Indice de justice distributive

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · octobre 17, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : octobre 17, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
Critères d'évaluation et normes cliniques

Ce contenu fait l'objet d'un examen scientifique rigoureux et de normes éditoriales médicales afin de garantir l'exactitude clinique et la conformité aux directives fondées sur des preuves (APA / OMS).

1. Résumé / Abstract

L’Indice de justice distributive (connu en anglais sous le nom de Distributive Justice Index ou DJI) est un instrument psychométrique de référence élaboré à l’origine par les sociologues et psychologues organisationnels James L. Price et Charles W. Mueller en 1986. Conçu pour opérer dans le cadre des recherches en comportement organisationnel, en gestion des ressources humaines et en psychologie du travail, cet outil évalue de manière ciblée la perception qu’ont les employés de l’équité distributive au sein de leur environnement professionnel. Plus spécifiquement, le DJI mesure le degré selon lequel les rétributions et récompenses obtenues par les salariés (incluant les gratifications financières, la reconnaissance symbolique, le statut et les ressources matérielles) sont perçues comme étant proportionnelles et congruentes à leurs apports individuels, à savoir leur niveau d’effort, leur expérience professionnelle, leur formation académique, la qualité de leurs prestations ainsi que leur capacité à surmonter les contraintes et tensions inhérentes à leurs fonctions.

Dans sa forme standard originale, le DJI comprend six items mesurés sur une échelle de réponse de type Likert en cinq points, allant de 1 (« les récompenses ne sont pas du tout réparties équitablement ») à 5 (« les récompenses sont très équitablement réparties »). Le questionnaire s’appuie structurellement sur une dimensionnalité unifactorielle épurée, captant l’alignement perçu entre rétributions (outcomes) et contributions (inputs). Des variantes et adaptations contextuelles, notamment celle proposée par Mansour-Cole et Scott en 1998, ont également examiné l’équité comparative par rapport aux collègues directs.

Sur le plan psychométrique, le Distributive Justice Index démontre d’excellentes propriétés de fidélité et de validité empirique. La cohérence interne de l’échelle est remarquablement robuste, affichant des coefficients alpha de Cronbach oscillant continuellement entre .75 et .94 au fil des différentes validations transversales et longitudinales. Les analyses factorielles confirmatoires établissent sans ambiguïté son unidimensionnalité et confirment sa validité discriminante par rapport à la justice procédurale, à la justice interactionnelle et aux diverses facettes de la satisfaction salariale. Enfin, l’instrument montre une validité de construit et de critère rigoureuse, corrélant de façon hautement significative avec la satisfaction au travail, l’engagement organisationnel, les comportements de citoyenneté organisationnelle (OCB) et l’intention de départ des salariés.

2. Mots-clés / Keywords

Justice distributive, justice organisationnelle, équité perçue, théorie de l’équité, rétributions professionnelles, satisfaction au travail, engagement organisationnel, psychométrie du travail, comportement organisationnel, James L. Price, Charles W. Mueller, évaluation des récompenses, intrants et extrants, climat organisationnel, comportements de citoyenneté organisationnelle.

3. Auteurs / Authors

L’Indice de justice distributive a été formulé et formalisé par deux chercheurs de premier plan dans l’analyse empirique du fonctionnement des organisations :

  • James L. Price, Ph.D. : Professeur émérite de sociologie à l’Université de l’Iowa (University of Iowa), Iowa City, États-Unis. Spécialiste reconnu à l’échelle internationale pour ses modélisations théoriques et empiriques du roulement du personnel (employee turnover), de l’absentéisme et de la formalisation des mesures quantitatives dans les organisations complexes. Auteur d’ouvrages méthodologiques fondamentaux, dont le Handbook of Organizational Measurement.
  • Charles W. Mueller, Ph.D. : Professeur émérite de sociologie à l’Université de l’Iowa (University of Iowa), Iowa City, États-Unis. Chercheur éminent dont les travaux portent sur la sociologie du travail, les inégalités de rémunération, la stratification sociale, la justice distributive en contexte professionnel et les déterminants structurels de l’attachement organisationnel. Coauteur prolifique avec James Price sur les dynamiques d’intégration et de rétention des travailleurs.

Des travaux d’adaptation et d’extension empirique notables ont par la suite été conduits par Dina M. Mansour-Cole et Susanne G. Scott (1998), affiliées au Department of Management de l’Université de Clemson et de l’Université du Colorado, qui ont investigué l’échelle dans des contextes de restructurations organisationnelles et de réductions d’effectifs.

4. Objectif / Purpose

L’objectif fondamental de l’Indice de justice distributive (DJI) est de fournir aux chercheurs et aux praticiens de la psychologie du travail un outil standardisé, concis et psychométriquement rigoureux permettant d’évaluer la perception individuelle de l’équité des résultats reçus en milieu de travail. Dans les sciences administratives et psychologiques, le concept de justice distributive ne se limite pas à une simple évaluation monétaire ou salariale. Il renvoie à la manière dont un individu perçoit l’équilibre moral et social entre les ressources qu’il investit dans son travail (les intrants ou inputs) et les bénéfices tangibles ou intangibles qu’il en retire (les extrants ou outcomes).

Dans les environnements professionnels contemporains, les employés apportent une multiplicité de contributions : des compétences intellectuelles certifiées par une formation académique, des années d’expérience accumulée, des efforts physiques et cognitifs continus, une assiduité rigoureuse ainsi qu’une tolérance face aux exigences émotionnelles, aux stresseurs et aux pressions du rôle. En contrepartie, ils attendent de l’organisation une distribution juste et cohérente de diverses rétributions : salaires, primes au mérite, promotions, opportunités de développement, prestige symbolique, reconnaissance hiérarchique et conditions matérielles de travail adéquates. Le DJI a été conçu pour opérationnaliser ce ratio d’équité de manière multidimensionnelle dans ses intrants mais synthétique dans son construit global.

Sur le plan des applications en recherche, le DJI est massivement employé pour étudier les antécédents et les conséquences psychologiques de la justice organisationnelle. Il permet d’élucider comment la perception d’iniquité distributive engendre des phénomènes de dissonance cognitive, de désengagement psychologique, de détérioration de la santé mentale au travail (syndrome d’épuisement professionnel ou burnout) et d’augmentation des intentions de démission. À l’inverse, une justice distributive élevée constitue un prédicteur puissant de l’identification organisationnelle, de la motivation intrinsèque et de l’implication dans des tâches dépassant le cadre formel du contrat de travail (les comportements de citoyenneté organisationnelle).

Dans le champ des applications organisationnelles et du conseil RH, l’outil sert d’indicateur diagnostic précieux. Il offre la possibilité d’auditer les systèmes de rémunération globale, d’identifier les écarts de perception entre différents départements ou échelons hiérarchiques, et de piloter des interventions lors de périodes critiques telles que les fusions-acquisitions, les restructurations ou la refonte des grilles de classification professionnelle. Mesurer la justice distributive via le DJI permet d’isoler l’impact psychologique de l’attribution des récompenses, indépendamment de la qualité des procédures formelles de décision.

5. Construit psychologique / Construct

Le construit mesuré par le Distributive Justice Index s’inscrit au cœur de la justice organisationnelle, un domaine conceptuel subdivisé en justice distributive, justice procédurale (équité des processus menant aux décisions) et justice interactionnelle (qualité du traitement interpersonnel et communicationnel). Le DJI isole rigoureusement la composante distributive.

Le modèle sous-jacent repose sur la notion d’équité proportionnelle, formalisée comme un jugement cognitif par lequel un collaborateur compare ses rétributions reçues à différents référents d’intrants. L’instrument explore six facettes critiques de ces intrants :

  • Les responsabilités opérationnelles (Item 1) : Évaluation de l’adéquation entre l’ampleur des charges, le niveau de délégation, le pouvoir décisionnel, l’imputabilité des erreurs et la rétribution accordée. Un employé portant des responsabilités stratégiques sans gratification proportionnée ressent une iniquité distributive marquée.
  • L’éducation et la qualification académique (Item 2) : Prise en compte du capital humain initial, des diplômes obtenus et des formations professionnelles continues certifiées. L’individu évalue si ses investissements éducatifs préalables sont justement valorisés par l’organisation.
  • L’expérience professionnelle (Item 3) : Valorisation de la séniorité, de l’expertise tacite accumulée au fil du temps et du savoir-faire métier. L’équité exige que la maturité professionnelle soit reconnue comparativement aux profils débutants.
  • L’effort et l’engagement déployé (Item 4) : Mesure de l’énergie physique, cognitive et temporelle investie dans l’accomplissement quotidien des missions. Cet intrant reflète la mobilisation volitive de l’agent au travail.
  • La performance et le travail bien fait (Item 5) : Alignement des rétributions sur les résultats qualitatifs et quantitatifs objectifs, l’excellence opérationnelle et la valeur ajoutée générée pour l’organisation. C’est l’essence même du principe de mérite.
  • Les contraintes, tensions et stresseurs du poste (Item 6) : Reconnaissance de la pénibilité physique, de la charge mentale, du stress émotionnel, des risques ergonomiques ou psychosociaux subis lors de l’exécution du travail. L’équité distributive impose une compensation adéquate pour l’adversité vécue.

Bien que ces six facettes renvoient à des contributions hétérogènes, le DJI les intègre dans un score composite global représentant la perception générale de justice distributive de l’individu. L’outil capte ainsi la résultante cognitive de cette évaluation globale : l’employé juge si l’organisation honore le contrat psychologique implicite liant son investissement global aux gratifications reçues.

6. Cadre théorique / Theoretical Framework

Le cadre théorique cardinal du Distributive Justice Index repose sur la théorie de l’équité développée par le psychologue John Stacey Adams (1963, 1965). Inscrite dans le courant des théories de la motivation et de l’échange social (théorie de l’échange social de George Homans et Peter Blau), la théorie d’Adams postule que les individus évaluent la justice de leur situation en calculant un ratio psychologique entre leurs rétributions perçues ($O_p$) et leurs contributions investies ($I_p$), qu’ils comparent ensuite au ratio d’un référent de comparaison ($O_a / I_a$) :

$$\frac{\text{Rétributions de la personne (Outcomes)}}{\text{Contributions de la personne (Inputs)}} long\leftrightarrow \frac{\text{Rétributions d’autrui (Outcomes)}}{\text{Contributions d’autrui (Inputs)}}$$

Lorsque ces deux ratios sont perçus comme égaux, l’individu fait l’expérience d’un sentiment de justice et d’équité distributive. En revanche, si une asymétrie apparaît (qu’elle soit en défaveur de l’employé — sous-rémunération relative — ou plus rarement en sa faveur — sur-rémunération relative), un état de tension psychologique désagréable (dissonance cognitive) est suscité. Selon Adams, cette tension pousse l’individu à agir pour rétablir l’équilibre : soit en modifiant ses intrants (baisse de l’effort, absentéisme, démotivation), soit en tentant de modifier ses rétributions (revendications salariales, comportements contre-productifs, vol), soit en modifiant ses perceptions cognitives, soit en quittant l’organisation.

Price et Mueller (1986) ont enrichi cette approche en intégrant la justice distributive dans un modèle causal d’intégration organisationnelle beaucoup plus vaste. Ils ont soutenu que la justice distributive n’agit pas de manière isolée, mais constitue un déterminant structurel central influençant directement la satisfaction au travail et l’engagement organisationnel, lesquels agissent comme médiateurs directs de l’intention de départ et du roulement effectif du personnel.

Plus tard, les travaux de Robert Folger (notamment la théorie de la justice référente, Referent Cognitions Theory) et les recherches comparatives de Sweeney et McFarlin (1993, 1997) ont permis de consolider la spécificité théorique de la justice distributive. Ces auteurs ont mis en évidence le « modèle à deux variables » (two-factor model de la justice), démontrant que la justice distributive est un prédicteur prééminent des réactions individuelles au niveau micro (par exemple, la satisfaction salariale, l’évaluation du poste personnel), alors que la justice procédurale prédit préférentiellement les attitudes systémiques au niveau macro (la confiance envers la direction générale et l’engagement envers l’institution dans son ensemble).

7. Validité / Validity

La validité psychométrique de l’Indice de justice distributive a été documentée de manière approfondie dans de multiples études empiriques depuis sa parution en 1986, couvrant des échantillons diversifiés de professionnels de santé, de cadres d’entreprise, d’employés administratifs et d’ouvriers industriels.

Validité convergente et corrélations nomologiques

L’indice présente des corrélations positives robustes et théoriquement cohérentes avec une constellation de variables fondamentales du comportement organisationnel. Dans l’étude séminale de Moorman (1991), la justice distributive mesurée par le DJI corrélait significativement avec la satisfaction générale au travail ($r = .35$ à $.52$, $p < .001$), la justice procédurale ($r = .40$ à $.60$) et la justice interactionnelle. Moorman a également mis en évidence des liens prédictifs forts entre le DJI et les comportements de citoyenneté organisationnelle (OCB), en particulier les dimensions d’altruisme, de courtoisie, d’esprit d’équipe (sportsmanship) et de conscience professionnelle.

Par ailleurs, les recherches de McFarlin et Sweeney (1992) ainsi que de Sweeney et McFarlin (1993) ont corroboré que des scores élevés au DJI sont corrélés positivement avec :

  • La satisfaction à l’égard de la rémunération ($r > .60$) ;
  • L’engagement organisationnel affectif ;
  • L’évaluation favorable du superviseur direct par les subordonnés ;
  • La qualité de la relation d’échange leader-membre (Leader-Member Exchange, LMX) ;
  • Le sentiment de contrôle personnel sur son travail.

Dans leur recherche sur les restructurations et les réductions d’effectifs, Mansour-Cole et Scott (1998) ont montré que le DJI corrélait positivement avec la mesure dans laquelle les salariés survivants estimaient avoir bénéficié personnellement du processus de réorganisation, ainsi qu’avec l’âge et la maturité professionnelle des collaborateurs.

Validité discriminante

Un enjeu majeur lors du développement du DJI était de s’assurer qu’il mesurait un concept empiriquement distinct de la justice procédurale et de la satisfaction salariale brute. Grâce à des analyses factorielles confirmatoires rigoureuses, Sweeney et McFarlin (1993) ont démontré la nette séparation factorielle entre la justice distributive et la justice procédurale, les modèles à deux facteurs distincts s’ajustant significativement mieux aux données empiriques que les modèles unifactoriels combinés.

De même, DeConinck, Stilwell et Brock (1996) ont examiné la validité discriminante du DJI face au Pay Satisfaction Questionnaire (PSQ) de Heneman et Schwab. Leurs analyses factorielles confirmatoires ont révélé que la justice distributive mesurée par le DJI constitue une entité psychométrique distincte des quatre dimensions du PSQ (satisfaction à l’égard des avantages sociaux, des augmentations récentes, du niveau et de la structure salariale, et de l’administration du plan de paye). Cela prouve que le DJI mesure bien un jugement d’équité morale comparative et non un simple contentement financier hédoniste.

8. Fidélité / Reliability

La fidélité de l’Indice de justice distributive a été soumise à des évaluations quantitatives répétées sur des cohortes d’employés volumineuses et hétérogènes. Les indices de cohérence interne mesurés par le coefficient alpha de Cronbach révèlent une homogénéité des items de premier ordre.

Dans les publications empiriques majeures utilisant la version originale à 6 items de Price et Mueller, les coefficients alpha se situent de façon constante dans une fourchette comprise entre .75 et .94 :

  • Moorman (1991) : Dans son étude examinant les liens entre justice et citoyenneté organisationnelle auprès de salariés du secteur privé, l’auteur rapporte un coefficient alpha de Cronbach de .94 pour l’échelle de justice distributive, témoignant d’une excellente consistance interne sans redondance excessive.
  • McFarlin et Sweeney (1992) : Sur un échantillon de 675 employés de banque, les auteurs obtiennent un alpha de .90, démontrant la grande précision de mesure du score global.
  • Sweeney et McFarlin (1993) : Dans une vaste enquête organisationnelle multicentrique, ils rapportent un alpha de Cronbach de .92.
  • Mansour-Cole et Scott (1998) : En appliquant l’échelle modifiée dans un contexte industriel sensible de plan social, les chercheuses observent un alpha de .88.
  • DeConinck et al. (1996) : Dans leur modélisation structurelle comparant justice et satisfaction salariale, la fidélité composite de l’indice atteint .91.

En outre, les corrélations inter-items sont généralement situées entre .50 et .78, et les corrélations item-total corrigées dépassent systématiquement le seuil critique conventionnel de .40 (se situant majoritairement au-dessus de .65). Les études longitudinales menées par Price et Mueller sur le roulement du personnel ont également démontré une excellente stabilité temporelle (fidélité test-retest) sur des intervalles de plusieurs mois, confirmant que le DJI mesure une disposition évaluative relativement stable du climat de travail plutôt qu’une fluctuation émotionnelle transitoire.

9. Analyse factorielle / Factor Analysis

Les investigations psychométriques fondées sur l’analyse factorielle exploratoire (AFE) et l’analyse factorielle confirmatoire (AFC) ont confirmé de manière éclatante l’unidimensionnalité du Distributive Justice Index.

Initialement, Price et Mueller (1986) ont conçu l’échelle comme une mesure unifactorielle où chaque item reflète un angle particulier du même concept sous-jacent : la parité récompenses/contributions. L’analyse en composantes principales révèle systématiquement un facteur dominant unique présentant une valeur propre (eigenvalue) nettement supérieure au critère de Kaiser (> 1, souvent supérieure à 4.0), expliquant entre 65 % et 78 % de la variance totale des scores selon les études.

Sweeney et McFarlin (1993) ont mené des analyses factorielles confirmatoires rigoureuses à l’aide de modèles d’équations structurelles (LISREL). Leurs analyses ont testé l’adéquation d’un modèle unifactoriel du DJI par rapport à des structures concurrentes. Les saturations factorielles (factor loadings standardisées, $lambda$) des six items sur le facteur latent unique de justice distributive sont remarquablement élevées, oscillant généralement entre .72 et .91, toutes statistiquement significatives ($p < .001$). Les indices d'ajustement du modèle unidimensionnel atteignaient d'excellents standards de qualité :

  • Indice de bonté d’ajustement comparatif (CFI) $> .96$ ;
  • Indice de Tucker-Lewis (TLI) $> .95$ ;
  • Erreur quadratique moyenne d’approximation (RMSEA) $< .06$ ;
  • Résidu standardisé quadratique moyen (SRMR) $< .04$.

Les AFC comparatives ont également validé la séparation orthogonale ou oblique modérée entre ce facteur de justice distributive et les facteurs latents de justice procédurale (souvent mesurée par l’échelle de Folger ou de Leventhal) et de justice interactionnelle (échelle de Bies et Moag). Lorsque les chercheurs ont forcé les items de justice distributive et de justice procédurale à saturer sur un seul facteur global de justice, la dégradation du chi-carré ($\Delta\chi^2$) était massive et hautement significative, rejetant sans équivoque la fusion des concepts et confirmant l’autonomie structurale du DJI.

10. Instrument de mesure / Instrument

Le Distributive Justice Index (DJI) est un questionnaire auto-administré conçu pour une passation rapide et standardisée. Ci-dessous figurent les spécifications techniques de l’instrument :

  • Type de mesure : Échelle psychométrique auto-rapportée (self-report inventory).
  • Domaine d’application : Psychologie organisationnelle, sociologie du travail, gestion des ressources humaines, audit social.
  • Nombre d’items : 6 questions directes (version originale Price & Mueller, 1986).
  • Format d’administration : Papier-crayon ou passation informatisée / en ligne. Temps moyen de passation estimé à 2 à 3 minutes.
  • Échelle de réponse (Format officiel original obligatoire) :

    Échelle de type Likert en 5 points avec ancrage graduel de l’équité perçue :

    • 1 = rewards are not distributed at all fairly (les récompenses ne sont pas du tout réparties équitablement)
    • 2 = very little fairness (très peu d’équité)
    • 3 = some fairness (une certaine équité / modérément équitable)
    • 4 = quite fairly distributed (réparties tout à fait équitablement)
    • 5 = rewards are very fairly distributed (les récompenses sont très équitablement réparties)
  • Consigne originale : L’instrument définit explicitement la notion de justice au préambule : l’équité réfère à la mesure dans laquelle les contributions d’une personne à l’organisation sont reliées aux récompenses reçues. Des exemples explicites de récompenses (argent, reconnaissance symbolique, moyens et locaux matériels) sont fournis aux répondants pour contextualiser leur jugement.
  • Cotation et calcul des scores :
    • L’instrument ne contient aucun item inversé ; tous les items sont formulés dans le sens direct d’une plus grande équité perçue.
    • Le score global s’obtient en calculant soit la somme arithmétique brute des 6 items (score total variant de 6 à 30 points), soit la moyenne non pondérée des scores (score moyen variant de 1.00 à 5.00).
    • Un score proche de 1 indique un sentiment aigu d’injustice et d’iniquité distributive dans l’organisation.
    • Un score autour de 3 traduit une perception de justice neutre ou ambivalente.
    • Un score proche de 5 reflète un niveau très élevé de justice distributive perçue et une forte congruence entre efforts et gratifications.

11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year

Année de publication princeps : 1986 (dans l’ouvrage méthodologique classique de James L. Price et Charles W. Mueller, Handbook of Organizational Measurement, publié par Pitman Publishing).

Statut légal et droits de reproduction : Le questionnaire original a été publié sous copyright éditorial par Pitman Publishing en 1986. Toutefois, dans les traditions académiques de la recherche en comportement organisationnel, l’échelle a été mise à la disposition de la communauté scientifique internationale pour un usage non commercial de recherche et d’enseignement.

Conditions d’accès et tarifs :

  • Recherche académique et thèses universitaires : L’accès est gratuit. Les chercheurs et étudiants peuvent utiliser, administrer et reproduire les items du DJI sans frais de licence, sous réserve expresse de citer de manière appropriée les publications de Price et Mueller (1986) ainsi que les études de validation subséquentes (Sweeney & McFarlin, 1993 ; Moorman, 1991).
  • Usage commercial, consulting RH et plateformes logicielles payantes : Tout usage intégré dans des batteries de tests commerciales à des fins lucratives nécessite la vérification préalable des droits auprès des ayants droit ou des éditeurs détenteurs des droits de l’ouvrage source.

13. Questions et items du questionnaire (Scale Items)

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :
Response Scale: to the rewards received. Money, recognition, and physical facilities are examples of rewards. Responses are obtained on a 5-point Likert-type scale where 1 = rewards are not distributed at all fairly, 2 = very little fairness, 3 = some fairness, 4 = quite fairly distributed, and 5 = rewards are very fairly distributed.
1

To what extent are you fairly rewarded considering the responsibilities that you have?
2

To what extent are you fairly rewarded taking into account the amount of education and training that you have had?
3

To what extent are you fairly rewarded in view of the amount of experience that you have?
4

To what extent are you fairly rewarded for the amount of effort that you put forth?
5

To what extent are you fairly rewarded for the work that you have done well?
6

To what extent are you fairly rewarded for the stresses and strains of your job?

12. Références / References

  • Adams, J. S. (1963). Towards an understanding of inequity. The Journal of Abnormal and Social Psychology, 67(5), 422–436. https://doi.org/10.1037/h0040968
  • Adams, J. S. (1965). Inequity in social exchange. In L. Berkowitz (Ed.), Advances in Experimental Social Psychology (Vol. 2, pp. 267–299). Academic Press. https://doi.org/10.1016/S0065-2601(08)60108-2
  • DeConinck, J. B., Stilwell, C. D., & Brock, C. E. (1996). A test of the discriminant validity of the Distributive Justice Index and the Pay Satisfaction Questionnaire. Psychological Reports, 79(3), 1031–1036. https://doi.org/10.2466/pr0.1996.79.3.1031
  • Mansour-Cole, D. M., & Scott, S. G. (1998). Hearing it through the grapevine: The influence of source, leader-relations, and legitimacy on survivors’ fairness perceptions. Personnel Psychology, 51(1), 25–54. https://doi.org/10.1111/j.1744-6570.1998.tb00715.x
  • McFarlin, D. B., & Sweeney, P. D. (1992). Distributive and procedural justice as predictors of satisfaction with personal and organizational outcomes. Academy of Management Journal, 35(3), 626–637. https://doi.org/10.5465/256489
  • Moorman, R. H. (1991). Relationship between organizational justice and organizational citizenship behaviors: Do fairness perceptions influence employee citizenship? Journal of Applied Psychology, 76(6), 845–855. https://doi.org/10.1037/0021-9010.76.6.845
  • Price, J. L., & Mueller, C. W. (1986). Handbook of organizational measurement. Marshfield, MA: Pitman Publishing.
  • Sweeney, P. D., & McFarlin, D. B. (1993). Workers’ evaluations of the
    ★

    Rate This Scale

    5.0 / 5 • 1 vote

Citer cet article

Looti, M. (2026, octobre 17). Indice de justice distributive. Base de données de psychologie en français. https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=distributive-justice-index
Looti, Mohammed. “Indice de justice distributive.” Base de données de psychologie en français, 17 octobre 2026, https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=distributive-justice-index.
Looti, Mohammed. “Indice de justice distributive.” Base de données de psychologie en français. octobre 17, 2026. https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=distributive-justice-index.