Questionnaire abrégé d’interprétation des sensations corporelles (BBSIQ)

Le Brief Body Sensations Interpretations Questionnaire (BBSIQ) est une échelle psychométrique standardisée de 14 items conçue par David M. Clark et al. (1997) pour mesurer les biais d’interprétation catastrophique des sensations corporelles dans le trouble panique.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · octobre 18, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : octobre 18, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
Critères d'évaluation et normes cliniques

Ce contenu fait l'objet d'un examen scientifique rigoureux et de normes éditoriales médicales afin de garantir l'exactitude clinique et la conformité aux directives fondées sur des preuves (APA / OMS).

1. Résumé / Abstract

Le Questionnaire abrégé d’interprétation des sensations corporelles (Brief Body Sensations Interpretations Questionnaire ou BBSIQ) est un instrument psychométrique d’auto-évaluation conçu pour quantifier les biais cognitifs d’interprétation catastrophique associés au trouble panique et à l’agoraphobie. Issu de la version intégrale à 27 items du Body Sensations Interpretations Questionnaire (BSIQ) développée par David M. Clark et ses collaborateurs en 1997, le BBSIQ a été condensé en 14 scénarios ambigus afin d’offrir une passation rapide et ciblée, tant en recherche clinique qu’en pratique diagnostique quotidienne.

L’échelle est structurée en deux sous-échelles distinctes de sept items chacune : la sous-échelle des sensations corporelles liées à la panique (évaluant la propension à attribuer des signes somatiques bénins à des catastrophes médicales imminentes, telles qu’un infarctus du myocarde, un accident vasculaire cérébral ou une perte totale de contrôle) et la sous-échelle des événements externes ambigus (regroupant des situations sociales ou générales neutres servant de contrôle discriminant). Chaque scénario confronte le répondant à une situation ambiguë, suivie de trois explications concurrentes : une interprétation catastrophique et deux interprétations alternatives non menaçantes (l’une physiologique/normative, l’autre bénigne ou situationnelle). Le protocole combine une tâche de classement hiérarchique (rang d’apparition mentale spontanée de 1 à 3) et une échelle d’évaluation de la conviction subjective (crédibilité accordée à chaque explication).

Sur le plan métrologique, le BBSIQ présente d’excellentes qualités psychométriques : une consistance interne robuste (alpha de Cronbach oscillant généralement entre 0,80 et 0,88 pour la dimension corporelle), une stabilité temporelle satisfaisante lors d’administrations répétées, ainsi qu’une validité discriminante remarquable permettant de distinguer spécifiquement les patients atteints de trouble panique des individus sains ou souffrant d’autres troubles anxieux (comme la phobie sociale ou l’anxiété généralisée). Cet outil constitue un levier déterminant pour l’évaluation empirique des modèles cognitifs de l’anxiété et le suivi des processus de restructuration cognitive en thérapie cognitivo-comportementale (TCC).

2. Mots-clés / Keywords

Trouble panique, interprétations catastrophiques, sensations corporelles, interoception, biais cognitifs, thérapie cognitivo-comportementale, agoraphobie, psychométrie, anxiété de santé, validité différentielle.

3. Auteurs / Authors

Le BBSIQ et sa version matricielle BSIQ ont été développés par une équipe internationale d’experts reconnus dans le champ des troubles anxieux et de la psychopathologie cognitive :

  • David M. Clark, D.Phil. : Professeur émérite de psychologie expérimentale à l’Université d’Oxford, Royaume-Uni. Pionnier mondialement réputé pour la formalisation du modèle cognitif du trouble panique et de l’anxiété sociale.
  • Paul M. Salkovskis, Ph.D. : Professeur de psychologie clinique et des sciences appliquées, rattaché historiquement à l’Université d’Oxford, au King’s College London et à l’Université de Bath. Expert de référence sur l’anxiété de santé et les comportements de sécurité.
  • Lars-Göran Öst, Ph.D. : Professeur de psychologie clinique à l’Université de Stockholm, Suède. Spécialiste reconnu pour ses protocoles de traitement par exposition et ses travaux comparatifs sur les phobies spécifiques et le trouble panique.
  • Eva Breitholtz, Ph.D. : Chercheuse et clinicienne affiliée au Département de psychologie de l’Université de Stockholm, Suède.
  • Karen A. Koehler, M.Sc. : Psychologue clinicienne et chercheuse ayant collaboré aux protocoles expérimentaux d’Oxford sur l’évaluation des biais interprétatifs.
  • Björn E. Westling, Ph.D. : Psychologue clinicien et chercheur à l’Université d’Uppsala et de Stockholm, spécialisé dans les thérapies comportementales et cognitives du trouble panique.
  • Amanda Jeavons : Statisticienne et coordinatrice de recherche au Département de psychiatrie de l’Université d’Oxford.
  • Michael Gelder, D.M., FRCP, FRCPsych (décédé) : Professeur émérite de psychiatrie (W.A. Handley Chair) à l’Université d’Oxford, figure majeure de l’introduction de la psychiatrie fondée sur les preuves et de la TCC en Europe.

4. Objectif / Purpose

L’objectif fondamental du BBSIQ est de mesurer de manière fine, standardisée et reproductible l’ampleur du biais d’interprétation catastrophique appliqué aux signaux physiologiques internes. Selon la conceptualisation cognitive moderne de l’anxiété, les individus présentant une vulnérabilité panique ne souffrent pas prioritairement d’une dérégulation autonome intrinsèque ou d’un excès absolu de sensations somatiques, mais plutôt d’une tendance systématique et rigide à interpréter des variations physiologiques bénignes ou transitoires comme les précurseurs d’un désastre physique, psychologique ou relationnel imminent.

Dans la pratique clinique, le BBSIQ répond à plusieurs besoins majeurs :

  • Diagnostic différentiel et profilage cognitif : L’outil permet de distinguer l’anxiété somatique spécifique au trouble panique de l’appréhension cognitive diffuse retrouvée dans le trouble anxiété généralisée (TAG) ou de l’anxiété d’évaluation sociale propre à l’anxiété sociale. Grâce à sa double structure (items corporels vs événements externes), le questionnaire met en évidence la sélectivité du biais interprétatif : un score anormalement élevé sur les sensations somatiques couplé à un score modéré ou normal sur les événements externes confirme la focalisation panique.
  • Planification de l’intervention thérapeutique : En identifiant avec précision les sensations redoutées (palpitations, sensations d’étouffement, vertiges, engourdissements) et la nature exacte de la menace perçue (mort subite par arrêt cardiaque, syncope, folie, perte de contrôle motrice), le clinicien peut personnaliser les expériences comportementales et l’exposition interoceptive lors des séances de thérapie cognitivo-comportementale.
  • Évaluation du processus de changement : Utilisé de façon longitudinale, le BBSIQ sert de marqueur direct de la modification des croyances dysfonctionnelles au fil de la prise en charge. La normalisation des scores d’interprétation catastrophique constitue l’un des meilleurs prédicteurs de rémission clinique durable et de prévention des rechutes à long terme.

Dans le domaine de la recherche, le BBSIQ est abondamment utilisé pour tester les hypothèses mécanistiques relatives aux biais cognitifs implicites et explicites, pour évaluer l’impact différentiel des psychothérapies versus pharmacothérapies (notamment les inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine), et pour investiguer les corrélats neurobiologiques de l’évaluation cognitive lors de tâches d’imagerie par résonance magnétique fonctionnelle (IRMf).

5. Construit psychologique / Construct

Le construit psychologique opérationnalisé par le BBSIQ est le biais cognitif d’interprétation des sensations intéroceptives. Ce concept repose sur l’hypothèse que le traitement de l’information chez les sujets paniqueurs est caractérisé par une distorsion cognitive sélective : face à une stimulation corporelle intrinsèquement ambiguë (susceptible de multiples explications physiologiques normales ou bénignes), l’appareil cognitif attribue préférentiellement et automatiquement l’explication la plus extrême et létale.

Sous-échelle 1 : Sensations corporelles de panique (Panic Body Sensations)

Cette dimension mesure directement la propension à dramatiser les stimuli intéroceptifs critiques identifiés par Clark dans la sémiologie de l’attaque de panique. Ces sensations concernent les systèmes cardio-respiratoire, vestibulaire et neuromusculaire. Par exemple, une accélération soudaine du rythme cardiaque peut être expliquée par un effort physique récent, la prise de caféine, une réaction de surprise, ou bien par une crise cardiaque imminente. La personne présentant un trouble panique sélectionnera systématiquement l’infarctus comme première hypothèse venant à l’esprit et lui accordera un niveau de croyance subjective disproportionné.

Les construits sous-jacents englobent la peur de l’anéantissement physique (mort par asphyxie ou arrêt cardiovasculaire), la peur de l’anéantissement psychologique (perte irréversible de la raison, décompensation psychotique) et la peur de l’effondrement comportemental (syncope, incapacité à fuir un lieu public).

Sous-échelle 2 : Événements externes ambigus (External Events)

Cette dimension regroupe des situations du quotidien caractérisées par une ambiguïté contextuelle sans lien direct avec les sensations physiques internes (par exemple, un ami qui ne rappelle pas immédiatement, un bruit insolite dans la maison ou un retard lors d’un rendez-vous professionnel). Chaque événement comporte une issue négative ou catastrophique (rejet relationnel, intrusion malveillante, échec) et deux alternatives neutres ou factuelles.

L’inclusion de cette dimension permet d’isoler la spécificité du traitement de l’information : elle vérifie si le patient présente une tendance générale au catastrophisme (style cognitif dépressif ou pessimisme généralisé) ou si le biais est hyper-focalisé sur l’intéroception et la vulnérabilité somatique, ce qui caractérise de façon prototypique le trouble panique.

Distinction entre accessibilité cognitive et conviction subjective

Un apport méthodologique majeur du construit opérationnalisé par le BBSIQ réside dans la dissociation de deux composantes cognitives distinctes :

  • L’accessibilité cognitive relative (Ranking) : La rapidité ou la facilité avec laquelle une pensée catastrophique émerge spontanément dans la conscience du sujet lorsqu’il est confronté au signal ambigu. Cela traduit l’activation automatique de schémas de danger.
  • La conviction subjective (Belief rating) : Le degré d’adhésion explicite ou de foi rationnelle que le sujet accorde à cette explication une fois qu’elle est posée. Deux patients peuvent avoir l’idée d’un infarctus qui leur vient en premier à l’esprit, mais différer profondément dans leur niveau d’adhésion réflexive (l’un reconnaissant avec recul que c’est très improbable, l’autre étant convaincu à 100 % de sa véracité).

6. Cadre théorique / Theoretical Framework

Le BBSIQ s’enracine directement dans le modèle cognitif du trouble panique formulé par David M. Clark (1986). Ce modèle théorise que les attaques de panique résultent d’une boucle de rétroaction positive en spirale catastrophique, souvent décrite sous le terme de « cercle vicieux de la panique » :

  1. Stimulus déclencheur : Tout changement interne (arythmie bénigne, sensation d’étourdissement due à une hypotension orthostatique, hyperventilation légère, caféine, fatigue) ou externe associé à l’anxiété.
  2. Perception d’une menace : Le changement physiologique est détecté par les mécanismes attentionnels, qui sont hyper-vigilants vis-à-vis des signaux corporels.
  3. Appréhension anxieuse : L’attention se focalise de façon sélective sur la sensation somatique, générant une élévation de l’activation émotionnelle.
  4. Intensification des sensations physiques : L’activation neurovégétative (libération d’adrénaline, vasoconstriction périphérique, accélération ventilatoire) exacerbe et diversifie les sensations corporelles initiales.
  5. Interprétation catastrophique : La sensation amplifiée est interprétée comme la preuve irréfutable d’une catastrophe corporelle ou mentale imminente (« Je fais une crise cardiaque », « Je perds la tête », « Je vais m’évanouir »). Cette cognition referme la boucle en décuplant l’effroi, ce qui précipite l’accès de panique aigu.

Ce cadre théorique dialogue et s’articule étroitement avec la théorie de la sensibilité à l’anxiété de Steven Reiss et Richard McNally (1985), qui postule que la peur des symptômes anxieux constitue un trait de vulnérabilité fondamental. Toutefois, le modèle de Clark et l’instrumentation du BBSIQ mettent l’accent sur les cognitions d’interprétation immédiate lors de l’exposition au stimulus, plutôt que sur une simple disposition phobique générale.

Par ailleurs, Paul Salkovskis a enrichi ce cadre en intégrant le rôle délétère des comportements de sécurité (comme s’asseoir immédiatement, chercher un appui, respirer dans un sac, vérifier son pouls). Ces manœuvres empêchent l’invalidation de la croyance catastrophique : le patient attribue sa survie à la mise en œuvre du comportement de sauvegarde (« Si je ne m’étais pas assis, mon cœur aurait lâché »), ce qui cristallise le biais d’interprétation évalué par le BBSIQ.

7. Validité / Validity

Les propriétés de validité du BBSIQ ont fait l’objet de vérifications approfondies dès l’étude princeps de Clark et al. (1997) et ont été confirmées dans de multiples réplications internationales.

Validité discriminante

La validité discriminante constitue l’argument psychométrique central du questionnaire. Dans l’étude de Clark et al. (1997), les scores d’interprétation négative des sensations corporelles permettaient de discriminer avec une précision statistique hautement significative ($p < 0,001$) les patients souffrant de trouble panique d'une part, et trois groupes de contrôle d'autre part : des sujets sains appariés, des patients présentant une phobie sociale et des patients souffrant d'autres troubles anxieux. Fait notable, si les patients sociaux manifestaient une élévation des interprétations négatives sur l'échelle des événements externes, seuls les patients paniqueurs affichaient une distorsion majeure sélective sur la sous-échelle corporelle.

Validité convergente

Le BBSIQ présente des corrélations fortes et théoriquement congruentes avec les instruments standardisés évaluant les construits voisins :

  • Corrélation positive élevée avec l’Anxiety Sensitivity Index (ASI ; Reiss et al., 1986), avec des coefficients $r$ oscillant généralement entre 0,60 et 0,75.
  • Corrélations significatives avec l’Agoraphobic Cognitions Questionnaire (ACQ ; Chambless et al., 1984) ($r \approx 0,65 – 0,72$), confirmant que le BBSIQ capte bien les pensées dysfonctionnelles prototypiques de l’évitement agoraphobique.
  • Corrélation modérée avec les mesures d’anxiété générale (STAI-Trait) et d’affects dépressifs (BDI), démontrant que le construit n’est pas réductible à une simple détresse émotionnelle globale (validité divergente).

Validité prédictive et sensibilité au changement

Le BBSIQ a démontré une remarquable sensibilité thérapeutique. Au cours des essais contrôlés randomisés évaluant la thérapie cognitive de Clark, une diminution rapide des scores d’interprétation négative sur l’échelle corporelle du BBSIQ est prédictive de la rémission clinique des attaques de panique à l’issue du traitement et lors des suivis à un an. À l’inverse, la persistance de scores résiduels élevés en fin de traitement est un prédicteur robuste de rechute ultérieure.

8. Fidélité / Reliability

La consistance interne et la stabilité temporelle du BBSIQ ont été établies sur des échantillons cliniques et non cliniques de large envergure.

Consistance interne

Dans les travaux initiaux de Clark et al. (1997), le coefficient alpha de Cronbach pour la sous-échelle des sensations corporelles de panique se situait entre 0,80 et 0,86 dans les cohortes cliniques de patients paniqueurs. Pour la sous-échelle des événements externes, les coefficients variaient de 0,74 à 0,81. Dans les adaptations transculturelles ultérieures (notamment en langue espagnole, allemande et française), les coefficients de fidélité composite et d’alpha de Cronbach se sont maintenus au-dessus du seuil psychométrique d’acceptabilité de 0,75, attestant de l’homogénéité unidimensionnelle de chacun des deux groupes d’items.

Fidélité test-retest

La stabilité temporelle a été documentée auprès d’échantillons en liste d’attente ou d’individus sains sur des intervalles variant de deux à six semaines. Les coefficients de corrélation intraclasse (CCI) et de corrélation de Pearson rapportés sont systématiquement élevés :

  • Sous-échelle corporelle de panique : $r_{tt} = 0,78$ à $0,84$, démontrant une excellente stabilité en l’absence d’intervention thérapeutique active.
  • Sous-échelle des événements externes : $r_{tt} = 0,72$ à $0,79$.

L’erreur standard de mesure (ESM) reste modérée, ce qui permet aux praticiens de distinguer les fluctuations aléatoires de cotation des véritables modifications cliniquement significatives induites par les protocoles psychothérapeutiques.

9. Analyse factorielle / Factor Analysis

La structure dimensionnelle du questionnaire a été explorée par des analyses factorielles exploratoires (AFE) puis confirmée par des analyses factorielles confirmatoires (AFC) au sein de cohortes mixtes de patients et de volontaires sains.

Structure bifactorielle robuste

Les modélisations factorielles confortent de manière prédominante une structure à deux facteurs corrélés :

  1. Facteur 1 (Sensations corporelles) : Regroupe exclusivement les 7 items décrivant des modifications physiologiques internes (palpitations, difficultés respiratoires, vision trouble, étourdissements, engourdissements, etc.). Les saturations factorielles de ces items sont substantielles, oscillant généralement entre 0,55 et 0,82, sans contamination notable sur le second facteur.
  2. Facteur 2 (Événements externes) : Regroupe les 7 scénarios décrivant des aléas de la vie quotidienne et sociale. Les saturations factorielles sont comprises entre 0,48 et 0,76.

Les indices d’ajustement couramment rapportés dans la littérature pour ce modèle à deux facteurs confirment son adéquation avec les données empiriques : le Comparative Fit Index (CFI) et le Tucker-Lewis Index (TLI) dépassent régulièrement 0,92, tandis que le Root Mean Square Error of Approximation (RMSEA) demeure inférieur à 0,06.

Invariance de mesure

Des tests d’invariance factorielle ont été menés pour vérifier si l’échelle mesure le même construit entre les hommes et les femmes et entre les groupes d’âge. L’invariance métrique et scalaire a été validée, garantissant que les différences de scores observées reflètent d’authentiques variations dans le catastrophisme intéroceptif et non des artefacts de formulation des scénarios.

10. Instrument de mesure / Instrument

Le BBSIQ est un questionnaire standardisé d’auto-évaluation administré sur support papier ou sous format informatisé. Sa passation requiert généralement 10 à 15 minutes.

Format de passation et structure des items

  • Nombre total d’items : 14 situations ou scénarios ambigus formulés à la deuxième personne du singulier (« vous »).
  • Répartition thématique :
    • 7 items de sensations corporelles de panique (items 2, 3, 5, 8, 11, 12, 14).
    • 7 items d’événements externes ambigus (items 1, 4, 6, 7, 9, 10, 13).
  • Structure de réponse pour chaque scénario :
    1. Question ouverte initiale (recommandée dans le livret original) : Une invite demandant « Pourquoi ? » invitant le sujet à noter spontanément la première raison qui lui traverse l’esprit avant de tourner la page ou de découvrir les options imposées.
    2. Tâche de classement (Ranking) : Trois explications standardisées prédéfinies sont proposées (une interprétation négative/catastrophique et deux interprétations neutres/bénignes). Le participant classe ces 3 explications de 1 à 3 en fonction de la probabilité qu’elles lui viennent à l’esprit s’il vivait réellement la situation (1 = la plus susceptible de venir à l’esprit ; 3 = la moins susceptible).
    3. Évaluation de la croyance (Belief Rating) : Le sujet évalue le degré de conviction accordé à chacune des trois propositions sur une échelle visuelle analogique ou numérique (traditionnellement de 0 à 100 %, ou de 0 à 8 selon les versions).

Modalités de cotation et de calcul des scores

  • Score de classement des interprétations négatives (Ranking score) : Pour chaque item, la réponse négative est cotée à l’envers : 3 points si elle est classée en 1ère position (prioritaire), 2 points si elle est classée en 2ème position, et 1 point si elle est classée en 3ème position. On calcule ensuite le score moyen de classement pour l’échelle corporelle et pour l’échelle externe (scores allant de 1,00 à 3,00). Plus la moyenne est proche de 3,00, plus le biais d’émergence catastrophique est saillant.
  • Score de croyance négative (Negative belief rating) : Moyenne arithmétique des notes de croyance (0-100 ou 0-8) attribuées aux explications catastrophiques pour chaque dimension.
  • Score de croyance neutre (Neutral belief rating) : Moyenne arithmétique des notes de croyance attribuées à l’ensemble des explications alternatives bénignes, fournissant un indicateur de flexibilité cognitive.

11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year

  • Année de publication princeps : 1997 (publication dans le Journal of Consulting and Clinical Psychology).
  • Propriété intellectuelle et droits d’auteur : Les droits du questionnaire appartiennent aux auteurs originaux (David M. Clark et al.) et à l’American Psychological Association (APA).
  • Conditions d’utilisation et tarification : Le questionnaire a été mis à disposition de la communauté scientifique pour un usage non commercial dans le cadre de la recherche académique et de la pratique clinique directe. Il ne nécessite pas l’achat d’un kit commercial payant, sous réserve de citer scrupuleusement la publication de référence (Clark et al., 1997) et de respecter l’intégrité de la formulation des items originaux.
  • Contact et demandes formelles : Les demandes d’adaptation transculturelle, de numérisation logicielle commerciale ou de republication intégrale doivent être adressées aux auteurs ou au service des permissions de l’APA.

12. Références / References

  • Beck, A. T., Emery, G., & Greenberg, R. L. (1985). Anxiety disorders and phobias: A cognitive perspective. Basic Books.
  • Chambless, D. L., Caputo, G. C., Bright, P., & Gallagher, R. (1984). Assessment of fear in agoraphobics: The Body Sensations Questionnaire and the Agoraphobic Cognitions Questionnaire. Journal of Consulting and Clinical Psychology, 52(6), 1090–1097. https://doi.org/10.1037/0022-006X.52.6.1090
  • Clark, D. M. (1986). A cognitive approach to panic. Behaviour Research and Therapy, 24(4), 461–470. https://doi.org/10.1016/0005-7967(86)90011-2
  • Clark, D. M., Salkovskis, P. M., Ost, L. G., Breitholtz, E., Koehler, K. A., Westling, B. E., Jeavons, A., & Gelder, M. (1997). Misinterpretation of body sensations in panic disorder. Journal of Consulting and Clinical Psychology, 65(2), 203–213. https://doi.org/10.1037/0022-006X.65.2.203
  • Harvey, A. G., Clark, D. M., Ehlers, A., & Rapee, R. M. (2000). Social anxiety and self-impression: Cognitive preparation enhances the beneficial effects of video feedback following a stressful task. Behaviour Research and Therapy, 38(12), 1183–1192. https://doi.org/10.1016/S0005-7967(99)00148-5
  • Reiss, S., Peterson, R. A., Gursky, D. M., & McNally, R. J. (1986). Anxiety sensitivity, anxiety frequency and the prediction of fearfulness. Behaviour Research and Therapy, 24(1), 1–8. https://doi.org/10.1016/0005-7967(86)90143-9
  • Salkovskis, P. M., Clark, D. M., & Gelder, M. G. (1996). Cognition-behaviour therapy for panic disorder: Does the addition of deliberate exposure to bodily sensations improve the outcome of cognitive therapy? British Journal of Psychiatry, 168(4), 515–519. https://doi.org/10.1192/bjp.168.4.515

13. Questions et items du questionnaire / Scale Items

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :
Instructions / Directions: This questionnaire describes a number of situations which can occur in everyday life. After each situation, three possible explanations are given. Please read each situation and imagine that it is happening to you right now. First, write down briefly what would be the first explanation to cross your mind ('Why?'). Next, look at the three explanations provided (a, b, and c). Rate how much you would believe each explanation on a scale from 0 to 8 (0 = Do not believe this at all; 8 = Completely convinced this is the case), and rank them in order of how likely they would be to come into your mind (1 = most likely, 2 = next most likely, 3 = least likely).
Response Scale: Belief rating scale from 0 ('Do not believe this at all') to 8 ('Completely convinced this is the case') for each of the three explanations (a, b, c) per scenario, plus a ranking of 1 to 3.
1

You notice that your heart has suddenly started to beat rapidly.
2

Why?
3

(a) You have been exerting yourself.
4

(b) There is something wrong with your heart.
5

(c) You are feeling excited.
2

You are having dinner with some friends and they suddenly stop talking.
3

Why?
4

(a) They are waiting for you to say something.
5

(b) They are bored with your company.
6

(c) The conversation has naturally lapsed.
3

You suddenly feel lightheaded and unsteady on your feet.
4

Why?
5

(a) You are about to faint.
6

(b) You need something to eat.
7

(c) You have got up too quickly.
4

You wake up in the middle of the night with a start, feeling confused.
5

Why?
6

(a) You have had a nightmare.
7

(b) You are losing your mind.
8

(c) You were woken by a sudden noise.
5

You smell smoke.
6

Why?
7

(a) Someone is smoking a cigarette.
8

(b) The house is on fire.
9

(c) Something has burnt in the kitchen.
6

You suddenly find that it is difficult to breathe.
7

Why?
8

(a) You have got a cold or asthma.
9

(b) You are about to suffocate.
10

(c) The room is stuffy.
7

You suddenly feel your legs are very weak.
8

Why?
9

(a) You have been standing for a long time.
10

(b) You are about to collapse.
11

(c) You are getting the flu.
8

You ring a friend and they say they cannot talk right now.
9

Why?
10

(a) They are busy doing something else.
11

(b) They do not want to talk to you.
12

(c) They are having their dinner.
9

You suddenly notice numbness in your fingers.
10

Why?
11

(a) You have restricted blood circulation.
12

(b) It is very cold.
13

(c) You are having a stroke.
10

A letter marked 'URGENT' arrives for you.
11

Why?
12

(a) It is junk mail.
13

(b) Something terrible has happened.
14

(c) It is an important bill you need to pay.
11

You suddenly feel a tingling feeling in your body.
12

Why?
13

(a) You are hyperventilating.
14

(b) You have got a serious illness.
15

(c) You are excited.
12

You see a group of people whispering and laughing.
13

Why?
14

(a) They are telling jokes.
15

(b) They are laughing at you.
16

(c) They are having fun.
13

You suddenly feel dizzy while shopping in a store.
14

Why?
15

(a) The store is hot and crowded.
16

(b) You are going to faint.
17

(c) You are tired.
14

You hear an unexpected loud bang in your house.
15

Why?
16

(a) The wind blew a door shut.
17

(b) A burglar has broken in.
18

(c) Something fell off a shelf.
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Looti, M. (2026, octobre 18). Questionnaire abrégé d’interprétation des sensations corporelles (BBSIQ). Base de données de psychologie en français. https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=brief-body-sensations-interpretations-questionnaire-bbsiq
Looti, Mohammed. “Questionnaire abrégé d’interprétation des sensations corporelles (BBSIQ).” Base de données de psychologie en français, 18 octobre 2026, https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=brief-body-sensations-interpretations-questionnaire-bbsiq.
Looti, Mohammed. “Questionnaire abrégé d’interprétation des sensations corporelles (BBSIQ).” Base de données de psychologie en français. octobre 18, 2026. https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=brief-body-sensations-interpretations-questionnaire-bbsiq.