1. Résumé / Abstract
L’Échelle d’anxiété pour enfants de Spence – Version enfant (Spence Children’s Anxiety Scale – Child Version, SCAS-Child) est un instrument psychométrique auto-rapporté de référence internationale conçu pour évaluer la sévérité et la typologie des symptômes anxieux chez les enfants et les adolescents âgés de 8 à 15 ans. Développée à la fin des années 1990 par la professeure Susan H. Spence, cette échelle a été spécifiquement opérationnalisée pour s’aligner sur la taxonomie diagnostique du Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (DSM-IV puis DSM-5). Le questionnaire se compose de 44 items (auxquels s’ajoute une question ouverte optionnelle), cotés sur une échelle de fréquence de type Likert à 4 points allant de 0 (« Jamais ») à 3 (« Toujours »).
Sur le plan structural, l’instrument quantifie l’anxiété à travers 38 items symptomatiques répartis en six sous-échelles cliniques distinctes mais corrélées : l’anxiété de séparation, la phobie sociale, le trouble obsessionnel-compulsif, le trouble panique et l’agoraphobie, les peurs des blessures physiques (phobies spécifiques) et l’anxiété généralisée. Afin de réduire le biais de désirabilité sociale, de briser les stéréotypes de réponse négative et de limiter l’effet de fatigue ou d’inférence anxieuse continue, six items intercalaires à valence positive (items tampons ou filler items) sont insérés et exclus du calcul des scores totaux et factoriels. Le score total d’anxiété varie ainsi de 0 à 114, les scores bruts étant convertis en centiles et en scores T normalisés selon l’âge et le sexe biologique de l’enfant.
Les propriétés psychométriques de la SCAS-Child ont été rigoureusement établies au sein de vastes cohortes communautaires et cliniques à travers le monde. L’instrument démontre une cohérence interne exceptionnelle, avec des coefficients alpha de Cronbach oscillant généralement entre 0,89 et 0,93 pour l’échelle globale, et entre 0,60 et 0,85 pour les sous-échelles. La fidélité test-retest confirme la stabilité temporelle des construits sur des intervalles de 6 à 12 mois. La validité factorielle a été corroborée par de multiples analyses factorielles confirmatoires de premier et de second ordre, validant l’hypothèse d’un modèle hiérarchique où un facteur général de vulnérabilité anxieuse sous-tend les six dimensions sémiologiques. En outre, la SCAS-Child possède une excellente validité convergente avec d’autres mesures de détresse internalisée (comme la RCMAS et le MASC), une validité discriminante vis-à-vis des troubles externalisés et de la dépression, ainsi qu’une sensibilité clinique remarquable pour identifier les jeunes répondant aux critères diagnostiques de troubles anxieux avérés.
2. Mots-clés / Keywords
Échelle d’anxiété pour enfants de Spence, SCAS-Child, évaluation psychométrique, anxiété de séparation, phobie sociale, trouble panique, trouble obsessionnel-compulsif, anxiété généralisée, phobies spécifiques, pédopsychiatrie, psychologie clinique de l’enfant, dépistage pédiatrique, validation transculturelle.
3. Auteurs / Authors
L’échelle a été conçue et standardisée par la professeure Susan H. Spence, Ph.D., figure éminente de la psychologie clinique et du développement de l’enfant et de l’adolescent. Au moment du développement initial de l’instrument, la Pre Spence exerçait au sein du Département de psychologie de l’Université du Queensland (University of Queensland, Brisbane, Australie). Elle a par la suite poursuivi ses travaux académiques et de recherche translationnelle en tant que professeure émérite à l’École de psychologie appliquée et à l’Institut de recherche sur la santé de Griffith (Griffith Health Institute), Université Griffith, Queensland, Australie.
Ses recherches pionnières portent principalement sur l’étiologie, l’évaluation dimensionnelle, la prévention primaire et le traitement cognitivo-comportemental de l’anxiété et de la dépression chez l’enfant et l’adolescent. Les initiatives collaboratives de normalisation transculturelle et de validation chez les jeunes adolescents ont également impliqué des cochercheurs majeurs en psychopathologie développementale, notamment le Dr Paula M. Barrett et le Dr Cynthia M. Turner (Spence, Barrett, & Turner, 2003). La plateforme scientifique et les ressources normatives relatives à la SCAS sont centralisées et actualisées sous la direction scientifique de Susan H. Spence (contact universitaire institutionnel : Université Griffith, Gold Coast Campus, Australie ; site ressource officiel : www.scaswebsite.com).
4. Objectif / Purpose
Les troubles anxieux représentent l’entité psychopathologique la plus prévalente durant l’enfance et l’adolescence, avec des taux de prévalence sur la vie oscillant entre 15 % et 30 % dans les populations pédiatriques mondiales. Historiquement, l’évaluation de ces troubles souffrait d’un décalage structurel : la majorité des échelles disponibles avant la fin des années 1990 — à l’instar de la Revised Children’s Manifest Anxiety Scale (RCMAS) ou de l’inventaire d’anxiété état-trait pour enfants (STAIC) — opérationnalisaient l’anxiété sous la forme d’un construit unidimensionnel diffus, fondé principalement sur des manifestations somatiques et de l’inquiétude non spécifique. Ces outils échouaient à cartographier la complexité taxonomique introduite par les classifications nosographiques modernes, notamment le DSM-IV de l’American Psychiatric Association (APA).
L’objectif fondamental de Susan H. Spence lors du développement de la SCAS-Child était de créer une mesure dimensionnelle brève, rigoureusement validée, auto-administrable par l’enfant dès l’âge de 8 ans, et alignée de manière isomorphique sur les catégories syndromiques des troubles anxieux du DSM-IV. L’instrument vise simultanément des applications de dépistage épidémiologique, d’aide à la formulation diagnostique clinique, et de mesure d’efficacité thérapeutique longitudinale.
Applications cliniques et en santé mentale pédiatrique
En contexte clinique ambulatoire ou hospitalier, la SCAS-Child permet au praticien d’obtenir le profil d’auto-évaluation interne de l’enfant. Les manifestations anxieuses infantiles, en particulier les ruminations cognitives, les pensées obsédantes et les distorsions phobiques, constituent des états subjectifs internes qui échappent fréquemment à l’observation directe des parents et des enseignants. Les études de concordance inter-informateurs démontrent de manière récurrente une corrélation modérée (r ≈ 0,30 à 0,50) entre les auto-questionnaires des enfants et les hétéro-questionnaires parentaux, soulignant que l’enfant est souvent l’observateur le plus sensible de sa propre détresse anxieuse interne.
La SCAS-Child n’a pas été conçue pour poser un diagnostic psychiatrique catégoriel de manière isolée sans entretien clinique structuré. En revanche, elle sert d’outil de criblage de première ligne d’une remarquable puissance. En mettant en évidence des scores élevés sur des sous-échelles spécifiques, elle oriente le bilan clinique ciblé, facilite l’exploration des comorbidités internes multiples (par exemple, la coexistence fréquente d’une phobie sociale et d’un trouble panique), et structure l’analyse fonctionnelle cognitivo-comportementale nécessaire à l’élaboration du plan d’intervention.
Applications en recherche et évaluation des interventions
Sur le plan de la recherche, la SCAS-Child constitue un standard international pour monitorer l’efficacité des interventions psychologiques basées sur les preuves, au premier rang desquelles figurent les programmes de psychothérapie cognitivo-comportementale (TCC) manuels tels que Cool Kids ou Coping Cat. Sa structure multidimensionnelle permet d’analyser les mécanismes de changement thérapeutique de manière fine : il devient possible d’évaluer si un protocole ciblé réduit de façon différentielle l’anxiété de séparation sans modifier les symptômes d’anxiété sociale, ou si des gains thérapeutiques se généralisent au niveau du facteur global d’anxiété.
De surcroît, sa sensibilité au changement thérapeutique et sa stabilité métrologique en font un instrument de prédilection pour les essais contrôlés randomisés (ECR), les études épidémiologiques longitudinales sur les trajectoires de développement de la névrose et de l’inhibition comportementale, ainsi que les études de génétique comportementale portant sur les endophénotypes de la détresse affective.
5. Construit psychologique / Construct
La SCAS-Child repose sur une architecture multidimensionnelle hiérarchisée. Le construit global de l’anxiété pédiatrique est appréhendé comme une tendance générale d’hyporéactivité et d’hypersensibilité à la menace perçue, qui s’exprime sémiologiquement à travers six dimensions cliniques primaires. Chaque sous-échelle cible des patterns comportementaux, cognitifs et végétatifs caractéristiques.
1. Anxiété de séparation (Separation Anxiety)
Cette dimension (composée de 6 items : 5, 8, 12, 15, 16, 44) opérationnalise une détresse excessive et développementalement inappropriée lors de la séparation réelle ou anticipée d’avec les figures d’attachement primaires (les parents ou tuteurs). Les cognitions reflètent des craintes catastrophiques de disparition ou d’accident atteignant les proches (item 12 : « I worry that something awful will happen to someone in my family »). Au plan comportemental, l’anxiété se traduit par un refus d’aller à l’école le matin en raison de plaintes somatiques ou de malaise (item 16), une incapacité à rester seul à la maison (item 5), la peur d’aller dormir de manière autonome (item 15) et la détresse majeure à l’idée de découcher lors de voyages scolaires ou chez des pairs (item 44).
2. Phobie sociale (Social Phobia / Social Anxiety)
La sous-échelle de phobie sociale (6 items : 6, 7, 9, 10, 29, 35) évalue la peur persistante et invalidante des situations sociales ou de performance publique dans lesquelles l’enfant est exposé au regard, au jugement ou à la critique potentielle d’autrui. Les items ciblent spécifiquement la crainte de l’évaluation négative et du ridicule (item 9 : « I feel afraid that I will make a fool of myself in front of people » ; item 29 : « I worry what other people think of me »), la glossophobie ou anxiété de prise de parole en classe (item 35), l’anxiété d’évaluation scolaire (item 6 et 10), ainsi que l’inhibition liée à l’utilisation des espaces sanitaires collectifs (item 7).
3. Trouble panique et agoraphobie (Panic Attack and Agoraphobia)
Cette composante, la plus longue de l’instrument (9 items : 13, 21, 28, 30, 32, 34, 36, 37, 39), capte la survenue récurrente, imprévisible et soudaine de décharges neurovégétatives intenses accompagnées d’une appréhension catastrophique. Elle mesure les symptômes somatiques de l’activation sympathique aiguë : dyspnée subjective ou sensation d’étouffement sans cause médicale (item 13), palpitations et tachycardie spontanée (item 36), tremblements généralisés (item 21) et vertiges ou lipothymies (item 34). Elle intègre parallèlement la peur de la peur ou anxiété anticipatoire de nouvelles attaques (item 37), l’anxiété panique paroxystique non conditionnée (item 32), ainsi que les conduites d’évitement agoraphobique face aux foules, cinémas, centres commerciaux ou transports collectifs (items 28 et 30).
4. Peur des blessures physiques / Phobies spécifiques (Physical Injury Fears)
Composée de 5 items (items 2, 18, 23, 25, 33), cette échelle capture les peurs focales prototypiques de la petite enfance et de la période de latence qui relèvent de la préparation biologique à la survie (théorie de la préparation de Seligman). Elle mesure l’achluophobie ou peur du noir (item 2), la cynophobie ou peur des chiens (item 18), les angoisses médicales associées aux soins dentaires ou aux médecins (item 23), l’acrophobie et la claustrophobie liée aux ascenseurs (item 25), et la phobie des invertébrés ou insectes et araignées (item 33).
5. Trouble obsessionnel-compulsif (Obsessive-Compulsive Problems)
Bien que le trouble obsessionnel-compulsif (TOC) ait été recatégorisé dans le DSM-5 au sein d’un chapitre distinct des « Troubles obsessionnels-compulsifs et apparentés », il faisait partie intégrante des troubles anxieux dans le DSM-IV et partage une forte parenté fonctionnelle avec la détresse anxieuse. La sous-échelle de la SCAS (6 items : 14, 19, 27, 40, 41, 42) évalue à la fois les obsessions (intrusions mentales persistantes, pensées intrusives incongrues ou images mentales pénibles ; items 19 et 41) et les compulsions motrices ou cognitives. Ces dernières se manifestent par des vérifications répétées (item 14), des rituels de lavage ou de rangement rigide (item 40), et des neutralisations magico-cognitives destinées à conjurer un malheur imminent (items 27 et 42).
6. Anxiété généralisée (Generalized Anxiety)
Cette dimension (6 items : 1, 3, 4, 20, 22, 24) opérationnalise les soucis excessifs, incontrôlables et chroniques concernant des événements de la vie quotidienne. Elle explore la tendance générale à l’inquiétude diffuse (item 1 : « I worry about things » ; item 22 : « I worry that something bad will happen to me ») et ses corollaires d’hyperactivation physiologique somatique : sensations de serrement ou « boule à l’estomac » face aux tracas (item 3), tachycardie réactionnelle au stress (item 20), tremblements et instabilité motrice (item 24) et ressenti global de peur permanente sans objet défini (item 4).
Items tampons à valence positive (Filler Items)
La SCAS-Child intègre 6 items intercalaires (items 11, 17, 26, 31, 38, 43) formulés de manière positive et axés sur des compétences sociales, athlétiques ou l’estime de soi générale (ex. : item 11 : popularité perçue auprès des pairs ; item 17 : compétence sportive ; item 26 : auto-évaluation morale positive ; item 31 : bonheur ressenti ; item 38 : acceptation de soi ; item 43 : fierté du travail scolaire). Ces items neutralisent le biais d’acquiescement systématique et préviennent l’induction d’affects négatifs massifs chez l’enfant durant la passation. Sur le plan psychométrique strict, ils ne contribuent à aucun score factoriel ni au score total d’anxiété.
6. Cadre théorique / Theoretical Framework
L’assise conceptuelle de la SCAS-Child s’ancre dans les théories contemporaines de la psychopathologie développementale, le modèle cognitivo-comportemental de l’anxiété et les modèles intégrés de vulnérabilité émotionnelle, en particulier le modèle de la triple vulnérabilité de David H. Barlow.
Le modèle de la triple vulnérabilité de Barlow
Selon Barlow (2000, 2002), l’émergence des troubles anxieux et de l’humeur résulte de la convergence dialectique de trois vecteurs étiopathogéniques :
- La vulnérabilité biologique généralisée : Un terrain génétique et neurobiologique caractérisé par une hyperréactivité de l’amygdale, un déficit d’inhibition préfrontale et une labilité du système nerveux autonome. Sur le plan tempéramental, cette vulnérabilité se traduit par l’inhibition comportementale face à la nouveauté (Kagan, 1989) et un niveau élevé d’affectivité négative ou de névrosisme (Clark & Watson, 1991).
- La vulnérabilité psychologique généralisée : Une vision du monde acquise précocement à travers des expériences d’attachement insécure ou un contrôle parental excessif, induisant chez l’enfant un sentiment d’impuissance fondamentale face aux stresseurs environnementaux (faible sentiment d’auto-efficacité, Seligman & Bandura).
- La vulnérabilité psychologique spécifique : Un ensemble d’apprentissages conditionnés, vicariants et instructionnels qui focalisent la détresse sur des cibles environnementales précises. C’est ce troisième vecteur qui dicte la différenciation sémiologique de l’anxiété : si la vulnérabilité se canalise sur les sensations somatiques internes, un trouble panique émerge ; si elle se focalise sur l’évaluation par autrui, une phobie sociale s’installe ; si elle cible l’intégrité des figures parentales, l’anxiété de séparation prédomine.
La structure factorielle hiérarchique de la SCAS-Child traduit fidèlement cette architecture théorique : le facteur de second ordre reflète la vulnérabilité émotionnelle partagée (névrosisme / affectivité négative), tandis que les six facteurs de premier ordre opérationnalisent les expressions phénotypiques façonnées par les vulnérabilités spécifiques.
La perspective cognitive de Beck et Clark
Sur le plan cognitif, l’instrument s’adosse au modèle de traitement de l’information élaboré par Aaron T. Beck et David A. Clark. Ce modèle stipule que l’anxiété découle de schémas cognitifs latents de menace qui biaisent le traitement des stimuli environnementaux. Les enfants anxieux présentent des distorsions cognitives systématiques caractérisées par une surestimation de la probabilité et de la sévérité du danger (hypervigilance à la menace) couplée à une sous-estimation systématique de leurs propres capacités d’adaptation (faible sentiment d’auto-efficacité adaptative). Les items de la SCAS mesurent directement ces pensées automatiques catastrophiques, qu’elles concernent la mort imminente d’un parent, la peur du jugement d’autrui ou l’anticipation d’une perte de contrôle physiologique.
Théorie de l’acquisition des peurs de Rachman
L’ancrage des items de peurs physiques et de phobies spécifiques s’explique également par la théorie des trois voies d’acquisition des peurs de Stanley Rachman (1977) : le conditionnement pavlovien direct, l’apprentissage par observation (modelage) et la transmission d’informations négatives. L’échelle prend acte du fait que l’anxiété chez l’enfant ne se manifeste pas uniquement par des cognitions propositionnelles complexes, mais procède d’associations conditionnées archaïques face à des stimuli phylogénétiquement préparés (ténèbres, prédateurs, hauteurs, blessures corporelles).
7. Validité / Validity
L’évaluation psychométrique de la SCAS-Child a fait l’objet de multiples investigations empiriques internationales confirmant sa robustesse métrologique sur l’ensemble des dimensions de la validité de mesure.
Validité de construit et validité structurelle
La validité de construit a été initialement démontrée par Susan H. Spence (1997, 1998) auprès d’échantillons communautaires regroupant plus de 2 000 enfants australiens, puis répliquée dans des cohortes cliniques et internationales. L’analyse factorielle confirmatoire a validé la structure théorique à six facteurs intercorrélés, confirmant que chaque item possède une charge factorielle saillante sur son construit cible tout en convergeant vers un construit global d’anxiété de second ordre. Des indices d’ajustement robustes soutiennent ce modèle (indices comparatifs CFI et TLI généralement supérieurs à 0,90 ; RMSEA compris entre 0,04 et 0,06).
Validité convergente
La validité convergente de la SCAS-Child a été établie par des corrélations fortes et statistiquement significatives avec d’autres échelles standardisées reconnues mesurant l’anxiété chez les jeunes :
- Une corrélation de r = 0,71 à 0,75 avec la Revised Children’s Manifest Anxiety Scale (RCMAS ; Reynolds & Richmond, 1978).
- Des corrélations modérées à fortes (r = 0,65 à 0,78) avec les sous-échelles homologues de la Multidimensional Anxiety Scale for Children (MASC ; March et al., 1997).
- Une forte concordance avec les scores composites d’internalisation du Child Behavior Checklist (CBCL ; Achenbach, 1991), avec des coefficients oscillant entre 0,55 et 0,68.
Validité discriminante
L’instrument démontre une excellente capacité à discriminer l’anxiété d’autres formes de détresse psychologique. Bien que les troubles anxieux et la dépression partagent une composante d’affectivité négative commune (menant à des corrélations modérées de l’ordre de r = 0,45 à 0,60 avec le Children’s Depression Inventory, CDI), des analyses de régression multiple et des modèles d’équations structurelles indiquent que la SCAS conserve une variance spécifique majeure non expliquée par la symptomatologie dépressive. Plus nettement encore, les corrélations avec les mesures de troubles externalisés et de conduites perturbatrices (telles que les échelles d’inattention, d’hyperactivité et de trouble oppositionnel avec provocation de la CBCL) sont faibles à négligeables (r < 0,25), démontrant une spécificité divergente impeccable vis-à-vis des troubles du comportement.
Validité de critère et différentiation clinique
La validité concourante et de critère s’avère particulièrement discriminante en milieu psychiatrique. Dans les études pivots de Spence (1998) ainsi que dans des réplications européennes (notamment les validations menées en Grande-Bretagne, en Allemagne par Essau et al., 2000, et aux Pays-Bas par Muris et al., 2000), les enfants recevant un diagnostic clinique de trouble anxieux selon les critères du DSM obtiennent des scores significativement plus élevés (p < 0,001) sur le score total de la SCAS et sur leurs sous-échelles spécifiques respectives que des témoins non cliniques appariés pour l’âge et le sexe. Les analyses de courbes ROC (Receiver Operating Characteristic) mettent en évidence des aires sous la courbe (AUC) oscillant entre 0,82 et 0,91, attestant d’une excellente sensibilité et spécificité diagnostique lorsqu’un seuil clinique standardisé (habituellement fixé au 84e centile ou T ≥ 60) est utilisé.
8. Fidélité / Reliability
La fidélité métrologique de la SCAS-Child a été documentée sur le plan de la consistance interne et de la stabilité temporelle à travers de nombreux échantillons épidémiologiques et cliniques.
Cohérence interne (Alpha de Cronbach et Omega de McDonald)
Dans l’échantillon normatif princeps (N = 2 052 enfants âgés de 8 à 12 ans ; Spence, 1998), le coefficient alpha de Cronbach pour le score total d’anxiété (38 items) atteignait 0,92, témoignant d’une excellente consistance interne sans redondance excessive. Les coefficients de cohérence interne des six sous-échelles se distribuent de manière homogène :
- Trouble panique et agoraphobie : α = 0,82 à 0,85
- Phobie sociale : α = 0,70 à 0,78
- Anxiété de séparation : α = 0,70 à 0,76
- Anxiété généralisée : α = 0,73 à 0,77
- Trouble obsessionnel-compulsif : α = 0,73 à 0,76
- Peur des blessures physiques : α = 0,60 à 0,65 (coefficient légèrement plus bas en raison de la nature hétérogène des objets phobiques explorés et du nombre restreint de 5 items).
Les estimations plus récentes s’appuyant sur l’oméga de McDonald (ω) corroborent ces valeurs, confirmant que le facteur général capte la quasi-totalité de la variance vraie de l’échelle totale (ω > 0,90).
Stabilité temporelle (Fidélité Test-Retest)
La fidélité test-retest a été investiguée sur divers intervalles temporels chez des enfants d’âge scolaire sans intervention psychologique active. L’étude de Spence (1998) a objectivé un coefficient de corrélation intraclasse ou de Pearson de r = 0,60 sur un intervalle temporel de 6 mois, et de r = 0,63 sur un intervalle de 12 semaines pour le score total (Spence et al., 2003). Ces valeurs, hautement significatives (p < 0,001), reflètent une stabilité temporelle satisfaisante pour un construit affectif durant une période de développement neurobiologique et cognitif marquée par des remaniements majeurs. Les sous-échelles individuelles présentent des coefficients test-retest à 6 mois variant entre 0,51 (phobie sociale) et 0,63 (trouble panique).
Erreur standard de mesure (ESM)
L’erreur standard de mesure (SEM), dérivée des coefficients de fidélité et de l’écart-type des échantillons normatifs, s’établit approximativement à 4,2 points sur le score total brut. Cet indice permet aux cliniciens de construire des intervalles de confiance précis (typiquement à 95 %) autour du score observé de l’enfant et de déterminer l’indice de changement fiable (Reliable Change Index, RCI) lors de réévaluations post-thérapeutiques.
9. Analyse factorielle / Factor Analysis
La validation empirique de la structure sous-jacente de la SCAS-Child représente une contribution méthodologique majeure à la psychopathologie quantitative de l’enfance, Susan H. Spence ayant mobilisé les techniques avancées d’analyse factorielle exploratoire (AFE) puis confirmatoire (AFC).
Analyses Factorielles Exploratoires (AFE)
Lors des phases initiales de développement (Spence, 1997), un pool initial de 45 items symptomatiques a été soumis à des analyses en composantes principales suivies de rotations obliques (Oblimin), en cohérence avec l’hypothèse de dimensions anxieuses corrélées entre elles. Les données ont fait émerger 6 facteurs distincts possédant des valeurs propres supérieures à 1,0 (critère de Kaiser) et correspondant aux catégories du DSM-IV. Les items présentant des saturations croisées élevées (> 0,35 sur plusieurs facteurs) ou des saturations primaires insuffisantes (< 0,30) ont été révisés ou éliminés, aboutissant à la version définitive de 38 items cliniques.
Analyses Factorielles Confirmatoires (AFC)
Pour trancher entre plusieurs modèles rivaux théoriques de l’anxiété chez l’enfant, Spence (1997) a testé plusieurs structures par modélisation d’équations structurelles (SEM) :
- Modèle 1 : Modèle unidimensionnel strict (l’anxiété comme construit monolithique indifférencié).
- Modèle 2 : Modèle à 6 facteurs totalement indépendants (non corrélés).
- Modèle 3 : Modèle à 6 facteurs de premier ordre corrélés entre eux.
- Modèle 4 : Modèle hiérarchique avec 6 facteurs de premier ordre subsumés sous un facteur général d’anxiété de second ordre.
Les résultats ont démontré de façon non équivoque la supériorité statistique des modèles 3 et 4 sur les modèles 1 et 2. Le modèle hiérarchique de second ordre (Modèle 4) présentait une excellente adéquation aux données empiriques : ratio χ²/dl acceptable, GFI (Goodness-of-Fit Index) = 0,92, AGFI = 0,91, et RMSEA = 0,042 (Spence, 1997 ; Spence et al., 2003). Toutes les saturations factorielles des items sur leurs facteurs primaires respectifs étaient hautement significatives (p < 0,001), avec des coefficients standardisés (λ) compris principalement entre 0,45 et 0,75.
Invariance de mesure transculturelle, d’âge et de sexe
Des travaux d’envergure internationale ont examiné l’invariance factorielle de la SCAS à travers les cultures et les caractéristiques démographiques. Des études multigroupes (MGCFA) conduites par Spence et ses collègues internationaux (notamment en Australie, en Allemagne, au Japon, aux Pays-Bas, en Chine, au Mexique et dans les pays francophones) ont étayé l’invariance métrique et scalaire de la structure à 6 facteurs. Les poids factoriels et les seuils de réponse se sont avérés remarquablement stables entre garçons et filles, ainsi qu’entre enfants de l’école primaire (8-11 ans) et adolescents du premier cycle secondaire (12-15 ans). Ces résultats garantissent que les différences de scores observées entre sexes (les filles présentant structurellement des scores moyens plus élevés que les garçons sur la majorité des sous-échelles) reflètent de véritables disparités phénotypiques d’intensité anxieuse plutôt qu’un fonctionnement différentiel d’items (DIF) biaisé par l’instrument.
10. Instrument de mesure / Instrument
Le protocole de la SCAS-Child est standardisé sous forme d’un auto-questionnaire papier-crayon ou numérique administrable individuellement ou en groupe.
Caractéristiques techniques
- Type de test : Auto-questionnaire psychométrique dimensionnel standardisé.
- Population cible : Enfants et adolescents âgés de 8 à 15 ans révolus.
- Nombre total d’items : 45 éléments (44 items quantitatifs fermés + 1 question qualitative ouverte avec filtre dichotomique Oui/Non).
- Format de réponse : Échelle de fréquence ordinale de type Likert à 4 points :
• 0 = Jamais (Never)
• 1 = Parfois (Sometimes)
• 2 = Souvent (Often)
• 3 = Toujours (Always) - Durée d’administration : Environ 10 à 15 minutes.
- Condition d’administration : L’enfant lit de manière autonome les consignes et les affirmations. Pour les jeunes enfants de 8-9 ans ou présentant des difficultés mineures d’apprentissage de la lecture, les items peuvent être lus à voix haute par le psychologue ou le clinicien de façon neutre.
Règles de cotation et calcul des scores
La cotation de l’instrument est directe : chaque item quantitatif est codé de 0 à 3 selon l’ancrage choisi. Il n’y a aucun item inversé sur le plan directionnel de l’anxiété.
- Score total d’anxiété : Somme des 38 items symptomatiques (Score minimal = 0 ; Score maximal = 114). Un score brut élevé traduit une charge globale et une sévérité accrue des symptômes anxieux.
- Sous-échelle Anxiété de séparation (6 items) : Somme des items 5, 8, 12, 15, 16 et 44 (Étendue : 0 à 18).
- Sous-échelle Phobie sociale (6 items) : Somme des items 6, 7, 9, 10, 29 et 35 (Étendue : 0 à 18).
- Sous-échelle Trouble obsessionnel-compulsif (6 items) : Somme des items 14, 19, 27, 40, 41 et 42 (Étendue : 0 à 18).
- Sous-échelle Trouble panique et agoraphobie (9 items) : Somme des items 13, 21, 28, 30, 32, 34, 36, 37 et 39 (Étendue : 0 à 27).
- Sous-échelle Peur des blessures physiques (5 items) : Somme des items 2, 18, 23, 25 et 33 (Étendue : 0 à 15).
- Sous-échelle Anxiété généralisée (6 items) : Somme des items 1, 3, 4, 20, 22 et 24 (Étendue : 0 à 18).
- Items non cotés (Items tampons / Fillers) : Les items 11, 17, 26, 31, 38 et 43 ont pour unique fonction de réguler la charge émotionnelle de la passation. Ils ne sont inclus dans aucun calcul de sous-échelle ni dans le score total.
- Item ouvert optionnel (Item 45) : Permet à l’enfant d’identifier une phobie idiosyncrasique spécifique non couverte par l’échelle fermée. Cette donnée est qualitative et n’impacte pas le score brut quantitatif standardisé.
Interprétation clinique et normes
Les scores bruts (total et sous-échelles) doivent être convertis en scores T (moyenne = 50, écart-type = 10) et en rangs centiles à l’aide des tables de référence normatives ventilées selon la tranche d’âge et le genre biologique (accessibles publiquement sur le site officiel de l’auteure) :
- Zone sous-clinique / Normale : Score T < 60 (inférieur au 84e centile, correspondant à moins d’un écart-type au-dessus de la moyenne normative).
- Zone clinique limite / Élevée : Score T compris entre 60 et 65 (entre le 84e et le 93e centile, soit 1 à 1,5 écart-type au-dessus de la moyenne). Indique un niveau de détresse méritant une surveillance clinique attentive.
- Zone cliniquement significative / Sévère : Score T ≥ 65 (supérieur au 93e-95e centile, soit au moins 1,5 à 2 écarts-types au-dessus de la moyenne). Suggère fortement la présence d’un trouble anxieux patent au sens du DSM, justifiant un examen pédopsychiatrique approfondi.
11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year
L’échelle d’anxiété pour enfants de Spence a été formellement introduite dans la littérature scientifique en 1997 (étude factorielle princeps) et 1998 (publication de l’instrument validé complet) :
- Année de publication initiale : 1997 / 1998.
- Droits d’auteur et Copyright : © Susan H. Spence. Tous droits réservés.
- Politique d’accès et Tarification : Dans le cadre d’un engagement philanthropique et académique exceptionnel en faveur de la santé publique pédiatrique, Susan H. Spence a placé la SCAS-Child en accès ouvert (Open Access) pour l’usage clinique et la recherche scientifique non commerciale.
- Tarifs : Aucun coût d’utilisation ni redevance de licence (accès gratuit / sans frais).
- Modalités d’obtention : Les formulaires d’évaluation (disponibles en plus de 30 langues, y compris le français), les tables de cotation normatives, les guides d’interprétation et les versions informatisées peuvent être téléchargés directement et librement depuis le portail officiel créé et administré par l’auteure : www.scaswebsite.com.
- Conditions d’utilisation : Toute modification du libellé des items, altération de l’ordre ou suppression d’items sans autorisation écrite préalable de la détentrice du copyright est formellement interdite afin de garantir l’intégrité métrologique du test. L’utilisation dans le cadre d’études commerciales ou d’essais cliniques sponsorisés par l’industrie pharmaceutique nécessite une demande d’autorisation spécifique via le site institutionnel.
12. Références / References
Les publications de référence fondatrices et les études d’évaluation psychométrique de la SCAS sont répertoriées ci-dessous selon les normes bibliographiques de l’APA (7e édition) :
- Achenbach, T. M. (1991). Manual for the Youth Self-Report and 1991 profile. Department of Psychiatry, University of Vermont.
- Barlow, D. H. (2000). Unraveling the mysteries of anxiety and its disorders from the perspective of emotion theory. American Psychologist, 55(11), 1247–1263. https://doi.org/10.1037/0003-066X.55.11.1247
- Barlow, D. H. (2002). Anxiety and its disorders: The nature and treatment of anxiety and panic (2nd ed.). Guilford Press.
- Clark, L. A., & Watson, D. (1991). Tripartite model of anxiety and depression: Psychometric evidence and taxonomic implications. Journal of Abnormal Psychology, 100(3), 316–336. https://doi.org/10.1037/0021-843X.100.3.316
- Essau, C. A., Sakano, Y., Ishikawa, S., & Sasagawa, S. (2004). DSM-IV cross-cultural child anxiety: A comparison between German and Japanese children. Journal of Cross-Cultural Psychology, 35(6), 639–653. https://doi.org/10.1177/0022022104270114
- Kagan, J. (1989). Temperamental contributions to social behavior. American Psychologist, 44(4), 668–674. https://doi.org/10.1037/0003-066X.44.4.668
- March, J. S., Parker, J. D., Sullivan, K., Stallings, P., & Conners, C. K. (1997). The Multidimensional Anxiety Scale for Children (MASC): Factor structure, reliability, and validity. Journal of the American Academy of Child & Adolescent Psychiatry, 36(4), 554–565. https://doi.org/10.1097/00004583-199704000-00019
- Muris, P., Schmidt, H., & Merckelbach, H. (2000). Correlations among two self-report questionnaires for measuring DSM-defined anxiety disorder symptoms in children: The Spence Children’s Anxiety Scale and the Screen for Child Anxiety Related Emotional Disorders. Personality and Individual Differences, 28(2), 333–346. https://doi.org/10.1016/S0191-8869(99)00102-6
- Nauta, M. H., Scholing, A., Rapee, R. M., Abbott, M., Spence, S. H., & Waters, A. (2004). A parent-report measure of children’s anxiety: Psychometric properties of the Spence Children’s Anxiety Scale-Parent Version. Behaviour Research and Therapy, 42(7), 813–839. https://doi.org/10.1016/S0005-7967(03)00200-6
- Rachman, S. (1977). The conditioning theory of fear acquisition: A critical examination. Behaviour Research and Therapy, 15(5), 375–387. https://doi.org/10.1016/0005-7967(77)90041-9
- Reynolds, C. R., & Richmond, B. O. (1978). What I think and feel: A revised measure of children’s manifest anxiety. Journal of Abnormal Child Psychology, 6(2), 271–280. https://doi.org/10.1007/BF00919131
- Spence, S. H. (1997). Structure of anxiety symptoms among children: A confirmatory factor-analytic study. Journal of Abnormal Psychology, 106(2), 280–297. https://doi.org/10.1037/0021-843X.106.2.280
- Spence, S. H. (1998). A measure of anxiety symptoms among children. Behaviour Research and Therapy, 36(5), 545–566. https://doi.org/10.1016/S0005-7967(98)00034-5
- Spence, S. H., Barrett, P. M., & Turner, C. M. (2003). Psychometric properties of the Spence Children’s Anxiety Scale with young adolescents. Journal of Anxiety Disorders, 17(6), 605–625. https://doi.org/10.1016/S0887-6185(02)00236-0
13. Questions et items du questionnaire / Scale Items
Instructions: Please tap to button to show how often each of these things happen to you. There are no right or wrong answers.
Response Format: 4-point rating scale: 0 = Never, 1 = Sometimes, 2 = Often, 3 = Always
- I worry about things
- I am scared of the dark
- When I have a problem, I get a funny feeling in my stomach
- I feel afraid
- I would feel afraid of being on my own at home
- I feel scared when I have to take a test
- I feel afraid if I have to use public toilets or bathrooms
- I worry about being away from my parents
- I feel afraid that I will make a fool of myself in front of people
- I worry that I will do poorly at my school work
- I am popular amongst other kids my own age
- I worry that something awful will happen to someone in my family
- I suddenly feel as if I can’t breathe when there is no reason for this
- I have to keep checking that I have done things right (like the switch is off, or the door is locked)
- I feel scared if I have to sleep on my own
- I have trouble going to school in the mornings because I feel sick or nervous
- I am good at sports
- I am scared of dogs
- I can’t get bad or silly thoughts out of my head
- When I have a problem, my heart beats really fast
- I suddenly start to tremble or shake when there is no reason for this
- I worry that something bad will happen to me
- I am scared of going to the doctors or dentists
- When I have a problem, I feel shaky
- I am scared of being in high places or lifts (elevators)
- I am a good person
- I have to think of special thoughts (like numbers or words) to stop bad things from happening
- I feel scared if I have to travel in the car, or on a bus or a train
- I worry what other people think of me
- I am afraid of being in crowded places (like shopping centres, the movies, buses, busy playgrounds)
- I feel happy
- All of a sudden I feel really scared for no reason at all
- I am scared of insects or spiders
- I suddenly become dizzy or faint when there is no reason for this
- I feel afraid if I have to talk in front of my class
- My heart suddenly starts to beat too quickly for no reason
- I worry that I will suddenly get a scared feeling when there is nothing to be afraid of
- I like myself
- I am afraid that I will make a fool of myself in front of people
- I have to do some things over and over again (like washing my hands, cleaning or putting things in a certain order)
- I get bothered by bad or silly thoughts or pictures in my head
- I have to do some things in just the right way to stop bad things happening
- I am proud of my school work
- I would feel scared if I had to stay away from home overnight