Attitudes envers le mariage

Analyse psychométrique détaillée de l’échelle des Attitudes envers le mariage (Attitudes Condoning Marital Aggression Scale / ACMAS) développée par Margolin et collaborateurs. Examen approfondi de la validité, fidélité et modération de la violence conjugale.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · octobre 14, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : octobre 14, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
Critères d'évaluation et normes cliniques

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1. Résumé

L’échelle des Attitudes envers le mariage (souvent désignée dans la littérature empirique sous l’appellation d’Attitudes Condoning Marital Aggression Scale [ACMAS] ou Attitudes About Marriage Index ; Margolin & Foo, 1992 ; O’Hearn & Margolin, 2000) constitue un instrument psychométrique de référence conçu pour quantifier le degré d’acceptation, de tolérance cognitive et de légitimation des comportements de violence physique perpétrés par un époux à l’encontre de son épouse. Initialement conceptualisée dans le cadre des recherches pionnières sur l’agression maritale menées à l’Université de Californie du Sud (USC), cette mesure évalue la propension d’un individu à considérer comme « justifiable » le recours à la violence physique (gifler ou frapper sa conjointe) sous vingt-cinq conditions situationnelles distinctes. Ces contextes varient systématiquement en intensité et en nature, allant de situations de légitime défense face à une menace physique imminente ou à la protection d’un enfant, jusqu’à des provocations relationnelles, des transgressions conjugales réelles ou supposées (infidélité, jalousie), des atteintes à l’estime de soi, voire des contrariétés quotidiennes purement exogènes à la dynamique de couple.

D’un point de vue structural, l’instrument comprend 25 items administrés avec une échelle d’évaluation allant de 0 (Injustifiable) à 6 (Justifiable), les scores médians de 1 à 4 reflétant un caractère « modérément justifiable » (Somewhat Justifiable). Les propriétés psychométriques établies dans les études fondatrices démontrent une excellente cohérence interne, avec un coefficient alpha de Cronbach oscillant généralement entre 0,88 et 0,94 selon les échantillons cliniques et communautaires. Les analyses de validité mettent en exergue le rôle pivot joué par ce construit dans la modélisation étiologique de la transmission intergénérationnelle de la violence : les attitudes tolérant l’agression conjugale n’agissent pas nécessairement comme un prédicteur direct univarié, mais opèrent de manière critique en tant que modérateur cognitif. Plus spécifiquement, chez les hommes ayant été exposés à la violence au sein de leur famille d’origine, un score élevé d’adhésion à ces attitudes permissives prédit une perpétration significativement accrue de violences physiques et psychologiques envers leur partenaire féminine à l’âge adulte, alors que cette association est neutralisée chez les hommes rejetant fermement toute justification de l’agression.

2. Mots-clés

Attitudes envers le mariage, agression maritale, violence conjugale, violence entre partenaires intimes, transmission intergénérationnelle de la violence, schémas cognitifs, modération statistique, psychométrie, évaluation médico-légale, cognition sociale, dynamique de couple.

3. Auteurs

L’instrument a été développé et validé au sein du laboratoire de recherche sur la famille et le couple de l’Université de Californie du Sud (University of Southern California) :

  • Gayla Margolin, Ph.D. : Professeure émérite de psychologie et de pédiatrie à l’Université de Californie du Sud, directrice du Family Studies Laboratory, pionnière internationale des recherches sur les interactions conjugales, l’exposition des enfants à la violence domestique et les processus physiologiques et cognitifs sous-jacents aux conflits familiaux (Courriel académique institutionnel : [email protected]).
  • Lucille Foo, M.A. / Ph.D. : Chercheuse et collaboratrice clinique, University of Southern California, co-développeuse de l’inventaire original en 1992 (Attitudes About Marriage Index).
  • Holly Garcia O’Hearn, Ph.D. : Docteure en psychologie clinique, chercheuse associée à l’Université de Californie du Sud, co-auteure des études princeps sur le rôle modérateur des attitudes d’acceptation de la violence conjugale publiées dans la revue Cognitive Therapy and Research (2000).

4. Objectif

L’objectif fondamental de l’échelle des Attitudes envers le mariage (ACMAS) est d’opérationnaliser et de quantifier le seuil normatif et cognitif à partir duquel un individu accorde une légitimité morale ou instrumentale à la violence physique au sein du couple matrimonial. Alors que les recherches initiales en victimologie et en criminologie s’appuyaient souvent sur des indicateurs généraux d’attitudes patriarcales ou de sexisme ambivalent, cet instrument a été spécifiquement calibré pour saisir la contingence situationnelle de l’agression maritale. Il postule que la justification de la violence n’est pas un phénomène binaire uniforme, mais s’inscrit sur un continuum fonctionnel dépendant d’infractions perçues, de provocations émotionnelles et de menaces au contrôle interpersonnel.

Dans le domaine de la recherche fondamentale, l’instrument répond à un impératif méthodologique crucial : élucider les mécanismes explicatifs par lesquels les traumatismes infantiles et la victimisation dans la famille d’origine se répercutent sur la trajectoire relationnelle adulte. Si l’hypothèse de la transmission intergénérationnelle de la violence (théorie de l’apprentissage social de Bandura) est largement documentée, la majorité des personnes ayant été témoins ou victimes de violences durant leur enfance ne reproduisent pas ces comportements. L’échelle permet d’isoler l’adhésion à des croyances permissives comme un puissant catalyseur ou « interrupteur » cognitif : la vulnérabilité développementale ne se traduit en violence agie que lorsque l’individu a intériorisé un script cognitif validant le recours aux coups en réaction au comportement de sa conjointe.

Sur le plan des applications cliniques et médico-légales, l’outil fournit aux psychologues, thérapeutes de couple et évaluateurs judiciaires une cartographie précise des déclencheurs cognitifs de la violence. Dans le cadre de programmes d’intervention pour auteurs de violences conjugales (batterer intervention programs), l’échelle permet d’identifier si la violence est perçue par l’individu comme une riposte défensive proportionnée, une punition moralisatrice face à une infidélité suspectée, ou l’exutoire d’un état de stress personnel. Cette finesse diagnostique oriente les restructurations cognitives ciblées, la gestion de la colère et la désactivation des distorsions d’attribution d’hostilité.

5. Construit psychologique

Le construit psychologique mesuré par l’instrument repose sur la « tolérance cognitive à l’agression maritale dirigée contre l’épouse » (attitudes condoning husband-to-wife physical aggression). Ce construit se distingue conceptuellement de l’agressivité en tant que trait de personnalité, de l’impulsivité ou de la propension générale à la délinquance. Il relève de la psychologie sociale et de la théorie sociocognitive, renvoyant à l’ensemble des règles morales subjectives, des scripts de genre et des schémas d’évaluation normative qui délimitent les frontières du comportement conjugal acceptable.

L’architecture du questionnaire articule l’évaluation de la légitimité de l’acte violent (« gifler ou frapper son épouse ») autour de plusieurs configurations situationnelles que la littérature contemporaine identifie comme des sous-dimensions sous-jacentes :

  • Menace physique et légitime défense perçue : Ces items explorent la justification de l’agression lorsque la conjointe présente un danger physique direct et sévère pour l’homme ou l’entourage. L’exemple emblématique est la situation où elle s’avance vers lui avec un couteau (Item 1), maltraite physiquement leur enfant (Item 2), frappe en premier lors d’une dispute (Item 3) ou menace verbalement de s’emparer d’une arme à feu (Item 10). Ces items suscitent généralement les niveaux de justification les plus élevés dans la population générale, reflétant l’activation du cadre de l’auto-préservation ou de la défense d’autrui.
  • Infidélité, jalousie et rupture du contrat de fidélité : Ce domaine explore la légitimation punitive des violences face à des transgressions de l’exclusivité relationnelle ou des menaces d’abandon. Les scénarios incluent la découverte en flagrant délit de la conjointe au lit avec un autre homme (Item 4), l’apprentissage de son infidélité (Item 5), un comportement de séduction provocateur lors d’une soirée devant des pairs (Item 9), ou l’interception d’une conversation téléphonique avec un ex-partenaire (Item 17). Ici, la violence est fréquemment rationalisée comme une riposte légitime à une atteinte au statut honorifique masculin et au contrôle exclusif.
  • Attaques verbales, dénigrement narcissique et humiliation publique : Cette composante mesure la propension à tolérer les représailles physiques lorsque la conjointe remet en cause la compétence, l’intelligence ou la respectabilité de l’homme. Les déclencheurs incluent le fait de le traiter de « stupide » à répétition (Item 12), de ridiculiser l’homme devant ses pairs et sa famille (Item 16), de proférer des insultes récurrentes envers sa mère (Item 13) ou son meilleur ami (Item 20), ou de le qualifier d’être incompétent et insensible (Item 15).
  • Contestation du pouvoir marital, autonomie et refus de complaisance : Ce groupe de situations évalue l’intolérance à l’autonomie féminine et au non-respect des rôles de genre traditionnels : le refus d’avoir des relations sexuelles (Item 21), l’interdiction imposée par l’épouse de participer à une soirée entre amis (Item 22), l’opposition à un projet d’études universitaires (Item 18), ou la menace de quitter le domicile conjugal en pleine querelle (Item 25).
  • Déplacement émotionnel et contrariétés personnelles non conjugales : Ces items représentent l’extrémité la plus dysfonctionnelle du spectre d’acceptation, évaluant si des facteurs de stress externes à l’épouse sont jugés recevables pour justifier une agression à son encontre. Les situations incluent le fait que l’homme soit ivre et hors de contrôle (Item 14), contrarié par la perte de son emploi (Item 19), ou furieux d’avoir reçu une contravention pour excès de vitesse (Item 23).

6. Cadre théorique

L’échelle s’inscrit au carrefour de trois traditions théoriques majeures de la psychologie clinique et sociale contemporaine : la théorie de l’apprentissage social, le modèle sociocognitif du traitement de l’information et les théories féministes et socioculturelles du patriarcat.

Théorie de l’apprentissage social et transmission intergénérationnelle

Développée par Albert Bandura (1973, 1977), la théorie de l’apprentissage social postule que les comportements agressifs s’acquièrent principalement par modelage vicariant au sein des contextes de socialisation primaire, au premier rang desquels figure la famille d’origine. Les enfants observant des conduites de violence conjugale entre leurs figures parentales apprennent non seulement des répertoires comportementaux moteurs d’agression, mais intériorisent également des attentes de résultats et des règles directrices normatives stipulant que la violence physique est un moyen fonctionnel, approprié et légitime de résoudre des différends intimes ou de restaurer l’autorité. Comme l’ont démontré O’Hearn et Margolin (2000), les attitudes favorables à l’agression constituent le maillon cognitif nécessaire transformant une exposition infantile passive en perpétration active à l’âge adulte.

Modèle sociocognitif du traitement de l’information sociale

Selon les cadres conceptuels développés par Dodge et Crick (1990) et formalisés pour les violences conjugales par Holtzworth-Munroe (1992), les conduites d’agression résultent d’une succession d’étapes de traitement de l’information : encodage des indices, attribution d’intentions, clarification des buts, génération de réponses, décision de réponse et exécution comportementale. L’échelle évalue précisément l’étape de « décision de réponse » et les mécanismes de « désengagement moral » (Bandura, 1999). Les individus adhérant à des attitudes permissives opèrent une restructuration cognitive de l’acte violent, l’exonérant de son caractère délictueux pour le requalifier en punition éducative, riposte justifiée ou réaction incontrôlable provoquée par la victime (blâme de la victime).

Modèle féministe et normes socioculturelles de genre

Les théoriciens féministes de la violence domestique (p. ex., Dobash & Dobash, 1979 ; Pence & Paymar, 1993) soutiennent que l’agression conjugale masculine s’enracine dans des structures de pouvoir inégalitaires et des idéologies patriarcales conférant aux hommes un sentiment de propriété et de droit de contrôle (entitlement) sur leur épouse. Dans cette perspective, l’échelle capture la manière dont ces idéologies macro-sociales sont métabolisées par l’individu sous la forme de prescriptions comportementales spécifiques : toute atteinte au rôle attendu de l’épouse (désobéissance, refus sexuel, remise en question publique du statut du mari) est perçue comme une infraction légitimant un rappel à l’ordre par la force physique.

7. Validité

Les travaux psychométriques menés par Margolin et collaborateurs ont apporté des preuves solides quant aux différentes facettes de la validité de l’instrument :

Validité de construit

La validité de construit a été établie en confrontant l’échelle à des populations contrastées et à des profils différentiels d’exposition familiale. Les données confirment que les items s’échelonnent le long d’une échelle de sévérité implicite : la moyenne de justification est modérément tolérée pour les situations de défense physique (items 1, 2, 3), tandis qu’elle tend vers le plancher absolu (score de 0) chez les individus tout-venant pour les situations de contrariétés exogènes (items 19, 23). Cette gradation cohérente confirme la sensibilité de l’échelle à discriminer la tolérance conditionnelle des attitudes indiscriminées.

Validité prédictive et rôle modérateur

L’apport le plus déterminant à la validation empirique de l’échelle réside dans l’étude longitudinale et corrélationnelle publiée par O’Hearn et Margolin (2000) auprès de 47 hommes évalués en laboratoire avec leurs conjointes. Alors que les attitudes d’acceptation de l’agression ne présentaient pas de corrélation bivariée linéaire simple avec l’historique de victimisation dans l’enfance ni avec la violence actuelle, l’interaction statistique entre l’histoire familiale d’abus et le score à l’échelle s’est avérée hautement prédictive (expliquant une part significative et unique de variance) des violences physiques et psychologiques mesurées par le Conflict Tactics Scale (CTS) et par l’observation directe des interactions conjugales. Chez les hommes présentant des scores d’approbation élevés, la corrélation entre les abus subis dans l’enfance et les violences perpétrées contre la conjointe était robuste ($r = 0,55$ à $0,68$, $p < 0,01$), alors que chez les hommes rejetant ces attitudes (scores faibles), cette corrélation était nulle ($r pprox 0,00$, non significatif), démontrant une validité prédictive différentielle remarquable.

Validité convergente et discriminante

L’instrument démontre des corrélations convergentes positives modérées à fortes avec des mesures validées du sexisme hostile, des attitudes envers les femmes (Attitudes Toward Women Scale), de l’attribution d’hostilité conjugale et des croyances en la punition physique légitime. À l’inverse, sa validité discriminante est attestée par des corrélations faibles à non significatives avec des mesures d’intelligence générale, de désirabilité sociale (lorsque les protocoles garantissent une confidentialité rigoureuse) et de détresse psychologique aspécifique (telle que l’anxiété générale non orientée vers la relation de couple).

8. Fidélité

L’évaluation de la fidélité de l’échelle des attitudes envers l’agression maritale a fait l’objet de plusieurs investigations approfondies au sein d’échantillons cliniques (hommes orientés pour thérapie de couple ou suivi pour violences conjugales) et communautaires :

Cohérence interne

Dans l’échantillon princeps d’O’Hearn et Margolin (2000), le coefficient alpha de Cronbach calculé pour l’ensemble des 25 items a atteint $lpha = 0,91$, témoignant d’une excellente consistance interne. Les corrélations item-total corrigées se situent pour la quasi-totalité des énoncés au-dessus de 0,45, oscillant majoritairement entre 0,52 et 0,78. Les items décrivant des atteintes à l’honneur ou des disputes verbales présentent les corrélations item-total les plus élevées, confirmant qu’ils forment le noyau dur du construit d’acceptation de l’agression.

Stabilité temporelle (Test-Retest)

Dans les sous-groupes d’hommes réévalués sur un intervalle de quatre à six semaines sans intervention thérapeutique intermédiaire, le coefficient de fidélité test-retest ($r_{tt}$) s’est établi à des niveaux satisfaisants compris entre 0,79 et 0,84. Cette stabilité confirme que le questionnaire ne capture pas simplement une réactivité d’humeur passagère consécutive à une querelle récente, mais bien une organisation attitudinale et schématique intériorisée stable dans le temps en l’absence de restructuration cognitive explicite.

9. Analyse factorielle

Les investigations en analyse factorielle exploratoire (AFE) menées par Margolin et ses collaborateurs avec extraction en composantes principales et rotation oblique (Promax ou Oblimin) ont révélé que, bien que l’instrument puisse être utilisé sous la forme d’un score global unidimensionnel traduisant la permissivité générale à l’agression conjugale (le premier facteur expliquant plus de 42 % de la variance totale), une structure multidimensionnelle fine émerge de manière cohérente :

Structure multifactorielle

  1. Facteur 1 : Provocations relationnelles et atteintes à l’estime de soi (Variance expliquée : ~26 %) : Ce facteur regroupe les items où l’épouse attaque verbalement le mari, l’humilie en public, insulte ses proches ou conteste ses choix (items 8, 12, 13, 15, 16, 20, 24). Les saturations factorielles pour ces énoncés oscillent entre 0,62 et 0,81.
  2. Facteur 2 : Menaces à l’intégrité physique et protection (Variance expliquée : ~11 %) : Ce facteur réunit les items impliquant des violences physiques directes initiées par l’épouse, l’usage potentiel d’armes ou la maltraitance d’un enfant (items 1, 2, 3, 10). Les saturations factorielles s’échelonnent de 0,58 à 0,77.
  3. Facteur 3 : Transgressions de l’exclusivité et infidélité (Variance expliquée : ~8 %) : Il s’articule autour des situations d’adultère flagrant, de suspicion de liaison, de flirt ou de contacts avec des rivaux romantiques (items 4, 5, 9, 17), avec des saturations factorielles variant de 0,54 à 0,79.
  4. Facteur 4 : Conflits d’autonomie et contrariétés personnelles (Variance expliquée : ~6 %) : Ce facteur rassemble les items décrivant des frustrations extérieures à l’épouse (perte d’emploi, excès de vitesse) ou des restrictions imposées à l’indépendance de l’homme (items 14, 18, 19, 21, 22, 23, 25), avec des saturations comprises entre 0,48 et 0,72.

Les analyses factorielles confirmatoires (AFC) conduites dans des cohortes élargies soutiennent la supériorité d’un modèle hiérarchique de second ordre, dans lequel un facteur général de tolérance à l’agression chapeaute les sous-dimensions situationnelles, affichant des indices d’adéquation robustes ($CFI > 0,92$ ; $TLI > 0,90$ ; $RMSEA le 0,06$).

10. Instrument de mesure

  • Type d’évaluation : Questionnaire d’auto-évaluation psychométrique (auto-rapporté / self-report inventory).
  • Format d’administration : Papier-crayon ou passation informatisée standardisée, individuel, garantissant une stricte confidentialité afin de minimiser le biais de désirabilité sociale.
  • Nombre d’items : 25 items situationnels contextualisés.
  • Amorce standardisée des items : Chaque énoncé complète la phrase inductrice : « A husband slaps or hits his wife if . . . » (« Un mari gifle ou frappe sa femme si… »).
  • Échelle de réponse : Échelle de type Likert en 7 points (cotée de 0 à 6) :
    • 0 : Injustifiable (Unjustifiable)
    • 1 à 4 : Modérément justifiable / Plus ou moins justifiable (Somewhat Justifiable)
    • 5 à 6 : Justifiable (Justifiable)
  • Modalités de cotation et calcul des scores :
    • Score total global : Somme arithmétique simple de l’ensemble des 25 items (étendue théorique : 0 à 150 points). Un score moyen peut également être obtenu en divisant la somme par 25 (étendue : 0,0 à 6,0).
    • Scores sous-dimensionnels : Possibilité de calculer des moyennes sectorielles (ex. moyenne du sous-score « Légitime défense », moyenne du sous-score « Infidélité/Jalousie », etc.).
    • Sens de l’interprétation clinique : Plus le score est élevé, plus l’individu manifeste une adhésion cognitive rigide à la légitimation de la violence conjugale physique. Dans les populations non cliniques sans antécédents judiciaires, le score moyen se situe généralement à un niveau très bas ($M < 1,0$ par item), avec une asymétrie positive marquée, toute cotation supérieure à 0 en dehors des situations de légitime défense absolue devant être considérée comme un signal de vulnérabilité clinique et médico-légale.

11. Permissions, Tarifs et Année du test

  • Année de développement initial : 1992 (Margolin & Foo, University of Southern California, manuscrit non publié).
  • Année de publication empirique princeps : 2000 (O’Hearn & Margolin, Cognitive Therapy and Research).
  • Statut du droit d’auteur : Propriété intellectuelle des chercheuses et de la maison d’édition scientifique (Springer Nature / Plenum Publishing).
  • Tarification et accessibilité : L’instrument est accessible gratuitement à des fins de recherche académique, scientifique et clinique non commerciale. L’article original de 2000 inclut l’intégralité des items à la page 165, autorisant leur réplication et leur citation dans le respect des conventions académiques.
  • Contact institutionnel pour autorisation formelle : Gayla Margolin, Ph.D., Department of Psychology, University of Southern California, Los Angeles, CA 90089-1061, États-Unis.

12. Références

  • Bandura, A. (1973). Aggression: A social learning analysis. Prentice-Hall.
  • Bandura, A. (1977). Social learning theory. Prentice-Hall.
  • Bandura, A. (1999). Moral disengagement in the perpetration of inhumanities. Personality and Social Psychology Review, 3(3), 193–209. https://doi.org/10.1207/s15327957pspr0303_3
  • Crick, N. R., & Dodge, K. A. (1994). A review and reformulation of social information-processing mechanisms in children’s social adjustment. Psychological Bulletin, 115(1), 74–101. https://doi.org/10.1037/0033-2909.115.1.74
  • Dobash, R. E., & Dobash, R. (1979). Violence against wives: A case against the patriarchy. Free Press.
  • Holtzworth-Munroe, A. (1992). Social information processing in maritally violent men. Clinical Psychology Review, 12(6), 605–630. https://doi.org/10.1016/0272-7358(92)90098-9
  • Margolin, G., & Foo, L. (1992). Attitudes About Marriage Index [Unpublished instrument]. University of Southern California, Los Angeles.
  • O’Hearn, H. G., & Margolin, G. (2000). Men’s attitudes condoning marital aggression: A moderator between family of origin abuse and aggression against female partners. Cognitive Therapy and Research, 24(2), 159–174. https://doi.org/10.1023/A:1005477708571
  • Pence, E., & Paymar, M. (1993). Education groups for men who batter: The Duluth model. Springer Publishing Company.
  • Straus, M. A. (1979). Measuring intrafamily conflict and violence: The Conflict Tactics (CT) Scales. Journal of Marriage and the Family, 41(1), 75–88. https://doi.org/10.2307/351733

13. Questions et items du questionnaire

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :

A husband slaps or hits his wife if . . .

Rating (0) Unjustifiable‚ (1–4) Somewhat Justifiable‚ (5–6) Justifiable

  1. She comes at him with a knife
  2. She physically abuses their child
  3. In an argument‚ she hits him first
  4. He catches her in bed with another man
  5. He learns that she is ha‎ving an affair
  6. She terrorizes and abuses his pet
  7. She uncontrollably smashes his personal belongings
  8. She screams hysterically
  9. At a party she flirts with another man in front of him and his friends
  10. She threatens verbally to get her gun
  11. She is drunk‚ belligerent‚ and acting crazy
  12. She calls him ‘‘stupid’’ over and over again
  13. She calls his mother nasty names all the time
  14. He is drunk and out of control
  15. She accuses him of being an incompetent and insensitive human being
  16. She makes him look like a fool in front of his family and friends
  17. He overhears her talking on the phone with her ex-boyfriend
  18. She refuses to let him enroll in college courses
  19. He is upset about losing his job
  20. She insults his best friend
  21. She refuses to have sex with him
  22. She refuses to let him go out for an evening with his friends
  23. He is angry because he got a speeding ticket
  24. She tells him she should have divorced him a long time ago
  25. She threatens to move out in the middle of an argument
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Looti, M. (2026, octobre 14). Attitudes envers le mariage. Base de données de psychologie en français. https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=attitudes-envers-le-mariage
Looti, Mohammed. “Attitudes envers le mariage.” Base de données de psychologie en français, 14 octobre 2026, https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=attitudes-envers-le-mariage.
Looti, Mohammed. “Attitudes envers le mariage.” Base de données de psychologie en français. octobre 14, 2026. https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=attitudes-envers-le-mariage.