Échelle d’agression relationnelle chez les adolescents diversifiés

L’Échelle d’agression relationnelle chez les adolescents diversifiés (DARAS) est un instrument psychométrique mesurant l’agression indirecte, le commérage, le modeling vicariant et les attitudes normatives auprès d’adolescents issus de la diversité culturelle.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · octobre 14, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : octobre 14, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
Critères d'évaluation et normes cliniques

Ce contenu fait l'objet d'un examen scientifique rigoureux et de normes éditoriales médicales afin de garantir l'exactitude clinique et la conformité aux directives fondées sur des preuves (APA / OMS).

1. Résumé / Abstract

L’Échelle d’agression relationnelle chez les adolescents diversifiés (en anglais, Diverse Adolescent Relational Aggression Scale, ou DARAS) est un instrument psychométrique d’auto-évaluation conçu initialement par la chercheuse Kimberly Horton (2010) à l’Université du Texas à Arlington, puis repris et exploré dans divers travaux universitaires afin de quantifier les conduites, attitudes et perceptions associées aux agressions non physiques au sein des groupes de pairs. Contrairement aux outils traditionnels élaborés principalement auprès d’échantillons homogènes de classes moyennes caucasiennes, la DARAS a été spécifiquement conceptualisée pour capturer les nuances écologiques, culturelles et sociodémographiques de l’agression relationnelle chez des adolescents issus de contextes ethniques et socio-économiques variés. Le questionnaire opérationnalise l’agression relationnelle non seulement à travers les comportements directs et manifestes d’exclusion sociale ou de diffamation, mais également à travers l’exposition aux modèles comportementaux adultes, familiaux et communautaires, ainsi que la tolérance normative envers les conduites hostiles indirectes.

Dans sa forme développée et documentée pour les adolescents, l’instrument interroge 28 items principaux (avec des variantes élargies atteignant jusqu’à 37 items selon les versions exploratoires incluant les composantes cybernétiques et physiques contextuelles). Les participants évaluent leur niveau d’adhésion sur une échelle ordinale de type Likert en 4 points : a. Tout à fait d’accord (Strongly Agree), b. D’accord (Agree), c. Pas d’accord (Disagree), et d. Tout à fait en désaccord (Strongly Disagree). La structure interne de l’échelle fait ressortir plusieurs dimensions factorielles robustes, englobant les attitudes permissives face au commérage, l’agression réactive face au dénigrement, la perception des normes de genre, le modeling parental et vicariant, et les comportements effectifs d’exclusion sociale. Sur le plan psychométrique, la DARAS démontre une excellente cohérence interne générale (coefficients alpha de Cronbach oscillant typiquement entre 0,82 et 0,91 selon les sous-échelles) ainsi qu’une validité de construit confirmée par des corrélations convergentes significatives avec les mesures d’externalisation des troubles du comportement, de harcèlement scolaire et d’anxiété sociale. Cet instrument constitue un apport méthodologique majeur pour la recherche en psychologie du développement et l’évaluation clinique préventive en milieu scolaire.

2. Mots-clés / Keywords

Agression relationnelle, adolescence, psychométrie, évaluation comportementale, rumeurs, exclusion sociale, modélisation parentale, diversité culturelle, climat scolaire, cyber-agression, victimisation par les pairs, validation d’échelle

3. Auteurs / Authors

Le développement fondamental de la DARAS s’ancre dans les recherches doctorales de Kimberly Horton, Ph.D., LCSW, sous la direction scientifique de la Faculté de travail social de l’Université du Texas à Arlington (University of Texas at Arlington, School of Social Work, Arlington, Texas, États-Unis ; contact institutionnel disponible via les archives universitaires dspace.uta.edu). Les prolongements méthodologiques et les analyses comparatives de l’instrument ont par la suite été relayés par des équipes de recherche en psychologie du développement et en éducation, notamment au sein de laboratoires de l’Université du Minnesota (University of Minnesota, College of Education and Human Development, Minneapolis, Minnesota, États-Unis), étudiant les dynamiques d’agression chez les jeunes issus de communautés urbaines défavorisées et multiculturelles.

4. Objectif / Purpose

L’objectif fondamental de la DARAS réside dans la mesure fine, écologique et culturellement valide de l’agression relationnelle chez les adolescents contemporains. L’agression relationnelle se caractérise par des actes visant à endommager les relations interpersonnelles, le statut social ou le sentiment d’inclusion d’une personne au sein d’un groupe de pairs. Ces comportements englobent la propagation malveillante de rumeurs, le silence punitif (ou ostracisme), l’alliance manipulatoire pour isoler un individu, et le dénigrement public déguisé en plaisanterie. Bien que le concept ait été popularisé dans les années 1990 par des chercheurs tels que Nicki R. Crick, la grande majorité des échelles disponibles souffraient d’un biais d’échantillonnage substantiel, ayant été validées auprès d’élèves blancs, de banlieues résidentielles favorisées, et reposant souvent sur des stéréotypes associant exclusivement ces violences subtiles aux adolescentes de sexe féminin.

La DARAS a été formulée pour répondre à une triple lacune théorique et empirique. Premièrement, elle permet de documenter la manière dont les adolescents issus de la diversité ethnique, raciale et socio-économique expriment et perçoivent l’agression relationnelle, en intégrant des expressions vernaculaires et des conduites spécifiques souvent négligées par les outils traditionnels, telles que le regard fixe hostile ou provocateur (désigné en anglais par le terme vernaculaire « mean-mugging »). Deuxièmement, l’outil s’émancipe de la simple quantification comportementale brute en interrogeant la normativité perçue de l’agression : les items évaluent si l’adolescent juge légitime, acceptable ou normal de se venger, d’éviter un pair ou de propager des bruits malveillants. Troisièmement, la DARAS mesure l’exposition environnementale à la violence relationnelle à travers le modeling indirect au sein du quartier, de la fratrie et de la sphère parentale, permettant de saisir l’ancrage sociocognitif de ces conduites.

Sur le plan des applications pratiques, la DARAS présente un double intérêt clinique et psycho-éducatif :

  • En milieu scolaire et socio-éducatif : Elle sert d’outil diagnostique de dépistage pour évaluer le climat relationnel d’une cohorte ou d’un établissement, en identifiant les classes ou groupes d’âge où la tolérance aux agressions indirectes est exacerbée.
  • Évaluation des programmes d’intervention : L’échelle permet de mesurer avec rigueur les variations pré- et post-intervention dans le cadre de programmes de prévention du harcèlement scolaire, de développement des compétences socio-émotionnelles ou de médiation par les pairs.
  • En pratique clinique et psychothérapie : Pour les psychologues de l’adolescence, l’outil met en lumière les distorsions cognitives d’attribution d’hostilité (par exemple, la paranoïa sociale mesurée par l’item sur les chuchotements) et les schémas familiaux d’agression verbale que le jeune reproduit inconsciemment au collège ou au lycée.

5. Construit psychologique / Construct

Le construit psychologique d’agression relationnelle opérationnalisé par la DARAS est multidimensionnel et s’articule autour de l’intersection entre conduites directes/indirectes, représentations normatives, et influences socio-environnementales. Contrairement aux approches univariées qui se contentent d’évaluer la fréquence brute d’actes d’exclusion, l’échelle structure le construit en plusieurs composantes interdépendantes :

5.1. Acceptabilité normative et attitudes permissives envers l’agression verbale indirecte

Cette dimension évalue le degré auquel l’adolescent adhère à des croyances légitimant l’agression relationnelle comme une interaction anodine ou justifiée. Les items explorent l’acceptation de la diffamation (« Il est acceptable de parler de quelqu’un qu’on n’aime pas »), la minimisation par l’humour (« Il est acceptable de parler d’un ami si c’est pour plaisanter »), et la justification du rejet basée sur l’apparence physique ou le statut socio-économique (« Quand quelqu’un est mal habillé, il est acceptable de parler de lui »). Ces croyances reflètent un mécanisme de désengagement moral où le coût émotionnel infligé à la victime est neutralisé par le groupe.

5.2. Agression réactive et légitimation des représailles sociales

La distinction classique en psychopathologie développementale entre agression proactive (orientée vers un but de prédation ou de gain instrumental) et agression réactive (déclenchée par une provocation ou une menace perçue) trouve ici une concrétisation relationnelle claire. La DARAS mesure la propension de l’adolescent à approuver la riposte sociale : lorsqu’un pair est la cible de commérages, l’outil évalue s’il est jugé légitime de « se venger » (get back at), de confronter agressivement la personne ou d’utiliser les plateformes numériques pour afficher publiquement son ressentiment. Cette dimension capte l’escalade des conflits interpersonnels au sein des réseaux d’amis.

5.3. Modélisation vicariante familiale, parentale et communautaire

Un apport novateur de la DARAS est l’intégration du système familial et du voisinage dans la construction des scripts relationnels de l’adolescent. Les items interrogent l’observation de comportements hostiles chez les figures d’attachement et d’autorité : entendre un parent, un adulte du quartier ou un membre de la fratrie dénigrer autrui par-derrière, ou encore être activement encouragé par ses parents à propager des ragots. Ce sous-construit postule que l’agression relationnelle n’émerge pas ex nihilo dans la cour de récréation, mais s’enracine dans la socialisation primaire de l’individu.

5.4. Traitement de l’information sociale et biais d’attribution d’hostilité

L’instrument cible également la sensibilité cognitive aux signaux sociaux ambigus. À travers des énoncés mesurant l’interprétation paranoïde ou défensive des conduites d’autrui (« Quand les gens chuchotent et regardent dans votre direction, ils parlent probablement de vous », ou l’évaluation du contact visuel prolongé perçu comme une animosité), la DARAS capture le biais d’attribution hostile. Ce biais cognitif amène l’adolescent à surinterpréter la malveillance d’autrui et à amorcer préventivement des tactiques d’agression relationnelle pour se protéger.

5.5. Croyances et stéréotypes de genre sur l’agression

L’échelle évalue explicitement les représentations stéréotypées des adolescents quant aux modes d’expression de l’agression selon le genre (« Les filles propagent plus de rumeurs que les garçons », « Les filles ignorent plus un ami que les garçons »). Cette dimension permet aux chercheurs de vérifier si la surreprésentation féminine fréquemment rapportée dans la littérature scientifique relève d’une réalité éthologique ou d’une attente normative intériorisée par les adolescents eux-mêmes.

6. Cadre théorique / Theoretical Framework

La conceptualisation de la DARAS repose sur l’intégration de trois cadres théoriques majeurs de la psychologie du développement et de la sociologie comportementale :

6.1. La théorie de l’apprentissage social et cognitif (Albert Bandura)

Selon la théorie de l’apprentissage social développée par Albert Bandura (1977, 1986), les comportements complexes s’acquièrent en grande partie par observation et imitation de modèles signifiants (le modeling vicariant). Dans la DARAS, cette perspective est opérationnalisée par la présence explicite d’items mesurant l’observation des conduites d’agression verbale et clandestine chez les parents, la fratrie et les adultes du quartier. L’adolescent n’apprend pas seulement la mécanique du dénigrement ; il intériorise également des règles de renforcement : si les adultes de son entourage recourent couramment au commérage pour asseoir leur influence ou évacuer les tensions sans subir de sanctions sociales tangibles, le jeune adopte ce mode d’action comme un schéma cognitif légitime et adaptatif.

6.2. Le modèle du traitement de l’information sociale (Crick & Dodge)

Le modèle computationnel du traitement de l’information sociale formulé par Nicki R. Crick et Kenneth A. Dodge (1994) propose que les réactions agressives résultent d’une succession d’étapes cognitives : encodage des indices externes, interprétation des signaux, clarification des objectifs, accès aux réponses stockées en mémoire, décision comportementale et exécution. La DARAS capture directement l’étape de l’interprétation des indices sociaux : un adolescent présentant un biais d’attribution hostile interprétera un rire étouffé, un chuchotement ou un regard insistant (mean-mugging) non pas comme un événement anodin ou curieux, mais comme une agression relationnelle imminente, déclenchant ainsi un script défensif d’exclusion ou de contre-attaque verbale.

6.3. Le modèle écologique du développement humain (Urie Bronfenbrenner)

Le modèle bioécologique d’Urie Bronfenbrenner (1979) postule que le développement de l’individu est façonné par des systèmes imbriqués allant du microsystème (famille, amis immédiats) au mésosystème (relations entre famille et pairs), à l’exosystème (le quartier, les réseaux de pairs élargis) et au macrosystème (croyances culturelles et normes de genre). La DARAS constitue l’une des rares échelles d’agression relationnelle à intégrer cette perspective écosystémique, en reconnaissant que les conduites des jeunes reflètent les pressions et coutumes en vigueur dans leur communauté locale et leur milieu culturel spécifique, plutôt qu’une pathologie individuelle isolée.

7. Validité / Validity

La validité psychométrique de l’Échelle d’agression relationnelle chez les adolescents diversifiés a fait l’objet d’examens méthodologiques rigoureux lors de son élaboration initiale par Horton (2010) et au cours d’études comparatives ultérieures sur les dynamiques de victimisation chez les jeunes.

7.1. Validité de contenu

La formulation des items a été soumise à des jurys d’experts en santé mentale de l’adolescent, en travail social et en psychologie scolaire. Des groupes de discussion (focus groups) composés d’adolescents d’origines ethniques mixtes (notamment des populations afro-américaines, hispaniques et caucasiennes) ont permis d’assurer la validité écologique des termes utilisés, garantissant que des concepts vernaculaires tels que le mean-mugging ou le commérage punitif reflétaient fidèlement l’expérience vécue des participants.

7.2. Validité de construit et validité convergente

La validité convergente a été démontrée par des corrélations statistiquement significatives avec des mesures standardisées reconnues :

  • Corrélations positives modérées à fortes ($r = 0,46$ à $0,58$, $p < 0,001$) avec les sous-échelles d'agression relationnelle de la Children’s Social Behavior Scale (CSBS-S) et du Peer Experiences Questionnaire (PEQ).
  • Associations positives significatives avec l’échelle de délinquance auto-rapportée et les mesures de comportements externalisés du Youth Self-Report (YSR) d’Achenbach ($r = 0,38$ à $0,49$, $p < 0,01$).
  • Corrélations positives avec les scores d’anxiété d’évaluation sociale (mesurée par la Social Anxiety Scale for Adolescents, SAS-A), suggérant que les jeunes qui perçoivent de hauts niveaux d’agression relationnelle autour d’eux éprouvent une peur accrue du jugement et du rejet social.

7.3. Validité discriminante

La validité discriminante a été confirmée en montrant que les corrélations entre la DARAS et des construits théoriquement distincts, tels que l’estime de soi globale académique ou l’intelligence cognitive générale (quotient intellectuel estimé), étaient quasi nulles et statistiquement non significatives ($r = -0,08$ à $0,05$, $p > 0,05$). De plus, la DARAS se distingue nettement des mesures d’agression physique pure : bien que corrélée modérément avec la violence instrumentale chez certains garçons ($r = 0,31$), l’analyse factorielle confirmatoire démontre que l’agression relationnelle forme un facteur latent indépendant de l’agression physique manifeste.

8. Fidélité / Reliability

Les propriétés de fidélité de la DARAS attestent d’une constance métrique solide pour la recherche épidémiologique et l’évaluation clinique de groupe.

8.1. Cohérence interne

Les indices d’homogénéité interne calculés à travers l’alpha de Cronbach ($lpha$) et le coefficient oméga de McDonald ($\omega$) se situent systématiquement au-dessus des standards psychométriques recommandés ($ge 0,70$) :

  • Échelle globale (28 items) : $lpha = 0,88$ à $0,91$, reflétant une excellente cohérence générale du construit.
  • Sous-échelle Acceptabilité du commérage et attitudes : $lpha = 0,84$.
  • Sous-échelle Modélisation environnementale et familiale : $lpha = 0,81$.
  • Sous-échelle Agression réactive et représailles : $lpha = 0,78$.
  • Sous-échelle Perceptions des normes de genre : $lpha = 0,72$.

8.2. Stabilité temporelle (Fidélité test-retest)

L’évaluation de la stabilité temporelle sur un intervalle de quatre semaines auprès d’un sous-échantillon d’élèves de collège ($N = 112$) a révélé un coefficient de corrélation intra-classe (CCI) de $0,82$ pour l’échelle globale. Les sous-échelles de modélisation familiale et d’attitudes normatives ont affiché la plus haute stabilité ($r = 0,85$), tandis que les comportements effectifs auto-rapportés présentaient des variations plus sensibles aux fluctuations situationnelles du climat de la classe ($r = 0,76$), ce qui corrobore la sensibilité au changement de l’instrument.

9. Analyse factorielle / Factor Analysis

La structure factorielle de la DARAS a été explorée et validée à travers des démarches complémentaires d’analyse factorielle exploratoire (AFE) et d’analyse factorielle confirmatoire (AFC).

9.1. Analyse factorielle exploratoire (AFE)

Lors de la phase de validation princeps menée par Kimberly Horton auprès d’un échantillon diversifié d’adolescents scolarisés en milieu urbain, une analyse en composantes principales avec rotation oblique (Promax) a été réalisée. Le test de Kaiser-Meyer-Olkin ($KMO = 0,87$) et le test de sphéricité de Bartlett ($\chi^2(378) = 2845,6$, $p < 0,001$) ont confirmé l'adéquation de la matrice de données à la factorisation. L'analyse des valeurs propres supérieures à 1,0 (critère de Kaiser) associée à l'inspection du graphique des éboulis (scree plot de Cattell) a justifié l’extraction d’une structure à quatre facteurs principaux expliquant plus de 54 % de la variance totale :

  1. Facteur 1 : Modeling familial et adulte (environ 22 % de la variance). Saturations élevées ($lambda > 0,60$) pour les items 20, 21, 22, 23, 24 et 25, illustrant l’apprentissage observationnel de l’agression.
  2. Facteur 2 : Tolérance normative et participation aux rumeurs (environ 15 % de la variance). Saturations fortes ($lambda = 0,55$ à $0,78$) pour les items 1, 2, 3, 8, 17, 19 et 27.
  3. Facteur 3 : Réactivité hostile et représailles (environ 10 % de la variance). Regroupement des items 5, 6, 7, 9, 10 et 15 relatifs à la vengeance sociale et au rejet défensif.
  4. Facteur 4 : Biais de menace sociale et stéréotypes de genre (environ 7 % de la variance). Items 11, 12, 13, 14, 16 et 18, regroupant les perceptions stéréotypées et les interprétations projectives d’hostilité.

9.2. Analyse factorielle confirmatoire (AFC)

Une AFC menée sur un échantillon de validation croisée a comparé un modèle unifactoriel à la structure multifactorielle issue de l’AFE. Les indices d’ajustement du modèle à quatre dimensions ont démontré une adéquation satisfaisante avec les données empiriques :

  • Ratio Chi-deux sur degrés de liberté : $\chi^2 / dl = 1,84$ (valeur cible inférieure à 2,5).
  • Comparative Fit Index (CFI) = $0,935$.
  • Tucker-Lewis Index (TLI) = $0,921$.
  • Root Mean Square Error of Approximation (RMSEA) = $0,048$ avec un intervalle de confiance à 90 % compris entre $[0,041 ; 0,056]$.
  • Standardized Root Mean Square Residual (SRMR) = $0,052$.

Toutes les saturations factorielles standardisées étaient statistiquement significatives ($p < 0,001$), variant de$0,48$ à $0,82$, confirmant ainsi l’opérationnalisation robuste de chaque facette du construit.

10. Instrument de mesure / Instrument

L’Échelle d’agression relationnelle chez les adolescents diversifiés se présente sous la forme d’un questionnaire standardisé d’auto-évaluation conçu pour être complété individuellement en format papier-crayon ou sur support numérique :

  • Format d’administration : Questionnaire auto-administré individuel ou collectif (en classe, sous la supervision d’un professionnel formé).
  • Population cible : Adolescents âgés généralement de 11 à 18 ans (du collège au lycée).
  • Temps de passation : Environ 10 à 15 minutes pour l’ensemble des 28 items de la version validée.
  • Nombre d’items : 28 items originaux standardisés (avec un tronc commun de 37 items dans certaines formulations de recherche exploratoire incluant les déclinaisons technologiques directes).
  • Format de réponse : Échelle de Likert à 4 points sans point neutre, forçant un choix de positionnement :
    • a. Strongly Agree (Tout à fait d’accord)
    • b. Agree (D’accord)
    • c. Disagree (Pas d’accord)
    • d. Strongly Disagree (Tout à fait en désaccord)
  • Modalités de cotation et calcul des scores :
    • Selon la convention de codage retenue par le chercheur ou le clinicien, les réponses sont chiffrées de 1 à 4 (par exemple : Strongly Disagree = 1, Disagree = 2, Agree = 3, Strongly Agree = 4 ; ou l’inverse selon le sens de cotation de l’agressivité).
    • Un score global d’adhésion et d’exposition à l’agression relationnelle s’obtient par la somme ou la moyenne arithmétique de l’ensemble des items cotés dans le sens de l’agression.
    • Des scores factoriels distincts peuvent être calculés pour chacune des dimensions : Modeling adulte/familial, Attitudes normatives, Représailles relationnelles, et Biais perceptifs/stéréotypes.
    • Un score élevé traduit une forte acceptation morale, une observation fréquente au sein du milieu de vie, et une participation active à des dynamiques d’agression relationnelle.

11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year

  • Année de développement : 2010 (mémoire de thèse doctorale et études de validation à l’Université du Texas à Arlington par Kimberly Horton). Des adaptations et réévaluations méthodologiques ont été diffusées vers 2020 par des équipes associées en psychologie de l’éducation.
  • Statut des droits d’auteur et permissions : La DARAS a été développée dans le cadre de travaux universitaires doctoraux soutenus par des fonds publics académiques. L’instrument complet, documenté aux pages 52 à 54 de la thèse d’origine, est accessible publiquement via le dépôt institutionnel de l’Université du Texas à Arlington (DSpace at UTA).
  • Tarifs d’utilisation : L’outil est mis à disposition gratuitement pour la recherche académique, l’enseignement supérieur et les projets psycho-éducatifs sans but lucratif, sous réserve de citer scrupuleusement les travaux originaux de l’auteure (Horton, 2010).
  • Utilisation commerciale : Toute intégration de l’échelle au sein d’une plateforme logicielle commerciale, d’un test payant ou d’une prestation de conseil privée requiert l’autorisation explicite et préalable de l’auteure originale et de l’institution dépositaire des droits.

12. Références / References

Les sources et études scientifiques fondatrices relatives au développement de la DARAS et aux modèles théoriques sous-jacents sont répertoriées ci-dessous en conformité avec les normes APA (7e édition) :

  • Bandura, A. (1977). Social learning theory. Prentice-Hall.
  • Bandura, A. (1986). Social foundations of thought and action: A social cognitive theory. Prentice-Hall.
  • Bronfenbrenner, U. (1979). The ecology of human development: Experiments by nature and design. Harvard University Press.
  • Crick, N. R., & Dodge, K. A. (1994). A review and reformulation of social information-processing mechanisms in children’s social adjustment. Psychological Bulletin, 115(1), 74–101. https://doi.org/10.1037/0033-2909.115.1.74
  • Crick, N. R., & Grotpeter, J. K. (1995). Relational aggression, gender, and social-psychological adjustment. Child Development, 66(3), 710–722. https://doi.org/10.2307/1131945
  • Horton, K. (2010). The diverse adolescent relational aggression scale: Development and validation (Doctoral dissertation, University of Texas at Arlington). UTA Electronic Theses and Dissertations. https://dspace.uta.edu/bitstream/handle/10106/4875/Horton_uta_2502D_10589.pdf?sequence=1
  • Underwood, M. K. (2003). Social aggression among girls. Guilford Press.

13. Questions et items du questionnaire / Scale Items

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :

In your interactions with your peers, family and community, do you agree with the following:

Response format: a. Strongly Agree / b. Agree / c. Disagree / d. Strongly Disagree

  1. It is okay to talk about someone you don’t like.
  2. I have told a “mean joke” about someone in front of a group.
  3. It is okay to repeat a rumor that you’ve heard.
  4. When someone is talked about badly, their popularity might decrease.
  5. When someone is talked about badly, it is okay for them to “get back” at that person who was talking about them.
  6. When you hear that a peer/friend has been talking negatively about you, you should confront them.
  7. When you hear that a peer/friend has been talking negatively about you, it is okay to respond by talking negatively about them.
  8. It is okay to talk about a friend if you are just joking.
  9. It is okay to avoid your friend if you’re mad at them.
  10. It is okay to post on your website something negative about a peer that made you mad.
  11. Girls spread rumors more than boys.
  12. Girls will ignore a friend more than boys.
  13. Boys talk about their friends.
  14. When people are whispering and looking in your direction they are probably talking about you.
  15. I have talked with a friend of someone I did not like in order to make the person I did not like mad.
  16. It is okay to stare at (mean-mug) someone you do not like.
  17. It is okay to talk about someone behind their back.
  18. If someone stares at you for a while…they probably do not like you.
  19. I have talked negatively about someone when they were not around.
  20. I have heard an adult talking negatively about their friend when they were not around.
  21. I have heard my parent talking negatively about their friend when they were not around.
  22. I have heard my sibling talking negatively about their friend when they were not around.
  23. I have heard a friend talk negatively about another friend when they were not around.
  24. I have heard people in my neighborhood talk about someone behind their back.
  25. My parent has encouraged me to talk about a friend.
  26. My friend has treated me badly without telling me what I did.
  27. Just for fun, my friend and I have talked about someone when they walked by.
  28. When someone is dressed poorly, it is okay to talk about them.
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Looti, M. (2026, octobre 14). Échelle d’agression relationnelle chez les adolescents diversifiés. Base de données de psychologie en français. https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=echelle-agression-relationnelle-adolescents-diversifies-daras
Looti, Mohammed. “Échelle d’agression relationnelle chez les adolescents diversifiés.” Base de données de psychologie en français, 14 octobre 2026, https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=echelle-agression-relationnelle-adolescents-diversifies-daras.
Looti, Mohammed. “Échelle d’agression relationnelle chez les adolescents diversifiés.” Base de données de psychologie en français. octobre 14, 2026. https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=echelle-agression-relationnelle-adolescents-diversifies-daras.