Échelle d’attitude envers la médiation (AMS)

L’Échelle d’attitude envers la médiation (Attitude Toward Mediation Scale – AMS ; Helsen, 2023) est un instrument psychométrique mesurant les attitudes de la population générale envers la médiation à travers trois dimensions : l’émotion, la cognition et la motivation.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · octobre 15, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : octobre 15, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
Critères d'évaluation et normes cliniques

Ce contenu fait l'objet d'un examen scientifique rigoureux et de normes éditoriales médicales afin de garantir l'exactitude clinique et la conformité aux directives fondées sur des preuves (APA / OMS).

1. Résumé / Abstract

L’Échelle d’attitude envers la médiation (Attitude Toward Mediation Scale [AMS] ; Helsen, 2023) constitue un instrument psychométrique novateur conçu pour évaluer de manière standardisée et multidimensionnelle les attitudes de la population générale à l’égard de la médiation comme mode alternatif de règlement des différends (MARD). Développée dans le cadre des travaux de recherche menés à la KU Leuven, l’AMS repose sur une assise conceptuelle solide empruntée au modèle tripartite des attitudes formulé par Harry Triandis (1971), articulant l’attitude autour de trois composantes fondamentales et interdépendantes : la dimension affective (émotions et sentiments suscités par la perspective d’une médiation), la dimension cognitive (croyances, perceptions d’efficacité et représentations de la justice procédurale) et la dimension conative ou motivationnelle (intentions comportementales et volonté d’engagement dans le processus).

Initialement constitué d’un réservoir de 27 énoncés soumis à un examen critique par un panel d’experts, l’instrument a été raffiné pour aboutir à une version finale concise de 16 items. Ces derniers se répartissent entre les trois sous-échelles théoriques : sept items pour la composante affective, cinq items pour la composante cognitive et quatre items pour la composante motivationnelle. L’évaluation des items s’effectue au moyen d’une échelle de réponse de type Likert en cinq points, allant de 1 (« fortement en désaccord ») à 5 (« fortement en accord »). Les propriétés psychométriques de l’échelle ont été validées auprès d’un échantillon représentatif d’adultes néerlandophones résidant en Flandre (Belgique), âgés de 18 à 80 ans. Les analyses factorielles confirmatoires (AFC) comparant trois modèles emboîtés démontrent la supériorité structurelle d’un modèle hiérarchique de second ordre, dans lequel un facteur général d’attitude envers la médiation sous-tend directement les trois facteurs de premier ordre, expliquant 85,34 % de la variance du score total et 94,03 % de la variance des facteurs primaires. La consistance interne s’avère remarquable, documentée par des coefficients Omega de McDonald élevés (ω = 0,84 pour l’affect, ω = 0,74 pour la cognition et ω = 0,84 pour la motivation). L’AMS fournit ainsi aux chercheurs, criminologues et professionnels du droit un outil robuste pour analyser les dispositions publiques envers la justice négociée.

2. Mots-clés / Keywords

Attitude envers la médiation, Règlement des différends, Modèle tripartite des attitudes, Émotion, Cognition, Motivation, Justice procédurale, Psychométrie, Analyse factorielle confirmatoire, Opinion publique, Échelle d’évaluation, Résolution de conflits.

3. Auteurs / Authors

L’Échelle d’attitude envers la médiation a été conçue, développée et validée par la chercheuse en criminologie Valerie Helsen dans le cadre de ses travaux doctoraux et postdoctoraux à l’Université catholique de Louvain (KU Leuven) en Belgique.

  • Auteure principale : Dr. Valerie Helsen
  • Affiliation institutionnelle : Institut de Criminologie de Louvain (Leuven Institute for Criminology [LINC]), Département de Droit Pénal et de Criminologie, Faculté de Droit et de Criminologie, KU Leuven, Louvain, Belgique.
  • Identifiant chercheur (ORCID) : 0000-0003-2466-8382
  • Courrier électronique institutionnel : [email protected]
  • Adresse de correspondance : Hooverplein 10, boîte 3418, 3000 Leuven, Belgique.

4. Objectif / Purpose

4.1 Justification théorique et sociale de la mesure

Dans les sociétés démocratiques contemporaines, les systèmes judiciaires étatiques font face à une congestion chronique des tribunaux, à des coûts procéduraux exorbitants et à une insatisfaction croissante des justiciables quant à la nature purement rétributive ou contradictoire des décisions rendues. Face à ces impasses structurelles, les modes alternatifs de règlement des différends (MARD), et au premier rang desquels figure la médiation civile, commerciale, familiale et pénale, ont été largement promus par les réformes législatives nationales et européennes. Cependant, en dépit d’une offre institutionnelle grandissante et d’une efficacité empiriquement documentée, le recours volontaire à la médiation par les citoyens demeure étonnamment modeste dans de nombreuses juridictions.

Ce paradoxe entre l’offre institutionnelle et la faible demande citoyenne s’explique en grande partie par des barrières psychosociales : méconnaissance du rôle du tiers facilitateur, représentations erronées assimilant la médiation à un compromis forcé ou à une capitulation, appréhensions émotionnelles intenses et croyances pessimistes quant à l’équité des accords obtenus. Avant les travaux de Helsen (2023), la recherche empirique souffrait de l’absence d’un instrument psychométrique standardisé, fiable et validé permettant de quantifier rigoureusement la disposition mentale de la population générale envers ce processus. Les études existantes recouraient trop souvent à des questions uniques, dépourvues de fondement théorique et non testées quant à leur structure factorielle.

4.2 Applications en recherche empirique et en pratique psychosociale

L’AMS répond à un triple objectif au sein des sciences sociales, juridiques et criminologiques :

  • Sondage et cartographie de l’opinion publique : L’outil permet de mener des enquêtes à grande échelle pour cartographier le degré d’adhésion, de scepticisme ou de méfiance de la population générale ou de groupes démographiques spécifiques (par exemple, selon l’âge, le niveau d’instruction, l’expérience préalable de contentieux judiciaires).
  • Évaluation des politiques publiques et campagnes d’information : L’instrument offre un moyen rigoureux d’évaluer, selon des devis pré-test / post-test, l’efficacité des campagnes de sensibilisation, des modules éducatifs civiques ou des réformes législatives incitatives sur le changement d’attitude citoyenne.
  • Orientation pré-procédurale et conseil juridique : En contexte clinique, d’aide aux victimes ou d’orientation judiciaire, l’AMS peut identifier les profils psychologiques réfractaires ou anxieux face à la médiation, permettant aux professionnels du droit (avocats, magistrats, greffiers) et aux médiateurs d’adapter leurs discours, de dissiper des craintes spécifiques et de réduire l’attrition précoce.

5. Construit psychologique / Construct

L’Échelle d’attitude envers la médiation opérationnalise l’attitude non pas comme un jugement unidimensionnel et monolithique de valence (favorable versus défavorable), mais comme une configuration tridimensionnelle complexe articulée selon le célèbre modèle tripartite de Harry Triandis (1971). Chacune de ces sous-dimensions reflète un versant psychologique particulier de la relation qu’un individu entretient avec le concept de résolution négociée des différends.

5.1 La composante émotionnelle (Affective)

La dimension affective englobe l’ensemble des réponses émotionnelles, viscérales et thymiques qu’évoque la perspective de participer à une médiation ou de voir un conflit résolu par ce moyen. Loin d’être un calcul purement rationnel, l’implication dans un litige suscite d’intenses dynamiques affectives où coexistent l’angoisse de la confrontation directe avec la partie adverse et l’espoir d’un apaisement.

Dans l’AMS, cette dimension comprend sept items équilibrés entre émotions positives et négatives. Les émotions positives mesurées incluent le soulagement psychologique (par exemple, le sentiment de libération face à la cessation du conflit), le confort psychique général et l’espoir d’une issue pacifiée. À l’opposé, les émotions négatives, formulées sous forme d’items inversés, explorent l’anxiété anticipatoire, le stress lié à l’interaction et la frustration générée par l’obligation de dialoguer avec une personne avec laquelle persiste un différend aigu.

5.2 La composante cognitive (Cognition)

La composante cognitive renvoie au système de croyances, d’attentes normatives, de jugements de valeur et d’évaluations rationnelles qu’un individu porte sur la médiation. Elle reflète la perception de la compétence fonctionnelle du dispositif et son utilité sociologique et procédurale.

Cette dimension comporte cinq items qui investiguent :

  • L’efficacité perçue : La conviction que la médiation constitue un moyen pragmatique et probant de clore un désaccord.
  • La compréhension mutuelle : La croyance selon laquelle l’intervention d’un tiers neutre aide les parties en présence à décoder les motifs, intérêts et perspectives sous-jacents de l’autre.
  • Le contrôle procédural : L’évaluation du maintien de l’autonomie et de l’auto-détermination des parties quant à l’issue finale (contrairement à l’arbitrage ou au jugement judiciaire imposé).
  • La durabilité : La croyance en la pérennité et la viabilité à long terme des accords co-construits.
  • L’optimisation des ressources : Le rejet de l’idée reçue selon laquelle la médiation ne serait qu’un gaspillage de temps et d’efforts sans valeur juridique substantielle.

5.3 La composante motivationnelle ou conative (Behavioral Intention)

La dimension conative formalise la propension à agir, la prédisposition comportementale et la volonté d’engagement actif dans le dispositif de médiation si la situation l’exigeait. Selon la psychologie sociale, une attitude positive ne produit des comportements réels que si l’individu formule une intention d’agir explicite.

Composée de quatre items, cette sous-échelle examine :

  • L’envisagement personnel : La probabilité subjective que l’individu considère sérieusement la médiation en cas de conflit personnel grave.
  • La recommandation prescriptive : La disposition à conseiller activement la médiation à des pairs, des membres de la famille ou des amis en situation conflictuelle.
  • L’initiative de recours : La démarche proactive visant à contacter soi-même un médiateur lorsque la négociation directe bilatérale est dans l’impasse.
  • Le consentement à l’investissement : L’acceptation de consacrer du temps, de l’énergie et des efforts personnels au processus collaboratif.

6. Cadre théorique / Theoretical Framework

6.1 Le modèle tripartite de Triandis (1971) et le modèle ABC

L’AMS s’ancre directement dans l’héritage de la psychologie sociale classique des attitudes, dont l’un des piliers fondateurs est le modèle tripartite conceptualisé à l’origine par Rosenberg et Hovland (1960) et systématisé avec rigueur par Harry C. Triandis (1971) dans son ouvrage de référence Attitude and Attitude Change. Selon cette approche (souvent désignée sous l’acronyme ABC pour Affect, Behavior, Cognition), l’attitude est définie comme une prédisposition apprise à réagir de façon favorable ou défavorable envers un objet social déterminé, articulée à travers trois systèmes de réponses :

  • Le système affectif (A) : L’état sympathique ou viscéral induit par l’objet d’attitude, oscillant entre attraction et répulsion.
  • Le système cognitif (C) : Les structures de connaissances, informations, inférences et opinions que l’individu entretient à propos de l’objet.
  • Le système conatif / comportemental (B) : Les tendances à l’action, les intentions déclarées et les comportements manifestes observables.

Helsen (2023) a transposé avec pertinence cette architecture à la médiation judiciaire et extrajudiciaire, démontrant que la réticence populaire n’est pas uniquement un déficit d’information (cognition pure), mais résulte d’un entrelacement de blocages émotionnels (angoisse de la confrontation) et d’un manque d’engagement motivationnel clair.

6.2 Connexions avec la théorie du comportement planifié d’Ajzen

Le cadre théorique de l’AMS dialogue également avec la Théorie du comportement planifié (TCP) d’Icek Ajzen (1991). Dans la TCP, l’attitude envers un comportement spécifique (ici, participer à une médiation) forme, conjointement avec la norme subjective (pression perçue de l’entourage) et le contrôle comportemental perçu (sentiment d’auto-efficacité), le socle déterminant de l’intention comportementale. En intégrant formellement une composante motivationnelle distincte de l’évaluation cognitive et du ressenti affectif, l’AMS permet d’opérationnaliser le lien direct existant entre la disposition attitudinale globale et le passage potentiel à l’acte.

6.3 Théorie de la justice procédurale

Au plan psychosocial et juridique, l’AMS intègre les postulats de la Théorie de la justice procédurale élaborée par E. Allan Lind et Tom R. Tyler (1988). Selon cette théorie, la légitimité perçue d’une institution et le consentement des justiciables à une décision dépendent moins du résultat brut (justice distributive) que de la qualité du processus décisionnel : le sentiment d’avoir été écouté avec dignité (voice), la neutralité apparente du tiers, le maintien d’un certain contrôle sur le dénouement et la transparence relationnelle. Les items cognitifs de l’AMS répercutent fidèlement ces dimensions, mesurant l’adhésion des citoyens à un processus fondé sur la compréhension mutuelle plutôt que sur l’imposition verticale de la force étatique.

7. Validité / Validity

7.1 Validité de contenu et développement de l’instrument

La validité de contenu de l’AMS a été établie par une procédure rigoureuse en plusieurs étapes. À partir d’une revue systématique de la littérature scientifique relative à la médiation et aux attitudes sociales, ainsi que par l’adaptation d’échelles validées issues de disciplines connexes, un réservoir initial de 27 items potentiels a été élaboré. Ce corpus d’énoncés a ensuite été soumis à une analyse d’experts indépendants spécialisés en psychométrie, en droit procédural et en criminologie. Cet examen critique a permis d’éliminer les énoncés redondants, ambigus ou présentant une charge émotionnelle décalée, réduisant ainsi l’échelle à 16 items hautement représentatifs des trois dimensions de Triandis.

7.2 Validité de construit structurelle

La validité structurelle a été explorée empiriquement sur un échantillon d’adultes néerlandophones résidant en Flandre (Belgique), issus de la population générale (âgés de 18 à 80 ans, incluant hommes et femmes de différentes strates socio-économiques). L’analyse factorielle confirmatoire a permis d’opposer trois architectures factorielles rivales et emboîtées :

  • Un modèle unidimensionnel (un facteur unique d’attitude générale regroupant les 16 items) : ce modèle a présenté des indices d’adéquation nettement insatisfaisants, confirmant que l’attitude envers la médiation ne peut être réduite à un construit monolithique.
  • Un modèle bifactoriel (présence simultanée d’un facteur général et de facteurs spécifiques indépendants) : ce modèle présentait un ajustement acceptable aux données.
  • Un modèle hiérarchique de second ordre (trois facteurs primaires corrélés sous-tendus par un facteur général supérieur d’attitude) : ce modèle s’est révélé le plus parcimonieux, robuste et théoriquement cohérent, affichant une adéquation remarquable avec les données empiriques.

7.3 Corrélations inter-facteurs et saturation de second ordre

Dans le modèle de second ordre retenu, les corrélations standardisées entre les trois facteurs de premier ordre étaient fortes et positives, oscillant entre 0,79 et 0,85. Ce résultat démontre à la fois la cohésion globale du concept et la pertinence empirique de ne pas les confondre. Les saturations factorielles de second ordre reliant le facteur général d’attitude aux trois sous-dimensions étaient particulièrement élevées, comprises entre 0,89 et 0,95. L’analyse de décomposition de la variance a révélé que 85,34 % de la variance du score total était attribuable au facteur général d’attitude, et que 94,03 % de la variance des facteurs de premier ordre était captée par ce même facteur de second ordre.

7.4 Perspectives sur la validité convergente et discriminante

L’auteure (Helsen, 2023) souligne que si la validité structurelle et de contenu est solidement documentée, les futures investigations devront poursuivre la validation de l’AMS conformément aux normes psychométriques contemporaines (Messick, 1995 ; Kazdin, 2003). Il conviendra notamment de tester formellement la validité convergente en corrélant l’AMS avec des mesures de la confiance envers la justice, la disposition au pardon ou l’ouverture à la communication non violente, ainsi que sa validité discriminante vis-à-vis du conformisme social, de l’évitement du conflit ou du cynisme judiciaire généralisé.

8. Fidélité / Reliability

8.1 Choix méthodologique : Le coefficient Omega de McDonald

Pour quantifier la consistance interne de l’AMS, l’étude princeps a délibérément privilégié le coefficient Omega de McDonald (ω) au détriment de l’habituel Alpha de Cronbach. La littérature psychométrique moderne a amplement démontré les limites de l’Alpha, notamment sa dépendance stricte au postulat de tau-équivalence (postulat voulant que tous les items possèdent exactement la même saturation factorielle sur leur dimension), postulat presque systématiquement violé dans les échelles d’attitudes réelles. L’Omega de McDonald, dérivé des modèles factoriels, fournit une estimation beaucoup plus précise et non biaisée de la fiabilité composite.

8.2 Valeurs empiriques obtenues

Les analyses ont révélé d’excellents indices de consistance interne pour l’ensemble des sous-échelles de l’AMS :

  • Sous-échelle Émotion (ωÉmotion) = 0,84 : Ce coefficient traduit une excellente homogénéité interne des sept items affectifs, indiquant que les indicateurs de soulagement, d’anxiété inversée et d’espoir partagent une forte variance commune relative à l’affect médiationnel.
  • Sous-échelle Cognition (ωCognition) = 0,74 : Bien que légèrement inférieur en raison de la diversité conceptuelle des croyances mesurées (efficacité, compréhension mutuelle, préservation du contrôle), ce score dépasse largement le seuil conventionnel d’acceptabilité de 0,70, attestant d’une fidélité robuste.
  • Sous-échelle Motivation (ωMotivation) = 0,84 : Pour un groupe compact de seulement quatre items, un coefficient de 0,84 témoigne d’une très haute précision de mesure de l’intentionnalité comportementale.

Ces coefficients démontrent que l’erreur de mesure reste minime au sein de chaque dimension, garantissant une stabilité suffisante des scores pour permettre des comparaisons rigoureuses entre groupes de participants en recherche fondamentale et appliquée.

9. Analyse factorielle / Factor Analysis

9.1 Modélisation par équations structurelles et sélection du modèle

L’architecture psychométrique de l’AMS a été évaluée au moyen de l’Analyse Factorielle Confirmatoire (AFC) basée sur des matrices de covariance analysées sous le logiciel R (notamment via le package lavaan). L’investigation visait à trancher formellement entre trois configurations théoriques compétitrices :

  1. Modèle unifactoriel : Tous les 16 items chargent sur un unique facteur latent « Attitude ». Ce modèle a été rejeté en raison d’un mauvais ajustement, démontrant l’impossibilité de réduire les émotions, croyances et intentions à un bloc indistinct.
  2. Modèle bifactoriel : Un facteur général rend compte de la variance commune à tous les items, tandis que trois facteurs orthogonaux spécifiques captent la variance résiduelle propre à l’affect, à la cognition et à la motivation. Bien que mathématiquement acceptable, ce modèle s’avère moins parcimonieux et d’une interprétabilité théorique plus délicate.
  3. Modèle hiérarchique de second ordre : Les items s’articulent sur trois facteurs primaires (Émotion, Cognition, Motivation), lesquels convergent à leur tour directement vers un macro-facteur d’attitude générale envers la médiation. C’est ce modèle qui a reçu le soutien empirique le plus éclatant.

9.2 Poids factoriels de premier ordre (First-Order Factor Loadings)

Les saturations factorielles standardisées de premier ordre se sont toutes révélées statistiquement significatives ($p < 0,001$) et orientées dans le sens théorique escompté :

  • Pour la dimension affective, les saturations s’échelonnent de modérées à fortes, témoignant de relations substantielles entre les réactions émotionnelles déclarées et le construit latent.
  • Pour la dimension cognitive, les saturations démontrent que les perceptions d’efficacité et de compréhension d’autrui constituent d’excellents indicateurs réflexifs.
  • Pour la dimension motivationnelle, les saturations sont particulièrement homogènes et élevées.
  • Dans l’ensemble de l’instrument, les poids factoriels standardisés de premier ordre oscillent entre 0,41 et 0,82, ce qui confirme l’absence d’items aberrants ou non discriminants.

9.3 Poids factoriels de second ordre et décomposition de la variance

L’aspect le plus saillant des résultats de l’AFC réside dans la puissance des saturations de second ordre, reliant les trois facteurs primaires au facteur général d’attitude :

  • Saturations de second ordre standardisées : comprises entre 0,89 et 0,95.
  • Les trois dimensions contribuent de manière quasi symétrique à l’édification de l’attitude générale, aucune n’apparaissant périphérique.
  • Explication de la variance : Le facteur général supérieur absorbe 94,03 % de la variance des trois facteurs de premier ordre. De plus, 85,34 % de la variance totale des scores de l’ensemble des 16 items est directement attribuable à ce macro-facteur.

Ces données justifient pleinement sur le plan statistique une double utilisation de l’AMS : l’analyse profilée des trois sous-échelles distinctes et/ou le calcul d’un score moyen global d’attitude.

10. Instrument de mesure / Instrument

  • Nom complet de l’outil : Attitude Toward Mediation Scale (AMS) / Échelle d’attitude envers la médiation.
  • Auteure de référence : Valerie Helsen (2023).
  • Type d’évaluation : Questionnaire d’auto-évaluation standardisé (Self-report questionnaire / Inventaire original).
  • Format et longueur : Instrument psychométrique composé de 16 items brefs et univoques.
  • Échelle de réponse (Response Scale) : Échelle de Likert à 5 points d’ancrage, graduée comme suit :
    • 1 = Strongly disagree (Fortement en désaccord)
    • 2 = Disagree (En désaccord)
    • 3 = Neutral / Neither agree nor disagree (Neutre / Ni en accord ni en désaccord)
    • 4 = Agree (En accord)
    • 5 = Strongly agree (Fortement en accord)
  • Structure des sous-échelles :
    • Sous-échelle Émotion (Affect) : 7 items (Items 1 à 7) évaluant le ressenti thymique, l’anxiété et le soulagement.
    • Sous-échelle Cognition : 5 items (Items 8 à 12) évaluant les jugements de valeur, l’utilité, la compréhension mutuelle et le contrôle procédural.
    • Sous-échelle Motivation (Conation) : 4 items (Items 13 à 16) évaluant l’intention personnelle de recours, la recommandation aux tiers et l’investissement personnel.
  • Règles de cotation et inversion des scores (Scoring Procedure) :
    • Quatre items formulés négativement doivent impérativement être inversés (reverse-scored) avant tout calcul : Item 3, Item 5, Item 7 (appartenant à la sous-échelle Émotion) et Item 10 (appartenant à la sous-échelle Cognition).
    • Règle d’inversion sur l’échelle de 1 à 5 : $Score_{\text{inversé}} = 6 – Score_{\text{brut}}$ (soit : 1 devient 5, 2 devient 4, 3 reste 3, 4 devient 2, 5 devient 1).
    • Calcul des scores de sous-échelles : Moyenne arithmétique des items de la sous-échelle considérée (après inversion des items négatifs). Le score obtenu est compris entre 1,00 et 5,00.
    • Calcul du score global : Moyenne arithmétique de l’ensemble des 16 items (après inversion des items négatifs). Un score global élevé reflète une attitude générale hautement positive et favorable à l’égard de la médiation.
  • Temps d’administration requis : Approximativement 3 à 5 minutes pour une complétion autonome.
  • Langues documentées : Versions sources en néerlandais (flamand) et en anglais.
  • Population cible : Population générale adulte (18 ans et plus), sans prérequis de niveau socio-éducatif ni d’expérience judiciaire préalable.

11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year

  • Année d’introduction officielle : 2023.
  • Droits d’utilisation et permissions : L’utilisation de l’instrument à des fins de recherche académique, scientifique ou institutionnelle non commerciale est libre de droits. Toutefois, les utilisateurs sont tenus de solliciter l’accord de courtoisie auprès de l’auteure correspondante (Valerie Helsen, KU Leuven : [email protected]) et de citer formellement la publication princeps de 2023.
  • Utilisation commerciale : Non autorisée sans accord écrit formel préalable de l’auteure et des détenteurs des droits patrimoniaux.
  • Tarification (Fee) : Gratuit (aucun coût d’acquisition de licence pour la recherche non commerciale).
  • Référence de citation obligatoire : Helsen, V. (2023). Development of the attitude toward mediation scale. Conflict Resolution Quarterly, 40(4), 447–465. https://doi.org/10.1002/crq.21380

12. Références / References

  • Ajzen, I. (1991). The theory of planned behavior. Organizational Behavior and Human Decision Processes, 50(2), 179–211. https://doi.org/10.1016/0749-5978(91)90020-T
  • Bush, R. A. B., & Folger, J. P. (2005). The promise of mediation: The transformative approach to conflict (Revised ed.). Jossey-Bass.
  • Fisher, R., Ury, W. L., & Patton, B. (2011). Getting to yes: Negotiating agreement without giving in (3rd ed.). Penguin Books.
  • Helsen, V. (2023). Development of the attitude toward mediation scale. Conflict Resolution Quarterly, 40(4), 447–465. https://doi.org/10.1002/crq.21380
  • Kazdin, A. E. (2003). Research design in clinical psychology (4th ed.). Allyn & Bacon.
  • Lind, E. A., & Tyler, T. R. (1988). The social psychology of procedural justice. Plenum Press. https://doi.org/10.1007/978-1-4899-2115-4
  • McDonald, R. P. (1999). Test theory: A unified treatment. Lawrence Erlbaum Associates Publishers. https://doi.org/10.4324/9781410601087
  • Messick, S. (1995). Validity of psychological assessment: Validation of inferences from persons’ responses and performances as scientific inquiry into score meaning. American Psychologist, 50(9), 741–749. https://doi.org/10.1037/0003-066X.50.9.741
  • Rosenberg, M. J., & Hovland, C. I. (1960). Cognitive, affective, and behavioral components of attitudes. In M. J. Rosenberg, C. I. Hovland, W. J. McGuire, R. P. Abelson, & J. W. Brehm (Eds.), Attitude organization and change: An analysis of consistency among attitude components (pp. 1–14). Yale University Press.
  • Triandis, H. C. (1971). Attitude and attitude change. John Wiley & Sons.
  • Tyler, T. R. (2006). Why people obey the law. Princeton University Press. https://doi.org/10.2307/j.ctv10crc8z

13. Questions et items du questionnaire (Scale Items)

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :
Instructions / Directions: Please read each statement carefully and indicate the extent to which you agree or disagree with it regarding mediation.
Response Scale: The AMS is a 16-item measure. Items are rated on a five-point Likert scale, ranging from 1 (strongly disagree) to 5 (strongly agree). An average score is calculated for each participant, with higher scores indicating a more positive attitude toward mediation.
Scoring / Reverse Items: The scale comprises three subdimensions: Emotion (items 1–7), Cognition (items 8–12), and Motivation (items 13–16). Negative items are reverse-scored before computing subscale or total scores.
1

Mediation gives me a sense of relief.
2

I feel comfortable with the idea of resolving conflicts through mediation.
3

The thought of mediation makes me feel stressed.
4

Mediation gives me hope for a peaceful solution.
5

I feel anxious when thinking about participating in mediation.
6

Mediation gives me confidence that a fair agreement can be reached.
7

I feel frustrated at the idea of using mediation to resolve a dispute.
8

Mediation is an effective way to resolve conflicts.
9

Mediation helps parties better understand each other's perspectives.
10

Mediation is usually a waste of time and effort.
11

Mediation allows parties to retain control over the outcome.
12

Mediation creates sustainable solutions for both parties.
13

If I were involved in a serious conflict, I would consider mediation.
14

I would recommend mediation to friends or family facing a dispute.
15

I would actively seek out a mediator if I could not resolve a dispute on my own.
16

I am willing to invest time and effort in a mediation process.
★

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Citer cet article

Looti, M. (2026, octobre 15). Échelle d’attitude envers la médiation (AMS). Base de données de psychologie en français. https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=echelle-attitude-envers-la-mediation-ams
Looti, Mohammed. “Échelle d’attitude envers la médiation (AMS).” Base de données de psychologie en français, 15 octobre 2026, https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=echelle-attitude-envers-la-mediation-ams.
Looti, Mohammed. “Échelle d’attitude envers la médiation (AMS).” Base de données de psychologie en français. octobre 15, 2026. https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=echelle-attitude-envers-la-mediation-ams.