Échelle d’anxiété en classe

L’Échelle d’anxiété en classe (Classroom Anxiety Measure – CAM), conçue par Virginia P. Richmond, évalue avec précision l’anxiété et le stress situationnels des apprenants en milieu pédagogique.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · octobre 18, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : octobre 18, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
Critères d'évaluation et normes cliniques

Ce contenu fait l'objet d'un examen scientifique rigoureux et de normes éditoriales médicales afin de garantir l'exactitude clinique et la conformité aux directives fondées sur des preuves (APA / OMS).

1. Résumé / Abstract

L’Échelle d’anxiété en classe (communément désignée dans la littérature scientifique anglophone sous le nom de Classroom Anxiety Measure ou CAM) est un instrument psychométrique auto-rapporté développé par la chercheuse émérite Virginia P. Richmond, en collaboration avec James S. Wrench et Joan Gorham (2001). Conçue pour évaluer l’état d’anxiété situationnelle et l’appréhension vécue par les apprenants dans l’environnement pédagogique, cette échelle s’enracine directement dans les travaux pionniers de Richmond et de James C. McCroskey sur l’appréhension de la communication situationnelle (Situational Communication Apprehension Measure [SCAM], McCroskey & Richmond, 1982, 1985). L’instrument se compose de 20 items mesurant les manifestations affectives, cognitives et somato-émotionnelles de la détresse et du calme ressentis par l’étudiant durant les cours.

Les participants évaluent chaque proposition au moyen d’une échelle de réponse de type Likert en 5 points, allant de 1 (« Pas du tout d’accord » / Strongly Disagree) à 5 (« Tout à fait d’accord » / Strongly Agree). La structure de l’outil comprend dix énoncés formulés négativement (reflétant une tension ou une appréhension directe, tels que l’insécurité, l’agitation ou la peur) et dix énoncés inversés formulés positivement (évaluant la sérénité, la détente et le sentiment de sécurité). Le score total composite oscille entre 20 et 100 points, offrant une catégorisation standardisée du niveau d’anxiété (faible, modéré, élevé). Sur le plan des propriétés métrologiques, l’échelle fait preuve d’une consistance interne remarquable, avec un coefficient alpha de Cronbach gravitant de manière constante autour de .90 (Richmond et al., 2001). Utilisée massivement dans les recherches en communication pédagogique, en psychologie de l’éducation et en sciences de l’apprentissage, l’échelle permet de diagnostiquer le climat émotionnel des salles de classe et d’analyser l’influence des comportements non verbaux et verbaux de l’enseignant (immédiateté enseignante, clarté pédagogique) sur le bien-être et le rendement académique des étudiants.

2. Mots-clés / Keywords

Anxiété en classe, Classroom Anxiety Measure, appréhension de la communication, communication pédagogique, climat de classe, psychométrie, stress académique, immédiateté enseignante, apprentissage affectif, régulation émotionnelle, anxiété de performance, psychologie de l’éducation.

3. Auteurs / Authors

L’Échelle d’anxiété en classe a été conceptualisée et validée par le Dr. Virginia P. Richmond, en synergie avec les travaux menés aux côtés du Dr. James S. Wrench et du Dr. Joan Gorham :

  • Virginia Peck Richmond, Ph.D. : Professeure émérite au Département d’études en communication de la West Virginia University et de l’Université d’Alabama à Birmingham (UAB). Figure de proue mondiale de la communication pédagogique et organisationnelle, ancienne présidente de l’Eastern Communication Association (ECA) et récipiendaire de multiples distinctions de la National Communication Association (NCA). Ses recherches se concentrent sur l’appréhension de la communication, la communication non verbale, l’influence sociale et l’affectivité en milieu scolaire. Courriel institutionnel historique : [email protected].
  • James S. Wrench, Ed.D. : Professeur et directeur de département au sein de la State University of New York at New Paltz. Spécialiste des méthodes quantitatives appliquées à la communication, de la dynamique de classe et des technologies éducatives.
  • Joan Gorham, Ed.D. : Ancienne doyenne associée et professeure émérite à l’Eberly College of Arts and Sciences de la West Virginia University. Pionnière des travaux empiriques sur l’immédiateté verbale de l’enseignant et l’engagement cognitif des étudiants.

4. Objectif / Purpose

L’objectif fondamental de l’Échelle d’anxiété en classe est d’opérationnaliser et de quantifier l’intensité de l’anxiété ressentie par un apprenant au sein d’un contexte de cours spécifique. Contrairement aux inventaires évaluant l’anxiété comme un trait de personnalité global et immuable (tel que le State-Trait Anxiety Inventory de Spielberger), la CAM a été spécifiquement étalonnée pour capturer l’expérience affective situationnelle propre au micro-environnement de la classe.

Applications en recherche scientifique

Dans le domaine de la recherche translationnelle en éducation et en communication pédagogique, l’échelle répond à des questions fondamentales :

  • Impact des styles d’enseignement : Les chercheurs utilisent la CAM pour déterminer comment le répertoire de comportements d’un instructeur — en particulier les comportements d’immédiateté verbale et non verbale (sourires, contact visuel, hochements de tête, posture ouverte, humour, utilisation des prénoms) — atténue ou exacerbe l’inhibition des étudiants.
  • Médiation entre affect et apprentissage : L’outil sert de variable pivot pour examiner comment l’inhibition anxieuse interfère avec la rétention cognitive, le traitement en mémoire de travail et l’apprentissage affectif (développement d’attitudes favorables envers la matière enseignée).
  • Climat motivationnel et inclusion : L’échelle permet de mesurer les disparités d’appréhension vécues par les populations étudiantes minoritaires, les étudiants internationaux ou les individus confrontés à la menace du stéréotype dans certaines disciplines exigeantes (sciences, technologies, ingénierie et mathématiques – STIM).

Applications pédagogiques et cliniques

Sur le plan pratique, l’utilisation de la CAM offre des retombées directes pour le conseil pédagogique et le soutien aux étudiants :

  • Diagnostic précoce de l’évitement scolaire : Des scores élevés sur la CAM signalent un risque imminent de décrochage, d’absentéisme passif (présence physique mais retrait cognitif) ou d’évitement systématique des interactions orales indispensables à l’acquisition des compétences.
  • Évaluation des interventions d’atténuation du stress : Les centres d’aide à la réussite universitaire mobilisent cette échelle avant et après des modules d’entraînement aux compétences relationnelles, de restructuration cognitive ou de gestion du trac académique.
  • Formation continue des enseignants : L’instrument fournit un miroir réflexif permettant aux enseignants de mesurer l’impact de modifications structurelles de leur cours (ex. introduction d’un apprentissage par projet, classes inversées, travail en sous-groupes sécurisés) sur la charge émotionnelle de leurs auditoires.

5. Construit psychologique / Construct

Le construit psychologique mesuré par l’Échelle d’anxiété en classe relève de l’anxiété-état situationnelle en milieu académique. Ce construit est théoriquement adjacent mais distinct de l’anxiété générale, de l’anxiété sociale généralisée et de l’anxiété de performance liée aux examens (test anxiety).

Nature multidimensionnelle de l’expérience anxieuse en classe

Bien que l’instrument produise un score global unidimensionnel reflétant la polarité « anxiété versus détente », les 20 items capturent trois composantes phénoménologiques étroitement imbriquées :

  • La composante cognitive et d’insécurité psychologique : Les items tels que « I feel apprehensive » (Item 1), « I am insecure » (Item 11) et « I feel fearful » (Item 7) mesurent l’anticipation négative d’une évaluation sociale défavorable, le sentiment de vulnérabilité face aux questions de l’enseignant ou aux jugements des pairs, et l’inquiétude quant à sa propre compétence académique.
  • La composante d’activation somatique et de fébrilité : Des items comme « I am jumpy » (Item 9), « I feel ruffled » (Item 8), « I feel flustered » (Item 14) et « I feel disturbed » (Item 2) renvoient à l’hyperexcitation du système nerveux autonome, caractérisée par des sensations d’agitation motrice, de perturbation viscérale et de perte temporaire de maîtrise émotionnelle lorsqu’une sollicitation pédagogique survient.
  • Le continuum d’affect positif et de sentiment de sécurité (items inversés) : Les items positifs rédigés à l’envers, notamment « I am peaceful » (Item 3), « I feel relaxed » (Item 4), « I feel self-assured » (Item 6), « I feel composed » (Item 10) et « I feel safe » (Item 13), évaluent la présence d’un climat psychologique protecteur. L’absence d’anxiété ne se résume pas à un état neutre ; elle s’exprime par la sensation de sécurité (safe), d’assurance personnelle (self-assured) et de satisfaction subjective (satisfied), conditions sine qua non d’une exploration cognitive créative.

L’équilibre symétrique de l’échelle (10 items négatifs et 10 items positifs) a été rigoureusement conçu pour neutraliser les biais de réponse systématiques, tels que l’acquiescement, tout en offrant une cartographie fine des transitions émotionnelles des étudiants au cours d’un semestre d’études.

6. Cadre théorique / Theoretical Framework

Le fondement théorique de l’Échelle d’anxiété en classe repose sur la convergence de trois grands corpus théoriques : la théorie de l’appréhension de la communication, le modèle de l’anxiété état-trait et la théorie de la réduction de l’incertitude dans l’enseignement.

1. La théorie de l’appréhension de la communication (McCroskey & Richmond)

Dans les années 1970 et 1980, James C. McCroskey et Virginia P. Richmond ont défini l’appréhension de la communication (Communication Apprehension – CA) comme « un niveau individuel de peur ou d’anxiété associé à une communication réelle ou anticipée avec une ou plusieurs autres personnes » (McCroskey, 1977). McCroskey et Richmond ont établi une typologie cardinale distinguant :

  1. L’appréhension comme trait (permanente à travers toutes les situations) ;
  2. L’appréhension contextuelle (spécifique à un genre d’interaction, comme les réunions ou les discours formels) ;
  3. L’appréhension envers un public déterminé ;
  4. L’appréhension situationnelle (épisodique et contextuelle).

La CAM est directement issue de la Situational Communication Apprehension Measure (SCAM ; McCroskey & Richmond, 1982). En transposant la SCAM au contexte exclusif de la classe, Richmond, Wrench et Gorham (2001) ont postulé que la salle de classe n’est pas un cadre neutre de transmission d’informations, mais une arène communicationnelle hautement évaluative où les interactions spontanées suscitent des réactions d’évitement ou d’inhibition chez une proportion significative d’étudiants.

2. Le modèle bidirectionnel de l’anxiété état-trait (Spielberger)

L’ancrage théorique emprunte également au modèle pionnier de Charles Spielberger (1966, 1972). Selon ce cadre, l’anxiété-état (A-State) est un état émotionnel transitoire caractérisé par des sentiments conscients d’appréhension et de tension, accompagnés d’une activation du système nerveux neurovégétatif. La CAM opérationnalise l’anxiété-état dans un écosystème pédagogique circonscrit : même un apprenant doté d’un faible niveau d’anxiété-trait peut éprouver des pics prononcés d’anxiété-état dans une classe dirigée par un enseignant perçu comme punitif, sarcastique ou ambigu dans ses attentes didactiques.

3. La théorie de l’interférence cognitive et la charge cognitive

Sur le plan cognitif, l’échelle s’appuie sur les modèles de Sarason (1984) et d’Eysenck (Processing Efficiency Theory). Lorsque l’anxiété en classe s’élève, des pensées intrusives d’auto-évaluation et de préoccupation (worry) accaparent les ressources de la mémoire de travail. L’étudiant consacre alors une partie substantielle de sa bande passante cognitive à surveiller son environnement social et à réguler sa peur d’être humilié, au détriment de l’encodage, du traitement sémantique et de la synthèse des contenus conceptuels délivrés par l’enseignant.

7. Validité / Validity

La validité psychométrique de l’Échelle d’anxiété en classe a été documentée à travers de nombreuses investigations empiriques menées dans l’enseignement secondaire et universitaire aux États-Unis et à l’international.

Validité de construit et de contenu

La validité de contenu a été initialement garantie par l’adaptation rigoureuse des marqueurs affectifs issus de la SCAM (McCroskey & Richmond, 1982). Un panel d’experts en communication pédagogique a vérifié que le lexique utilisé (e.g., disturbed, composed, flustered) reflétait fidèlement l’éventail des émotions vécues lors des cours magistraux et des séminaires interactifs. Les analyses confirment que l’échelle discrimine parfaitement la détente émotionnelle de la panique académique.

Validité convergente

La validité convergente a été démontrée par des corrélations statistiquement significatives et robustes entre la CAM et divers instruments établis mesurant des construits analogues :

  • Corrélation positive avec l’appréhension de la communication orale : Les scores sur la CAM corrèlent positivement (entre r = .52 et r = .68, p < .001) avec la Personal Report of Communication Apprehension (PRCA-24) de McCroskey, spécifiquement avec les sous-échelles d’interaction en groupe et de participation aux réunions/séminaires.
  • Corrélation positive avec l’anxiété d’évaluation : Des associations modérées à élevées (r = .45 à .58) sont régulièrement rapportées avec les indices d’anxiété face aux examens (Test Anxiety Inventory).
  • Corrélation négative avec l’auto-efficacité académique : Plus le score à la CAM est élevé, plus le sentiment d’auto-efficacité académique (Bandura) s’avère bas (r oscillant de -.40 à -.55).

Validité discriminante

La validité discriminante a été corroborée en montrant que la CAM n’est pas une simple réplique de l’humeur générale ou de la dépression subclinique. Les corrélations entre la CAM et des indices de dépression globale ou d’estime de soi générale demeurent modestes (généralement r < .30), prouvant que l’instrument capture une variance spécifique liée au contexte écologique de la classe plutôt qu’un état dépressif ou une dysphorie globale.

Validité prédictive et de critère

La validité prédictive de la CAM est particulièrement remarquable dans les études sur les résultats de l’apprentissage (Richmond et al., 2001) :

  • Apprentissage affectif : La CAM corrèle négativement de manière très robuste (r = -.55 à -.70) avec les échelles d’apprentissage affectif (l’attachement à la matière, l’appréciation du professeur et l’envie de poursuivre des cours ultérieurs dans le même domaine).
  • Comportements de participation en classe : Les scores élevés à la CAM prédisent de façon inverse la fréquence des interventions spontanées en cours, la propension à poser des questions pour clarifier des notions complexes et le recours aux heures de permanence de l’enseignant (office hours).
  • Perception de l’immédiateté enseignante : Les études montrent une corrélation inverse constante (r = -.40 à -.60) entre l’immédiateté verbale/non verbale des enseignants et les scores obtenus par leurs étudiants à la CAM, attestant de la sensibilité de l’échelle aux variations comportementales réelles de l’encadrement pédagogique.

8. Fidélité / Reliability

La consistance interne et la stabilité métrologique de l’Échelle d’anxiété en classe représentent l’un de ses atouts majeurs, expliquant sa longévité dans la littérature psychométrique appliquée à l’éducation.

Consistance interne (Alpha de Cronbach)

Dans l’ouvrage de référence de Richmond, Wrench et Gorham (2001), les auteurs soulignent qu’un coefficient alpha de Cronbach d’environ .90 est attendu de manière constante lors de l’administration de cet inventaire. Les réplications menées auprès de panels d’étudiants de premier cycle universitaire confirment une fiabilité oscillant le plus souvent entre .88 et .93 :

  • Dans les études princeps utilisant le format d’éléments de la SCAM dans l’enseignement supérieur, les coefficients rapportés s’élèvent systématiquement au-dessus du seuil d’excellence psychométrique de .90.
  • Les corrélations item-total corrigées s’échelonnent majoritairement entre .45 et .78, sans qu’aucun item individuel n’abaisse la fiabilité globale de l’échelle en cas de suppression.
  • Les deux pôles de l’instrument (items formulés de manière directe et items inversés) affichent des corrélations internes homogènes, empêchant un artefact méthodologique lié au sens de formulation.

Stabilité temporelle (Test-Retest)

En tant qu’instrument mesurant un état affectif situationnel (anxiété-état), la stabilité test-retest dépend intrinsèquement de la permanence du contexte de classe. Lorsque l’échelle est administrée à deux semaines d’intervalle au sein du même cours, sans modification majeure des méthodes pédagogiques ni évaluation sommative imminente, les coefficients de corrélation de Pearson test-retest se situent entre .72 et .81. Cette corrélation modérée à forte atteste d’une stabilité relative du climat de classe perçu, tout en préservant la sensibilité nécessaire pour détecter des fluctuations aiguës d’anxiété consécutives à un incident pédagogique (e.g., une interrogation surprise ou un changement d’intervenant).

9. Analyse factorielle / Factor Analysis

L’exploration de la structure factorielle de la CAM a fait l’objet de multiples travaux d’analyses factorielles exploratoires (AFE) et confirmatoires (AFC), mettant en lumière une architecture factorielle particulièrement robuste.

Structure unifactorielle sous-jacente

Théoriquement et empiriquement, la CAM a été conçue pour refléter une structure unidimensionnelle globale d’anxiété situationnelle. Lorsque l’on procède à une analyse factorielle par extraction en composantes principales ou factorisation en axes principaux :

  • Un premier facteur dominant émerge invariablement, expliquant entre 42 % et 55 % de la variance totale des scores.
  • Le test d’éboulis des valeurs propres (scree plot de Cattell) révèle une rupture nette après le premier facteur, avec une première valeur propre nettement supérieure aux suivantes (souvent supérieure à 8.0, alors que le second facteur affiche une valeur propre inférieure à 1.5).

Le modèle bifactoriel méthodologique (Anxiété vs Détente)

Bien que l’échelle soit interprétée de manière unidimensionnelle, plusieurs analyses factorielles exploratoires avec rotation orthogonale (Varimax) ou oblique (Promax) font apparaître deux sous-composantes corrélées, correspondant directement au sens de libellé des énoncés :

  1. Facteur 1 : Appréhension et perturbation somato-cognitive (items directs) : Ce facteur regroupe les items 1, 2, 5, 7, 8, 9, 11, 14, 17 et 20. Les saturations factorielles de ces items sur leur composante primaire sont généralement comprises entre .55 et .82 (par exemple, « I feel apprehensive » et « I feel flustered » saturent régulièrement au-delà de .70).
  2. Facteur 2 : Calme et sentiment de réassurance (items inversés) : Ce facteur regroupe les items 3, 4, 6, 10, 12, 13, 15, 16, 18 et 19. Ces items saturent entre .50 et .80 sur la composante de détente et de sérénité (avec des saturations notables pour « I feel relaxed » et « I feel composed »).

Les modélisations en équations structurelles (AFC) ont démontré que ce dédoublement factoriel correspond principalement à un effet méthodologique bien connu en psychométrie lié aux énoncés formulés positivement versus négativement (method effect associated with positively and negatively worded items). Le modèle hiérarchique de second ordre — où un facteur général d’anxiété en classe sous-tend les deux sous-facteurs de premier ordre — présente d’excellents indices d’ajustement (ex. RMSEA < .06, CFI > .94, SRMR < .05), justifiant pleinement l’addition de l’ensemble des items en un score unique composite.

10. Instrument de mesure / Instrument

  • Nom complet de l’outil : Échelle d’anxiété en classe (Classroom Anxiety Measure – CAM).
  • Auteurs de référence : Virginia P. Richmond, James S. Wrench, & Joan Gorham (2001).
  • Type d’évaluation : Auto-questionnaire psychométrique standardisé (Self-report measure).
  • Domaine clinique / opérationnel : Psychologie de l’éducation, sciences de la communication, climat de classe, dynamique d’apprentissage.
  • Format d’administration : Papier-crayon ou passation informatisée sur tablette/ordinateur en groupe ou individuellement.
  • Durée de complétion : Rapide, approximativement 3 à 5 minutes.
  • Nombre d’items : 20 items courts univoques.
  • Échelle de réponse : Échelle de Likert à 5 points :
    • 1 = Pas du tout d’accord (Strongly Disagree)
    • 2 = Pas d’accord (Disagree)
    • 3 = Neutre (Neutral)
    • 4 = D’accord (Agree)
    • 5 = Tout à fait d’accord (Strongly Agree)
  • Procédure de cotation et de calcul des scores :
    • L’instrument comprend dix items formulés positivement (reflétant le calme et la sérénité) qui doivent être inversés avant le calcul du total : Items 3, 4, 6, 10, 12, 13, 15, 16, 18 et 19.
    • Grille d’inversion des items positifs : 1 = 5, 2 = 4, 3 = 3, 4 = 2, 5 = 1.
    • Les dix items formulés négativement (mesurant l’anxiété directe) conservent leur valeur faciale initiale (1 = 1, 2 = 2, 3 = 3, 4 = 4, 5 = 5) : Items 1, 2, 5, 7, 8, 9, 11, 14, 17 et 20.
    • Une fois les dix items positifs recodés, l’administrateur additionne les scores des 20 items. Le score total composite s’étend de 20 à 100 points.
  • Directives d’interprétation clinique et normative :
    • Score total de 80 et plus : Niveau élevé d’anxiété en classe (détresse émotionnelle aiguë, inhibition communicationnelle majeure, risque d’échec ou d’évitement pédagogique).
    • Score total compris entre 26 et 79 : Niveau modéré d’anxiété / appréhension évaluative normale ou situationnelle (niveau fonctionnel le plus fréquemment observé en milieu scolaire et universitaire).
    • Score total de 25 et moins : Niveau très faible d’anxiété en classe / sentiment prononcé de sérénité, de sécurité et d’aisance relationnelle.

11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year

  • Année formelle de parution : 2001 (publication dans le manuel de référence Communication, affect, and learning in the classroom), avec des origines conceptuelles directes issues des travaux sur la SCAM de McCroskey et Richmond en 1982 et 1985.
  • Statut des droits d’auteur et propriété intellectuelle : Détenus par Virginia P. Richmond et ses coauteurs. Le matériel a été diffusé à l’origine via Tapestry Press, puis repris dans divers recueils de tests psychométriques en communication.
  • Politique d’utilisation et permissions pour la recherche : Conformément aux volontés de longue date des professeurs Virginia P. Richmond et James C. McCroskey pour promouvoir la recherche en communication éducative, l’échelle fait partie des instruments académiques libres de droits à des fins de recherche non commerciale, d’enseignement et d’évaluation pédagogique interne, sous réserve de citer scrupuleusement la source bibliographique d’origine.
  • Tarifs d’utilisation : Gratuit pour les étudiants, chercheurs universitaires et enseignants à des fins éducatives et scientifiques. Toute intégration dans une suite logicielle commerciale, un produit d’évaluation payant ou un programme de conseil à but lucratif requiert une demande formelle d’autorisation auprès des ayants droit ou de l’éditeur.

12. Références / References

  • McCroskey, J. C. (1977). Oral communication apprehension: A summary of recent theory and research. Human Communication Research, 4(1), 78–96. https://doi.org/10.1111/j.1468-2958.1977.tb00599.x
  • McCroskey, J. C., & Richmond, V. P. (1982). Communication: Apprehension, avoidance, and effectiveness. Gorsuch Scarisbrick Publishers.
  • McCroskey, J. C., & Richmond, V. P. (1985). Situational communication apprehension: A linear model. Communication Research Reports, 2(1), 106–112.
  • Richmond, V. P., Wrench, J. S., & Gorham, J. (2001). Communication, affect, and learning in the classroom. Tapestry Press.
  • Sarason, I. G. (1984). Stress, anxiety, and cognitive interference: Reactions to tests. Journal of Personality and Social Psychology, 46(4), 929–938. https://doi.org/10.1037/0022-3514.46.4.929
  • Spielberger, C. D. (1966). Anxiety and behavior. Academic Press.
  • Spielberger, C. D. (1972). Anxiety as an emotional state. In C. D. Spielberger (Ed.), Anxiety: Current trends in theory and research (Vol. 1, pp. 23–49). Academic Press. https://doi.org/10.1016/B978-0-12-657401-2.50008-3

13. Questions et items du questionnaire (Scale Items)

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :
Instructions / Directions: This form is composed of statements students have used to describe how they feel in their classroom. After each statement, indicate the number that best describes how you generally feel while attending class. There are no right or wrong answers. Work quickly and circle your first impression. Please indicate the degree to which each statement applies to you by marking whether you:
Scoring Formula: SCORING:
1

I feel apprehensive.
2

I feel disturbed.
3

I am peaceful.
4

I feel relaxed.
5

I feel uneasy.
6

I feel self-assured.
7

I feel fearful.
8

I feel ruffled.
9

I am jumpy.
10

I feel composed.
11

I am insecure.
12

I feel satisfied.
13

I feel safe.
14

I feel flustered.
15

I am cheerful.
16

I feel happy.
17

I feel dejected.
18

I feel pleased.
19

I feel good.
20

I feel unhappy.
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Looti, M. (2026, octobre 18). Échelle d’anxiété en classe. Base de données de psychologie en français. https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=echelle-anxiete-en-classe
Looti, Mohammed. “Échelle d’anxiété en classe.” Base de données de psychologie en français, 18 octobre 2026, https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=echelle-anxiete-en-classe.
Looti, Mohammed. “Échelle d’anxiété en classe.” Base de données de psychologie en français. octobre 18, 2026. https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=echelle-anxiete-en-classe.