1. Résumé / Abstract
Le Berliner Studierfähigkeitstest—Psychologie (BSF-P), ou Test d’aptitude de Berlin pour la psychologie, est un instrument standardisé d’évaluation psychométrique conçu pour mesurer l’aptitude académique spécifique requise pour réussir des études universitaires de psychologie de premier cycle (Bachelor of Science). Développé en Allemagne au sein de l’Université Humboldt de Berlin sous la direction de Kai T. Horstmann et Matthias Ziegler, cet outil répond à une problématique majeure du système d’enseignement supérieur germanique : la sélection équitable et valide des candidats face à une demande d’admissions largement supérieure aux capacités d’accueil (régime du Numerus Clausus). Le BSF-P se structure sous la forme d’une batterie de tests cognitifs comprenant six sous-tests distincts : la compréhension de texte scientifique, les compétences linguistiques en anglais, les compétences mathématiques fondamentales, le raisonnement verbal, le raisonnement numérique et le raisonnement figural.
La conception du BSF-P repose sur une démarche empirique et inductive rigoureuse, combinant des entretiens semi-structurés approfondis menés auprès de professeurs d’université, d’enseignants-chercheurs et d’étudiants avancés, ainsi qu’une revue exhaustive de la littérature portant sur les prédicteurs cognitifs de la réussite académique. Le calcul du score global au BSF-P s’effectue par la moyenne arithmétique des paramètres de personne standardisés ($z$) issus de la modélisation sous la théorie de la réponse aux items (TRI) (modèles de type Rasch). Les propriétés psychométriques de la batterie attestent d’une excellente consistance interne pour le score global ($lpha = 0{,}92$ lors du premier échantillon de calibration et $0{,}81$ lors des cohortes ultérieures), tandis que la fidélité test-retest à un intervalle moyen de 84 jours atteint $r = 0{,}74$. Sur le plan de la validité, le test présente une validité de contenu établie par convergence avec les standards nationaux de sélection, une nette validité discriminante vis-à-vis des traits de personnalité (Big Five / BFI-2) et des intérêts professionnels (RIAS), ainsi qu’une validité incrémentielle significative ($r = 0{,}26$) par rapport à la note globale obtenue au baccalauréat (Abitur). Bien que l’absence de données longitudinales sur la validité prédictive directe des notes universitaires constitue une limite documentée lors de sa publication inaugurale, le BSF-P s’impose comme une référence psychométrique pour la sélection universitaire à fort enjeu (high-stakes testing).
2. Mots-clés / Keywords
Aptitude académique, admission universitaire, sélection des étudiants, psychométrie, test d’aptitude standardisé, batterie de tests, premier cycle de psychologie, théorie de la réponse aux items, validité incrémentielle, fidélité test-retest, modélisation par équations structurelles, évaluation à fort enjeu.
3. Auteurs / Authors
Le Berliner Studierfähigkeitstest—Psychologie (BSF-P) a été conceptualisé, développé et validé par une équipe de chercheurs spécialisés en psychologie différentielle et en diagnostic psychologique :
- Kai T. Horstmann — Département de Psychologie, Université de Siegen, Siegen, Allemagne.
- Andra Biesok — Institut de Psychologie, Humboldt-Universität zu Berlin, Berlin, Allemagne.
- Katja Witte — Institut de Psychologie, Humboldt-Universität zu Berlin, Berlin, Allemagne (Identifiant ORCID : 0009-0007-3718-6928).
- Henrik R. Godmann — Institut de Psychologie, Humboldt-Universität zu Berlin, Berlin, Allemagne.
- Karla Fliedner — Institut de Psychologie, Humboldt-Universität zu Berlin, Berlin, Allemagne.
- Lisa Wilm — Institut de Psychologie, Humboldt-Universität zu Berlin, Berlin, Allemagne.
- Larissa Doran — Institut de Psychologie, Humboldt-Universität zu Berlin, Berlin, Allemagne.
- Matthias Ziegler — Institut de Psychologie, Psychologische Diagnostik, Humboldt-Universität zu Berlin, Berlin, Allemagne. (Courriel de correspondance : [email protected] ; Adresse : Unter den Linden 6, 10099 Berlin, Allemagne).
4. Objectif / Purpose
L’objectif fondamental du Berliner Studierfähigkeitstest—Psychologie (BSF-P) est de mesurer avec un haut degré de précision métrique l’aptitude cognitive et méthodologique spécifique nécessaire pour entreprendre et réussir des études universitaires de psychologie. En Allemagne, les cursus menant au grade de Bachelor en psychologie figurent parmi les filières les plus sélectives du système universitaire public. Pendant des décennies, l’attribution des places reposait quasi exclusivement sur la moyenne générale obtenue au diplôme d’accès à l’enseignement supérieur (la Hochschulzugangsberechtigung ou Abitur). Or, à la suite de décisions jurisprudentielles de la Cour constitutionnelle fédérale allemande exigeant des critères de sélection plus équitables, multidimensionnels et directement articulés aux compétences requises par la discipline, les universités ont été incitées à intégrer des procédures diagnostiques d’aptitude aux études (Studieneignungstests).
Le BSF-P répond précisément à cette exigence institutionnelle, légale et scientifique dans les contextes d’évaluation dits « à fort enjeu » (high-stakes testing). Dans ces situations, une décision d’admission ou de rejet a des conséquences déterminantes sur le parcours de vie et la carrière professionnelle des candidats. Le test n’a pas pour vocation d’évaluer des connaissances encyclopédiques préalables en psychologie clinique ou en psychanalyse, mais plutôt d’examiner le potentiel d’apprentissage et la disposition à maîtriser les exigences réelles du cursus : l’assimilation d’une littérature scientifique majoritairement publiée en langue anglaise, l’analyse critique de données quantitatives et empiriques, la modélisation statistique avancée et la rigueur du raisonnement logique et méthodologique.
Sur le plan des applications appliquées et de la recherche, le BSF-P remplit une triple fonction :
- Sélection institutionnelle : Fournir aux commissions d’admission universitaires un instrument standardisé, hautement discriminant et robuste face au bachotage, permettant de classer objectivement les postulants.
- Réduction du taux d’échec et d’abandon : Identifier en amont les étudiants possédant les prérequis cognitifs indispensables, limitant ainsi les désillusions académiques, les réorientations tardives et le coût économique des abandons en cours de licence.
- Orientation et auto-positionnement : Servir de benchmark diagnostique pour évaluer l’adéquation entre le profil cognitif individuel d’un postulant et la réalité exigeante, scientifique et quantifiée de la formation universitaire en psychologie moderne.
La justification théorique du BSF-P repose sur l’approche de la validité prédictive incrémentielle des aptitudes cognitives spécifiques sur la réussite académique, complétant l’indicateur généraliste que constitue la note du diplôme d’études secondaires.
5. Construit psychologique / Construct
Le construit opérationnalisé par le BSF-P est l’aptitude académique aux études de psychologie (Psychology Academic Aptitude). Ce construit latent composite se déploie à l’intersection de l’intelligence générale fluide ($Gf$), de l’intelligence cristallisée ($Gc$), de compétences verbales et quantitatives appliquées, et de prérequis instrumentaux indispensables à la recherche empirique. Contrairement à une croyance populaire qui associe la psychologie à une discipline purement intuitive ou littéraire, le cursus universitaire repose lourdement sur la méthode expérimentale, l’inférence statistique et la lecture d’articles scientifiques complexes. Le BSF-P opérationnalise ce construit à travers six dimensions interdépendantes :
1. Compréhension de texte scientifique (Reading Comprehension)
Cette dimension évalue la capacité du candidat à extraire, structurer et synthétiser des informations à partir de textes académiques denses présentant des concepts théoriques abstraits, des protocoles expérimentaux ou des résultats d’études. L’étudiant doit démontrer sa faculté à identifier les hypothèses de travail, à distinguer une corrélation d’une relation causale, et à tirer des conclusions déductives valides sans se laisser influencer par des biais de confirmation ou des connaissances profanes préexistantes.
2. Compétences en langue anglaise (English Language Skills)
L’anglais constitue la lingua franca de la recherche psychologique internationale. Cette sous-échelle mesure la maîtrise de l’anglais écrit dans un registre académique et méthodologique. Elle évalue la compréhension du vocabulaire scientifique technique, la saisie des nuances syntaxiques et la capacité à appréhender rapidement des résumés de recherche (abstracts) ou des sections méthodologiques rédigées en anglais.
3. Compétences mathématiques (Math Skills)
L’apprentissage de la psychométrie, des statistiques descriptives et inférentielles (tests d’hypothèses, analyse de variance, régression linéaire, modèles mixtes) exige un socle mathématique robuste. Ce sous-test mesure la maîtrise du calcul algébrique fondamental, la manipulation des fractions, des puissances, des probabilités conditionnelles, des fonctions et des équations linéaires, ainsi que la transposition d’un problème énoncé sous forme narrative en formulation mathématique.
4. Raisonnement verbal (Verbal Reasoning)
Indicateur direct de l’intelligence cristallisée et de la composante linguistique de l’intelligence générale, cette sous-échelle examine la rigueur de la logique propositionnelle, la détection des syllogismes fallacieux, l’identification d’analogies verbales complexes et l’organisation conceptuelle de relations sémantiques. Elle reflète l’aptitude à manier avec précision le métalangage psychologique et à construire une argumentation théorique sans faille logique.
5. Raisonnement numérique (Numerical Reasoning)
Cette composante explore la faculté à déceler des régularités sous-jacentes dans des séries numériques complexes, à extrapoler des suites de données quantitatives et à interpréter des schémas d’évolution statistique. Elle mobilise à la fois la mémoire de travail opérationnelle et la capacité d’induction mathématique sans calculatrices, prérequis direct à l’analyse de données expérimentales.
6. Raisonnement figural (Figural Reasoning)
Considéré dans la taxonomie psychométrique comme la mesure la plus pure du facteur d’intelligence fluide ($Gf$) et de l’aptitude inductive non verbale (selon la tradition des matrices progressives), ce sous-test confronte le candidat à des matrices visuelles, des transformations géométriques abstraites et des motifs spatiaux régis par des règles formelles implicites. Il permet d’évaluer le potentiel d’apprentissage logique indépendant des acquis scolaires préalables.
6. Cadre théorique / Theoretical Framework
Le développement du BSF-P s’ancre conceptuellement dans la tradition de la psychologie différentielle cognitive et dans les modèles psychométriques contemporains de la structure de l’intelligence humaine, tout particulièrement le modèle hiérarchique de Cattell-Horn-Carroll (CHC). Selon ce cadre théorique de référence, les performances cognitives humaines s’organisent selon une architecture à trois strates : un facteur général d’intelligence ($g$) au sommet (Strate III), des aptitudes cognitives larges (Strate II), et des habiletés cognitives spécifiques et spécialisées (Strate I).
Figure 1. Implantation des six sous-tests du BSF-P dans l’architecture cognitive hiérarchique (adapté du modèle CHC).
Au niveau de la Strate II, le BSF-P échantillonne quatre grands domaines d’aptitudes cognitives :
- L’intelligence fluide ($Gf$) : Représentée par le raisonnement figural et le raisonnement inductif numérique, elle reflète les processus mentaux délibérés et contrôlés mis en jeu pour résoudre des problèmes nouveaux qui ne peuvent être résolus par l’activation automatique de connaissances stockées.
- L’intelligence cristallisée ($Gc$) : Représentée par le raisonnement verbal, elle reflète la profondeur des connaissances acquises et l’habileté à manipuler des relations logico-sémantiques complexes.
- La connaissance quantitative ($Gq$) : Représentée par les compétences mathématiques et le raisonnement numérique, elle correspond à la faculté d’appliquer des concepts mathématiques et d’effectuer des raisonnements quantitatifs formels.
- La lecture et l’écriture ($Grw$) associées aux compétences linguistiques : Représentées par la compréhension de lecture et la maîtrise de l’anglais scientifique, indispensables pour décoder l’information conceptuelle complexe.
Sur le plan de la théorie de la mesure, le cadre fait référence aux travaux méthodologiques de Markus Bühner (2021) sur la construction de questionnaires et de batteries de tests, ainsi qu’aux fondements de la modélisation sous la Théorie de la Réponse aux Items (TRI). La batterie adopte des modèles logistiques à un paramètre (modèles de Rasch ou rapid models). Ce choix théorique garantit la propriété de mesure conjointe et d’invariance spécifique : le paramètre de difficulté d’un item est estimé indépendamment de l’échantillon d’étudiants ayant composé, et l’aptitude individuelle estimée ($ heta$) d’un candidat est indépendante de l’ensemble d’items particulier administré, pourvu qu’ils appartiennent au même calibrage unidimensionnel.
Enfin, le BSF-P s’aligne sur les principes de la validation unifiée de Samuel Messick, postulant que la validité de construit englobe l’examen des preuves de contenu, des relations avec d’autres variables (validités convergente, discriminante et incrémentielle) et des conséquences sociétales et éthiques de l’utilisation de l’instrument en contexte de sélection.
7. Validité / Validity
L’évaluation des différentes formes de validité du BSF-P a fait l’objet de protocoles empiriques rigoureux conduits auprès de multiples cohortes d’élèves de l’enseignement secondaire (11e et 12e degrés) et de candidats à l’université :
Validité de contenu (Content Validity)
La validité de contenu a été établie par une procédure en plusieurs phases. Initialement, l’équipe a conduit des entretiens semi-structurés avec un panel d’enseignants-chercheurs, d’assistants de recherche et d’étudiants diplômés en psychologie afin de cartographier avec précision les exigences cognitives du cursus de Bachelor. Ce travail a été croisé avec une méta-analyse de la littérature internationale sur les déterminants de la réussite universitaire. La structure obtenue concorde étroitement avec des travaux indépendants conduits en Allemagne sur l’aptitude aux études de psychologie, notamment ceux de Formazin, Hell et Ziegler (2011) et les spécifications du test national STAV (Studierfähigkeitstest für die Aufnahme ins Bachelorstudium Psychologie ; Watrin, Maag, & Ziegler, 2022). Les six modules sélectionnés couvrent exhaustivement le domaine d’exigence académique de la discipline.
Validité discriminante (Discriminant Validity)
Pour s’assurer que le BSF-P mesure bien des compétences cognitives distinctes des traits de personnalité ou des préférences motivationnelles, les concepteurs ont administré conjointement :
- La version allemande du Big Five Inventory 2 (BFI-2) (Danner et al., 2016), évaluant l’ouverture, la conscience professionnelle, l’extraversion, l’agréabilité et le névrosisme.
- Des inventaires d’intérêts professionnels et académiques standardisés (RIAS ; Roemer, Ziegler, & Bühner, 2021 ; Rounds et al., 2010).
Les analyses corrélationnelles ont révélé des associations très faibles à nulles entre les scores aux sous-tests du BSF-P et les dimensions de personnalité ou d’intérêts. Ces résultats confirment que le BSF-P n’est pas contaminé par des facteurs de personnalité (comme la conscienciosité ou la sociabilité), garantissant que la sélection opère strictement sur des aptitudes d’apprentissage et de raisonnement.
Validité incrémentielle (Incremental Validity)
L’apport incrémentiel du BSF-P par rapport aux notes scolaires constitue la clé de voûte de son utilité diagnostique. La corrélation observée entre les résultats obtenus au BSF-P et la note finale du diplôme d’accès à l’enseignement supérieur (Abitur) s’élève à :
$$r = 0{,}26 \quad (\text{IC à } 95% [0{,}18 ; 0{,}35], p < 0{,}01)$$
Cette corrélation modérée démontre empiriquement que si les deux mesures partagent une part restreinte de variance commune liée à l’aptitude cognitive générale, le BSF-P capture près de 93 % de variance spécifique non mesurée par le baccalauréat. Dans une régression linéaire multiple prédisant le potentiel académique, le BSF-P apporte ainsi une plus-value explicative et décisionnelle majeure au-delà des résultats scolaires traditionnels, qui peuvent souffrir de disparités de notation d’un établissement ou d’un Land à l’autre.
Validité structurale (Structural Validity)
La validité de structure interne a été étayée par un modèle d’équations structurelles confirmatoire basé sur les paramètres de personne estimés par la TRI. Les indicateurs d’ajustement global confirment la plausibilité de l’agencement multidimensionnel théorisé (voir Section 9).
Limites reconnues
Une limitation méthodologique explicite soulignée par les auteurs (Horstmann et al., 2023) est l’absence de données de validité prédictive longitudinale directe au moment de la publication initiale. Les liens avec la réussite réelle constatée aux examens universitaires (moyennes de première et deuxième années, taux d’abandon, notes aux mémoires de recherche) nécessitent un suivi de cohorte sur plusieurs années, qui constituait une recherche en cours lors du déploiement opérationnel à l’Université Humboldt de Berlin en 2021.
8. Fidélité / Reliability
L’évaluation de la fidélité du BSF-P a fait l’objet d’une analyse métrique approfondie examinant la stabilité temporelle des scores et leur précision de mesure interne :
Fidélité test-retest (Stabilité temporelle)
La fidélité test-retest a été mesurée auprès d’un sous-échantillon de participants ayant repassé la batterie complète après un intervalle temporel moyen de 84 jours (soit environ 12 semaines). Ce délai est particulièrement adapté pour minimiser les effets résiduels d’apprentissage de mémoire tout en restant dans un cadre d’aptitude stable. Les résultats sont les suivants :
- Pour le score composite global du BSF-P, le coefficient de corrélation test-retest atteint $r = 0{,}74$. Ce résultat dénote une stabilité longitudinale très satisfaisante pour une batterie composite en situation pré-universitaire.
- Pour les six sous-tests individuels, les corrélations test-retest oscillent entre $r = 0{,}51$ et $r = 0{,}65$. Ces valeurs modérées à substantielles s’expliquent par la brièveté relative des épreuves unitaires et par la spécificité de certains stimuli soumis à des fluctuations d’attention lors de la seconde passation.
Cohérence interne (Internal Consistency)
L’estimation de la cohérence interne du score global composite a été conduite en utilisant la méthodologie spécifique recommandée pour les batteries de tests hétérogènes (Bühner, 2021), qui prend en compte les covariances entre sous-échelles :
- Lors de la première vague d’administration expérimentale (échantillon initial), l’indice de fidélité pour le score global a atteint $0{,}92$, attestant d’une excellente précision de mesure.
- Lors de la deuxième administration et des sessions finales de sélection, la consistance interne du score global s’est stabilisée à $0{,}81$, ce qui demeure tout à fait adéquat pour une prise de décision catégorielle à fort enjeu.
- Les coefficients de cohérence interne des six sous-tests individuels varient quant à eux entre $0{,}50$ et $0{,}76$. Cette variabilité reflète la contrainte d’efficacité temporelle imposée à chaque sous-test, conçus pour maximiser l’information métrique tout en limitant la fatigue cognitive totale des candidats lors de la passation de la batterie.
Ces données de fidélité confirment que le BSF-P dispose d’une erreur standard de mesure suffisamment restreinte pour permettre un classement fiable des candidats autour des seuils critiques de coupure (cut-off scores) lors des procédures d’admission.
9. Analyse factorielle / Factor Analysis
L’architecture psychométrique du BSF-P a été validée par une démarche articulant la théorie de la réponse aux items (TRI) et la modélisation par équations structurelles (SEM) :
Modélisation sous la Théorie de la Réponse aux Items (TRI)
Chacun des six sous-tests a d’abord fait l’objet d’une calibration individuelle à l’aide de modèles de type Rasch (modèles rapides / 1PL). Cette approche permet de vérifier l’unidimensionnalité stricte de chaque épreuve :
- Homogénéité inter-items et inter-individus : Les indices d’ajustement du modèle (infit/outfit mean-square) ont confirmé que les sous-tests sont homogènes à travers les individus et les items, respectant le postulat d’indépendance locale et d’invariance d’échelle (Bühner, 2021).
- Distribution des difficultés d’items : L’analyse des courbes caractéristiques des items a démontré une excellente calibration pour la sélection universitaire. Les items présentent une distribution de difficulté décalée vers le haut, garantissant une forte précision de mesure et une grande capacité de différenciation parmi les candidats situés dans les centiles supérieurs de la distribution des aptitudes cognitives (évitant tout effet de plafond).
Modèle structurel et analyse confirmatoire
À partir des modèles de mesure de la TRI, des paramètres de personne individuels (notés $\theta$ ou sous forme standardisée $z$) ont été estimés pour chaque candidat dans chacun des six sous-tests. Ces paramètres ont ensuite été intégrés dans un modèle structurel global confirmatoire afin de tester l’adéquation de la structure factorielle postulée. Les indices d’ajustement obtenus sont les suivants :
| Indice d’ajustement | Valeur observée | Seuil conventionnel d’adéquation |
|---|---|---|
| Chi-carré ($\chi^2$) | $\chi^2(50) = 194{,}26$ ($p < 0{,}001$) | Sensible à la taille de l’échantillon |
| CFI (Comparative Fit Index) | $0{,}899$ | Acceptable proche de $ge 0{,}90$ |
| RMSEA (Root Mean Square Error of Approx.) | $0{,}078$ [IC à 90 % : $0{,}067 ; 0{,}090$] | $le 0{,}08$ (adéquation raisonnable) |
| SRMR (Standardized Root Mean Residual) | $0{,}054$ | $le 0{,}08$ (bonne adéquation) |
L’ensemble de ces indices démontre un ajustement globalement acceptable du modèle théorique aux données empiriques. Ils confirment que les six sous-tests saturent de manière cohérente sur un facteur de second ordre représentant l’aptitude académique globale en psychologie, justifiant l’agrégation des scores en une note unique de synthèse pour le processus de décision d’admission.
10. Instrument de mesure / Instrument
- Nom officiel du test : Berliner Studierfähigkeitstest—Psychologie (BSF-P).
- Nom traduit alternatif : Berlin Aptitude Test for Psychology / Test d’aptitude de Berlin pour la psychologie.
- Acronyme : BSF-P.
- Type d’instrument : Batterie multidimensionnelle standardisée de tests d’aptitude cognitive et méthodologique pour l’enseignement supérieur (sélection high-stakes).
- Format d’administration : Administration collective ou individuelle réalisable sur support numérique informatisé (sur plateforme sécurisée de test) ou sur format papier-crayon standardisé.
- Population cible : Candidats aux études universitaires de psychologie (Bachelor), élèves de l’enseignement secondaire supérieur (gymnase / 11e et 12e années scolaires en Allemagne) et adultes en reprise d’études. Tranches d’âge couvertes : adolescence (13-17 ans), jeunes adultes (18-29 ans), trentaine (30-39 ans) et adultes d’âge mûr (40-64 ans).
- Structure de la batterie : Composée de 6 sous-tests standardisés indépendants :
- Compréhension de lecture (Reading comprehension)
- Compétences en langue anglaise (English language skills)
- Compétences mathématiques (Math skills)
- Raisonnement verbal (Verbal reasoning)
- Raisonnement numérique (Numerical reasoning)
- Raisonnement figural (Figural reasoning)
- Échelle de réponse : Items à choix multiples fermés (QCM) avec distracteurs calibrés, réponses numériques directes selon les sous-tests, chronométrés sous contrôle de surveillance stricte.
- Procédure de cotation et calcul des scores : Le score global au BSF-P est calculé en réalisant la moyenne arithmétique des paramètres de personne standardisés ($z$) estimés à l’aide de modèles rapides de la théorie de la réponse aux items (TRI / modèles de Rasch) pour chacun des six sous-tests :
11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year
- Année de publication officielle : 2023 (implémenté initialement dans le processus de sélection de l’Université Humboldt de Berlin en 2021).
- Disponibilité commerciale : Non commercial (No commercial distribution). Le test n’est pas commercialisé auprès du grand public ni distribué par des éditeurs privés de tests ouverts.
- Tarifs / Frais d’utilisation : Gratuit pour une utilisation institutionnelle et de recherche universitaire validée (Fee: No).
- Permissions et accès : Les items complets, les cahiers de passation et les algorithmes de calibrage font l’objet d’une protection rigoureuse pour garantir la sécurité du test (test security) indispensable en contexte de sélection. Pour toute demande de recherche scientifique, de réplication ou de convention inter-universitaire, les chercheurs doivent s’adresser directement à l’auteur correspondant :
Humboldt-Universität zu Berlin, Psychologische Diagnostik
Unter den Linden 6, 10099 Berlin, Allemagne
Courriel : [email protected]
12. Références / References
- Bühner, M. (2021). Einführung in die Test- und Fragebogenkonstruktion [Introduction à la construction de tests et de questionnaires] (7e éd.). Pearson.
- Danner, D., Rammstedt, B., Bluemke, M., & Lechner, C. (2016). BFI-2 – Big Five Inventory 2 [Inventaire des Big Five 2]. ZPID, Leibniz Institute for Psychology Information.
- Formazin, M., Hell, B., & Ziegler, M. (2011). Studieneignungstests: Konzepte, Konstrukte und Forschungsbefunde [Tests d’aptitude aux études : concepts, construits et résultats de recherche]. Hogrefe.
- Horstmann, K. T., Biesok, A., Witte, K., Godmann, H. R., Fliedner, K., Wilm, L., Doran, L., & Ziegler, M. (2023). Berliner Studierfähigkeitstest—Psychologie (BSF-P) [The Berlin Aptitude Test for Psychology—BSF-P]. Psychologische Rundschau, 74(4), 221–238. https://doi.org/10.1026/0033-3042/a000628
- Roemer, C., Ziegler, M., & Bühner, M. (2021). RIAS—Revised Inventory of Academic Interests [Inventaire révisé des intérêts académiques]. Hogrefe.
- Rounds, J., Su, R., Rivkin, D., & Armstrong, P. I. (2010). The academic interests inventory: A new measure of interests for educational and vocational guidance. Journal of Vocational Behavior, 77(3), 361–372. https://doi.org/10.1016/j.jvb.2010.05.006
- Watrin, L., Maag, A., & Ziegler, M. (2022). STAV—Studierfähigkeitstest für die Aufnahme ins Bachelorstudium Psychologie [Test d’aptitude aux études pour l’admission au programme de Bachelor en psychologie]. Hogrefe.
13. Questions et items du questionnaire / Scale Items
Les items officiels composant le Berliner Studierfähigkeitstest—Psychologie (BSF-P) sont des matériels d’examen protégés par le droit d’auteur, hautement sécurisés et strictement confidentiels, en raison de leur utilisation directe dans des concours et procédures de sélection universitaire à fort enjeu (high-stakes student admissions). À ce titre, la banque d’items originale n’est pas publiée en libre accès dans le domaine public afin de préserver l’intégrité diagnostique et l’équité des futures sessions d’admission.
Authentic Response Format & Scoring Specification
The BSF-P test score is derived from the average of the z-standardized personal parameters estimated using rapid models for the six sub-tests. Administration can be done electronically or via paper.
Subtests and Operational Domains of the BSF-P
The battery is structured into six cognitive and methodological subtests presented to candidates:
Administration of complex scientific texts detailing psychological experiments, empirical results, and conceptual frameworks. Candidates answer multiple-choice questions assessing their ability to extract logical conclusions, identify methodological caveats, and differentiate causal inferences from correlational associations.
Evaluation of English academic and disciplinary literacy. Candidates read scientific abstracts and methodological excerpts in English, answering questions designed to test lexical accuracy, structural syntax comprehension, and precision in understanding psychological research terminology.
Assessment of fundamental mathematical competency indispensable for statistics and psychometrics coursework. Items evaluate algebraic transformations, fraction calculation, proportions, exponents, elementary linear systems, and foundational probability problems without the use of electronic calculators.
Measurement of propositional and linguistic reasoning. Includes complex verbal analogies, evaluation of multi-clause logical arguments, identification of formal fallacies in syllogistic arrangements, and semantic classification tasks reflecting crystallized verbal intelligence.
Measurement of inductive logic applied to quantitative data. Candidates identify mathematical relationships, rules of progression, and alternating operations underlying numerical sequences and matrix arrays, determining missing values based on formal pattern discovery.
Assessment of fluid non-verbal intelligence. Items present geometric configurations, progressive matrix problems, and visual transformations governed by underlying rules (such as spatial rotation, boolean addition/subtraction of elements, and symmetry shifts), where candidates choose the correct completing element from multiple options.
Note: For genuine test administration materials, scoring templates, and institutional licensing inquiries, contact the primary investigators at Humboldt-Universität zu Berlin.