Échelle d’auto-efficacité liée au régime alimentaire (DIET-SE)

L’Échelle d’auto-efficacité liée au régime alimentaire (DIET-SE) est un instrument psychométrique bref de 11 items développé par Stich, Knäuper et Tint (2009). Elle évalue l’auto-efficacité situationnelle face aux tentations hypercaloriques, aux pressions sociales/internes et aux événements émotionnels négatifs.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · octobre 18, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : octobre 18, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
Critères d'évaluation et normes cliniques

Ce contenu fait l'objet d'un examen scientifique rigoureux et de normes éditoriales médicales afin de garantir l'exactitude clinique et la conformité aux directives fondées sur des preuves (APA / OMS).

1. Résumé / Abstract

L’Échelle d’auto-efficacité liée au régime alimentaire (en anglais, The Diet Self Efficacy Scale ou DIET-SE) est un instrument psychométrique bref, standardisé et fondé sur des scénarios écologiques, élaboré par Christine Stich, Bärbel Knäuper et Andrea Tint en 2009. Conçue pour évaluer la confiance qu’a un individu en sa capacité à maintenir ses restrictions ou régulations alimentaires face à des situations critiques incitant à la surconsommation, la DIET-SE s’inscrit au carrefour de la psychologie de la santé, de la nutrition comportementale et des modèles cognitifs-comportementaux de l’obésité.

L’échelle est composée de 11 items mesurant la force de l’auto-efficacité perçue à travers un format de réponse en 5 points de type Likert (allant de l’absence totale de confiance à une confiance absolue). Contrairement aux échelles d’auto-efficacité générales, la DIET-SE utilise une approche situationnelle et contextualisée qui capture fidèlement trois dimensions factorielles distinctes :

  • Les tentations d’aliments riches en calories (High Caloric Food temptations – HCF, 4 items) : mesure l’aptitude à résister à des produits hautement appétents et denses sur le plan énergétique lorsqu’ils sont immédiatement accessibles (gâteaux, glaces, pâtisseries).
  • Les facteurs sociaux et internes (Social and Internal Factors – SIF, 4 items) : mesure la résistance à la surconsommation dans des contextes de pression de conformité sociale, d’événements festifs ou lors d’états d’épuisement et de faim biologique intense en fin de journée.
  • Les événements émotionnels négatifs (Negative Emotional Events – NEE, 3 items) : évalue la capacité à surmonter les déclencheurs de l’alimentation émotionnelle (conflits interpersonnels, anxiété liée au travail, stress relationnel) sans recourir au réconfort alimentaire.

Sur le plan métrologique, l’instrument présente des qualités robustes démontrées au sein d’échantillons communautaires et cliniques. La cohérence interne globale varie entre α = 0,82 et α = 0,87, tandis que les sous-échelles présentent des coefficients satisfaisants (HCF : α = 0,70 à 0,77 ; SIF : α = 0,71 à 0,79 ; NEE : α = 0,75 à 0,79). La fidélité temporelle test-retest à un intervalle de 2 à 3 semaines est élevée (r = 0,83 pour l’échelle globale ; r = 0,75 pour HCF ; r = 0,77 pour SIF ; r = 0,80 pour NEE). La DIET-SE s’impose ainsi comme un outil de choix pour les interventions diététiques, le suivi des chirurgies bariatriques et la recherche translationnelle sur l’autorégulation.

2. Mots-clés / Keywords

Auto-efficacité, DIET-SE, régulation alimentaire, contrôle du poids, alimentation émotionnelle, psychométrie, psychologie de la santé, tentation alimentaire, comportements alimentaires, modèle sociocognitif, rechute diététique, obésité.

3. Auteurs / Authors

L’échelle a été développée et validée par une équipe de chercheurs du Département de psychologie de l’Université McGill à Montréal (Québec, Canada) :

  • Christine Stich, Ph.D. : Chercheuse postdoctorale et spécialiste des processus motivationnels et cognitifs liés au changement de comportement en matière de santé, affiliée à l’époque au Département de psychologie de l’Université McGill.
  • Bärbel Knäuper, Ph.D. : Professeure titulaire en psychologie de la santé au Département de psychologie de l’Université McGill, directrice du Health Psychology Laboratory. Ses travaux pionniers portent sur les interventions d’autorégulation, la mise en œuvre d’intentions (implementation intentions) et la gestion des fringales alimentaires. Courriel institutionnel : [email protected].
  • Andrea Tint, B.A. : Assistante de recherche et collaboratrice scientifique au sein du laboratoire de psychologie de la santé de l’Université McGill, ayant contribué à la collecte empirique et aux analyses de validation de l’outil.

4. Objectif / Purpose

Le contrôle pondéral et l’adhésion durable à un régime alimentaire constituent l’un des défis les plus documentés en santé publique et en psychologie comportementale. Bien qu’une grande proportion d’individus parvienne à initier une perte de poids, la majorité subit une rechute dans les deux à cinq ans suivant l’intervention. L’objectif premier de la DIET-SE est de quantifier précisément la croyance en l’efficacité personnelle d’un individu dans des micro-contextes environnementaux, psychologiques et sociaux spécifiquement prédictifs de rupture de régime.

Applications cliniques

Dans la pratique psychothérapeutique et diététique, l’évaluation de l’auto-efficacité ne peut se limiter à une mesure globale (« J’ai confiance en ma capacité à suivre mon régime »), car une telle mesure souffre d’un biais de désirabilité sociale et d’un manque criant de granularité contextuelle. La DIET-SE remplit plusieurs fonctions cliniques indispensables :

  • Évaluation diagnostique des vulnérabilités ciblées : Grâce à ses trois sous-échelles, le clinicien peut identifier si le patient fléchit principalement face à la vue physique de nourriture hypercalorique (HCF), sous l’influence de la convivialité ou de la fatigue vespérale (SIF), ou à titre de régulateur affectif palliatif face à la détresse (NEE).
  • Personnalisation des thérapies cognitivo-comportementales (TCC) : Les résultats orientent les modules thérapeutiques, par exemple le travail sur l’affirmation de soi (savoir refuser un plat chez des amis sans culpabilité), la restructuration cognitive de l’affect négatif, ou l’ingénierie environnementale (contrôle des stimuli au domicile).
  • Prévention des rechutes : Utilisée dans les programmes de préparation à la chirurgie bariatrique ou de rééducation nutritionnelle, l’échelle permet de mesurer les progrès au fil des séances et d’anticiper les situations à haut risque de craquage alimentaire.

Applications en recherche fondamentale et interventionnelle

Sur le plan de la recherche, la DIET-SE sert de variable médiatrice ou modératrice essentielle dans les modèles testant les interventions d’autorégulation (comme les stratégies de planification si-alors ou implementation intentions). Elle permet de comprendre par quels mécanismes psychologiques précis une intervention modifie l’adhésion diététique réelle, en dissociant les barrières d’ordre sensoriel/hédonique des barrières d’ordre psychosocial ou émotionnel.

5. Construit psychologique / Construct

Le construit central mesuré par la DIET-SE est l’auto-efficacité liée au régime alimentaire (dieting self-efficacy). Selon la formulation originelle d’Albert Bandura, l’auto-efficacité ne reflète pas les compétences objectives ou les ressources objectives d’une personne, mais le jugement subjectif porté sur ses capacités à organiser et exécuter les actions requises pour atteindre un niveau de performance donné.

Dans le domaine du comportement alimentaire, cette croyance opère sous la forme d’un sentiment de compétence face à des « situations à haut risque » de rechute. La DIET-SE conceptualise ce construit non comme un trait unidimensionnel statique, mais comme une architecture multidimensionnelle articulée autour de trois pôles situationnels majeurs :

1. Les tentations d’aliments riches en calories (HCF – High Caloric Food temptations)

Cette dimension examine la réactivité et la résistance cognitive de l’individu face à des aliments hautement palatables, généralement denses en sucres simples et en lipides, dotés d’un puissant pouvoir de renforcement dopaminergique. Le défi psychologique réside ici dans le contrôle inhibiteur direct (bottom-up reward versus top-down executive control). L’individu est confronté à des stimuli sensoriels saillants (ex. : la vue d’un gâteau au travail, une proposition d’aller manger une glace, le choix entre un fruit et une pâtisserie à la fin d’un repas). Ce sous-construit reflète la capacité de l’individu à inhiber la réponse impulsive d’approche hédonique au profit d’un but abstrait à long terme (la santé ou la perte de poids).

2. Les facteurs sociaux et internes (SIF – Social and Internal Factors)

Ce pôle évalue la capacité à naviguer à travers deux contraintes souvent combinées : les normes sociales d’hospitalité et de célébration, et les états internes d’épuisement physiologique ou de faim biologique. Refuser une deuxième portion préparée par un membre de sa famille ou limiter sa consommation dans un excellent restaurant lors d’une fête requiert des compétences psychosociales d’affirmation de soi, une résistance à la pression normative implicite, et la dissociation entre l’acte social de communion et l’acte physiologique d’ingestion. De surcroît, cette sous-échelle intègre la situation fréquente où la fatigue vespérale (consécutive à une longue journée de travail) amenuise les ressources de contrôle cognitif, déclenchant une surconsommation lors du dîner.

3. Les événements émotionnels négatifs (NEE – Negative Emotional Events)

Ce domaine mesure l’auto-efficacité face aux contextes affectifs aversifs. Il évalue la tendance à ne pas utiliser l’alimentation comme une stratégie dysfonctionnelle d’adaptation émotionnelle (emotional eating ou comfort food). Les scénarios mobilisés impliquent des conflits relationnels (dispute avec un proche ou un partenaire amoureux) ou une anxiété aiguë liée aux exigences professionnelles. Le construit capturé ici reflète la certitude de l’individu quant à sa capacité à mobiliser des stratégies de substitution constructives (par exemple, verbaliser ses émotions, aller marcher, faire face au stress) sans se réfugier compulsivement devant le réfrigérateur pour anesthésier temporairement sa détresse émotionnelle.

6. Cadre théorique / Theoretical Framework

Le fondement épistémologique et théorique de la DIET-SE s’enracine principalement dans la théorie sociocognitive (Social Cognitive Theory) formalisée par Albert Bandura (1977, 1986, 1997), enrichie par le modèle de prévention des rechutes développé par G. Alan Marlatt et Judith Gordon (1985).

La théorie sociocognitive de Bandura

Bandura postule que le comportement humain est régulé par un système de causalité triadique réciproque, où interagissent les facteurs cognitifs/biologiques internes, les comportements observés et les influences de l’environnement physique et social. Au cœur de ce système réside le sentiment d’efficacité personnelle (SEP). Selon Bandura :

  • Les attentes d’efficacité personnelle déterminent si une conduite de changement sera initiée, l’ampleur des efforts consentis, et la persistance face aux obstacles et aux expériences aversives.
  • L’auto-efficacité est par nature domaine-spécifique et contexte-dépendante. Une mesure d’auto-efficacité générale (« Je surmonte toujours les épreuves ») ne possède qu’un pouvoir prédictif marginal sur un comportement spécifique complexe tel que la restriction calorique.
  • Pour obtenir une validité écologique maximale, les instruments d’évaluation doivent présenter des contextes stimulant précisément les barrières perçues par le sujet. C’est ce principe fondamental qui a guidé Stich et ses collègues dans la rédaction d’items sous forme de « micro-scénarios » vivants plutôt que d’énoncés abstraits décontextualisés.

Le modèle de prévention des rechutes de Marlatt et Gordon

Dans leur conceptualisation du maintien du changement comportemental (initialement appliquée aux addictions, puis étendue aux troubles alimentaires et aux régimes amaigrissants), Marlatt et Gordon ont démontré qu’une rechute n’est presque jamais un événement aléatoire. Elle survient typiquement lors d’une situation à haut risque (High-Risk Situation). Ces situations se divisent canoniquement en :

  1. États émotionnels intrapersonnels négatifs (frustration, colère, dépression, anxiété).
  2. Pressions sociales et situations interpersonnelles conflictuelles ou festives.
  3. Exposition directe aux stimuli associés à la consommation (sollicitations environnementales).

La DIET-SE cartographie directement cette taxonomie. Lorsqu’un individu doté d’une faible auto-efficacité rencontre l’une de ces situations sans disposer d’une réponse de coping alternative, son sentiment d’impuissance s’accroît, menant à l’infraction de la règle du régime (la première bouchée). Cette infraction engendre à son tour l’effet de violation de l’abstinence (EVA ; sensation de culpabilité, sentiment d’échec irrémédiable, pensée dichotomique en « tout ou rien »), précipitant la rechute massive. En mesurant l’efficacité perçue en amont de ces déclencheurs, la DIET-SE operationalise avec précision la résistance psychologique à l’EVA.

7. Validité / Validity

La validation empirique de la DIET-SE menée par Stich, Knäuper et Tint (2009) s’est appuyée sur plusieurs cohortes d’adultes engagés dans des démarches de gestion ou de réduction pondérale, fournissant des preuves rigoureuses quant à ses diverses formes de validité psychométrique.

Validité de construit et validité factorielle

La validité de construit a été établie par une démarche combinant analyse factorielle exploratoire (AFE) et analyse factorielle confirmatoire (AFC). Les analyses ont démontré que le modèle trifactoriel (HCF, SIF, NEE) offrait une adéquation nettement supérieure à celle d’un modèle unidimensionnel concurrent. Les saturations des items sur leurs facteurs respectifs sont toutes statistiquement significatives et substantielles (supérieures à 0,55), démontrant que chaque scénario capture fidèlement la variance de son domaine spécifique.

Validité convergente

La validité convergente de la DIET-SE a été démontrée par des corrélations significatives et cohérentes avec des instruments établis mesurant des concepts apparentés :

  • Corrélation positive modérée à forte avec d’autres échelles d’efficacité liée au contrôle du poids, telles que la Weight Efficacy Lifestyle Questionnaire (WEL) développée par Clark et ses collaborateurs (1991).
  • Corrélation positive avec des mesures d’autorégulation générale et de contrôle de soi perçu (comme l’échelle de self-control de Tangney).
  • Corrélation négative robuste avec les scores de l’Échelle hollandaise des comportements alimentaires (DEBQ), spécifiquement les sous-échelles d’« alimentation émotionnelle » (Emotional Eating) et d’« alimentation externe » (External Eating). Les participants obtenant des scores élevés à la DIET-SE présentent significativement moins de comportements de grignotage émotionnel ou de réactivité passive aux odeurs et signaux visuels alimentaires.

Validité discriminante

L’échelle a démontré une différenciation nette vis-à-vis de l’auto-efficacité générale (évaluée par exemple par la General Self-Efficacy Scale de Schwarzer et Jerusalem). Bien qu’une légère corrélation positive soit observée (illustrant un fond commun d’optimisme d’action), la DIET-SE partage moins de 15 % de variance avec l’efficacité générale, confirmant que le contrôle du régime requiert une mesure spécifique au domaine.

De plus, la DIET-SE se distingue nettement de la mesure de la restriction cognitive rigide (telle que mesurée par le Three-Factor Eating Questionnaire ou TFEQ). Une personne peut s’imposer des règles drastiques (restriction élevée) sans pour autant posséder une croyance d’auto-efficacité solide face aux imprévus émotionnels ou sociaux.

Validité prédictive et écologique

La valeur de la DIET-SE réside dans son aptitude à prédire les comportements réels de maintien du régime. Dans les études longitudinales menées par Stich et ses collaborateurs (2009), les scores initiaux à la DIET-SE prédisent significativement :

  • L’adhésion diététique autodéclarée au fil des semaines.
  • La résistance objective aux aliments tentants lors de tests comportementaux de laboratoire.
  • La capacité à stabiliser la perte de poids sur une période de plusieurs mois, la sous-échelle NEE étant le prédicteur le plus puissant de l’évitement des reprises de poids catastrophiques.

8. Fidélité / Reliability

Les paramètres de fidélité de la DIET-SE ont été documentés de façon exhaustive par Stich, Knäuper et Tint (2009), révélant une précision de mesure remarquable pour un format aussi économique de 11 items.

Cohérence interne (Alpha de Cronbach)

La cohérence interne de l’échelle totale DIET-SE dans les différentes études de validation varie entre α = 0,82 et α = 0,87, ce qui se situe dans la zone d’excellence psychométrique, garantissant à la fois une absence de redondance inutile entre items et une fidélité suffisante pour une utilisation en diagnostic individuel.

Les indices d’homogénéité interne des trois dimensions spécifiques sont également solides :

  • Tentations d’aliments riches en calories (HCF) : α variant de 0,70 à 0,77 (4 items).
  • Facteurs sociaux et internes (SIF) : α variant de 0,71 à 0,79 (4 items).
  • Événements émotionnels négatifs (NEE) : α variant de 0,75 à 0,79 (3 items).

Toutes les corrélations item-total corrigées dépassent le seuil standard de 0,40, attestant que chaque item contribue positivement et substantivement à son échelle d’appartenance.

Stabilité temporelle (Fidélité test-retest)

La fidélité temporelle a été mesurée auprès d’un échantillon n’ayant pas reçu d’intervention thérapeutique sur un intervalle de 2 à 3 semaines. Les coefficients de corrélation test-retest (rtt) obtenus témoignent d’une stabilité remarquable du trait perçu :

  • Échelle totale DIET-SE : rtt = 0,83
  • Sous-échelle HCF : rtt = 0,75
  • Sous-échelle SIF : rtt = 0,77
  • Sous-échelle NEE : rtt = 0,80

Ces données confirment que si l’auto-efficacité est sensible aux interventions psychologiques ciblées, elle demeure une disposition cognitive stable en l’absence de modifications délibérées de l’environnement ou des stratégies du sujet.

9. Analyse factorielle / Factor Analysis

Le processus de développement initial des items a débuté par un ensemble élargi de situations critiques identifiées par une revue exhaustive de la littérature sur les rechutes alimentaires et des entretiens cliniques avec des personnes au régime. Les analyses psychométriques conduites par Stich et al. (2009) ont suivi une démarche rigoureuse en deux étapes.

Analyse factorielle exploratoire (AFE)

Une analyse factorielle exploratoire en composantes principales avec rotation oblique (Promax ou Oblimin, tenant compte de la corrélation naturelle attendue entre les facettes de l’auto-efficacité alimentaire) a été conduite sur un premier échantillon. Les critères de sélection (valeurs propres supérieures à 1 selon le test de Kaiser, inspection visuelle du diagramme de Cattell / scree plot et analyse parallèle) ont clairement mis en évidence une structure à 3 facteurs distincts expliquant une part majeure de la variance totale.

Les critères d’élimination des items comprenaient : des saturations primaires inférieures à 0,50, ou des saturations croisées (cross-loadings) supérieures à 0,30 sur un facteur secondaire. Cette sélection a permis de resserrer l’échelle autour de 11 items particulièrement représentatifs et univoques :

  • Facteur 1 : High Caloric Food temptations (HCF) — items 3, 6, 7, 10. Les saturations factorielles s’étendent de 0,58 à 0,82. Ces items partagent une exposition directe à des aliments denses (gâteau au bureau, choix d’un fruit vs gâteau, pâtisserie chez un ami, glace l’après-midi).
  • Facteur 2 : Social and Internal Factors (SIF) — items 1, 2, 5, 9. Les saturations s’étendent de 0,54 à 0,78. Ces items combinent des situations d’invitations, de repas familiaux, de célébrations au restaurant, et l’impact de la faim/fatigue accumulée en rentrant chez soi le soir.
  • Facteur 3 : Negative Emotional Events (NEE) — items 4, 8, 11. Les saturations s’élèvent entre 0,68 et 0,85. Ce facteur regroupe les contextes de conflit familial, de journée stressante au travail et de dispute avec le conjoint.

Analyse factorielle confirmatoire (AFC)

Sur un second échantillon indépendant d’individus suivant un régime, une analyse factorielle confirmatoire a été menée pour tester l’adéquation du modèle trifactoriel corrélé par rapport à un modèle unidimensionnel (où l’ensemble des 11 items chargerait sur un facteur global unique). Les indices d’ajustement du modèle à 3 facteurs ont démontré une excellente adéquation aux données empiriques :

  • Rapport χ²/dl inférieur au seuil recommandé de 2,5.
  • Comparative Fit Index (CFI) > 0,95.
  • Tucker-Lewis Index (TLI) > 0,94.
  • Root Mean Square Error of Approximation (RMSEA) < 0,06 (avec intervalle de confiance à 90 % situé entre 0,03 et 0,08).

Les corrélations inter-facteurs étaient modérées à fortes (variant de r = 0,45 à r = 0,65), confirmant que les sous-échelles mesurent des aspects distincts mais interdépendants d’un même construit d’ordre supérieur.

10. Instrument de mesure / Instrument

  • Nom complet de l’outil : The Diet Self Efficacy Scale (DIET-SE) / Échelle d’auto-efficacité liée au régime alimentaire.
  • Type d’évaluation : Questionnaire d’auto-évaluation psychologique fondé sur des micro-scénarios situationnels (scenario-based assessment).
  • Public cible : Adultes et adolescents engagés dans une démarche de gestion pondérale, de suivi de régime alimentaire, de traitement du surpoids/obésité, ou de rééquilibrage nutritionnel.
  • Temps de passation : Environ 3 à 5 minutes.
  • Nombre total d’items : 11 items.
  • Format des réponses : Échelle de type Likert en 5 points, évaluant le degré de confiance ou de certitude de la personne face à la situation décrite :
    1 = Pas du tout confiant(e) (Not at all confident)
    2 = Un peu confiant(e) (A little confident)
    3 = Modérément confiant(e) (Moderately confident)
    4 = Très confiant(e) (Very confident)
    5 = Extrêmement confiant(e) (Extremely confident)
  • Structure des sous-échelles :
    • High Caloric Food temptations (HCF) : 4 items (Items 3, 6, 7, 10)
    • Social and Internal Factors (SIF) : 4 items (Items 1, 2, 5, 9)
    • Negative Emotional Events (NEE) : 3 items (Items 4, 8, 11)
  • Cotation et calcul des scores :
    • L’instrument ne comporte aucun item inversé. Les réponses sont codées directement de 1 à 5.
    • Score de sous-échelle : On calcule la moyenne des items appartenant à chaque facteur (somme des items divisée par le nombre d’items de la sous-échelle). Les scores de sous-échelle sont donc compris entre 1,0 et 5,0.
    • Score global DIET-SE : On calcule la moyenne des 11 items (somme totale divisée par 11). Un score global proche de 5 indique un niveau exceptionnellement élevé d’auto-efficacité face aux risques de rechute diététique, tandis qu’un score inférieur à 3 signale d’importantes faiblesses d’autorégulation nécessitant un accompagnement ciblé.

11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year

  • Année de publication officielle : 2009.
  • Auteurs et copyright : © 2009 Stich, Knäuper, & Tint. L’article original a été publié dans la revue scientifique Assessment (SAGE Publications).
  • Tarifs et conditions d’accès : L’utilisation de la DIET-SE à des fins de recherche scientifique non commerciale, d’enseignement académique ou de pratique clinique individuelle est généralement gratuite, sous réserve de citer scrupuleusement l’article de référence princeps (Stich et al., 2009).
  • Permissions et usages commerciaux : Pour toute utilisation intégrée à une application commerciale numérique, un essai clinique financé par l’industrie ou un programme d’entreprise à but lucratif, une autorisation explicite doit être sollicitée auprès des auteurs (Pr. Bärbel Knäuper, Université McGill) et/ou de la maison d’édition SAGE Publications détenant les droits de reproduction.

12. Références / References

Les références bibliographiques suivantes constituent le corpus académique fondateur de la DIET-SE et de ses modèles théoriques d’adossement :

  • Bandura, A. (1977). Self-efficacy: Toward a unifying theory of behavioral change. Psychological Review, 84(2), 191–215. https://doi.org/10.1037/0033-295X.84.2.191
  • Bandura, A. (1997). Self-efficacy: The exercise of control. W. H. Freeman and Company.
  • Clark, M. M., Abrams, D. B., Niaura, R. S., Eaton, C. A., & Rossi, J. S. (1991). Self-efficacy in weight management. Journal of Consulting and Clinical Psychology, 59(5), 739–744. https://doi.org/10.1037/0022-006X.59.5.739
  • Herman, C. P., & Polivy, J. (1980). Restrained eating. In A. J. Stunkard (Ed.), Obesity (pp. 208–225). W. B. Saunders.
  • Marlatt, G. A., & Gordon, J. R. (Eds.). (1985). Relapse prevention: Maintenance strategies in the treatment of addictive behaviors. Guilford Press.
  • Stich, C., Knäuper, B., & Tint, A. (2009). A scenario-based measure of dieting self-efficacy: The DIET-SE. Assessment, 16(1), 16–30. https://doi.org/10.1177/1073191108322000
  • van Strien, T., Frijters, J. E., Bergers, G. P., & Defares, P. B. (1986). The Dutch Eating Behavior Questionnaire (DEBQ) for assessment of restrained, emotional, and external eating behavior. International Journal of Eating Disorders, 5(2), 295–315. https://doi.org/10.1002/1098-108X(198602)5:2<295::AID-EAT2260050209>3.0.CO;2-T

13. Questions et items du questionnaire / Scale Items

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :

The DIET-SE

The following questions relate to situations and behaviors that can hinder weight loss or weight control.

Please imagine yourself in each of the following situations and rate how confident you are that you could overcome them, using the 5-point scale below. Completely fill in the circle that best indicates how confident you feel that you could overcome the situation.

  1. You are having dinner with your family and your favorite meal has been prepared. You finish the first helping and someone says, "Why don’t you have some moreHow confident are you that you would turn down a second helping
  2. You often overeat at supper because you are tired and hungry when you get home. How confident are you that you would not overeat at supper?
  3. There is a party at work for a coworker and someone offers you a piece of cake. How confident are you that you would turn it down?
  4. You just had an upsetting argument with a family member. You are standing in front of the refrigerator and you feel like eating everything in sight. How confident are you that you would find some other way to make yourself feel better?
  5. You are invited to someone’s house for dinner and your host is an excellent cook. You often overeat because the food tastes so good. How confident are you that you would not overeat as a dinner guest?
  6. You finished your meal and you still feel hungry. There are cakes and fruits available. How confident are you that you would choose the fruits?
  7. You are at a friend’s house and your friend offers you a delicious looking pastry. How confident are you that you would refuse this offer?
  8. You are having a hard day at work and you are anxious and upset. You feel like getting a candy bar. How confident are you that you would find a more constructive way to calm down and cope with your feelings?
  9. You feel like celebrating. You are going out with friends to a good restaurant. How confident are you that you would celebrate without overeating?
  10. You are out with a friend at lunch time and your friend suggests that you stop and get some ice cream. How confident are you that you would resist the temptation?
  11. You just had an argument with your boy- friend or girlfriend. You are upset, angry, and you feel like eating something. How confident are you that you would talk the situation over with someone or go for a walk instead of eating?
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Citer cet article

Looti, M. (2026, octobre 18). Échelle d’auto-efficacité liée au régime alimentaire (DIET-SE). Base de données de psychologie en français. https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=diet-self-efficacy-scale-diet-se
Looti, Mohammed. “Échelle d’auto-efficacité liée au régime alimentaire (DIET-SE).” Base de données de psychologie en français, 18 octobre 2026, https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=diet-self-efficacy-scale-diet-se.
Looti, Mohammed. “Échelle d’auto-efficacité liée au régime alimentaire (DIET-SE).” Base de données de psychologie en français. octobre 18, 2026. https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=diet-self-efficacy-scale-diet-se.