Dimensions transculturelles de la religiosité

L’échelle des Dimensions transculturelles de la religiosité (CCDRS) de De Jong, Faulkner et Warland (1976) est un instrument psychométrique de 38 items évaluant six composantes fondamentales de l’engagement religieux : croyance, expérience, pratique, morale individuelle, connaissance et conséquences sociales.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · octobre 17, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : octobre 17, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
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1. Résumé / Abstract

L’échelle des Dimensions transculturelles de la religiosité (connue sous l’acronyme anglophone CCDRS pour Cross-Cultural Dimensions of Religiosity Scale), développée par Gordon F. De Jong, Joseph E. Faulkner et Rex H. Warland en 1976, constitue l’un des instruments psychométriques et sociologiques fondateurs conçus pour opérationnaliser la nature multidimensionnelle de l’engagement religieux dans une perspective comparative internationale. Élaborée à la suite des travaux pionniers de Faulkner et De Jong (1966) reposant sur les techniques de scalogramme de Guttman, cette version révisée répond aux débats épistémologiques majeurs initiés par Charles Glock et Rodney Stark (1966) concernant la structure univariée ou multivariée de l’implication religieuse. L’instrument comporte 38 items raffinés à partir d’un ensemble initial de 54 items par le biais d’analyses factorielles avec rotation oblique, mesurant six dimensions fondamentales : la Croyance (Belief, 8 items), l’Expérience (Experience, 4 items), la Pratique religieuse (Religious Practice, 5 items), les Conséquences morales individuelles (Individual Moral Consequences, 6 items), la Connaissance religieuse (Religious Knowledge, 10 items) et les Conséquences sociales (Social Consequences, 5 items).

Le format d’administration combine une hétérogénéité d’items, incluant des choix multiples gradués, des échelles de type Likert en 5 points, des questions de catégorisation factuelle et des scores inversés sur certaines sous-échelles pour contrer les biais d’acquiescement. Testé empiriquement sur un échantillon transculturel de 926 étudiants universitaires américains (Pennsylvania State University, n = 536) et ouest-allemands (Université de Bielefeld, n = 390), l’instrument a démontré une invariance structurelle remarquable à travers les deux contextes nationaux, appuyant l’hypothèse de dimensions stables transcendant les particularismes socioculturels au sein de la sphère judéo-chrétienne. Les réplications ultérieures, notamment celle menée par Hilty et Stockman (1986) sur des cohortes d’adultes et d’étudiants, confirment la robustesse de cinq dimensions majeures et illustrent la pertinence clinique, théorique et appliquée de cet outil pour la psychologie de la religion.

2. Mots-clés / Keywords

Religiosité, dimensions transculturelles, psychométrie, Glock et Stark, croyance religieuse, expérience religieuse, pratiques religieuses, conséquences morales, engagement religieux, analyse factorielle, psychologie de la religion, échelle d’attitude.

3. Auteurs / Authors

L’instrument a été conçu et validé par une équipe de chercheurs du Département de sociologie de l’Université d’État de Pennsylvanie (Pennsylvania State University, University Park, États-Unis) :

  • Gordon F. De Jong, Ph.D. : Professeur émérite de sociologie et de démographie au Population Research Institute, Pennsylvania State University. Spécialiste reconnu des méthodes quantitatives, de la sociologie des religions et des dynamiques migratoires transculturelles.
  • Joseph E. Faulkner, Ph.D. : Chercheur et professeur de sociologie à la Pennsylvania State University, pionnier avec De Jong dès le milieu des années 1960 de la modélisation empirique des dimensions religieuses (notamment l’échelle « 5-D » de la religiosité).
  • Rex H. Warland, Ph.D. : Professeur de sociologie rurale et de méthodologie d’enquête à la Pennsylvania State University, expert dans l’analyse multivariée, l’élaboration d’échelles de mesure d’attitudes et l’évaluation structurelle des comportements sociaux.

4. Objectif / Purpose

L’objectif fondamental de l’échelle des Dimensions transculturelles de la religiosité est d’opérationnaliser rigoureusement le phénomène religieux en tant que construit psychologique et sociologique multidimensionnel, s’éloignant des indicateurs simplistes à variable unique tels que la simple fréquence d’affiliation confessionnelle ou l’assiduité rituelle. Durant les décennies 1960 et 1970, la littérature scientifique était traversée par une controverse théorique majeure opposant les partisans d’une religiosité unidimensionnelle (dominée par une idéologie globale ou une orientation de foi diffuse ; voir Clayton, 1971, 1974) aux défenseurs d’un modèle multidimensionnel complexe postulant que les individus peuvent adhérer à des croyances théologiques sans pour autant pratiquer rituellement ou manifester des conséquences éthiques conformistes dans leur existence quotidienne.

La CCDRS a été construite pour répondre à un triple défi méthodologique :

  • Affiner la structure métrologique : Dépasser les contraintes déterministes inhérentes aux échelles de Guttman utilisées dans les versions initiales (Faulkner & De Jong, 1966), en intégrant l’analyse factorielle exploratoire et confirmatoire pour extraire des facteurs latents continus et mesurer avec précision l’hétérogénéité des composantes de l’attitude religieuse.
  • Valider la stabilité transculturelle : Tester empiriquement si les composantes théoriques de la religiosité identifiées dans le cadre nord-américain conservent une géométrie factorielle identique dans une nation européenne sécularisée et structurellement distincte, telle que l’Allemagne de l’Ouest des années 1970. Cet impératif vise à déterminer si les dimensions mesurées constituent des artéfacts locaux ou des invariants psychologiques de la culture occidentale judéo-chrétienne.
  • Distinguer les orientations éthiques et sociopolitiques : Isoler les répercussions morales individualistes (par exemple la gestion de la sexualité, de la déviance mineure ou de la consommation de substances) des orientations éthiques collectives et de justice sociale (lutte contre la pauvreté, logement, plein emploi, abolition de la peine capitale), afin de comprendre comment la religiosité informe l’action dans la sphère publique et privée.

Sur le plan des applications appliquées et cliniques, la CCDRS permet aux chercheurs en psychologie interculturelle, en psychologie sociale et en psychopathologie d’analyser l’impact spécifique de chacune des facettes de l’engagement religieux sur la santé mentale, la détresse existentielle, le bien-être subjectif et la résilience face au stress. En milieu de recherche en sciences sociales, elle sert d’étalon pour examiner les trajectoires de sécularisation différentielle selon le genre, les cohortes générationnelles et les contextes institutionnels.

5. Construit psychologique / Construct

Le construit psychologique opérationnalisé par De Jong, Faulkner et Warland s’articule autour de six sous-échelles mutuellement interdépendantes mais distinctes d’un point de vue factoriel. Chaque facette examine une modalité spécifique de l’expression cognitive, émotionnelle, conative ou comportementale de l’individu au sein du paradigme religieux judéo-chrétien.

1. Dimension de la Croyance (Belief Dimension, 8 items)

Cette dimension cognitive saisit le degré d’adhésion personnelle aux dogmes, représentations doctrinales et propositions théologiques fondamentales. Elle explore les conceptualisations individuelles relatives à la nature divine (Dieu comme force cosmique impersonnelle, esprit immanent ou divinité personnelle souveraine), l’historicité et la divinité du Christ, la résurrection corporelle, l’immortalité de l’âme, le concept de péché face à la volonté divine, la prière perçue comme un dialogue interactif ou une simple méditation réflexive, et l’autorité épistémique des écritures saintes (considérées soit comme récits mythologiques, soit comme Parole divine inerrante).

2. Dimension de l’Expérience (Experience Dimension, 4 items)

La composante phénoménologique et affective évalue la survenue subjective de transactions directes, d’états émotionnels intenses ou de contacts perçus avec le transcendant. Cette dimension explore les sentiments subjectifs de paix intérieure, la proximité mystique avec le Divin, l’angoisse de la repentance et la catharsis consécutive au pardon des péchés. L’individu évalue non pas un contenu dogmatique abstrait, mais la réalité viscérale d’une rencontre vécue avec une entité transcendante.

3. Dimension de la Pratique Religieuse (Religious Practice Dimension, 5 items)

Cette dimension comportementale quantifie l’assiduité et l’investissement conatif de l’individu dans les rituels publics et privés. Elle inclut l’appartenance institutionnelle formelle (affiliation à une église ou une synagogue), la fréquence de participation aux célébrations communautaires (offices du Shabbat ou du culte dominical), la régularité de la lecture dévotionnelle ou littéraire de la Bible, le soutien financier accordé aux institutions ecclésiales (cotisations volontaires ou conformité à l’impôt d’Église) et le nombre d’activités paraprocessionnelles (chorales, groupes de jeunes, comités confessionnels).

4. Dimension des Conséquences Morales Individuelles (Individual Moral Consequences Dimension, 6 items)

Cette facette normative examine comment l’engagement confessionnel s’extériorise sous forme d’impératifs déontologiques et de jugements moraux personnels. Elle évalue le degré d’approbation ou de réprobation de transgressions éthiques privées et de conduites jugées non conventionnelles : falsification de l’âge légal pour consommer de l’alcool, consommation récréative de cannabis, relations sexuelles prémaritales au sein d’une relation amoureuse, infractions mineures contre la propriété (vol d’enjoliveurs, vol à l’étalage), recours à la violence comme vecteur de protestation civique et liberté de choix concernant l’accès inconditionnel à l’interruption volontaire de grossesse.

5. Dimension de la Connaissance Religieuse (Religious Knowledge Dimension, 10 items)

La dimension intellectuelle et factuelle jauge l’érudition et la rétention d’informations relatives à l’histoire sainte, aux récits scripturaires et à l’histoire ecclésiastique. Les répondants doivent situer adéquatement des figures majeures de la tradition occidentale — réparties entre l’Ancien Testament (Moïse, Josué, David, Isaïe), le Nouveau Testament (Paul, Timothée) et l’histoire chrétienne post-biblique (Thomas d’Aquin, John Wesley, Martin Luther, Augustin d’Hippone) — attestant d’une maîtrise objective des référents textuels et doctrinaux indépendamment de la foi subjective ressentie.

6. Dimension des Conséquences Sociales (Social Consequences Dimension, 5 items)

Cette sous-échelle axiologique capture la sensibilité de l’individu aux impératifs d’éthique sociopolitique, de justice redistributive et de solidarité collective. Évaluant les attitudes face aux vulnérabilités structurelles, elle mesure l’adhésion à des politiques publiques de relogement des populations défavorisées, l’éradication systématique de la pauvreté, la garantie d’un plein emploi équitable pour tous, la sécurisation économique universelle des personnes âgées et l’abolition morale de la peine de mort.

6. Cadre théorique / Theoretical Framework

Le fondement épistémologique de la CCDRS s’inscrit au cœur des théories classiques de la sociologie et de la psychologie de la religion, principalement formalisées par Charles Y. Glock et Rodney Stark dans leur ouvrage séminal Christian Beliefs and Anti-Semitism (1966). Glock et Stark ont postulé que la religiosité ne peut être réduite à un vecteur linéaire d’intensité, mais se déploie à travers cinq dimensions phénoménologiques universelles : idéologique (croyance), intellectuelle (connaissance), rituelle (pratique), expérientielle (émotion) et conséquente (effets séculiers).

De Jong, Faulkner et Warland (1976) ont prolongé cette conceptualisation en soumettant le modèle à deux ajustements théoriques substantiels :

  • Scission de la dimension conséquente : Constatant que les répercussions séculières de la foi se heurtent à des paradoxes idéologiques, les auteurs ont scindé les « conséquences » en deux sous-dimensions distinctes : les conséquences morales individuelles (centrées sur le contrôle des pulsions, la tempérance et le respect de l’ordre moral traditionnel) et les conséquences sociales (axées sur la justice sociale, l’équité institutionnelle et la philanthropie politique). Cette différentiation s’aligne sur les travaux ultérieurs démontrant que les chrétiens conservateurs peuvent valoriser fortement la morale individuelle tout en manifestant une réticence envers les programmes d’aide sociale étatiques.
  • L’affrontement entre unidimensionnalité et multidimensionnalité : L’instrument s’est positionné au centre du débat paradigmatique avec Clayton (1971, 1974) et Weigert et Thomas (1969). Clayton soutenait que les sous-échelles de Glock et Stark présentaient une telle colinéarité statistique qu’une seule dimension d’« engagement idéologique » suffisait à saturer la variance totale, qualifiant la multidimensionnalité d’artéfact psychométrique (« demythologizing a sacred artifact »). À l’opposé, De Jong et al. ont théorisé que la configuration multidimensionnelle reflète la complexité psychologique de l’homme moderne, capable de dissocier ses connaissances intellectuelles de ses vécus mystiques ou de sa loyauté ecclésiale.

En s’appuyant sur les apports méthodologiques de Hilty, Morgan et Burns (1984) ainsi que Hilty et Stockman (1986), ce cadre théorique embrasse également la notion de facteurs de second ordre. Si les six dimensions décrivent des domaines d’expression comportementale et attitudinale de premier ordre, elles peuvent converger vers des macro-construits latents reflétant un noyau fondamental d’orientation religieuse globale, démontrant que la religiosité conjugue une différenciation fonctionnelle spécialisée et une cohérence structurale unitaire.

7. Validité / Validity

L’évaluation psychométrique de la CCDRS par De Jong et al. (1976) ainsi que par les études de réplication ultérieures offre un ensemble solide d’éléments probants soutenant la validité du construit et la validité transculturelle de l’instrument.

Validité de construit et analyses factorielles comparatives

Afin de s’assurer que la structure dégagée ne dépendait pas d’une technique d’extraction spécifique, De Jong, Faulkner et Warland ont soumis le corpus de données à des modélisations statistiques contrastées : une solution factorielle en composantes principales avec rotation oblique, une analyse d’images factorielles (image analysis) et une rotation orthogonale Varimax. Les auteurs soulignent que ces variantes algorithmiques ont produit des solutions factorielles strictement équivalentes sans distorsion des saturations des items, corroborant la robustesse du construit psychologique mesuré.

Validité transculturelle et invariance structurelle

L’apport majeur de l’étude princeps repose sur l’administration parallèle aux cohortes d’étudiants de la Pennsylvania State University (États-Unis, n = 536) et de l’Université de Bielefeld (Allemagne de l’Ouest, n = 390). Malgré des profils sociologiques contrastés et des niveaux moyens de religiosité significativement dissemblables, la structure latente sous-jacente est demeurée « remarquablement similaire » (De Jong et al., 1976, p. 879) :

  • Les étudiants ouest-allemands se sont révélés significativement moins pratiquants (fréquence de participation au culte plus faible), moins enclins à souscrire aux dogmes traditionnels de la vie après la mort ou du théisme personnel, et moins sujets aux vécus de contrition et d’expériences de rédemption affective.
  • En contrepartie, ces mêmes étudiants germaniques ont démontré des scores substantiellement supérieurs sur l’échelle de Connaissance religieuse (reconnaissance exacte des figures théologiques et bibliques) ainsi qu’une sensibilité plus marquée aux problématiques de justice sociale et d’élimination de la pauvreté.

Cette invariance de configuration factorielle, observée en dépit de disparités substantielles des moyennes marginales, constitue une démonstration probante de la validité conceptuelle transculturelle : l’échelle mesure les mêmes concepts latents fondamentaux au sein de contextes socio-religieux occidentaux divergents.

Validité convergente et réplications structurelles indépendantes

Dans une analyse poussée des structures de covariance menée par Hilty et Stockman (1986) auprès de deux échantillons distincts (503 membres adultes de paroisses luthériennes en Ohio et 385 étudiants de l’Ohio State University), la validité de l’outil a été mise à l’épreuve par des équations structurelles modernes. Les auteurs ont confirmé l’adéquation empirique de cinq des six dimensions originales (Croyance, Expérience, Morale individuelle, Connaissance, Conséquences sociales). En retranchant l’item relatif à la peine capitale dans la sous-échelle des conséquences sociales, la modélisation à 32 items et cinq facteurs a affiché d’excellents indices d’ajustement global (goodness-of-fit), confirmant l’excellente tenue métrologique de la structure conçue par De Jong et al.

8. Fidélité / Reliability

Dans la publication originale de De Jong, Faulkner et Warland (1976), les auteurs n’ont pas rapporté explicitement les coefficients de consistance interne de type alpha de Cronbach ni les indices de fidélité test-retest temporelle, une pratique encore fréquente à l’époque où les analyses de variance factorielle et les coefficients de reproductibilité issus de la tradition de Guttman prévalaient dans la littérature sociologique.

Néanmoins, les investigations méthodologiques consécutives ont permis de pallier ces lacunes et de documenter la fidélité de l’instrument :

  • Consistance interne des sous-échelles : Les travaux de réplication de Hilty, Morgan et Burns (1984), ainsi que l’évaluation structurelle de Hilty et Stockman (1986), ont mis en évidence des niveaux de cohérence interne satisfaisants pour la majorité des facteurs. Les dimensions « Croyance » (8 items) et « Connaissance religieuse » (10 items) affichent des coefficients alpha systématiquement situés entre 0,82 et 0,91, reflétant une grande homogénéité des énoncés cognitifs.
  • Facteurs courts : Les dimensions comportant un nombre restreint d’items, telles que l’Expérience (4 items) et les Conséquences sociales (5 items), oscillent généralement entre des alphas de 0,68 et 0,79 selon l’homogénéité doctrinale des populations testées. La dimension de la Morale individuelle présente une consistance interne modérée à élevée (alpha variant de 0,72 à 0,84), les attitudes envers les comportements déviants ou les normes sexuelles étant fortement articulées entre elles.
  • Effet des scores inversés sur l’atténuation des biais : L’inversion délibérée de plusieurs énoncés dans les dimensions de pratique, d’expérience et de conséquences sociales a permis d’éliminer la variance d’erreur associée aux biais d’acquiescement systématique (response set), augmentant de fait la fidélité de mesure réelle des scores composites obtenus par sommation.

9. Analyse factorielle / Factor Analysis

Le développement métrologique de la CCDRS a reposé sur un raffinement factoriel systématique d’un réservoir originel de 54 items, ramené à une version définitive de 38 items opérationnels.

Facteurs de premier ordre (Extraction primaire)

L’analyse factorielle initiale a employé une méthode de factorisation oblique, fondée sur le postulat théorique que les composantes de la foi religieuse, bien que conceptuellement distinctes, entretiennent des intercorrélations modérées dans la population générale. Cette méthode a extrait six facteurs primaires nets expliquant la majeure partie de la variance commune :

  • Facteur I (Connaissance religieuse) : Regroupe 10 items objectifs d’identification historique et biblique présentant des saturations primaires élevées (généralement > 0,55) et de faibles saturations croisées sur les dimensions théologiques ou émotionnelles.
  • Facteur II (Croyance) : Sature fortement les 8 items explorant les dogmes chrétiens traditionnels (Dieu personnel, résurrection, inerrance biblique, transcendance).
  • Facteur III (Morale individuelle) : Isole les 6 items évaluant les transgressions privées et civiques (drogues, alcool, sexualité, avortement, violence civique).
  • Facteur IV (Pratique religieuse) : Regroupe les 5 items liés à la fréquentation cultuelle, l’engagement financier et l’implication dans les activités d’Église.
  • Facteur V (Conséquences sociales) : Rassemble les 5 items dédiés aux politiques économiques et sociales d’aide aux minorités et défavorisés.
  • Facteur VI (Expérience) : Isole les 4 items de rédemption intérieure, de contact mystique et de proximité ressentie avec le Divin.

Facteurs de second ordre et modélisations confirmatoires

De Jong et al. (1976) ont prolongé leur démarche par une factorisation de second ordre à partir des intercorrélations entre les six facteurs primaires, identifiant trois facteurs d’ordre supérieur résumant l’organisation structurale de l’engagement religieux : un facteur d’engagement institutionnel et dévotionnel, un facteur d’humanisme et responsabilité sociale, et un facteur de conformité éthico-morale.

Lors de la réplication rigoureuse de Hilty et Stockman (1986) à l’aide d’analyses de structures de covariance (LISREL), la solution à second ordre a cependant révélé des disparités selon la nature de l’échantillon :

  • Dans l’échantillon paroissial luthérien adulte, deux facteurs de second ordre ont émergé de manière concluante.
  • Dans l’échantillon d’étudiants de l’Ohio State University, un unique facteur de second ordre a capturé l’essentiel de la variance commune.
  • De plus, la dimension de Pratique religieuse a montré des saturations instables dans l’analyse factorielle confirmatoire de Hilty et Stockman, conduisant ces auteurs à recommander une structure ajustée à 5 facteurs et 32 items (après retrait de l’item sur la peine de mort).

Ces éléments corroborent la pertinence empirique de la structure de premier ordre à six dimensions tout en indiquant que l’intégration hiérarchique au niveau supérieur dépend étroitement du degré de socialisation et de maturité institutionnelle des populations investiguées.

10. Instrument de mesure / Instrument

L’inventaire des Dimensions transculturelles de la religiosité est structuré sous la forme d’un questionnaire auto-rapporté polyvalent et standardisé :

  • Type de test : Questionnaire psychométrique et sociologique multidimensionnel d’auto-évaluation.
  • Nombre d’items : 38 items répartis en six sous-échelles théoriques distinctes.
  • Temps de passation : Environ 15 à 20 minutes pour l’ensemble du protocole.
  • Formats de réponse : L’instrument utilise une diversité de formats calibrés selon la spécificité des construits interrogés :
    • Choix forcé ordonné : Énoncés polytomiques hiérarchisés graduant l’intensité de la croyance théologique (sous-échelle Croyance, items 1 à 8) ou de la pratique (fréquence de culte, assiduité de lecture scripturaire).
    • Échelle d’accord de type Likert en 5 points : Utilisée pour les dimensions de l’Expérience, de la Morale individuelle et des Conséquences sociales, avec les modalités : 1 = Fortement d’accord (Strongly agree), 2 = D’accord (Agree), 3 = Incertain (Uncertain), 4 = En désaccord (Disagree), 5 = Fortement en désaccord (Strongly disagree).
    • Épreuve de catégorisation factuelle : Grille à trois colonnes pour la Connaissance religieuse (Ancien Testament, Nouveau Testament, Non mentionné dans la Bible).
    • Échelle binaire et numérique : Affiliation religieuse (Oui/Non) et nombre d’organisations affiliées (0 à 5 ou plus).
  • Procédure de cotation (Scoring) :
    • Le score global par dimension s’obtient par la sommation simple des valeurs numériques associées à chaque réponse après recodage des items inversés.
    • Orientation des scores : De manière conventionnelle, un score plus élevé reflète un degré supérieur de religiosité ou d’approbation du construit.
    • Items inversés (Reverse scored) : Afin de juguler les biais de complaisance ou d’acquiescement unilatéral, les items de l’Expérience (items 2, 3, 4), de la Pratique religieuse (items 1, 2, 4) et des Conséquences sociales (items 1, 2, 3, 4, 5) doivent faire l’objet d’une inversion de barème avant agrégation des scores.
    • Interprétation : Il est fortement déconseillé de combiner l’ensemble des 38 items en une note unique brute ; l’interprétation doit s’effectuer au niveau des scores factoriels composites des six profils dimensionnels indépendants.

11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year

L’échelle des Dimensions transculturelles de la religiosité a été officiellement publiée en 1976 dans la revue scientifique à comité de lecture Social Forces. Conformément aux dispositions régissant les publications universitaires de cette période, l’instrument est dans le domaine public à des fins d’enseignement académique et de recherche non commerciale. Aucun droit de licence (royalty fee) ni redevance financière n’est exigé pour son emploi dans le cadre d’enquêtes ou de travaux universitaires.

Les chercheurs et praticiens souhaitant administrer la CCDRS sont tenus de citer rigoureusement l’article princeps de De Jong, Faulkner et Warland (1976), ainsi que les réplications méthodologiques afférentes (telles que Hilty & Stockman, 1986), afin de préserver l’intégrité déontologique des données métrologiques. Les adaptations multilingues ou révisions contextuelles requièrent le respect des standards internationaux de rétro-traduction et de validation transculturelle préconisés par l’American Psychological Association.

12. Références / References

Clayton, R. R. (1971). 5-D or 1? Journal for the Scientific Study of Religion, 10(1), 37–40. https://doi.org/10.2307/1385315

Clayton, R. R. (1974). The five dimensions of religiosity: Toward demythologizing a sacred artifact. Journal for the Scientific Study of Religion, 13(2), 135–143. https://doi.org/10.2307/1384375

De Jong, G. F., Faulkner, J. E., & Warland, R. H. (1976). Dimensions of religiosity reconsidered: Evidence from a cross-cultural study. Social Forces, 54(4), 866–889. https://doi.org/10.2307/2576798

Faulkner, J. E., & De Jong, G. F. (1966). Religiosity in 5-D: An empirical analysis. Social Forces, 45(2), 246–254. https://doi.org/10.2307/2574384

Glock, C. Y., & Stark, R. (1966). Christian beliefs and anti-Semitism. New York: Harper & Row.

Hilty, D. M., & Morgan, R. (1985). Construct validation for the Religious Involvement Inventory: Replication. Journal for the Scientific Study of Religion, 24(1), 75–85. https://doi.org/10.2307/1386278

Hilty, D. M., Morgan, R., & Burns, J. E. (1984). King and Hunt revisited: Dimensions of religious involvement. Journal for the Scientific Study of Religion, 23(3), 252–266. https://doi.org/10.2307/1386041

Hilty, D. M., & Stockman, S. J. (1986). A covariance structure analysis of the De Jong, Faulkner, and Warland Religious Involvement Model. Journal for the Scientific Study of Religion, 25(4), 483–493. https://doi.org/10.2307/1385863

Roof, W. C. (1979). Concepts and indicators of religious commitment: A critical review. Dans R. Wuthnow (Éd.), The religious dimension: New directions in quantitative research (pp. 17–45). New York: Academic Press.

Thompson, E. H. (1991). Beneath the status characteristic: Gender variations in religiousness. Journal for the Scientific Study of Religion, 30(4), 381–394. https://doi.org/10.2307/1387275

Weigert, A. J., & Thomas, D. L. (1969). Religiosity in 5-D: A critical note. Social Forces, 48(2), 260–262. https://doi.org/10.2307/2575440

13. Questions et items du questionnaire (Scale Items)

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :
1

What do you believe about immortality?
2

I believe in reincarnation.
3

I believe immortality is the continued influence of a person's life on family or society.
4

While its meaning is somewhat imprecise, I believe in the continued existence of the personality as a part of a universal spiritual principle.
5

I believe in the resurrection of one's being and life after death.
6

Depending on the will of God, I will go to heaven or hell.
7

Jesus is the Divine Son of God and I have no doubts about it.
8

What is your view of the Bible?
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Looti, M. (2026, octobre 17). Dimensions transculturelles de la religiosité. Base de données de psychologie en français. https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=dimensions-transculturelles-de-la-religiosite
Looti, Mohammed. “Dimensions transculturelles de la religiosité.” Base de données de psychologie en français, 17 octobre 2026, https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=dimensions-transculturelles-de-la-religiosite.
Looti, Mohammed. “Dimensions transculturelles de la religiosité.” Base de données de psychologie en français. octobre 17, 2026. https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=dimensions-transculturelles-de-la-religiosite.