1. Résumé
L’Instrument de mesure de la cyberviolence dans les couples d’adolescents (Cyber Dating Violence Instrument for Teens, ou CyDAV-T ; Sánchez-Jiménez et al., 2023), également répertorié dans sa version originale sous l’appellation espagnole « Escala de Violencia Online en Parejas Adolescentes », constitue un dispositif psychométrique de pointe conçu pour quantifier et qualifier les manifestations de cyberviolence au sein des relations sentimentales adolescentes. Élaboré initialement à partir d’un ensemble de 34 items dérivés d’une revue systématique de la littérature et de groupes de discussion (focus groups) menés auprès de jeunes, l’outil s’articule autour de deux volets distincts et symétriques évaluant respectivement la perpétration (agression) et la victimisation. Les comportements sont catégorisés selon trois dimensions latentes fondamentales : la violence verbale/émotionnelle, le contrôle et la violence sexuelle.
Après une phase d’évaluation par des comités d’experts ayant réduit le corpus à 28 items, l’échelle a fait l’objet d’une calibration rigoureuse auprès d’un échantillon représentatif d’élèves de l’enseignement secondaire en Espagne (Séville et Cordoue) ayant entretenu une relation amoureuse au cours de l’année précédente. L’application combinée de la théorie de la réponse aux items (TRI) et de l’analyse factorielle confirmatoire (AFC) a conduit à l’élagage des items non discriminants ou présentant des probabilités de réponse positive excessivement faibles (courbes caractéristiques des items sous le seuil critique de 0,10, tels que les items 3 et 5 pour l’agression, ainsi que les items 23, 26 et 27), aboutissant à une version finale optimisée de 19 items pour l’agression et de 19 items pour la victimisation.
Chaque item est coté sur une échelle de type Likert en 5 points évaluant la fréquence temporelle sur les douze derniers mois (de 0 = « Cela ne m’est jamais arrivé » à 4 = « Cela m’arrive presque toujours »). Les propriétés psychométriques démontrent une excellente adéquation du modèle trifactoriel (pour l’agression : χ²(149) = 163,81, CFI = 0,99, RMSEA = 0,02 ; pour la victimisation : χ²(149) = 227,71, CFI = 0,98, RMSEA = 0,04) ainsi qu’une consistance interne robuste évaluée par le coefficient oméga de McDonald (ω compris entre 0,69 et 0,79 pour l’agression, et entre 0,72 et 0,85 pour la victimisation). L’instrument bénéficie en outre de solides preuves de validité critérielle et convergente, notamment via des corrélations substantielles avec le désengagement moral en ligne et le partage non consenti de contenus intimes.
2. Mots-clés
Adolescence, Cyberviolence amoureuse, Victimisation en ligne, Agression relationnelle numérique, Contrôle coercitif numérique, Violence sexuelle en ligne, Psychométrie, Théorie de la réponse aux items, Analyse factorielle confirmatoire, Relations sentimentales adolescentes, Désengagement moral en ligne.
3. Auteurs
L’instrument CyDAV-T a été développé et validé par une équipe de chercheurs hispano-italiens spécialisés dans la psychologie du développement, les relations entre pairs et les violences interpersonnelles médiatisées par les technologies :
- Virginia Sánchez-Jiménez : Département de psychologie du développement et de l’éducation, Universidad de Sevilla, Espagne. Identifiant ORCID : 0000-0001-7394-9311. Courriel institutionnel : [email protected] (Auteure correspondante).
- María-Luisa Rodríguez-deArriba : Département de psychologie du développement et de l’éducation, Universidad de Sevilla, Espagne.
- Federica Stefanelli : Département des sciences de l’éducation, des langues, des cultures, de la communication et des études interculturelles (FORLILPSI), Università degli Studi di Firenze, Italie.
- Annalaura Nocentini : Département des sciences de l’éducation, des langues, des cultures, de la communication et des études interculturelles (FORLILPSI), Università degli Studi di Firenze, Italie.
4. Objectif
L’objectif fondamental du CyDAV-T est de fournir à la communauté scientifique, aux psychologues cliniciens, aux psychoéducateurs et aux acteurs de la santé publique un instrument d’évaluation psychométrique valide, sensible et exhaustif pour mesurer la prévalence, l’intensité et les mécanismes fonctionnels de la cyberviolence au sein des fréquentations amoureuses adolescentes (cyber dating violence ou CDV). L’avènement des écosystèmes numériques, des plateformes de messagerie instantanée (telles que WhatsApp, Snapchat ou Instagram) et des réseaux sociaux a profondément transformé l’architecture relationnelle des adolescents. Si ces plateformes facilitent la socialisation et l’intimité, elles constituent également des espaces propices à l’émergence de conduites coercitives, d’intrusions abusives et d’atteintes psychologiques permanentes, affranchies des contraintes spatio-temporelles inhérentes au monde physique.
Sur le plan clinique, le CyDAV-T répond à un impératif diagnostique majeur. La cyberviolence amoureuse n’est pas un phénomène monolithique ou homogène ; elle s’exprime à travers un spectre comportemental hétérogène allant de la surveillance numérique insidieuse à l’agression verbale directe et au chantage sexuel numérique (sextorsion, diffusion non consentie de photographies intimes). Les victimes de ces agissements présentent un risque accru de détresse psychologique, d’épisodes dépressifs majeurs, de troubles anxieux généralisés, de baisse de l’estime de soi et d’idéations suicidaires. En milieu clinique ou scolaire, disposer d’une échelle à double facette (agression et victimisation) structurée selon trois facteurs permet d’isoler avec précision les profils des jeunes impliqués, qu’ils soient purement victimes, purement agresseurs, ou impliqués dans des dynamiques de cyberviolence bidirectionnelle (victimes-agresseurs).
Dans le domaine de la recherche empirique et épidémiologique, le CyDAV-T a été spécifiquement conceptualisé pour remédier aux limites psychométriques constatées dans les instruments de première génération, souvent caractérisés par un manque de clarté dimensionnelle, une contamination des items ou des seuils de discrimination défaillants. En adoptant une double perspective d’analyse (théorie classique des tests et théorie de la réponse aux items), l’instrument garantit que chaque énoncé possède un pouvoir discriminant élevé pour des niveaux d’intensité comportementale spécifiques. Cette finesse métrique rend l’outil particulièrement pertinent pour les études longitudinales évaluant les trajectoires développementales des comportements délinquants ou antisociaux en ligne, ainsi que pour les essais contrôlés randomisés évaluant l’efficacité des programmes de prévention de la violence dans les relations amoureuses des adolescents.
5. Construit psychologique
Le construit ciblé par le CyDAV-T est la cyberviolence dans les fréquentations adolescentes, définie sur le plan opératoire comme tout acte d’agression, de contrôle, de harcèlement, d’humiliation ou d’exploitation perpétré à l’encontre d’un partenaire amoureux ou d’un ex-partenaire, exécuté par le biais de téléphones mobiles, d’applications de messagerie électronique ou de plateformes sociales en ligne. Conformément à la modélisation multidimensionnelle validée par Sánchez-Jiménez et al. (2023), ce construit se subdivise en deux grandes polarités fonctionnelles symétriques — la perpétration (comportements émis) et la victimisation (comportements subis) — chacune reposant sur une organisation factorielle identique à trois dimensions interconnectées mais distinctes :
1. Dimension Violence Verbale et Émotionnelle
Cette dimension englobe les agissements numériques visant à attaquer l’intégrité psychologique, l’estime de soi ou le sentiment de valeur personnelle du partenaire. Elle se caractérise par l’utilisation de canaux textuels, vocaux ou multimédias pour adresser des insultes directes, des propos dénigrants, des moqueries blessantes ou des menaces explicites d’agression physique ou d’exclusion sociale. Elle intègre également des manœuvres de manipulation affective en ligne, telles que l’humiliation publique par le biais de publications sur les réseaux sociaux, la diffusion de commentaires désobligeants auprès du cercle d’amis numériques ou le fait de rompre la communication de manière punitive et hostile (pratiques d’évitement ou de rejet intentionnel médiatisé par les écrans). Dans le versant victimisation, elle traduit l’exposition directe du jeune à ces manifestations d’hostilité verbale et de dégradation émotionnelle continue.
2. Dimension Contrôle et Surveillance Numérique
La sous-échelle de contrôle renvoie aux manifestations du contrôle coercitif adaptées à la sphère cybernétique. Elle quantifie les conduites de surveillance intrusive, de pistage des activités en ligne et d’exigences autoritaires imposées au partenaire. Ces comportements incluent l’exigence d’une disponibilité immédiate (obligation de répondre sans délai aux messages ou aux appels sous peine de représailles verbales), l’inspection minutieuse des connexions ou de la mention « en ligne » sur les messageries, l’examen forcé de la liste des contacts ou des historiques de conversation, l’interdiction d’ajouter ou de communiquer avec certains amis sur les réseaux sociaux, ainsi que la réquisition des mots de passe personnels. Cette dimension opérationnalise la restriction de l’autonomie et de la vie privée du partenaire au moyen des outils numériques.
3. Dimension Violence Sexuelle Numérique
Cette composante explore les atteintes à l’intégrité et à l’intimité sexuelles commises dans l’espace virtuel. Elle recouvre une gradation de conduites non consenties, incluant l’insistance réitérée et les pressions psychologiques exercées afin d’obtenir des photographies ou des vidéos à caractère érotique ou pornographique (pratiques coercitives de sexting), la réception non sollicitée d’images explicites, les menaces de divulgation publique de contenus intimes en cas de rupture ou de désobéissance (sextorsion), ainsi que la diffusion effective de photographies dénudées ou intimes à des tiers sans le consentement préalable de la personne concernée. Cette dimension constitue l’une des expressions les plus dévastatrices de la cyberviolence en raison de la viralité inhérente aux réseaux numériques et de la perte définitive de contrôle sur ces contenus personnels.
6. Cadre théorique
L’ancrage théorique du CyDAV-T s’articule autour de l’intégration conceptuelle de plusieurs paradigmes majeurs de la psychologie sociale, de la criminologie environnementale et de la psychologie développementale :
1. La théorie sociocognitive et le mécanisme de désengagement moral
La conceptualisation des dynamiques d’agression numérique repose largement sur la théorie sociale cognitive élaborée par Albert Bandura, et plus particulièrement sur son modèle du désengagement moral. Selon Bandura, les individus ne commettent pas d’actes antisociaux sans avoir au préalable neutralisé leurs mécanismes internes d’autocensure morale. Dans l’espace numérique, la décontextualisation sociale, l’absence de perception directe de la détresse de la victime (due à l’intermédiation des écrans) et l’illusion d’anonymat favorisent des mécanismes spécifiques tels que la minimisation des conséquences néfastes, l’attribution du blâme à la victime (« c’est elle qui m’a poussé à agir ainsi en ne répondant pas ») et la justification morale. Sánchez-Jiménez et ses collaborateurs démontrent que les adolescents perpétrant des actes de cyberviolence amoureuse mobilisent massivement des distorsions cognitives et un désengagement moral en ligne pour légitimer leurs comportements de surveillance et de harcèlement.
2. Le modèle écocsystémique du développement humain
Conformément au cadre écologique d’Urie Bronfenbrenner, les comportements relationnels des adolescents s’inscrivent dans une imbrication de microsystèmes (la famille, le groupe de pairs, la relation dyadique amoureuse) et de macrosystèmes (les normes socioculturelles de genre, la culture de la connectivité permanente). Le smartphone constitue un micro-environnement relationnel portable au sein duquel les normes d’hyper-connexion peuvent être dévoyées pour instituer un climat d’insécurité chronique. Le CyDAV-T postule que la cyberviolence n’est pas une simple réplication mécanique des violences conjugales traditionnelles hors ligne, mais qu’elle interagit avec l’écologie numérique contemporaine en introduisant des caractéristiques uniques : l’omniprésence temporelle, la persistance des traces numériques et la visibilité potentiellement universelle accordée aux agressions.
3. Les typologies de violence interpersonnelle et le contrôle coercitif
L’instrument s’inspire également de la typologie des violences au sein du couple développée par Michael P. Johnson, distinguant la violence situationnelle de couple du « terrorisme intime » fondé sur le contrôle coercitif (conceptualisé par Evan Stark). Dans le CyDAV-T, la distinction opérationnelle entre la violence verbale/émotionnelle et le contrôle numérique permet de dissocier les conflits affectifs sporadiques d’un modèle structurel d’emprise et de domination algorithmique où les outils de communication deviennent des instruments d’asservissement et de privation de liberté individuelle.
7. Validité
La validité psychométrique du CyDAV-T a été rigoureusement démontrée à travers plusieurs analyses empiriques conduites par Sánchez-Jiménez et al. (2023) lors de la standardisation de l’outil auprès d’adolescents scolarisés dans les provinces de Séville et Cordoue :
Validité de contenu
La validité de contenu a été garantie dès l’amorce de la conception de l’échelle par un processus rigoureux en deux phases : une revue exhaustive de la littérature scientifique relative aux instruments préexistants de violence amoureuse, couplée à la réalisation d’entretiens qualitatifs et de focus groups auprès de jeunes adolescents afin de recueillir leur terminologie native et leurs expériences vécues de l’agression technologique. Le pool initial de 34 items a ensuite été soumis au jugement d’un panel d’experts universitaires indépendants, réduisant la version pilote à 28 items après élimination des énoncés ambigus ou redondants.
Validité convergente et critérielle
La validité convergente et critérielle a été confirmée par l’examen des relations statistiques entretenues entre les scores du CyDAV-T et des construits psychologiques théoriquement apparentés :
- Désengagement moral en ligne : Les comparaisons de moyennes ont mis en évidence que les adolescents impliqués dans les trois formes de cyberviolence (verbale/émotionnelle, contrôle et violence sexuelle), que ce soit sur le versant de l’agression ou sur celui de la victimisation, présentaient des scores de désengagement moral en ligne significativement plus élevés que les adolescents non impliqués.
- Partage non consenti de contenus intimes : Les scores du CyDAV-T ont été mis en relation avec l’échelle de partage non consenti (Non-Consensual Sharing Scale [NCS] ; Walker et al., 2021). Des écarts statistiquement significatifs ont été constatés de manière uniforme entre les sous-groupes, les individus manifestant ou subissant de la cyberviolence présentant des moyennes considérablement plus élevées sur l’échelle NCS. L’ensemble des contrastes atteignait la significativité statistique usuelle (p < 0,05), à l’exception spécifique des liens entre l’agression de contrôle et la victimisation sexuelle, pour lesquels les valeurs tendaient néanmoins fortement vers le seuil de significativité.
Validité de construit
La validité dimensionnelle et structurelle du construit a été établie par la confirmation empirique de l’indépendance relative mais complémentaire des trois sous-échelles au moyen de l’analyse factorielle confirmatoire, garantissant que l’agression et la victimisation capturent des phénomènes psychologiques distincts tout en conservant une comparabilité métrique structurée.
8. Fidélité
L’évaluation de la fidélité et de la précision de mesure du CyDAV-T a privilégié des coefficients modernes de consistance interne adaptés aux échelles multidimensionnelles à variables latentes ordinales, rejetant les biais reconnus de l’alpha de Cronbach lorsque les postulats de tau-équivalence sont violés.
Les chercheurs ont ainsi calculé le coefficient oméga de McDonald (ω) pour chacune des sous-échelles de l’instrument dans ses versions définitives à 19 items :
- Échelle d’Agression / Perpétration (19 items) :
- Sous-échelle Violence Verbale et Émotionnelle : coefficients ω robustes s’étalant de 0,69 à 0,79 selon les sous-groupes et dimensions analysées.
- Sous-échelle Contrôle : consistance interne élevée démontrant une forte cohésion des items dédiés à la surveillance.
- Sous-échelle Violence Sexuelle : coefficients confirmant une homogénéité des énoncés malgré la moindre fréquence statistique de ces comportements au sein des populations scolaires ordinaires.
- L’intervalle global des valeurs d’oméga pour les dimensions de l’agression oscille entre 0,69 et 0,79, témoignant d’une précision tout à fait satisfaisante pour des mesures autorapportées de comportements sensibles.
- Échelle de Victimisation (19 items) :
- Les indices de consistance interne se révèlent encore plus élevés sur le versant de la victimisation, avec des coefficients oméga compris entre 0,72 et 0,85.
- Cette stabilité métrique remarquable indique que les adolescents évaluent avec une grande fiabilité et cohérence la fréquence des comportements intrusifs, humiliants ou sexuellement coercitifs qu’ils subissent au sein de leur couple.
Ces données confirment que le CyDAV-T présente une erreur de mesure minime, assurant une stabilité conceptuelle optimale pour des diagnostics individuels comme pour des études de cohorte épidémiologiques.
9. Analyse factorielle
La structure factorielle du CyDAV-T a fait l’objet d’une démarche analytique sophistiquée combinant deux approches complémentaires : la théorie de la réponse aux items (TRI) et l’analyse factorielle confirmatoire (AFC).
Épuration des items par la Théorie de la Réponse aux Items (TRI)
Dans un premier temps, l’analyse des courbes caractéristiques des items (Item Characteristic Curves, ICC) a été réalisée sur la version préliminaire à 28 items. Cette étape méthodologique décisive a permis d’évaluer la capacité de chaque item à discriminer les individus le long du continuum latent (θ) de violence. Les résultats ont mis en lumière que la probabilité d’une réponse positive pour certains énoncés était extrêmement basse, se situant sous le seuil critique de 0,10. Ce phénomène a été particulièrement documenté pour les items 3 et 5 de l’échelle d’agression.
De surcroît, les items 23, 26 et 27 présentaient une très faible représentativité dans l’échantillon général d’adolescents. Afin d’optimiser l’économie psychométrique de l’outil et de préserver une stricte symétrie structurelle entre l’agression et la victimisation, les auteurs ont instauré une règle systématique : tout item éliminé d’une échelle en raison de paramètres de discrimination défaillants ou d’une fréquence résiduelle anecdotique a été simultanément retiré de l’échelle parallèle correspondante. Ce protocole a abouti à une version épurée contenant exactement 19 items par polarité relationnelle.
Analyse Factorielle Confirmatoire (AFC)
L’architecture factorielle à trois dimensions corrélées (Violence verbale/émotionnelle, Contrôle, Violence sexuelle) a ensuite été mise à l’épreuve par une AFC menée indépendamment sur les versions définitives à 19 items de l’agression et de la victimisation. Les indices d’adéquation globale attestent d’une excellente concordance entre le modèle théorique trifactoriel et les données empiriques observées :
- Modèle d’Agression (19 items) :
- Chi-carré : χ²(149) = 163,81, p = 0,193 (ratio χ²/dl = 1,10, traduisant un ajustement exceptionnel)
- Indice de comparaison de Bentler (CFI) = 0,99
- Erreur quadratique moyenne d’approximation (RMSEA) = 0,02 (Intervalle de confiance à 90 % : [0,00 ; 0,03])
- Modèle de Victimisation (19 items) :
- Chi-carré : χ²(149) = 227,71, p < 0,001 (ratio χ²/dl = 1,52)
- Indice de comparaison de Bentler (CFI) = 0,98
- Erreur quadratique moyenne d’approximation (RMSEA) = 0,04 (Intervalle de confiance à 90 % : [0,03 ; 0,05])
L’ensemble de ces indices excède largement les standards méthodologiques les plus rigoureux (CFI ≥ 0,95 et RMSEA ≤ 0,05), attestant sans équivoque de la robustesse de l’organisation factorielle trifactorielle du CyDAV-T dans les deux sens de la relation dyadique.
10. Instrument de mesure
- Nom officiel de l’instrument : Cyber Dating Violence Instrument for Teens (CyDAV-T) / Escala de Violencia Online en Parejas Adolescentes.
- Type de test : Questionnaire psychométrique autorapporté mesurant l’agression et la victimisation numériques dans les relations amoureuses.
- Nombre total d’items : 38 items au total, répartis symétriquement en :
- 19 items pour l’échelle d’Agression / Perpétration.
- 19 items pour l’échelle de Victimisation.
- Structure factorielle : 3 dimensions latentes par échelle :
- Violence verbale/émotionnelle (Verbal/Emotional).
- Contrôle et surveillance (Control).
- Violence sexuelle (Sexual).
- Format des réponses : Échelle de type Likert en 5 points évaluant la fréquence des comportements au cours des douze derniers mois :
- 0 = « Cela ne m’est jamais arrivé » (This has never happened to me)
- 1 = « Cela m’est arrivé rarement »
- 2 = « Cela m’arrive parfois »
- 3 = « Cela m’arrive souvent »
- 4 = « Cela m’arrive presque toujours » (This almost always happens to me)
- Période de référence temporelle : Les comportements vécus ou exercés au cours de l’année précédente (12 derniers mois) au sein d’une relation amoureuse.
- Modalités d’administration : Formats informatisé (en ligne sur tablette, ordinateur ou smartphone) ou papier-crayon auto-administré.
- Population cible : Adolescents et jeunes adultes âgés de 13 à 18 ans et plus (validé spécifiquement chez les élèves du secondaire âgés de 14 à 18 ans ayant été en couple au cours de l’année écoulée).
- Langue originale : Espagnol (adaptations et traductions académiques disponibles pour l’anglais et l’italien).
- Cotation : Calcul de scores moyens ou cumulés distincts pour chaque sous-échelle (violence verbale, contrôle, violence sexuelle) et pour chaque statut relationnel (agression vs. victimisation). Permet une catégorisation typologique (victimes pures, agresseurs purs, victimes-agresseurs, non-impliqués).
11. Permissions, tarifs et année du test
- Année de publication : 2023.
- Droits d’auteur et propriété intellectuelle : Détenus par les auteurs (Virginia Sánchez-Jiménez, María-Luisa Rodríguez-deArriba, Federica Stefanelli et Annalaura Nocentini) et la revue Psicothema (Colegio Oficial de Psicólogos del Principado de Asturias).
- Tarification : Accès libre de droits (gratuit / No fee) pour les activités d’enseignement, la recherche scientifique non commerciale et les applications institutionnelles d’évaluation scolaire.
- Modalités d’obtention et permissions : Les chercheurs et praticiens désireux d’utiliser la version intégrale officielle du protocole CyDAV-T dans le cadre de leurs travaux doivent contacter directement l’auteure correspondante à l’adresse électronique suivante : [email protected].
12. Références
Sánchez-Jiménez, V., Rodríguez-deArriba, M.-L., Stefanelli, F., & Nocentini, A. (2023). Cyber Dating Violence Instrument for Teens (CyDAV-T): Dimensional structure and relative item discrimination. Psicothema, 35(2), 189–201. https://doi.org/10.7334/psicothema2022.196
Walker, K., Sleath, E., Tramontano, C., & Brown, S. (2021). A systematic review of non-consensual sharing of intimate images. Trauma, Violence, & Abuse, 22(4), 856–869. https://doi.org/10.1177/1524838019888556
13. Questions et items du questionnaire
Les items officiels du questionnaire CyDAV-T (Cyber Dating Violence Instrument for Teens) sont protégés par le droit d’auteur et ne sont pas reproduits intégralement dans le domaine public ouvert.
Conformément aux directives déontologiques et aux restrictions de diffusion de l’instrument original, les questions textuelles complètes doivent être sollicitées directement auprès de l’équipe de recherche de l’Université de Séville ([email protected]). L’instrumentation se structure selon les paramètres de réponse et les regroupements factoriels officiels présentés ci-après :
Official Response Scale
Items are rated on a 5-point Likert-type scale ranging from 0 = ‘This has never happened to me’ to 4 = ‘This almost always happens to me’. This scale measures the frequency with which respondents have experienced the behavior over the past year.
- 0 = This has never happened to me
- 1 = This has rarely happened to me
- 2 = This sometimes happens to me
- 3 = This often happens to me
- 4 = This almost always happens to me
Inventory Structure Overview (19 Items per Scale)
Scale A: Aggression / Perpetration (19 Items)
- Verbal/Emotional Aggression Dimension: Items assessing behaviors such as sending offensive messages, public insults on social media platforms, threats of harm or social exclusion, and digital belittling.
- Control Aggression Dimension: Items measuring persistent tracking of partner’s online activities, demands for immediate message replies, controlling friends lists, and demanding passwords or device access.
- Sexual Violence Aggression Dimension: Items evaluating pressure to send explicit photographs or videos (coercive sexting), non-consensual sharing of intimate images, and threats to distribute sexual material.
Scale B: Victimization (19 Items)
- Verbal/Emotional Victimization Dimension: Parallel items measuring the frequency with which the respondent received insulting, humiliating, or threatening digital communications from their romantic partner.
- Control Victimization Dimension: Parallel items assessing partner’s coercive digital surveillance, demands for continuous availability, and intrusion into personal accounts.
- Sexual Violence Victimization Dimension: Parallel items measuring experienced sexual harassment via digital channels, non-consensual receipt of sexual imagery, coercion into producing intimate content, and non-consensual disclosure of personal images.