Palestine : face au stress, comment réagissent les ados ?

Près d’un quart des adolescents palestiniens présentent des difficultés psychologiques notables, selon une étude évaluant leurs stratégies d’adaptation.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · octobre 30, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : octobre 30, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
Critères d'évaluation et normes cliniques

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Confrontés à des tensions sociopolitiques continues, à l’instabilité économique et aux bouleversements propres à l’adolescence, les jeunes Palestiniens traversent une période de vulnérabilité psychologique aiguë. Une nouvelle étude publiée dans la revue BMC Psychology lève le voile sur la santé mentale de ces adolescents et détaille les stratégies d’adaptation qu’ils mobilisent au quotidien pour faire face à l’adversité.

Un quart des élèves en grande détresse psychologique

Les conclusions des chercheurs révèlent une charge émotionnelle particulièrement lourde chez les adolescents scolarisés. Sur les 560 collégiens et lycéens de 12 à 18 ans interrogés, plus d’un tiers (34,3 %) rapportent se sentir stressés fréquemment ou la majeure partie du temps, tandis que 42,7 % indiquent ressentir du stress de manière occasionnelle. L’évaluation standardisée montre que 24,6 % des participants obtiennent un score « anormal » sur l’échelle des difficultés globales, et 17,3 % se situent dans une zone frontière qualifiée de « limite ».

Malgré ces indicateurs alarmants de souffrance psychique, l’accès au soutien spécialisé reste quasi inexistant : selon l’étude, 88,2 % des jeunes interrogés n’ont jamais eu recours à un service de santé mentale. Ce constat souligne un fossé critique entre l’ampleur des besoins psychologiques dans un environnement marqué par les épreuves collectives et l’utilisation effective des structures de soin.

Résolution de problèmes versus évitement : des effets contrastés

Face à ces tensions, les élèves n’adoptent pas tous les mêmes réactions. Les données indiquent que la stratégie active axée sur la résolution de problèmes s’avère la plus couramment utilisée par les adolescents. Cette approche constructive joue un rôle protecteur déterminant : les analyses statistiques montrent qu’elle est significativement associée à une diminution des difficultés psychologiques globales et favorise un meilleur comportement prosocial.

À l’inverse, les mécanismes d’évitement ainsi que les stratégies centrées sur l’émotion sont fortement corrélés à une détresse accrue. L’évitement apparaît plus nettement chez les adolescents déjà fragilisés, notamment ceux qui présentent des troubles diagnostiqués ou des scores de difficultés élevés. L’enquête met également en évidence des disparités selon le genre : les filles déclarent recourir de façon plus prononcée aux réponses émotionnelles et à l’évitement que les garçons, bien que la propension à s’attaquer directement aux problèmes soit équivalente entre les deux sexes.

Une évaluation transversale menée dans douze établissements

Pour dresser cet état des lieux, les chercheurs ont conduit une étude transversale entre février et août 2025. L’échantillon réunit des élèves inscrits de la 7e à la 12e année au sein de douze établissements scolaires, tant publics que privés, répartis à travers la Palestine. La cohorte est composée à 53,6 % de filles et à 57 % d’adolescents âgés de 12 à 15 ans.

Le recueil des données a reposé sur un protocole rigoureux combinant le consentement électronique parental et l’assentiment des jeunes. Les participants ont complété un questionnaire auto-administré en arabe comprenant le Questionnaire des forces et difficultés (SDQ) ainsi qu’une échelle de 28 items spécifiquement adaptée aux réalités locales afin de quantifier avec précision leurs modes d’adaptation.

Renforcer la résilience directement à l’école

Face à ces constats, l’équipe de recherche souligne l’urgence de déployer des dispositifs de soutien directement au sein du cadre scolaire. L’école constitue en effet le lieu privilégié pour briser le silence, repérer précocement les signes de souffrance psychique et orienter les élèves les plus vulnérables vers des professionnels qualifiés.

Les auteurs préconisent d’intégrer aux programmes scolaires des ateliers axés sur le développement de compétences concrètes en résolution de problèmes. En renforçant la résilience des adolescents et en réduisant les comportements de fuite ou de repli, ces interventions ciblées pourraient offrir un bouclier indispensable pour amortir les répercussions des traumatismes et des pressions socio-économiques chroniques qui pèsent sur la jeunesse palestinienne.


Source

  • Assessment of mental health and coping mechanisms among adolescents in Palestine: a cross-sectional study
  • Researchers: Anas Manhal, Ahmad Fasfoos, Maaweya Jabareen, Wasef Alhroub, J. Abdallah, Mahmoud M Qouqas, Shaban Abudaowd, Beesan Maraqa
  • Journal: BMC Psychology
  • Read the original study

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Citer cet article

Looti, M. (2026, octobre 30). Palestine : face au stress, comment réagissent les ados ?. Base de données de psychologie en français. https://french.arabpsychology.com/?psych_news=sante-mentale-adolescents-palestine-coping-stress
Looti, Mohammed. “Palestine : face au stress, comment réagissent les ados ?.” Base de données de psychologie en français, 30 octobre 2026, https://french.arabpsychology.com/?psych_news=sante-mentale-adolescents-palestine-coping-stress.
Looti, Mohammed. “Palestine : face au stress, comment réagissent les ados ?.” Base de données de psychologie en français. octobre 30, 2026. https://french.arabpsychology.com/?psych_news=sante-mentale-adolescents-palestine-coping-stress.