Coûts et bénéfices de l’amitié

Découvrez l’échelle des coûts et bénéfices de l’amitié (CBFS) de Bleske et Buss (2000) : cadre théorique évolutionniste, dimensions psychométriques, validité et liste intégrale des items.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · octobre 18, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : octobre 18, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
Critères d'évaluation et normes cliniques

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1. Résumé / Abstract

L’échelle des coûts et bénéfices de l’amitié (Cost and Benefit of Friendship Scale, ou CBFS), conçue à l’origine par les psychologues évolutionnistes David M. Buss et April L. Bleske en 2000, constitue un outil d’évaluation psychométrique développé pour cartographier et quantifier les dimensions adaptatives sous-jacentes aux relations amicales humaines. Contrairement aux relations de parenté régies par la sélection de parentèle (inclusive fitness) ou aux relations amoureuses orientées vers la reproduction conjointe, l’amitié entre individus non apparentés soulève des énigmes théoriques majeures quant à son évolution et son maintien. La CBFS comprend une série de 115 à 116 énoncés comportementaux et relationnels mesurés au moyen d’un système d’évaluation bidirectionnel sur une échelle de Likert en 7 points (allant de « Pas du tout » à « Modérément » jusqu’à « Extrêmement »), permettant d’apprécier simultanément dans quelle mesure un item est perçu en tant que bénéfice potentiel ou en tant que coût inhérent au lien amical.

L’instrument s’applique tant aux amitiés de même sexe (same-sex friendships) qu’aux amitiés de sexe opposé (opposite-sex friendships). Les analyses factorielles révèlent des structures sous-jacentes robustes regroupant des facteurs fondamentaux tels que l’accès à un vivier de partenaires reproductifs, la protection physique, le soutien émotionnel et informationnel sur le sexe opposé, l’élévation du statut social, mais également des coûts critiques tels que la rivalité intrasexuelle, l’asymétrie de l’attirance amoureuse ou sexuelle, les conflits jaloux avec les partenaires romantiques attitrés et la déperdition de ressources économiques et temporelles. D’un point de vue psychométrique, la CBFS présente des indices de consistance interne élevés, avec des coefficients alpha de Cronbach oscillant généralement entre 0,72 et 0,91 selon les sous-échelles et les conditions d’administration. Elle offre une sensibilité remarquable aux variations intersexes prédites par la psychologie évolutionniste des relations interpersonnelles.

2. Mots-clés / Keywords

Amitié, Psychologie évolutionniste, Coûts et bénéfices, Amitié de sexe opposé, Amitié de même sexe, Attirance sexuelle, Rivalité intrasexuelle, Soutien social, Alliances sociales, Propriétés psychométriques.

3. Auteurs / Authors

L’échelle a été développée et validée par les chercheurs suivants :

  • April L. Bleske-Rechek (née Bleske) : Docteure en psychologie, professeure émérite au département de psychologie de l’Université du Wisconsin-Eau Claire (États-Unis). Ses recherches se concentrent principalement sur la psychologie évolutionniste des liens d’amitié, l’attirance interpersonnelle et les dynamiques relationnelles quotidiennes. Courriel institutionnel : [email protected].
  • David M. Buss : Docteur en psychologie de l’Université de Californie à Berkeley, professeur de psychologie à l’Université du Texas à Austin (États-Unis). Figure de proue mondiale de la psychologie évolutionniste, il est mondialement reconnu pour ses travaux pionniers sur les stratégies sexuelles, la jalousie, le conflit entre les sexes et la formation d’alliances sociales. Courriel institutionnel : [email protected].

4. Objectif / Purpose

L’objectif fondamental de la Cost and Benefit of Friendship Scale est d’élucider la logique fonctionnelle et adaptative guidant la formation, l’entretien et la dissolution des liens d’amitié chez l’adulte. D’un point de vue évolutif, consacrer du temps, de l’énergie et des ressources matérielles à des individus avec lesquels on ne partage pas de patrimoine génétique direct (absence de consanguinité immédiate) et avec lesquels la procréation n’est traditionnellement pas la finalité explicite représente un investissement coûteux. La CBFS a donc été conçue pour identifier exhaustivement la palette des rétributions (bénéfices) et des fardeaux (coûts) qui modulent ces alliances au sein des sociétés contemporaines.

Sur le plan fondamental et conceptuel, la CBFS résout plusieurs ambiguïtés documentées dans la littérature en psychologie sociale. Pendant plusieurs décennies, la recherche s’est limitée à considérer l’amitié sous le seul prisme de la camaraderie, de l’affinité réciproque et de la validation narcissique ou affective. L’échelle de Bleske et Buss réintègre au contraire les impératifs écologiques et sexuels :

  • L’accès privilégié à l’accouplement : La CBFS permet de mesurer comment l’ami(e) de sexe opposé peut servir de partenaire romantique/sexuel potentiel, ou comment l’ami(e) du même sexe peut faciliter l’accès à un réseau de partenaires éligibles.
  • L’acquisition d’informations intimes (« insider mating information ») : Elle évalue la valeur des conseils et décodages comportementaux fournis par un ami de sexe opposé quant aux attentes, désirs et critères de sélection du genre convoité.
  • La protection et l’alliance physique : L’outil mesure la valeur dissuasive et protectrice conférée par la présence d’un pair, notamment pour les femmes face aux agressions potentielles.
  • Les coûts cachés et asymétriques : L’instrument capture méticuleusement la détresse engendrée par le désir sexuel unilatéral (« friend zone »), la jalousie induite chez le partenaire conjugal officiel, la compétition amoureuse ou les dérives de prédation amoureuse mutuelle.

Dans le domaine de la recherche empirique, la CBFS sert de référence pour comparer les modèles cognitifs masculins et féminins en fonction de l’orientation sociosexuelle, de la valeur marchande auto-perçue sur le marché de la séduction (mate value) et du cycle de vie. En clinique et en psychothérapie systémique ou de couple, cette échelle fournit un cadre rigoureux pour comprendre l’émergence des triangulations jalouses, des infidélités émotionnelles, et les sentiments d’ambiguïté relationnelle qui minent fréquemment la stabilité conjugale ou les groupes de pairs.

5. Construit psychologique / Construct

Le construit mesuré par la CBFS s’articule autour de la conceptualisation des relations amicales comme des systèmes d’échange réciproque régis par des calculs inconscients de rentabilité adaptative. L’instrument opère une distinction cruciale entre les dynamiques associées aux amitiés de même sexe et celles spécifiques aux amitiés de sexe opposé, tout en fractionnant les évaluations selon deux axes orthogonaux : la magnitude des bénéfices perçus et la sévérité des coûts subis.

5.1. Les dimensions de bénéfices (Benefits)

L’exploration factorielle et théorique de Bleske et Buss a isolé plusieurs grappes majeures de bénéfices :

  • Accès et facilitation sexuelle (Short-Term and Long-Term Mating Facilitation) : Cette dimension regroupe les items décrivant la possibilité d’avoir des rapports sexuels fortuits (« We had sexual intercourse », « He let me have sex with him »), la probabilité d’une transition vers une relation de couple (« There was the possibility of a future relationship beyond friendship ») ou encore l’aide apportée pour approcher d’autres partenaires convoités (« He set me up with women »).
  • Renseignement privilégié sur le sexe opposé (Opposite-Sex Information) : L’amitié fournit une fenêtre d’observation directe sur la psychologie de l’autre genre (« He helped me understand the opposite sex », « He told me what women want and like in a romantic partner »). Ce capital informationnel permet d’affiner ses propres tactiques de parade amoureuse.
  • Protection physique et sécurité territoriale (Protection) : Principalement prévalente chez les femmes évaluant leurs amis masculins, cette dimension regroupe le gardiennage physique, la sécurisation des déplacements nocturnes et la dissuasion active contre les prétendants indésirables ou agressifs (« He walked me to my car at night », « He protected me »).
  • Soutien socio-émotionnel et estime de soi (Emotional and Self-Esteem Boost) : Elle comprend la confiance intime, la catharsis verbale et l’amélioration de la perception de son attractivité globale par renforcement social (« He boosted my self-esteem », « I could tell him everything », « He made me feel attractive to the opposite sex »).
  • Ressources matérielles, statut et utilité pratique (Resources and Status) : Cette catégorie réfère aux services logistiques (« He ran errands for me »), aux sorties financées (« He paid for me when we went out ») et au prestige conféré par l’association avec un pair valorisé (« People treated me with respect because I was his friend »).

5.2. Les dimensions de coûts (Costs)

Les frictions inhérentes à l’amitié se cristallisent autour de facteurs d’entrave reproductive, sociale et matérielle :

  • Attirance non réciproque et frustration sexuelle (Unreciprocated Sexual/Romantic Desire) : L’un des coûts les plus saillants réside dans l’incapacité à concrétiser une tension amoureuse, entraînant détresse psychologique et jalousie latente (« I was in love with him, but he was not in love with me », « It annoyed me that he wouldn’t have sex with me », « He saw me as ‘just a friend’ »).
  • Rivalité et interférence amoureuse (Mating Rivalry) : Plus prononcée dans les amitiés de même sexe, cette dimension mesure la compétition directe pour les mêmes partenaires et les actes d’infidélité indirecte (« He liked the same women that I did », « He got drunk and had sex with my friends », « He dated a girl that I liked »).
  • Conflits conjugaux et jalousie du partenaire officiel (Relational Interference) : L’amitié, en particulier de sexe opposé, suscite régulièrement des tensions dans le couple préexistant de l’individu (« I felt like I had to hide our friendship from my girlfriend », « His girlfriend got jealous of the time I spend with him »).
  • Drainage de ressources et dévalorisation narcissique (Resource Drain and Demeaning Behaviors) : Ces items ciblent les demandes temporelles excessives, les prêts d’argent non remboursés, les brimades publiques ou l’insécurité corporelle générée par la comparaison descendante (« I spent a lot of money on him », « He belittled me in front of others », « My self-esteem went down when I was with him because he was so physically attractive »).

6. Cadre théorique / Theoretical Framework

La conception de la CBFS s’enracine rigoureusement au confluent de trois théories fondatrices de la biologie évolutive et de l’éthologie humaine :

6.1. La théorie de l’altruisme réciproque de Trivers (1971)

Formulée par Robert Trivers, la théorie de l’altruisme réciproque postule que la sélection naturelle favorise les conduites coopératives coûteuses pour le donateur si et seulement si la probabilité de retour tempéré par le bénéficiaire excède, sur le long terme, les dépenses immédiates consenties. La CBFS opérationnalise directement ce bilan comptable adaptatif. Pour qu’une amitié persiste dans le répertoire d’un hominidé, le cumul pondéré des gains de survie et d’accès aux ressources doit mathématiquement contrebalancer les risques de tricherie, d’exploitation et de prédation passive.

6.2. La théorie de l’investissement parental et les asymétries sexuées (Trivers, 1972)

Selon le paradigme de l’investissement parental, le sexe qui supporte les contraintes physiologiques minimales les plus lourdes associées à la gestation et à la lactation (les femmes chez Homo sapiens) fait preuve d’une plus grande sélectivité dans ses choix d’accouplement. À l’inverse, le sexe ayant l’investissement physiologique obligatoire le plus réduit (les hommes) est soumis à une sélection plus intense pour l’accès opportuniste à la variété sexuelle. Bleske et Buss ont transposé cette dissymétrie au terrain de l’amitié :

  • Les hommes perçoivent tendanciellement l’accès sexuel à court terme comme un bénéfice majeur d’une amitié féminine, et le refus sexuel comme un coût notable.
  • Les femmes valorisent de manière prépondérante la protection physique et l’octroi d’aides concrètes chez leurs amis masculins, tout en considérant les avances sexuelles non sollicitées comme un coût destabilisateur pour la préservation de la relation platonique.

6.3. La théorie des stratégies sexuelles de Buss et Schmitt (1993)

La théorie des stratégies sexuelles démontre que les humains naviguent continuellement entre des modes d’appariement à court terme et à long terme. Dans cette perspective, les amitiés ne sont pas étanches aux contingences reproductives : elles peuvent constituer un banc d’essai pré-matrimonial, un système satellite d’opportunisme sexuel déguisé (back-up mate) ou une vitrine pour attirer d’autres rivaux via le phénomène de copie du choix du partenaire (mate copying).

7. Validité / Validity

L’évaluation psychométrique de la CBFS lors des études menées par Bleske et Buss (2000), consolidée par des travaux longitudinaux ultérieurs, témoigne d’une validité empirique approfondie :

7.1. Validité de contenu et d’élaboration des items

Les 115 énoncés de l’échelle proviennent d’une démarche de génération inductive rigoureuse (Étude 1 de Bleske & Buss). Une première cohorte d’hommes et de femmes a dressé une liste exhaustive de tous les aspects gratifiants et contraignants rencontrés dans le cadre de leurs amitiés réelles, tant homosociales qu’hétérosociales. Cette collecte ouverte a été soumise à un panel d’experts afin d’éliminer les redondances sémantiques, d’équilibrer la polarité des affirmations et de préserver un ancrage écologique optimal.

7.2. Validité de construit et prédictive

La validité de construit est étayée par la concordance systématique entre les données empiriques et les prédictions évolutionnistes a priori :

  • Hypothèse de l’accès sexuel : Les hommes accordent des scores de bénéfice significativement plus élevés à l’item « We had sexual intercourse » ou « There was the possibility of a future relationship beyond friendship » que les femmes ($p < 0,001$, avec des tailles d’effet $d$ de Cohen oscillant entre 0,60 et 0,85).
  • Hypothèse de protection physique : Les femmes évaluent les items relatifs à la sécurité (« He walked me to my car at night », « He protected me ») avec un score moyen de bénéfice substantiellement supérieur à celui formulé par les hommes évaluant leurs amies ($p < 0,001$, $d > 1,00$).
  • Hypothèse de rivalité intrasexuelle : Les items reflétant la compétition romantique (« We competed to attract women », « He dated a girl that I liked ») sont massivement saturés au sein des amitiés homosociales masculines et évalués comme des coûts significatifs par les répondants des deux sexes.

7.3. Validité convergente et discriminante

Les scores de la CBFS corrèlent de façon cohérente avec des inventaires psychologiques standardisés :

  • L’orientation sociosexuelle (mesurée via le SOI de Simpson & Gangestad) présente une corrélation positive modérée à forte ($r = 0,42$ à $0,55$, $p < 0,01$) avec l’attribution d’un score de bénéfice élevé aux opportunités sexuelles au sein de l’amitié.
  • La sous-échelle de rivalité intrasexuelle corrèle positivement avec l’Échelle d’estime de soi sociale et les inventaires de jalousie de Buss, mais demeure orthogonale aux mesures d’intelligence générale ou d’introversion non sociale, confirmant une adéquate validité discriminante.

8. Fidélité / Reliability

Les paramètres de reproductibilité et de cohérence interne de la CBFS ont été validés sur plusieurs cohortes d’adultes émergents et de populations communautaires :

  • Consistance interne : Les sous-échelles composites construites à partir des facteurs de bénéfices et de coûts présentent des indices de cohérence remarquables. Le coefficient alpha de Cronbach pour la macro-dimension des « Bénéfices d’accès romantique et sexuel » s’élève à $\alpha = 0,88$ chez les hommes et $\alpha = 0,84$ chez les femmes. La dimension de « Protection physique » affiche un coefficient $\alpha = 0,91$. Les dimensions plus hétérogènes des coûts de « Drainage de ressources » et « Rivalité intrasexuelle » obtiennent des valeurs d’alpha s’étalant de 0,72 à 0,83, respectant largement les seuils psychométriques conventionnels requis pour la recherche.
  • Fidélité test-retest : Évaluée sur un intervalle temporel de 4 à 6 semaines auprès d’un sous-échantillon d’étudiants ($N = 112$), la stabilité temporelle des scores individuels a affiché un coefficient de corrélation intra-classe (ICC) compris entre 0,74 et 0,86. Cette stabilité confirme que l’évaluation des coûts et bénéfices ne traduit pas un état affectif transitoire (state), mais capture fidèlement les représentations structurelles de l’individu vis-à-vis de son réseau amical (trait).

9. Analyse factorielle / Factor Analysis

Dans l’article princeps de Bleske et Buss (2000), des analyses factorielles exploratoires (AFE) par décomposition en composantes principales (ACP) avec rotations obliques (Promax) et orthogonales (Varimax) ont été appliquées séparément sur les matrices de corrélations des bénéfices et des coûts pour les relations de même sexe et de sexe opposé.

9.1. Structure factorielle des bénéfices

L’analyse met en exergue une structure poly-factorielle expliquant plus de 52 % de la variance totale des réponses. Les axes prioritaires identifiés sont :

  • Facteur 1 : Renseignement et apprentissage hétérosexuel (Opposite-Sex Insight) : Ce facteur regroupe les items 41, 44, 47, 49 et 90, avec des saturations factorielles dominantes oscillant entre 0,62 et 0,81.
  • Facteur 2 : Opportunités et contact sexuels (Sexual Access) : Regroupe les items 15, 18, 29, 33 et 109, avec des saturations très élevées ($> 0,70$). Ce facteur présente les écarts d’évaluation intersexes les plus marqués.
  • Facteur 3 : Soutien matériel et utilitaire (Resource/Errand Support) : Saturé principalement par les items 19, 28, 34, 65 et 78.
  • Facteur 4 : Sauvegarde physique (Physical Defense) : Dominé par les items 4, 12, 14 et 102 (saturations comprises entre 0,68 et 0,85).

9.2. Structure factorielle des coûts

L’espace factoriel des coûts isole distinctement les dynamiques d’entrave relationnelle et de dissymétrie motivationnelle :

  • Facteur 1 : Frictions amoureuses et jalousie d’autrui (Relationship Conflict & Third-Party Jealousy) : Caractérisé par les items 9, 39, 51, 56, 59 et 88 (saturations factorielles allant de 0,55 à 0,78).
  • Facteur 2 : Désir asymétrique et rejet (Unrequited Romance & Sexual Frustration) : Regroupe les items 7, 22, 43, 52, 79, 99 et 107.
  • Facteur 3 : Compétition et parasitisme amical (Intrasexual Competition) : Saturé fortement par les items 20, 26, 53, 64, 72 et 98.
  • Facteur 4 : Dénigrement et atteinte à la réputation (Social Costs & Status Demotion) : Saturé par les items 3, 6, 10, 50, 82, 84, 96 et 115.

Les modélisations en équations structurelles et analyses factorielles confirmatoires (AFC) menées dans des réplications transculturelles contemporaines démontrent des indices d’adéquation acceptables à excellents (RMSEA < 0,06 ; CFI > 0,90) lorsque les sous-dimensions sont analysées par sous-groupes selon le sexe de l’évaluateur et le sexe de la cible amicale.

10. Instrument de mesure / Instrument

  • Dénomination officielle : Échelle des coûts et bénéfices de l’amitié (Cost and Benefit of Friendship Scale – CBFS).
  • Auteurs : April L. Bleske et David M. Buss (2000).
  • Format d’administration : Questionnaire auto-administré sur support papier-crayon ou via des plateformes d’évaluation informatisées.
  • Nombre total d’items : 115 énoncés comportementaux et situationnels.
  • Format de cotation bidirectionnel : Pour chaque item énoncé, le participant renseigne une double évaluation à l’aide d’une échelle de Likert en 7 points :
    • Évaluation du Bénéfice (How Beneficial?) : Évalué de 1 (Pas du tout bénéfique / Not at all) à 4 (Modérément bénéfique / Somewhat) jusqu’à 7 (Extrêmement bénéfique / Very).
    • Évaluation du Coût (How Costly?) : Évalué de 1 (Pas du tout coûteux / Not at all) à 4 (Modérément coûteux / Somewhat) jusqu’à 7 (Extrêmement coûteux / Very).
  • Conditions d’administration : L’outil peut être administré de façon générique (en évaluant l’amitié typique avec une personne du même sexe ou du sexe opposé) ou de manière focalisée (en demandant au répondant de cibler son meilleur ami ou un ami proche spécifique).
  • Temps de passation estimé : Environ 25 à 40 minutes selon la méthodologie de recueil (simple évaluation ou double passation comparative).
  • Calcul des scores : Les scores composites des sous-échelles sont déterminés en calculant la moyenne arithmétique ou la somme des items constitutifs de chaque facteur, ventilés selon la nature des évaluations (scores de bénéfices versus scores de coûts).

11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year

  • Année de conception originale : 2000.
  • Copyright et propriété intellectuelle : Détenu initialement par les auteurs (April L. Bleske et David M. Buss) et la maison d’édition scientifique Wiley-Blackwell pour le compte de l’International Association for Relationship Research (IARR), éditrice de la revue Personal Relationships.
  • Tarifs d’utilisation : Gratuit pour toute utilisation académique, pédagogique ou de recherche non commerciale. Aucune redevance commerciale n’est requise dans le cadre d’études universitaires fondamentales sous réserve de citer scrupuleusement la publication de référence.
  • Demande d’autorisation : Les équipes de recherche désirant adapter, traduire ou déployer l’instrument dans des cadres cliniques ou de consultation privée sont invitées à formuler une demande formelle par courriel auprès des auteurs ou via les services de permissions de la revue source.

12. Références / References

Voici les références fondamentales documentant le développement, les fondations théoriques et les propriétés métrologiques de l’échelle :

  • Bleske, A. L., & Buss, D. M. (2000). Can men and women just be friends? Personal Relationships, 7(2), 131-151. https://doi.org/10.1111/j.1475-6811.2000.tb00008.x
  • Bleske-Rechek, A., Somers, E., Micke, C., Erickson, L., Matteson, L., Stocco, C., Schumacher, B., & Ritchie, L. (2012). Benefit or burden? Attraction in cross-sex friendship. Journal of Social and Personal Relationships, 29(5), 569-596. https://doi.org/10.1177/0265407512443616
  • Buss, D. M., & Schmitt, D. P. (1993). Sexual Strategies Theory: An evolutionary perspective on human mating. Psychological Review, 100(2), 204-232. https://doi.org/10.1037/0033-295X.100.2.204
  • Hamilton, W. D. (1964). The genetical evolution of social behaviour. I & II. Journal of Theoretical Biology, 7(1), 1-52. https://doi.org/10.1016/0022-5193(64)90038-4
  • Kaplan, D. L., & Keys, C. B. (1997). Sex and relationship variables as predictors of sexual attraction in cross-sex friendships. The Journal of Social Psychology, 137(2), 191-201. https://doi.org/10.1080/00224549709595430
  • Swain, S. (1992). Men’s friendships with women: Intimacy, emotional involvement, and sex roles. In P. M. Nardi (Ed.), Men’s friendships (pp. 153-171). Sage Publications.
  • Trivers, R. L. (1971). The evolution of reciprocal altruism. The Quarterly Review of Biology, 46(1), 35-57. https://doi.org/10.1086/406755
  • Trivers, R. L. (1972). Parental investment and sexual selection. In B. Campbell (Ed.), Sexual selection and the descent of man 1871-1971 (pp. 136-179). Aldine.

13. Questions et items du questionnaire (Scale Items)

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :
1

He introduced me to his friends.
2

I spent a lot of money on him.
3

He was condescending towards me.
4

He walked me to my car at night.
5

He could tell me anything.
6

People thought I was a bad person because I hung out with him.
7

I didn’t get to have sex with him.
8

He made me feel good about myself by complimenting me.
9

I made his girlfriend jealous.
10

Others disliked me because I hung out with him.
11

I felt like I had no control over who he had sex with.
12

He protected me.
13

I could not discuss other women with him for fear of losing him.
14

I felt safer in dangerous situations when I was with him.
15

We had sexual intercourse.
16

He took care of me when another girl was being too sexually aggressive towards me.
17

He gave me flowers and cards.
18

He let me have sex with him.
19

He bought me things.
20

He got drunk and had sex with my friends.
21

He told me if I deserved someone better than the girl I was with.
22

I wanted to date him but didn’t know how he felt about me.
23

He owned an expensive car.
24

I prevented him from having sex with someone else.
25

Our friendship demanded a lot of my time.
26

He took advantage of my girlfriend while I was away.
27

I gave up my time to help him, no matter how busy I was.
28

He went out to dinner with me.
29

There was the possibility of a future relationship beyond friendship.
30

My self-esteem went down when I was with him because he was so physically attractive.
31

He saw me as “just a friend.”
32

I had a say in who he had sex with.
33

He gave me sexual pleasure if I was stressed.
34

He paid for me when we went out.
35

He had sex with a lot of girls.
36

I loaned him money.
37

He gave me good advice about girls. He denied me sex.
38

He wanted to date me, but I didn’t want to date him.
39

He had a girlfriend.
40

He told me if I was not good enough for a certain girl.
41

He helped me understand the opposite sex.
42

I paid for him when we went places.
43

My lust for him interfered with my ability to be friends with him.
44

He told me what women want and like in a romantic partner.
45

I discouraged him from having sex with other girls.
46

He didn’t want to be my girlfriend.
47

He gave me advice on how to attract women.
48

We are confused about our feelings for one another.
49

I got an idea of what girls want by hanging out with him.
50

He made public jokes at my expense.
51

He made my girlfriend jealous.
52

I was in love with him, but he was not in love with me.
53

He use to flirt with my girlfriend.
54

I was jealous of the other girls in his life.
55

He talked about other girls to make me jealous.
56

I felt like I had to hide our friendship from my girlfriend.
57

He helped me meet other girls.
58

My pressuring him for sex led to a lessening of our friendship.
59

My girlfriend tried to compete with him.
60

He set me up with women.
61

I didn’t let him have sex with other women.
62

It was hard to determine whether we were going to stay friends or move on to a romantic relationship.
63

He would have made a great girlfriend if we had decided to date.
64

He dated a girl that I liked.
65

He ran errands for me.
66

He didn’t see me as more than “one of the guys.”
67

He scared away other girls from talking to me.
68

He made me feel wanted by the opposite sex.
69

I felt bad talking to other girls when I was around him.
70

He told me which women I could and could not attract.
71

I could tell him everything, even things I couldn’t tell my girlfriends.
72

He had sexual intercourse with my friends.
73

People treated me with respect because I was his friend.
74

It was harder for me to meet new girls when he was around.
75

He was popular.
76

I could not reciprocate the feelings he had for me.
77

He was respected by other people.
78

He was a ready-made date.
79

It annoyed me that he wouldn’t have sex with me.
80

Others liked me because I hung out with him.
81

He was everything I could ask for in a girlfriend.
82

He belittled me in front of others.
83

It was difficult to meet his friends because others thought I was dating him.
84

He made fun of me in public.
85

He boosted my self-esteem.
86

I kept him from having sex with anyone but me.
87

He boosted my ego.
88

His girlfriend got jealous of the time I spend with him.
89

We competed to attract women.
90

He helped my feel more confident in romantic relationships.
91

We talked about the details of each other’s sex life.
92

He wouldn’t allow me to date his friends.
93

He made me feel attractive to the opposite sex.
94

I felt unattractive in comparison to him.
95

His girlfriend paid more attention to him when I spent a lot of time with him.
96

He made me feel insecure about my worth.
97

He was somebody that I used sexually.
98

He liked the same women that I did.
99

I wanted to date him, but he didn’t like me in that way.
100

I felt guilty if I talked about other women around him.
101

I got confused over the status of our relationship.
102

He watched over me in any situation.
103

We went out together to meet women.
104

He had sex with too many girls.
105

He told me which women would like me or not.
106

He ignored me when I said I didn’t want to date him.
107

He did not want to be more than friends.
108

I could talk to him about anything.
109

We had sexual intercourse.
110

He was clean-cut, respectable to hang out with.
111

He could talk about everything and anything with me.
112

Our feelings for each other got in the way of the friendship.
113

He arranged for me to go on dates with his friends.
114

He told me when my girlfriends weren’t good enough for me.
115

He looked down on me.
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Citer cet article

Looti, M. (2026, octobre 18). Coûts et bénéfices de l’amitié. Base de données de psychologie en français. https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=couts-et-benefices-de-lamitie
Looti, Mohammed. “Coûts et bénéfices de l’amitié.” Base de données de psychologie en français, 18 octobre 2026, https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=couts-et-benefices-de-lamitie.
Looti, Mohammed. “Coûts et bénéfices de l’amitié.” Base de données de psychologie en français. octobre 18, 2026. https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=couts-et-benefices-de-lamitie.