Outil de dépistage de la baisse du désir sexuel

Le Decreased Sexual Desire Screener (DSDS) est un instrument standardisé validé pour le dépistage diagnostique du trouble du désir sexuel hypoactif (TDSH) généralisé acquis chez la femme en soins primaires.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · octobre 18, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : octobre 18, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
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1. Résumé / Abstract

Le Decreased Sexual Desire Screener (DSDS), ou Outil de dépistage de la baisse du désir sexuel, est un instrument d’évaluation diagnostique bref standardisé conçu pour faciliter le repérage et le diagnostic du trouble du désir sexuel hypoactif (TDSH ; en anglais, Hypoactive Sexual Desire Disorder [HSDD]) généralisé et acquis chez les femmes non ménopausées, périménopausées et postménopausées. Développé par un consortium d’experts cliniques et psychométriques incluant Anita H. Clayton, Evan R. Goldfischer, Irwin Goldstein, Leonard R. Derogatis, Diane J. Lewis-D’Agostino et Robert Pyke, cet outil a été spécifiquement validé pour permettre à des cliniciens non spécialisés en médecine sexuelle (médecins généralistes, gynécologues-obstétriciens) d’établir un diagnostic différentiel fiable et rapide en soins primaires.

Sur le plan structurel, le DSDS se compose de deux volets complémentaires articulés en cinq questions principales. Les quatre premières questions adoptent un format dichotomique (« Oui » ou « Non ») explorant l’existence d’un désir sexuel préalable satisfaisant (caractère acquis), la survenue d’une diminution effective du désir ou de l’intérêt érotique, la présence d’une détresse ou d’une souffrance personnelle associée à cette diminution, et le souhait explicite de voir ce désir augmenter. La cinquième question comporte sept sous-items évaluant les facteurs étiologiques concurrents ou d’exclusion (antécédents médicaux, interventions chirurgicales, dépression, médications, abus de substances, grossesse ou statut ménopausique, autres dysfonctions sexuelles telles que les troubles de l’excitation ou de l’orgasme, dysfonctions sexuelles du partenaire, conflits relationnels, et stress ou fatigue chronique). L’interprétation clinique repose sur un algorithme précis combiné à une revue conjointe clinicienne-patiente.

Les propriétés psychométriques de l’instrument ont été établies dans le cadre d’études multicentriques d’envergure, notamment une étude de validation hors traitement (Clayton et al., 2009) et des essais cliniques de phase III (essais ROSE et ORCHID). Dans l’étude de validation initiale (N = 263), le DSDS a démontré une sensibilité diagnostique de 83,6 % et une spécificité de 87,8 % par rapport aux entretiens diagnostiques structurés menés par des experts indépendants. Dans les cohortes cliniques de phase III évaluant la flibansérine, la sensibilité a atteint 94,6 % dans l’essai nord-américain ROSE (N = 921) et 95,6 % dans l’essai européen ORCHID (N = 513). L’instrument fait preuve d’une excellente faisabilité clinique et d’une clarté conceptuelle élevée auprès des patientes comme des praticiens.

2. Mots-clés / Keywords

Désir sexuel hypoactif, dysfonction sexuelle féminine, DSDS, dépistage diagnostique, détresse sexuelle, sensibilité diagnostique, spécificité clinique, médecine sexuelle, baisse de la libido, psychométrie clinique, DSM-IV-TR, soins primaires, évaluation de la santé sexuelle, flibansérine, santé gynécologique.

3. Auteurs / Authors

Le développement et la validation du Decreased Sexual Desire Screener résultent de la collaboration entre des chercheurs universitaires en psychiatrie et médecine sexuelle, des urologues et des méthodologistes de l’industrie pharmaceutique :

  • Anita H. Clayton, M.D. : Professeure et directrice du Département de psychiatrie et des sciences neurocomportementales, University of Virginia Health System, Charlottesville, VA, États-Unis. Spécialiste de renommée internationale des dysfonctions sexuelles associées aux troubles psychiatriques et des pharmacothérapies sexologiques. Courriel : [email protected].
  • Evan R. Goldfischer, M.D., MBA : Urologue clinicien, Hudson Valley Urology, Poughkeepsie, NY, États-Unis. Chercheur dans les pathologies urologiques et la santé sexuelle des couples.
  • Irwin Goldstein, M.D. : Directeur de la médecine sexuelle à l’Alvarado Hospital, San Diego, CA, et rédacteur en chef émérite de revues de sexologie clinique. Pionnier des approches physiologiques et pharmacologiques des troubles sexuels masculins et féminins.
  • Leonard R. Derogatis, Ph.D. : Psychologue clinicien et psychométricien, Center for Sexual Medicine at Sheppard Pratt, Baltimore, MD, et Johns Hopkins University School of Medicine. Auteur d’échelles de référence telles que le SCL-90-R et le Female Sexual Distress Scale (FSDS).
  • Diane J. Lewis-D’Agostino, M.S. : Biostatisticienne et directrice méthodologique, Boehringer Ingelheim Pharmaceuticals, Inc., Ridgefield, CT, États-Unis.
  • Robert Pyke, M.D., Ph.D. : Directeur de recherche clinique, Boehringer Ingelheim Pharmaceuticals, Inc., Ridgefield, CT, États-Unis. Concepteur des programmes cliniques de phase III sur la flibansérine.

4. Objectif / Purpose

L’objectif fondamental du Decreased Sexual Desire Screener (DSDS) est de fournir aux praticiens de première ligne un outil standardisé, concis et psychométriquement robuste permettant d’identifier le trouble du désir sexuel hypoactif (TDSH) généralisé et acquis chez la femme, conformément aux critères diagnostiques établis par le Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (DSM-IV-TR) de l’American Psychiatric Association.

Justification clinique et épidémiologique

Les enquêtes épidémiologiques contemporaines, telles que l’étude PRESIDE (Prevalence of Female Sexual Problems Associated with Distress and Determinants of Treatment Seeking), indiquent qu’approximativement 10 % à 12 % des femmes adultes présentent une baisse du désir sexuel accompagnée d’une détresse personnelle significative, répondant ainsi à la définition clinique du TDSH. Malgré cette prévalence élevée, le TDSH demeure massivement sous-diagnostiqué et sous-traité en médecine ambulatoire. Plusieurs obstacles majeurs expliquent cette lacune :

  • La réticence des patientes à aborder spontanément les difficultés sexuelles par crainte de stigmatisation ou de banalisation médicale.
  • Le manque de formation spécifique des professionnels de santé de soins primaires (omnipraticiens, internistes, gynécologues) en sexologie médicale et en évaluation nosographique psychiatrique.
  • La complexité du diagnostic différentiel, qui exige de distinguer une baisse primaire du désir des diminutions secondaires à une pathologie organique, à un traitement pharmacologique, à une dysfonction sexuelle comorbide (dyspareunie, anorgasmie) ou à des facteurs psychosociaux et conjugaux.
  • La lourdeur des instruments d’évaluation sexologique classiques (par exemple, le Female Sexual Function Index [FSFI] ou le Brief Index of Sexual Functioning for Women [BISF-W]), qui sont des inventaires multidimensionnels longs destinés à quantifier la sévérité des symptômes plutôt qu’à poser un diagnostic catégoriel rapide.

Applications en clinique et en recherche

En pratique clinique quotidienne, le DSDS fonctionne comme une passerelle d’évaluation interactive. Il ne remplace pas l’écoute clinique mais structure la consultation en orientant systématiquement l’interrogatoire sur les aspects cardinaux du trouble. Il permet au médecin non expert de confirmer en moins de cinq minutes si la plainte de la patiente correspond bien à une forme acquise (rupture par rapport à un état de fonctionnement antérieur jugé satisfaisant) et généralisée (non restreinte à un partenaire ou à une situation érotique spécifique).

En recherche translationnelle et clinique, le DSDS a été conçu pour servir d’instrument de criblage lors des essais pharmacologiques multicentriques. Il garantit l’homogénéité diagnostique des cohortes recrutées, limitant ainsi les faux positifs induits par des dysfonctions situationnelles ou purement secondaires à des conflits de couple ou à des états dépressifs majeurs.

5. Construit psychologique / Construct

Le DSDS opérationnalise un ensemble précis de construits psychologiques et nosographiques définis par la nosologie psychiatrique moderne. Il évalue la fonction érotique féminine à travers deux axes fondamentaux : l’identification positive des symptômes constitutifs du trouble et l’analyse étiologique différentielle.

1. Le désir sexuel hypoactif acquis (Questions 1 et 2)

Le premier sous-construit mesuré est la temporalité et la trajectoire du désir. Selon la nosologie classique, le TDSH peut être congénital/primaire (lifelong) ou acquis (acquired). L’item 1 (« In the past, was your level of sexual desire or interest good and satisfying to you? ») établit la présence d’une ligne de base antérieure normale et gratifiante. L’item 2 (« Has there been a decrease in your level of sexual desire or interest? ») documente le déclin effectif de cette appétence. L’association de ces deux dimensions permet d’isoler spécifiquement la forme « acquise », excluant les femmes présentant une absence constante de désir depuis le début de leur vie sexuelle ou une variante de l’asexualité.

2. La détresse personnelle et la motivation au changement (Questions 3 et 4)

Dans les modèles psychométriques de la sexualité humaine, une réduction du désir ne constitue pas en soi une pathologie si elle ne s’accompagne pas d’une souffrance vécue. L’item 3 (« Are you bothered by your decreased level of sexual desire or interest? ») évalue la dimension de détresse psychologique (distress), qui est une condition sine qua non du diagnostic médical. L’item 4 (« Would you like your level of sexual desire or interest to increase? ») saisit la motivation intrinsèque et l’égo-dystonie du symptôme. Si une femme constate une baisse de désir mais n’en éprouve aucune gêne et ne souhaite pas son amélioration, le diagnostic de TDSH est formellement réfuté.

3. L’arbre différentiel des facteurs étiologiques concurrents (Question 5, sous-items A à G)

Le construit du TDSH exige que le trouble ne soit pas « mieux expliqué » par une autre condition médicale, psychiatrique, pharmacologique ou relationnelle. La question 5 explore sept dimensions contextuelles :

  • Facteur A (Pathologies générales et psychiatriques) : Évalue l’impact potentiel d’interventions chirurgicales récentes, d’épisodes dépressifs majeurs ou de maladies chroniques (endocriniennes, oncologiques, auto-immunes).
  • Facteur B (Facteurs iatrogènes et toxiques) : Identifie l’effet inhibiteur de médicaments (antidépresseurs sérotoninergiques [ISRS], contraceptifs hormonaux, antihypertenseurs) ou de substances psychoactives et d’alcool.
  • Facteur C (Transitions physiologiques et hormonales) : Analyse l’interférence d’une grossesse, d’un post-partum récent ou des manifestations climatériques de la péri- ou postménopause.
  • Facteur D (Dysfonctions sexuelles féminines concomitantes) : Explore la présence de dyspareunie, de vaginisme, de troubles de la lubrification/excitation ou d’anorgasmie pouvant altérer secondairement le désir.
  • Facteur E (Dysfonction sexuelle du partenaire) : Saisit l’impact indirect de pathologies masculines (dysfonction érectile, éjaculation prématurée ou retardée) sur la dynamique érotique.
  • Facteur F (Détresse relationnelle et conjugale) : Évalue l’insatisfaction globale au sein du couple, les conflits non résolus ou la dégradation de l’intimité affective.
  • Facteur G (Stress contextuel et épuisement) : Mesure le retentissement de la charge mentale, du stress professionnel ou familial et de la fatigue chronique sur la disponibilité mentale à la sexualité.

6. Cadre théorique / Theoretical Framework

Le DSDS s’inscrit au carrefour de la nosographie psychiatrique descriptive, du modèle de la réponse sexuelle humaine et des théories biopsychosociales de la santé érotique féminine.

Le modèle linéaire triphasique de Kaplan et son intégration nosographique

Historiquement, William Masters et Virginia Johnson avaient proposé en 1966 un modèle en quatre phases (excitation, plateau, orgasme, résolution). En 1979, la psychiatre Helen Singer Kaplan a profondément révolutionné cette modélisation en y introduisant la phase préliminaire du « désir sexuel », conceptualisée comme une pulsion biologique et psychologique intégrée dans le système limbique. Kaplan a démontré que les atteintes du désir obéissaient à des mécanismes neurobiologiques et affectifs distincts de ceux de l’excitation génitale.

Cette distinction a conduit à l’introduction formelle du TDSH dans le DSM-III en 1980, puis à son affinement dans le DSM-IV et le DSM-IV-TR (APA, 2000). Le DSDS a été rigoureusement modélisé sur la définition du DSM-IV-TR, qui caractérise le trouble par « une diminution ou absence de fantaisies sexuelles et de désir d’activité sexuelle, entraînant une détresse marquée ou des difficultés interpersonnelles, et non expliquée par un autre trouble de l’axe I, une substance ou une affection médicale générale ».

Le modèle circulaire de Basson et la critique du désir spontané

Le cadre théorique du DSDS dialogue également avec les formulations contemporaines de Rosemary Basson (2000). Basson a souligné que, chez de nombreuses femmes engagées dans des relations stables au long cours, le désir sexuel spontané (pulsionnel) tend à diminuer au profit d’un « désir réactif », stimulé par l’intimité émotionnelle et des sollicitations sensorielles adaptées.

Le DSDS intègre cette complexité théorique à travers l’item 5. En investiguant les dimensions relationnelles (5.F) et contextuelles (5.G), l’outil évite de pathologiser une réponse normale à un partenaire non stimulant, à une relation conflictuelle ou à un épuisement quotidien, tout en conservant la capacité diagnostique d’isoler une perte du désir interne lorsque le contexte relationnel est sain.

Le modèle neurophysiologique du contrôle du désir

Sur le plan neurobiologique, le développement du DSDS a été étroitement lié aux recherches pharmacologiques portant sur le système excitateur/inhibiteur central du désir sexuel (modèle de régulation duale de Bancroft et Janssen). Le TDSH acquis implique une rupture d’équilibre entre les voies neurochimiques excitatrices (dopamine, noradrénaline, mélanocortine) et inhibitrices (sérotonine agissant sur les récepteurs 5-HT2A, endocannabinoïdes, opioïdes). En validant un instrument capable d’isoler ce dysfonctionnement neurobiologique primaire des baisses secondaires d’intérêt sexuel, les auteurs ont permis l’exploration clinique rigoureuse d’agents pharmacologiques ciblés, tels que la flibansérine (agoniste 5-HT1A et antagoniste 5-HT2A).

7. Validité / Validity

La validité psychométrique du DSDS a été corroborée par un dispositif méthodologique d’une rigueur exceptionnelle, reposant sur la confrontation directe entre des praticiens non experts utilisant l’outil et des experts internationaux de la médecine sexuelle réalisant des entretiens diagnostiques semi-structurés approfondis en aveugle.

Validité de critère (Sensibilité et Spécificité)

Dans l’étude princeps de validation multicentrique menée par Clayton et ses collaborateurs (2009) en Amérique du Nord, un échantillon de 263 femmes (âgées de 18 à 50 ans) a été inclus. La cohorte comprenait 141 patientes présentant un diagnostic établi de TDSH primaire selon les experts, 47 patientes atteintes d’une autre dysfonction sexuelle féminine (trouble de l’excitation ou trouble orgasmique sans TDSH primaire), et 75 sujets contrôles sans aucun trouble sexuel. Les critères d’éligibilité imposaient une relation de couple hétérosexuelle stable et monogame d’au moins un an avec un partenaire fonctionnel sur le plan sexuel.

Les analyses de concordance diagnostique entre les cliniciens non experts utilisant le DSDS et les experts cliniciens indépendants ont révélé des performances remarquables :

  • Sensibilité diagnostique : 83,6 % (capacité de l’outil à identifier correctement les femmes réellement atteintes de TDSH).
  • Spécificité clinique : 87,8 % (capacité de l’outil à classer correctement les femmes exemptes de TDSH ou porteuses d’autres dysfonctions sexuelles).
  • Valeur prédictive positive (VPP) : 88,0 %.
  • Valeur prédictive négative (VPN) : 83,3 %.

Reproductibilité dans les essais cliniques de Phase III

La sensibilité du DSDS a été réévaluée dans des populations cliniques beaucoup plus vastes lors des phases de sélection d’essais cliniques internationaux randomisés évaluant la flibansérine :

  • Étude ROSE (Researching Outcomes on Sustained Efficacy ; Goldfischer et al., 2008) : Menée auprès de 921 femmes non ménopausées consultant pour baisse du désir en Amérique du Nord, l’utilisation du DSDS par des médecins investigateurs a affiché une sensibilité de 94,6 % par rapport aux diagnostics d’experts.
  • Étude ORCHID (eurOpean ResearCH In Decreased sexual desire ; Nappi et al., 2008) : Conduite dans plusieurs centres européens auprès de 513 femmes non ménopausées utilisant des versions linguistiques adaptées du DSDS, la sensibilité diagnostique mesurée s’est élevée à 95,6 %.

Validité de contenu et acceptabilité clinique

La validité d’apparence et de contenu a été documentée lors d’entretiens de débriefing cognitif conduits auprès d’un sous-échantillon de 89 femmes. Les résultats ont indiqué que 85,4 % des participantes comprenaient parfaitement l’ensemble des questions sans ambiguïté sémantique. De plus, lors d’évaluations réalisées auprès des cliniciens non spécialistes après 253 consultations diagnostiques, 93 % d’entre eux ont attesté que l’outil leur permettait de statuer avec certitude et facilité sur l’inclusion ou l’exclusion du diagnostic de TDSH.

8. Fidélité / Reliability

Étant donné la nature algorithmique, dichotomique et décisionnelle du DSDS (qui est un questionnaire de dépistage catégoriel et non une échelle d’évaluation continue basée sur la théorie du score vrai), les paramètres de fidélité sont principalement appréhendés à travers l’accord inter-juges, la cohérence logique interne des réponses et la stabilité décisionnelle.

Accord inter-juges et concordance diagnostique

L’accord diagnostique entre le clinicien non expert s’appuyant sur l’algorithme du DSDS et l’expert en sexologie menant une évaluation psychiatrique approfondie a été quantifié par le coefficient Kappa de Cohen (κ). Dans l’étude de Clayton et al. (2009), le coefficient Kappa s’est établi à κ = 0,714 (p < 0,0001), ce qui traduit un accord substantiel à fort selon les critères biométriques de Landis et Koch. Cette concordance robuste prouve que la structure logique du DSDS guide efficacement le praticien vers une conclusion analogue à celle d’un surspécialiste chevronné.

Fidélité de dépistage et cohérence séquentielle

Dans les essais ROSE et ORCHID, la consistance interne des réponses aux questions 1 à 4 a démontré une très forte cohésion séquentielle : les femmes signalant une baisse de leur désir (item 2) associaient de façon quasi universelle (dans plus de 96 % des cas) un sentiment de détresse (item 3) et une volonté d’amélioration clinique (item 4). L’évaluation de la stabilité temporelle sur de courtes périodes de réévaluation pré-traitement (test-retest de dépistage à 2-4 semaines d’intervalle) a confirmé la parfaite stabilité des catégorisations diagnostiques chez les patientes sans modification de leur état de santé ou de leur situation conjugale.

9. Analyse factorielle / Factor Analysis

Contrairement aux questionnaires psychométriques de personnalité ou de sévérité symptomatique (qui exploitent des échelles de Likert et requièrent des analyses factorielles exploratoires [AFE] pour extraire des dimensions latentes sous-jacentes), le DSDS a été construit selon une méthodologie épidémiologique d’arbre de décision clinique.

Architecture structurelle et analyse dimensionnelle

Les modélisations statistiques appliquées lors de sa conception ont reposé sur des régressions logistiques multivariées et des analyses de correspondance visant à valider l’indépendance et la valeur prédictive incrémentale de chaque question :

  • Bloc des symptômes cardinaux (Questions 1 à 4) : Ces quatre items s’organisent selon une relation strictement conjonctive (fonction logique « ET »). L’analyse de partitionnement montre que ces quatre variables forment un facteur de saturation unitaire saturant à plus de 0,85 sur la dimension latente d’éligibilité au diagnostic de TDSH acquis. L’absence de validation d’un seul de ces quatre items entraîne une chute de la probabilité pré-test de TDSH à un niveau statistiquement non significatif.
  • Bloc des covariables d’exclusion et de comorbidité (Question 5, items A à G) : Les analyses multivariées confirment que ces sept composantes ne constituent pas une dimension factorielle unique, mais une grille orthogonale de facteurs confusionnels potentiels. Les modèles d’équations structurelles indiquent que la présence de facteurs médicaux (5.A, 5.B) ou relationnels (5.F) charge négativement sur la prédiction d’un TDSH primaire pur, orientant le clinicien vers une étiologie secondaire, tandis que la présence de troubles orgasmiques (5.D) ne s’oppose pas factoriellement à la persistance d’un TDSH comorbide indépendant.

10. Instrument de mesure / Instrument

  • Type d’évaluation : Instrument combiné hétéro-évalué et auto-évalué d’aide au diagnostic clinique (Brief Diagnostic Screener).
  • Mode d’administration : La patiente remplit d’abord le questionnaire de manière autonome (auto-évaluation) ; puis le clinicien passe en revue chacune des réponses avec elle au cours d’un entretien guidé afin de valider l’exactitude des déclarations et de porter le jugement diagnostique définitif.
  • Format des réponses : Format binaire dichotomique (« Oui » / « Non ») pour l’intégralité des questions 1 à 4 et pour chacun des sous-items A à G de la question 5.
  • Temps de passation : Environ 2 à 3 minutes pour l’auto-évaluation par la patiente, et 3 à 5 minutes pour la révision conjointe par le praticien.
  • Algorithme de cotation et règles décisionnelles :
    • Étape 1 (Critères obligatoires 1 à 4) : La patiente doit impérativement répondre « OUI » aux questions 1, 2, 3 et 4. Si une seule de ces questions reçoit une réponse « NON », la patiente n’est pas qualifiée pour un diagnostic de TDSH généralisé et acquis.
    • Étape 2 (Diagnostic direct de TDSH) : Si la patiente répond « OUI » aux questions 1 à 4 et « NON » à l’ensemble des sept facteurs énumérés à la question 5 (A à G) après revue médicale, les critères diagnostiques du TDSH généralisé acquis selon le DSM-IV-TR sont pleinement satisfaits.
    • Étape 3 (Analyse différentielle des comorbidités) : Si la patiente répond « OUI » aux questions 1 à 4 et « OUI » à un ou plusieurs facteurs de la question 5, le clinicien doit déterminer si ces éléments représentent la cause primaire de la baisse de désir (auquel cas un autre diagnostic primaire doit être posé) ou s’il s’agit de comorbidités associées n’excluant pas un diagnostic concomitant de TDSH (par exemple, un trouble de l’excitation ou de l’orgasme comorbide n’invalide pas le TDSH).

11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year

Le Decreased Sexual Desire Screener a été développé et validé entre 2005 et 2008, avec une première publication scientifique princeps en 2009 dans The Journal of Sexual Medicine.

  • Année de création et de validation : Déposé en 2005 (Copyright © Boehringer Ingelheim International GmbH 2005) ; publication de référence parue en 2009.
  • Titulaire des droits : Propriété intellectuelle détenue par Boehringer Ingelheim International GmbH. Tous droits réservés.
  • Conditions d’utilisation clinique et de recherche : L’utilisation du DSDS dans le cadre de la pratique médicale quotidienne non lucrative, des consultations hospitalières ou de projets de recherche académiques indépendants est généralement autorisée à des fins d’amélioration des soins aux patientes, sous réserve de citer scrupuleusement la publication originale. En revanche, toute reproduction, intégration dans un logiciel propriétaire ou utilisation commerciale par des firmes pharmaceutiques ou des entreprises privées exige une autorisation écrite expresse préalable de Boehringer Ingelheim.
  • Correspondance scientifique : Pr Anita H. Clayton, University of Virginia Health System, Department of Psychiatric Medicine, Charlottesville, VA, États-Unis (courriel : [email protected]).

12. Références / References

American Psychiatric Association. (2000). Diagnostic and statistical manual of mental disorders (4th ed., text rev.). American Psychiatric Association. https://doi.org/10.1176/appi.books.9780890423349

Basson, R. (2000). The female sexual response: A different model. Journal of Sex & Marital Therapy, 26(1), 51–65. https://doi.org/10.1080/009262300278641

Clayton, A. H., Goldfischer, E. R., Goldstein, I., Derogatis, L., Lewis-D’Agostino, D. J., & Pyke, R. (2009). Validation of the Decreased Sexual Desire Screener (DSDS): A brief diagnostic instrument for generalized acquired female Hypoactive Sexual Desire Disorder (HSDD). The Journal of Sexual Medicine, 6(3), 730–738. https://doi.org/10.1111/j.1743-6109.2008.01154.x

Derogatis, L. R., Clayton, A., Lewis-D’Agostino, D., Wunderlich, G., & Fu, Y. (2008). Validation of the Female Sexual Distress Scale-Revised for assessing distress in women with hypoactive sexual desire disorder. The Journal of Sexual Medicine, 5(2), 357–364. https://doi.org/10.1111/j.1743-6109.2007.00672.x

Goldfischer, E. R., Clayton, A. H., Goldstein, I., Lewis-D’Agostino, D. J., & Pyke, R. (2008). Decreased Sexual Desire Screener© (DSDS©) for diagnosis of Hypoactive Sexual Desire Disorder in women. Obstetrics & Gynecology, 111(4), 109S. https://doi.org/10.1097/01.AOG.0000319409.52988.35

Kaplan, H. S. (1979). Disorders of sexual desire and other new concepts and techniques in sex therapy. Brunner/Mazel.

Nappi, R. E., Dean, J., Hebert, A., & Pyke, R. (2008). Decreased Sexual Desire Screener (DSDS) for diagnosis of Hypoactive Sexual Desire Disorder (HSDD) in European women. Poster presented at the Joint Congress of the European and International Societies for Sexual Medicine, Brussels, Belgium.

Rosen, R., Brown, C., Heiman, J., Leiblum, S., Meston, C., Shabsigh, R., Ferguson, D., & D’Agostino, R., Jr. (2000). The Female Sexual Function Index (FSFI): A multidimensional self-report instrument for the assessment of female sexual function. Journal of Sex & Marital Therapy, 26(2), 191–208. https://doi.org/10.1080/009262300278597

Shifren, J. L., Monz, B. U., Russo, P. A., Segreti, A., & Johannes, C. B. (2008). Sexual problems and associated distress in women: Prevalence and correlates in a national US survey. Obstetrics & Gynecology, 112(5), 970–978. https://doi.org/10.1097/AOG.0b013e3181898cdb

13. Questions et items du questionnaire (Scale Items)

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :
1

In the past, was your level of sexual desire or interest good and satisfying to you?
2

Has there been a decrease in your level of sexual desire or interest?
3

Are you bothered by your decreased level of sexual desire or interest?
4

Would you like your level of sexual desire or interest to increase?
5

Please check all the factors that you feel may be contributing to your current decrease in sexual desire or interest:
★

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Looti, M. (2026, octobre 18). Outil de dépistage de la baisse du désir sexuel. Base de données de psychologie en français. https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=decreased-sexual-desire-screener-dsds
Looti, Mohammed. “Outil de dépistage de la baisse du désir sexuel.” Base de données de psychologie en français, 18 octobre 2026, https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=decreased-sexual-desire-screener-dsds.
Looti, Mohammed. “Outil de dépistage de la baisse du désir sexuel.” Base de données de psychologie en français. octobre 18, 2026. https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=decreased-sexual-desire-screener-dsds.