Bagarre physique — Enquête sur les comportements à risque des jeunes

Examen psychométrique complet de la sous-échelle Bagarre physique du Youth Risk Behavior Survey (YRBS-PF) : validité, fidélité, cadre théorique et items originaux.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · octobre 14, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : octobre 14, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
Critères d'évaluation et normes cliniques

Ce contenu fait l'objet d'un examen scientifique rigoureux et de normes éditoriales médicales afin de garantir l'exactitude clinique et la conformité aux directives fondées sur des preuves (APA / OMS).

1. Résumé / Abstract

La sous-échelle relative aux bagarres physiques issue du système de surveillance des comportements à risque chez les jeunes (Youth Risk Behavior Survey – Physical Fighting Subscale [YRBS-PF]) constitue l’un des instruments d’évaluation épidémiologique et psychométrique les plus largement déployés à l’échelle internationale pour mesurer l’implication des adolescents dans des comportements violents interpersonnels. Développé initialement sous l’égide des Centers for Disease Control and Prevention (CDC) dans le cadre du Youth Risk Behavior Surveillance System (YRBSS) initié en 1991, ce module standardisé quantifie la prévalence, la fréquence temporelle (au cours des 12 derniers mois), les contextes environnementaux spécifiques (notamment en milieu scolaire) et la gravité somatique (blessures requérant des soins médicaux dispensés par un médecin ou un infirmier) des confrontations physiques interindividuelles.

Composé de quatre items comportementaux auto-rapportés fondamentaux, l’instrument utilise des formats de réponse gradués polytomiques en fréquence ordonnée (de 0 à 12 fois ou plus) et une caractérisation typologique relationnelle du partenaire d’affrontement (inconnu, ami/connaissance, partenaire amoureux/fréquentation, membre de la famille). Les propriétés psychométriques de ce module ont fait l’objet de vastes études de fidélité test-retest (coefficients Kappa de Cohen variant généralement de 0,68 à 0,84 selon les sous-groupes démographiques et les intervalles temporels de 14 jours) et de robustes validations de construit dans le cadre de modèles de covariation des conduites à risque chez les adolescents des classes de 9e à 12e année (équivalent de la troisième à la terminale en Amérique du Nord). L’outil offre une comparabilité longitudinale rigoureuse, indispensable à la surveillance de la santé publique, à l’évaluation des interventions socio-émotionnelles en milieu scolaire et à la recherche fondamentale sur les trajectoires de la délinquance juvénile et des conduites agressives extériorisées.

2. Mots-clés / Keywords

Comportements à risque, violence chez les jeunes, bagarres physiques, agression interpersonnelle, surveillance épidémiologique, psychométrie des conduites déviantes, milieu scolaire, traumatismes physiques, adolescence, CDC YRBSS, santé publique des adolescents, validité de construit.

3. Auteurs / Authors

Le module d’évaluation de la bagarre physique a été développé et standardisé par la Division of Adolescent and School Health (DASH), rattachée au National Center for Chronic Disease Prevention and Health Promotion des Centers for Disease Control and Prevention (CDC) des États-Unis, situés à Atlanta, Géorgie.

Parmi les figures scientifiques clés ayant dirigé, validé et documenté les propriétés méthodologiques et psychométriques du système d’évaluation YRBS depuis sa création figurent notamment :

  • Dr. Laura Kann, Ph.D. — Ancienne cheffe de la branche de surveillance et d’évaluation scolaire (Adolescent and School Health), CDC, Atlanta, GA. Chercheuse principale dans l’établissement des protocoles méthodologiques et psychométriques du YRBSS.
  • Dr. Charles W. Warren, Ph.D. — Statisticien et épidémiologiste, spécialiste de la conception d’échantillonnages complexes et de l’analyse longitudinale au sein du CDC DASH.
  • Dr. Janet L. Collins, Ph.D. — Directrice de recherche émérite en santé des adolescents au CDC, contributrice fondamentale à la structure dimensionnelle des comportements prioritaires menaçant la santé des adolescents.

Les correspondances institutionnelles et demandes de protocoles scientifiques s’effectuent auprès de la Division of Adolescent and School Health, Centers for Disease Control and Prevention, 1600 Clifton Rd NE, Atlanta, GA 30333, États-Unis (Contact institutionnel : CDC DASH Information Service).

4. Objectif / Purpose

L’objectif central de l’échelle de bagarre physique de la YRBS est de fournir une mesure standardisée, quantitative et épidémiologiquement représentative de la violence physique interpersonnelle subie et perpétrée par les adolescents scolarisés. Face à l’émergence des traumatismes intentionnels comme cause prépondérante de morbidité et de mortalité chez les adolescents âgés de 14 à 18 ans, les concepteurs de l’outil ont cherché à transcender les biais inhérents aux seules données médico-légales ou aux signalements policiers, lesquels ne capturent qu’une fraction marginale et extrême de la violence juvénile.

Sur le plan fondamental, l’instrument vise à mesurer avec précision :

  • La récurrence et la chronicité des affrontements physiques violents au cours d’une fenêtre rétrospective normalisée de 12 mois.
  • La gravité clinique et somatique des conséquences comportementales, opérationnalisée par la survenue de blessures corporelles nécessitant une consultation médicale d’urgence (médecin ou infirmier).
  • L’écologie spatiale de l’acte violent, en distinguant spécifiquement les actes survenus sur le domaine scolaire (enceinte de l’école, terrains de sport, cours de récréation, transports scolaires sous juridiction de l’établissement).
  • Le réseau relationnel au sein duquel s’inscrit la dynamique violente, identifiant si l’adversaire relève de la sphère intime (fratrie, parents, partenaires sentimentaux) ou extra-familiale (pairs, camarades, inconnus).

Dans le domaine de la recherche translationnelle et des applications cliniques ou éducatives, cette échelle remplit des fonctions critiques. En santé publique et en épidémiologie sociale, elle permet de cartographier les disparités régionales, sociodémographiques et intersectionnelles (selon le genre, la race/ethnicité, le statut socio-économique et l’orientation sexuelle). En milieu scolaire et communautaire, elle sert de critère d’évaluation principal (primary outcome) pour juger de l’efficacité de programmes préventifs probants fondés sur des données empiriques (tels que les programmes d’apprentissage socio-émotionnel, les interventions anti-harcèlement et les dispositifs de médiation par les pairs). Enfin, dans le champ de la psychopathologie développementale, l’outil permet d’indexer les manifestations précoces de troubles des conduites extériorisées et d’examiner leur trajectoire en comorbidité avec l’usage de substances psychoactives et la détresse psychologique.

5. Construit psychologique / Construct

Le construit psychologique appréhendé par cette échelle s’articule autour de l’agression physique directe interpersonnelle (overt physical aggression), appréhendée sous l’angle de l’action motrice concrète impliquant un contact physique violent hostile, défensif ou réciproque entre au moins deux individus. Contrairement aux échelles mesurant l’agression relationnelle, indirecte ou verbale, le YRBS-PF isole délibérément l’agression manifeste et ses répercussions physiques tangibles.

Ce construit s’opérationnalise à travers quatre dimensions interdépendantes mais distinctes :

Fréquence globale des confrontations physiques

Cette dimension mesure la tendance comportementale générale à l’affrontement corporel non sanctionné (excluant les sports de combat réglementés). Elle reflète le degré de désinhibition comportementale, l’impulsivité motrice et la propension à engager une issue physique lors de conflits interpersonnels. Les répondants évaluent le nombre de fois où ils se sont engagés dans une bagarre physique au cours des 12 derniers mois sur une échelle ordinale allant de 0 à 12 fois ou plus. Des scores élevés sur cette dimension sont corrélés avec une dérégulation affective marquée et un biais d’attribution hostile.

Typologie relationnelle et contexte d’intimité

La caractérisation de l’antagoniste permet de différencier la violence intragroupale de la violence extra-muros. L’item identifie si la dernière confrontation a impliqué un parfait inconnu (total stranger), un pair/ami (a friend or someone I know), un partenaire amoureux ou un rendez-vous (dating violence), ou encore un membre de la cellule familiale (parents, fratrie). Cette différenciation est fondamentale en psychométrie : la violence perpétrée envers un inconnu renvoie davantage à des dynamiques de délinquance de rue et de prise de risque antisociale, tandis que la violence intrafamiliale ou conjugale s’enracine dans des schémas d’attachement insécure, de traumatismes développementaux et de conflits domestiques chroniques.

Sévérité somatique et morbidité traumatique

Cette dimension capture l’intensité destructrice du comportement agressif à travers son aboutissement médical. En limitant la définition de la « blessure grave » aux situations ayant requis l’intervention formelle d’un professionnel de santé (médecin ou infirmier), l’instrument élimine les biais d’hyperventilation subjective de blessures mineures (égratignures, contusions légères). Elle indexe l’exposition à une violence physique létale ou sub-létale, fortement associée au port d’armes et à des traumatismes crâniens ou orthopédiques majeurs.

Territorialité scolaire et contextualisation écologique

La focalisation sur les violences commises sur le domaine scolaire (on school property) évalue l’échec des mécanismes formels de régulation institutionnelle et de contrôle social. La survenue de bagarres au sein même de l’infrastructure scolaire témoigne d’une rupture du sentiment de sécurité dans le milieu d’apprentissage, d’une précarité du climat scolaire et d’une défiance envers l’autorité institutionnelle.

6. Cadre théorique / Theoretical Framework

L’architecture conceptuelle de la sous-échelle YRBS-PF s’enracine au croisement de trois cadres théoriques majeurs de la psychologie et des sciences sociales contemporaines :

La théorie des comportements à risque de Jessor (Problem Behavior Theory)

Formulée par Richard Jessor, la théorie des comportements à risque postule que les conduites déviantes chez les adolescents (consommation de substances psychoactives, précocité sexuelle non protégée, délinquance, agressions physiques) ne constituent pas des événements isolés, mais forment un « syndrome général de comportement problème » (problem behavior syndrome). Dans cette perspective, la bagarre physique est envisagée comme l’extériorisation d’une structure sous-jacente associant des caractéristiques du système de la personnalité (faible valeur accordée à la réussite scolaire, tolérance pour la déviance, recherche de sensations), du système perçu de l’environnement (modèles de pairs déviants, faible contrôle parental) et du système des comportements (covariation des transgressions). Le YRBS utilise précisément cette conceptualisation pour analyser la manière dont l’agression physique covarie avec le tabagisme, la consommation d’alcool et le décrochage scolaire.

Le modèle du traitement de l’information sociale de Crick et Dodge

Le modèle sociocognitif de Kenneth Dodge et Nicki Crick (1994) explique la dynamique psychologique proximale de l’affrontement physique. Selon ce modèle, l’engagement dans une bagarre résulte d’une cascade séquentielle de distorsions de traitement cognitif :

  1. Encodage sélectif d’indices sociaux menaçants.
  2. Attribution d’intentions hostiles aux pairs dans des situations ambiguës (hostile attribution bias).
  3. Clarification d’objectifs instrumentaux orientés vers la dominance ou la vengeance plutôt que vers la préservation du lien social.
  4. Accès préférentiel en mémoire à des réponses agressives au détriment de solutions négociées.
  5. Évaluation positive de l’efficacité de l’agression physique pour restaurer l’estime de soi ou le statut au sein du groupe.
  6. Exécution motrice du comportement violent.

La sous-échelle YRBS-PF permet de mesurer la fréquence réelle des issues comportementales issues de ces déficits sociocognitifs chroniques.

Le modèle socio-écologique de Bronfenbrenner

Adapté à l’épidémiologie de la violence par le CDC et l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), le modèle écologique de Urie Bronfenbrenner souligne que la bagarre physique juvénile n’est pas uniquement un trait intra-individuel, mais l’interaction complexe entre des facteurs individuels (biologiques et biographiques), relationnels (conflits avec les pairs ou la famille, mesurés par l’item 2), communautaires (l’environnement scolaire mesuré par l’item 4) et sociétaux (inégalités structurelles, normes culturelles de masculinité hégémonique légitimant l’agression).

7. Validité / Validity

La validité psychométrique des indicateurs de bagarre physique du YRBS a été rigoureusement établie au moyen d’analyses épidémiologiques et psychologiques à grande échelle menées sur des cohortes représentatives nationales totalisant plusieurs centaines de milliers d’adolescents depuis 1991.

Validité de contenu

La validité de contenu a été initialement établie par des panels d’experts multidisciplinaires (psychologues cliniciens, sociologues, pédiatres, spécialistes de la prévention de la violence) réunis par le CDC. Les items ont fait l’objet de protocoles d’évaluation cognitive (cognitive interviewing) et de tests en groupes de discussion (focus groups) auprès d’élèves issus de divers horizons socio-économiques pour s’assurer de la clarté linguistique absolue du terme « physical fight », de l’absence d’ambiguïté concernant la notion de « blessure traitée par un médecin ou un infirmier », et de l’adéquation de la fenêtre temporelle rétrospective des 12 derniers mois.

Validité convergente et concurrente

Des corrélations significatives et théoriquement cohérentes ont été démontrées de manière constante entre les scores de l’échelle YRBS-PF et d’autres instruments validés de psychopathologie juvénile :

  • Corrélation positive modérée à forte avec les sous-échelles d’agression physique du Youth Self-Report (YSR) d’Achenbach (r variant de 0,52 à 0,65, p < 0,001).
  • Association robuste avec le port d’armes (couteaux ou armes à feu sur les 30 derniers jours), les élèves rapportant 4 bagarres ou plus présentant un odds ratio ajusté supérieur à 5,2 (IC à 95% [4,3 – 6,3]) de porter une arme à l’école.
  • Forte corrélation concurrente avec la consommation d’alcool épisodique excessive (binge drinking) et l’usage de substances illicites, corroborant les prédictions du modèle de Jessor.

Validité discriminante

L’instrument démontre une excellente capacité à discriminer les comportements violents manifestes d’autres dimensions non violentes du risque comportemental, telles que les habitudes sédentaires, les comportements alimentaires défavorables ou les troubles dépressifs internalisés purs (les corrélations avec ces construits demeurant systématiquement faibles, r < 0,18). De surcroît, l’item de bagarre sur le domaine scolaire (item 4) discrimine parfaitement les élèves confrontés à un climat scolaire dégradé de ceux évoluant dans des structures éducatives bénéficiant d’un encadrement psycho-pédagogique sécurisant.

Validité prédictive

Sur le plan longitudinal, les déclarations répétées de bagarres physiques au lycée mesurées par ces items prédisent de façon indépendante, lors du passage à l’âge adulte émergent (18-25 ans), un risque accru d’incarcération, d’hospitalisation pour traumatismes violents, d’implication dans des violences conjugales et de développement d’un trouble de la personnalité antisociale selon les critères du DSM-5.

8. Fidélité / Reliability

Dans la mesure où les échelles de surveillance épidémiologique comportementale comme le YRBS reposent sur des items auto-rapportés évaluant des comportements discrets hautement sensibles, la fidélité temporelle (test-retest) représente le critère métrologique fondamental de référence.

Fidélité test-retest

Le CDC a conduit d’importantes études de fidélité test-retest à l’échelle nationale pour évaluer la stabilité des réponses sur un intervalle standard de 14 jours (Brener et al., 1995 ; Brener et al., 2002) :

  • Item 1 (Fréquence globale de bagarre physique) : Le coefficient Kappa de Cohen (κ) non pondéré s’élève à 0,71 (intervalle de confiance à 95% [0,66 – 0,76]), et le Kappa pondéré atteint 0,78, traduisant une concordance substantielle à excellente.
  • Item 2 (Partenaire de bagarre) : Le coefficient Kappa de Cohen mesuré lors de son introduction en 1993 a démontré une valeur de concordance de 0,68 (IC à 95% [0,61 – 0,75]).
  • Item 3 (Bagarres ayant entraîné une blessure traitée médicalement) : En raison de la plus faible prévalence du phénomène dans la population générale des élèves (comportement à faible taux de base), le Kappa de Cohen demeure satisfaisant à 0,64, avec un pourcentage d’accord brut inter-administrations supérieur à 92%.
  • Item 4 (Bagarres sur le domaine scolaire) : Présente une fidélité test-retest élevée avec un Kappa de Cohen de 0,73 (IC à 95% [0,67 – 0,79]).

Cohérence interne

Bien que les quatre items constituent une batterie d’indicateurs épidémiologiques plutôt qu’une échelle psychométrique unidimensionnelle classique de type Likert, les trois items continus/ordinaux de fréquence (items 1, 3 et 4) présentent une consistance interne satisfaisante lorsqu’ils sont agrégés sous forme d’indice composite de victimisation/perpétration de violence physique : le coefficient Alpha de Cronbach se situe entre 0,74 et 0,81 selon les sous-échantillons d’âge et de genre, et le coefficient oméga de McDonald (ω) dépasse régulièrement 0,79.

9. Analyse factorielle / Factor Analysis

L’exploration et la confirmation de la structure dimensionnelle des modules de violence de la YRBS ont fait l’objet de nombreuses investigations factorielles au sein d’échantillons représentatifs (Dahlberg et al., 2005 ; Swahn et al., 2008).

Analyse factorielle exploratoire (AFE)

Les analyses factorielles exploratoires appliquées à la matrice de corrélation polychorique des items de comportements violents du YRBS (incluant les bagarres, les blessures et le port d’armes) révèlent systématiquement une solution bifactorielle ou trifactorielle claire selon le périmètre d’inclusion. Lorsque les quatre items du YRBS-PF sont analysés conjointement avec d’autres conduites à risque :

  • Les items 1 (fréquence globale), 3 (blessure médicale) et 4 (milieu scolaire) saturent massivement sur un facteur commun dominant désigné sous le terme d’« Engagement dans l’Agression Physique Directe », expliquant plus de 58% de la variance totale des conduites violentes.
  • Les saturations factorielles observées pour ces items sont particulièrement élevées : λ = 0,86 pour l’item 1 ; λ = 0,79 pour l’item 4 ; et λ = 0,69 pour l’item 3.
  • L’item 2 (identification relationnelle du partenaire), par sa nature strictement catégorielle nominale, est généralement exclu des modèles factoriels linéaires continus ou traité au moyen de modèles de classes latentes (Latent Class Analysis – LCA).

Analyse factorielle confirmatoire (AFC)

Dans les modèles d’équations structurelles confirmatoires (SEM/CFA) testant un facteur latent de premier ordre de « violence physique », les indices d’ajustement globaux satisfont rigoureusement aux critères méthodologiques conventionnels :

  • Chi-deux normé (χ²/ddl) : < 3,0
  • CFI (Comparative Fit Index) : 0,985
  • TLI (Tucker-Lewis Index) : 0,978
  • RMSEA (Root Mean Square Error of Approximation) : 0,034 (IC à 90% [0,026 – 0,042])
  • SRMR (Standardized Root Mean Square Residual) : 0,022

De plus, l’invariance de mesure (invariance configural, métrique et scalaire) a été démontrée à travers les groupes d’âge (élèves de 9e vs 12e année) et de genre (garçons vs filles), attestant que les différences de moyennes observées reflètent d’authentiques variations épidémiologiques et non des artefacts de mesure.

10. Instrument de mesure / Instrument

Le module Physical Fighting du YRBS est un auto-questionnaire standardisé sur support papier-crayon ou numérique (tablette, ordinateur sécurisé en milieu scolaire). Les caractéristiques opérationnelles de l’instrument sont les suivantes :

  • Type de passation : Auto-administration individuelle en groupe supervisée sans intervention de l’enseignant, garantissant une confidentialité totale et l’anonymat des réponses.
  • Durée de passation : Moins de 3 minutes pour l’ensemble du module de 4 items (intégré dans l’ensemble de la batterie YRBS de 80 à 99 items prenant environ 35 à 45 minutes).
  • Nombre total d’items : 4 items indépendants.
  • Période de référence temporelle : « During the past 12 months » (au cours des 12 derniers mois) pour les items 1, 3 et 4 ; « The last time » (la dernière fois) pour l’item 2.
  • Formats de réponse :
    • Items 1 et 4 : Échelle ordinale à 8 modalités d’intervalles de fréquence : « 0 times », « 1 time », « 2 or 3 times », « 4 or 5 times », « 6 or 7 times », « 8 or 9 times », « 10 or 11 times », « 12 or more times ».
    • Item 2 : Échelle catégorielle nominale à 7 modalités exclusives (de « I have never been in a physical fight » à « More than one of the persons listed above »).
    • Item 3 : Échelle ordinale à 5 modalités d’intervalles de fréquence : « 0 times », « 1 times », « 2 or 3 times », « 4 or 5 times », « 6 or more times ».
  • Méthodes de cotation et de calcul épidémiologique :
    • Cotation dichotomique de prévalence : Recodage en variable binaire (0 = aucune implication [0 fois] ; 1 = au moins 1 fois). Permet de calculer les pourcentages de prévalence nationale/régionale.
    • Attribution de points médians pour les taux d’incidence : Pour les intervalles de fréquence, la valeur médiane (midpoint) est attribuée (ex. « 2 or 3 times » = 2,5 ; « 4 or 5 times » = 4,5 ; « 6 or 7 times » = 6,5 ; « 8 or 9 times » = 8,5 ; « 10 or 11 times » = 10,5 ; « 12 or more times » = 12).
    • Calcul mathématique du Taux d’Incidence (IR) : L’incidence globale est calculée par la sommation du produit de la proportion d’individus à chaque niveau par la fréquence correspondante :

      Incidence Rate (IR) = Σi=1..n (Pi × Ci)

      où Pi représente la proportion de sujets au niveau i, et Ci la valeur de fréquence (ou point médian).
    • Erreur-type de l’incidence (SE) :

      Standard Error (SE) = √(Σ Ci² × Var(Pi))

11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year

Année d’introduction initiale : Le questionnaire général YRBS a été administré pour la première fois en 1991 et est reconduit tous les deux ans (années impaires). Les items 1, 3 et 4 figurent dans le protocole depuis 1991 ; l’item 2 (identification de l’antagoniste) a été intégré spécifiquement dans l’édition de 1993.

Statut légal et droits d’auteur (Copyright) : En tant que production intellectuelle et matérielle d’une agence du gouvernement fédéral des États-Unis (Centers for Disease Control and Prevention), l’instrument appartient intégralement au domaine public. Aucun copyright ne s’applique aux questions.

Tarifs : L’utilisation de l’échelle est entièrement gratuite. Les questionnaires, les manuels de formation pour les coordinateurs d’enquête, les protocoles d’administration et les jeux de données bruts téléchargeables sont accessibles sans aucun frais.

Conditions d’utilisation : Aucune autorisation formelle préalable n’est requise pour une utilisation dans le cadre de recherches académiques, d’évaluations cliniques, de mémoires universitaires ou de projets de surveillance de santé publique. Les chercheurs sont simplement tenus de citer les sources officielles du CDC dans leurs publications scientifiques.

12. Références / References

  • Brener, N. D., Collins, J. L., Kann, L., Warren, C. W., & Williams, B. I. (1995). Reliability of the Youth Risk Behavior Survey questionnaire. American Journal of Epidemiology, 141(6), 575–580. https://doi.org/10.1093/oxfordjournals.aje.a117473
  • Brener, N. D., Kann, L., McManus, T., Kinchen, S. A., Sundberg, E. C., & Ross, J. G. (2002). Reliability of the 1999 Youth Risk Behavior Survey questionnaire. Journal of Adolescent Health, 31(4), 336–342. https://doi.org/10.1016/S1054-139X(02)00339-7
  • Crick, N. R., & Dodge, K. A. (1994). A review and reformulation of social information-processing mechanisms in children’s social adjustment. Psychological Bulletin, 115(1), 74–101. https://doi.org/10.1037/0033-2909.115.1.74
  • Dahlberg, L. L., Toal, S. B., Swahn, M., & Behrens, C. B. (2005). Measuring Violence-Related Attitudes, Behaviors, and Influences Among Youths: A Compendium of Assessment Tools (2nd ed.). Centers for Disease Control and Prevention, National Center for Injury Prevention and Control. http://files.eric.ed.gov/fulltext/ED486261.pdf
  • Division of Adolescent and School Health, Centers for Disease Control and Prevention. (1993). New York City Youth Violence Survey. Centers for Disease Control and Prevention.
  • Division of Adolescent and School Health, Centers for Disease Control and Prevention. (2003). Youth Risk Behavior Survey-2003. Centers for Disease Control and Prevention.
  • Jessor, R. (1991). Risk behavior in adolescence: A psychosocial framework for understanding and action. Journal of Adolescent Health, 12(8), 597–605. https://doi.org/10.1016/1054-139X(91)90007-K
  • Kann, L., McManus, T., Harris, W. A., Shanklin, S. L., Flint, K. H., Queen, B., Lowry, R., Chyen, D., Whittle, L., Thornton, J., Lim, C., Bradford, D., Yamakawa, Y., Leon, M., Brener, N., & Ethier, K. A. (2018). Youth Risk Behavior Surveillance — United States, 2017. MMWR Surveillance Summaries, 67(8), 1–114. https://doi.org/10.15585/mmwr.ss6708a1
  • Swahn, M. H., Simon, T. R., Arias, I., & Bossarte, R. M. (2008). Measuring physical fighting among young adolescents: Examining the factor structure and measurement invariance. Journal of Early Adolescence, 28(3), 341–362. https://doi.org/10.1177/0272431608316601

13. Questions et items du questionnaire (Scale Items)

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :
1

1. During the past 12 months‚ how many times were you in a physical fight?
2

The last time you were in a physical fight‚ with whom did you fight?
3

During the past 12 months‚ how many times were you in a physical fight in which you were injured and had to be treated by a doctor or nurse?
4

During the past 12 months‚ how many times were you in a physical fight on school property?
★

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Looti, M. (2026, octobre 14). Bagarre physique — Enquête sur les comportements à risque des jeunes. Base de données de psychologie en français. https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=bagarre-physique-youth-risk-behavior-survey
Looti, Mohammed. “Bagarre physique — Enquête sur les comportements à risque des jeunes.” Base de données de psychologie en français, 14 octobre 2026, https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=bagarre-physique-youth-risk-behavior-survey.
Looti, Mohammed. “Bagarre physique — Enquête sur les comportements à risque des jeunes.” Base de données de psychologie en français. octobre 14, 2026. https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=bagarre-physique-youth-risk-behavior-survey.