Échelle d’anxiété liée à l’activité physique et au sport (PASAS)

L’Échelle d’anxiété liée à l’activité physique et au sport (PASAS) évalue l’anxiété sociale et l’évitement comportemental en contexte sportif. Découvrez sa structure, ses propriétés psychométriques et ses applications cliniques.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · octobre 17, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : octobre 17, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
Critères d'évaluation et normes cliniques

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1. Résumé / Abstract

L’Échelle d’anxiété liée à l’activité physique et au sport (en anglais, Physical Activity and Sport Anxiety Scale ou PASAS) est un instrument psychométrique d’auto-évaluation développé par Peter J. Norton, Debra A. Hope et Justin W. Weeks en 2004. Cet outil a été spécifiquement conçu pour combler un vide méthodologique et conceptuel majeur à l’intersection de la psychologie clinique, de la psychologie du sport et de l’épidémiologie comportementale : l’évaluation systématique de l’anxiété sociale et des conduites d’évitement contextuellement restreintes au domaine de l’exercice physique, de l’athlétisme et de la pratique sportive récréative ou compétitive.

L’échelle est composée de 16 items évaluant les manifestations cognitives, affectives et comportementales générées par l’appréhension de l’évaluation négative, de l’observation d’autrui et du jugement social lors de situations impliquant une prestation corporelle ou sportive. Les participants expriment leur degré d’accord sur une échelle de réponse ordinale de type Likert en 5 points allant de 1 (« Pas du tout caractéristique de moi ») à 5 (« Extrêmement caractéristique de moi »). Les analyses factorielles initiales révèlent une structure robuste comprenant principalement deux sous-échelles complémentaires : une dimension évaluant l’anxiété sociale dans le contexte du sport et de l’exercice (cognitions d’incompétence, crainte du ridicule, sentiment de gêne sous le regard d’autrui) et une dimension ciblant l’évitement comportemental spécifique aux activités sportives et récréatives.

Sur le plan métrologique, la PASAS fait preuve de propriétés psychométriques remarquables. La cohérence interne est excellente, avec des coefficients alpha de Cronbach oscillant généralement entre 0,89 et 0,93 pour l’échelle globale, et supérieurs à 0,82 pour les composantes sous-jacentes. La fidélité test-retest à moyen terme confirme la stabilité temporelle du construit tout en conservant une sensibilité appréciable aux interventions ciblant la réhabilitation physique ou la thérapie cognitivo-comportementale. La validité convergente est démontrée par des corrélations positives substantielles avec l’échelle de peur de l’évaluation négative (Brief Fear of Negative Evaluation Scale, BFNE), l’anxiété d’apparence physique (Social Physique Anxiety Scale, SPAS) et les mesures d’inhibition sociale générale. Corrélativement, la validité divergente et prédictive est établie par une association négative robuste avec la fréquence réelle d’exercice et la persévérance sportive, positionnant la PASAS comme un déterminant psychologique incontournable de l’adoption et du maintien des conduites de santé.

2. Mots-clés / Keywords

Anxiété sociale, activité physique, psychologie du sport, évitement comportemental, peur de l’évaluation négative, anxiété de performance, psychométrie, évaluation clinique, habitudes d’exercice, auto-présentation.

3. Auteurs / Authors

L’échelle a été conçue et validée par une équipe de chercheurs de premier plan spécialisés dans les troubles anxieux, la thérapie cognitivo-comportementale et l’évaluation psychologique :

  • Peter J. Norton, Ph.D. : Professeur de psychologie clinique, reconnu internationalement pour ses travaux sur le diagnostic, la conceptualisation transdiagnostique et le traitement empirique des troubles anxieux. Il a notamment exercé à l’Université de Houston (Texas, États-Unis) et à l’Université Monash (Melbourne, Australie).
  • Debra A. Hope, Ph.D. : Professeure émérite de psychologie à l’Université du Nebraska-Lincoln (UNL, États-Unis), directrice de recherche hautement citée pour ses contributions pionnières à l’évaluation, aux mécanismes cognitifs et à l’intervention thérapeutique dans l’anxiété sociale.
  • Justin W. Weeks, Ph.D. : Chercheur et clinicien, spécialiste de la peur de l’évaluation positive et négative, ayant dirigé le Center for Evaluation and Treatment of Anxiety à l’Université de l’Ohio (Athens, États-Unis).

Leurs travaux conjoints ont émergé du constat clinique selon lequel de nombreuses personnes souffrant de niveaux sous-cliniques ou cliniques d’anxiété sociale évitent systématiquement les salles d’entraînement, les cours d’éducation physique et les disciplines collectives, compromettant gravement leur santé métabolique et cardiovasculaire.

4. Objectif / Purpose

L’objectif fondamental de la Physical Activity and Sport Anxiety Scale (PASAS) est de fournir aux chercheurs, aux cliniciens de la santé mentale et aux professionnels du sport un outil de mesure standardisé, valide et fidèle, capable d’isoler l’anxiété sociale spécifiquement activée par le contexte du sport et de l’exercice physique. Bien que la littérature scientifique ait abondamment documenté les bienfaits substantiels de l’activité physique régulière sur la prévention des pathologies chroniques (obésité, diabète de type 2, hypertension artérielle, états dépressifs), une part substantielle de la population générale demeure sédentaire ou abandonne prématurément les programmes d’entraînement. La PASAS postule qu’au-delà des obstacles logistiques traditionnels (manque de temps, accessibilité financière, fatigue), des freins psychologiques profonds, et plus particulièrement la crainte du regard dépréciateur d’autrui, constituent un déterminant proximal majeur de la non-adhésion à l’exercice.

Applications en recherche

Dans le domaine de la recherche académique en psychologie de la santé et en sciences du mouvement humain, la PASAS est employée pour modéliser les trajectoires de comportement d’exercice. Elle sert de variable médiatrice ou modératrice dans les modèles sociocognitifs (tels que la théorie de l’action planifiée ou la théorie de l’autodétermination). L’outil permet de dissocier empiriquement ce qui relève d’une anxiété somatique pure (liée aux sensations physiologiques de l’effort, telles que la tachycardie ou l’hyperventilation) de ce qui relève d’une préoccupation d’ordre interpersonnel, relative au statut de performance ou à l’apparence physique en public.

Applications cliniques et en santé publique

Dans la pratique clinique, la PASAS présente une utilité diagnostique et thérapeutique directe :

  • Identification précoce des populations à risque d’abandon : L’outil permet de repérer les individus pour lesquels la prescription d’exercice (sport sur ordonnance) risque de susciter une détresse psychologique intolérable, induisant des rechutes sédentaires si un aménagement environnemental (espaces individualisés, soutien personnalisé) n’est pas programmé.
  • Planification de protocoles de thérapie cognitivo-comportementale (TCC) : L’analyse item par item facilite l’identification des croyances dysfonctionnelles clés (ex. : « Si je commets une erreur technique, je serai définitivement rejeté ou humilié ») et des conduites de sécurité (comme passer immédiatement le ballon pour fuir la visibilité, ou s’entraîner uniquement à des heures indues pour ne croiser personne).
  • Milieu scolaire et universitaire : L’instrument aide les enseignants d’éducation physique et sportive (EPS) et les psychologues scolaires à comprendre pourquoi certains adolescents développent un absentéisme sélectif ou une phobie scolaire contextualisée lors des cours de sport, réduisant ainsi les stigmatisations erronées imputables à de la simple paresse ou à de l’opposition.

5. Construit psychologique / Construct

Le construit mesuré par la PASAS est l’anxiété sociale en contexte d’activité physique et de sport. Il s’agit d’un construit bidimensionnel étroitement articulé, englobant la composante subjective cognitive et émotionnelle de l’anxiété d’une part, et les réponses fonctionnelles d’évitement comportemental d’autre part. Ce construit se distingue nettement de l’anxiété générale de performance sportive (competitive sport anxiety), car il n’exige pas un cadre formel de compétition athlétique pour s’activer : une séance banale de fitness dans un centre commercial ou un match informel entre amis suffit à déclencher la cascade anxieuse.

Dimension 1 : Préoccupations cognitives et appréhension du jugement social

Cette dimension capture l’anticipation négative, la focalisation interne exacerbée (auto-attention) et les pensées automatiques catastrophistes relatives au regard évaluateur des spectateurs, pairs ou instructeurs. Le sujet anxieux perçoit le terrain de sport ou la salle de musculation comme un théâtre public où ses compétences motrices, son niveau d’endurance, sa coordination corporelle et sa silhouette sont scrupuleusement scrutés et critiqués.

Les manifestations caractéristiques incluent :

  • La peur du ridicule et de l’humiliation : La conviction prédictive erronée qu’une maladresse motrice (trébucher, rater un lancer, être essoufflé prématurément) entraînera la risée du groupe ou l’ostracisme (ex. : Item 2 « I feel that I will humiliate myself when I play sports »).
  • L’hypersensibilité à l’observation : Une élévation immédiate de l’excitation neurovégétative dès lors que le sujet se sait observé par des spectateurs, même en nombre minime (ex. : Item 8 « I usually get nervous when I play sports in front of even a few people who are watching »).
  • L’auto-dépréciation des compétences : L’anticipation constante que les observateurs vont identifier des faiblesses techniques ou fonctionnelles dans l’exécution des mouvements (ex. : Item 5 « I am afraid that people will find fault with my performance while playing sports »).

Dimension 2 : Évitement comportemental et conduites de sécurité

La seconde dimension constitutive du construit concerne l’ensemble des réponses motrices et décisionnelles adoptées par l’individu pour fuir la situation menaçante ou atténuer l’exposition au regard critique. L’évitement comportemental est le principal mécanisme de maintien à long terme de l’anxiété, conformément aux lois du conditionnement opérant.

Cette composante se décline sous plusieurs formes opérationnelles :

  • Évitement situationnel global : Le refus pur et simple de participer à des réunions amicales, familiales ou professionnelles dès lors que celles-ci comportent une dimension sportive (ex. : Item 15 « I avoid social gatherings if I think they will involve an athletic activity »).
  • Évitement visuel et spatial : La recherche de zones d’exercice recluses, isolées ou dissimulées aux regards publics (ex. : Item 16 « I avoid exercising/working out where others can see me »).
  • Conduites de sécurité intra-situationnelles : Stratégies mises en œuvre pendant le déroulement même de l’activité pour décharger immédiatement toute responsabilité ou visibilité centrale (ex. : Item 10 « I don’t want the ball to come to me when I play team sports » et Item 13 « I pass the ball to a teammate when I get nervous »).

6. Cadre théorique / Theoretical Framework

La conception de la PASAS s’inscrit au carrefour de deux cadres théoriques majeurs de la psychologie contemporaine : les modèles cognitifs de l’anxiété sociale développés par Aaron T. Beck, David M. Clark et Adrian Wells, et la théorie de l’auto-présentation (self-presentation theory) formalisée par Mark R. Leary et Robin M. Kowalski.

Le modèle cognitif de l’anxiété sociale (Clark & Wells)

Selon le paradigme cognitif de Clark et Wells (1995), l’anxiété sociale émerge lorsqu’un individu pénètre dans une situation sociale perçue comme un contexte d’évaluation, activant un ensemble de croyances sous-jacentes rigides (« Je dois paraître compétent à tout prix », « Si je montre mes limites, les autres me jugeront faible ou inférieur »). Dans le contexte de l’exercice physique, ces postulats déclenchent trois mécanismes délétères :

  1. Déplacement du focus attentionnel vers soi (Self-focused attention) : Le sujet cesse de traiter les indices extérieurs neutres et se concentre de manière obsessionnelle sur ses sensations internes (battements de cœur, tremblements, rougeurs) et sur une image mentale subjective et déformée de ce qu’il projette aux yeux des spectateurs.
  2. Comportements de sécurité (Safety behaviors) : Pour neutraliser le danger perçu de dévaluation, l’individu met en place des tactiques qui, paradoxalement, entretiennent le trouble en empêchant l’invalidation des peurs (se débarrasser du ballon sans regarder, se positionner en retrait).
  3. Traitement rétrospectif négatif (Post-event processing) : Après la séance sportive, l’individu rumine ses performances perçues à travers un prisme hypercritique, renforçant sa conviction qu’il est incapable de pratiquer du sport publiquement.

La théorie de l’auto-présentation (Leary & Kowalski)

La théorie de l’auto-présentation (ou gestion des impressions) postule que les individus sont intrinsèquement motivés à contrôler les perceptions qu’autrui forme à leur sujet, en particulier afin de maximiser leur acceptation sociale et d’éviter le rejet. L’anxiété sociale survient précisément lorsque la motivation à projeter une impression spécifique favorable (par exemple paraître athlétique, agile, vigoureux, adroit) est élevée, mais que le sentiment d’auto-efficacité quant à la capacité réelle à concrétiser cette impression est faible.

L’activité physique représente un environnement particulièrement vulnérabilisant sous cet angle : les tenues de sport rendent les contours corporels visibles, les compétences motrices s’expriment de manière immédiate, objective et incontournable (succès ou échec visible d’un geste), et les réactions du groupe sont souvent directes et non censurées. La PASAS opérationnalise précisément ce décalage entre le désir de préserver son image sociale et l’appréhension de voir son incompétence perçue révélée publiquement.

7. Validité / Validity

Les études empiriques initiales conduites par Norton, Hope et Weeks (2004), suivies de multiples réplications indépendantes dans la littérature internationale, ont établi des preuves rigoureuses quant aux différentes facettes de la validité de la PASAS.

Validité de construit

La validité de construit de la PASAS a été établie en démontrant que l’échelle mesurait de manière cohérente l’anxiété sociale délimitée au domaine sportif sans se confondre avec l’anxiété globale ou le simple affect négatif. Des analyses de variance ont mis en évidence que les scores à la PASAS différencient nettement les sujets pratiquant régulièrement une activité physique de ceux qui sont totalement sédentaires, ces derniers obtenant des scores significativement plus élevés de détresse sociale et d’évitement.

Validité convergente

La validité convergente est étayée par des corrélations statistiquement significatives et substantielles avec plusieurs échelles validées mesurant des construits théoriquement apparentés :

  • Peur de l’évaluation négative : Une corrélation positive élevée a été observée avec la Brief Fear of Negative Evaluation Scale (BFNE ; $r \approx 0,55$ à $0,68$, $p < 0,001$), attestant que la PASAS capte bien la composante évaluative de l’anxiété.
  • Anxiété liée à l’apparence physique : Les associations avec la Social Physique Anxiety Scale (SPAS) de Hart et al. oscillent entre $r = 0,52$ et $r = 0,64$, confirmant que la focalisation corporelle fait partie intégrante du vécu anxieux lors de l’effort physique.
  • Anxiété sociale globale : Les corrélations avec la Social Phobia Scale (SPS) et la Social Interaction Anxiety Scale (SIAS) de Mattick et Clarke sont modérées à fortes ($r = 0,45$ à $0,58$), démontrant l’ancrage de la PASAS dans le spectre des phobies sociales tout en conservant une spécificité contextuelle indispensable.

Validité discriminante

La validité discriminante a été confirmée en observant des corrélations faibles à non significatives ($r < 0,25$) entre les scores de la PASAS et des mesures de détresse psychologique générale non sociale, comme l’inventaire de dépression de Beck (BDI) ou l’échelle d’affectivité positive et négative (PANAS), une fois l’anxiété générale contrôlée. De surcroît, la PASAS se distingue de l’anxiété somatique pure liée aux battements cardiaques (mesurée par l’Anxiety Sensitivity Index), prouvant qu’elle n’évalue pas la simple peur panique des sensations d’effort mais bien le regard d’autrui.

Validité prédictive

Sur le plan comportemental, des analyses de régression logistique et multiple indiquent que les scores à la PASAS prédisent significativement le nombre d’heures d’activité physique hebdomadaire, la probabilité d’abandon d’un abonnement en salle de sport, et le choix d’activités strictement solitaires (marche en solitaire) plutôt que collectives ou publiques, même après neutralisation statistique de l’indice de masse corporelle (IMC) et de la condition physique initiale.

8. Fidélité / Reliability

La fidélité psychométrique de la PASAS a été minutieusement évaluée sur divers échantillons comprenant des étudiants universitaires, des adultes de la communauté et des populations cliniques recevant un accompagnement pour sédentarité sévère.

Cohérence interne

Les indices de consistance interne de la PASAS sont particulièrement élevés :

  • Le coefficient alpha de Cronbach pour l’échelle globale de 16 items se situe de manière constante entre $\alpha = 0,89$ et $\alpha = 0,93$ selon les études normatives de Norton et al. (2004).
  • Les corrélations item-total corrigées s’échelonnent généralement de $0,48$ à $0,76$, démontrant que chaque énoncé apporte une contribution substantielle et non redondante au score composite final.
  • Les sous-échelles factorielles (préoccupations sociales en situation sportive et évitement) présentent également d’excellents coefficients de cohérence interne, tous supérieurs au seuil conventionnel de $0,80$ ($lpha = 0,88$ pour la sous-échelle cognitive ; $lpha = 0,81$ pour la sous-échelle d’évitement).

Fidélité temporelle (Test-Retest)

La stabilité temporelle a été documentée au moyen de protocoles de test-retest administrés sur des intervalles allant de deux à quatre semaines chez des sujets n’ayant fait l’objet d’aucune intervention psychothérapeutique :

  • Le coefficient de corrélation intraclasse (CCI) ou le coefficient de corrélation de Pearson test-retest pour le score total s’élève à $r = 0,83$ ($p < 0,001$), indiquant une excellente stabilité dans le temps des dispositions anxieuses liées au sport chez des adultes stables.
  • Cette remarquable consistance n’empêche pas l’instrument d’être sensible au changement thérapeutique : des programmes d’exposition graduelle et de restructuration cognitive en TCC produisent des réductions statistiquement significatives des scores totaux à la PASAS, corrélées avec la reprise concrète des activités sportives.

9. Analyse factorielle / Factor Analysis

L’exploration de la dimensionalité latente de la PASAS a été conduite via des approches combinées d’analyse factorielle exploratoire (AFE) et d’analyse factorielle confirmatoire (AFC) dès la publication princeps de Norton, Hope et Weeks (2004).

Analyse Factorielle Exploratoire (AFE)

Lors de la phase initiale de développement de l’échelle, une extraction en composantes principales assortie d’une rotation oblique (Promax ou Oblimin, justifiée par la corrélation théorique attendue entre les dimensions de l’anxiété) a été réalisée sur un premier échantillon de participants. Les critères de rétention factorielle (critère de Kaiser de la valeur propre supérieure à 1 et examen du diagramme d’éboulis de Cattell) ont mis en lumière une organisation claire en deux facteurs majeurs expliquant plus de 55 % de la variance totale :

  • Facteur 1 : Cognitions anxieuses et détresse d’évaluation sociale (Social Anxiety/Apprehension) : Regroupant la majorité des items (notamment les items 1, 2, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 11, 12, 14), avec de fortes saturations factorielles (oscillant entre $0,55$ et $0,84$). Ces items capturent la gêne, la peur d’être humilié, la susceptibilité au jugement des pairs et le malaise sous le regard du public.
  • Facteur 2 : Évitement comportemental et désengagement en équipe (Behavioral Avoidance/Escape) : Comprenant les items 10, 13, 15 et 16 (saturations entre $0,52$ et $0,78$), ciblant le refus du ballon lors des sports collectifs, le transfert immédiat de la responsabilité aux coéquipiers et l’évitement actif des situations sociales ou publiques d’exercice.

Analyse Factorielle Confirmatoire (AFC)

L’AFC conduite sur un échantillon indépendant a corroboré l’adéquation empirique de cette structure. Si un modèle unidimensionnel d’ordre supérieur (score global de détresse) s’avère opérationnellement pertinent pour le praticien au quotidien, le modèle à deux facteurs corrélés présente des indices d’ajustement statistiquement supérieurs :

  • $\chi^2/df < 2,5$
  • Indice de comparaison de Bentler (Comparative Fit Index, CFI) $ge 0,94$
  • Indice de Tucker-Lewis (TLI) $ge 0,93$
  • Erreur quadratique moyenne d’approximation (Root Mean Square Error of Approximation, RMSEA) $le 0,058$ [IC à 90 % : $0,046 – 0,069$]
  • Résidu quadratique moyen standardisé (SRMR) $le 0,049$

Les items inversés (items 3, 11 et 14) possèdent des saturations adéquates après recodage, même si, comme classiquement observé en psychométrie, ils partagent une faible part de variance résiduelle méthodologique liée à la formulation négative.

10. Instrument de mesure / Instrument

La PASAS est un questionnaire standardisé d’auto-évaluation dont les caractéristiques techniques opérationnelles sont présentées ci-dessous :

  • Type de test : Questionnaire psychométrique d’auto-évaluation (self-report instrument).
  • Nombre d’items : 16 items formulés sous la forme d’affirmations à la première personne du singulier.
  • Format d’administration : Papier-crayon ou passation informatisée/en ligne (auto-administrée).
  • Durée approximative de passation : 4 à 7 minutes.
  • Format de réponse : Échelle ordinale de type Likert en 5 points comprenant les ancres verbales suivantes :
    • 1 = Not at all characteristic of me (Pas du tout caractéristique de moi)
    • 2 = Slightly characteristic of me (Légèrement caractéristique de moi)
    • 3 = Moderately characteristic of me (Modérément caractéristique de moi)
    • 4 = Very characteristic of me (Très caractéristique de moi)
    • 5 = Extremely Characteristic of me (Extrêmement caractéristique de moi)
  • Règles de cotation (Scoring Instructions) :
    • Inversion des items : Les items 3, 11 et 14 sont formulés de manière inversée. Leurs scores doivent impérativement être inversés avant tout calcul : $1 \rightarrow 5$, $2 \rightarrow 4$, $3 \rightarrow 3$, $4 \rightarrow 2$, $5 \rightarrow 1$.
    • Score total : Obtenu par la somme arithmétique simple des 16 items (après inversion des items 3, 11 et 14). L’étendue théorique des scores totaux s’étend de 16 à 80 points.
    • Interprétation générale : Un score total élevé traduit une intensité majeure de l’anxiété sociale dans le domaine du sport et de l’exercice, caractérisée par une forte anticipation du jugement d’autrui et une tendance marquée à éviter les contextes d’exposition corporelle et athlétique.

11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year

  • Année de publication : 2004.
  • Droits d’auteur et propriété intellectuelle : Le copyright de l’article scientifique princeps appartient à Taylor & Francis (qui publie le journal Anxiety, Stress, and Coping). La paternité intellectuelle de l’outil revient à Peter J. Norton, Debra A. Hope et Justin W. Weeks.
  • Tarification : L’utilisation de l’instrument est entièrement gratuite dans le cadre de la recherche académique, de l’enseignement universitaire, des travaux de thèse et de la pratique clinique non commerciale.
  • Permissions d’utilisation : Aucune licence financière préalable n’est exigée pour une utilisation scientifique ou clinique standard, à condition de citer fidèlement la publication de référence originale (Norton et al., 2004). Pour toute reproduction commerciale, intégration dans des progiciels payants ou inclusion dans un ouvrage édité, une autorisation écrite doit être formulée auprès de l’éditeur scientifique détenteur des droits ou des auteurs.

12. Références / References

Les références bibliographiques fondamentales encadrant le développement et la validation de la PASAS ainsi que ses fondements conceptuels sont répertoriées ci-dessous conformément aux normes de l’American Psychological Association (APA 7e édition) :

  • Clark, D. M., & Wells, A. (1995). A cognitive model of social phobia. Dans R. G. Heimberg, M. R. Liebowitz, D. A. Hope, & F. R. Schneier (dir.), Social phobia: Diagnosis, assessment, and treatment (p. 69-93). The Guilford Press.
  • Hart, E. A., Leary, M. R., & Rejeski, W. J. (1989). The measurement of social physique anxiety. Journal of Sport and Exercise Psychology, 11(1), 94-104. https://doi.org/10.1123/jsep.11.1.94
  • Leary, M. R., & Kowalski, R. M. (1990). Impression management: A literature review and two-component model. Psychological Bulletin, 107(1), 34-47. https://doi.org/10.1037/0033-2909.107.1.34
  • Mattick, R. P., & Clarke, J. C. (1998). Development and validation of measures of social phobia scrutiny fear and social interaction anxiety. Behaviour Research and Therapy, 36(4), 455-470. https://doi.org/10.1016/S0005-7967(97)10031-6
  • Norton, P. J., Hope, D. A., & Weeks, J. W. (2004). The physical activity and sport anxiety scale (PASAS): Scale development and psychometric analysis. Anxiety, Stress, and Coping, 17(4), 363-382. https://doi.org/10.1080/10615800412331318625
  • Weeks, J. W., Heimberg, R. G., & Rodebaugh, T. L. (2008). The Brief Fear of Negative Evaluation scale-revised: Consideration of an underlying two-factor structure. Cognitive Behaviour Therapy, 37(3), 179-194. https://doi.org/10.1080/16506070802361384

13. Questions et items du questionnaire (Scale Items)

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :
Instructions / Directions: These statements describe how a person might feel of think while participating in athletic activities. Please rate how characteristic each statement is of you while playing sports or exercising/working-out.
1

I worry about what people will think of me while playing sports, even though it will not make any difference.
2

I feel that I will humiliate myself when I play sports.
3

I rarely worry about what kind of impression I am making on someone while exercising/working out. *
4

I am usually worried about what kind of impression I make while playing sports.
5

I am afraid that people will find fault with my performance while playing sports.
6

Sometimes I think I am too concerned with what other
7

I feel nervous if other people are watching me when I am exercising/working out.
8

I usually get nervous when I play sports in front of even a few people who are watching.
9

I feel that I will humiliate myself when I exercise/work out.
10

I don’t want the ball to come to me when I play team sports.
11

Other people’s opinions of how well I play sports do not bother me. *
12

I feel self-conscious when playing sports.
13

I pass the ball to a teammate when I get nervous.
14

I could not care less if an audience was watching me perform. *
15

I avoid social gatherings if I think they will involve an athletic activity.
16

I avoid exercising/working out where others can see me.
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Looti, M. (2026, octobre 17). Échelle d’anxiété liée à l’activité physique et au sport (PASAS). Base de données de psychologie en français. https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=echelle-anxiete-activite-physique-sport-pasas
Looti, Mohammed. “Échelle d’anxiété liée à l’activité physique et au sport (PASAS).” Base de données de psychologie en français, 17 octobre 2026, https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=echelle-anxiete-activite-physique-sport-pasas.
Looti, Mohammed. “Échelle d’anxiété liée à l’activité physique et au sport (PASAS).” Base de données de psychologie en français. octobre 17, 2026. https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=echelle-anxiete-activite-physique-sport-pasas.