Échelle d’anxiété liée à l’enseignement

L’Échelle d’anxiété liée à l’enseignement (Teaching Anxiety Scale – TCHAS), élaborée par J. S. Parsons à l’Université Stanford, est un outil psychométrique de référence évaluant l’anxiété spécifique aux devoirs et situations du métier d’enseignant. Découvrez son cadre théorique, sa validité, sa fidélité et ses items intégraux.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · octobre 16, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : octobre 16, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
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1. Résumé / Abstract

L’Échelle d’anxiété liée à l’enseignement (connue dans la littérature internationale sous l’acronyme TCHAS, pour Teaching Anxiety Scale) constitue l’un des premiers et plus influents instruments psychométriques spécifiquement conçus pour évaluer l’état anxieux propre à l’exercice du métier d’enseignant. Développée originellement à l’Université Stanford par J. S. Parsons au début des années 1970, cette échelle a été élaborée pour pallier le manque d’instruments contextuels capables de capturer les manifestations affectives et cognitives invalidantes vécues par les futurs enseignants (enseignants en formation initiale) et les enseignants novices en situation de classe.

L’instrument explore la relation dynamique entre l’anxiété pédagogique et l’acquisition progressive des compétences professionnelles d’enseignement. Au-delà de sa fonction diagnostique et de recherche, la TCHAS offre une valeur formative directe en aidant les enseignants stagiaires à identifier leurs forces perçues ainsi que leurs zones de vulnérabilité émotionnelle face aux exigences du milieu scolaire. Le corpus d’items aborde des composantes situationnelles diversifiées, telles que la gestion de classe, l’évaluation par les pairs et les superviseurs universitaires, les relations avec les parents d’élèves, l’improvisation pédagogique, la maîtrise disciplinaire et la peur de l’incompétence.

L’échelle existe sous plusieurs formats : une version originale de 25 items, une déclinaison purifiée de 22 items issue des analyses factorielles, ainsi que des extensions de 24, 28 et 29 items adaptées aux enseignants en exercice (inservice teachers). Le format de réponse repose sur une échelle de type Likert en 5 points allant de 1 (« Never » / Jamais) à 5 (« Always » / Toujours), intégrant une part substantielle d’items inversés (environ 50 %) pour neutraliser les biais d’acquiescement.

Sur le plan psychométrique, la TCHAS démontre une consistance interne remarquable, avec des coefficients alpha de Cronbach oscillant entre 0,88 et 0,92 chez les enseignants en formation initiale, et atteignant 0,87 à 0,93 chez les enseignants en poste. La stabilité temporelle test-retest sur de courts intervalles varie de 0,60 à 0,95. La validité de construit est étayée par des corrélations positives significatives avec l’échelle d’anxiété manifeste de Taylor (Taylor Manifest Anxiety Scale), par des analyses de contrastes intergroupes basées sur les évaluations de superviseurs cliniques, et par des analyses factorielles confirmant l’existence d’une dimension générale dominante d’anxiété pédagogique.

2. Mots-clés / Keywords

Anxiété liée à l’enseignement, TCHAS, Teaching Anxiety Scale, formation des enseignants, enseignants stagiaires, psychométrie, évaluation pédagogique, gestion de classe, stress professionnel, sentiment d’efficacité personnelle, validité de construit, consistance interne, fidélité test-retest, anxiété de performance, insertion professionnelle enseignante.

3. Auteurs / Authors

L’Échelle d’anxiété liée à l’enseignement a été formulée et formalisée par :

  • J. S. Parsons : Chercheur en sciences de l’éducation et en psychologie de l’éducation à la School of Education de l’Université Stanford (Stanford Center for Research and Development in Teaching), États-Unis. Ses travaux séminaux présentés notamment lors du congrès annuel de l’American Educational Research Association (AERA) en 1973 ont posé les fondations conceptuelles de la mesure standardisée de l’anxiété professionnelle en milieu éducatif.

Des prolongements empiriques et méthodologiques cruciaux ont été apportés ultérieurement par d’éminents chercheurs du champ de la formation enseignante, notamment :

  • Fred L. Pigge et Ronald N. Marso : Professeurs et chercheurs à la Bowling Green State University (Ohio, États-Unis), reconnus pour leurs études longitudinales sur l’évolution des attitudes, du lieu de contrôle (locus of control) et de l’anxiété chez les étudiants préparant les métiers du professorat.

4. Objectif / Purpose

Justification conceptuelle et clinique

L’entrée dans la profession enseignante est universellement documentée comme une transition critique caractérisée par une forte charge cognitive, un sentiment d’isolement et une vulnérabilité affective exacerbée, couramment désignée sous le terme de « choc de la réalité » (reality shock). Avant l’avènement de la TCHAS, la recherche mesurait l’anxiété des enseignants à l’aide d’instruments d’anxiété générale de trait ou d’anxiété de test. Cependant, ces mesures généralistes échouaient à appréhender la texture expérientielle propre à l’acte d’enseigner : la mise en scène de soi devant un auditoire captif, la responsabilité du climat d’apprentissage, le contrôle de la discipline et l’exposition directe au jugement d’autrui (superviseurs académiques, collègues, parents et élèves).

L’objectif fondamental de Parsons lors de la création de la TCHAS était donc de doter les formateurs et les chercheurs d’un outil psychométrique standardisé capable de quantifier l’anxiété spécifiquement ancrée dans les tâches, les interactions et les contextes institutionnels de l’enseignement. L’échelle a été conçue pour examiner empiriquement les interactions entre les niveaux d’anxiété des futurs enseignants et l’acquisition effective de leurs compétences didactiques et relationnelles au cours des stages pratiques en responsabilité.

Applications en formation initiale et continue

Dans les dispositifs universitaires de préparation au professorat, la TCHAS remplit une triple fonction :

  • Fonction de dépistage précoce et d’auto-évaluation diagnostique : En complétant l’inventaire au début de leur cursus, les stagiaires peuvent identifier leurs déclencheurs anxiogènes prédominants (peur de ne pas savoir répondre aux questions imprévues, angoisse liée à l’observation par un tuteur, appréhension des réunions parents-enseignants). Cette explicitation permet de désamorcer le sentiment de culpabilité ou d’infériorité ressenti vis-à-vis des pairs.
  • Régulation et personnalisation de l’accompagnement pédagogique : Pour les superviseurs et tuteurs de terrain, les scores à la TCHAS offrent des indicateurs précieux pour adapter la progressivité des mises en situation clinique, cibler les entretiens de débriefing et instaurer un climat d’étayage sécurisant.
  • Évaluation des programmes de formation : L’outil est fréquemment administré selon un protocole pré-test/post-test afin de mesurer l’impact de programmes d’entraînement aux compétences relationnelles, de séances de micro-enseignement ou d’ateliers de gestion du stress sur la trajectoire affective des futurs professionnels.

Applications dans la recherche en sciences de l’éducation

Au niveau de la recherche fondamentale et appliquée, la TCHAS sert à modéliser les prédicteurs individuels et contextuels du désengagement précoce, de l’abandon de la formation et de l’épuisement professionnel (burnout). Elle permet d’étudier comment l’anxiété pédagogique interagit avec la motivation intrinsèque, les théories implicites de l’intelligence, la personnalité et l’efficacité collective perçue au sein des établissements scolaires.

5. Construit psychologique / Construct

Le construit ciblé par la TCHAS est l’anxiété liée à l’enseignement (teaching anxiety), définie comme un état émotionnel aversif spécifique à un domaine, caractérisé par des sentiments subjectifs de tension, d’appréhension, d’inquiétude cognitive et d’activation autonome déclenchés par les sollicitations réelles, anticipées ou imaginées inhérentes aux devoirs professionnels de l’enseignant.

Bien que l’analyse factorielle confirme que l’anxiété liée à l’enseignement fonctionne comme un concept global unitaire (modèle unidimensionnel prédominant), l’inspection du contenu des 29 items révèle plusieurs domaines phénoménologiques interdépendants qui constituent la trame de cette anxiété :

1. L’anxiété liée à la gestion de classe et à la discipline

Cette composante renvoie à la crainte de perdre la maîtrise du groupe d’élèves, de voir son autorité contestée ou de se montrer incapable de rétablir un climat de travail ordonné. L’item 10 (« I feel secure with regard to my ability to keep a class under control ») et l’item 9 illustrent le pôle de sérénité face à la régulation du groupe, tandis que l’item 29 explore la frontière ambiguë entre le chahut ordinaire et des perturbations plus graves du comportement (« I’m uncertain whether I can tell the difference between really seriously disturbed students and those who are merely “goofing off” in class »).

2. L’anxiété d’évaluation et de supervision

L’acte d’enseigner s’exerce sous le regard constant de tiers investis d’une autorité hiérarchique ou morale. Cette facette explore la nervosité aiguë suscitée par l’observation directe :

  • L’observation formative ou sommative par le tuteur universitaire (Item 12 : « I feel nervous when I am being observed by my college supervisor »).
  • L’observation administrative par le chef d’établissement (Item 19 : « I would feel anxious if the principal informed me he was coming to my class to observe »).
  • La présence de parents d’élèves dans la classe (Item 7 : « I would feel calm and collected if a student’s parent observed in my classroom ») ou la conduite d’entretiens formels avec eux (Item 1).

3. L’anxiété de compétence pédagogique et d’improvisation face à l’imprévu

L’enseignement requiert une flexibilité cognitive permanente. De nombreux items explorent la peur panique de faillir sur le plan cognitif, de subir un blocage mnésique devant les élèves (Item 24) ou de ne pas pouvoir répondre à une question d’élève (Item 2, Item 15, Item 22). Cette facette s’étend à la capacité d’adaptation en temps réel (Item 13 : « I feel confident about my ability to improvise in the classroom ») et aux doutes relatifs à la transposition didactique (Item 23 : « Deciding how to present information in the classroom makes me feel uncertain »).

4. La comparaison sociale et l’anxiété de statut professionnel

Ce pôle regroupe les manifestations proches du syndrome de l’imposteur, particulièrement prégnantes chez les stagiaires au sein de leur cohorte de formation. Il s’agit du sentiment d’infériorité comparé aux pairs (Item 8 : « I feel inferior to other preservice teachers in my teacher preparation program » ; Item 17 et Item 25) et de l’appréhension de s’exprimer dans les espaces partagés comme la salle des professeurs (Item 20).

5. Les doutes vocationnels et l’alliance pédagogique

Enfin, le construit intègre une dimension de projection identitaire : l’angoisse liée à l’incertitude quant à son choix de carrière (Item 16), la déception face à la réalité quotidienne du métier (Item 11 : « I’m less happy teaching than I thought I’d be ») et l’inquiétude profonde concernant l’incapacité à nouer une relation signifiante et bienveillante avec les apprenants (Item 18 : « Lack of rapport with my students is one of my biggest worries » ; Item 21).

6. Cadre théorique / Theoretical Framework

Le modèle de l’anxiété état-trait de Spielberger

Le développement de la TCHAS s’ancre directement dans l’évolution des théories contemporaines de l’émotion, et tout particulièrement dans la distinction fondamentale théorisée par Charles Spielberger entre anxiété-trait (trait anxiety, propension générale et stable à percevoir les situations comme menaçantes) et anxiété-état (state anxiety, réponse émotionnelle transitoire caractérisée par des sensations d’inquiétude et une activation neurovégétative à un moment précis). Parsons a postulé que l’anxiété liée à l’enseignement ne peut être réduite à une simple manifestation de l’anxiété-trait globale. Elle constitue une anxiété situationnelle spécifique à un domaine (domain-specific anxiety), analogue à l’anxiété mathématique ou à l’anxiété d’expression en public, conditionnée par des stimuli propres à l’écologie de la classe.

Le modèle développemental des préoccupations de Frances Fuller

Sur le plan psycho-éducatif, la TCHAS trouve une résonance théorique majeure dans le modèle conceptuel de Frances Fuller (1969) portant sur les stades de développement des préoccupations chez les enseignants (Concerns-Based Model of Teacher Development). Selon Fuller, la trajectoire d’un enseignant s’articule autour de trois phases séquentielles :

  1. Préoccupations centrées sur soi (Self-concerns) : Doutes quant à sa propre survie professionnelle, sa légitimité, sa capacité à maintenir la discipline et l’évaluation portée par les pairs ou supérieurs.
  2. Préoccupations centrées sur la tâche (Task-concerns) : Focalisation sur les aspects logistiques, la surcharge de travail, le manque de matériel didactique et la maîtrise des méthodes pédagogiques.
  3. Préoccupations centrées sur l’impact (Impact-concerns) : Centration mature sur les besoins d’apprentissage socio-émotionnels et cognitifs individuels de chaque élève.

Les items de la TCHAS capturent de manière très dense les tensions inhérentes au stade des « préoccupations centrées sur soi ». L’instrument opérationnalise les obstacles affectifs qui empêchent le novice de décentrer son attention de sa propre survie psychologique pour s’orienter vers l’impact effectif de son enseignement sur l’élève.

La théorie sociale cognitive et le sentiment d’efficacité personnelle

Bien que formalisée par Albert Bandura à la fin des années 1970, la théorie du sentiment d’efficacité personnelle (self-efficacy) offre une grille de lecture rétrospective et prospective essentielle pour comprendre la dynamique mesurée par la TCHAS. Une forte anxiété liée à l’enseignement reflète un faible sentiment d’efficacité personnelle dans des domaines d’action critiques (gestion des imprévus, relation d’autorité). Selon ce cadre, l’activation émotionnelle aversive (telle que capturée par les scores élevés à la TCHAS) agit elle-même comme une source d’information physiologique et affective négative qui affaiblit encore davantage l’auto-efficacité perçue, instaurant une boucle de rétroaction invalidante si elle n’est pas médiatisée par des expériences de maîtrise guidée.

7. Validité / Validity

La validation empirique de la TCHAS repose sur une multiplicité de preuves psychométriques collectées par Parsons (1973) et corroborées par des investigations ultérieures (ex. Pigge & Marso, 1994) :

Validité convergente

La validité convergente a été démontrée en corrélant la TCHAS avec l’échelle d’anxiété manifeste de Taylor (Taylor Manifest Anxiety Scale – TMAS), une mesure largement reconnue de l’anxiété générale de trait. Les résultats ont mis en évidence des corrélations positives statistiquement significatives entre les deux échelles. Toutefois, l’intensité modérée de cette corrélation a confirmé l’hypothèse de Parsons : la TCHAS partage un noyau commun d’affectivité négative avec l’anxiété générale, mais conserve une part substantielle de variance unique attribuable aux exigences spécifiques du contexte d’enseignement.

Validité de construit par méthode des groupes contrastés

Pour vérifier si l’instrument discriminait adéquatement les comportements observables sur le terrain, Parsons a recouru à un panel de 25 superviseurs pédagogiques chevronnés. Ces experts ont identifié, au sein d’une cohorte d’enseignants stagiaires, les individus manifestant le plus haut degré d’anxiété comportementale en classe et ceux démontrant le degré le plus faible. La comparaison des scores a révélé que le groupe catégorisé comme « le plus anxieux » par les superviseurs obtenait des scores significativement plus élevés à la TCHAS que le groupe « le moins anxieux ». Cette divergence démontre la validité critériée et la sensibilité de l’instrument aux manifestations réelles du stress pédagogique en situation écologique.

Sensibilité au changement et validité développementale

Un test crucial de la validité de construit d’une mesure d’anxiété liée à l’apprentissage professionnel réside dans sa capacité à capter l’effet de l’acquisition de compétences au fil du temps. Les études longitudinales menées sur diverses cohortes d’enseignants en formation initiale ont constamment montré une diminution statistiquement significative des scores de la TCHAS à mesure que les stagiaires accumulaient des heures de pratique supervisée en classe. Cette réduction graduelle de l’anxiété au fil de l’expérience constitue une confirmation théorique robuste de la validité de construit de l’instrument.

8. Fidélité / Reliability

Les propriétés métrologiques de la TCHAS attestent d’une excellente précision de mesure à travers des populations enseignantes variées, tant au niveau de la cohérence interne que de la stabilité temporelle.

Cohérence interne (Alpha de Cronbach)

Les analyses de consistance interne rapportées dans les manuels et études de référence indiquent des indices de fiabilité très élevés, largement supérieurs au seuil standard de 0,80 requis pour la recherche et l’évaluation diagnostique :

  • Groupes d’enseignants en formation initiale (Preservice teachers) :
    • Enseignants stagiaires du primaire de premier cycle universitaire (undergraduate elementary) : α = 0,92 (n = 30).
    • Enseignants stagiaires du secondaire de deuxième/troisième cycle universitaire (graduate secondary interns) : α = 0,92 (n = 55).
    • Enseignants stagiaires du primaire et secondaire (premier et cycles supérieurs réunis) : α = 0,90 (n = 36).
    • Enseignants en formation initiale du secondaire de premier cycle (undergraduate secondary) : α = 0,88 (n = 79).
  • Groupes d’enseignants en exercice (Inservice teachers) :
    • Enseignants du primaire et du collège en poste (elementary and junior high) : α = 0,93 (n = 23).
    • Nouveaux enseignants recrutés dans le primaire et le secondaire : α = 0,87 (n = 384).

Fidélité test-retest (Stabilité temporelle)

La stabilité temporelle de la TCHAS a été documentée sur quatre groupes distincts soumis à des réadministrations sur des intervalles de temps courts. Les coefficients de corrélation test-retest se sont échelonnés entre r = 0,60 et r = 0,95. Ces coefficients confirment que l’instrument offre une mesure stable sur de courtes périodes tout en demeurant perméable aux effets d’apprentissage et de maturation professionnelle sur des périodes plus étendues.

9. Analyse factorielle / Factor Analysis

L’exploration de la structure latente de la TCHAS a fait l’objet de deux analyses factorielles indépendantes sur la version originale de 25 items, destinées à vérifier si l’anxiété liée à l’enseignement doit être opérationnalisée comme une entité multidimensionnelle ou comme un concept global unifié.

Confirmation de la structure unifactorielle

Les résultats ont confirmé de façon décisive une solution à facteur unique (single factor solution). Dans la version à 25 items, 22 des 25 items présentaient des saturations factorielles très élevées sur un facteur général dominant d’anxiété liée à l’enseignement. Ce résultat corrobore les coefficients alpha exceptionnellement élevés obtenus, signalant une très forte homogénéité conceptuelle des items.

Épuration et dérivation de la version à 22 items

Trois items de la version initiale ont échoué à saturer de manière satisfaisante sur ce facteur principal unique :

  • Item 3 : « I feel uncomfortable when I speak before a group. » (Cet item mesure l’anxiété sociale générale ou la glossophobie plutôt qu’une anxiété propre aux spécificités de l’enseignement).
  • Item 17 : « I feel better prepared for teaching than other preservice teachers in my teacher preparation program. » (Cet item relève davantage de la perception comparée de l’efficacité académique que du ressenti affectif anxieux en classe).
  • Item 22 : « I (would find) find it easy to admit to the class that I don’t know the answer to a question a student asks. » (La franchise épistémique face aux élèves implique des postures pédagogiques et de modestie intellectuelle qui ne covarient pas de manière linéaire avec le niveau de panique en classe).

L’exclusion de ces trois énoncés non saturants a conduit à la validation d’une version purifiée de la TCHAS en 22 items, particulièrement recommandée pour les recherches exigeant une parcimonie maximale et une orthogonalité conceptuelle stricte.

Comportement factoriel de la version étendue à 29 items

Lors des expérimentations menées sur la version élargie à 29 items (intégrant des éléments exploratoires de gestion de l’hétérogénéité sociale et de l’évaluation formative), les analyses factorielles ont révélé que les items 26, 27, 28 et 29 ont également échoué à se fondre de façon univoque dans le facteur général unique, aux côtés des items 3, 17 et 22. Les items 26 à 29 capturent des considérations techniques plus distales (l’usage diagnostique des évaluations, l’impact des écarts socioculturels avec les élèves, le tri entre élèves perturbateurs et troubles psychologiques), suggérant que l’extension de l’échelle glisse vers des dimensions d’incertitude professionnelle et diagnostique distinctes de l’anxiété affective directe de situation.

10. Instrument de mesure / Instrument

  • Intitulé de l’instrument : Échelle d’anxiété liée à l’enseignement (Teaching Anxiety Scale – TCHAS).
  • Concepteur : J. S. Parsons (1973), Université Stanford.
  • Format d’administration : Questionnaire auto-rapporté sur support papier-crayon ou format numérique/informatisé.
  • Population cible : Étudiants des filières de formation des maîtres, enseignants stagiaires (niveaux préélémentaire, primaire, secondaire) et enseignants débutants ou confirmés en exercice.
  • Durée moyenne de passation : Environ 8 à 12 minutes pour l’ensemble du protocole.
  • Format des réponses : Échelle ordinale de fréquence de type Likert en 5 points :
    • 1 = Never (Jamais)
    • 2 = Infrequently (Rarement)
    • 3 = Occasionally (Occasionnellement)
    • 4 = Frequently (Fréquemment)
    • 5 = Always (Toujours)
  • Nombre total d’items : 29 items dans la forme étendue (avec déclinaisons opérationnelles validées à 25 items et à 22 items unifactoriels).
  • Procédure de cotation (Scoring) :
    • Pour les items formulés dans le sens direct d’une anxiété ou d’un inconfort (items directs), le score attribué correspond directement à la valeur cochée (1 à 5).
    • Inversion de cotation : Quatorze items exprimant la sérénité, la confiance ou le sentiment de compétence sont inversés avant calcul. Les scores doivent être convertis selon la formule : Nouveau score = 6 - Score brut (soit 1 = 5, 2 = 4, 3 = 3, 4 = 2, 5 = 1).
    • Liste exhaustive des items inversés : Items 1, 4, 6, 7, 9, 10, 13, 14, 17, 20, 22, 24, 25 et 28.
    • Score total : Le score global s’obtient en sommant l’ensemble des items (après inversion). Un score total élevé dénote un niveau élevé d’anxiété liée à l’enseignement, susceptible d’entraver la performance pédagogique et le bien-être professionnel.

11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year

  • Année d’introduction officielle : 1973 (publication initiale dans les rapports de recherche ERIC sous la référence ED079330).
  • Statut des droits d’auteur et accessibilité : La TCHAS a été diffusée initialement par l’intermédiaire du réseau gouvernemental et universitaire américain ERIC (Educational Resources Information Center). À ce titre, le contenu du manuel et de l’échelle appartient au domaine public académique pour les utilisations non commerciales de recherche, de formation universitaire et d’évaluation pédagogique.
  • Tarifs d’utilisation : Gratuit (aucun coût de licence ni redevance commerciale pour les chercheurs et formateurs institutionnels).
  • Modalités de citation requises : Toute utilisation dans le cadre d’une publication scientifique, d’une thèse de doctorat ou d’un dispositif d’ingénierie de formation nécessite la mention obligatoire des sources princeps (Parsons, 1973 ; Pigge & Marso, 1994).

12. Références / References

  • Bandura, A. (1977). Self-efficacy: Toward a unifying theory of behavioral change. Psychological Review, 84(2), 191–215. https://doi.org/10.1037/0033-295X.84.2.191
  • Fuller, F. F. (1969). Concerns of teachers: A developmental conceptualization. American Educational Research Journal, 6(2), 207–226. https://doi.org/10.3102/00028312006002207
  • Parsons, J. S. (1973). Assessment of anxiety about teaching using the Teaching Anxiety Scale: Manual and research. Paper presented at the Annual Meeting of the American Educational Research Association (New Orleans, Louisiana, February 25 – March 1, 1973). ERIC Document Reproduction Service No. ED 079 330. https://eric.ed.gov/?id=ED079330
  • Pigge, F. L., & Marso, R. N. (1994). Relationships of prospective teachers’ personality type and locus of control orientation with changes in their attitude and anxiety about teaching. Midwestern Educational Researcher, 7(2), 2–7.
  • Spielberger, C. D. (1966). Anxiety and behavior. Academic Press. https://doi.org/10.1016/B978-1-4832-3131-0.50006-7
  • Taylor, J. A. (1953). A personality scale of manifest anxiety. The Journal of Abnormal and Social Psychology, 48(2), 285–290. https://doi.org/10.1037/h0056264

13. Questions et items du questionnaire (Scale Items)

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :
Scoring Formula: Scoring: Never = 1; Infrequently = 2; Occasionally = 3; Frequently = 4; and Always = 5. Scoring is reversed for the following items: 1, 4, 6, 7, 9, 10, 13, 14, 17, 20, 22, 24, 25, and 28.
1

I feel calm and collected when I think about holding parent-teacher conferences.
2

If I have trouble answering a student’s question I (will find) find it difficult to concentrate on questions that follow.
3

I feel uncomfortable when I speak before a group.
4

I (would feel) feel calm (if I were) when I am preparing lessons.
5

I’m worried whether I can be a good teacher.
6

I feel sure I will find teaching a satisfying profession.
7

I would feel calm and collected if a student’s parent observed in my classroom.
8

I feel inferior to other preservice teachers in my teacher preparation program.
9

I feel that students will follow my instructions.
10

I feel secure with regard to my ability to keep a class under control.
11

I’m less happy teaching than I thought I’d be.
12

I feel nervous when I am being observed by my college supervisor.
13

I feel confident about my ability to improvise in the classroom.
14

I feel other teachers (will think) think I’m very competent.
15

I (would feel) feel panicky when a student asks me a question I (couldn’t) can’t answer.
16

I feel anxious because I don’t know yet whether I really want to be a teacher.
17

I feel better prepared for teaching than other preservice teachers in my teacher preparation program.
18

Lack of rapport with my students (will be) is one of my biggest worries.
19

I would feel anxious if the principal informed me he was coming to my class to observe.
20

I (would find) find it easy to speak up in the staff room.
21

I worry about being able to keep the students interested in what I (will teach) teach them.
22

I (would find) find it easy to admit to the class that I don’t know the answer to a question a student asks.
23

Deciding how to present information in the classroom (would make) makes me feel uncertain.
24

I feel I will have good recall of the things I know when I am in front of the class.
25

I feel I (will be) am as competent in the classroom as other preservice teachers in my teacher preparation program.
26

I’m concerned about how to use my testing of students as a useful indication of how effectively I’m teaching them.
27

I’m worried that differences in background between my students and me (will prevent) prevent me from teaching effectively.
28

I am certain that my own personal “hang-ups” (will not) do not hinder my teaching effectiveness.
29

I’m uncertain whether I (will be able to) can tell the difference between really seriously disturbed students and those who are merely “goofing off” in class.
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Citer cet article

Looti, M. (2026, octobre 16). Échelle d’anxiété liée à l’enseignement. Base de données de psychologie en français. https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=echelle-anxiete-liee-a-enseignement-tchas
Looti, Mohammed. “Échelle d’anxiété liée à l’enseignement.” Base de données de psychologie en français, 16 octobre 2026, https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=echelle-anxiete-liee-a-enseignement-tchas.
Looti, Mohammed. “Échelle d’anxiété liée à l’enseignement.” Base de données de psychologie en français. octobre 16, 2026. https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=echelle-anxiete-liee-a-enseignement-tchas.