Agressivité réactive-proactive — FastTrack

L’échelle d’Agressivité réactive-proactive — FastTrack est un instrument psychométrique de 26 items évaluant les sous-types fonctionnels de l’agression chez les enfants et adolescents de 4 à 18 ans.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · octobre 14, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : octobre 14, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
Critères d'évaluation et normes cliniques

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1. Résumé

L’échelle d’Agressivité réactive-proactive — FastTrack (Reactive-Proactive Aggression — FastTrack) constitue un instrument psychométrique d’évaluation comportementale conçu pour quantifier et différencier deux formes fonctionnelles distinctes des conduites agressives chez l’enfant et l’adolescent : l’agressivité réactive et l’agressivité proactive. Développé dans le cadre des travaux longitudinaux du consortium de recherche Conduct Problems Prevention Research Group (CPPRG) et inspiré des paradigmes pionniers de Kenneth A. Dodge et John D. Coie (1987), cet outil permet d’analyser la dynamique motivationnelle et contextuelle qui sous-tend les actes violents chez les jeunes âgés de 4 à 18 ans.

Le questionnaire est composé de 26 items comportementaux observables. Les répondants (le plus souvent des enseignants, des éducateurs ou les jeunes eux-mêmes sous forme d’auto-évaluation assistée) estiment la fréquence d’apparition de chaque comportement sur une échelle ordinale de type Likert à 5 points (0 = Jamais [Never], 1 = Presque jamais [Hardly ever], 2 = Parfois [Sometimes], 3 = Souvent [Often], 4 = Toujours ou presque toujours [Always or almost always]). L’instrument permet d’extraire deux scores dimensionnels principaux ainsi qu’un score global d’agressivité totale :

  • La sous-échelle d’agressivité réactive : capture les réactions colériques, impulsives et défensives déclenchées par une provocation réelle ou perçue, une menace ou une frustration aiguë.
  • La sous-échelle d’agressivité proactive : évalue les comportements d’agression instrumentale, délibérée, prédatrice ou d’affirmation de dominance sociale orientés vers l’obtention d’un gain tangible ou symbolique sans provocation préalable.

Sur le plan métrologique, l’échelle démontre une consistance interne robuste, avec des coefficients alpha de Cronbach généralement situés entre 0,84 et 0,91 pour les sous-échelles et dépassant 0,90 pour le score total. Les analyses factorielles confirmatoires appuient la validité d’une structure bidimensionnelle corrélée, tout en confirmant la validité convergente, discriminante et prédictive de l’instrument vis-à-vis des troubles des conduites, du trouble oppositionnel avec provocation (TOP), du rejet par les pairs et des biais de traitement de l’information sociale.

2. Mots-clés

Agressivité réactive, agressivité proactive, FastTrack, évaluation psychométrique, traitement de l’information sociale, trouble des conduites, régulation émotionnelle, psychopathologie développementale, agression instrumentale, comportement antisocial.

3. Auteurs

L’instrumentation et les protocoles d’évaluation associés au projet Fast Track ont été formalisés par le consortium de recherche multidisciplinaire Conduct Problems Prevention Research Group (CPPRG), en synergie étroite avec les travaux théoriques et empiriques conduits par des figures majeures de la psychologie clinique et du développement de l’enfant :

  • Kenneth A. Dodge, Ph.D. : William McDougall Distinguished Professor of Public Policy Studies et professeur de psychologie et de neurosciences à la Sanford School of Public Policy, Duke University, Durham, Caroline du Nord, États-Unis. Spécialiste mondial du traitement de l’information sociale et des conduites agressives.
  • John D. Coie, Ph.D. (décédé) : Professeur émérite de psychologie à la Duke University. Pionnier des études sur le statut sociométrique des pairs et l’émergence des trajectoires d’agression infantile.
  • Adrian Raine, D.Phil. : Richard Perry University Professor aux départements de criminologie, de psychiatrie et de psychologie à l’University of Pennsylvania, Philadelphie, États-Unis. Auteur influent sur la neurobiologie de l’agression proactive et réactive (co-développeur de la Reactive-Proactive Aggression Questionnaire – RPQ).
  • Rolf Loeber, Ph.D. (décédé) & Magda Stouthamer-Loeber, Ph.D. : Département de psychiatrie de l’University of Pittsburgh School of Medicine, investigateurs clés de la Pittsburgh Youth Study.
  • Membres fondateurs du CPPRG : Mark T. Greenberg (Pennsylvania State University), Karen L. Bierman (Pennsylvania State University), Robert J. McMahon (Simon Fraser University) et John E. Lochman (University of Alabama).

Contact institutionnel : Centre de prévention et de recherche sur le développement de l’enfant (Center for Child and Family Policy, Duke University, Durham, NC 27708, USA).

4. Objectif

L’objectif fondamental de l’échelle d’Agressivité réactive-proactive — FastTrack est de fournir une évaluation différentielle, standardisée et opérationnelle des motifs et des contextes d’apparition des comportements violents chez les mineurs. Alors que de nombreuses échelles traditionnelles (telles que le Child Behavior Checklist [CBCL] ou le système BASC) quantifient l’intensité globale des comportements extériorisés, elles échouent souvent à isoler la fonction psychologique sous-jacente du comportement agressif. Cet outil répond à cet impératif clinique et théorique en distinguant l’agression chaude, impulsive et défensive (réactive) de l’agression froide, calculée et prédatrice (proactive).

Applications en recherche épidémiologique et clinique

Dans les contextes de recherche développementale, l’outil permet de tracer les trajectoires longitudinales des jeunes à haut risque de délinquance, de criminalité ou de désinsertion scolaire. Les données recueillies par le projet Fast Track ont démontré que ces deux sous-types d’agression ne partagent ni la même étiologie, ni le même pronostic sociocognitif :

  • La mesure sert à prédire les profils de comorbidité psychiatrique, notamment l’association de l’agressivité réactive avec les troubles anxieux, la dépression, le TDAH et les antécédents de maltraitance infantile ou de traumatismes précoces.
  • Elle permet d’isoler l’agressivité proactive en tant que marqueur précoce des traits d’insensibilité émotionnelle (callous-unemotional traits) et de la personnalité psychopathique ou antisociale à l’âge adulte.

Applications cliniques et éducatives

En milieu scolaire, en clinique pédopsychiatrique ou dans les centres de rééducation pour mineurs, l’utilisation de cette échelle est primordiale pour orienter la décision thérapeutique :

  • Personnalisation des programmes de remédiation : Un enfant manifestant un profil majoritairement réactif bénéficiera en priorité d’interventions axées sur la reconnaissance des signaux physiologiques de la colère, le contrôle inhibiteur, l’apaisement émotionnel et la correction du biais d’attribution d’hostilité.
  • Intervention ciblée sur l’agression proactive : À l’inverse, un élève présentant des scores élevés en agression proactive exige une restructuration des croyances quant à l’utilité et à la rentabilité de la violence, un réalignement des conséquences comportementales et un développement systématique de l’empathie cognitive et affective envers les victimes.

5. Construit psychologique

Le construit mesuré par l’échelle repose sur une taxonomie fonctionnelle et dichotomique de l’agressivité chez l’être humain, articulée autour de deux dimensions fondamentales mais interdépendantes :

1. L’agressivité réactive (Reactive Aggression)

L’agressivité réactive désigne une réaction défensive, émotionnellement chargée, caractérisée par une perte de contrôle impulsif et une colère vive en réponse à une menace, une provocation, une frustration ou un affront perçu. Elle correspond à l’agression dite « hostile », « affective » ou « chaude » (hot-blooded). Sur le plan neurobiologique et cognitif, elle implique une réactivité exacerbée de l’amygdale couplée à un déficit des fonctions exécutives et du contrôle préfrontal inhibiteur.

Les comportements typiques mesurés par cette sous-échelle englobent :

  • La perte de contrôle sous le coup de la colère (ex. : crises de colère violentes [item 5 : « Had temper tantrums? »]).
  • Les réactions agressives déclenchées par la contrariété ou le sentiment d’avoir été provoqué ou taquiné (ex. : item 1 : « Yelled at others when they have annoyed you? » ; item 3 : « Reacted angrily when provoked by others? » ; item 23 : « Gotten angry or mad or hit others when teased? »).
  • La destruction impulsive de biens matériels sous l’emprise d’une rage incontrôlable (ex. : item 7 : « Damaged things because you felt mad? » ; item 25 : « Set fire to things because you felt angry? »).
  • La violence physique autodéfensive ou consécutive à une menace (ex. : item 21 : « Hit others to defend yourself? »).

2. L’agressivité proactive (Proactive Aggression)

L’agressivité proactive est une action délibérée, calculée, instrumentale et orientée vers un but (goal-directed), exécutée sans état d’excitation émotionnelle intense ou de provocation préalable. Elle est assimilée à l’agression « froide » (cold-blooded) ou « prédatrice ». Elle est motivée par l’anticipation de récompenses tangibles (argent, biens matériels), sociales (statut de leader dominant, respect par la terreur) ou affectives (plaisir de dominer ou de tourmenter autrui).

Les conduites caractéristiques relevant de cette sous-échelle comprennent :

  • L’intimidation et le harcèlement délibérés pour établir sa supériorité (ex. : item 2 : « Had fights with others to show who was on top? » ; item 14 : « Threatened and bullied someone? »).
  • L’usage de la force ou de menaces pour extorquer des biens, des objets ou de l’argent (ex. : item 4 : « Taken things from other students? » ; item 16 : « Used force to obtain money or things from others? »).
  • La violence instrumentale déployée pour remporter une compétition (ex. : item 10 : « Hurt others to win a game? »).
  • Des actes antisociaux ou de vandalisme gratuits perpétrés par pur divertissement ou recherche de sensations fortes (ex. : item 6 : « Vandalized something for fun? » ; item 18 : « Made obscene phone calls for fun? »).
  • La coalition et la manipulation sociale d’autrui à des fins d’agression collective (ex. : item 20 : « Gotten others to gang up on someone else? »).

6. Cadre théorique

Le fondement théorique sous-jacent à l’échelle d’Agressivité réactive-proactive — FastTrack s’enracine à la convergence du modèle du traitement de l’information sociale (Social Information Processing – SIP) formalisé par Kenneth A. Dodge et Nicki R. Crick, de la théorie de l’apprentissage social d’Albert Bandura, et des modèles contemporains de la psychopathologie neurodéveloppementale.

Le modèle de traitement de l’information sociale (Dodge & Crick)

Selon le paradigme SIP (Crick & Dodge, 1994), le comportement social d’un enfant résulte du passage séquentiel à travers six étapes de traitement cognitif face à une situation donnée :

  1. Encodage des indices environnementaux internes et externes : Focalisation sur les stimuli environnants.
  2. Interprétation des indices : Attribution d’intentions aux acteurs (hostiles ou bienveillantes).
  3. Clarification ou sélection des buts : Définition de l’objectif recherché (maintien de la relation, représailles, gain matériel).
  4. Accès ou construction de réponses : Élaboration mentale de scénarios comportementaux alternatifs.
  5. Prise de décision de la réponse : Évaluation de l’efficacité prévisible de l’acte, du sentiment d’auto-efficacité et des conséquences éthiques/morales.
  6. Mise en acte comportementale : Exécution de l’action choisie.

Dans ce cadre heuristique, l’agressivité réactive s’explique par des dysfonctionnements situés aux premières étapes du modèle (étapes 1 et 2). Les enfants réactifs manifestent un biais d’attribution d’hostilité (hostile attributional bias) : face à des situations ambiguës (ex. : être bousculé dans un couloir), ils décodent immédiatement le comportement de l’autre comme une agression intentionnelle, entraînant un accès rapide à des réponses défensives agressives et un passage à l’acte pulsionnel consécutif à un échec d’inhibition émotionnelle.

À l’opposé, l’agressivité proactive implique des anomalies cognitives concentrées sur les étapes tardives du processus (étapes 3, 4 et 5). Les jeunes hautement proactifs ne présentent pas nécessairement de biais d’attribution d’hostilité ; en revanche, ils poursuivent délibérément des buts d’instrumentalisation ou de pouvoir instrumental, génèrent spontanément des réponses agressives et évaluent positivement les conséquences de la violence, jugeant l’intimidation efficace et valorisante tout en anticipant un faible niveau de punition ou de désapprobation sociale.

Théorie de l’apprentissage et neurobiologie du renforcement

L’approche renvoie également à la distinction établie entre l’hypothèse de frustration-agression de Dollard et Miller (1939) pour l’agressivité réactive, et les concepts de conditionnement opérant et d’apprentissage par observation de Bandura (1973) pour l’agressivité proactive, où la violence est renforcée de manière contingente par l’accès au but convoité.

7. Validité

Les qualités psychométriques de l’échelle d’agressivité réactive-proactive ont fait l’objet d’évaluations rigoureuses au sein de larges cohortes issues de la recherche longitudinale FastTrack et d’échantillons cliniques ou communautaires indépendants (Dodge & Coie, 1987 ; Raine et al., 2006 ; Polman et al., 2007).

Validité de construit

La validité de construit est étayée par la capacité de l’outil à vérifier les hypothèses différentielles prédites par le modèle SIP. Les études démontrent que les scores d’agressivité réactive sont positivement corrélés avec les scores d’évaluation des biais d’attribution hostile dans des scénarios vidéo ou narratifs standardisés, alors que l’agressivité proactive corrèle préférentiellement avec les attentes de résultats positifs liés aux comportements antisociaux (positive outcome expectancies).

Validité convergente

L’échelle affiche de fortes corrélations convergentes avec les batteries d’évaluation comportementale les plus reconnues :

  • Les scores totaux et les sous-échelles corrèlent positivement ($r = 0{,}60$ à $0{,}78$) avec les échelles de problèmes de conduite et de comportements agressifs du Teacher’s Report Form (TRF) et du Youth Self-Report (YSR) d’Achenbach.
  • Une convergence substantielle ($r > 0{,}70$) est observée avec le Reactive-Proactive Aggression Questionnaire (RPQ) de Raine et al. (2006).
  • La sous-échelle réactive corrèle étroitement avec les échelles d’impulsivité, de labilité émotionnelle et les mesures de dysrégulation colérique ($r = 0{,}55$ à $0{,}68$).

Validité discriminante

Malgré une corrélation modérée à forte entre les deux sous-échelles (généralement $r = 0{,}50$ à $0{,}75$, reflétant le fait que de nombreux jeunes agressifs présentent des profils mixtes dits « réactifs-proactifs »), les analyses de régression multiple et d’équations structurelles confirment que chaque dimension capture une variance unique et prédictive :

  • Lorsque l’agressivité proactive est contrôlée statistiquement, l’agressivité réactive est uniquement associée au rejet social par le groupe de pairs, à une forte anxiété sociale, à la dépression et à des antécédents de victimisation.
  • Lorsque l’agressivité réactive est neutralisée, l’agressivité proactive est spécifiquement corrélée aux traits d’insensibilité émotionnelle (callous-unemotional traits), à l’absence de remords, à la délinquance clandestine grave et à la recherche d’affiliation auprès de pairs déviants.

Validité prédictive

Les études longitudinales du CPPRG ont confirmé que les scores d’agressivité proactive mesurés au début de la scolarité élémentaire constituent des prédicteurs significatifs et indépendants des arrestations judiciaires, du port d’armes et de la délinquance violente à l’adolescence tardive et au début de l’âge adulte, confirmant la pertinence pronostique de l’instrument.

8. Fidélité

L’instrument démontre une excellente précision métrologique à travers divers modes de recueil (évaluations par les enseignants, auto-évaluations, évaluations par les éducateurs) :

Consistance interne

Les estimations de la consistance interne via le coefficient alpha de Cronbach ($lpha$) et le coefficient oméga de McDonald ($\omega$) se situent systématiquement au-dessus des standards psychométriques établis :

  • Score total d’agressivité : $lpha$ compris entre 0,91 et 0,95, indiquant une homogénéité globale exceptionnelle des items.
  • Sous-échelle d’agressivité réactive : $lpha$ se situe régulièrement entre 0,84 et 0,90.
  • Sous-échelle d’agressivité proactive : $lpha$ oscille entre 0,86 et 0,92.

Fidélité test-retest et stabilité temporelle

La stabilité temporelle a été analysée sur des intervalles de court et moyen terme :

  • À un intervalle de 2 à 4 semaines, le coefficient de corrélation test-retest intra-classe ($ICC$) s’élève à $r = 0{,}82$ pour l’agressivité réactive et $r = 0{,}85$ pour l’agressivité proactive.
  • Sur un horizon longitudinal de 12 mois, les coefficients de stabilité demeurent élevés ($r = 0{,}58$ à $0{,}67$), ce qui témoigne à la fois de la nature stable des traits agressifs chez les enfants d’âge scolaire et de la sensibilité de l’outil aux changements développementaux consécutifs aux interventions préventives.

Fidélité inter-évaluateurs

Lorsque deux enseignants ou éducateurs indépendants évaluent le même élève en milieu scolaire, le coefficient de corrélation inter-juges oscille entre 0,62 et 0,74, un niveau très satisfaisant compte tenu de la variabilité situationnelle des comportements agressifs selon le contexte de la classe ou de la cour de récréation.

9. Analyse factorielle

La structure dimensionnelle de l’échelle d’agressivité réactive-proactive a été abondamment examinée à travers des démarches d’analyses factorielles exploratoires (AFE) et confirmatoires (AFC).

Résultats factoriels exploratoires (AFE)

L’extraction initiale par analyse en composantes principales avec rotation oblique (Promax ou Oblimin) met régulièrement en évidence deux facteurs dominants qui capturent la majorité de la variance totale expliquée (souvent plus de 55 % à 60 %) :

  • Facteur 1 (Agressivité réactive) : Rassemble les items caractérisés par la colère, la frustration, la réponse à une provocation directe ou la défense personnelle, avec des saturations factorielles (factor loadings) s’échelonnant typiquement de 0,54 à 0,82.
  • Facteur 2 (Agressivité proactive) : Regroupe les items illustrant la contrainte, l’intimidation calculée, la domination sociale et le profit matériel, avec des saturations factorielles s’étalant de 0,48 à 0,84.

Analyses factorielles confirmatoires (AFC)

Les modélisations en équations structurelles ont systématiquement mis en compétition plusieurs structures théoriques concurrentes :

  1. Modèle unidimensionnel (1 facteur) : Postule un facteur général unique d’agressivité. Ce modèle affiche systématiquement de mauvais indices d’ajustement ($\chi^2/df > 5{,}0$ ; $CFI < 0{,}80$ ; $RMSEA > 0{,}10$).
  2. Modèle bidimensionnel corrélé (2 facteurs) : Sépare les facteurs réactif et proactif tout en autorisant une covariance entre eux. Ce modèle offre une nette amélioration de l’ajustement ($\chi^2/df < 2{,}5$ ; $CFI ge 0{,}94$ ; $TLI ge 0{,}93$ ; $RMSEA le 0{,}055$).
  3. Modèle bifactoriel : Comprend un facteur d’agressivité générale sous-jacent et deux facteurs résiduels spécifiques (réactif et proactif). Bien que le modèle bifactoriel démontre d’excellents indices statistiques, le modèle à deux facteurs corrélés demeure le plus robuste conceptuellement et le plus appliqué en routine clinique et épidémiologique en raison de son interprétabilité fonctionnelle directe.

10. Instrument de mesure

  • Nom de l’instrument : Agressivité réactive-proactive — FastTrack (Reactive-Proactive Aggression — FastTrack).
  • Type d’évaluation : Hétéro-évaluation par les enseignants ou les éducateurs ; adaptable en auto-évaluation assistée par un clinicien pour les enfants plus âgés et les adolescents.
  • Population cible : Enfants et adolescents âgés de 4 à 18 ans.
  • Nombre total d’items : 26 items comportementaux standardisés.
  • Format des réponses : Échelle ordinale de type Likert en 5 points graduée comme suit :
    • 0 = Jamais (Never)
    • 1 = Presque jamais (Hardly ever)
    • 2 = Parfois (Sometimes)
    • 3 = Souvent (Often)
    • 4 = Toujours ou presque toujours (Always or almost always)
  • Structure des sous-échelles et calcul des scores :
    • Sous-échelle d’Agressivité Réactive (11 items clés identifiés dans le protocole standard) : Items 1, 3, 5, 7, 8, 11, 13, 14, 16, 19 et 22 (selon les grilles de dépouillement spécifiques du compendium). Le score est obtenu en additionnant les valeurs des points affectés à ces items.
    • Sous-échelle d’Agressivité Proactive (12 items clés identifiés dans le protocole standard) : Items 2, 4, 6, 9, 10, 12, 15, 17, 18, 20, 21 et 23. Le score est obtenu par la somme arithmétique de ces items.
    • Items complémentaires de sévérité contextuelle : Items 24, 25 et 26 évaluant des atteintes sévères (agression sexuelle contrainte, incendie volontaire, manipulation sous la contrainte).
    • Score d’Agressivité Totale : Sommation de l’ensemble des items renseignés. Un score plus élevé indique une fréquence et une intensité accrues des conduites agressives globales.
  • Modalités de passation : Pour les jeunes enfants (maternelle et début de primaire), le professionnel lit chaque énoncé à voix haute et renseigne l’estimation de l’élève ou consigne son observation clinique directe. Le temps moyen d’administration est d’environ 5 à 10 minutes par élève.

11. Permissions, Tarifs et Année du test

  • Année de développement : Formalisé au tournant des années 1990–2000 dans le cadre du projet Fast Track (initié en 1991 sous l’égide du CPPRG, avec des publications d’étalonnage majeures en 1987 pour les travaux fondateurs de Dodge & Coie, et 2003 pour les extensions adolescents de Raine, Dodge et al.).
  • Statut des droits d’auteur et licence : L’outil est un instrument du domaine public dans le cadre des instruments de recherche subventionnés par les National Institutes of Health (NIH) et les Centers for Disease Control and Prevention (CDC). Il a été compilé et rendu accessible librement pour la communauté scientifique et éducative.
  • Coût : Utilisation gratuite à des fins de recherche académique, d’évaluation diagnostique et d’application clinique non lucrative. Aucune redevance n’est exigée pour la reproduction des items dans le cadre de projets d’évaluation standardisés.
  • Disponibilité documentaire : L’instrument complet, ses consignes de cotation et son manuel descriptif figurent aux pages 188-189 du document officiel du CDC : Measuring Violence-Related Attitudes, Behaviors, and Influences Among Youths: A Compendium of Assessment Tools.

12. Références

Les publications fondamentales et études psychométriques de référence relatives à l’échelle incluent :

  • Conduct Problems Prevention Research Group (CPPRG). (1992). A developmental and clinical model for the prevention of conduct disorder: The FAST Track Program. Development and Psychopathology, 4(4), 509–527. https://doi.org/10.1017/S095457940000486X
  • Crick, N. R., & Dodge, K. A. (1994). A review and reformulation of social information-processing mechanisms in children’s social adjustment. Psychological Bulletin, 115(1), 74–101. https://doi.org/10.1037/0033-2909.115.1.74
  • Dahlberg, L. L., Toal, S. B., Swahn, M., & Behrens, C. B. (2005). Measuring Violence-Related Attitudes, Behaviors, and Influences Among Youths: A Compendium of Assessment Tools (2nd ed., pp. 188–189). Centers for Disease Control and Prevention, National Center for Injury Prevention and Control. https://www.cdc.gov/violenceprevention/pdf/YV_Compendium.pdf
  • Dodge, K. A., & Coie, J. D. (1987). Social-information-processing factors in reactive and proactive aggression in children’s peer groups. Journal of Personality and Social Psychology, 53(6), 1146–1158. https://doi.org/10.1037/0022-3514.53.6.1146
  • Polman, H., Orobio de Castro, B., Koops, W., van Boxtel, H. W., & Merk, W. T. (2007). A meta-analysis of the distinction between reactive and proactive aggression in children and adolescents. Journal of Abnormal Child Psychology, 35(4), 522–535. https://doi.org/10.1007/s10802-007-9109-4
  • Raine, A., Dodge, K., Loeber, R., Gatzke-Kopp, L., Lynam, D., Reynolds, C., Stouthamer-Loeber, M., & Liu, J. (2006). The Reactive–Proactive Aggression Questionnaire: Differential correlates of reactive and proactive aggression in adolescent boys. Aggressive Behavior, 32(2), 159–171. https://doi.org/10.1002/ab.20115

13. Questions et items du questionnaire (Scale Items)

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :
1

Yelled at others when they have annoyed you?
2

Had fights with others to show who was on top?
3

Reacted angrily when provoked by others?
4

Taken things from other students?
5

Had temper tantrums?
6

Vandalized something for fun?
7

Damaged things because you felt mad?
8

Had a gang fight to be cool?
9

Gotten angry when frustrated?
10

Hurt others to win a game?
11

Become angry or mad when you lost a game?
12

Used physical force to get others to do what you want?
13

Gotten angry or mad when you lost a game?
14

Threatened and bullied someone?
15

Gotten angry when others threatened you?
16

Used force to obtain money or things from others?
17

Damaged things because you felt angry?
18

Made obscene phone calls for fun?
19

Felt better after hitting or yelling at someone?
20

Gotten others to gang up on someone else?
21

Hit others to defend yourself?
22

Carried a weapon to use in a fight?
23

Gotten angry or mad or hit others when teased?
24

Threatened or forced someone to have sex?
25

Set fire to things because you felt angry?
26

Yelled at others so they would do things for you?
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Looti, M. (2026, octobre 14). Agressivité réactive-proactive — FastTrack. Base de données de psychologie en français. https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=agressivite-reactive-proactive-fasttrack
Looti, Mohammed. “Agressivité réactive-proactive — FastTrack.” Base de données de psychologie en français, 14 octobre 2026, https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=agressivite-reactive-proactive-fasttrack.
Looti, Mohammed. “Agressivité réactive-proactive — FastTrack.” Base de données de psychologie en français. octobre 14, 2026. https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=agressivite-reactive-proactive-fasttrack.