Plantes au bureau : un atout bien-être parfois à double tranchant

Une étude révèle que si le design biophilique réduit le stress en open space, certains aménagements végétaux peuvent susciter de l’inconfort chez les salariés.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · octobre 25, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : octobre 25, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
Critères d'évaluation et normes cliniques

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Végétaliser les bureaux ouverts est devenu un réflexe quasi automatique des gestionnaires d’espaces de travail soucieux du bien-être de leurs équipes. Pourtant, faire entrer le monde végétal en entreprise ne produit pas toujours l’apaisement espéré. D’après une étude menée par Zhang Fanwei et Nor Diyana Mustapa, publiée dans l’International Journal of Entrepreneurship and Management Practices, l’intégration de la nature dans les bureaux paysagers exerce des effets psychologiques bien plus contrastés qu’il n’y paraît, oscillant entre soulagement émotionnel et nouvelles sources d’inconfort.

Des bénéfices réels mais des réactions contrastées

Les conclusions de la recherche révèlent que les salariés plébiscitent avant tout les éléments vivants offrant une expérience sensorielle immédiate. Les plantes en pot arrivent largement en tête pour modérer le stress et apaiser les tensions professionnelles du quotidien. Les chercheurs observent que la présence conjointe de verdure, de jeux d’eau et de structures biomorphiques induit une double régulation, à la fois physiologique et psychologique. En parallèle, les rappels indirects de la nature, à l’image des palettes de couleurs terreuses et végétales, apportent un réconfort visuel appréciable qui soutient l’humeur.

Toutefois, cette verdure n’est pas accueillie de manière unanimement positive. L’étude met en lumière des effets indésirables tout à fait inattendus : plusieurs participants rapportent une vive crainte des invasions de nuisibles ou de moustiques nichés dans le terreau. D’autres évoquent un sentiment pesant d’écrasement ou d’oppression sous des suspensions végétales volumineuses placées au-dessus des postes de travail, voire un malaise visuel face à une densité excessive de feuillages.

Une réponse nécessaire à la crise de santé mentale en entreprise

Ces travaux s’inscrivent dans un contexte de préoccupation grandissante pour la santé mentale des employés de bureau. Comme le rappellent les auteurs en s’appuyant sur un rapport de suivi de la santé mentale des salariés chinois publié en 2023, la charge mentale s’intensifie, notamment dans les entreprises de haute technologie caractérisées par une très forte densité humaine.

Confinés jusqu’à 40 % de leur journée dans des pièces closes, les collaborateurs souffrent d’une privation chronique de contact avec le monde vivant. Ce déficit pèse directement et indirectement sur leur équilibre psychique, ce qui rend indispensable le recours à des principes de conception architecturale étayés par des données probantes plutôt que fondés sur de simples intuitions esthétiques.

Au cœur du ressenti des équipes : une enquête ciblée

Pour cerner finement ces perceptions, les chercheurs ont déployé une méthodologie qualitative reposant sur six groupes de discussion semi-structurés auprès de salariés d’entreprises technologiques chinoises. Cette approche a permis de dissocier minutieusement les effets des stimuli directs, tels que les plantes réelles ou l’écoulement de l’eau, de ceux relevant d’une exposition indirecte, comme les motifs inspirés du vivant et les teintes naturelles.

L’analyse montre que si l’exposition indirecte nourrit le sentiment de confort affectif, l’exposition directe déclenche les réponses émotionnelles les plus intenses, qu’elles soient profondément restauratrices ou, à l’inverse, anxiogènes.

Perspectives : vers un aménagement spatial plus nuancé

Cette étude enrichit la psychologie environnementale en démontrant que la biophilie ne constitue pas une recette magique prête à l’emploi. Installer massivement des végétaux sans discernement risque d’engendrer de nouvelles tensions chez les personnes phobiques des insectes ou sensibles à la sensation d’encombrement spatial.

Pour transformer durablement les espaces de travail en havres de santé, Zhang Fanwei et Nor Diyana Mustapa suggèrent d’approfondir les recherches sur l’emplacement des éléments naturels. Étudier leur intégration sur différentes interfaces du bureau — au sol, sur les cloisons ou en hauteur — permettra de maximiser leur pouvoir régulateur tout en respectant le confort individuel de chacun.


Source

  • INTEGRATING BIOPHILIC DESIGN INTO OPEN-PLAN INDOOR OFFICES CAN IMPROVE EMPLOYEES’ WELL-BEING
  • Researchers: Zhang Fanwei, Nor Diyana Mustapa
  • Journal: International Journal of Entrepreneurship and Management Practices
  • Read the original study

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Looti, M. (2026, octobre 25). Plantes au bureau : un atout bien-être parfois à double tranchant. Base de données de psychologie en français. https://french.arabpsychology.com/?psych_news=design-biophilique-open-space-bien-etre-travail
Looti, Mohammed. “Plantes au bureau : un atout bien-être parfois à double tranchant.” Base de données de psychologie en français, 25 octobre 2026, https://french.arabpsychology.com/?psych_news=design-biophilique-open-space-bien-etre-travail.
Looti, Mohammed. “Plantes au bureau : un atout bien-être parfois à double tranchant.” Base de données de psychologie en français. octobre 25, 2026. https://french.arabpsychology.com/?psych_news=design-biophilique-open-space-bien-etre-travail.