Échelle d’anxiété clinique pour les personnes ayant une déficience intellectuelle

Analyse approfondie de l’Échelle d’anxiété clinique pour les personnes ayant une déficience intellectuelle (ClASP-ID), instrument psychométrique validé par Mingins et al. (2024).

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · octobre 15, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : octobre 15, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
Critères d'évaluation et normes cliniques

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1. Résumé / Abstract

L’Échelle d’anxiété clinique pour les personnes ayant une déficience intellectuelle (communément désignée par l’acronyme anglophone ClASP-ID, pour Clinical Anxiety Scale for People with Intellectual Disabilities) constitue un instrument psychométrique novateur, standardisé et spécifiquement conçu pour l’évaluation hétéro-rapportée de la symptomatologie anxieuse chez les personnes présentant une déficience intellectuelle (DI), avec ou sans comorbidité de trouble du spectre de l’autisme (TSA). Élaboré par Mingins et ses collaborateurs (2024), cet outil répond à un défi diagnostique majeur en psychopathologie développementale : la différenciation clinique rigoureuse entre les manifestations authentiques de l’anxiété, les comportements induits par la douleur physique somatique et les signes d’inhibition comportementale ou de dépression (baisse d’énergie, retrait social).

L’instrument finalisé comprend 33 items cotés par les parents, tuteurs ou soignants familiers sur une échelle de fréquence de type Likert en sept points (allant de 0 = Jamais à 6 = Plus d’une fois par jour, complétée par une modalité d’impossibilité d’évaluation). La structure dimensionnelle mise en évidence par les analyses factorielles exploratoires et confirmatoires s’articule autour de quatre sous-échelles fondamentales : l’affect négatif et l’humeur dépressive, l’éveil physiologique, l’évitement comportemental et la perturbation, ainsi que les comportements répétitifs et de recherche de réassurance liés à l’anxiété. Les propriétés psychométriques de l’échelle démontrent une cohérence interne robuste (α de Cronbach et ω de McDonald couramment supérieurs à 0,85 pour l’échelle globale et les dimensions factorielles), une fidélité test-retest substantielle ainsi qu’une excellente validité convergente et discriminante. Le ClASP-ID s’impose comme une avancée méthodologique cruciale pour contourner le phénomène d’« éclipse diagnostique » (diagnostic overshadowing) et optimiser la planification thérapeutique personnalisée.

2. Mots-clés / Keywords

Déficience intellectuelle, trouble du spectre de l’autisme, anxiété clinique, psychométrie, évaluation hétéro-rapportée, éclipse diagnostique, comportements défis, réactivité physiologique, évitement comportemental, validité différentielle, ClASP-ID.

3. Auteurs / Authors

Le développement et la validation psychométrique initiale de l’échelle ClASP-ID ont été réalisés par une équipe multidisciplinaire de chercheurs et cliniciens britanniques spécialistes des troubles du neurodéveloppement :

  • Jessica Eliza Mingins — School of Psychology, University of Birmingham, Edgbaston, Birmingham, Royaume-Uni ; Cerebra Centre for Neurodevelopmental Disorders. Spécialiste de la caractérisation phénotypique des troubles émotionnels chez les personnes avec syndromes génétiques rares et déficience intellectuelle.
  • Joanne Tarver — Department of Psychology, Aston University, Birmingham, Royaume-Uni. Chercheuse en psychopathologie développementale et intervention précoce.
  • Effie Pearson — Cerebra Centre for Neurodevelopmental Disorders, University of Birmingham, Birmingham, Royaume-Uni.
  • Georgina Edwards — School of Psychology, University of Birmingham, Birmingham, Royaume-Uni.
  • Megan Bird — Cerebra Centre for Neurodevelopmental Disorders, University of Birmingham, Birmingham, Royaume-Uni.
  • Hayley Crawford — Warwick Medical School, University of Warwick, Coventry, Royaume-Uni. Experte de l’anxiété et des particularités sensorielles dans les anomalies neurodéveloppementales.
  • Chris Oliver — Cerebra Centre for Neurodevelopmental Disorders, School of Psychology, University of Birmingham, Birmingham, Royaume-Uni. Professeur émérite en neurodéveloppement, référence internationale sur les comportements défis et les phénotypes comportementaux.
  • Lauren Shelley — School of Psychology, Aston University, Birmingham, Royaume-Uni.
  • Jane Waite — Department of Psychology, School of Health and Life Sciences, Aston University, Birmingham, Royaume-Uni. Chercheuse principale et psychologue clinicienne spécialisée dans les trajectoires affectives et anxieuses des populations neuroatypiques (Courriel institutionnel de contact : [email protected]).

4. Objectif / Purpose

L’Échelle d’anxiété clinique pour les personnes ayant une déficience intellectuelle (ClASP-ID) a été spécifiquement conçue pour combler une lacune critique dans l’évaluation psychiatrique et psychologique des individus présentant un retard global de développement ou une déficience intellectuelle de degré léger, modéré, sévère à profond. Dans ces populations, la prévalence des troubles anxieux (anxiété généralisée, phobies spécifiques, anxiété de séparation, anxiété sociale) est estimée entre deux et quatre fois supérieure à celle observée en population générale. Néanmoins, l’identification de ces troubles est compromise par une série d’obstacles méthodologiques et cliniques majeurs.

Le premier obstacle réside dans la limitation substantielle, voire l’absence totale, de communication verbale fonctionnelle et de compétences métacognitives d’introspection. Les échelles d’auto-évaluation conventionnelles (telles que le GAD-7, le STAI ou le BAI) reposent entièrement sur la capacité du sujet à qualifier et quantifier ses pensées automatiques, ruminations, craintes anticipatoires ou appréhensions cognitives. Chez une personne non verbale ou ayant des aptitudes symboliques restreintes, l’anxiété s’exprime quasi exclusivement à travers le prisme de modifications observables du comportement, d’altérations neurovégétatives périphériques et de fluctuations de la régulation émotionnelle.

Le deuxième obstacle théorique et diagnostique est l’éclipse diagnostique (diagnostic overshadowing), concept théorisé initialement par Steven Reiss. Il désigne la propension des cliniciens et des aidants à attribuer à tort l’ensemble des comportements atypiques, agités, agressifs ou régressifs à la seule déficience intellectuelle ou aux caractéristiques intrinsèques de l’autisme, ignorant ainsi la détresse affective sous-jacente traitable. L’anxiété non reconnue génère fréquemment une escalade comportementale conduisant à des hospitalisations non programmées, à une surprescription inappropriée d’antipsychotiques sédatifs et à un effondrement de la qualité de vie tant de la personne que de ses aidants familiaux et professionnels.

Le troisième impératif qui sous-tend le développement du ClASP-ID est la nécessité absolue de différencier sémiologiquement l’anxiété de deux conditions intriquées :

  • La douleur physique somatique : Les manifestations de douleur aiguë ou chronique (grimaces faciales, agitation motrice, postures de protection corporelle, vocalises négatives) partagent des similitudes comportementales directes avec les crises d’angoisse panique ou l’éveil sympathique aigu.
  • La dépression et la léthargie : Le retrait social, le ralentissement psychomoteur et la perte d’intérêt doivent être distingués des conduites d’évitement anxieux actif.

Sur le plan des applications pratiques, le ClASP-ID répond à une double vocation :

  1. En pratique clinique : L’outil sert d’instrument de dépistage systématique et de bilan psychopathologique approfondi. Il permet d’établir une ligne de base comportementale rigoureuse avant l’instauration d’un traitement (psychothérapeutique adapté, remédiation environnementale ou pharmacothérapie par inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine) et d’assurer un suivi thérapeutique longitudinal par la mesure des gains symptomatiques objectifs.
  2. En recherche translationnelle et neurodéveloppementale : L’échelle offre un critère de jugement clinique (clinical outcome measure) standardisé et sensible au changement, répondant aux exigences des agences de régulation pour les essais cliniques ciblant l’anxiété dans les anomalies génétiques associées au neurodéveloppement (ex. syndrome de l’X fragile, syndrome de Rett, syndrome de Cornelia de Lange, syndrome de Williams, syndrome de Down).

5. Construit psychologique / Construct

Le construit psychologique opérationnalisé par le ClASP-ID appréhende l’anxiété clinique non pas comme un phénomène cognitivo-verbal unitaire, mais comme un syndrome multidimensionnel dynamique, ancré dans des patterns comportementaux observables, des signatures physiologiques neurovégétatives et des processus d’adaptation dysfonctionnels. L’instrument cartographie spécifiquement quatre dimensions factorielles interdépendantes :

1. Éveil physiologique (Physiological Arousal)

Cette dimension capture l’activation pathologique du système nerveux autonome sympathique en situation de menace perçue ou de surcharge stresseuse. Dans la déficience intellectuelle, la dérégulation autonome se traduit par des indices somatiques périphériques visibles que l’aidant attentif peut consigner objectivement sans présumer de l’expérience mentale interne du sujet. Les indicateurs comportementaux mesurés comprennent les tremblements involontaires des extrémités, les accélérations paroxystiques du rythme cardiaque (palpitations détectables au toucher ou par l’attitude de sidération du sujet), les perturbations du patron respiratoire (hyperventilation, polypnée, souffle court), la moiteur des paumes, ainsi que les plaintes somatiques gastro-intestinales (nausées, vomissements ou douleurs abdominales survenant sélectivement en contexte anxiogène). La saisie de cet éveil neurovégétatif est primordiale pour repérer l’anxiété aiguë ou panique chez les personnes privées de parole.

2. Évitement comportemental et perturbation (Behavioural Avoidance / Disturbance)

L’évitement constitue le marqueur comportemental par excellence du conditionnement à la peur et de l’anxiété de maintien. Chez les individus présentant une déficience intellectuelle, les mécanismes d’évitement prennent des formes idiosyncrasiques pouvant être particulièrement déstabilisantes pour l’environnement. Cette dimension regroupe les conduites actives de fuite ou de dérobade (fuir soudainement une pièce, s’échapper d’un lieu public, refuser physiquement de franchir un seuil), les comportements d’opposition ou d’irritabilité vive face à une situation perçue comme intolérable, ainsi que les comportements défis majeurs. L’agressivité hétéro-adressée (verbale ou physique), l’automutilation (se frapper la tête, se mordre les mains) et la destruction de biens matériels sont ici conceptualisées comme des réponses de fuite ou d’évitement motivées par une détresse anxieuse paroxystique lorsque les voies conventionnelles de régulation sont inaccessibles.

3. Comportements répétitifs et de recherche de réassurance liés à l’anxiété (Anxiety-Related Repetitive and Seeking Behaviours)

Dans le contexte des profils avec autisme et déficience intellectuelle, la frontière entre stéréotypies de base et manifestations anxieuses est notoirement ténue. Le ClASP-ID isole spécifiquement l’exacerbation contextuelle des comportements d’apaisement et de contrôle cognitivo-environnemental. Cette sous-échelle évalue la recherche répétitive, insistante et compulsive de réassurance (sollicitations verbales ou gestuelles incessantes concernant le déroulement temporel d’un événement futur), l’agrippement physique anxieux aux figures d’attachement, l’insistance inflexible pour l’immuabilité des routines journalières, ainsi que la multiplication de comportements de vérification (contrôle compulsif des serrures, des objets personnels ou des rituels de transition). L’élévation de ces items reflète une tentative désespérée du sujet pour restaurer un sentiment de prévisibilité face à un environnement perçu comme chaotique et menaçant.

4. Affect négatif et humeur dépressive (Negative Affect and Low Mood)

Cette composante englobe le retentissement émotionnel et expressif global de la souffrance psychique. Elle se manifeste par une posture d’hypervigilance craintive (regard effrayé, faciès tendu, réactions de sursaut disproportionnées au moindre stimulus impromptu), des épisodes inexpliqués de pleurs, de gémissements ou de vocalisations plaintives sans déclencheur physique évident. De plus, elle appréhende le glissement vers le retrait social, l’isolement actif et la dégradation de l’énergie adaptative. Contrairement au retrait dépressif primaire, le retrait anxieux mesuré ici est fréquemment couplé à des signaux de tension motrice interne et à une hyper-réactivité émotionnelle résiduelle.

6. Cadre théorique / Theoretical Framework

L’architecture conceptuelle du ClASP-ID s’articule autour de la convergence de plusieurs modèles cardinaux de la psychopathologie cognitive, des neurosciences affectives et de l’analyse appliquée du comportement :

Le modèle tripartite de l’anxiété et de la dépression

Formulé par Clark et Watson (1991), le modèle tripartite postule que l’anxiété et la dépression partagent une composante d’affectivité négative générale (détresse subjective non spécifique), mais se distinguent nettement par deux marqueurs spécifiques : l’hyper-éveil physiologique autonome (spécifique à l’anxiété) et le faible affect positif / anhédonie (spécifique à la dépression). Le ClASP-ID transpose fidèlement ce cadre théorique au domaine développemental en mesurant distinctement les marqueurs de l’hyperactivité sympathique d’un côté, et en intégrant des dimensions permettant de contrôler l’impact du retrait apathique de l’autre.

Les équivalents comportementaux en psychopathologie développementale

Historiquement, l’évaluation de l’anxiété selon les critères stricts du Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (DSM-5-TR) ou de la CIM-11 présuppose une phénoménologie interne verbalisée. Or, les travaux de cliniciens pionniers de la santé mentale dans la déficience intellectuelle (notamment Moss, Emerson, Einfeld et Tonge) ont démontré que les troubles intériorisés se traduisent chez ces sujets par des « équivalents comportementaux » (behavioural equivalents). En lieu et place de l’inquiétude verbalisée, l’anxiété s’objective sous la forme de déstructuration du sommeil, de stéréotypies motrices exacerbées (balancements, battements des mains), de sidération motrice (freezing) ou de décharges agressives hétéro- et auto-induites. Le ClASP-ID opérationnalise cette sémiologie comportementale observable.

Le modèle neurophysiologique de traitement de la menace

Sur le plan neurophysiologique, les individus avec déficience intellectuelle et autisme présentent fréquemment des anomalies de la connectivité fronto-amygdalienne et un dysfonctionnement de l’axe hypothalamo-hypophyso-surrénalien. Ce déficit d’inhibition descendante (top-down regulation) induit une sensibilité exacerbée aux signaux d’incertitude environnementale et une réactivité disproportionnée de la réponse de survie « combat-fuite-sidération » (fight-flight-freeze). Le ClASP-ID capture fidèlement chacune de ces branches neuro-comportementales : le combat (agitation, agressivité réactionnelle), la fuite (échappement, bolting, évitement) et la sidération (immobilité motrice soudaine, inhibition verbale).

7. Validité / Validity

Les études de validation psychométrique menées par Mingins et al. (2024) sur de larges cohortes d’individus présentant une déficience intellectuelle d’étiologies variées (incluant des phénotypes génétiques syndromiques et des profils autistiques complexes) ont établi la robustesse des différentes formes de validité de l’instrument :

Validité de contenu (Content Validity)

La génération initiale des items a suivi une méthodologie participative rigoureuse et séquentielle :

  • Revues systématiques exhaustives de la littérature consacrée aux manifestations anxieuses, douloureuses et dépressives chez les personnes non verbales.
  • Consultation d’experts cliniques multidisciplinaires (psychiatres, psychologues cliniciens, infirmiers spécialisés en santé mentale et neurodéveloppement).
  • Groupes de discussion (focus groups) et entretiens cognitifs approfondis conduits auprès de parents et d’aidants familiaux pour garantir la clarté linguistique, la pertinence écologique et l’observabilité concrète de chaque comportement décrit.

Validité convergente (Convergent Validity)

La validité convergente a été démontrée par des corrélations statistiquement significatives et de magnitude modérée à élevée entre le score total du ClASP-ID et d’autres instruments reconnus mesurant la psychopathologie et les comportements défis dans la déficience intellectuelle :

  • Corrélations positives robustes avec les sous-échelles d’anxiété et d’affect de la Psychiatric Assessment Schedule for Adults with Developmental Disabilities (PAS-ADD) et de la Developmental Behaviour Checklist (DBC) ($r = 0,62$ à $0,78$, $p < 0,001$).
  • Corrélations significatives avec les échelles d’anxiété adaptées pour l’autisme, telles que l’Anxiety Scale for Children with Autism Spectrum Disorder (ASC-ASD) et la Spence Children’s Anxiety Scale (SCAS-P).
  • Association robuste entre la sous-échelle d’éveil physiologique et les indicateurs objectifs d’anxiété somatique mesurés par des échelles standardisées d’évaluation clinique globale.

Validité discriminante et différentielle (Discriminant Validity)

Un apport méthodologique majeur du ClASP-ID réside dans sa capacité démontrée à dissocier l’anxiété d’autres entités cliniques confondantes :

  • Différenciation de la douleur physique : L’inclusion d’analyses de validité croisée avec des échelles standardisées de douleur non verbale (telles que la Non-Communicating Children’s Pain Checklist – NCCPC-R) a confirmé que les items retenus dans la version finale du ClASP-ID ne saturent pas sur les patterns exclusifs de détresse somatique douloureuse.
  • Indépendance vis-à-vis du quotient intellectuel et des stéréotypies stables : Les scores du ClASP-ID discriminent spécifiquement les augmentations situationnelles et anxiogènes des stéréotypies motrices, sans corréler de manière redondante avec le niveau de base des mouvements répétitifs autistiques non anxieux mesurés par la Repetitive Behavior Scale-Revised (RBS-R).

8. Fidélité / Reliability

L’évaluation des propriétés métrologiques du ClASP-ID met en évidence une fiabilité de mesure remarquable, répondant aux standards les plus stricts de la psychométrie contemporaine :

Cohérence interne (Internal Consistency)

Les indices de cohérence interne calculés sur l’ensemble de l’échantillon de dérivation et de validation témoignent d’une homogénéité exemplaire des items au sein de leurs facteurs respectifs :

  • Score total de l’échelle (33 items) : Le coefficient α de Cronbach atteint 0,94 et l’oméga de McDonald (ω) s’établit à 0,95, soulignant une variance commune très élevée dédiée à l’expression de la détresse anxieuse globale.
  • Sous-échelle Éveil physiologique : α = 0,86 ; ω = 0,87.
  • Sous-échelle Évitement comportemental et perturbation : α = 0,89 ; ω = 0,90.
  • Sous-échelle Comportements répétitifs et de recherche de réassurance : α = 0,85 ; ω = 0,86.
  • Sous-échelle Affect négatif et humeur dépressive : α = 0,88 ; ω = 0,89.

Fidélité test-retest (Test-Retest Reliability)

La stabilité temporelle a été documentée auprès d’un sous-échantillon de parents et d’aidants réadministrant l’instrument à un intervalle de deux à quatre semaines dans des conditions cliniques et environnementales stables :

  • Le coefficient de corrélation intraclasse (CCI, modèle à effets mixtes bidirectionnel, accord absolu) pour le score total est de 0,88 (IC à 95 % : [0,83 ; 0,92]), attestant d’une excellente reproductibilité des scores dans le temps.
  • Les CCI des quatre sous-échelles oscillent entre 0,81 et 0,87, démontrant que les fluctuations temporelles captées par l’outil reflètent de réels changements d’état clinique et non des erreurs de mesure stochastiques.

Fidélité inter-évaluateurs (Inter-Rater Reliability)

L’accord entre deux évaluateurs familiers indépendants (par exemple, les deux parents, ou un parent et un éducateur spécialisé référent au sein d’une structure médico-sociale) affiche un CCI moyen de 0,76 pour le score total. Cette concordance substantielle confirme la clarté opérationnelle des items, dont les libellés minimisent les biais d’inférence subjective.

9. Analyse factorielle / Factor Analysis

L’élucidation et la validation de la structure interne du ClASP-ID ont fait l’objet d’une démarche statistique rigoureuse en deux étapes complémentaires associant analyse factorielle exploratoire (AFE) et analyse factorielle confirmatoire (AFC) :

Analyse factorielle exploratoire (AFE)

À partir du pool d’items initial issu des phases qualitatives de développement, une AFE a été conduite à l’aide d’estimateurs robustes aux données catégorielles ordonnées (WLSMV : Weighted Least Squares Mean and Variance adjusted) et d’une rotation oblique (Promax / Geomin), permettant d’autoriser des inter-corrélations plausibles entre les différentes dimensions de l’anxiété. Les critères de rétention factorielle — basés sur l’analyse parallèle de Horn, l’examen du diagramme d’éboulis (scree plot) de Cattell et la valeur propre supérieure à 1 — ont convergé vers une organisation en quatre facteurs distincts, épurant l’échelle des items présentant des saturations croisées excessives ou des saturations primaires inférieures au seuil de 0,40.

Analyse factorielle confirmatoire (AFC)

La confirmation du modèle quadridimensionnel sur un échantillon indépendant a corroboré l’adéquation théorique et statistique de la structure. Les indices d’ajustement global du modèle à quatre facteurs se révèlent hautement satisfaisants :

  • Chi-deux ajusté aux degrés de liberté : $chi^2 / text{dl} < 2,1$ ($p < 0,001$).
  • Comparative Fit Index (CFI) : 0,958 (valeur supérieure au seuil usuel de 0,95 attestant d’un excellent ajustement).
  • Tucker-Lewis Index (TLI) : 0,951.
  • Root Mean Square Error of Approximation (RMSEA) : 0,048 (IC à 90 % : [0,041 ; 0,055], valeur inférieure au seuil strict de 0,06).
  • Standardized Root Mean Square Residual (SRMR) : 0,052.

Toutes les saturations factorielles standardisées ($lambda$) des 33 items sur leur facteur de rattachement oscillent entre 0,51 et 0,87, sans saturation croisée non autorisée. Les corrélations inter-factorielles demeurent modérées à fortes (allant de $r = 0,42$ entre Éveil physiologique et Comportements répétitifs, à $r = 0,68$ entre Affect négatif et Évitement/perturbation), validant l’existence de dimensions cliniquement différenciables mais unifiées par un construit d’anxiété sous-jacent d’ordre supérieur.

10. Instrument de mesure / Instrument

  • Nom complet de l’instrument : Clinical Anxiety Scale for People with Intellectual Disabilities (ClASP-ID).
  • Traduction française du titre : Échelle d’anxiété clinique pour les personnes ayant une déficience intellectuelle.
  • Type d’évaluation : Hétéro-évaluation clinique standardisée (informant-report questionnaire) complétée par les parents, proches aidants ou professionnels d’accompagnement quotidien.
  • Population cible : Enfants, adolescents et adultes présentant une déficience intellectuelle (légère, modérée, sévère à profonde), incluant les profils syndromiques et les individus avec trouble du spectre de l’autisme comorbide non verbal.
  • Nombre total d’items : 33 items comportementaux univoques.
  • Période de référence clinique : Les comportements doivent être observés et rapportés sur la base de leur fréquence au cours du dernier mois écoulé (les 4 dernières semaines).
  • Échelle de réponse (Mandatory Likert Scale) : Échelle de type Likert en 7 points quantifiant la fréquence d’apparition du comportement :
    • 0 = Never (Jamais)
    • 1 = Once a month (Une fois par mois)
    • 2 = 2-3 times a month (2 à 3 fois par mois)
    • 3 = Once a week (Une fois par semaine)
    • 4 = 2-3 times a week (2 à 3 fois par semaine)
    • 5 = Daily (Tous les jours / Quotidiennement)
    • 6 = More than once a day (Plus d’une fois par jour)
    • Option complémentaire distincte : ‘Unable to rate’ / not applicable (Impossible à évaluer / non applicable).
  • Cotation et sous-échelles :
    • Le score s’obtient par la somme simple des items cotés de 0 à 6 pour chaque sous-échelle et pour l’échelle globale (score total sur 198 points possibles).
    • Les quatre sous-échelles factorielles sont : (1) Negative Affect and Low Mood, (2) Physiological Arousal, (3) Behavioural Avoidance / Disturbance, et (4) Anxiety-Related Repetitive and Seeking Behaviours.
    • Règle d’inversion : Aucun item n’est inversé ; des scores élevés traduisent une sévérité accrue de la symptomatologie anxieuse.
  • Temps moyen de passation : Environ 15 à 20 minutes.

11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year

  • Année de publication princeps : 2024.
  • Statut des droits d’auteur et licence : L’article de validation princeps et l’échelle ClASP-ID sont publiés sous licence Creative Commons Attribution 4.0 International (CC BY 4.0) dans la revue en libre accès Journal of Neurodevelopmental Disorders (Springer Nature).
  • Tarifs d’utilisation : Utilisation entièrement gratuite. Aucun droit d’enregistrement, redevance ou coût d’acquisition de matériel n’est exigé pour l’usage clinique quotidien ou les projets de recherche académique.
  • Conditions de reproduction et d’adaptation : La reproduction, la distribution et l’utilisation intégrale ou partielle de l’échelle sont autorisées sans demande d’autorisation formelle préalable, sous réserve expresse de citer rigoureusement l’article princeps de Mingins et ses collaborateurs (2024). Toute adaptation linguistique ou traduction transculturelle doit faire l’objet de procédures standardisées de rétro-traduction et d’une prise de contact recommandée avec les auteurs correspondants (Dr Jane Waite / Cerebra Centre).

12. Références / References

  • Clark, L. A., & Watson, D. (1991). Tripartite model of anxiety and depression: Psychometric evidence and taxonomic implications. Journal of Abnormal Psychology, 100(3), 316–336. https://doi.org/10.1037/0021-843X.100.3.316
  • Emerson, E. (2003). Prevalence of psychiatric disorders in children and adolescents with and without intellectual disabilities. Journal of Intellectual Disability Research, 47(1), 51–58. https://doi.org/10.1046/j.1365-2788.2003.00464.x
  • Lecavalier, L., McCracken, C. E., Aman, M. G., McDougle, C. J., McCracken, J. T., Tierney, E., Smith, T., & Scahill, L. (2014). An exploration of concomitant psychiatric disorders in children with autism spectrum disorder. Comprehensive Psychiatry, 55(7), 1583–1589. https://doi.org/10.1016/j.comppsych.2014.05.019
  • Mingins, J. E., Tarver, J., Pearson, E., Edwards, G., Bird, M., Crawford, H., Oliver, C., Shelley, L., & Waite, J. (2024). Development and psychometric properties of the Clinical Anxiety Scale for People with Intellectual Disabilities (ClASP-ID). Journal of Neurodevelopmental Disorders, 16(1), Article 9554. https://doi.org/10.1186/s11689-024-09554-9
  • Moss, S., Bouras, N., & Holt, G. (2000). PAS-ADD Checklist: Score forms and user guide. Pavilion Publishing.
  • Reiss, S., Levitan, G. W., & Szyszko, J. (1982). Emotional disturbance and mental retardation: Diagnostic overshadowing. American Journal of Mental Deficiency, 86(6), 567–574.
  • Waite, J., Tarver, J., Shelley, L., & Oliver, C. (2020). Assessment and presentation of anxiety in individuals with severe intellectual disabilities and autism: A systematic review. Review Journal of Autism and Developmental Disorders, 7(3), 282–300. https://doi.org/10.1007/s40489-019-00192-3

13. Questions et items du questionnaire (Scale Items)

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :
Instructions / Directions: Please read each statement carefully and rate how frequently the person has displayed each of the following behaviours over the past month.
Response Scale: 7-point Likert scale: 0 = Never, 1 = Once a month, 2 = 2-3 times a month, 3 = Once a week, 4 = 2-3 times a week, 5 = Daily, 6 = More than once a day (with an additional 'Unable to rate' / not applicable option)
Scoring / Reverse Items: Items are scored on a frequency rating from 0 to 6. The scale comprises four subscales: 1. Negative Affect and Low Mood, 2. Physiological Arousal, 3. Behavioural Avoidance / Disturbance, and 4. Anxiety-Related Repetitive and Seeking Behaviours.
1

Trembling or shaking
2

Difficulty breathing (e.g. hyperventilating, rapid breathing, shortness of breath)
3

Clammy or sweaty hands
4

Appears tense or has tense muscles (e.g. rigid body, clenched fists/jaw)
5

Heart racing or beating very fast (palpitations)
6

Being pale or flushed in the face
7

Stomach ache, nausea, or vomiting related to anxiety
8

Freezing or becoming completely still when anxious
9

Pacing, restlessness, or unable to sit still
10

Fidgeting with hands, feet, or objects
11

Running away, bolting, or attempting to leave a situation
12

Refusing to enter a place or engage in an activity
13

Seeking reassurance repeatedly from others (e.g. asking repetitive questions about what will happen)
14

Clinging to familiar people or staying unusually close to them
15

Becoming irritable or angry when faced with a situation they find difficult
16

Aggression towards others (verbal or physical) when anxious
17

Self-injurious behaviour when anxious or distressed
18

Destruction of property when anxious or upset
19

Crying or tearfulness
20

Whining, whimpering, or vocal distress
21

Screaming, shouting, or vocal protests
22

Appearing fearful, scared, or terrified
23

Withdrawing from social interactions or isolating oneself
24

Increased repetitive or stereotypic behaviours (e.g. rocking, hand flapping)
25

Repetitive questioning about future events or changes
26

Checking behaviours (e.g. repeatedly checking locks, items, or routines)
27

Insisting on strict adherence to routines or sameness
28

Sleep difficulties (e.g. difficulty falling asleep or restless sleep due to worry)
29

Changes in appetite related to feeling anxious
30

Looking watchful, hypervigilant, or on high alert
31

Startling easily or being unusually jumpy
32

Expressing or showing worry about being separated from key people
33

Showing distress when anticipating an upcoming event or transition
★

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Looti, M. (2026, octobre 15). Échelle d’anxiété clinique pour les personnes ayant une déficience intellectuelle. Base de données de psychologie en français. https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=echelle-anxiete-clinique-deficience-intellectuelle-clasp-id
Looti, Mohammed. “Échelle d’anxiété clinique pour les personnes ayant une déficience intellectuelle.” Base de données de psychologie en français, 15 octobre 2026, https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=echelle-anxiete-clinique-deficience-intellectuelle-clasp-id.
Looti, Mohammed. “Échelle d’anxiété clinique pour les personnes ayant une déficience intellectuelle.” Base de données de psychologie en français. octobre 15, 2026. https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=echelle-anxiete-clinique-deficience-intellectuelle-clasp-id.