Du trauma au FoMO : comment l’enfance pèse sur les étudiants

Une étude révèle que la peur de rater quelque chose (FoMO) amplifie l’impact des traumatismes d’enfance sur la santé physique et mentale des étudiants.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · septembre 11, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : septembre 11, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
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Pourquoi tant d’étudiants se sentent-ils dépassés, anxieux et obsédés par les activités de leurs pairs sur les réseaux sociaux ? Une étude menée par la chercheuse Evelyn Pensamiento, publiée dans le Journal of the Arkansas Academy of Science, met en lumière les mécanismes insidieux qui relient les blessures de l’enfance au mal-être éprouvé sur les campus universitaires. Les données révèlent pour la première fois que le phénomène de FoMO (de l’anglais Fear of Missing Out, ou la peur de rater quelque chose) agit comme une passerelle explicative entre les traumatismes passés et la détresse globale des jeunes adultes.

L’angoisse d’être exclu, miroir de blessures précoces

Les expériences négatives vécues durant l’enfance, englobant les abus physiques ou émotionnels, les négligences graves et les dysfonctionnements au sein du foyer, continuent d’affecter durablement les individus bien après leur majorité. La littérature scientifique a déjà établi de solides corrélations entre ces traumatismes précoces et une dégradation de la santé physique, une moindre satisfaction de vie ou encore un sentiment accru de solitude.

Si des hypothèses théoriques suggéraient que l’angoisse d’être exclu du flux social pouvait intensifier ces difficultés, aucune donnée empirique ne l’avait formellement mesuré jusqu’ici. Selon cette nouvelle étude, le FoMO joue un rôle de médiateur partiel : loin d’être une simple préoccupation superficielle liée aux smartphones, cette peur anxieuse d’être mis à l’écart reflète et amplifie l’impact des blessures de l’enfance sur la vie quotidienne.

Une étude ciblée sur la vie universitaire

Pour explorer ce phénomène, Evelyn Pensamiento a réuni un échantillon de 399 étudiants américains âgés de 18 à 25 ans. Les participants ont répondu à une série de questionnaires standardisés permettant d’évaluer rétrospectivement leur niveau d’exposition aux traumatismes infantiles, ainsi que leur propension à ressentir le FoMO.

L’évaluation s’est penchée sur plusieurs dimensions cruciales du bien-être. D’un côté, le fonctionnement psychologique a été jaugé à travers la santé mentale, l’estime de soi et les capacités de régulation émotionnelle. De l’autre, les chercheurs ont examiné l’état de santé physique des étudiants et leur adaptation psychosociale générale, incluant leur intégration à l’université, leur niveau d’isolement social et leur sentiment de connexion aux autres.

Un mécanisme qui éclaire la détresse étudiante

Les constats de la recherche sont formels : une plus grande exposition aux épreuves durant les dix-huit premières années de la vie est directement associée à une moins bonne santé physique, un fonctionnement psychologique dégradé et de nettes difficultés d’adaptation sur le campus. Les étudiants concernés rapportent notamment une solitude plus marquée et davantage d’obstacles pour s’ajuster aux exigences de la vie universitaire.

L’étude démontre que le FoMO explique en partie ces corrélations néfastes. Chez des jeunes déjà fragilisés par un climat familial précoce instable, le besoin impérieux de rester constamment connecté et la crainte de rejet social se muent en une source constante d’inquiétude. Cette hypervigilance numérique réactive les insécurités relationnelles anciennes et aggrave les séquelles physiques et mentales portées par l’étudiant.

Repenser l’accompagnement psychologique sur les campus

Ces conclusions soulignent l’importance de moderniser les approches cliniques au sein des établissements d’enseignement supérieur. Pour les services de santé universitaires, prendre en compte l’impact des traumatismes infantiles nécessite désormais d’intégrer les dynamiques numériques actuelles, en aidant notamment les jeunes à mieux identifier et réguler leur FoMO.

L’autrice précise toutefois que des travaux ultérieurs seront indispensables pour approfondir ces résultats. De futures recherches devront vérifier si ces mécanismes se vérifient en dehors de la population étudiante et s’appuyer sur des protocoles longitudinaux pour confirmer la trajectoire causale de ces liens à long terme.


Source

  • "Always Online, Never at Ease: Fear of Missing Out (FoMO) as a Partial Mediator Between Adverse Childhood Experiences (ACEs) and Physical Health, Psychological Functioning, and Psychosocial Adjustment Among College Students"
  • Researchers: Evelyn Pensamiento
  • Journal: Journal of the Arkansas Academy of Science
  • Read the original study
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Looti, M. (2026, septembre 11). Du trauma au FoMO : comment l’enfance pèse sur les étudiants. Base de données de psychologie en français. https://french.arabpsychology.com/?psych_news=traumatismes-enfance-fomo-sante-etudiants
Looti, Mohammed. “Du trauma au FoMO : comment l’enfance pèse sur les étudiants.” Base de données de psychologie en français, 11 septembre 2026, https://french.arabpsychology.com/?psych_news=traumatismes-enfance-fomo-sante-etudiants.
Looti, Mohammed. “Du trauma au FoMO : comment l’enfance pèse sur les étudiants.” Base de données de psychologie en français. septembre 11, 2026. https://french.arabpsychology.com/?psych_news=traumatismes-enfance-fomo-sante-etudiants.