1. Résumé / Abstract
Le Sexual Experience Questionnaire (SEQ), documenté sous le titre d’étude Sexual Correlates of Female Homosexual Experience par le sociologue Erich Goode et sa collaboratrice Lynn Haber en 1977, constitue un instrument d’évaluation comportementale et phénoménologique pionnier dans la sexologie empirique nord-américaine des années 1970. Développé pour explorer la multidimensionnalité des trajectoires sexuelles chez les jeunes femmes universitaires, cet outil vise spécifiquement à déterminer si, et dans quelle mesure, les femmes ayant des antécédents d’expériences homosexuelles présentent des profils de pratiques, de désirs et de réactivité érotique hétérosexuels distincts de ceux des femmes exclusivement hétérosexuelles. Composé d’un ensemble structuré de 66 questions combinant des choix forcés, des estimations de fréquences cumulatives, des âges d’initiation et des questions ouvertes de nature qualitative, le questionnaire cartographie des domaines variés tels que le coït vaginal, la fellation, le cunnilingus hétérosexuel et homosexuel, la masturbation solitaire, l’accès à l’orgasme et la hiérarchisation subjective du plaisir érotique.
Sur le plan psychométrique, l’instrument s’inscrit délibérément dans un paradigme exploratoire et descriptif, refusant l’agrégation en un score unitaire composite ou l’utilisation d’échelles de cotation sommative standardisée. Administré au printemps 1975 auprès de 160 étudiantes résidant en cité universitaire à l’Université d’État de New York à Stony Brook (taux de réponse final de 64 %), l’outil s’est appuyé sur des analyses comparatives d’amplitudes de pourcentages et de paramètres de tendance centrale (modes, médianes et moyennes). Les résultats ont révélé que les femmes possédant une expérience homosexuelle (10 % de l’échantillon) manifestaient également une plus grande variété de répertoires hétérosexuels et un nombre significativement plus élevé de partenaires masculins (moyenne de 7,4 contre 3,6 chez les novices homosexuelles), remettant en cause le modèle binaire traditionnel de l’orientation sexuelle au profit d’un concept précurseur de fluidité et d’exploration comportementale.
2. Mots-clés / Keywords
Sexualité féminine, homosexualité féminine, lesbianisme, comportement sexuel, orgasme féminin, pratiques hétérosexuelles, sociologie de la sexualité, cunnilingus, fellation, masturbation, fluidité sexuelle, enquête sexologique.
3. Auteurs / Authors
L’instrument et l’étude matricielle associée ont été conçus et menés par :
- Erich Goode, Ph.D. : Sociologue américain renommé, spécialiste de la déviance sociale, des drogues et des comportements sexuels, alors professeur au Département de sociologie de l’Université d’État de New York à Stony Brook (State University of New York at Stony Brook). Correspondance académique : 3 Washington Square Village, Apartment 3B, New York, NY 10012 ; Courriel : [email protected].
- Lynn Haber : Collaboratrice de recherche à l’Université d’État de New York à Stony Brook, ayant notamment rédigé les instructions introductives originales guidées par une perspective d’émancipation féministe de la santé sexuelle.
4. Objectif / Purpose
L’objectif fondamental de cet instrument de mesure sexologique était de déconstruire empiriquement les postulats théoriques prédominants des années 1970 concernant l’orientation sexuelle des femmes. Jusqu’alors, la littérature psychiatrique et psychanalytique traditionnelle postulait fréquemment une dichotomie étanche, voire un antagonisme clinique fondamental, entre hétérosexualité et homosexualité. L’homosexualité féminine était régulièrement interprétée sous le prisme du rejet pathologique de l’hétérosexualité, de l’inhibition névrotique ou de l’incompétence orgasmique lors des rapports avec des partenaires masculins. Goode et Haber ont conçu cette enquête de 66 questions pour tester directement la validité écologique de ces présomptions en évaluant l’histoire sexuelle complète de jeunes femmes adultes dans un cadre académique non psychiatrisé.
Dans cette perspective, l’engagement dans une expérience homosexuelle (versus l’absence totale d’une telle expérience) a été modélisé comme la variable indépendante catégorielle, tandis que l’ensemble des réponses comportementales, temporelles, affectives et orgasmiques servait de variables dépendantes. L’instrument cherchait à déterminer si les femmes ayant eu des contacts sexuels avec d’autres femmes présentaient une déficience ou un dégoût envers la sexualité hétérosexuelle, ou si, à l’inverse, elles s’inscrivaient dans une dynamique globale d’aventure et de diversification érotique.
Au-delà de la recherche académique fondamentale, l’instrument visait des finalités épistémologiques et cliniques critiques :
- Documenter la prévalence et les trajectoires chronologiques de pratiques sexuelles spécifiques (telles que le coït vaginal, la fellation jusqu’à l’éjaculation, le cunnilingus et l’auto-érotisme) souvent occultées dans les enquêtes sociologiques généralistes.
- Examiner les corrélats affectifs et subjectifs du comportement sexuel, notamment le phénomène des rapports sexuels sans investissement amoureux (« loveless sex ») et les répercussions émotionnelles immédiates (culpabilité, neutralité ou autodétermination).
- Explorer la dissociation entre l’atteinte mécanique de l’orgasme et l’évaluation qualitative de la satisfaction érotique, en incitant les répondantes à classer les sources physiques de leur plaisir le plus intense.
- Offrir un espace méthodologique anonyme et réflexif aux participantes dans un contexte historique marqué par la deuxième vague féministe, favorisant une autodéfinition de l’érotisme féminin libérée du regard et du contrôle normatif masculin.
5. Construit psychologique / Construct
L’instrument de Goode et Haber appréhende la sexualité féminine non pas comme un trait invariant ou une entité unidimensionnelle, mais comme une matrice comportementale et phénoménologique complexe. Le construit opérationnalisé se structure autour de plusieurs dimensions empiriques interdépendantes :
Histoire et répertoires hétérosexuels
Cette dimension évalue l’exposition quantitative et qualitative aux relations intimes avec des partenaires masculins. Elle intègre l’âge du premier coït hétérosexuel, le nombre cumulé de partenaires masculins au cours de la vie, la fréquence absolue des rapports et la dissociation entre affectivité et sexualité (avoir eu des relations sexuelles sans être amoureuse et le sentiment consécutif : négativité, culpabilité, neutralité ou satisfaction positive). Elle analyse également les pratiques oro-génitales hétérosexuelles (fellation pratiquée par la participante, avec ou sans éjaculation du partenaire ; cunnilingus reçu par la participante), la régularité du plaisir perçu et les dynamiques de communication ou de timidité érotique (demande spontanée versus contrainte ou réticence à formuler un désir).
Expériences et pratiques homosexuelles
Le sous-domaine de l’expérience homosexuelle explore la nature granulaire des interactions intimes entre femmes. Plutôt que de classifier arbitrairement les individus selon une identité déclarative fermée, l’outil décompose les activités physiques : embrassades et caresses nues sans contact génital, contact génital manuel, frottement pubien mutuel (tribadisme) et cunnilingus entre femmes. L’âge de la première expérience, le nombre de partenaires féminines, la proportion relative de chaque activité, la présence éventuelle d’un spectateur masculin (triolisme ou voyeurisme) et la capacité orgasmique lors de ces interactions y sont méticuleusement mesurés.
Auto-érotisme et régulation masturbatoire
L’instrument accorde une place centrale à la masturbation solitaire, analysant l’âge de début, l’âge du premier orgasme auto-induit, la fréquence mensuelle contemporaine et la consistance orgasmique. De surcroît, il explore la représentation cognitive de cette pratique : la masturbation est-elle perçue comme un simple substitut par défaut à une relation interpersonnelle indisponible, ou comme une activité érotique autonome et intrinsèquement gratifiante ?
Typologie, consistance et phénoménologie de l’orgasme
Cette composante examine la variabilité qualitative de la réponse sexuelle féminine. Elle sonde la constance de l’orgasme dans diverses configurations (coït, cunnilingus, masturbation personnelle, masturbation par le partenaire, rapports lesbiens) et confronte la participante à une hiérarchisation ordinale de ses plaisirs. Elle comporte en outre des questions projectives et phénoménologiques uniques portant sur les marqueurs somatiques et cognitifs révélateurs de l’orgasme, la présence de fantasmes érotiques durant les rapports et la tolérance ou frustration consécutive à l’absence de climax.
Aspiration, communication et inhibitions corporelles
Enfin, l’outil s’intéresse à la liberté érotique perçue, mesurant les désirs non réalisés, la peur d’exprimer des requêtes sexuelles par crainte du jugement de l’autre, l’anxiété liée à l’exposition de son corps dénudé et les représentations idéales de la fréquence des rapports et des orgasmes hebdomadaires.
6. Cadre théorique / Theoretical Framework
L’architecture conceptuelle du questionnaire repose sur le paradigme de l’interactionnisme symbolique et la sociologie de la déviance, incarnés par les travaux d’Erich Goode, combinés aux prémisses des théories sociologiques des scripts sexuels formalisées par John Gagnon et William Simon à la fin des années 1960 et au début des années 1970 (théorie des scripts sexuels).
Contrairement aux modèles biomédicaux essentialistes qui concevaient l’orientation sexuelle comme une pathologie intrinsèque, une fixation développementale freudienne ou une tare constitutionnelle, l’approche de Goode et Haber s’inscrit dans un modèle socioculturel où les comportements sexuels résultent de processus d’apprentissage social, d’expérimentation de rôles et de négociation de normes au sein de sous-cultures spécifiques. L’outil fait également écho aux travaux pionniers d’Alfred Kinsey (1953) sur la sexualité féminine, qui avaient mis en lumière la continuité dimensionnelle des conduites humaines le long d’un continuum allant de l’hétérosexualité exclusive à l’homosexualité exclusive, invalidant les catégorisations rigides.
De plus, l’influence du féminisme radical et du mouvement de libération des femmes des années 1970 est explicitement inscrite dans les instructions de passation rédigées par Lynn Haber. L’hypothèse sous-jacente est que la sexualité féminine a historiquement été définie, régulée et restreinte par l’hégémonie masculine, laquelle subordonnait le plaisir des femmes à la pénétration phallique et à la reproduction. L’instrument a donc été théorisé comme un moyen de libérer la parole féminine, en encourageant les répondantes à témoigner avec authenticité sur des aspects occultés de leur plaisir autonome (clitoridien, masturbatoire ou homosexuel). Goode et Haber ont ainsi postulé que les femmes s’engageant dans des rapports homosexuels ne fuyaient pas les hommes, mais représentaient souvent des « aventurières sexuelles », rompant les barrières normatives conventionnelles pour explorer un spectre plus vaste de potentialités sensorielles tant hétérosexuelles qu’homosexuelles.
7. Validité / Validity
Dans l’évaluation psychométrique moderne, la validité d’un instrument renvoie à son aptitude à mesurer fidèlement le construit théorique qu’il prétend évaluer. Les auteurs soulignent explicitement dans leur communication méthodologique que leur démarche était exploratoire et descriptive plutôt qu’explicative ou confirmatoire standardisée. Par conséquent, les protocoles statistiques contemporains de validité de construit convergente ou discriminante (tels que la modélisation par équations structurelles ou les matrices multitraits-multiméthodes) n’ont pas été formellement calculés à l’époque.
Cependant, l’instrument présente plusieurs indicateurs robustes de validité écologique et de contenu :
- Validité de contenu : La formulation des 66 questions couvre de manière exhaustive le spectre des conduites sexuelles réelles des jeunes adultes de cette époque, incluant les actes génitaux, oro-génitaux, solitaires et relationnels, évitant ainsi le biais réducteur consistant à limiter la sexualité au seul coït vaginal hétérosexuel.
- Validité différentielle et contrastive : L’outil a démontré une sensibilité empirique marquée pour discriminer les profils d’expérimentation. Les données ont montré que les femmes ayant une expérience homosexuelle se distinguaient nettement des novices par un âge médian de premier coït plus précoce (16,0 ans contre 17,0 ans ; moyenne de 16,7 contre 18,3 ans), un nombre médian de partenaires masculins plus élevé (5 contre 2 ; moyenne de 7,4 contre 3,6), et une probabilité accrue d’avoir expérimenté la fellation, le cunnilingus et le sexe non amoureux.
- Sensibilité qualitative et typologique : Goode et Haber ont pu dégager des indicateurs différentiels pertinents au sein du groupe expérimenté. L’instrument a permis d’isoler des prédicteurs qualitatifs de ce que les auteurs identifiaient comme des trajectoires lesbiennes futures stables (par exemple : absence de plaisir lors de la fellation, prédominance de rapports hétérosexuels sans investissement affectif, identification des expériences avec des femmes comme source de l’orgasme le plus gratifiant et présence récurrente de femmes dans les fantasmes sexuels).
8. Fidélité / Reliability
La fidélité psychométrique classique repose sur l’homogénéité interne (comme l’alpha de Cronbach) ou la stabilité temporelle (test-retest). En raison de la structure spécifique du questionnaire de Goode et Haber — conçu comme un inventaire de comportements biographiques, de fréquences numériques et d’attitudes hétérogènes plutôt que comme une échelle de Likert unidimensionnelle sommative —, le calcul d’un coefficient alpha global n’aurait pas eu de pertinence statistique.
La fidélité de l’outil repose plutôt sur la cohérence interne des déclarations des répondantes et la standardisation de la procédure de recueil :
- Procédure de collecte standardisée : L’instrument a été administré en porte-à-porte au printemps 1975 dans plusieurs résidences universitaires du campus de Stony Brook. Pour limiter les biais de désirabilité sociale et garantir l’authenticité des réponses, les questionnaires remplis étaient scellés par les participantes dans une enveloppe confidentielle et récupérés une semaine plus tard.
- Taux de réponse : L’obtention d’un taux de réponse initial de près de 50 %, culminant à 64 % après la troisième vague de relance pour un échantillon final de N = 160 participantes, témoigne d’une excellente acceptabilité et d’une représentativité satisfaisante pour un inventaire auto-rapporté portant sur des sujets hautement intimes à cette époque.
- Cohérence interne des réponses : L’utilisation de filtres logiques stricts (ex. questions subsidiaires conditionnées aux réponses affirmatives précédentes) a permis de vérifier la concordance logique des déclarations biographiques et des fréquences rapportées, minimisant les incohérences de saisie.
9. Analyse factorielle / Factor Analysis
Conformément aux pratiques méthodologiques en sociologie empirique des années 1970 et à la nature exploratoire revendiquée du projet, Goode et Haber n’ont pas réalisé d’analyse factorielle exploratoire (AFE) ou confirmatoire (AFC). Les items n’avaient pas vocation à saturer sur des variables latentes communes sous forme de scores factoriels composites, mais fonctionnaient comme des indicateurs comportementaux indépendants analysés à l’aide de comparaisons de proportions, de pourcentages et de distributions statistiques paramétriques et non paramétriques.
Si une analyse factorielle contemporaine était appliquée rétrospectivement à la structure des items comportementaux du questionnaire, les regroupements théoriques suivants émergeraient logiquement :
- Facteur 1 : Exploration et répertoire hétérosexuel étendu (saturations élevées attendues pour le nombre cumulé de partenaires masculins, la pratique de la fellation, la pratique du cunnilingus et le sexe occasionnel sans attachement affectif).
- Facteur 2 : Expérience et réactivité homosexuelle (saturations élevées sur les caresses entre femmes, le tribadisme, le cunnilingus homosexuel, la fréquence de ces interactions et l’orgasme avec une partenaire féminine).
- Facteur 3 : Autonomie érotique et masturbation (saturations sur la fréquence d’auto-érotisme, la valorisation intrinsèque de la masturbation et le plaisir orgasmique autonome).
- Facteur 4 : Consistance orgasmique hétérosexuelle (saturations sur la régularité de l’orgasme lors du coït et du cunnilingus avec un homme).
- Facteur 5 : Assertivité et désinhibition érotique (saturations inversées sur la peur de solliciter des pratiques et la réticence à dévoiler son corps).
10. Instrument de mesure / Instrument
L’instrument se présente sous la forme d’un protocole d’auto-évaluation complet structuré de la manière suivante :
- Nom du test : Sexual Experience Questionnaire (SEQ) / Sexual Correlates of Female Homosexual Experience Questionnaire.
- Type d’évaluation : Questionnaire d’enquête socio-sexologique auto-administré, combinant des mesures comportementales objectives, des auto-évaluations fréquentielles et des explorations qualitatives ouvertes.
- Nombre d’items : 66 items et sous-questions numérotés avec arborescences logiques conditionnelles.
- Formats de réponse :
- Choix dichotomiques (ex. Yes / No).
- Champs numériques ouverts pour l’âge d’initiation et les décomptes cumulés (ex. total number of men or boys).
- Échelles d’estimation ordinale et de pourcentages relatifs (ex. Never, Rarely (<10%), Occasionally (10-25%), About half the time, Usually, Always or almost always).
- Questions à choix multiples qualitatives avec options d’explication textuelle (ex. sentiments consécutifs au sexe non amoureux).
- Tâches de classement hiérarchique ordinal (ranking des pratiques selon le degré d’intensité de l’orgasme).
- Durée de passation : Entre 30 et 60 minutes selon la complexité de l’histoire sexuelle de la participante.
- Modalité de cotation : Aucun score global ou sous-score sommatif composite n’est calculé. L’analyse s’effectue item par item ou par croisement bivarié entre sous-groupes d’intérêt (expérience homosexuelle vs inexpérience homosexuelle).
11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year
- Année d’administration initiale : Printemps 1975.
- Année de publication princeps : 1977.
- Statut des droits et accessibilité : L’instrument a été publié intégralement dans le domaine académique au sein de la revue The Journal of Sex Research. Il est accessible sans frais pour la recherche académique, l’enseignement et les travaux non commerciaux, sous réserve de citer rigoureusement les auteurs et l’article original de 1977.
- Tarification : Gratuit / Libre d’accès pour les chercheurs universitaires.
- Contact historique des auteurs : Erich Goode, 3 Washington Square Village, Apartment 3B, New York, NY 10012 ; Courriel : [email protected].
12. Références / References
- Gagnon, J. H., & Simon, W. (1973). Sexual conduct: The social sources of human sexuality. Aldine Publishing Company.
- Goode, E., & Haber, L. (1977). Sexual correlates of homosexual experience: An exploratory study of college women. The Journal of Sex Research, 13(1), 12–21. https://doi.org/10.1080/00224497709550954
- Kinsey, A. C., Pomeroy, W. B., Martin, C. E., & Gebhard, P. H. (1953). Sexual behavior in the human female. W.B. Saunders Co.
- Peplau, L. A. (2001). Rethinking women’s sexual orientation: An interdisciplinary, relationship-focused approach. Personal Relationships, 8(1), 1–19. https://doi.org/10.1111/j.1475-6811.2001.tb00025.x