesus is very close to me.
2

God helps me to lead a better life.
3

Saying your prayers does no good.
4

God helps people.
5

Going to church is a waste of time.
6

Jesus is a good friend to me.
7

Jesus helps me to lead a better life.
8

I find it hard to believe in God.
9

Prayer helps me a lot.
10

The church is of no use today.
11

God is not really interested in me.
12

Going to church makes me feel happy.
13

Jesus came to show people the way to live.
14

Jesus does not mean anything to me.
15

God has made my life better.
16

People do not need to go to church.
17

God means nothing to me.
18

Jesus has made my life better.
19

God is not real to me.
20

Jesus was special, not like other people.
21

Jesus does not help me at all.
22

Prayer makes me feel happy.
23

Jesus is not real to me.
24

Praying to God does people a lot of good.
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Looti, M. (2026, octobre 17). Échelle d’attitude envers le christianisme. Base de données de psychologie en français. https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=echelle-attitude-envers-le-christianisme
Looti, Mohammed. “Échelle d’attitude envers le christianisme.” Base de données de psychologie en français, 17 octobre 2026, https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=echelle-attitude-envers-le-christianisme.
Looti, Mohammed. “Échelle d’attitude envers le christianisme.” Base de données de psychologie en français. octobre 17, 2026. https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=echelle-attitude-envers-le-christianisme.